Hello!

Me voici de retour avec une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne? Je poursuis l'écriture de mes fics. La mauvaise? J'ai énormément de boulot avec l'université et je ne pourrai plus updater aussi régulièrement. Désolée! Je vais essayer de faire des chapitres plus longs pour me faire pardonner.

Allez, bonne lecture!

Fustella

Chapitre 11

Tous étaient bouche bée devant le jeune homme qui se tenait devant eux et qui venait de s'asseoir en face du bureau du directeur, immédiatement entouré par Neville et Soraya. Ils restèrent un moment silencieux et ce fut la voix de Royan qui les fit redescendre sur Terre.

- Bien… Pourrais-je savoir en quoi ma présence est –elle requise ? Sora ?

La jeune fille eut un petit sourire.

- Neville et moi avons surpris une intéressante conversation entre ces personnes… Elle concernait l'attitude d'Harry et il me semblait bien qu'ils nous accusaient de le… comment dire… de l'influencer et de le faire devenir un petit abruti arrogant et cruel… Enfin, dans les grandes lignes.

- Miss Cenmaro !

Soraya se tourna vers une McGonagall outrée, avec un regard noir qui pouvait littéralement surpasser celui de Severus Rogue.

- Osez dire le contraire, professeur, et je me ferai une joie de montrer directement à mon frère et à Harry ce que Neville et moi avons vu et entendu ici…

Etrangement, la directrice des Gryffondor se tut. Royan courba la tête en arrière et ferma les yeux un moment, tentant de se calmer. Quand il les rouvrit, son regard s'était fait plus sombre et les sentiments qui s'y reflétaient n'avaient plus rien à voir avec l'insouciance et la gaieté. Rien qu'à ce regard, Dumbledore commençait à comprendre comment ce jeune homme pouvait être le leader des Nomades.

Royan parla et sa voix était devenue polaire.

- De la part de personnes qui prétendent connaître Harry, cette remarque est plus qu'insultante. C'est un affront et une idiotie à la fois.

Les professeurs et les étudiants se tenaient face aux trois jeunes Nomades, aux côtés de Dumbledore, aussi tous purent voir les différentes émotions qui s'inscrivirent sur son visage quand il commença sa tirade : déception, tristesse, douleur, colère.

- De quoi vous attendiez-vous d'un adolescent à qui on a volé non seulement l'enfance mais aussi l'adolescence ? D'un jeune homme qui a toutes les raisons de penser qu'il n'atteindra jamais l'âge adulte ? Qui a tant vu et tant subi ? Qu'il allait toujours rester celui qu'on veut qu'il soit ? FOUTAISES !

Prenant appui sur les accoudoirs de son fauteuil, il se leva brusquement dans un mouvement de colère et se mit à faire les cent pas en faisant de grands gestes tout en parlant.

- Bon sang, êtes-vous si stupides ? Harry a le droit de vouloir être celui qu'on refuse qu'il soit ! Merlin, il a vu la mort de près si souvent ! Même vous, vous n'avez pas idée du nombre de fois où il a voulu tout abandonner, tout claquer ! Mais non, il a continué, il s'est battu ! Et lorsqu'il sent que le moment approche, vous lui refusez même de se lâcher !

- Quel moment, Mr. Cenmaro ?

Le jeune homme se tourna vivement vers le directeur et son étrange regard se planta dans celui du vieil homme. Il reprit une voix glaciale pour lui répondre.

- Ne faites pas semblant de ne pas le savoir, Professeur Dumbledore ! Vous, plus que quiconque d'entre vous, devriez savoir qu'Harry est condamné ! Condamné à devenir un assassin ou une victime !

Le silence se fit à cette annonce, seulement troublé par des halètements de choc et de surprise de la part des tuteurs de Harry, de McGonagall et des amis du Survivant. Puis la voix froide de Soraya s'éleva.

- Vous voulez savoir qui nous sommes ? Pourquoi nous sommes là ? Notre lien avec Harry ? Dans ce cas, pourquoi ne pas poser les bonnes questions plutôt que d'imaginer des scénarios qui ne font que nous insulter ?

Royan se tourna vers elle et, d'un regard, ils se comprirent. Neville les observa et il comprit également ce qu'ils voulaient faire. Sans un mot, il se leva et sortit de sa poche un petit objet qu'il posa sur le bureau du directeur. Il murmura un sort et le cube de pierre devint une pensine. Les Jumeaux Cenmaro sourirent, ravis de leur interaction rapide et silencieuse. Royan tira d'une poche de sa tunique quatre flacons emplis de filaments argentés et Soraya prit dans la sienne deux autres fioles. Sans un mot, ils la vidèrent dans le récipient.

Neville s'expliqua alors.

- Pour ceux qui l'ignoreraient, ceci est une pensine. Elle peut contenir les pensées et les souvenirs que l'on veut conserver ou retirer de son esprit. Royan et Soraya portent constamment sur eux des fioles contenant des souvenirs, pour des raisons qui ne regardent qu'eux. Ils proviennent de leur mémoire, de celle d'Harry ou d'autres personnes. Ce sont ces souvenirs que nous voulons vous montrer, pour vous prouver que vous êtes complètement à côté de la plaque… Voulez-vous les voir ?

Les autres se regardèrent et commencèrent à discuter entre eux quand Royan croisa le regard de Luna Lovegood. Il avait perdu tout air rêveur et éthéré. Sans un mot, elle remonta sa manche et lui montra un tatouage argenté représentant une lune entourée d'une rose à épines. Le jeune homme ouvrit de grands yeux puis observa le regard de son amie avant de sourire, un sourire ravi. Silencieusement, ses lèvres formèrent le mot : « Freyja ?»

En réponse, la jeune Serdaigle hocha la tête puis reprit son air rêveur. Soraya et Neville, qui avaient suivi cet échange, étaient très surpris. Les Jumeaux se mirent à en discuter par la pensée :

- Harry… J'ai bien vu ce que je pense avoir vu ?

- C'est Freyja… J'en suis sûr…

- J'arrive pas à y croire… Pourquoi n'a-t-elle jamais rien dit ?

- Elle savait que ma mémoire était bloquée… De plus, elle est rattachée à une autre communauté que Poudlard et n'a jamais mis les pieds dans le Cœur de Poudlard…

- Tu crois qu'elle aussi a eu la mémoire bloquée ?

- Possible… Il faudra en parler à Neville…

Ils cessèrent leur conversation mentale et reportèrent leur attention sur les humains – puisque eux n'en étaient plus tout à fait – qui discutaient. Leur discussion se termina par une décision : ils acceptaient de découvrir ce qui liait Harry et les Nomades.

