Bonjour à tous!
Voici le 10e chapitre de "Maître de son Destin". J'espère que vous aimerez... N'hésitez pas à prévenir d'erreurs, incompréhensions ou autres. Je suis à votre disposition
Bonne lecture!
Fustella
Chapitre 10 : Gardien de Brocéliande
Ron, Hermione, Ginny et les Jumeaux étaient assis dans la salle commune, à la table située sous l'escalier menant au dortoir des garçons, bien cachée de tous les regards. Ils discutaient des Nomades, d'Harry et de tous les petits évènements insolites qui s'étaient produits dans la semaine. La seule chose qui changeait dans leurs recherches, c'était le but : plus question de fouiner dans les secrets d'Harry mais plutôt veiller à ce qu'il ne soit pas à nouveau blessé, moralement ou physiquement, par qui que ce soit. Voilà pourquoi ils s'intéressaient de près aux Nomades. Et c'était aussi par curiosité personnelle, avouons-le franchement. Il était près de minuit mais aucun d'entre eux ne voulait dormir, surtout que le lendemain serait un dimanche.
Hermione venait de leur parler de l'étrange attitude d'Harry, plus confiante mais aussi plus légère. C'était la première fois qu'il semblait si décontracté depuis qu'ils le connaissaient et ce changement semblait lié aux Nomades, aussi pensait-elle qu'il ne risquait rien. Elle voulait aider Harry et savait que se montrer soupçonneux à l'encontre de ses amis ne lui plairait pas. Il pourrait en être vraiment blessé, et par eux cette fois. Ce qu'elle ne pouvait supporter. Le silence avait suivi sa remarque quand un bruit se fit entendre à l'étage, vite suivi de chuchotements qui les firent devenir encore plus silencieux.
- Grouille…
- Y'a pas le feu, non ?
- On voit que tu connais pas encore bien Grand-Père ! Et puis, il ne faut pas qu'on tombe sur Ron ou un autre!
- Pour Ron et les autres, je comprends… Mais pour…
- Tu comprendras bien assez tôt, crois-moi ! Il va nous faire suer sang et eau pour chaque minute de retard ! Chaque minute compte, tu comprends ?
- Vu comme ça, je comprends mieux…
- Alors grouille ! Aaaaaaaah, Merlin, Ely va me tuer si j'arrive en retard !
Ils entendirent des pas descendre les marches au-dessus d'eux et une voix amusée s'éleva, assez proche pour qu'ils puissent reconnaître la voix de Neville.
- Elle est si terrible que ça ?
- Si y'a bien une chose qu'Ely ne possède pas beaucoup, c'est bien la patience ! Elle est aussi impulsive qu'une Gryffondor ! C'est elle qui aurait dû y être plutôt que moi !
- Sauf que t'es pas mal non plus quand tu t'y met ! Faut pas t'énerver sinon…. Brrr, j'ose même pas y penser !
Un petit rire lui répondit et les Gryffondor cachés sous l'escalier entendirent les pas se diriger vers la porte de la salle commune. Il y eut un bruit de porte qu'on ouvre puis une troisième voix qui s'éleva :
- Pas trop tôt ! Allez, on fonce !
- Ok, Ely ! Et du calme, on a encore du temps !
La porte se referma et le silence se fit. Les cinq adolescents s'entreregardèrent et Ron résuma la situation :
- C'est quoi ce bazar ?
Mais personne ne put lui répondre.
Au même moment, trois adolescents couraient dans les couloirs de Poudlard, utilisant passages secrets et raccourcis jusqu'à l'entrée la plus proche du Cœur de Poudlard.
C'était la troisième fois que Neville empruntait ce chemin. La première fois, ça avait été quand il avait découvert la véritable identité de Soraya. Il s'en souvenait comme si c'était hier.
Flash-Back
- Harry ? Où tu m'emmènes ?
- Là où j'aurai dû t'emmener depuis longtemps, Neville ! Tu vas voir…
Ils avaient emprunté des passages secrets dont Neville n'avait jamais eu connaissance et se dirigeaient vers les grands escaliers menant entre autres à la tour de Gryffondor. Ils prirent ce dernier mais Harry stoppa au milieu des marches. Il sortit de sa poche un parchemin froissé et murmura quelques mots que Neville ne put saisir mais qui eurent comme conséquence de faire apparaître quelque chose sur le vieux parchemin. En voyant ce qui s'affichait, il siffla et s'écria à voix basse :
- Une carte de Poudlard !
- Et ouais ! La carte du Maraudeur, pour être exact ! Bon, pas âme qui vive aux environs. Parfait. Méfait accompli !
La carte s'effaça et Harry se tourna vers son ami avec un petit sourire en coin.
- Retient bien ce que je vais faire, Nev ! Ca pourra t'être utile un jour !
Et il étendit son bras devant lui, paume ouverte vers le sol.
- Vers le Cœur des Shawins au nom d'Harry James Potter, le Phénix Doré ! Neledhia !
Ce n'était qu'un murmure mais il eut son effet. L'escalier bougea et s'arrêta sur la mystérieuse porte qui ne s'ouvrait jamais. Neville le regarda en haussant les sourcils, surpris, mais suivit son ami qui grimpait jusqu'à la porte. L'escalier bougea au moment même où les deux Gryffondor le quittèrent.
- Tu parviens à contrôler les escaliers ?
- Bien sûr ! Et si mon instinct ne me trompe pas, tu ne vas pas tarder à apprendre à faire de même !
- Hein ?
Mais Harry ne lui répondit pas, il ouvrit simplement la porte et lui fit signe d'entrer à sa suite. Neville était de plus en plus abasourdi.
- Merlin tout-puissant ! Je croyais cette porte impossible à ouvrir !
- Elle l'est. Pour un sorcier ou un indésirable tout du moins. Pas pour nous…
- Nous ? Tu veux dire, les Nomades ?
Harry le regarda alors et eut un petit sourire.
- Oui et non. Suis-moi, tu vas comprendre.
Les deux adolescents suivirent le couloir, passant une salle avec des étranges cadrans puis un autre couloir avant d'atteindre ce qui semblait être une salle d'étude avec un lit à baldaquins. Harry le fit asseoir devant la cheminée où flamba immédiatement un bon feu puis lui présenta du thé et des gâteaux venus d'on ne sait où. Enfin, il lui donna quelques explications.
