Et voici le huitième chapitre!

Comme vous devez vous en douter, le rythme de parution risque de ralentir, vu le travail que j'ai à faire... Il y aura donc un chapitre toutes les deux semaines et ce sera valable aussi pour "Une Ombre parmi les Vivants". En clair, la semaine prochaine, ce sera un chapitre pour "Une Ombre..." et pour "Maître de son Destin", ce sera la semaine suivante.

Désolée!

Bonne lecture!

Fustella

Chapitre 8 :

Elisabeth se regardait dans le miroir, fière d'elle. Elle avait changé en quelques jours l'apparence de son frère et cassé les pieds bien des fois à ceux qui avaient fait du mal à son jumeau adoré comme à ceux auxquels tous les deux tenaient. Elle se regarda à nouveau et sortit de la chambre. Il était temps pour elle d'aller voir le Directeur qui l'avait demandée… sûrement à cause de son coup d'éclat avec le ministre…

Elle parcourut les couloirs, les mains dans les poches, un léger sourire aux lèvres, sans se douter qu'elle était suivie.

En effet, toute la bande nouvellement formée (Draco, Blaise, Theo, Ron, Hermione, Neville, Ginny et les Jumeaux Weasley) avait eu ce soir encore une petite réunion afin de comprendre quel mystère leur ami pouvait bien cacher. Hermione et Draco n'étaient pas très d'accord, mais les autres étaient trop enthousiastes pour les calmer. Ils allaient donc discuter dans la Salle sur Demande, parfois avec Severus Rogue, sur le nouveau mystère de l'année.

Comme il n'était pas encore l'heure du couvre-feu, ils n'avaient pas à se cacher et Elisabeth, perdue dans ses conversations mentales avec son frère, ne les avait pas senti la suivre. Le frère en question achevait sa guérison et allait bientôt revenir à lui pour accomplir la cérémonie.

Ils en étaient arrivés à imaginer les réactions quand un double « pop » la fit sursauter.

Elle baissa le regard pour découvrir Dobby et Winky, les Elfes de Maison. Elisabeth était allée les voir le jour de son changement d'apparence, quand elle avait pris la place d'Harry, et les avait pris à part pour tout leur révéler sur l'état d'Harry et sa propre identité. Depuis, les deux Elfes avaient décidé d'être les Elfes de Maison des Jumeaux Potter et non plus de Poudlard. Ils aidaient la jeune fille à préparer le réveil de la petite famille et allaient régulièrement rendre visite à Harry dans sa prison de cristal. En effet, le jeune garçon était présentement en lévitation dans la position du lotus dans une sphère de Cristal flottant à environ un mètre du sol. Les Elfes allaient donc vérifier si tout se passait bien pour lui et s'il n'avait besoin de rien, même après avoir été avertis qu'il était en état de stase.

- Dobby ! Winky ! Vous m'avez surpris !

- Oh, Dobby est désolé… Méchant Dobby !

L'Elfe allait se taper la tête contre le mur mais elle l'en empêcha sous le regard agacé de Winky, sa compagne.

- Pas besoin d'aller si loin ! Dites-moi plutôt ce qui vous amène…

Ce fut Winky qui lui répondit.

- C'est le jeune maître…

Aussitôt, Ely se tendit. Elle sut gré à l'Elfe de ne pas avoir dit « Maîtresse » comme à son habitude, à la fin de sa phrase mais elle s'inquiétait énormément pour la raison qui avait fait que ces loyaux Elfes méprisent la plus élémentaire sécurité.

- Le jeune maître ? Que se passe-t-il ? Il y a un problème ?

- Winky et Dobby sont venus prévenir que le jeune maître a commencé à luire et à changer. Winky s'inquiète. C'est normal ?

Aussitôt, Ely soupira de soulagement. Elle sourit aux deux Elfes et leur parla d'une voix douce.

- C'est normal. C'est la preuve que le moment de la délivrance approche. Merci de m'avoir prévenu, j'irai le voir dès que cette entrevue avec le directeur sera terminée… Au cas où, pouvez-vous rester à ses côtés ?

- Dobby et Winky le feront ! Les jeunes maîtres peuvent compter sur nous !

- Très bien. Merci beaucoup.

Les deux créatures sourirent puis disparurent dans un « pop ». Ely regarda un moment l'endroit où ils se tenaient puis, sans s'en rendre compte, parla à voix haute :

- Alors comme ça, le moment approche… Pas le temps de tergiverser, dans ce cas… On a du pain sur la planche !

Puis, elle poursuivit sa route alors que, derrière elle, la bande d'étudiants se regardait, troublés qu'ils étaient par la scène qu'ils venaient de voir. Hermione se posait de plus en plus de questions mais commençait aussi à entrevoir les pièces du puzzle sans en deviner le dessin définitif. Ron, comme toujours, n'avait qu'une idée en tête : résoudre le mystère qui planait autour de son meilleur ami depuis quelques temps. Draco était surpris de voir Dobby se référer à Harry comme à son « maître », surtout qu'il avait sous-entendu qu'il n'était pas le seul. Les autres se posaient de nouvelles questions et ceux qui avaient douté en étaient désormais sûrs : il y avait un problème avec Harry Potter !

Ginny se tourna vers les autres.