Le premier souvenir se passait dans une grande pièce aux murs en toile. Une tente magique, à n'en pas douter. Un bon nombre de gens étaient rassemblés, tous portant des masques à l'exception de Soraya et Royan.

Soraya avait en main une lettre en parchemin qu'elle ouvrit lentement, à l'énervement de ses amis.

- Grouille, Sora, on veut savoir !

- Un peu de patience, Mordo ! Je ne tiens pas à déchirer la lettre d'Harry !

Ron et Hermione se lancèrent un regard. Comme les autres humains qui assistaient à la scène, ils semblaient seulement se rendre compte qu'Harry et les Nomades se connaissaient très bien, et ce depuis un sacré bon bout de temps !

Enfin, la jeune fille ouvrit la lettre et se mit à la lire à haute voix pour que chacun l'entende. Le silence s'était fait et tous écoutaient avec la plus grande attention.

Mes chers amis,

Comment allez-vous ? Vous êtes-vous déjà mis en route pour Salem ou avez-vous finalement prolongé votre séjour à Brocéliande ? N'oubliez pas de me tenir au courant de vos déplacements, je veux tout savoir !

Comme vous me l'avez demandé dans votre précédente lettre, je vous envoie quelques photos prises cet été et au début de l'année. J'ai aussi joint quelques souvenirs. D'ailleurs, en parlant de ça, j'ai adoré ceux que vous m'avez envoyés cet été ! J'espère que Mordo s'est remis de son apprentissage de la patinoire ! C'était une sacrée gamelle ! Mais bon, je n'ai pas le droit de critiquer, j'en ai connu de belles aussi ! J'ai mal rien qu'à y penser ! (rires)

Enfin, je plaisante, je plaisante, mais ici, c'est pas la joie pour moi… Je vous ai déjà parlé des évènements du Tournoi des Trois Sorciers et de ce qui était arrivé, mais je ne vous ai pas écrit sur ce sujet depuis un moment. Normal, j'étais mis à l'écart de toute information. Et moi, naïf et innocent, je pensais qu'on m'avait cru, que les gens du ministère réagiraient aussitôt, sinon dans les plus brefs délais. En fait, ils ont fait tout le contraire… Ils m'accusent d'hallucinations, de folie… Ils m'accusent quasiment du meurtre de Cédric ! Ca, c'est au-dessus de mes forces… Je sais que c'est de ma faute, que je n'aurai jamais dû lui proposer de prendre ce trophée… Mais je n'ai pas lancé ce foutu sort ! Je suis incapable de lancer les Impardonnables ! Mais ça, évidemment, personne ne le sait.

Je ris en écrivant cela, parce ce que cela veut dire que mon incapacité à faire du mal, consciemment ou inconsciemment, aux autres, est devenue ma plus grande faiblesse. La Prophétie me condamne à le tuer ou à mourir… Et comme c'est parti, je ne donne pas cher de ma peau… Mais je le jure sur tout ce que j'ai de plus cher, si je dois mourir, Voldemort me suivra dans la tombe !

Mais à quoi bon reparler de ça…

Soraya s'interrompit dans sa lecture pour se reprendre. Elle avait une boule dans la gorge et les autres Nomades avaient des expressions allant du désespoir pour Harry à la colère envers le ministère.

Invisibles dans le souvenir, les spectateurs de cette scène étaient tout autant sous le choc. Les yeux de Dumbledore avaient cessé de briller, Sirius et Rémus ne voulaient pas y croire et les plus jeunes ouvraient de grands yeux horrifiés.

Mais Soraya avait repris.

Mais tout ça n'est pas le pire. La mort ne me fait pas peur, je l'ai trop souvent croisée pour la craindre à présent. Et puis, je pourrai rejoindre mes parents et m'excuser auprès de Cédric. Et m'amuser avec Elisabeth ! Sissi aurait eu 15 ans cet été, comme moi. A quoi aurait-elle ressemblé ? Aurait-elle eu le caractère sérieux et enflammé de maman ? Ou serait-elle une vraie farceuse comme papa ? J'aurai tant aimé la connaître… Au moins, je ne serais pas seul, il y aurait quelqu'un pour me comprendre. Mais c'est sans doute mieux comme ça… Elle est morte innocente, sans savoir à quel point le monde était laid, à quel point des gens peuvent souffrir et combien des homme peuvent les haïr au point de leur faire subir tout ça en riant… Aimer ça… Elle est en paix, je ne le suis pas… L'ai-je seulement un jour été ?

De nouveau Soraya cessa sa lecture, elle sanglotait. D'autres personnes dans la pièce faisaient de même. Mordo et Anar laissaient les larmes couler. Il y avait un temps pour la fierté et en cet instant ce n'était pas le cas. Ils pleuraient pour Harry qui ne le pouvait pas, pour le monde sorcier qui ignorait ce que ressentait leur Etoile qu'ils humiliaient de la sorte.

Severus était pâle comme la mort et les deux Maraudeurs l'étaient aussi. Ils pleuraient. Les enfants ne comprenaient pas, même s'ils pleuraient, eux aussi ayant abandonné toute fierté. Minerva hoqueta en étouffant un sanglot et se tourna vers son directeur.

- Elisabeth… Albus, comment a-t-il su ? Pourquoi… Je… Oh Merlin…

- Je ne sais pas, Minerva… Mais cet enfant est tout sauf stupide. Il a bien dû découvrir son existence…

Mais ils durent se taire pour écouter la suite, reprise par Royan car Soraya ne pouvait plus suivre tant elle pleurait.

Mes larmes veulent couler, elles ne le feront pas. Je ne peux pas, je n'ai pas le droit. Je dois être fort, jusqu'au bout. Il faut que j'oublie. Oublier jusqu'à ce que tout soit fini. Ensuite je pourrai me laisser aller et pleurer. Même si c'est la dernière chose que je dois faire, je pleurerai pour mes parents, pour Cédric, pour Sissi… Je pleurerai pour Franck et Alice, pour Sirius et Lena, pour Remus et Sarah, pour Severus et Narcissa… Pour Tom et Moira…Pour Albus, pour Draco, pour Neville… Je pleurerai pour chacun de vous. Et je demanderai pardon pour tout. Pour les dangers que je vous ai fait courir, pour les mots blessant que j'aurai pu vous dire sans le penser, pour les larmes que vous aurez versées par ma faute. Pour la douleur que je vous aurai fait subir. Et enfin, un merci. Merci pour tout, pour votre amitié, votre affection, votre soutien. Merci d'avoir été là, tout simplement.

Cette lettre, mes amis, je vous l'écris comme si c'était ma dernière. Peut-être cela le sera-t-il. Le ministère s'est infiltré à Poudlard, dès demain, je le sais, le courrier sera filtré et je ne veux pas vous mettre en danger. Restez en sécurité, vous ne devez pas intervenir. Vous en avez assez subi, ce qui vient n'est pas votre combat mais le mien. Uniquement le mien.