- Les Nomades du Vent n'existent pas réellement, Nev. A la base, c'était le surnom que les adultes donnaient à notre groupe d'amis. Comme les Maraudeurs du temps de mes parents et leurs amis. Nous sommes assez nombreux. Une vingtaine en tout, je pense. Tous ne sont d'ailleurs pas ici en ce moment.
Il soupira, regarda le feu un moment puis l'interrogea :
- Neville, aurais-tu par hasard des visions étranges ou des dons particuliers ?
Le Gryffondor fut surpris de la question mais lui répondit franchement. Harry apprit ainsi certaines choses que son ami avait caché à tout le monde, même à son entourage proche ou sa grand-mère.
- Je ne sais pas comment tu l'as appris, mais c'est la vérité. J'ai de temps en temps des visions bizarres, des visions concernant certaines personnes. Il y en a que je connais, d'autres non. Mais les plus récurrentes me montraient un quatuor dont tu faisais partie. Mais tu étais très différent de maintenant. Avec toi, il y avait Elisabeth et deux autres personnes que je devine être Tom et Moira.
- Je vois… Et c'est tout ? De quoi parlaient tes visions ?
- D'un peu de tout. Il y avait beaucoup de discussions mais je ne me souviens pas de tout. Et sinon, j'ai aussi des visions concernant une forêt, mais je ne la connais pas. C'est souvent là que je vous voyais…
Harry sourit.
- Des Fragments de Mémoire de Brocéliande… Bingo !
- Des quoi ? Et pourquoi Bingo ?
Le Survivant se leva et, sous les yeux ahuris de Neville, se mit à se transformer. Deux secondes plus tard, le Gryffondor se tenait devant le Harry Potter de son rêve.
- Surpris, hein ? Je suis métamorphomage, comme Ely. Quand tu me voyais, c'était bien sous cette apparence ?
- Euh…oui.
Il observa un instant son ami et fit un grand sourire en constatant que ce Harry-là était bien plus confiant et en bonne santé que celui qu'il connaissait jusqu'ici. Son ami se rassit et se mit à tout lui raconter. Ce qu'étaient les Shawins, leur importance, les noms les plus célèbres… Il sut tout ce qui les concernait et constata énormément de points communs entre lui et les Apprentis Shawins. A un moment, n'y tenant plus, il arrêta Harry.
- Un instant, Harry… Tu n'es quand même pas en train de me dire que… moi….
- Tu es un Apprenti Shawin de Brocéliande ! Exactement !
- Par Merlin ! Laisse-moi un moment pour assimiler la nouvelle…
- Bien sûr. En fait, il semble que ta formation ne se soit pas totalement enclenchée à cause de ton manque de confiance en toi… Ca a dû bloquer ta magie depuis ton enfance.
- Oui, ceci expliquerait cela…
Il y eu un silence entre eux. Harry le mit à profit pour aller à la bibliothèque et en sortir un livre assez ancien qu'il déposa sur la petite table basse devant eux. C'était un livre à la couverture vert émeraude sur laquelle était dessinée une épée entourée d'une rose à épines.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Le livre des Gardiens.
Devant l'air perdu de Neville, Harry s'expliqua :
- Je t'ai parlé des trois sortes de Shawins et des Apprentis, n'est-ce pas ? Et bien il existe également un titre assez important parmi notre communauté : les Gardiens. Ce sont des Shawins qui ont achevé leur formation mais qui ne sont pas encore morts. Ils veillent sur le lieu de rassemblement de leur communauté et s'occupent de l'introduction des nouveaux Apprentis. A cause de nombreux problèmes, il n'y a plus eu de Gardien de Poudlard depuis mille ans. Maintenant, ce rôle nous revient, à Elisabeth et moi, en tant que Phénix.
- Et ? Qu'est-ce que ça à voir avec moi ?
Harry eut un petit sourire puis de sa main droite il survola le livre dont les pages se tournèrent jusqu'au chapitre concernant Brocéliande.
- Les guerres contre les différents mages noirs des deux derniers siècles ont causé de gros dégâts parmi les nôtres. Surtout en France, avec les trois guerres successives de 1870, 1914-18 et 1939-45 qui touchèrent autant les moldus que les sorciers. Sans compter les bouleversements de pouvoirs et les massacres en résultant : la Terreur, par exemple. Il n'y a pas eu de Gardien de Brocéliande depuis deux siècles. Viviane nous a souvent dit qu'elle attendait avec impatience la venue du prochain Apprenti et Gardien.
Neville leva brusquement la tête, comprenant soudain où il voulait en venir. Le Survivant eut un petit rire devant sa tête ahurie :
- Eh oui, Nev ! C'est toi ! Dès que tu auras terminé ta formation, tu seras nommé Gardien de Brocéliande ! Pas mal, hein ?
Neville était sans voix et Harry le laissa seul quelques instants avec le livre et ses pensées, le temps d'aller chercher les Fondateurs, Poudlard, Merlin et Viviane.
Fin Flash-Back
Et à présent, le voilà qui reprend ces escaliers pour rejoindre un endroit dont, une semaine auparavant, il n'aurait jamais imaginé l'existence.
Alors que les jeunes étaient arrivés au milieu de l'escalier, les Jumeaux ne prononcèrent pas les mots de passe et se tournèrent vers Neville en souriant. Comprenant le message, le jeune homme étendit la main comme il avait vu Harry le faire.
- Vers le Cœur des Shawins au nom de Neville Franck Longdubat, Apprenti Shawin ! Neledhia !
Et à sa grande joie, l'escalier lui obéit et ils purent se rendre au Cœur de Poudlard sans se faire repérer.
Tandis qu'ils avançaient rapidement dans le couloir, Neville se souvenait de tout ce qu'il avait vu, entendu, lu et appris durant ces quelques jours. Il avait appris avec horreur l'histoire de Tom Elvis Jedusor et de Voldemort ainsi que l'histoire vraie de Harry Potter. Il avait fait la rencontre des Fondateurs, de Poudlard, de Merlin et surtout de Viviane. Sa formation avait débuté dès le premier soir, formation accélérée puisque le moment de l'affrontement entre Voldemort et Harry n'allait sans doute plus tarder et Neville se refusait d'être en reste. Viviane l'avait chaleureusement applaudi : au moins son Héritier n'était pas un trouillard et savait où se trouvait sa place !
