Après mon monologue avec Ron, j'étais retournée dans la chambre d'ami. J'avais pris un bon bain moussant en me remémorant enfin mon entretien. Je savais que ça n'allait pas être facile de travailler tous les jours avec Malefoy mais quelque chose en moi me disait de ne pas me fier au passé. Je finis par m'endormir en me disant que je verrais au jour le jour.
Le lendemain matin, je me réveillai en me demandant ce que je faisais dans la chambre d'ami. Je me souvins alors de ma discussion avec Ron. Je pris une douche rapide et sortai de la chambre avec une simple serviette en guise d'habit.
- Tu ne compte pas aller travailler dans cette tenue j'espère ?
C'était Ron. Apparemment, il avait passé la nuit devant la chambre d'ami car il y avait un coussin ainsi qu'une fine couverture derrière lui.
- Bien sûr que non, répondis-je, tu me prends pour quoi ?
- Ca va, t'emballe pas, dit-il, je voulais juste détendre un peu l'atmosphère. Et heu… je voulais aussi m'excuser pour hier. Je n'aurais jamais dû te dire tout ça.
- Au moins tu t'en ai rendu compte, dis-je froidement.
Je me dirigeai alors vers la chambre afin de m'habiller. Je mis un certain temps à choisir ma tenue. Je ne voulais pas me faire mal voir dés mon premier jour de travail. Je finis par choisir un simple tailleur noir. Il était simple, certes mais aussi discret. C'était parfait puisque je ne voulais pas me faire remarquer.
Je descendis ensuite prendre mon petit-déjeuner en pensant trouver Ron dans la cuisine mais il n'y était pas. Je vis alors un mot collé au frigo :
Hermione,
Puisque tu ne semble pas vouloir me pardonner, je suis partis au travail sans te dire au revoir. Comme tu le sais, j'ai mon test mercredi prochain et je ne veux pas le rater (même si ce n'est qu'une formalité). J'ai donc décidé de poursuivre mes entraînements avec le RFC Liège ( NDA : petit clin d'œil à mon amour) afin de me perfectionné au mieux. Mais je suis sûre que rien de ce que je viens de t'écrire ne t'intèresse. Passe une bonne journée.
Ron
PS : ne t'inquiète pas pour mon petit-déjeuner, je dois retrouver Léa à Pré-Au-Lard…
Comment osait-il ? Je n'étais pas en colère, non. Ce que j'éprouvais dépassait la colère. Mais il n'y avait pas que ça. Je me sentais trahie. D'abord parce qu'il ne m'avait rien dit de ce déjeuner et ensuite parce que je sentais qu'elle allait lui avouer qu'elle avait encore des sentiments pour lui et, connaissant Ron, je savais qu'il n'allait pas vouloir lui faire de peine et… Je secouai la tête en essayant de ne pas penser à tout cela. Je décidai de me préparer un bon petit-déjeuner afin d'oublier cette histoire. Je pris des œufs dans le frigo mais les fis tomber. Je sortis alors un bol avec l'idée de me faire des céréales mais le bol tomba également. Ce n'était décidément pas mon jour. Je pris alors ma veste et sortis m'acheter des croissants. Arrivée sur place, je décidai de prendre mon petit-déjeuner à la croissanterie et de me rendre directement au travail ensuite. Il était 9h30 lorsque j'arrivai dans le hall du ministère. J'étais en avance mais cela m'importait peu. Il valait mieux être en avance plutôt qu'en retard. Je descendis aux archives et vis que Malefoy m'y attendait déjà. Il sembla remarquer que quelque chose me contrariait mais il ne fit aucune remarque et se contenta de me dire :
- Salut. Je me doutais que tu serais en avance.
- Ha oui ? Et pourquoi ? demandais-je froidement.
- Et bien, tout simplement, tu n'as pas changé. Tout dans la perfection, répondit-il.
Venant de quelqu'un d'autre, j'aurais pris cela comme un compliment mais cela venait de Malefoy et je savais que Drago Malefoy n'aurait jamais fait de compliment à une Sang-De-Bourbe comme moi.