- Je pense qu'on devrait attendre la fin de son entrevue puis le suivre.

- Nous tous ? Ce ne serait pas discret…

Hermione avait vu juste, pourtant personne ne voulut rejoindre sa salle commune. Pour limiter les dégâts, Hermione leur lança à tous le charme de dissimulation puis se l'appliqua. Ils allèrent ensuite attendre dans le couloir.

Une heure environ passa avant que la gargouille laisse le passage à Harry. Celui-ci s'arrêta juste devant eux, quelques pas avant la statue gardant le bureau directorial. Il tapa son poing dans le mur, furieux, ce qui les surprit tous. Une nouvelle fois, il parla à voix haute.

- Non, mais qu'est-ce que c'est que cette attitude ! Que croit-il faire à jouer le glaçon ?

-….

- Et ne me coupe pas, je t'en prie ! Toute cette histoire devient d'un ridicule !

- …

- Me calmer ? Me calmer, t'en as de bonnes ! J'en ai par-dessus la tête ! Entre Dumbledore qui a décidé de ne plus nous approcher pour « raisons de sécurité », Siri qui reste éloigné pour les mêmes raisons, Ombrage et ses retenues, Fudge et sa bêtise et Rogue et ses enfantillages, on n'est pas sortis de l'auberge !

-….

- Et pourquoi devrais-je me taire ? J'ai raison et tu le sais !

-…

- Ah, pitié, ne me sors pas ta « sécurité », j'en ai soupé de cette « sécurité » ! Et puis de toutes façons, qui veux-tu qui m'entende ? Le couloir est vide et le couvre-feu est passé !

-…

- Oui, je suis une tête de mule ! Pour ça, on se ressemble, tu ne crois pas ?

-….

- Draco ? Quoi, Draco ? Qu'est-ce qu'il a à voir là-dedans ?

-…

Les amis, qui avaient davantage tendu l'oreille au nom de Draco, virent alors Harry ouvrir et fermer la bouche sans s'arrêter tout en prenant une teinte tomate soudaine. Il semblait que le jeune homme se soit soudainement calmé, car il prit une profonde inspiration avant de grommeler :

- Ca, c'est bas…

- ….

- Et ne ris pas ! Sinon, je pourrai bien te parler d'Hermione…

-…

- Et tac ! Tu ris moins, maintenant, hein ? Alors maintenant, allons voir comment se porte notre héros national…

Et en riant, le jeune homme poursuivit sa route, laissant derrière lui tout un groupe pétrifié. Draco et Hermione sentirent les regards de leurs amis sur eux mais ils secouèrent la tête : non, ils ne comprenaient pas plus qu'eux !

Ils se reprirent vite et suivirent discrètement leur ami. Ils le virent avancer vers le hall de Poudlard puis prendre les escaliers menant aux cachots. Draco et Hermione eurent soudain un doute sur l'endroit où il se rendait.

- Le sixième sous-sol…

- Cette fois, pas question de le perdre !

Ils suivirent le Survivant jusqu'à ce fameux sixième sous-sol et le virent regarder un mur apparemment nu, juste dans le cul de sac. Il leur tournait le dos. Il fit quelques pas dans cette direction avant de s'arrêter à quelques centimètres du mur en se tapant le front et jurant à mi-voix. Les jeunes espions se demandèrent ce que diable il voulait quand Harry se tourna vers un autre mur à sa droite où se trouvait une peinture, un paysage nu. Il posa la main sur son cadre, à un endroit bien précis, et le mur nu laissa place à l'entrée d'un couloir… ou plus exactement, d'un tunnel sombre devant lequel le Gryffondor se plaça. Il prononça quelques mots qu'ils ne purent comprendre puis s'y engagea.

Quelques secondes plus tard, il ne restait plus de trace de passage dans le mur ni d'Harry Potter.

Les amis du jeune homme n'arrivaient pas y croire : ils n'avaient même pas eu le temps de réagir !

Draco s'approcha de la peinture accrochée sur le mur de droite. Il s'agissait d'une œuvre étrange… Elle représentait le collège et dans chacun des coins du tableau était peint un des blasons des maisons de Poudlard. Au-dessus était gravée la devise de l'école, dans une bannière supportée par un dragon et un phénix. Ce qui la rendait surnaturelle était l'aura que tout le tableau semblait émettre. Une aura qui les remplissait de confiance, de sérénité et de courage.

- Il n'y a pas de personnages…

- C'est vrai… C'est étrange… Pourtant, les portraits aiment se balader, pourquoi n'y en a-t-il pas un ici ?

Hermione haussa les épaules en réponse à la demande de Neville. Elle examinait le cadre et ses différentes gravures finement dessinées. Aucune ne semblait ressortir, aucune ne semblait servir plus que les autres.

- Bizarre…

- Pour qu'on estime qu'à Poudlard quelque chose est bizarre, il faut vraiment atteindre des sommets !

Tout le monde fut d'accord avec Théo. Ceci était encore plus bizarre que les étrangetés habituelles de la vieille école. Ils cherchèrent encore un bon moment mais ne purent trouver l'entrée. Découragés, ils abandonnèrent les recherches sans se douter qu'au même moment un jeune garçon prisonnier de son abri de cristal souriait légèrement.