Harry lui avait fait visiter toutes les pièces du Cœur de Poudlard, du Sanctuaire à la pièce où ils passeraient la plupart de leur temps dans les jours à venir : la Salle Temporelle. Cette Salle était la plus renversante de toutes celles qui se trouvaient dans le Cœur. En y entrant, on tombait dans une pièce aux murs de pierre. La seule autre issue était une autre porte, en face. Et une fois franchie, Neville avait eu le choc de sa vie : Poudlard ! C'était la réplique de Poudlard et de son domaine, parc et forêt compris ! Une réplique grandeur nature et exacte à la poussière près, où le temps était ralenti : une heure y correspondait à un mois. Inutile de dire que c'était un moyen pratique pour s'entraîner !
En tout, Neville avait déjà passé deux ans (soit 24h) dans cet autre Poudlard, entouré de ses nouveaux amis et de ses Maîtres. Sa formation accélérée était appuyée par des nuits entièrement consacrées à l'enseignement subliminal, soit les Fragments de Mémoire de Poudlard et de Brocéliande ayant rapport aux différentes leçons de magie qui s'y étaient déroulées. Bref, Neville avait désormais un excellent niveau, même s'il n'avait encore connu aucune Nuit de Lune Noire sous son statut tout nouvellement acquis.
Cette nuit était une Nuit de Lune Blanche, donc de Pleine Lune. Tout le monde passerait la nuit et une partie du jour suivant dans les différentes salles à augmenter ses connaissances et ses pouvoirs. Car comme le disait si souvent Viviane :
- Un Shawin, même mort, est en apprentissage constant !
Et elle avait parfaitement raison…
Voilà pourquoi ils étaient tous les trois dans la salle aux cadrans. Sans même se concerter, Harry prit la porte à l'extrême gauche, celle qui avait le blason de Poudlard, et mit le cadran sur « Tempus ». Neville se souvint alors du fait qu'il n'avait jamais passé les autres portes, sauf celle portant le blason de Brocéliande.
- Au fait, où mènent les autres portes ?
- La plupart mènent à des endroits liés à Poudlard où vivent des communautés, comme Stonehenge, Brocéliande, Salem ou Londres.
- Londres ?
Harry hocha la tête tout en avançant dans le couloir menant à la porte de la Salle Temporelle. De chaque côté du couloir se trouvaient d'autres petites pièces d'entraînement ou des laboratoires.
- Les Shawins vivant dans une capitale moldue et sorcière sont particuliers. Leur communauté étant éparpillée dans de nombreux lieux, ils ont un lieu de rencontre, un QG si tu préfères, et évoluent entre les différents lieux. Il y a des Shawins à la Tour de Londres, au Ministère ou encore au British Museum. Leur lieu de rassemblement se situe sous la Tamise.
- SOUS ?
- Ouaip ! On t'emmènera un jour, si ça t'intéresse…
Neville ne répondit pas mais continua ses questions :
- Et les autres portes ?
- Elles mènent dans des lieux normalement interdits au commun des mortels ou tout simplement légendaires. A moins que personne ne les connaisse… As-tu déjà entendu parler de la Terre du Milieu ?
- Absolument pas !
Elisabeth eut un grand sourire :
- Oh ! Il faut vraiment qu'on y aille un jour ! C'est fou ce qu'on y apprend en quelques jours ! Et puis, c'est amusant depuis la fin de leur fameuse Guerre des Anneaux. C'est un monde en paix à présent !
Harry hocha la tête, souriant lui aussi.
- Neville devra sans doute s'y rendre à la prochaine Lune Noire, nous pourrions l'accompagner. Mais la Terre du Milieu n'est pas le seul endroit où nous avons accès. Il y a aussi Avalon, Camelot, l'Atlantide, le continent de Mû, Ys, Atlantica,… Je ne pourrai pas tous les nommer, il y en a tant !
Neville était incrédule, même alors qu'il savait qu'il était dans un autre univers que celui qu'il connaissait depuis sa naissance. Chaque jour qu'il passait en compagnie de ses semblables lui faisait découvrir de nouveaux secrets, de nouvelles merveilles. Il avait fini par comprendre que les Shawins étaient l'exemple même du proverbe « En magie, rien n'est impossible ». Il se remit donc assez rapidement de sa surprise et poursuivit son interrogatoire :
- Et vous les avez tous faits ?
La fille Potter eut une petite grimace de dépit en secouant la tête. On la sentait frustrée et il en comprit la raison dès son explication. Il eut d'ailleurs un petit sourire qui reflétait parfaitement celui qui fleurissait sur le visage de son ami.
- Nan, et c'est pour ça qu'on peut pas tous te les nommer. On les connaît pas !
C'est à ce moment qu'ils atteignirent la porte menant à la Salle Temporelle. Les Jumeaux s'étaient déjà métamorphosés et avaient repris leurs habits habituels : pour Harry une tunique rouge mi-longue sur un pantalon brun en peau de dragon et pour Elisabeth une longue tunique bleue lui arrivant aux chevilles, fendue sur les côtés, avec en-dessous un collant blanc. Tous les deux portaient une ceinture de cuir où pendaient une petite bourse, une épée et une dague ainsi que des pochettes contenant certaines potions d'urgence. Ils avaient également une grande sacoche en toile brune qu'utilisaient les apprentis et dont la lanière leur traversait la poitrine, le sac leur tombant sur la hanche droite.
Neville imita alors ses camarades, levant le sort qui pesait sur lui depuis le début de son apprentissage. Ses cheveux s'allongèrent et il les attacha rapidement en un catogan (la plupart des Shawins portaient les cheveux longs). A l'oreille gauche apparut un anneau d'argent et sa chevalière marquant son statut d'Apprenti des Shawins de Brocéliande se plaça à l'annulaire gauche. Il grandit de quelques centimètres et ses traits se durcirent quelque peu, perdant les rondeurs de l'enfance. Comme tout Apprenti de Brocéliande de la caste des Guérisseurs, il portait une robe blanche assez semblable à l'habit druidique et une cape rouge. Sa ceinture ne portait que des potions et une petite dague qui servait plus à la cueillette qu'au combat. Comme ses amis, il portait la sacoche d'Apprenti.
Neville était assez embêté par son vêtement et il attendait avec impatience de porter sa propre tenue, plus adaptée au combat. Car le jeune homme ne comptait pas faire tapisserie dans le combat à venir, bien au contraire !