- Tu n'espas obligé de te montrer impoli dés mon premier jour tu sais. Tu n'arriveras pas à me faire regretter mon travail ici, c'est clair ? m'emportais-je.
- Je ne cherche absolument pas à me montrer impoli. Je voulais juste te faire un compliment mais, apparemment, tu n'es pas d'humeur pour ça. Si tu veux continuer à faire passer ta mauvaise humeur sur moi, préviens-moi car je me fais porter malade.
Je restai bouche bée. Je ne croyais bien sûr pas un mot de ce que Malefoy venait de me dire et pourtant, il avait dit tout cela d'un ton calme, très différent du ton qu'il utilisait à Poudlard. Je finis par me dire que si je voulais que nos relations de travail ne soient pas entachées par des disputes continues, je ferais mieux de m'excuser. Je m'apprêtais à le faire lorsque Malefoy me dit :
- Je ne veux pas que tu t'excuses. Tu n'as pas à le faire. N'en parlons plus et allons voir Monsieur Werner.
- Très bien, dis-je, allons-y.
Sur le chemin qui nous séparait du bureau de notre patron, je me demandai comment Malefoy avait su que je comptais m'excuser. Je me questionnais toujours quand nous arrivâmes devant le bureau. Avant de toquer, Malefoy se tourna vers moi et me dit :
- Monsieur Werner ignore toujours que nous nous connaissons. Si tu veux le lui dire, n'hésite pas.
Il toqua à la porte avant que je n'aie pu répondre.
- Entrez, dit Monsieur Werner, ha, voilà ma nouvelle équipe. Comment allez-vous ?
- Bien, merci, répondit Malefoy.
- Bien aussi mais je dois vous avouer que je suis impatiente de commencer, répondis-je.
- Et bien, on peut dire que vous ne perdez pas de temps, dit Monsieur Werner en riant. Encore un peu de patience, vous allez bientôt pouvoir commencer. J'aimerais tout d'abord vous parlez, continua-t-il plus sérieusement.
Je sentis mon ventre se nouer. Avait-il découvert quelque chose qui lui déplaisait et qui lui faisait regretter de m'avoir offert ce poste ?
- N'ayez pas l'air aussi inquiète voyons. Je n'ai aucunes mauvaises nouvelles à vous annoncer, je veux juste vous faire part de nos habitudes à Mr Malefoy et moi-même.
A côté de moi, j'entendis plus que je ne vis Drago rire. Je décidai de ne pas y prêter attention et de me concentrer sur ce que mon nouveau patron avait à me dire.
- Tous les matins, avant de commencer, nous nous retrouvons ici afin de faire une mise au point sur ce qui a été fait et ce qui doit être fait. Si, par miracle, nous avons fini ce que nous devions faire sur la semaine plus tôt que prévu, nous nous servons des archives pour nos besoins personnels. Néanmoins, il nous est interdit de divulguer quoi que ce soit à nos familles, secret professionnel oblige. Je pense que vous le comprendrez. Une fois par semaine, le vendredi, nous faisons une mise au point sur le travail de la semaine. Je pense vous avoir tout dit. Qu'est-ce que vous en dites Drago ?
- Il n'y a qu'une chose que vous avez omise, le déjeuner du personnel Monsieur, répondit Drago.
- En effet, quelle mémoire jeune homme ! Et bien, Miss Granger, une fois par mois, nous allons tous dans un restaurant du Chemin de Traverse afin de nous détendre quelque peu. J'espère que nous aurons le plaisir de vous y voir.
- Bien sûr, répondis-je, ce sera avec plaisir.
- Parfait, sourit Monsieur Werner, et bien, vous allez pouvoir commencer Miss Granger. Drago va vous expliquer ce qu'il y a à faire aujourd'hui. Bonne journée.
- Merci Monsieur, vous aussi.
Je me tournai alors vers Drago et lui lançai :
- Pourquoi est-ce que tu t'es foutu de moi dans le bureau de Werner tout à l'heure ?
- Et quand est-ce que je me suis foutue de toi ? répondit-il, étonné.