Je ne vous demanderai que deux choses, mes dernières volontés. Si je venais à mourir, ne me laissez pas à eux ! Emmenez-moi là-bas, auprès de mes parents et de ma sœur, auprès de ma grand-mère et de tous ceux qui me sont chers. Et avant de m'enterrer, coupez-moi la main. La droite. Et brûlez-là ! Je ne passerai pas dans l'autre monde avec dans ma chair l'empreinte d'une haine et d'un sadisme que je ne pense pas mériter.

Vous vous demandez sans doute de quoi je parle…

Je vous ai parlé du ministère qui vient de faire quasiment main basse sur la maison de mes ancêtres, sur Poudlard elle-même. Il l'a fait au travers d'une femme, Dolores Ombrage. Que ce nom lui va bien ! La douleur… Elle la connaît sur le bout des doigts. Je parle des moyens de l'administrer, bien sûr. Elle agit pour le ministre, ne supporte pas que je révèle quoi que ce soit qui puisse le faire tomber. Dont la vérité sur le retour de Voldie. Et le résultat de tout cela est gravé sur ma main pour toujours. Comme ma cicatrice, il ne disparaîtra jamais.

De nouveau le silence, brisé par les sanglots et les grognements de colère. Soraya pleurait sans plus de retenue, comme toutes les femmes présentes. Les hommes tremblaient de colère. Chacun était reconnaissable à son masque, aussi, quand une personne parla, tous surent qu'il s'agissait de Johan Cenmaro. Il tenait sa femme en pleurs et tremblait de rage.

- Elle l'a fait ! Elle a osé le toucher ! Lui envoyer les Détraqueurs cet été ne lui avait pas suffi, il a fallu qu'elle s'attaque physiquement à lui sans intermédiaire !

Anar était pâle comme la mort. Il serrait les poings si forts que ses jointures en étaient blanches. Sa voix n'était qu'un murmure mais sa rage était plus que perceptible.

- Elle va payer ! Oui, elle payera ! Cette fois, plus rien ne la couvrira, on peut trouver les preuves ! Personne ne s'attaque à Harry sans en subir les conséquences !

- Harry ne le voudra pas.

Tous se tournèrent vers Royan qui tenait toujours la lettre. Il tremblait de colère mais paraissait calme malgré tout.

Ce calme avant la tempête le rendait plus impressionnant encore, selon les humains qui observaient la scène sans rien pouvoir faire ou dire. Ils étaient tétanisés, horrifiés, choqués. Ils ne pouvaient que suivre sans penser, sans réagir. Ce ne pouvait pas être vrai !

Royan leva alors son regard vers ses amis.

- Nous tous ici connaissons mieux Harry que n'importe qui sur cette terre. Il ne voudrait pas que nous risquions quoi que ce soit… Souvenez-vous de ce qu'il a dit à ses oncles quand ils avaient Pettigrow en joue… Agir serait nous perdre et il serait seul. Attendons le bon moment, je suis sûr qu'il existe un moyen de la punir sans la toucher.

Le silence revint et Royan, une fois sûr que le débat était clos, respira un bon coup avant de continuer sa lecture.

Plus je me relis, plus je me dis que j'ai l'air complètement déprimé. Peut-être le suis-je, au fond… Je sais que mes barrières se brisent de plus en plus et je ne sais plus à qui m'adresser. Il ne me reste plus que vous, mes amis. Vous, ma famille. Et à cause de ces foutus décrets d'Ombrage, j'aurai de plus en plus de mal à vous contacter. Du moins par les moyens classiques. Et puis, il me faut trouver le temps nécessaire. Et la solitude aussi. Vous êtes mon plus grand secret, vous savez ? Vous êtes le seul que je me permette d'avoir pour moi-même, mon jardin secret. Les autres secrets sont tout le contraire, ils m'oppressent, me détruisent peu à peu. Et je suis seul, sans personne à qui les confier à part vous.

Je sais ce que vous allez me dire. Vous allez me dire que je ne suis pas seul, que j'ai des amis, des proches. Que sûrement il y a près de moi des gens qui peuvent m'aider. Je parie même que Moira va me faire une liste !

Je l'ai faite moi aussi, et c'est en la faisant que j'ai pourtant pris conscience que j'étais seul.

Sirius ? Il est en fuite, je ne peux pas le contacter. Et je veux pas qu'il vienne se mettre en danger pour me parler. Je le veux libre, vous comprenez ?

Remus est toujours au loin, dans les missions que lui confie notre Directeur. Je ne sais pas comment le contacter. Et puis, ses missions sont plus importantes que moi.

Severus ? Il a déjà beaucoup trop à penser… Je suis sûr qu'il a repris son rôle d'espion. Et puis, je ne suis pas sensé l'apprécier, vous vous souvenez ? Comment expliquer que je vienne lui parler de mes problèmes les plus personnels sans lui dire pourquoi je lui en parle ? Sans lui dire pourquoi je lui fais confiance au point de lui livrer tous mes secrets ? Sans lui dire, en fait, que je connais toute la vérité en ce qui le concerne… Et je ne pense pas pouvoir répondre à ces questions…Vous n'êtes pas d'accord ? Et en plus, ces secrets pourraient le mettre plus en danger encore… et Merlin sait qu'il n'en a pas besoin en ce moment !

Le directeur ? Parlons-en, tiens ! Il est devenu froid et distant envers moi, ne me parlant plus qu'en cas d'absolue nécessité. Et il s'arrange pour faire passer le plus possible de ses messages par l'intermédiaire d'autres professeurs. Je ne me suis jamais senti aussi blessé de ma vie… Que croit-il faire ? Me protéger ? Il ne se rend même pas compte que cet éloignement m'affaiblit et me met donc plus encore en danger ! Mais qui suis-je pour le blâmer ? Il sait ce qu'il fait, je suppose. Cela ne m'empêche pas d'être blessé.

Il y eut de nouveau un silence et les regards des spectateurs se tournèrent avec surprise sur un Albus Dumbledore qui avait semblé vieillir au fur et à mesure des mots d'Harry, son protégé, son petit-fils secret. Il n'avait jamais voulu le blesser ! Jamais ! Et l'enfant qui le pardonnait…

Mais la lettre ne finissait pas là.