Une fois la seconde porte passée, ils furent littéralement assaillis par un Salazar Serpentard sur les nerfs. Le vieil homme adorait sa descendance et avait un peu de mal à supporter le fait qu'ils soient absents si souvent depuis le réveil de James, Lily, Tom, Moira et Elisabeth. Depuis, il chérissait chaque instant en leur compagnie tout en tentant de ne pas le montrer…. Serpentard oblige ! Mais ses enfants le connaissaient assez pour passer outre ses sarcasmes et apprécier l'affection qu'il leur offrait parfois de si étrange manière.
Il fallut l'arrivée d'Helga pour que l'homme les laisse et qu'ils puissent enfin commencer leur entraînement.
Dans le bureau du Directeur de Poudlard, une réunion au sommet se déroulait en ce dimanche d'avril après-midi. Diverses personnes y assistaient : Sirius Black, le prisonnier en cavale, Rémus Lupin le loup-garou, Severus Rogue l'espion, Minerva McGonagall, les Jumeaux Weasley, Ron, Hermione, Ginny, Draco, Blaise, Theo et Luna. Ils avaient tous été convoqués au sujet des Nomades, d'Harry et de Neville.
- Je ne vois pas le problème, Albus. Si Harry et Neville ont changé en bien, c'est une bonne chose, non ?
- Ca le serait si je comprenais exactement en quoi ils ont changé et surtout pourquoi, Minerva. Vous êtes tous au courant des dangers qui pèsent sur Harry mais vous ne pouvez même pas deviner combien il est menacé.
- Que voulez-vous dire, Albus ? Que nous cachez-vous ?
Le vieux directeur soupira et son regard balaya les personnes présentes. C'étaient les personnes en qui il avait le plus confiance pour aider et soutenir Harry puisque lui-même ne pouvait plus rester à ses côtés sans le mettre davantage en danger. Il ne fallait pas que Voldemort se serve de lui pour atteindre Dumbledore ou vice-versa. Il décida donc de s'expliquer en partie sous le regard agacé de son phénix qui aurait aimé qu'il ait plus de jugeotte que cela. Il ne connaissait pas l'Enfant ou quoi ? Mentir ou cacher des vérités étaient le plus sûr moyen de le blesser ou de le déstabiliser ! Il aurait dû le savoir depuis le temps ! Mais non, il continuait dans sa lancée sans songer aux conséquences…
- Certaines choses doivent rester cachées pour le moment, Sirius. Si elles venaient aux oreilles de Voldemort, tout serait perdu. Sachez juste qu'il n'en a pas fini avec Harry. Il a de nombreuses raisons de s'attaquer à lui, l'une d'entre elle étant qu'il parviendrait comme cela à déstabiliser toute la communauté sorcière. Voilà pourquoi j'estime qu'il vaut mieux veiller à ce qu'il ne souffre pas d'une trahison quelconque ou entraîné là où nous ne pourrions plus le protéger. Et pour cela je voudrai savoir qui sont ces personnes et les liens qui les rattachent à Harry. Leur seule présence l'a transformé à un point qui m'inquiète presque…
- Alors vous faites erreur !
C'était Hermione. Elle avait pris le courage de s'opposer à son Directeur. Que les Nomades soient étranges étaient un fait bien établi, que le changement d'Harry soit néfaste en était un qu'elle ne pouvait accepter et elle le fit bien comprendre.
- Harry a changé, c'est vrai, mais je ne vois pas où est le mal, bien au contraire ! Harry est plus épanoui, plus heureux… plus libre, en un sens. Il n'a plus cette étincelle douloureuse dans les yeux, celle qui nous donne l'impression qu'il porte le poids du monde sur ses épaules. Il a l'air d'être… ben… en famille. Pareil pour Neville. Je suis plutôt heureuse de le voir comme ça. Où est le problème ?
Tout le monde s'était tu devant cette tirade où perçait le caractère enflammé de la jeune préfète. Dumbledore ne resta cependant pas surpris longtemps et préféra s'expliquer avec la jeune femme. Il semblait las.
- Le problème est inverse, Miss Granger. Il en devient insouciant, arrogant et grossier. Alors que des protections ont été mises en place pour sa sécurité, il passe outre les règlements et ce à tous niveaux. Je veux bien croire que le Professeur Ombrage soit imbuvable, mais ne pas se rendre à ses retenues risque de lui attirer plus d'ennuis encore. Si le Ministère s'en mêle, il pourrait bien se faire renvoyer. Je l'ai plusieurs fois mis au courant en lui demandant de ne pas s'emporter ou se la mettre à dos, mais rien n'y fait. Les choses ne font que s'aggraver. Sans compter que ses sorties deviennent de plus en plus fréquentes. Vous-même m'avez rapporté sa sortie secrète de cette nuit.
De nouveau le silence se fit, chacun retenant ses remarques ou commentaires. Rémus et Sirius ne pouvaient s'empêcher de comparer ce nouvel Harry à un James Potter des grands jours… mais en pire. En mille fois pire. Severus pensait de même à voir son expression méprisante. Hermione voulut encore défendre son ami mais deux voix inattendues la coupèrent dans son élan.
- Dix contre un qu'ils ont tous eu une pensée pour James Potter !
- Je parie pas, ils l'ont eue !
Tous se tournèrent brusquement d'un seul mouvement vers la fenêtre du bureau. Et ouvrirent la bouche sous le choc. Là, assis sur le bord des fenêtres grandes ouvertes pour laisser passer de l'air, deux adolescents étaient assis. Soraya et Neville. Tous les deux avaient un sourire narquois.
- Mr Longdubat ! Miss Cenmaro ! Puis-je savoir comment vous êtes entrés ? Et de quel droit ?
Neville sourit encore plus fort devant la colère et le choc de sa directrice de maison.
- Par la fenêtre, tout simplement. Simple exercice de concentration.
- Très bien effectué, ceci dit, Nev !
- Merci Sora. Comme je le disais, nous étions en train de nous exercer quand nous avons entendu une conversation concernant Harry. Et si j'ai bien compris, les Nomades et moi sommes également concernés. Donc, j'estime pouvoir interrompre une conversation qui me concerne. Surtout que tout ce cirque ne vous mène à rien, il vous suffit de nous questionner pour avoir des réponses…
- Si tant est que nous puissions vous les donner.
- Cela va sans dire…. Alors ?
Tout le monde restait silencieux devant l'attitude de Neville. Sirius et Rémus commençaient à comprendre pourquoi Dumbledore se montrait si inquiet du comportement étrange des deux Gryffondor. Même James n'aurait pas osé parler comme ça devant McGonagall et encore moins devant le tout-puissant directeur de Poudlard ! Ce dernier tenta de rester impassible comme à son habitude et commença ses questions.