- Oh arrête ça s'il te plaît ! Je te parle du moment où Monsieur Werner m'a dit de ne pas être aussi inquiète.
- Ah, c'est de ça que tu parles, dit Malefoy.
- Oui c'est de ça que je parle, répondis-je en m'emportant, et je n'ai toujours eu aucune réponse.
- J'ai ri parce que ce petit air que tu as quand tu es inquiète est très craquant. Maintenant, on pourrait peut être s'y mettre. Il reste pas mal de boulot.
J'acquiecsai en ne disant mot. Je n'en revenais pas de ce qu'il venait de me dire. Il me trouvait craquante ! Je me sentis rougir mais ne le montrai pas. Ca devait encore être une de ces mauvaises blagues dont Malefoy avait le secret. Il m'amena à la première rangée des archives et me montra une vingtaine de caisses posées sur le sol.
- Nous devons trier ce qu'il y a dans ces caisses. D'abord par ordre chronologique puis par ordre alphabétique. Nous n'avons pas beaucoup de temps alors il vaudrait mieux nous y mettre tout de suite, me dit-il.
- Très bien, allons-y, répondis-je.
Je pris la moitié des caisses et partis m'installer dans une sorte de petit salon où plusieurs de mes nouveaux collègues étaient déjà au travail. Malefoy me rejoint quelques instants après et salua ses collègues d'un geste de la main.
- Tu pourrais au moins me présenter, m'offusquai-je.
- Nous aurons tout le temps pour te présenter pendant la pause déjeuner. Tu remarqueras très vite qu'on préfère ne pas être déranger quand on a commencé à travailler, répondit Malefoy en ouvrant une caisse.
Je décidai de ne pas relever le mot et ouvrit une caisse à mon tour. Pendant une heure, on aurait pu entendre les mouches voler. Il n'y avait pas un bruit dans la pièce où nous nous trouvions mis à part le bruissement des feuilles que nous triions. Malefoy avait trié deux fois plus de documents que moi et cela m'étonnais. Il n'avait jamais beaucoup travaillé lorsqu'il était élève à Poudlard et maintenant, il avait l'air d'un acharné du travail. Je ne comprenais pas ce qui avait bien pu le pousser à changer autant et à se réfugier dans le travail. Car c'était ce qu'il faisait, il cherchait un refuge dans le travail. J'allais devoir éclaircir ce mystère mais le moment n'était pas vraiment choisi pour rêvasser. Il restait encore beaucoup de cartons à trier. Je me remis donc au travail. Une heure et demie plus tard, ce fut la pause déjeuner. Tout le monde se rua hors de la pièce pour profiter pleinement de cette pause tant méritée. Personne ne dit mot pendant la pause et je m'en étonnai. Ils auraient au contraire dû profiter de la pause pour se changer les idées. Décidément, je ne comprenais pas les gens qui travaillaient ici. Je finis par me dire qu'avec le temps, je comprendrai sans doute. La pause passa très vite. Cinq minutes avant la fin de celle-ci, tous mes collègues avaient déjà repris le travail. Je profitai de cette absence pour poser quelques questions à Drago.
- C'est toujours comme ça ici ?
- Comme ça ? demanda Drago.
- Oui, aussi calme. Je pensais que tout le monde aurait envie de se détendre pendant la pause mais personne n'a dit mot, répondis-je.
- Ne t'inquiète pas pour ça. Il y a beaucoup plus de travail pour le moment et donc, personne n'a très envie de discuter.
- Et aussi, pourquoi ont-ils déjà repris le travail alors qu'il rest cinq minutes de pause ? demandais-je.
- Tout simplement pour avoir fini plus vite, répondit-il. Si toutes ces caisses sont triées aujourd'hui, il ne restera plus qu'à les ranger demain et nous aurons une après-midi pour nous consacrer…
- A nos recherches personnelles, terminais-je.
- Exact. Je suis sûre que tu sais déjà ce que tu chercheras. Allez, c'est l'heure.
- Oui, je le sais, murmurais-je en pensant déjà à ma recherche.