Je te vois venir, Moira, tu vas me dire d'aller parler à mes amis à défaut d'un adulte. Mais de cela, il en est hors de question ! Je ne peux pas leur donner un tel poids sur les épaules. A trop me fréquenter, ils ont déjà perdu beaucoup de leur innocence, je ne veux pas leur enlever le peu qu'il leur reste. Et puis, ce serait trop dangereux. Une personne connaissant trop de mes secrets et ne sachant pas se défendre, ne serait-ce que des intrusions mentales, serait en danger constant. Et je les aime trop pour me permettre de les perdre de cette manière…

Et même si je pouvais leur en parler, que pourraient-ils faire ? J'imagine la scène d'ici : ils seraient choqués et horrifiés puis me demanderaient d'en parler à un adulte. Ensuite, ils me couveraient. Or, ce que je veux, c'est qu'ils agissent comme d'habitude envers moi. C'est une chose rassurante de penser « au moins une chose qui ne change pas ».

Pathétique, n'est-il pas ?

C'est aussi ce que j'ai pensé en terminant ma liste.

Je suis seul, mais peut-être est-ce mieux comme ça. La douleur de ma perte sera plus faible et ils seront bien moins en danger. J'espère qu'ils me pardonneront, si jamais j'en reviens vivant. Je les veux vivants loin de moi plutôt que morts d'être restés à mes côtés… Typiquement Gryffondor, n'est-ce pas ? Un comble pour un demi-Serpentard…

Il est bientôt l'heure de ma retenue avec Ombrage, je n'ai pas intérêt à être en retard. Alors je vous laisse ici.

Adieu, mes amis, et merci pour tout ce que vous m'avez apporté.

Avec tout mon cœur,

Votre ami qui ne vous oubliera jamais

Harry James Potter.

Le silence suivit la lecture de cette lettre. Seuls les sanglots se faisaient entendre, jusqu'à ce qu'un bruit de verre se fasse entendre.

Tom, de fureur et de désespoir, avait lancé son verre vide contre une armoire.

- MERDE ! POURQUOI ???

Personne ne lui répondit et il continua sur sa lancée.

- JE NE PARVIENS PAS A CROIRE QU' IL SE RETROUVE SEUL ! ET CE MINISTRE QUI NE VOIT RIEN, QUEL CRETIN !!!

Sa fureur devint alors telle qu'il ne put rien ajouter et qu'il tomba sur les genoux, pleurant à gros sanglots et tremblant de rage.

Johan Cenmaro prit alors la parole.

- Harry dit que ce n'est pas notre combat. Je crois qu'il s'est trompé. Aussi longtemps que ce combat est le sien, il devient le nôtre. Harry est un Nomade depuis son enfance, et il fait partie de notre famille comme chacune des personnes présentes.

Lilith, comprenant où son mari voulait en venir, continua la pensée de l'homme de sa voix douce encore enrouée par les sanglots.

- Nous nous devons d'être avec lui dans ces moments sombres. Je crois que personne ne se plaindra si nous allions en Ecosse plutôt qu'à Salem…

Personne ne répondit, chacun étant tout à fait d'accord avec les aînés du Clan. Royan se leva alors et parla à toute l'assemblée. Il était leur leader, c'était à lui que revenait la décision finale.

- Mes parents ont raison. Je propose que nous l'aidions comme il le convient. Il ne veut pas nous voir combattre, soit. Mais il y a d'autres moyens de l'aider, et puisque son entourage là-bas n'est pas capable de le comprendre et d'agir, alors nous le ferons.

Il se tourna vers sa sœur qui s'était levée et avait sur son visage une expression de sereine détermination.

- Sora ? Dès que nous aurons trouvé une date, contacte Dumbledore et demande-lui l'hospitalité de Poudlard. Utilise la méthode de réponse habituelle. Puis, prépare doucement le clan et le campement au départ. Tu penses y arriver seule ?

Une fois que sa sœur eut acquiescé, le jeune homme se tourna vers ses parents.

- Papa, Maman, pourriez-vous essayer de retrouver Lena Parker et Sarah Carolis ? Peut-être que vos connaissances dans les autres clans ont eu vent de leur présence. Je pense que les voir fera du bien à Harry. Et si vous pouviez aussi aider Sora…

Ses parents sourirent et acceptèrent la mission.

Sirius et Rémus poussèrent un cri de surprise à l'entende de ces noms. Voici 15 ans qu'ils ne les avaient plus entendus… Les autres adultes présents étaient tout aussi surpris mais les enfants ne comprenaient rien.

- Mordo, Anar, à vous la mission de joindre tous les amis d'Harry. A défaut de nous accompagner à Poudlard, je pense qu'une lettre et un petit quelque chose de chacun lui permettront de comprendre à quel point il est aimé pour lui-même et combien de gens tiennent réellement à lui. N'oubliez personne surtout !

Un grand sourire aux lèvres, les deux complices de toujours hochèrent la tête en signe d'accord. Ils allaient bien s'amuser !

Royan se tourna ensuite vers Selena et Raya qui séchaient leurs larmes et attendaient avec impatience de connaître la mission qui leur serait confiée. Elles adoraient leur petit Harry, même s'il n'était pas beaucoup plus jeune qu'elles, et voulaient l'aider comme il les avait aidé autrefois.

- Selena, Raya, à vous de retrouver Iris. J'ai entendu dire qu'elle avait repris assez de forces pour reprendre ses activités, donc vous devriez la retrouver facilement. Cherchez principalement en Angleterre, c'est là qu'elle vit.

- Iris est de retour ? Oh, la bonne nouvelle !

- Compte sur nous, on la retrouvera vite !

- Merci les filles, je savais qu'on pouvait compter sur vous !

Ce fut ensuite au tour des Japonais de se voir confier une mission. Tous les deux avaient un air froid qui masquait pourtant mal leur colère. Elle semblait tourbillonner dans les airs autour d'eux, c'était impressionnant à voir.

- Kei, Hikari, j'aurai besoin que vous me planifiez un trip d'un an. Minimum. Un trip complet, capable de s'allonger si nécessaire. Que tout y passe, rien ne doit être mis au hasard ! Je l'accompagnerai, aussi dès que ce sera fait, occupez-vous d'aider ma sœur pour le voyage…

Les deux orientaux sourirent sournoisement, comme si le jeune homme leur avait demandé de planifier une surprise-party ou une bonne blague.

Les spectateurs de ce souvenir ne comprenaient absolument pas de quoi Royan parlait. Seule, Luna semblait comprendre tout ce qui se passait. Mais à bien y réfléchir, elle avait toujours été comme ça, c'était son état naturel.

Seulement, ils ne remarquèrent pas ses yeux briller davantage encore ni son pied frapper le sol pour lui faire quitter ce souvenir et donc la pensine.

Tout ce qu'ils virent fut le jeune chef des Nomades du Vent se tourner enfin vers Tom toujours à terre et Moira qui le consolait, l'entourant de ses bras.

- Tom, Moira, puis-je avoir votre aide ?

- Tu l'as, Royan, tu l'auras toujours ! Que faut-il que nous fassions ?

