Incompréhension.
Je me retournais pour faire face à la source de ma mauvaise humeur. Je lui jetais mon regard le plus noir et partis sans prendre la peine de lui répondre. J'entendis Ginny s'excuser et lui expliquer en vitesse avant de me rejoindre.
- Allons Hermione, me dit-elle, calme-toi.
- Me calmer ? répondis-je, mais pourquoi devrais-je me calmer ? D'abord, il m'ignore complètement et n'a d'yeux que pour cette Leila ou je ne sais plus comment et ensuite, il m'annonce qu'il va partir pendant des mois et il voudrait que ça me réjouisse !
- Je comprend, me dit-elle, mais je comprends aussi Ron. C'est son rêve après tout. Et puis, vous allez sans doute déménager, je connais Ron, il ne supportera pas d'être loin de toi pendant toute une saison de Quidditch.
- Sauf s'il est avec Eva bien sûr.
- Léa, me reprit Ginny.
- Ha, parce que toi aussi tu la connais ? Bien, dans ce cas, tu vas pouvoir me dire qui elle est ?
- Je suis désolée, Hermione mais ce n'est pas à moi de te le dire, me répondit-elle.
- Et pourquoi ça ? Tu es ma meilleure amie non ? m'emportais-je, Qu'est-ce que tu me cache ? Ou Ron a-t-il connu cette fille ?
- Je ne te dirais rien, pas la peine d'insister. Viens, on va rejoindre les hommes. Il faut que je rentre me reposer.
Je la suivis donc avec un tas de questions sans réponses dans la tête. Mais il n'y avait aucune trace de Ron et Harry. Ni dans le parc, ni dans l'ancienne cabane de Hagrid, ni dans la volière. Nous allions voir à la bibliothèque lorsqu'une chouette blanche apparut devant nous.
- Hedwige, s'exclama Ginny, inquiète.
Elle se saisit de la lettre que tenait Hedwige et l'ouvrit. Inquiète également, je lus par-dessus son épaule.
Mon ange,
Tout va bien, ne t'inquiète pas. Il ne m'est rien arrivé. Ron était très énervé et je l'ai donc suivit afin de lui éviter de faire quelque chose qu'il regretterait. Il s'est calmé mais refuse de venir rechercher Hermione. Nous sommes chez elle et vous attendons. Evite de transplaner, ce n'est pas bon pour le bébé !
Je t'aime. A tout de suite
PS : Essaye de calmer un peu Hermione avant de rentrer ? Ca nous évitera des étincelles.
La lettre était signée de la main de Harry. Je restais bouche bée. Jamais encore Ron n'aurait pensé à « faire quelque chose qu'il regretterait » depuis maintenant 3 ans que nous étions ensemble. Et puis, nous avions eu des disputes bien pires que celle-là. Il se passait quelque chose et je devais découvrir quoi. Je sentis que Ginny m'observait et me tournai vers elle.
- Ne t'inquiète pas, dis-je, vous éviterez les étincelles. Je m'expliquerai avec Ronald quand vous serez partis.
- Hermione, je…commença-t-elle.
- Viens, je connais un moyen fiable et sans danger pour le bébé pour rentrer.
- Ha oui, lequel ?me demanda-t-elle inquiète.
- La téléportation, répondis-je simplement.
Nous nous dirigeâmes vers la bibliothèque et j'amenai Ginny dans une section réservée à la téléportation. Je tendis le bras vers un petit livre noir et l'ouvris. Ginny m'interrogea alors :
- Je peux savoir ce que tu fais ?
- Et bien, pour nous téléporter chez moi nous aurons besoin de ça, répondis-je en lui montrant une petite pierre bleue que je tenais en main.
- Et c'est quoi ça ? demanda-t-elle.
- Je ne sais pas, dis-je, mais ne t'inquiète pas, nous ne sommes pas les premières à nous en servir.
- Mais, c'est du vol !
