- Malefoy, murmurais-je.
- Mlle Granger, veuillez me suivre s'il vous plaît.
Je restais immobile. Comment Drago Malefoy, fils de Lucius Malfoy, avait-il atterrit au Ministère ? Et surtout, pour un poste aussi futile que assistant ? Je me ressaisis et me décidais enfin à ouvrir la bouche :
- Je peux savoir ce que tu fais ici ? Et pourquoi tu me vouvoies ? Et surtout, pourquoi tu fais le poli avec moi, ta pire ennemie, une sang-de-bourbe ?
- Ecoute, répondit-il à voix basse, je ne peux pas répondre à tes questions maintenant, je suis en service tu comprend ? Je te promet de tout t'expliquer mais pas maintenant. Suis-moi s'il te plaît, continua-t-il toujours à voix basse, et fais comme si on ne se connaissait pas.
J'étais bouche bée ! Comment pouvait-il me demander de lui obéir alors qu'il n'avait fait que me pourrir la vie durant nos études à Poudlard ?
- Je vais te suivre Malefoy mais pas pour suivre tes ordres, que ce soit clair ! Je le fais parce que j'ai besoin de ce travail, répondis-je.
Je le suivis donc dans la pièce d'à côté. J'avais à peine franchit la porte que je devins de nouveau immobile. J'étais fascinée. Fascinée de voir tant de document historiques autour de moi. Il devait y en avoir des milliers voire même des millions !
- Veuillez me suivre, mlle Granger. Monsieur Werner nous attend dans son bureau, me dit Malefoy.
- Très bien, répondis-je.
Je marchais derrière lui tout en continuant à admirer les documents qui m'entouraient.
- Nous sommes arrivé, me dit soudain Malefoy en me montrant une porte noire. Après vous mlle, continua-t-il tout en m'ouvrant celle-ci.
J'entrais dans la pièce. Le bureau était immense. Partagé entre le moderne et le rustique, il était lui aussi rempli de nombreux documents. Soudain, une voix se fit entendre et me fit sortir de ma contemplation du bureau :
- Ah, mr Malefoy, vous voilà enfin, dit la voix avec beaucoup de froideur, je commençais à me demander si vous ne vous étiez pas perdu en chemin…
Sans vraiment savoir pourquoi, je décidais alors de venir à la rescousse de Malefoy :
- Ne lui en voulez pas, Monsieur Werner, dis-je, c'est de ma faute si nous sommes en retard. J'ai perdu beaucoup de temps à contempler les étagères de documents que contient ce département.
Monsieur Werner me dévisagea, comme pour voir s'il pouvait me faire confiance et dit :
- Très bien. Je ne peux pas vous en vouloir mlle, j'étais comme vous le jour où je suis entré ici pour la première fois.
Il me sourit amicalement et je lui rendis son sourire. En moi-même, j'étais soulagée. Il aurait très bien pu me renvoyer chez moi sans passer l'entretien pour être arrivée en retard.
- Bien, asseyez-vous tout les deux, nous allons commencer l'entretien, dit-il alors.
Je m'assis en face de Monsieur Werner alors que Malefoy s'installais derrière le bureau à côté de son patron.
- Mlle Granger, je veux qu'une chose soit claire, me dit Mr Werner, en sortant de cet entretien, vous n'aurez aucun souvenir. Vous ne vous souviendrez même pas d'avoir passé un entretien avec nous. Il y a dans ce département des choses bien trop précieuses et bien trop dangereuses pour qu'on vous laisse les emporter avec vous si vous n'êtes pas prise.
- Je comprends bien Monsieur, répondis-je, mais, si je suis prise, comment vais-je me souvenir de notre entretien ?
- Et bien, au moment où vous recevrez votre lettre d'admission, tout vous reviendra en mémoire, répondit-il.
- Très bien, dis-je.
- Bien, dans ce cas, nous allons commencer.
L'entretien dura 2 heures de plus que prévu.
- Je crois que nous avons tout ce qu'il nous faut. Qu'en pensez-vous Drago ? interrogea Mr Werner.
- Je suis d'accord, Monsieur, répondit l'intéressé.
- Dans ce cas, nous allons pouvoir vous libéré mlle Granger. Nous sommes désolé d'avoir dû vous garder si longtemps.
A l'entente de cette phrase, ce fut le trou noir. J'entendis tout juste Mr Werner demander à Malefoy de me ramener et de m'insérer les souvenirs habituels. Je ne savais pas comment j'étais rentrée chez moi mais, à peine avais-je franchit la porte que Ron se jetait sur moi.
- Alors, comment ça s'est passé ? me demanda-t-il ?
Je le regardais et lui répondis :
- Très bien, comment veux-tu que se passe de simples courses sur le Chemin de Traverse ?
Il se mit alors en colère pour une raison qui m'échappait.
- TU TE FOUS DE MOI OU QUOI ? TU N'ES PAS ALLEE SUR LE CHEMIN DE TRAVERSE MAIS À UN ENTRETIEN D'EMBAUCHE DONT JE NE SAVAIS RIEN !