Le jeune homme regarda Tom qui avait relevé la tête, ses yeux brillants d'un feu nouveau lui adressant la même question muette. Il était figé dans sa détermination.

A cette vue, Royan eut un sourire mauvais qui n'était pourtant pas adressé au duo. Un sourire mauvais qui fit frissonner les humains qui observaient ce souvenir.

- Une petite visite d'Angleterre vous siérait-elle ?

Comme s'ils se comprenaient à ces seuls mots, les deux autres se regardèrent eurent le même sourire mauvais avant de se tourner à nouveau vers leur cadet :

- Et quelles seraient les escales ?

Le sourire de Royan s'agrandit :

- Le Ministère de la Magie de Londres, Sainte – Mangouste, Azkaban et enfin le 4, Privet Drive, Surrey….

Les spectateurs de la scène ouvrirent grand les yeux sous le choc mais le souvenir commençait déjà à se faner, les sons avaient disparu…

Ensuite, ils furent envoyés dans le second souvenir…

Dans le bureau du Directeur, dans la réalité, les choses aussi bougeaient.

Luna était rapidement sortie de la pensine pour se retrouver prise dans une étreinte joyeuse. Elle avait perdu son air éthéré et savourait ses retrouvailles avec ses deux meilleurs amis, Soraya et Royan, alias Elisabeth et Harry.

- Freyja!

La jeune fille rit et se laissa embrasser par les deux jeunes gens sous le regard amusé de Neville. Les Jumeaux lui avaient expliqué en gros qui était réellement Luna et leurs liens avec elle. C'est en les voyant lui sauter au cou qu'il put constater à quel point ils étaient différents de l'image qu'ils donnaient à l'école. Surtout Harry, évidemment. Lui, c'était tout le monde sorcier qui le jugeait sans le connaître, pas seulement les étudiants de Poudlard.

Enfin, ils libérèrent leur amie tout en riant encore.

- Je n'arrive pas à y croire ! Toi, ici ! Je n'aurai jamais imaginé que tu puisses être Luna Lovegood !

- Et moi, alors ! Je croyais que tu avais perdu la mémoire ! Imagine ma surprise quand j'ai vu arriver Ely et les autres ! J'ai eu tout le mal du monde à me retenir de vous sauter au cou !

- Mais pourquoi tu n'as rien dit ensuite ?

- Eh, je dois bien garder ma couverture, pas vrai ? Je ne pouvais décemment pas vous aborder alors que je ne suis pas sensée vous connaître. Ni même parler votre langue ! J'ai bien ri à vous entendre parler alors que personne ne vous comprenait ! Et puis, j'étais surveillée puisque j'ai été embrigadée dans le club « comprendre-le-mystère-Harry-Potter »…

A ces mots prononcés à la façon Sybille Trewlaney, tous les quatre éclatèrent de rire. Luna se tourna alors vers Neville et lui fit un signe de tête auquel il répondit avec un sourire. Avec ou sans sa folie, Luna était toujours très mystérieuse mais tout aussi sympathique.

- Alors comme ça, Neville, tu es des nôtres ?

- On dirait bien. Je suis un Apprenti Shawin de Brocéliande.

La jeune fille haussa alors un sourcil, amusée.

- Vraiment ? Te voilà donc le Futur Gardien de Brocéliande ? Voilà qui est intéressant…

- Euh…oui, en effet. Et toi ? Tu n'es pas de Poudlard, c'est bien ça ?

- Exact ! Je suis une Shawin du Nord, de la race des ljósálfar.

Devant l'air ahuri de Neville, les jumeaux éclatèrent de rire avant de lui expliquer.

- Tu sais que les Shawins ne sont pas tous humains, n'est-ce pas ?

Neville hocha la tête, ne faisant pas confiance à sa voix. Depuis quelques semaines tout son monde se bouleversait et, plus étrange encore, c'est qu'au lieu d'être déstabilisé, il se sentait rassuré, comme si tout prenait enfin son sens et sa place.

- Ljósálfar, en vieux norrois, signifie Alfes de Lumière. Ce sont des Elfes Nordiques, qui vivent en communauté à Alfheim, quelque part en Scandinavie. Lorsque nous étions petits, dans un de nos voyages, nous avons fait la connaissance de l'une d'entre elle, Luna. Elle est devenue notre meilleure amie et nous avons sauté au plafond en apprenant qu'elle était destinée elle aussi à devenir une Shawin de la communauté des Alfes. Comme chacun de nous, elle a reçu un nom de Shawin lors de son entrée officielle dans sa communauté. Son nom Shawin officiel est Freyja, mais elle doit en avoir d'autres, comme nous. Mais jamais je ne me serai doutée qu'elle était à Poudlard sous le nom de Luna Lovegood !

Royan se tourna vers son amie :

- Au fait, comment se fait-il que tu te retrouves ici, parmi des humains ?

La jeune fille sourit.

- Tu sais que j'ai toujours été attirée par le monde des Humains, pour la bonne et simple raison que vous en étiez. Mes parents m'ont confiée à mon oncle et ma tante, un couple d'Alfes qui se sont installés parmi votre race. Je suis alors devenue Luna Lovegood et je suis entrée à Poudlard. Ca a été dur de ne pas pouvoir venir vous voir, mais je n'osais pas puisque tu n'étais pas sensé me connaître. Surtout que je suis un an plus jeune que toi. J'ai sauté sur l'occasion pour te parler quand nous nous sommes vus dans le Poudlard Express, cette année. J'ai attendu le bon moment avant de me révéler mais ce n'était jamais bon. Et me voilà !

Neville était abasourdi. Il ne pouvait détacher son regard de la jeune fille qui retira ses glamours de son apparence, se révélant ainsi à ses yeux avec ses oreilles en pointe, son corps légèrement plus grand et beaucoup plus souple et surtout ses yeux incroyablement plus bleus que sous sa forme humaine.

Lorsque leurs regards se croisèrent, Neville sentit une étrange chaleur à la main alors que Freyja portait la main à son cou. Elle sortit son médaillon…. Et rougit subitement sous les rires discrets de ses amis.

- Oh oh… Ton médaillon aurait-il trouvé son autre face ?

Comprenant de quoi il s'agissait (il avait reçu des cours accélérés sur les us et coutumes des Shawins), Neville rougit à son tour. Sa bague n'avait pas d'autre face mais il savait qu'elle avait aussi enregistré le lien, de façon à le reporter ensuite sur son médaillon au moment de son intronisation.

Les voyant aussi gênés, Harry détourna l'attention de sa sœur sur un autre sujet.

- Bon, c'est pas tout ça mais les autres sont toujours dans la pensine… Au fait, Luna, ton avis sur nos créations ?

L'Elfe sourit.