- Ma sœur… Tu es toujours trop imprudente quand tu es en colère…Heureusement que je suis parvenu à bloquer le passage à temps…

Mais Elisabeth n'entendit pas ces mots. Elle avançait dans le passage libéré de ses pièges grâce au mot de passe, constitué de son nom, titre et statut. Si elle oubliait un seul d'entre eux, tous les pièges ne se seraient pas désactivés. Chaque personne ayant ses entrées au Cœur de Poudlard possédait son mot de passe et une signature magique particulière. Le passage savait quand on lui mentait.

Elle atteignit une pièce ronde semblable à la pièce du Département des Mystères, que les Jumeaux avaient autrefois visité, dans la sécurité de leur statut de Shawin et avec la permission de la Communauté qui avait le Ministère sur son territoire. La seule différence était que les portes étaient encore plus particulières que celles dudit Ministère. La jeune fille revenue à son apparence d'origine s'avança de celle qui portait le blason de Poudlard. A ses côtés, sur le mur, il y avait un disque avec des inscriptions et une flèche. Elle mit celle-ci sur l'inscription « Sanctuaire » puis ouvrit la porte. Un nouveau couloir se présentait à elle, illuminé par des torches.

Enfin, elle atteignit le Sanctuaire. C'était une grande pièce ronde, avec cinq grandes portes, une à chaque point cardinal en plus de celle menant à l'extérieur. Entre chacune d'elles, sur les murs, se trouvait une grande tapisserie portant les symboles qui primaient ici : le plus ancien était le blason de Poudlard, puis venait celui des Shawins, celui des Eternels, celui des Ephémères et enfin, plus récent, le blason des Phénix. Face à elle se trouvait, sous le blason des Shawins, un petit autel. Mais ce n'était pas ce qu'elle était venue voir.

Elle tourna son regard vers la porte Nord. Au-dessus des portes fermées se tenait un blason de pierre. Celui de la porte Nord était tout neuf. Il représentait un Phénix en plein vol tenant entre ses serres une épée entourée d'une rose. Le Symbole des Phénix.

Elle s'avança vers cette porte et prononça les paroles permettant l'ouverture. Silencieusement, les lourds pans richement ouvragés s'ouvrirent et elle parcourut les quelques mètres de couloirs la séparant de l'objet de sa visite.

Cette salle ressemblait à une grotte aux parois tapissées de cristal, de glace ou encore de diamant. Le sol lui-même ressemblait à un sol couvert de givre. Pourtant, il n'y faisait pas froid, la température était même plutôt agréable. Au fond de cette salle, il y avait, placés de façon à former une flèche vers l'entrée, deux gros blocs faits de cette même pierre presque transparente. A l'intérieur stagnaient des filaments colorés donnant à ces blocs l'impression de contenir un arc-en-ciel liquide.

Pourtant, ce n'était pas pour cela qu'elle était venue.

Au centre de la salle se trouvait une sphère faite de la même matière, flottant à un mètre du sol. A l'intérieur, dans la position du lotus, se trouvait un jeune homme vêtu à l'ancienne. Il avait de longs cheveux noirs et sa peau était dorée, bien qu'elle paraisse pâle à travers les parois. Tout son corps brillait d'une douce lueur blanche.

- Harry…

Elle posa la main sur la paroi lisse et celle-ci s'illumina davantage. Elle sembla disparaître en poussières étincelantes pour laisser place au corps du jeune homme qui ouvrit les yeux, toujours assis en lotus, en pleine lévitation. En voyant sa sœur, il eut un petit sourire.

- Je suis rentré, Ely…

- Bienvenu à la maison, grand frère…

Harry étendit alors son corps afin de rejoindre le sol en station debout. Comme Winky l'avait remarqué, le corps de Harry était revenu à son apparence originelle. Ses longs cheveux noirs étaient libres, coulant sur ses épaules et son dos. En voyant cela, elle sourit.

- Je crois que tu vas avoir besoin d'un peigne, 'Ry.

- Uniquement si tu es à l'autre bout !

Ils rirent et la jeune fille se jeta dans ses bras, le serrant contre elle en pleurant. Sentant son frère faiblir de son immobilité forcée, elle le conduisit sur un banc naturel créé dans les parois de la salle.

- J'n'arrive pas à y croire… Je dors une semaine et je me sens encore fatigué…

Elisabeth eut un petit rire et sentit son cœur se gonfler de joie en constatant que son frère était vraiment de retour. Ce séjour en stase l'avait comme débarrassé de ce qui lui restait de manque de confiance et de timidité mal placée. Il était enfin redevenu le Harry James Potter qu'il aurait toujours dû être.

Dobby et Winky apparurent à l'appel de la jeune Potter, apportant aux Jumeaux de quoi se restaurer et à Harry de quoi reprendre des forces.

- Merci à tous les deux. Pour tout. Je savais que je pouvais vous faire confiance.

- Harry Potter est trop bon avec nous, monsieur. Dobby est content d'être l'Elfe de Maison d'Harry Potter et de sa gentille sœur.

- Et Winky est d'accord avec Dobby. Vous êtes nos maîtres.