- Pour commencer… Qui êtes-vous réellement, Miss Cenmaro ?
- Vous parlez combien de langues ?
- Pardon ?
La réponse à la question par une autre question sans aucun rapport avec la première décontenança tout le monde mais Neville souriait cette fois avec amusement et Soraya semblait être un peu agacée, comme par une mouche trop bruyante, même si son amusement était très perceptible dans le ton de sa voix.
- Je vous ai demandé combien de langues vous parliez. Et avant que vous posiez la question, cette question a tout à voir avec la vôtre. Alors ?
- Environ 150 mais pourquoi….
- Mais vous ne comprenez pas celle que nous utilisons, n'est-ce pas ?
- Je dois bien admettre qu'elle dépasse ma compréhension.
La jeune fille et Neville se jetèrent un coup d'œil amusé et Soraya se tourna vers Fumseck. A l'ahurissement de l'assemblée, elle se mit à lui parler par sifflements, comme le chant du phénix.
- Ton maître ne connaît pas notre langue, Seigneur Phénix. Comprend-il la tienne ?
- Il connaît les langues des hommes et de la plupart des créatures qu'il rencontre sur ces terres ou dans ses réunions. Pas la vôtre ni la mienne.
- Il ne connaît donc que les langues mortelles ?
- Ne sommes-nous pas tous mortels ?
- Tu as raison… D'une certaine façon nul n'est immortel…
- Juste éternel… En effet.
- Bien. Merci Fumseck.
Elle se tourna vers le Directeur toujours un peu surpris et lui fit un petit sourire.
- Pardonnez-moi si je vous ai parue insolente, Professeur Dumbledore, mais je croyais que vous vous moquiez de nous. Je pensais que vous connaissiez certaines choses et que vous faisiez exprès de ne pas comprendre ou être seulement au courant.
- Eh bien…. Excuses acceptées… Mais j'aimerai bien comprendre qui vous êtes.
- Je vais vous répondre de ce pas mais avant… Neville ?
Le jeune homme se tourna vers son amie et, en voyant son regard, comprit ce qu'elle voulait. Il râla quelque peu, juste pour la forme.
- C'est vraiment obligé ?
- J'ai bien peur que oui. Il vaut mieux que le crapaud n'aie rien à apporter au Crétinus Maximus. Et quoi de mieux pour la distraire que notre roi de la diversion ? Je suis sûr qu'il va adorer ça ! Et si tu pouvais choper Ingwë au passage…
Neville fronça les sourcils. La langue qu'ils employaient pour communiquer était la langue des Shawins, très proche de l'Elfique à qui elle avait emprunté de nombreux mots. En fait, le langage Shawin était un mélange des différentes langues Elfiques et celtiques. Le mot Ingwë était la traduction du mot « chef » et son emploi à cet instant ne pouvait avoir qu'une seule signification…. Il tenta alors de s'assurer de ce qu'elle voulait dire par là.
- Ingwë ? Tu n'y vas pas de main-morte ! Harry ne suffirait-il pas ?
- Non, c'est à Ingwë de venir, il pourra mieux répondre à leurs questions… Après tout, c'est lui le véritable chef des Nomades du Vent, n'est-ce pas ?
Le Gryffondor eut un petit sourire et acquiesça. Elle voulait donc qu'Harry vienne sous son apparence de Royan. Il comprenait que son amie voulait non seulement régler le problème avec Dumbledore mais aussi accélérer les choses pour son frère qui continuait de désespérer.
- Très bien, j'y vais ! La porte ?
- Non, fenêtre ! Et pour t'aider, je crois qu'il est toujours dans la Forêt Interdite.
- Encore ? Il compte y vivre ou quoi ?
Soraya haussa les épaules. Ce que Harry faisait dans la Forêt depuis des jours lui était totalement inconnu même si elle avait une petite idée sur ce qu'il y faisait.
Neville, qui s'était levé un moment, se rassit alors sur le bord de la fenêtre et passa les jambes à l'extérieur. McGonagall s'exclama immédiatement, terrifiée :
- Mr Longdubat ? Que faites-vous ?
- Ben, je vous laisse ! A plus tard tout le monde !
Et à ces mots, il sauta dans le vide sous les cris de l'assemblée – sauf Soraya. Dumbledore s'était levé précipitamment pour se pencher à la fenêtre et ce qu'il vit le fit ouvrir grand les yeux de surprise : Neville semblait surfer sur les toits en contrebas avant d'élégamment se laisser tomber au sol, une dizaine de mètres plus bas. Il se tourna brusquement vers Soraya, toujours sous le choc, et ne reçut qu'un petit sourire et cette remarque :
- Impossible n'est pas magie. Simple exercice de concentration, je vous l'ai dit.
- Nom de nom de nom de…. Bon, zeeeeeeeeeeeeen, Harry…. C'est pas la première fois que tu visites la Forêt Interdite, quand même ! Alors comment tu t'es encore débrouillé pour tomber en plein sur le nid d'Aragog ? Tu peux me le dire ? C'est pas possible quand même ! JE SUIS MAUDIT ! Bon, c'est pas une nouvelle, mais bon… SALAZAR, TU ME PAIERAS CA !!!
Tout en pensant en ces phrases décousues, Harry tentait de fuir les araignées géantes qui l'avaient désignées pour leur dîner.
Depuis quelques jours, le jeune Shawin avait dans l'idée de réaliser la potion qui permettrait aux parents de Neville de sortir de leur état de folie. C'était une potion très complexe et dont les ingrédients étaient très rares ou très compliqués à trouver. Et comme par hasard, Salazar, qui l'assistait dans son projet, lui avait annoncé qu'il lui manquait certains ingrédients, parfois simplement une légère quantité ! Et donc, devinez qui était de corvée cueillette ? Bingo ! Notre cher Harry qui comptait sur sa connaissance poussée de la Forêt et ses capacités Shawins très complexes pour accélérer le travail.
Mais évidemment, en cherchant un ingrédient nommé « fil d'Ariane », il s'était retrouvé au beau milieu du nid des Acromantulas, entouré par les rejetons d'Aragog morts de faim et qu'un petit Potter semblait allécher plus que de raison.
- Salazar, quand je t'aurai sous la main, tu me paieras ça ! Tu aurais pu me dire qu'il s'agissait du fil dont les Acromantulas tissaient leur toile ! J'aurai pu me préparer au moins !