- Génial ! Vous avez vraiment pensé à tout, pas vrai ? Vous avez mis au point ces scènes avec les autres et vous leur montrez ces souvenirs « pas si artificiels » afin de leur révéler certaines choses sans leur dire l'entière vérité…. Sublime ! Même moi, qui ai compris tout de suite, j'en avais les larmes aux yeux… Vous êtes vraiment de grands Tisseurs de Rêves… Ou de Souvenirs, dans ce cas précis…

- Et attend, ce n'était que le premier… Ils en ont quelques-uns à observer…

- Et pendant ce temps, on fait quoi ?

- Pendant ce temps, on cherche dans ce bureau le matériel qui nous appartient ainsi que les documents dont on a besoin. On remplacera tout au besoin. Allez, au travail !

Le deuxième souvenir commençait et quatre personnes blanchirent en reconnaissant la scène

- Question numéro deux : pourquoi disparais-tu les nuits de nouvelle lune ?

C'était la fameuse scène de l'interrogatoire, quand Draco, Ron, Hermione et le Professeur Rogue avaient tenté de faire avouer à Harry les secrets qu'il leur cachait. Immédiatement, ils sentirent les regards surpris ou réprobateurs des autres sur eux. Ils savaient que la scène était assez surprenante, presque choquante, vue de l'extérieur et ils allaient avoir à répondre aux questions des autres.

Harry avait-il aussi eu cette impression de pression, de quasi dictature à son encontre ?

- Aurait-il mieux valu que je disparaisse les nuits de pleine lune, Maître Weasley ?

Mais un regard des autres lui prouva qu'ils ne goûtaient pas la plaisanterie.

Certains parmi les spectateurs semblaient amusés, pourtant. Même eux, à présent, sentaient qu'il voulait simplement alléger l'atmosphère. Normal, vu leur réaction, qu'il se soit mis en colère face à leur entêtement et leur trop grand sérieux.

- Si on peut plus plaisanter ! Je vais vous répondre : Je – ne –sais –pas !

- Pardon ?

- Je-ne-sais-pas. J'avoue que je disparais souvent, mais je n'avais jamais constaté que c'était principalement durant ces nuits-là. Coïncidence, je présume. Surtout que je me souviens être sorti à la dernière pleine lune.

Ils virent Ron rougir de colère et s'emporter. « Leur » Ron rougit également…mais de honte et de gène plus qu'autre chose…

- Harry ! Pourquoi disparais-tu si souvent ? Tu DOIS nous le dire !

- Ca, ça me regarde !

Ca avait claqué, sec et net comme un fouet. Son visage s'était durci. Il était fatigué de tout cela et le fit bien savoir. Il se leva d'un bond, droit comme un I et tendu comme un arc.

- Et puis, zut à la fin ! A quoi ça rime toutes vos questions ? Vous vous prenez pour la sainte Inquisition ? Je devrais peut-être vous faire un rapport détaillé de tout ce que je fais ou pense ? Vous ne pensez pas que vous allez trop loin ? Je sors souvent et vous n'avez pas encore compris pourquoi ? Et vous, Professeur Rogue, vous n'en avez pas une petite idée ? Après tout, je pensais que vous en saviez plus sur moi que cela !

L'éclat de Harry surprit ceux qui n'avaient pas assisté à la scène. Mais même pour les quatre autres, il était terrifiant…surtout après avoir assisté au souvenir précédent… Evidemment qu'après ça Harry serait encore plus prudent… Il se livrerait encore moins facilement. Nul doute que jamais ses amis les Nomades n'auraient agi ainsi…EUX !

Ils virent les deux versions du Professeur de Potions pâlir, comme si les paroles d'Harry avaient remué quelque chose qu'il ne voulait pas voir ou comprendre. C'était la première fois depuis bien longtemps que le sévère professeur perdait contenance et laissait tomber son célèbre masque.

Les trois autres avaient sorti leurs baguettes, prêts à réagir, de plus en plus sûrs qu'il y avait un problème avec le jeune sorcier. Le professeur, voyant cela, leur intima de ranger leurs armes.

- Mais…

- Pas de mais ! Obéissez !

Durant ce temps, Harry était tombé sur les genoux et s'était enserré dans ses bras, sentant les tremblements poindre.

Inquiets, ils observèrent Harry rester un moment sur le sol puis se relever tant bien que mal sous les regards surpris et inquiets (voire choqués) de ses interrogateurs et sorti immédiatement.

Ici, la scène devint nouvelle pour les quatre personnes du souvenir. Ils suivaient Harry courant dans les couloirs.

- Le sixième sous-sol…

Seuls les amis d'Harry et Severus comprirent l'importance de ce renseignement que Draco avait laissé s'échapper. Ils allaient peut-être percer le mystère du sixième sous-sol !

Le jeune homme courait sans s'arrêter, empruntant des passages que même les Maraudeurs n'avaient jamais découverts. Il parvint enfin dans le mystérieux cul-de-sac avec le tableau sur un mur.

Tremblant toujours, le jeune homme toucha plusieurs endroits du cadre et de la toile, faisant apparaître un couloir. Il se positionna devant lui en prononçant à voix basse mais toujours audible des mots de la langue des Nomades. Puis, il entra dans le passage.

Suivant toujours le jeune homme, ce furent des spectateurs assez interloqués qui le virent s'engouffrer dans le passage qui les conduisit en dehors de l'école, plus précisément dans la forêt interdite, en provenant directement du sixième sous-sol de Poudlard ! Draco, qui était déjà entré dans ce couloir, enregistra inconsciemment cette information afin de l'assembler plus tard à ses souvenirs de cette soirée-là.

Le jeune courut encore un moment avant de se laisser tomber dans une clairière. Celle-ci était magnifique… Une cascade se jetait dans un petit lac qui devenait ensuite une rivière. Celle-ci devait sans doute se jeter dans le Lac de Poudlard. Tout autour, il y avait comme des ruines recouvertes de végétation. C'était un lieu calme et paisible. Un lieu hors du temps… Qui aurait pu imaginer qu'il se trouvait dans l'inquiétante et dangereuse Forêt Interdite ?

Là, Harry se mit à pleurer. Silencieusement d'abord, puis avec de bruyants sanglots. Il tremblait et semblait souffrir. Il resta là de longues minutes avant qu'un phénomène incroyable se produise : sortant de la forêt, une superbe licorne s'approchait de lui à pas lents. Elle n'avait pas peur, elle semblait même savoir ce qu'elle faisait.