Les Jumeaux sourirent et invitèrent leurs elfes à partager leur repas, manquant de leur donner une crise cardiaque sous l'émotion. Ce geste si simple était de ceux qui faisaient que leurs elfes leur étaient fidèles et loyaux jusqu'à mourir pour eux s'il le fallait. Ils adoraient leurs maîtres.

Elisabeth et Harry mangèrent un moment puis quittèrent le Sanctuaire. Une fois revenus dans le Grand Hall, comme ils avaient surnommé la pièce avec les portes et les cadrans, Harry fit glisser la flèche sur « Appartements ». Lorsqu'ils ouvrirent la porte, ils découvrirent un couloir avec de nombreuses portes menant aux différents appartements et, tout au bout, à la Salle d'Etude.

- Il ne nous reste pas beaucoup de temps avant la Cérémonie, Ely. Ce sera ce soir, et j'aurai besoin de ton aide.

- Ce soir ? Harry, tu n'es pas raisonnable, tu viens tout juste de…

- Ce soir. Inutile d'essayer de discuter.

La jeune fille soupira. Mais elle comprenait un peu ce qu'il ressentait. Il voulait sentir la chaleur émaner de ses parents, les voir à nouveau vivants. Sous leur état de Shawin, ce n'était pas vraiment la même chose…

- Très bien. Allons-y, dans ce cas… Il ne nous reste que quelques heures avant Minuit.

Trois jours…

Ils étaient revenus depuis trois jours.

Tant de choses avaient changé depuis le soir qui avait vu les Potter, Tom et Moira revenir à la vie. Tous avaient réappris à vivre et s'apprêtaient à leur grand retour, celui qui amorcerait sans aucun doute la chute de Voldy-face-de-Serpent.

Tom observait toute la famille, sa famille, se préparer au grand moment. Il y avait ses meilleurs amis, James et Lily. Ils avaient été les premiers amis d'environ son âge depuis son enlèvement, Moira exceptée. Il avait rencontré Lily lors de son arrivée à Poudlard, à 11 ans. Il avait été son meilleur ami, son grand frère, son guide. En grandissant, ils étaient devenus très complices tous les trois. A l'arrivée de James Potter, à l'âge de 15 ans, ils étaient devenus un quatuor soudé plus qu'on ne pouvait se l'imaginer, à l'image des Maraudeurs. Aujourd'hui, Moira et lui étaient les plus jeunes et leur complicité avait un peu changé, mais ils étaient toujours très liés. Lily, sa cousine éloignée, était devenue une grande sœur et James un grand frère. Ils représentaient pour lui sa famille. L'amitié qu'ils partageaient autrefois s'était reportée sur les Jumeaux Potter et c'est à ce moment qu'ils étaient devenus une vraie famille, lorsque les petits garnements l'avaient appelé pour la première fois « grand frère ». Il s'était alors senti si heureux !

Son regard tomba sur Moira, Moira qu'il aimait plus que tout au monde mais à qui il n'oserait jamais révéler ses sentiments. Elle lui semblait si parfaite, tellement loin de lui… Aujourd'hui, pétillante de vie et de bonheur, il la trouvait encore plus sublime que par le passé et sentait son amour pour elle se renforcer au-delà de l'imaginable. Elle était tellement loin de la jeune fille triste et au regard voilé qu'il avait rencontré la première fois dans les cachots de son père…

Les Jumeaux étaient là aussi, tout heureux et courant partout. Depuis trois jours, ils n'avaient cessé d'intervertir leurs rôles afin que tout soit prêt et que personne ne découvre qu' «Harry » disparaissait de plus en plus souvent. Ils avaient tout préparé pour le grand moment, ne dormant qu'à peine. Leur bonheur était contagieux, surtout depuis que la communauté de Brocéliande et celle de Salem leur avaient annoncé avoir retrouvé la trace de leurs marraines, Sarah et Lena. Celles-ci allaient les rejoindre ce soir même. Elles avaient été contactées la veille par les Jumeaux qui leur avaient annoncé la merveilleuse nouvelle sans pour autant leur révéler ce qu'il en était réellement. Elles savaient que les Potter avaient survécu et avaient été recueillis par une communauté, qu'ils y avaient vécu durant près de 15 ans avant de décider de revenir parmi les vivants. Les larmes qu'elles avaient versées à cette annonce allaient rester longtemps dans la mémoire des enfants…

Salazar s'approcha de lui, un petit sourire aux lèvres.

- Alors, Tommy, prêt pour le grand retour ?

- Je meurs de trouille, Grand-Père ! J'espère vraiment que tout se passera bien…

- Je vois… Les Jumeaux ont eu une bonne idée d'organiser ainsi votre retour à tous… Ca restera dans les annales, crois-moi !

Il y eut un petit silence puis le Fondateur reprit.

- Vous me manquerez un peu… J'avais pris l'habitude de vous voir à toute heure du jour comme de la nuit…

Tom eut un petit sourire triste et posa sa main sur l'épaule de son ancêtre. L'homme tentait de ne pas trop montrer ses émotions mais ses « enfants » le connaissaient trop bien pour ne pas voir sa tristesse.

- Grand-père, nous serons toujours là… Peut-être pas physiquement, mais nous serons là… Et nous viendrons vous voir souvent. Et quand le moment sera venu…

Il ne termina pas sa phrase mais Salazar savait ce qu'il sous-entendait par là. A ce moment là, ils reviendraient ici pour toujours.