Je le regardais, interdite. Je n'avais été à aucun entretien d'embauche ! Je le lui dis. Lorsque je lui montrais mes sacs, il se calma mais pas totalement.
- Ca veut dire que tu m'as menti ! On s'était juré de ne jamais se mentir, cria-t-il.
Je ne comprenais pas pourquoi il était aussi borné et décidais de laisser tomber l'histoire afin d'aller me préparer pour la soirée. Alors que je montais les escaliers, j'entendis Ron maugréer dans son coin :
- Mais qu'est-ce qui lui prend ? Je ne deviens pas fou quand même ! Ce matin, elle m'a bien dit qu'elle allait à un entretien d'embauche pourtant ! Si elle n'a pas été acceptée, elle peut me le dire, je ne me moquerais pas d'elle.
Je décidais de ne pas écouter le reste. Je ne comprenais pas ce qui avait bien pu lui faire croire que j'allais à un entretien d'embauche. J'avais bien précisé en partant ce matin que j'allais nous chercher des tenues pour ce soir.
La mauvaise humeur de Ron persista jusqu'à notre départ pour Poudlard. La soirée avait lieu dans le Grande Salle, à l'endroit même où Voldemort avait été tué. J'avais acheté un nouveau costume à Ron ce matin sur le Chemin de Traverse et c'est à la vue de celui-ci qu'il s'était calmé. Il était bleu marine avec une chemise rouge. Il lui allait d'ailleurs à ravir. Par ailleurs, nous étions très bien assortis car j'avais choisi pour moi une robe de nylon rouge avec une écharpe de soie bleu marine. Alors que nous montions dans le train, je sentais tout les regards se tourné vers nous et, malgré moi, j'en étais fière. Le voyage fut trop court à mon goût. Il faut dire que le train avait été trafiqué pour arriver en 30 minutes à Poudlard. J'étais toujours ravie de revenir au château et ce malgré les mauvais moments que j'y avais passé. Ron, quant à lui, semblait très stressé. Il avait toujours peur qu'on le juge sur sa tenue. Je m'approchais de lui et lui murmurais à l'oreille :
- Tout ira bien, tu es magnifique.
Il se tourna vers moi et me sourit. Il sembla plus confiant et m'offrit son bras. Mac Gonnagal nous attendait devant l'entrée. Elle nous salua et nous invita à entrer dans la Grande Salle. Alors que je cherchais Ginny et Harry du regard, Ron me donna un coup de coude et m'indiqua le fond de la salle. Ginny et Harry étaient là et nous faisaient signe de les rejoindre. Nous étions en train de nous avancer vers eux lorsque je sentis que l'on m'observait. Je me retournais et vit Malefoy. Il me sourit. J'étais intriguée, non seulement par son sourire mais également parce que j'avais le sentiment que ce n'était pas la première fois que je le croisais aujourd'hui. Je décidais de faire comme si de rien n'était. C'était sans doute la fatigue qui me faisait des tours. Harry semblait stressé. C'était normal quand on savait qu'il allait sans doute être le héros de la soirée. Quoi de plus normal quand on a anéanti le plus grand mage noir de tout les temps. Ginny, quant à elle, semblait fatiguée. Je n'y fis pas attention pensant qu'elle devait elle aussi avoir eu une dure journée. Alors que Ron et moi nous installions à la table, le silence se fit dans la salle. Mac Gonnagal commença alors son discours :
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous souhaite la bienvenue à Poudlard en ce jour de fête. Comme vous le savez tous, il y a 3 ans exactement, Poudlard était attaqué par Voldemort et ses mangemorts. Heureusement pour nous, Harry Potter ici présent avait eu une vision de cette attaque et nous étions prêts à accueillir nos ennemis comme il le fallait. Plusieurs vies ont été perdues de notre côté mais, je serais tentée de dire heureusement pour nous, il y en a eu moins pour nous que pour eux. Il ne reste à l'heure actuelle que 2 mangemorts en vie et ils sont détenus à Azkaban. J'aimerais remercier toutes les personnes présentes ce soir pour l'aide qu'elles nous ont apportée lors de la bataille finale.
Elle leva son verre en nous saluant tous et poursuivit :
- J'aimerais également rendre hommage à toutes les victimes de cette terrible nuit ; Neville Londubat, Luna Lovegood, Dean Thomas, Zaccharias Smith, Pavarti et Padma Patil, Michaël Corner, Remus Lupin, Rubeus Hagrid, Kingsley Shackelbot et Maugrey Fol Œil. J'aimerais également rendre hommage à toutes les autres victimes de Voldemort depuis son retour ; Albus Dumbledore, Cédric Diggory, Sirius Black, Amelia Bones et tous les autres.Levons tous nos verres et respectons une minute de silence en leur hommage.
Dans une coordination parfaite, tout le monde se leva et respecta la minute de silence en pensant à toutes ces personnes innocentes.
- Merci à tous, reprit Mac Gonnagal, nous allons maintenant ouvrir le buffet ainsi que le bal.
- Ah, il était temps, s'exclama Ron, j'ai une faim de loup !
- Ron, tu ne changera donc jamais, dis-je en levant les yeux au ciel.