En arrivant près de l'enfant, elle se coucha puis baissa la tête, tentant de l'enfouir dans les bras repliés du sorcier. La licorne le consolait ! Et Harry releva la tête pour plonger son regard dans celui brillant de tendresse de l'animal magique. Et brusquement, il lui sauta au cou, serrant l'animal contre lui. Et elle le laissa faire, ne songeant même pas à se retirer…

Alors Harry parla :

- Fya, j'ai mal… J'ai toujours mal… si mal…

Les spectateurs de la scène restèrent figés devant l'irréalisme de la scène. Une licorne, consolant un humain recroquevillé contre elle comme une grosse peluche! Un garçon qui plus est…et quel garçon ! En plus, il lui avait donné un nom… Ils devaient vraiment bien se connaître car d'ordinaire une licorne ne se liait pas facilement d'amitié avec un humain…ou quelque soit la créature, d'ailleurs ! Sauf peut-être les Elfes Sylvestres…

Alors qu'ils contemplaient la scène, une ombre apparut près d'eux et la licorne tourna la tête dans cette direction, alertant immédiatement l'enfant.

L'inconnu sortit alors de l'ombre et l'enfant le reconnut de suite. Il avait un éclatant sourire qui contrastait avec ses larmes.

- Royan !

- Salut Harry…

Le jeune Nomade s'avança vers le duo. La licorne ne bougeait pas, elle semblait connaître le nouveau venu. Royan s'assit près d'eux et caressa l'encolure du merveilleux animal.

- Salut, Fya… Ca faisait un bail… Harry, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi pleures-tu ?

Le sorcier baissa la tête alors qu'un nouveau soubresaut de douleur le traversait. Royan sembla alors comprendre ce qu'il se passait et ouvrit de grands yeux horrifiés.

- Merde ! Ca t'a repris ?

Piteux, l'enfant hocha tristement la tête. Royan fourragea alors dans son sac et finit par sortir une fiole en cristal contenant un liquide ambré.

- Heureusement, il m'en reste encore… Allez, bois. Ca te fera du bien…

Alors que l'enfant buvait lentement sous le double regard du Nomade et de la Licorne, les autres purent observer à loisir les deux jeunes hommes. Et la fameuse ressemblance leur sauta aux yeux…comme les différences.

Royan et Harry ressemblaient à deux jumeaux ayant chacun vécu une vie différente. Le premier était légèrement plus grand, bien proportionné, musclé par la marche et le travail, avait la peau halée par le grand air et ses yeux brillaient d'un éclat de vie et de sérénité qui manquait à Harry. Ce dernier était pâle, petit, maigre. Il avait l'air bien plus jeune que Royan. Ses yeux étaient constamment hantés. En ce moment, ses lunettes étaient à terre, accentuant pourtant les ressemblances entre leurs deux visages. Soraya avait raison : ils se ressemblaient énormément et sûrement autrefois ils auraient pu passer pour jumeaux, même sans leur différence de couleur dans leurs yeux. Pourtant, en ce moment, Harry était plus proche d'un enfant et Royan d'un jeune adulte. Et ils avaient le même âge !

- Ca va mieux ?

- Oui… Oui, merci… Je ne pouvais plus en faire et comme tu le vois, c'est pourtant devenu nécessaire…

- Vous n'avez pas un maître de potions dans cette école ? Et Severus, il pouvait pas te la faire ?

A l'entende du nom du maître de potions, ils sursautèrent et se tournèrent vers le concerné… qui n'en savait pas plus qu'eux. Ils l'appelaient même par son prénom et pourtant l'un avait toujours été son souffre-douleur et l'autre n'était qu'un complet inconnu !

Harry eut un petit rire.

- Je ne doute pas de sa capacité à me faire ma potion, mais il ne possède pas les ingrédients… Enfin, pas tous.

Et il se mit à sourire tendrement en caressant Fya. Le visage du chef des Nomades s'adoucit en le voyant agir si doucement malgré son passé et sa vie. C'est dans ces moments-là que le Sauveur du Monde Sorcier redevenait ce qu'il était vraiment : un enfant qui avait trop vite été obligé de grandir.

Et tout ça pour des gens qui ne lui en étaient guère reconnaissants et l'accusaient du pire.

Royan soupira puis reporta son attention sur le sujet de la discussion : les crises d'Harry.

- Je vois… Harry, depuis quand as-tu recommencé tes crises ? Et ne me mens pas ! A ce stade, ce n'était certainement pas la première !

- Ca…Ca fait quelques mois…

- Combien ?

- Je ne sais plus, j'ai cessé de compter… C'était après…après une retenue avec Ombrage, je crois… Oui, c'est ça…c'était la première après les vacances de Noël… En Janvier…

Royan ouvrit grand la bouche puis la referme, tentant de calmer sa colère.

- En JANVIER ? Et POURQUOI ne nous as-tu pas prévenus ?

- Je… Je ne pouvais plus vous joindre… Les cheminées sont bloquées, le courrier est surveillé. Et entre les cours, l'AD, l'Occlumencie, le Quidditch et mes retenues, je n'avais pas beaucoup de temps… Merde, Royan, j'étais obligé de sortir LA NUIT pour récolter les ingrédients de la potion et pour la réaliser ! Je n'étais jamais seul ! Toujours surveillé ! Toujours…

Harry hoquetait à présent et quelques larmes avaient traversé le barrage de ses yeux d'émeraude. Royan s'approcha et le prit dans ses bras, le berçant doucement…

- Chuut, chuut, petit frère… Calme-toi, je comprends mieux… sauf pourquoi les crises ont repris… Harry, tu as une idée de ce qui a pu les provoquer ?

Décidemment, ils apprenaient beaucoup de choses dans ces souvenirs… Rémus et Sirius, déjà bouleversés depuis le début de leur voyage dans la pensine, furent davantage troublés en entendant cette conversation qui sous-entendait qu'Harry avait été gravement malade…et qu'il avait rechuté depuis peu !

Harry se calma rapidement sous l'étreinte de son ami et se recula légèrement pour relever sa manche droite, montrant à la vue du jeune homme sa main complètement bandée… Son air reflétait la colère et la tristesse. Sa voix s'était faite coupante et dure.

- Oh oui, je me souviens de ce qu'il s'est passé… J'ai plus qu'une idée, ce sont des quasi-certitudes… Je n'ai aucune preuve mais…

Il retira lentement le bandage.

Tous restèrent sous le choc en voyant la première couche de bandage tomber, révélant une autre couche tachée de sang. Non, imbibée serait le mot juste. Et quand cette dernière couche tomba, ce fut l'horreur qui se peignit sur leurs visages… La main d'Harry saignait encore, la cicatrice était purulente. Mais les mots étaient parfaitement lisibles :

« Je ne dois pas dire de mensonges… »

Royan était horrifié. Il serrait les dents et ses lèvres ne formaient qu'un pli.

- Harry ? Qu'est-ce que c'est que ça ?

Tristement mais d'une voix calme et presque indifférente, Harry lui répondit.