- Tu as raison, gamin… Après tout, que valent toutes ces années de vie devant l'éternité ?

Ils se sourirent, se comprenant parfaitement. Ils observèrent dans ce silence complice les deux enfants qui préparaient avec soin les derniers détails du lendemain. Rien n'était laissé au hasard, chaque réaction était prévue. Ils ne voulaient pas perdre le contrôle de la situation, car tout serait alors à refaire.

Ils parlèrent longtemps et se séparèrent tard dans la nuit, impatients à l'idée de ce qu'ils avaient concocté depuis un moment déjà.

Le matin se levait sur Poudlard. La Grande Salle se remplissait peu à peu de monde. C'était l'heure du petit-déjeuner et les élèves, comme les professeurs, se préparaient à une nouvelle journée comme les autres.

Ils ne s'imaginaient pas être si loin de la vérité…

Albus Dumbledore regardait la salle, les sourcils légèrement froncés. Quelque chose clochait dans la pièce, mais il n'arrivait pas à comprendre quoi. Ce fut quand un élève de Pouffsouffle lança un paquet à un étudiant de Serdaigle (un cadeau d'anniversaire, apparemment), qu'il comprit ce qui le dérangeait. Il se tourna vers Séverus et Minerva.

- Ne trouvez-vous pas que les tables ont une disposition différente ?

- Que voulez-vous dire, Albus ?

- Regardez bien. Les tables aux extrémités, Serpentard et Gryffondor, sont bien plus proches du mur, les espaces entre les tables Serpentard et Serdaigle ainsi que celui entre les Pouffsouffle et les Gryffondor sont plus étroits….

Severus constata alors que le directeur avait raison. Il termina les remarques de lui-même.

- Et l'espace central, déjà plus large d'ordinaire, s'en retrouve donc agrandit, comme s'il manquait une table…

- C'est vrai… Mais pourquoi les elfes de maison ont-ils si mal disposé les tables ?

Albus fit un signe d'ignorance et allait se plonger dans une discussion à ce sujet quand un phénomène étrange se déroula devant leurs yeux.

Une table venait d'apparaître, entre les Serdaigle et les Pouffsoufle !

Une table mise pour plusieurs couverts et prête à accueillir des convives.

Elèves comme professeurs étaient sans voix, choqués.

Ils n'eurent pas le temps de se remettre de leur surprise que les portes de la Grande Salle laissèrent passer un groupe assez conséquent de personnes. Ils portaient tous des vêtements différents mais tous avaient la même cape noire ainsi qu'un masque de style vénitien et de couleur différente qui leur cachait le haut visage. Sans se soucier du silence et des regards ahuris, ils s'installèrent en discutant à la cinquième table et commencèrent à déjeuner.

Albus, se remettant lentement du choc, se leva, commençant à parler et interroger ces intrus sans recevoir de réponse ni même de marque d'écoute. Il allait lancer un sort quand un mouvement de ces inconnus l'en empêcha. Ils s'étaient tous tus et observaient l'entrée de la Salle.

Là, se trouvait Harry Potter, seul.

Le jeune homme regarda la table, leva un sourcil interrogateur puis secoua la tête, amusé. Il s'avança ensuite sans hésitation vers la table, sourit en inclinant la tête en guise de salutation et s'assit en bout de table. Un des inconnus fit une remarque dans une drôle de langue et toute la tablée éclata de rire avant de recommencer leur repas, Harry inclus.

A la table des Lions, le silence était total. Ron, Neville, Hermione, Ginny et les Jumeaux observaient leur ami discuter avec des inconnus dans une langue qu'ils ne connaissaient pas, sans aucune crainte, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde ! Il n'avait même pas l'air surpris plus que ça de leur présence en ces lieux !

Le directeur tenta de reprendre contenance et s'adressa directement à Harry.

- Mr. Potter ! Puis-je avoir des explications ?

Dans le silence, Harry ne pouvait que l'entendre et se tourna vers lui, les sourcils froncés. Il se tourna ensuite vers un homme (leur genre étant la seule information qu'ils pouvaient avoir, grâce à leurs vêtements) et lui parla en une langue étrange que tous entendirent.

- Papa ? Je croyais que vous aviez prévenu le Directeur au sujet de votre venue ici ?

L'autre, mangeant avec les manières légères de celui qui se moque un peu de tout ce qui l'entoure, lui répondit dans la même langue :

- Mais nous l'avons fait. Comme prévu, nous lui avons annoncé notre intention de venir ici, lui demandant de ne répondre qu'en cas de refus.

- Et ?

- Pas de réponse.

- Je vois…

Le jeune garçon se tourna vers le directeur et eut un petit sourire devant sa mine décontenancée. Il y avait de quoi ! Il était si à l'aise qu'on aurait dit que rien ici ne sortait de l'ordinaire ou du prévu.

- Il semblerait qu'il y ait un malentendu, Mr le Directeur. Ces personnes ici présentes me disent qu'elles vous ont prévenues de leur arrivée et ne comprennent donc pas votre surprise…

- Pardon ? Mais j'ignorais tout de leur arrivée !

Harry se tourna vers les intrus, échangea quelques mots dans cette langue étrange, puis revint vers le Directeur.

