Bonne lecture les gens !

Chapitre 6 : Equations et hérisson

- Merdeuh ! Matière de merdeuh !!!

Ca fait bien une heure que je reste bloquée sur cette équation (et ron et ron petit patapon… désolée.) et je ne trouve toujours pas la solution ! Je comprends rien !
Le fait de m'être réveillée à 11h, la tête très enfoncée dans le postérieur et le visage recouvert de nutella doit y être pour quelque chose.
Le fait que j'ai dormi tout le long du dernier cours aussi (le livre de maths est absolument moelleux et épais à souhait).
Résultat, je suis là, comme une conne, devant mon cahier, sans avoir rien écrit de la moindre solution de la moindre équation. Et il y a une vingtaine environ. TT-TT
Au secooooouuuuuuuuuuuuurs !

La porte s'entrouvre sur Tom en train de manger un sandwich.

- NOOOOOOOOOOOOON !!!! Pas ce genre de secours !!!

Vous connaissez sûrement des boulets dans votre entourage : votre mère qui raconte des anecdotes idiotes sur votre passé à votre petit copain, votre voisin d'art plastiques qui se débrouille toujours pour renverser de l'encre sur votre feuille, votre meilleure amie en train de s'extasier sur l'énorme peluche de Winnie l'ourson quand vous faites des courses avec elle…
Mais savez-vous ce qu'est un boulet authentique ? Vous en avez un superbe spécimen devant vous :
Moi.

Jamais vous ne trouverez quelqu'un qui exprime ses pensées pas très malignes à voix haute, devant la personne concernée, et sans que celle-ci ne comprenne rien.

- Hein ?

Vous voyez !

- Non, non, c'est rien… Je deviens dingue avec ces exercices de maths…

En plus, ce n'est qu'un demi mensonge.
Il jette un coup d'œil par-dessus mon épaule et hoche la tête.

- Mouais, t'as plus d'avenir en petite ado sexy faisant les trottoirs.

MODE « regard assassin » ON

- Au fait, pourquoi es-tu venu dans ma chambre ? Je ne pense pas que c'était pour s'extasier sur mon boulot de mathématiques…
- On va en boîte ce soir. Tu veux venir ?

L'euphémisme extrême serait de dire que cela ne me tente qu'à moitié. Je n'aime pas vraiment danser avec 100 décibels d'électro pourrie dans les oreilles, boire des cocktails fluos étranges, respirer à plein nez la fumée des cigarettes et des joints fumés par des gens dégoulinants de transpiration.

- Ca te remonterait un peu le moral !
- Désolé mais… ça me tente pas trop…ce sera sans moi.

Normalement, mon cousin devrait quitter la chambre avec un air déçu…

- Tu ne veux vraiment pas découvrir la meilleure boîte d'Hambourg ?

Plus 10.

- Où on passe de la bonne musique rock et pas de la techno à shootés ?

Plus 20.

- De tout façon, ça ne sera pas drôle sans toi.

Ce type aurait dû faire commercial.

- … C'est bon… je viens.
- Oh mais c'est géniaaaaal ! On y ira à neuf heures et demie, ça te vaaaaaaa ?
- Mais c'est parfaiiiiit Biiiiiiiiiiiill ! Ah non, Tom, désolééééééééééée !

Oups … Avec la voix de fausset, il me faisait penser à son frère…
Je n'ai rien dit.
Poum poum poum…
16h, indique mon pire ennemi le réveil.
Ca devrait suffire…

ERRATUM : ça ne suffit pas.

Le temps de choisir la tenue, la changer une première fois, la changer une deuxième fois, une troisième fois, commenter celle de Bill, remettre la première tenue, s'insulter soi-même, en changer encore une fois, être satisfaite, se souvenir qu'on est en hiver, changer une nouvelle fois de tenue, essayer une dizaine de paires de boucles d'oreilles et de taper à la porte de la salle de bains, ben il est déjà neuf heures.

- Putain Bill laisse-moi entrez !!! J'dois me coiffer !
- Je mets mon eye-liner ! Laisse-moi ! Y a un miroir dans ta chambre !
- Ma brosse est dans la salle de bains !
- Tant pis !
- BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIILL !!!! MERDE ! Dépêche-toi ou toi ou je brûle tous tes jeans !

Click.
Clack.
Cli-cli-cli-clik.
Clak.
Oô Il a mis COMBIEN de verrous ?
Clack final.

- Entre.

Je ne sais pas pourquoi, mais mon cousin a la mauvaise habitude de se promener torse nu devant moi. Ce n'est pas désagréable…
Oubliez ce que j'ai dit.

- Mate bien surtout.

GLUPS.

- Mater quoi ? Y a rien à voir.

Gniark. Il fait une tête genre : « Je me drape dans ma fierté blessé, je suis la blanche colombe que les coassements du crapaud n'atteint pas, et… je suis tellement triste que je rate mon coup et m'étale un grande trace d'eye-liner sur la joue. »

Pouaaaaahahaha !!!!

- C'est pas drôle !
- Oh que si !

Il marmonne quelque chose sûrement ma très flatteur pour ma pogne et essuie sa connerie. Pendant ce temps-là, j'ai entrepris de démêler ma superbe tignasse bleue. La tâche n'est point aisée et j'ai bientôt plus de nœuds dans mes cheveux qu'avant avoir essayer de les démêler. En un mot : je galère ! Et l'autre crétin me regarde avec sourire en coin. « Chacun son tour ! » me dit son regard.

- Cheveux de merde !
- Tu veux que j' t'aide peut-être ?
- Ca s'rait pas de refus.

En 10 minutes, j'ai retrouvé une chevelure bien coiffée, douce et soyeuse. A la l'Oréal, quoi.

- Tu m'expliqueras comment tu fais.
- Quand tu veux, mais pas maintenant, il faut qu'on y aille.

Il enfile rapidement son tee-shirt et on sort en trombe de la salle de bains, les autres attendent déjà dans l'entrée.

- Vous faisiez quoi là-dedans ? demande Tom.
- Je l'aidais à se coiffer, répond Bill avant moi. Heureusement d'ailleurs, sinon elle serait venue avec un hérisson bleu sur la tête.

Gna gna.

Qu'est-ce qui me retiens de taper sa tête contre le mur, de l'étrangler avec sa ceinture, de tirer sur ses cheveux mal coiffés…
Ma bonté me perdra.