- Tu savais que la Solution filtrée de tentacule de Murlap était contre-indiquée pour les blessures empoisonnées ?

Le silence se fit dans la clairière. Royan était pâle et il tentait tant bien que mal de se retenir de courir au château pour étriper le responsable.

- Harry ? QUI ? Et tu n'épargnes aucun détail !

Mais les autres enfants avaient déjà compris. Draco, Hermione et Ron étaient les seuls au début à savoir en quoi consistaient les retenues d'Ombrage et ils l'avaient finalement révélé à leurs amis, leur recommandant la prudence mais aussi craignant que la crise à laquelle ils avaient assisté ait un lien avec elle.

Et à présent, ils auraient voulu avoir tort.

L'enfant soupira et hocha la tête.

- Ombrage. Depuis le début de l'année, elle utilise une Plume de Sang pour mes punitions. J'écris mes lignes avec mon sang et les mots s'inscrivent dans ma chair. « Pour que je ne les oublie pas », qu'elle dit…

- Ah la sale…(tentant de reprendre contenance)… Et ?

- J'utilisais toujours une solution de Murlap pour guérir ma plaie. Même si ça n'effaçait pas les mots, du moins était-elle soignée, propre et quasiment invisible. Tu penses, une cicatrice blanche sur ma peau blanche !

- Et ensuite ?

- A ma première retenue de janvier, je n'ai rien trouvé de différent, sauf qu'elle était encore plus fière d'elle si possible. Comme d'habitude, j'ai utilisé la solution et je suis allé me coucher… Et le lendemain matin c'était dans cet état… Je connais assez le phénomène pour savoir ce qu'elle avait fait ! Sa plume, non contente de me pomper le sang, le remplaçait par un poison !

Le silence régna quelques secondes avant que Royan ne se lève en poussant un cri de rage.

- Une Plume Noire ! Elle a utilisé une Plume Noire ! Salazar, qui a remis cette saleté en service ??

Harry eut un rire sans joie.

- En service ? Je ne crois pas. Les dernières Plumes Rouges et Plumes Noires ont été confisquées par le Ministère après la défaite de Grindelwald en 1945. Officiellement, elles ont toutes été détruites mais… nous connaissons le Ministère, n'est-ce pas ?

Dans l'assemblée, seuls Albus Dumbledore et Minerva McGonagall comprirent…et blanchirent. Tous le virent et comprirent à quel point cela devait être grave pour les faire réagir de la sorte. Ils devaient sans doute savoir le pouvoir de ces plumes… et à voir leur réaction, ils semblaient même vouloir complètement l'oublier !

Royan resta debout, figé.

- FUDGE !

- Que ce soit lui ou un autre, le problème est le même.

Royan marcha quelque peu puis se rassit, sentant que son ami n'en avait pas fini.

- Et le lien avec tes crises ?

- J'y viens. J'ai analysé mon sang pour retrouver le poison. Je dois admettre qu'elle n'y a pas été de main-morte ! Je doute que Severus lui-même parvienne à en trouver un antidote. Le seul moyen de le contrer, c'est cette potion, potion non-répertoriée et donc inconnue du Ministère. Et heureusement pour moi ! Mais le problème, c'est que le poison a eu pour conséquence de me donner une violente rechute. La potion nécessite deux jours de préparation, ça a été suffisant pour me redonner une crise. C'est pour ça que ma guérison est si lente.

Un silence estomaqué parcourut l'assistance. Ils avaient bien entendu ? HARRY POTTER avait analysé son sang, avait trouvé le poison et fabriqué une potion non-répertoriée ?? Lui, d'ordinaire si peu doué en potions ? Ce genre de chose était du ressort de la médicomagie ! Et il en parlait avec un tel professionnalisme qu'il était en ce moment difficile de le reconnaître comme « leur » Harry, celui qu'ils croyaient si bien connaître…

- Il ne faut pas trois mois pour ça !

- Sauf si je me retrouve régulièrement confronté à une nouvelle dose de poison… Et crois-moi, avec elle, tous les moyens sont bons pour me renvoyer en retenue !

Sur ces mots, il s'installa confortablement contre la licorne qui le veillait tendrement quoiqu'avec une pointe de tristesse dans le regard. Harry avait le regard dans le vague, semblant revivre ces heures où il souffrait en silence. Royan s'assit près de lui et passa une main dans son indomptable tignasse.

- Ca ne peut plus continuer comme ça, Harry.

- Et que veux-tu que je fasse ? Qui me croirait ? Et qui peut l'arrêter ? Le mal est fait, Royan. Je peux contrer le poison, pas mes crises. Et avec ces nouvelles doses, je n'arrive pas à cicatriser… Et la solution de Murlap est contre-indiquée !

Royan soupira puis son regard se fit assuré.

- Dans ce cas, il ne faut pas que tu restes ici !

Harry se releva brusquement, choqué.

- QUOI ? Mais Royan…

- Nan, écoutes-moi avant de refuser. Je suis venu pour ça, de toutes façons. Tu ne peux pas rester ici, c'est hors de question ! Tu n'es pas en sécurité à Poudlard ! Alors, je t'emmène avec moi !

Et il sortit de son sac collier au bout duquel pendait une vieille montre de poche. Le regard d'Harry brilla aussitôt.

- Merlin… Est-ce que c'est ce que je pense ?

- Eh oui, tu penses juste… Un an, Harry, juste un an. Et même plus si c'est nécessaire…ou si tu le désires. J'étais venu te le proposer en me disant que ça te permettrait enfin d'oublier et de vivre, mais je ne pensais pas que j'avais raison à ce point… Est-ce que tu es partant ?

Les yeux brillants toujours fixés sur la montre, Harry acquiesça.

- Je vais chercher mes affaires.

Mais son ami le retint.

- Non.

- Mais je ne peux pas partir comme ça !

- J'ai dit non. Je te l'ai dit, je suis venu pour te permettre de vivre vraiment et pleinement, sans songer à rien. Et pour commencer, il faut que tu changes ta garde-robe. Fini les vieilles frusques ! Tu verras, changer ton apparence te donnera plus de confiance en toi… et ça, c'est tout bénéf', non ?

Riant devant l'expression de Royan, l'enfant accepta joyeusement. Ravi, Royan passa le collier autour du cou du sorcier puis pris un second collier identique et fit de même pour lui.

- Kei et Hikari ont tout préparé, Harry.

- Alors je suis encore plus impatient de commencer !

- On y va alors !

Harry serra la licorne contre lui, Royan la flatta encore un peu puis tous les deux manipulèrent leur montre et disparurent devant les yeux écarquillés des sorciers qui observaient la scène.

Ils restèrent encore quelques secondes puis le décor changea à nouveau.