- Ils soutiennent qu'ils vous ont prévenu, en disant que si vous refusiez leur présence, vous deviez leur répondre, mais que dans le cas contraire vous n'aviez pas à le faire.

Le directeur fronça les sourcils. Il parla comme pour lui-même.

- Mais je n'ai jamais rien reçu de… tel…

Un éclair de compréhension le frappa. Fudge ! Fudge et le courrier ! Il savait que l'idiot y pensait mais n'aurait jamais imaginé qu'il oserait ouvrir TOUS les courriers arrivant à Poudlard !

Il revint à Harry.

- Je crois en effet qu'il y a un malentendu. Pourriez-vous demander aux responsables de ce groupe de me suivre dans mon bureau ? Et je pense que votre présence sera nécessaire pour une meilleure communication.

Harry fit semblant de transmettre cette réflexion à l'homme auquel il s'était adressé en début de repas et ce dernier hocha la tête en signe de compréhension. Il se leva donc, suivi de trois autres personnes. Mais il se tourna vers une d'entre elle, une jeune fille apparemment.

- Non, Ely, tu ne viendras pas avec nous ! Maman, Tom et moi accompagnerons seuls Harry.

- Mais papa…

- Non, c'est non ! Tu sais que tu as encore des difficultés à ce petit jeu…

- Mais…

- Papa a raison, princesse. Pourquoi ne profiterais-tu pas de ces moments pour faire la connaissance de personnes d'ici ?

Evidemment, Ely comprit le sous-entendu dans la phrase de son frère. Soupirant, elle acquiesça et revint en boudant quelques peu à son repas. Tom ne put pas s'en empêcher et la taquina :

- C'est bizarre ça, elle a vite rendu les armes… Qu'est-ce que ça cache, Ely ?

Tout le monde à la table put sentir le sous-entendu et de petits rires se firent entendre alors qu'Ely rougissait tout en bougonnant. Harry sourit puis lança un regard à Dumbledore qui quitta sa table, suivi des directeurs de maison et d'Ombrage, qui semblait décidée à tout connaître de ce qu'il se passait, au grand agacement des cinq autres sorciers. Le Directeur annonça l'annulation des cours de la journée et sortit de la salle, imité par les directeurs de maison, Ombrage, Harry et les trois « Responsables ». Tous les regards convergèrent ensuite vers la cinquième table où une jeune femme taquinait la jeune fille qui s'était rassise. Par jeu, elle lui retira son masque, faisant dans le même temps tomber le capuchon de la cape, et tout le monde put ainsi voir une jeune fille à l'air noble et doux, aux longs cheveux noirs et avec un cercle d'or qui lui encerclait la tête. Elle se leva pour rouspéter sur son amie, ce qui fit que les Sepentard et Serdaigle en bout de table purent à loisir la voir.

Un bruit d'étranglement surprit tout le monde.

Draco Malefoy, à la table des Serpents, venait de recracher le jus de citrouille qu'il s'apprêtait à avaler au visage de Crabbe et toussait. Sans doute avait-il avalé de travers. La jeune fille eut un petit sourire et hocha la tête dans sa direction, comme une salutation. La jeune femme qui lui avait retiré son masque et son capuchon fit une remarque qui fit rire discrètement le reste de leur table alors que Draco, qui avait cessé de tousser, balbutia d'une voix ahurie :

- So…Soraya !

A la table des Lions, une jeune fille sursauta à ce nom et fixa d'un air abasourdi la jeune fille qui souriait sans mot dire à Draco. Merlin, était-ce possible ? Elle avait eu un espoir en la voyant mais cette fois le doute n'était presque plus permis. Ce ne pouvait n'être qu'une coïncidence ! Elle ressemblait tellement à Royan…

Soraya tourna alors son regard vers elle et lui sourit. Elle lui fit un signe de tête et ne dit qu'un mot.

- Hermione ?

Celle-ci fut aussitôt le centre des regards. Mais elle ne voyait rien, elle ne voyait que la jeune fille qui s'avançait vers elle et son regard argent. Les yeux de Royan étaient-ils de cette couleur ?

- Soraya ? Tu es vraiment Soraya ?

Mais ce fut Draco qui lui répondit. Il s'était levé et s'était approché d'elles.

- Tu la connais, Hermione ?

La jeune préfète était un peu perdue et ne put qu'hocher la tête. Puis elle se reprit et balbutia :

- Oui… Enfin non… C'est la première fois que nous nous rencontrons. Mais je connais bien son frère…

Draco fronça les sourcils. Il n'avait jamais entendu cette histoire.

- Son frère ?

Soraya les interrompit d'un seul mot. Ses yeux pétillaient de malice et un sourire amusé flottait toujours sur ses lèvres.

- Royan.

- Oui, Royan… Eh mais… Tu nous comprends ?

L'attention s'accentua sur le trio et ils virent Soraya émettre un petit rire.

- Oui, bien sûr que je vous comprends ! Je parle aussi votre langue !

- Hein ? Mais ? Je croyais…

Soraya rit encore plus.

- Tu croyais que je ne parlais pas votre langue ? En fait, je suis la seule à la parler, ici. Et je vais devancer ta question, Hermione. Si je n'ai pas suivi les autres, c'est qu'ils craignaient que mon manque de patience ne me pousse encore à avoir des ennuis !