Tout en pestant, serrant contre lui son sac empli de la précieuse substance, Harry lançait derrière lui des sorts pour repousser ses assaillants et leur faire abandonner le combat. Il ne pouvait pas les tuer, un Shawin faisait le Serment de ne tuer qu'en cas d'extrême urgence (soit quand il n'y avait aucun autre moyen) ou pour se nourrir (et il se passerait bien de ragoût ou de rôti d'Acromantula, merci bien !). De toute façon, Harry haïssait tuer une créature vivante, surtout douée d'intelligence, même ces horribles araignées !
Enfin, elles se lassèrent. Par mesure de précaution, Harry continua cependant de courir vers une clairière que les araignées évitaient : c'était hors de leur territoire et en plein sur le territoire des Loups. Ces derniers étaient amis avec Harry et sa sœur, deux d'entre eux s'étant d'ailleurs récemment proposés pour faire partie de leurs familiers, ce qu'ils avaient accepté avec joie. Sora et Roy (ces noms avaient été choisi comme un clin d'œil à leur fausse identité) ne pouvaient les accompagner pour le moment mais ils venaient souvent les voir. C'était ici qu'ils se donnaient rendez-vous la plupart du temps.
Cette clairière possédait une source limpide sur lequel tombait toujours un rayon de soleil ou de lune selon l'heure. Harry se pencha sur l'eau claire et s'observa comme en un miroir. Il ne put retenir un juron en voyant son état. Pour une fois qu'il s'autorisait à reprendre ses cheveux longs, ceux-ci avaient, par touffes, quitté son ruban et des feuilles et brindilles y avaient élu domicile. Des griffures couvraient son visage et ses bras nus, son pantalon était plein de terre et écorché par endroits, comme son t-shirt.
- Salazar, je te jure que tu vas m'entendre !
- Harry ?
Harry se tourna, croyant qu'il s'agissait de Roy, son loup, ou de Sora, la louve de sa sœur, mais il découvrit à la place un Neville assez surpris par son apparence.
- Salazar, Harry, comment tu t'es fait ça ?
- Ah non ! Pitié, Nev, ne me parle pas de Salazar ! Quand je le verrai, il aura intérêt à courir…. Et vite !
Le jeune Apprenti leva un sourcil mais ne dit rien. Il commençait à entrevoir un début d'explication à l'attrait soudain de son ami pour la Forêt. Il savait le jeune homme féru de potions et savait également qu'il lui arrivait d'aller se procurer des ingrédients particuliers dans le « monde extérieur », pour les potions nécessitant des ingrédients frais ou qui ne pouvaient quitter la Salle Temporelle.
Il regarda Harry tenter de se redonner une apparence convenable et se souvint de ce qui l'amenait ici.
- Au fait Harry, Ely veut te voir. Elle est dans le bureau du Directeur avec quelques autres personnes. Elle a l'intention de leur révéler certaines choses pour apaiser leur curiosité.
- Et elle a besoin de moi pour ça ?
- Non, elle a besoin de Royan. Ingwë, pour être précis.
Harry soupira et se passa de l'eau sur le visage avant de s'ébrouer. Une idée lui vint en tête et il siffla en direction de la forêt. Tournant la tête vers son ami, il s'expliqua, un sourire aux lèvres.
- A quelque chose, malheur est bon ! Mon état actuel est vraiment celui d'un vagabond qui vient de rentrer de voyage ! Juste quelques détails à améliorer et je pourrai faire un Royan des plus crédibles ! Et comble de chance, personne ne me verra dans cet état ! Pas de risque de questions ou de discussions !
Neville sourit devant la décontraction de son camarade et cousin – ils avaient découvert que Franck et James étaient cousins, le père de James étant le frère de la mère de Franck, ce qui en faisaient des petits-cousins – et encore plus en voyant ses yeux briller à l'apparition de deux loups, ou plus exactement un loup au pelage gris et une louve blanche. Ils étaient accompagnés d'un louveteau gris argenté d'apparemment une ou deux semaines.
- Ce sont Roy et Sora ?
- Ouaip ! Nos familiers !
Puis il se mit à parler le langage loup :
- Mes amis, voici Neville Longdubat, Apprenti Shawin lié à Brocéliande.
- Nous sommes enchantés de te rencontrer, jeune Apprenti.
A ces mots du loup gris, Neville sursauta. Il regarda Harry, surpris :
- Ha…Harry ! Je les comprends !
- Tu es un Shawin, pas vrai ? Donc, tu peux communiquer avec les êtres qui ont lié un pacte avec nous. Et il y en a beaucoup, crois-moi !
- Ah…D'accord.
Roy s'avança vers le jeune garçon avec le louveteau. Arrivé à quelques pas, ils cessèrent leur marche et regardèrent le jeune étudiant dans les yeux. Ce fut Roy qui parla :
- Es-tu le Futur Gardien de la Forêt Sacrée de Brocéliande ?
- Euh…Oui, c'est bien moi.
- Voici un jeune louveteau né cette saison. Ses parents et le reste de sa portée ont été chassés et tués par vos Mangemorts pour leur fourrure et leurs pouvoirs. Peux-tu prendre soin de lui comme d'un familier ?
Très ému de la demande, Néville n'avait plus de voix. Il se força pourtant à dire oui et à hocher la tête. Aussitôt, le louveteau s'approcha, tête baissée en signe de soumission. Voyant cela, le jeune homme lui adressa la parole :
- Je ne suis pas ton maître, permets-moi d'être ton ami. Ne baisse pas la tête devant moi.
Le louveteau releva la tête et Neville put y lire de la détresse et de l'espoir. Harry, lui, vit que Sora et Roy avaient apprécié le geste et tenaient désormais le jeune Gryffondor en haute estime. Il avait leur respect. Mais Neville ne le remarqua pas, trop occupé à caresser la boule de poil qu'il avait prise dans les bras et qui semblait s'y détendre, acceptant son amitié. Le jeune garçon semblait extasié, heureux comme un petit enfant.
- As-tu un nom, petit loup ?
- Peux-tu m'en donner un ?
- Dans ma langue, Sindë veut dire Gris Argenté, comme ton pelage. Ce nom te plaît-il ?
- Oui ! Neville, Apprenti Shawin, je suis désormais Sindë. Me veux-tu comme familier ?
- Si cela te convient.
En réponse, le louveteau lui lécha consciencieusement le visage, le faisant rire. Tout en les regardant tendrement, Harry expliqua à ses compagnons ce qu'il attendait d'eux. Immédiatement, ils acceptèrent de les accompagner.