- Ginny, m'exclamais-je vexée, tu me crois vraiment capable de commettre un vol ? Je pensais que tu me connaissais mieux que ça. Regarde, les noms de tout ceux qui utilisent la pierre se notent automatiquement dans le livre. Une fois que nous n'aurons plus besoin d'elle, la pierre reviendra dans le livre toute seule.
- Mais, comment une pierre peut-elle savoir ça ? me demanda Ginny, perplexe.
- C'est une très vielle magie mais je n'en sais pas plus, répondis-je. Maintenant, si tu n'as plus de questions, on pourrait peut être y aller.
- Très bien, répondit-elle, dis moi ce que je dois faire.
- Tu dois juste penser au lieu où tu veux te rendre, autrement dit, chez moi et la pierre s'occupera du reste.
Je lui tendis la pierre qu'elle prit en me demandant :
- Pourquoi ce n'est pas toi qui prends la pierre ?
- Et bien, pour une raison simple, seule une femme enceinte peut faire actionner la pierre.
- Ah et c'est maintenant que tu me le dis !
Je mis mes mains sur ses épaules, fermai les yeux et priai pour que ça marche. Je crus alors m'envoler et lorsque je rouvris les yeux, j'étais dans mon salon avec Ginny qui me regardait en souriant, apparemment fière d'elle.
Ron et Harry étaient dans le canapé et nous regardaient avec des yeux ronds.
- Comment êtes-vous arrivées là ? demanda Harry et pourquoi étiez-vous entourée d'une lumière bleue ?
- Tout va bien mon cœur, répondit Ginny, nous nous sommes téléportées ici. Ne t'inquiète pas, c'est sans danger pour le bébé.
- Ha oui, s'énerva Harry et comment peux-tu en être sûre ?
- Pour une raison simple, répondis-je, il n'y a qu'une femme enceinte qui peut actionner le mécanisme de la téléportation…
- Si tu le dis, répondit Harry qui n'avait pas l'air convaincu.
- Enfin Harry, s'emporta Ginny, tu crois vraiment que Hermione aurait fait courir un risque au bébé ?
- Non, tu as raison, s'excusa Harry en l'embrassant, excuse-moi aussi Hermione, je n'aurais pas dû douter de toi.
- Ce n'est rien Harry, je comprends.
Je me tournai vers Ron et vis qu'il n'était toujours pas calmé. Je pris alors les choses en main.
- Ce n'est pas que je veux vous mettre dehors mais je dois avoir une discussion avec l'homme assis dans ce canapé, dis-je.
- Bien sûr, pas de problème, répondit Ginny, de toute façon, je suis fatiguée. Alors, à dimanche.
Et ils sortirent. Je rejoignis Ron sur le canapé et il sembla enfin remarqué ma présence.
- Tiens, tu es rentrée, dit-il, où sont Ginny et Harry ?
- Je leur ai demandé de rentrer car nous devons parler.
- Et bien parlons alors, dit-il froidement.
- Utilise un autre ton s'il te plaît car si quelqu'un devrait être froid, c'est moi tu ne crois pas ?
- Je ne vois vraiment pas pourquoi, répondit-il innocemment, ce n'est pas moi qui ne me réjouis pas pour toi…
- Et ce n'est pas moi qui drague quelqu'un d'autre sous ton nez, m'emportais-je.
- Si tu parles de Léa, ce n'est pas ce que tu crois.
- Ha non, et qu'est-ce que c'est alors ? Vas-y, dis-le moi !
- C'est… ho et puis merde, là n'est pas la question !
- HO SI ELLE EST LA, LA QUESTION ! JE VEUX QUE TU ME DISES QUI EST CETTE FILLE !
- C'était ma fiancée, voilà, tu es contente !
Je restais bouche bée. Comment avait-il pu me cacher cela pendant si longtemps ?
- Et, pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ?
Ron ne répondit pas et je m'énervai encore plus.