- Des ennuis ? Comme ?

- Comme ensorceler le vieux crapaud d'Ombrage ! J'ai beaucoup entendu parler d'elle et Papa sait que je serai bien capable de vérifier ce qu'elle donnerait en crapaud !

A cette remarque, tout le monde éclata de rire, même les Serpentard et les Professeurs. Le Professeur Vector s'adressa alors à la jeune fille, d'une voix aimable et amusée.

- J'aurai bien aimé voir ça ! Mais serait-il possible de savoir qui vous êtes et ce que vous venez faire ici ?

- Bien sûr !

La jeune fille monta alors sur sa table, récoltant quelques remarques amusées de la part de ses amis, et s'adressa à toute la Grande Salle, afin de ne plus avoir à se répéter 36 fois.

- Bonjour à tous ! Alors, je me présente… Je suis Soraya Cenmaro, 15 ans. Les personnes ici présentes font partie de la Communauté à laquelle j'appartiens, j'ai nommé les Nomades du Vent. Nous sommes des Sorciers Voyageurs, une des dernières communautés qui existent encore dans le monde. Si nous sommes ici, c'est parce que dans notre périple, nous avions prévu de passer par Poudlard. Nous avons écrit à votre Directeur en lui demandant de ne répondre qu'en cas de refus. Comme nous n'avons reçu aucune réponse, nous avons conclu que nous étions les bienvenus. Mais apparemment, il y a du avoir un malentendu… Bon, des questions ?

Plusieurs mains se levèrent et la jeune fille donna la parole à une jeune fille de Serpentard qu'elle reconnut comme étant Pansy Parkinson.

- De quel côté êtes-vous ? Pour le Seigneur des Ténèbres ou pour le Ministère ?

Le silence se fit total, tendu. Draco fusilla sa condisciple du regard et bien d'autres l'imitèrent. Mais la Serpentard ne broncha pas, attendant la réponse de Soraya. Celle-ci ne tarda pas.

- De quel côté ? Quelle question idiote ! Mais du nôtre, bien entendu !

- Du vôtre ? Ce qui veux dire ?

- Ca veut dire ce que ça veut dire, Miss. Hors de question de rejoindre l'Albinos détraqué et hors de question aussi de se ranger du côté du Crétinus Maximus qui vous sert de Ministre. Nous sommes libres, comme le Vent. Pas de patrie, pas de frontière, pas de ségrégation. Nous sommes des Nomades du Vent, cette guerre ne nous concerne pas. Du moins, pas de la même façon que vous…S'il faut que nous nous battions, nous nous battrons pour nous, pour ce en quoi nous croyons. Pas pour les idées de quelqu'un d'autres ou pour ses intérêts !

Le silence suivit cette diatribe. Chacun tentait en lui-même d'analyser ces mots si vrais. Hagrid s'écria alors :

- Et vous avez bien raison ! Ca, c'est parlé !

Les autres professeurs acquiescèrent, agréablement surpris par cette jeune fille. Contrairement à une grande majorité de leurs élèves, elle savait réfléchir et ne suivait pas aveuglément telle ou telle idéologie. Les mots qu'elle avait prononcés, on sentait qu'ils étaient les siens et non ceux de quelqu'un d'autre. Ce qui en ajoutait à l'émerveillement des professeurs. Vector souriait alors que la jeune fille donnait la parole à un Pouffsouffle de troisième année.

- Excusez-moi, mais pouvez-vous nous présenter vos compagnons ?

Souriante, elle fit une petite révérence au Pouffsouffle qui rougit.

- Merci de m'avoir rappelée à mes devoirs ! Je vous préviens juste que je serais la seule dont vous verrez le visage. Je suppose que j'ai la permission d'agir à visage découvert parce que je connaissais déjà certains d'entre vous. Alors, je commence !

Elle se tourna vers la femme qui lui avait retiré son masque. Elle lui retira son capuchon et tout le monde put voir de longs cheveux blonds tomber en cascade sur ses épaules. Même avec son masque vert et argent, on pouvait voir qu'elle était d'une beauté surprenante.

- Cette jeune dame se nomme Moira Ilma, elle a 19 ans. Et pour ceux qui se poseraient la question, oui, elle est de descendance Veela !

La dénommé Moira grogna.

- Tu aurais pu l'éviter, celle-là !

- Autant qu'ils sachent, ma chérie !

Puis la jeune fille se tourna vers deux femmes au masque rouge et or identique. Elles abaissèrent leurs capes, libérant les courts cheveux bruns de l'une et les courts cheveux noirs de l'autre.

- Ces deux gentes dames sont mes tantes, Lyra et Syra. Ce ne sont pas des jumelles, mais c'est tout comme ! Ne soyez pas surpris si elles ont l'air de connaître Poudlard, il semblerait qu'elles soient déjà venues ici autrefois…

Elle avait un petit sourire amusé et jeta un coup d'œil aux deux femmes. Léna et Sara étaient arrivées la veille et avaient tout de suite été mises dans la confidence, une fois les émouvantes retrouvailles terminées. Comme les jumeaux l'avaient pensé, elles avaient aussitôt demandé de participer à la petite fête, même si elles croyaient dur comme fer à cette histoire de Nomades du Vent. C'était amusant de se dire qu'elles ne se posaient pas plus de questions et acceptaient cette histoire sans problèmes, alors qu'elle avait été inventée de toutes pièces pour éviter de révéler l'existence des Shawins au monde sorcier.