Harry devint alors Royan aux cheveux noirs et aux yeux d'argent. Par malice, il transforma ses yeux en yeux de loup de la couleur de l'argent. Il hésita un moment à en informer sa sœur puis décida de laisser jouer la surprise. Il prit le chemin de Poudlard avec les deux loups et Neville qui portait toujours un Sindë désormais pelotonné dans ses bras. Il ne put d'ailleurs s'empêcher de faire une remarque en voyant son état débraillé et les trois loups qui les accompagnaient.
- On va faire sensation, Royan !
Ce dernier lui répondit par un sourire en coin.
- Combien de temps devrons-nous encore attendre, Miss Cenmaro ?
- Allons, un peu de patience, Professeur Rogue. Neville n'est parti que depuis un quart d'heure. Trouver les bonnes personnes dans ce château prend du temps… Mais je pense que votre vœu va être comblé.
Tout le monde se tourna instinctivement vers les fenêtres mais ce fut à la porte que l'on frappa. Dumbledore s'installa instinctivement bien derrière à son bureau et les autres se tinrent de même, sous l'air ironique de Soraya – air qu'ils ne voyaient pas puisque tous étaient tournés vers la porte qui s'ouvrait.
Et tout le monde resta scotché.
Ce qui entra en premier lieu, ce ne fut pas un jeune homme mais deux énormes loups, l'un blanc l'autre gris. En les voyant, Soraya eut un petit cri de joie et se jeta au cou de la louve blanche, enfouissant sa tête dans le pelage immaculé en riant. Le loup gris les regardait, l'air amusé, attendant une petite caresse que ne manqua pas de lui offrir la jeune fille.
- Elle a vraiment l'air d'une petite fille comblée par le Père Noël…
- Ouaip. Elle a l'air presque normale…
Au son de ces deux voix, la jeune fille leva la tête et aperçut, au même moment que les autres qui n'avaient eu d'yeux que pour les deux animaux, Neville portant une boule de poils et un autre jeune homme à l'aspect assez échevelé qui lui ressemblait étrangement.
- Royan !
Elle croisa alors le regard de son frère et eut un gros soupir :
- Toi, tu as encore été traîner chez les loups de la Forêt Noire !
Tout le monde le détaillait pour voir ce qui lui permettait de l'affirmer. Le jeune homme qui se tenait là semblait avoir environ 16 ou 17 de par sa corpulence et sa stature et non 15 ans. Il portait les marques de la vie au grand air : un teint doré par le soleil aux joues rougies par le grand air, des cheveux longs assez décoiffés sortant d'un catogan défait, des brindilles et des feuilles dans les cheveux, des égratignures un peu partout. Sa tenue était complètement débraillée même si on sentait qu'il avait en vain tenté d'y remédier.
Hermione ne pouvait s'empêcher de le dévorer du regard et le jeune homme le sentit. Il se tourna vers elle et son regard s'éclaira :
- Harmony ! Quel plaisir de te voir !
La jeune fille quitta alors ses pensées et lui sourit en retour sous les regards surpris du reste des personnes présentes.
- Bonjour à toi aussi Royan ! Tu aurais pu me dire que tu passerais par ici !
C'est alors que Draco, assis à côté d'elle, tiqua en s'apercevant d'un léger détail.
- Euh…Royan, c'est bien ça ?
- Ouais ! Et toi, tu dois être Dracus, hein ?
Le silence lui répondit. Neville et Soraya eurent un petit sourire en coin en observant les différentes réactions. Dumbledore avait haussé un sourcil amusé, Rémus et Sirius avaient un petit sourire, McGonnagall semblait assez agacée qu'on n'en vienne pas plus vite au nœud du problème, les étudiants, dont Draco, avaient l'air un peu surpris mais pas tant que ça (tout le monde pouvait se tromper) et Séverus… Séverus avait tiqué puis pâli et tentait de ne rien en laisser paraître.
Le jeune Malefoy, remit de son étonnement, sourit à ce jeune homme si sympathique :
- Pour être exact, je m'appelle Draco. Draco Malefoy.
- Oh, désolé. Je dois être mal renseigné. Vous vouliez me dire quelque chose ?
- Euh…oui… Vos yeux…. C'est normal ou….
Le jeune Nomade fronça les sourcils puis eut un petit rire. Il balaya la salle du regard et tout le monde put apercevoir alors ses yeux de loups, principalement Rémus qui retint un cri de surprise, surtout qu'il venait de comprendre que le jeune homme dégageait une odeur de loup assez marquée. Soraya se hâta d'expliquer le phénomène à tout le monde.
- Ne vous en faites pas, Royan n'a rien d'un loup-garou. D'un loup, ça oui !
Le jeune homme grogna.
- Sora…
- Un…loup ?
- Oui, Mr Lupin, un loup. Mon frère adoré passe la plupart de son temps en vadrouille et il lui arrive parfois de se mêler aux Loups de la Forêt Noire. A force, ses yeux prennent cet aspect quand il reste un moment en leur présence. Sa vue est ainsi la même que la leur. Dans une semaine, ils seront redevenus normaux, à moins qu'il ne se carapate encore.
Elle avait dit ça d'une telle voix qu'on sentait son agacement et son amusement face aux facéties de son frère jumeau qui la regardait tendrement en souriant.
- Sora, s'il te plaît, peut-on en venir au fait ? Ne me dis pas que tu m'as fait venir ici sans raison ?
La jeune fille le regarda se moquer légèrement d'elle et secoua la tête, vaincue. Elle lui présenta de la main toutes les personnes présentes :
- Royan, voici le Professeur McGonnagall, elle enseigne la Métamorphose, est Directrice de la maison des Gryffondor et Vice-Directrice de Poudlard.
Royan lui fit un galant baisemain contrastant énormément avec sa présentation d'homme des bois. C'était un geste parfaitement effectué, comme peuvent rarement en faire les jeunes de son âge, même vivant dans les salons des grandes familles sorcières. Le Professeur en rougit tant elle était surprise.
Soraya ne sembla pas s'en soucier et se tourna vers la personne suivante.
- Voici le Professeur Rogue, le Maître des Potions de Poudlard et Directeur de la maison des Serpentard.
A l'étonnement de tous, le jeune homme le salua en portant la main sur le cœur et en s'inclinant légèrement. C'était un ancien geste des familles nobles et donc des Sangs-Purs qui eux-mêmes n'en usaient que peu tant il dénotait un grand respect pour la personne saluée. Severus en était bouche bée et Neville prit en cachette une photo de ce moment si rare.