Je le suivis jusqu'au buffet avec Harry et Ginny. Je vis que Ginny se servait abondamment mais je n'y prêtais pas plus d'attention que ça. Elle ne devait pas avoir eu le temps de faire à dîner.
Après avoir vidé nos assiettes, je demandais à Ron de m'inviter à danser ce qu'il fit avec plaisir.
- Ca me rappelle le bal de septième année, me dit-il alors que nous dansions.
- Oui, moi aussi, répondis-je, quel merveilleux souvenir.
La chanson prit fin et nous retournions nous asseoir lorsque Ron fut interpellé par une jeune fille que je ne connaissais pas :
- Ron Weasley ? C'est bien toi ? dit la jeune fille.
Ron se retourna pour voir qui avait parlé et son visage s'illumina soudain :
- Léa ! ( nda : clin d'œil à ma plus fidèle lectrice)
Il prit alors la jeune fille dans ses bras en omettant de me présenter. Ils restèrent là à se contempler pendant 5 bonnes minutes jusqu'à ce que je me décide à leur rappeler ma présence :
- Hum hum, dis-je.
- Ha oui, dit Ron, mal à l'aise, Léa, je te présente Hermione Granger. Hermione voici Léa, une très bonne amie d'enfance que je n'avais plus vue depuis près de 15 ans.
- Enchantée, dis-je froidement. Bon, je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
Alors que j'espèrais que Ron allait préciser que j'étais sa petite amie, il continua à la contempler bêtement. Enervée et vexée, je pris la direction des toilettes. Je croisais alors Ginny qui en sortait.
- Houlà, me dit-elle, ça n'a pas l'air d'aller fort toi. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Va demander ça à ton frère et à sa Leila ou je ne sais plus quoi, répondis-je.
Elle m'interrogea du regard mais je ne dis rien de plus et entrais aux toilettes. J'étais de bonne humeur à peine ¼ d'heure avant et il avait fallu que cette fille apparaisse ! Je repris ma respiration pour essayer de me calmer et sortis. Je tombais alors nez à nez avec Malefoy :
- Tiens, me dit-il en me tendant une enveloppe à aspect officiel.
- Qu'est-ce que c'est ? demandais-je, méfiante.
- Ouvre et tout te reviendra, me dit-il.
Je décidais de ne pas ouvrir la lettre en sa présence et retournais à table. A mon plus grand étonnement, je vis que l'amie de Ron s'était installée à côté de lui, à ma place. Je bouillonnais de nouveau. Ce n'était pas le culot qui l'étouffait apparemment. Je m'étais arrêtée juste derrière ce qui ½ heure plus tôt était ma chaise et attendis que Ron demande à son amie de me laisser ma place mais il n'en fit rien ce qui eut pour effet de m'énerver encore plus si c'était possible. Voyant que Ron était trop pris dans sa conversation pour remarquer ma présence, je pris les devant.
- Hum, Ron, je peux récupérer ma place où je dois rester debout ? demandais-je sèchement.
- Hein ? dit-il, ha, tu es revenue. Attend, je vais cherché une chaise si tu veux.
- Quoi ? criais-je alors, renonçant à être discrète, tu veux peut être aussi que j'aille à une autre table ?
- Heu… c'est bon Ron, je vais rejoindre mes amis. Ils doivent se demander où je suis, dit alors Léa, on se voit plus tard, ajouta-t-elle en lui faisant un sourire charmeur.
Et elle s'éloigna. Ron me lança un regard de totale incompréhension. Je ne lui adressais pas la parole. Il régnait une tension palpable à notre table et Harry et Ginny décidèrent de rompre la glace :
- Bien, nous avons une grande nouvelle à vous annoncer, dit Ginny.
- Vraiment, dis-je en pensant à toutes les petites choses que j'avais remarquées ce soir.
- Oui… Bon, je me lance. Harry et moi on va… hum, on va avoir un bébé.
- Un bébé, m'exclamais-je, mais c'est merveilleux ! Félicitations !
- Merci, répondirent Harry et Ginny d'une même voix.
Ron, quant à lui avait un grand sourire. Il félicité sa sœur et son beau-frère mais non moins meilleur ami et dit :
- Puisqu'on en est aux bonnes nouvelles, moi aussi j'en ai une. En fait, je l'ai apprise il y a quelques minutes à peine mais je ne peux pas garder ça pour moi. Je vais être engagé chez les Canons de Chudley ! Le père de Léa y est manager et leur gardien s'est blessé pour plusieurs mois. Rien n'est encore officiel mais le père de Léa m'a déjà observé chez les Tornades et il veut que j'aille passé un test mercredi prochain. C'est génial non ?
Ginny et Harry félicitèrent Ron alors que je restais muette.
- Et bien, tu as l'air heureuse pour moi Hermione, me dit Ron. Je réalise mon plus grand rêve et toi, tu ne dis rien.
Je levais les yeux vers Ron et lui murmura très froidement :
- Félicitations.
Ron me regarda alors comme si c'était la première fois qu'il me voyait et se dirigea vers la sortie, suivi par Harry.
- Quelque chose ne va pas ? me demanda une voix que je reconnus très facilement.