Elle reprit ses présentations, car des membres d'autres communautés, futurs Shawins ou Anciens Ephémères, avaient tenu à les accompagner. Elle se tourna vers deux jeunes hommes qui baissèrent aussitôt leurs capes, révélant de longs cheveux, blonds pour l'un, noirs pour l'autre. Leurs masques étaient de la couleur du cuivre avec de légers dessins bleus. Mais ce que chacun remarqua, ce furent les oreilles en pointe du blond et les canines un peu proéminentes de l'autre.

- Voici Mordo et Anar. Comme vous pouvez le constater, Mordo est mi-vampire mi humain alors que Anar est un Elfe. Je vous conseille de ne pas vous les mettre à dos… Tous les deux forment une équipe d'enfer ! Mais je vous rassure, ce sont des garçons très gentils et très sympa quand on ne les cherche pas. Ils ne vous feront aucun mal !

Les deux garçons sourirent de concert, comme s'ils comprenaient (ce qui était le cas, mais ils n'avaient pas à le savoir !). Soraya se tourna ensuite vers quatre personnes en bout de table qui imitèrent leurs compagnons en révélant leurs masques, noirs veinés d'argent pour deux d'entre eux et argent veiné de noir pour les deux autres. Il n'y avait qu'un garçon parmi elles, il portait un masque noir.

- Alors, voyons. Cette jeune fille aux cheveux noirs et au masque argenté se nomme Hikari. Elle est d'origine japonaise, comme vous l'avez peut-être remarqué à son nom. Son ami au masque noir s'appelle Kei, il est aussi Japonais. Quant à ces deux demoiselles, leurs noms sont Raya pour le masque noir, elle est brésilienne, et Selena, qui est française, pour le masque argenté. Et c'est tout !

Les quatre amis se levèrent et firent une petite révérence avant de se rasseoir. Soraya parcourut alors la salle en demandant s'il y avait d'autres questions. Ron leva la main et posa d'emblée sa question, récoltant un regard un peu fâché de la part d'Hermione pour son impolitesse.

- D'où connais-tu le Survivant ?

Là, tout le monde le regarda, un peu surpris par la tournure de la phrase. Hermione, Draco et les autres amis d'Harry le regardèrent avec des yeux un peu surpris. Soraya s'était tendue avant de répondre.

- De qui parles-tu ? Je ne connais pas de Survivant !

- Mais… Tu discutais avec lui !

- Ah ? Mais il me semble que je discutais avec Harry Potter, mon ami d'enfance, pas le Survivant !

Des murmures suivirent cette réplique alors que Ron blanchissait en se rendant compte qu'une fois de plus il avait parlé sans réfléchir. Il avait laissé sa foutue jalousie prendre le dessus et n'avait pas remarqué qu'il avait parlé d'Harry- son meilleur ami !- comme du Survivant ! Le regard de Soraya se fit plus doux.

- Ce n'est pas grave, mais évite de parler d'Harry comme du Survivant. Il n'est pas celui que tout le monde pense et il aurait été blessé d'entendre que tu es comme les autres, à ne le regarder que pour sa cicatrice… Je sais que tu n'es pas comme ça, mais il t'arrive de le jalouser, pas vrai ? Je serais toi, je ne l'envierai pas… Son sort est bien plus noir que tout le monde ne l'imagine et il a besoin de ses vrais amis à ses côtés…

- Je n'aurai pas mieux dit moi-même !

Tous les regards se tournèrent vers les portes où se tenait Harry Potter, les bras croisés, un petit sourire aux lèvres.

- Harry !

- Alors ? J'ai pas bien fait de te dire de rester ici ?

Soraya fit un grand sourire et hocha la tête. Puis, curieuse, elle l'interrogea.

- Alors ? Comment ça s'est passé ?

Pour toute réponse, le jeune garçon fit un grand sourire avant de rire, d'un rire franc et sincère. Puis, il prit un air innocent…

- Je crois que Fudge va bientôt avoir mal à la tête….

Et toute la tablée éclata de rire, vite suivie par la Salle au complet. Rares étaient ceux qui appréciaient le ministre.

Soraya descendit de la table et s'assit, prête à faire enfin honneur au petit-déjeuner. Harry secoua la tête, amusé, puis se tourna vers Hermione et Draco, toujours debout.

- Vous avez déjà terminé de petit-déjeuner ?

Une fois qu'il eut une réponse négative, il désigna la table centrale de la main.

- Envie de vous joindre à nous ? Et c'est aussi valable pour Ron, Neville, Ginny, les Jumeaux, Luna, Blaise et Théo. Je leur ai tellement parlé de vous qu'ils doivent avoir hâte de vous connaître !

Très contents, les personnes invitées quittèrent leurs tables pour rejoindre celle des Nomades. Et les professeurs ne purent s'empêcher de penser que, pour la première fois depuis des siècles, des élèves de maisons différentes étaient assis à la même table dans la joie et la bonne entente, sans cris ni disputes.