De nouveau, sa sœur n'y prit pas garde et poursuivit, pointant de la main les deux anciens Maraudeurs :
- Voici Rémus Lupin et Sirius Black, les tuteurs de Harry, selon le testament de James Potter.
Là, tout le monde sursauta. Cette présentation n'était absolument pas banale ! De plus, elle n'avait fait aucune allusion au fait qu'Harry n'avait pas de tuteur officiel, ce que ne manquèrent pas de remarquer Rogue et Dumbledore. Cependant, Sirius et Rémus ne semblaient pas au courant de ce fait. Les deux hommes eurent une étincelle de joie dans les yeux à la phrase de Soraya et lui firent un petit signe de tête en remerciement.
- Je suis ravi de vous rencontrer enfin. Harry nous parle beaucoup de vous.
Et il fit un salut identique à celui qu'il avait fait à Severus Rogue. Puis il les observa quelques secondes avant de froncer les sourcils.
- Sirius Black ?
Tout le monde se tendit, appréhendant sa réflexion. Mais ce ne fut absolument pas celle à laquelle ils s'attendaient !
- Ne seriez-vous pas parent avec Orion Procyon Black ?
- En… En effet… C'est un grand-oncle à moi… Mais je ne l'ai pas vu depuis des années…
- Alors vous serez ravi d'apprendre qu'il se porte comme un charme ! Il m'a souvent parlé de vous, il sera content d'avoir de vos nouvelles…
- Pa…Pardon ?
Soraya eut un petit sourire et s'adressa à son frère.
- Tu as vu Orion dernièrement, Royan ?
Le jeune homme eut un petit rire.
- Quand on vit parmi les Loups de la Forêt Noire, on ne peut pas ne pas rencontrer Orion et Angela ! (Se tournant vers sa sœur) Tu as leur bonjour, petite sœur. Et si tu pouvais saluer Rubeus Hagrid de leur part….
- Je n'y manquerai pas.
- Merci.
Il posa son regard sur Rémus Lupin et sourit. Bien qu'il l'ait déjà salué, il lui tendit la main en un geste d'égalité et d'amitié.
- Je suis plus homme que loup, mais l'un comme l'autre est ravi de vous rencontrer, homme comme loup. Si vous le désirez, je pourrai vous aider à maîtriser le loup en vous afin que vous n'ayez plus à souffrir de transformations douloureuses… Ou transformations tout court.
Tout le monde le regarda, ahuri par ce qu'il racontait. Serait-il possible d'aider Rémus autrement que par la potion Tue-Loup ? Pourrait-il vraiment être débarrassé de la malédiction qui pesait sur ses épaules ? Le jeune Nomade semblait en être persuadé aussi Rémus, mû par un étrange sentiment de confiance serra la main offerte, très ému.
- Je ne sais pas pourquoi je vous fais confiance si vite….mais j'accepte.
Royan sourit doucement à l'homme puis fit un signe à sa sœur comme quoi elle pouvait continuer, ce qu'elle fit.
- Et enfin, voici les amis d'Harry. D'abord les Weasley : Ron, son meilleur ami, préfet de Gryffondor, Ginny et les Jumeaux, Fred et Georges. Ensuite les Serpentards : Draco Malefoy, préfet de Serpentard, Blaise Zabini et Théodore Nott. Puis Luna Lovegood, de Serdaigle. Et enfin sa meilleure amie, Hermione Granger, préfète de Gryffondor. Mais tu la connaissais déjà.
Elle avait terminé sur un clin d'œil qui fit rire Neville et Royan. Le Nomade fit un baisemain aux deux filles et un salut plus relâché que les précédents aux garçons, sauf à Draco, ce qui surprit assez le jeune homme. Il avait eu droit au salut d'intense respect. Seuls Soraya et Neville comprirent pourquoi et cela les fit sourire. Mais la jeune fille n'en avait pas fini avec ses présentations.
- Et pour finir, Royan, voici le Directeur de Poudlard, le Mage Albus Dumbledore.
Le vieil homme eut un sourire paternel et Royan salua. Mais son salut était différent des autres. Il avait posé une main sur sa tête puis sur ses lèvres et enfin sur son cœur avant de s'incliner. Dumbledore cilla un instant, se souvenant de son fils et de sa belle-fille le saluant ainsi le jour de leurs fiançailles, à leur mariage et à la naissance des Jumeaux. Sirius et Rémus durent s'en souvenir aussi car ils échangèrent un regard.
Soraya et Neville agrandirent leur sourire en reconnaissant le salut aux Anciens, celui qui était dirigé aux membres de la famille plus âgée, les ascendants en somme. Harry jouait bien et visait juste. Il amenait Dumbledore et les autres à se poser des questions, à se triturer les méninges jusqu'à les mener là où il le voulait. Ils allaient découvrir peu à peu les secrets qu'ils cachaient et qu'ils voulaient qu'ils découvrent par eux-mêmes. Comme le lien de parenté entre Albus et eux ainsi que leur identité véritable.
Mais elle avait encore une dernière personne à présenter et elle le fit fièrement:
- Mr le Directeur, Professeurs, Messieurs, jeunes gens, laissez-moi vous présenter mon frère jumeau, Royan Cenmaro, le véritable chef des Nomades du Vent.
Le silence accueillit cette annonce. Ils avaient des difficultés à voir en ce jeune homme débraillé et nonchalant un chef de groupe comme celui des Nomades du Vent, si puissants et si habiles en tout. Le jeune homme sembla s'en rendre compte car il fit un petit sourire d'excuse et leva la main au plafond. Aussitôt, une lueur sortit de sa paume et sembla devenir un cercle doré de lumière qui descendit sur lui en quelques secondes, l'entourant, rejoignant la terre avant de disparaître.
Et devant les personnes assemblées là, Royan le vagabond débraillé apparut comme Royan le Nomade fier. Il portait un cercle d'or autour de la tête et ses vêtements, impeccables, avaient changé. Il portait un vêtement moyenâgeux : une tunique rouge lacée sur la poitrine, un pantalon brun assez moulant et une ceinture avec tous ses accessoires, ceinture qu'ils n'avaient pas remarquée sous les plis de sa chemise précédente. Il portait des bottes en peau de dragon et une épée brillait à son côté.
Il n'avait plus rien de nonchalant ou de désinvolte…