- C'est bon, j'ai comprit. Tu en es toujours amoureux c'est bien ça ? Et le pire, c'est que tu te demandes pourquoi je ne me réjouis pas pour toi.
- Bien sûr que je me le demande. C'est un rêve qui se réalise pour moi !
- Et quel rêve n'est-ce pas ? Te retrouver loin de ta miss-je-sais-tout de femme, avec ton ex fiancée ! Qu'est-ce qu'il pourrait y avoir de mieux !
- Mais enfin, je ne serais pas loin de toi puisqu'on va déménager.
- ALORS LA, C'EST LE BOUQUET ! TU NE TE DEMANDES PAS SI JE NE VEUX PAS RESTER ICI BIEN SUR ?
- Et qu'est-ce qui te retiens ici ? Tu n'as personne à part moi, Ginny et Harry et eux sont contents pour moi !
Je n'en croyais pas mes oreilles ! Des larmes commençaient à rouler le long de mes joues.
- Bravo Ron, tu as réussi une fois de plus ! dis-je, je monte dormir et tu as intérêt à bien réfléchir à ce que tu viens de me dire pendant la nuit.
Je montai dans la chambre d'ami en pleurant. Comment pouvait-il être aussi égoïste et méchant ? Arrivée dans la chambre, je fermai la porte à l'aide d'un sort et insonorisai la pièce afin de ne pas entendre Ron. Je savais qu'il ne viendrait pas s'excuser mais, comme on dit toujours, l'espoir fait vivre… Je m'étendis sur le lit dans l'espoir de me reposer mais cela m'était impossible. Je me levai donc et allai prendre un livre sur une étagère. Je sentis alors une drôle de sensation m'envahir. J'avais l'étrange impression d'avoir vu d'autres étagères aujourd'hui. Je me dis que la fatigue me jouait des tours lorsqu'une voix me murmura :
- Ouvre-là !
- Ouvrir quoi ? répondis-je à la voix qui me semblait familière.
- La lettre qui est dans ta poche.
Je regardai dans ma poche et trouvai en effet une lettre. Je fouillai dans ma mémoire afin de me rappeller comment elle était arrivée là. Le déclic se fit alors. C'était Malefoy qui me l'avait donnée à la sortie des toilettes. J'hésitai à ouvrir la lettre mais ma curiosité m'emporta. J'ouvris donc la lettre non sans me méfier.
Mlle Granger,
Je sais que vous ne vous souvenez de rien mais n'ayez crainte, cela va revenir. Après notre entretien de ce matin, Mr Malefoy et moi-même nous sommes brèvement entretenu et nous avons décidé de vous engager pour un essai d'un mois. Si au bout de ce mois nous n'avons aucun reproche à vous faire, vous serez embauchée définitivement. Nous vous attendons dés demain 10h afin de vous expliquer votre travail. Oh, j'oubliais, vous travaillerez directement avec Mr Malefoy.
A demain
Pierrot Werner, directeur des archives.
Tout me revint alors en mémoire. Je n'étais pas allée sur le Chemin de Traverse mais, comme l'avait dit Ron, à un entretien d'embauche. Entretien auquel j'avais rencontré Malefoy qui n'était autre que l'assistant de Monsieur Werner, mon patron. Voilà où j'avais vu des étagères, aux archives ! J'étais surexcitée et avais envie de crier ma joie au monde entier mais je me retins. Après tout, Ron suffirait. Je pris une profonde inspiration et sortis de la chambre. Ron était toujours au salon et semblait ruminer. Je toussotai pour lui faire remarquer ma présence et lui dis d'une traite :
- Ne t'inquiète pas, je ne te dérange pas longtemps. Je viens juste te signaler que dés demain, je commence mon nouveau travail. Il est donc hors de question de déménager.
Ron resta bouche bée. Je décidai donc de donner le coup de grâce :
- Ha oui, j'oubliais, je vais travailler avec Malefoy…
