Je suis vraiment sous le choc ! Je ne m'attendais pas à 10 reviews pour ce petit texte, et à autant de lecteurs silencieux. Je vous remercie du fond du coeur. J'espère que vous apprécierez le prochain chapitre, je crois qu'il y en aura plusieurs autres, je prends vraiment plaisir à écrire cette histoire :)
Enjoy it :)
Hermione se regarda dans le miroir, hésitante. Elle avait toujours su qu'elle n'était pas d'une grande beauté…du moins, qu'elle devrait miser sur autre chose pour attirer l'attention. Ses cheveux en bataille, ses yeux d'un brun si commun, la façon hautaine qu'avait adoptée son nez pour manifester son mécontentement habituel…et elle ne parlait pas du reste !
Elle rougit. Ses seins étaient trop petits, et elle n'avait jamais eu la taille d'une guêpe. Elle n'osait même pas imaginer ce qu'auraient donné comme effet ses fesses rebondies dans un autre type d'uniforme que celui de Poudlard…
Mais ce soir, c'était différent.
C'était différent parce qu'elle, Hermione Granger, avait choisi délibérément d'être…jolie, ni plus, ni moins. Pas belle. Hermione Granger n'était pas belle. Et à vrai dire, elle n'avait jamais aspiré à l'être - du moins, sauf cette fois, en quatrième année – car son intelligence la satisfaisait.
Mais ce soir, c'était différent.
Après la presque déclaration de Ron, cet après-midi, elle avait d'abord été estomaqué, puis elle avait suggéré de passer une soirée tranquille, seuls, tous les deux. D'accord, ce n'était peut-être pas très romantique, mais cela avait le mérite d'être tout à fait honnête car à l'instant même, et cela n'avait cessé depuis, elle n'avait eu envie d'une seule chose : Ron.
Ron
Il y avait longtemps qu'elle savait qu'elle ressentait pour son ami un sentiment très peu semblable à celui qu'elle éprouvait pour Harry.
Mais elle avait compris récemment l'ampleur de ses sentiments, qui l'avait effrayée. Souvent, elle entendait la voix de Mme. Weasley qui déplorait les unions hâtives et désordonnées que la guerre poussait à sceller. Et si c'était le cas ? Leur cas ?
Elle entortilla une mèche de ses cheveux autour de sa baguette magique et elle frisa délicatement. Elle avait peur de tout précipiter, mais pourtant…
Après sept ans, il lui semblait que l'idée avait bien assez murie !
Ce soir, tout serait différent, parce qu'elle lui dirait. D'accord, peut-être bien qu'il savait déjà tout ça, mais cela avait le mérite d'être vrai : depuis…depuis toujours, lui semblait-il, elle avait au bord de ses lèvres un doux secret à lui confier.
Leur sixième année avait été désolante, frustrante et éprouvante pour elle comme pour lui, elle s'en doutait bien. Ne sachant pas s'ils reverraient un jour les divans moelleux et l'antre chaud de la cheminée des Gryffondors, elle était déterminée à faire de la prochaine année, Poudlard ou non, la plus belle.
Du moins, sur ce plan là.
La porte derrière elle couina et ce qui autrefois était une tornade rousse énergique entra dans la pièce. Hermione ne l'avait pas prévenu qu'elle et son frère… (elle déglutit) sortaient ce soir. Pas très loin, bien sûr. Ni complètement seuls. Enfin…le jardin du Terrer serait idéal, une fois qu'Hermione y aurait mis sa touche personnelle
Ginny esquissa l'ombre d'un sourire.
« Je crois bien ne t'avoir jamais vu si ravissante, et rayonnante. »
Hermione la remercia d'un geste de la tête. Elle n'avait pas pensé devoir le dire à Ginny, tout de suite, avant même que ce ne soit officiel. Et puis, elle n'en avait jamais parlé réellement, préférant chaque fois dévier le sujet habilement sur un terrain moins boueux. Mais malgré la complexité des évènements et de ses propres sentiments, la jeune femme trouva dans la simplicité la meilleure façon de mettre Ginny, sa meilleure amie, la seule amie qu'elle n'avait eue, au courant de ce qu'elle s'apprêtait à faire.
« Je suis amoureuse de Ron. » lança-t-elle tout bonnement, faisant preuve d'une sincérité désarmante. Elle n'avait pas dit de ton frère, parce qu'elle voulait que Ginny saisisse bien la nuance : Hermione s'adressait à Ginny, sa complice, à la sorcière accomplie et téméraire qu'elle était, et non pas à Ginny, la sœur de l'homme qu'elle aimait, la sœur de Ron.
Et elle sut que Ginny fit la distinction entre les deux. Son amie se laissa tomber sur le vieux lit de Percy, qu'Hermione occupait. Elle ne dit rien durant un long moment, et ni l'une ni l'autre ne semblaient intéressées à rompre le silence. Ce fut Ginny qui le fit, en soupirant.
« J'en suis ravie, tu sais. J'ai toujours su que cela se passerait ainsi. Mais dans mes scénarios, j'étais à vos côtés, avec Harry… »
Sa voix se brisa. Hermione savait que son amie avait eu du mal à accepter la décision de Harry, mais quand elle avait tenté de lui en parler, ce matin, la rouquine s'était emmurée dans un silence si dense qu'il paraissait incassable. Hermione lui prit la main.
« Je sais, Gin. Moi aussi. »
Elle ne lui dit pas qu'après la quête des Horcruxes, qu'après la guerre, c'est ce qui allait arriver, parce qu'elle n'en avait aucune idée et qu'Hermione Granger refusait de mentir ; c'était à l'encontre de ses valeurs.
« J'ai peur…que mon amour pour Ron… » commença la sorcière, qui fut interrompue.
« Tu ne peux pas avoir peur. Mon frère t'aime depuis toujours. Il a juste été lent pour le comprendre! » lui répondit Ginny. Et elle sourit franchement, cette fois. « Tu es la meilleure personne qui pouvait croiser le chemin de Ron. Il tient énormément à toi. Ne gâche pas tout sous prétexte d'être effrayée. Parce que c'est sans doute cette peur qui vous a empêché de vivre plus tôt votre amour. Mais la guerre ne pardonne pas et si vous attendez encore, qui sait ? Demain, ce sera peut-être trop tard. »
Elle se leva et l'air mélancolique sur son visage était de retour. Traînant des pieds, elle sortait, sans un mot de plus sur Ron…ni sur Harry. Troublée, Hermione n'esquissa aucun geste pour la retenir. Parfois, la meilleure personne nous consoler était celle qui créait cette peine, et malgré l'endurance de Ginny, elle savait que la jeune femme ne serait apaisée tant et aussi longtemps que Harry n'aurait pas fini de combattre son destin. Hermione l'appela.
« Ginny! »
Elle se retourna, ne pouvant pas cacher les larmes qui bariolaient ses joues.
« Quoi? »
« Merci… »
« Y'a pas de quoi. Il faut bien que je sois utile à quelqu'un… »
