Premier jour.

L'après-midi, je commençai à me faire au rythme et triai bien plus de caisses que le matin. A 15 heures, il y eut une autre pause à laquelle je décidai de ne pas participer afin de m'avancer au mieux pour le lendemain. Il restait environ 15 caisses lorsque mes collègues me rejoignirent. Lorsqu'ils virent ce qu'il restait à faire, ils me lancèrent un regard étonné mais je voyais bien qu'ils m'étaient reconnaissant de les avoir tant avancés. A 17h50, tout était trié, il ne resterait plus qu'à tout ranger demain. Il restait 10 minutes avant la fin de la journée. Je pensai que mes collègues allaient en profiter pour préparer le travail du lendemain mais ils n'en firent rien. Malefoy s'avança alors vers moi accompagné d'une bonne partie de mes collègues.

- Je vous présente Hermione Granger, la plus brillante des élèves que Poudlard ait jamais connu et qui est désormais notre collègue, dit-il.

- Enchanté, répondirent-ils en chœur.

- Moi de même, dis-je.

Et pendant les 10 minutes suivantes, nous fîmes connaissance. A 18h, Malefoy m'accompagna jusqu'au hall. Dans l'ascenseur, je remarquai qu'il me fixait et le lui fit remarquer :

- Tu devrais être plus discret quand tu observes les gens Malefoy.

- Et toi, tu devrais me connaître assez pour savoir que je n'observe pas les gens mais uniquement les jolies filles, répondit-il.

Je n'en revenais pas. C'était la deuxième fois aujourd'hui qu'il me faisait un compliment. Il y avait décidément quelque chose qui clochait.

- Allô ? La terre appelle la lune ! entendis-je.

- Excuse-moi, tu disais ? dis-je.

- Je te disais simplement que j'allais te laisser ici car je dois me rendre au Chemin de Traverse, répondit-il.

Je décidai alors d'entrer dans son jeu et dis :

- Encore une pauvre jeune fille à qui tu vas faire croire qu'elle était allée faire des courses alors qu'elle avait un entretien ?

- Non, du tout, répondit-il, j'ai aussi une vie en dehors du travail aussi fou que cela puisse te paraître. Et puisque tu parle de ça, continua-t-il en souriant de plus belle, la robe t'a plue ?

- A vrai dire, oui. Je dois avouer que tu as bon goût.

- Je me suis dit qu'elle ferait ressortir la beauté de tes yeux et de toute évidence, j'avais raison. Tu étais resplendissante ce soir-là. Sur ce, je dois vraiment y aller. A demain.

- Oui, à demain, répondis-je distraitement.

Je n'en revenais pas. Je venais d'avoir une discussion normale avec Drago Malefoy. Il y avait vraiment quelque chose qui clochait. Sur le chemin du retour, je finis par me dire qu'il allait vraiment falloir que je tire tout ça au clair. Mais c'est en arrivant chez moi que je me dis que j'avais quelque chose d'autre à tirer au clair. Quelque chose qui passait avant Malefoy et son étrange comportement. A mon plus grand désespoir, ce quelque chose était devant chez moi en train de discuter avec mon petit ami. Je décidai de ne pas me laisser abattre et pris mes armes en mains. J'affichai mon plus beau sourire et me dirigeai droit vers Ron qui n'eut pas le temps de dire un mot. En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, j'étais passée devant celle que je considérais comme mon ennemie en faisant semblant de ne pas l'avoir vue et je m'étais jetée dans les bras de Ron. Il sembla vouloir protester mais je pris les choses en main et l'embrassait fougueusement sous le regard embarassé de Léa. Quand je me décidai enfin à me retirer afin de laisser un peu respirer Ron, je remarquai que mon plan avait marché. Léa était partie.

- Tu es contente de toi je suppose ? pesta Ron.

- Oui, très répondis-je.

Et je rentrai sans ajouter un mot. Je montai directement prendre un bain afin de me détendre un peu et surtout de me calmer. Ron fit alors irruption dans la pièce telle une furie.

- Ne prend surtout pas la peine de frapper avant d'entrer, dis-je froidement.

- Ne joue pas à ce petit jeu-là avec moi Hermione s'il te plaît. Je veux des explications !

- Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi Ronald.

- Et bien alors tu vas m'écouter car j'ai quelques petites choses à régler avec toi. Tout d'abord, sache que je n'admettrais plus désormais que tu traite Léa de la sorte…

- Et comment je la traite ? interrompai-je.

- Comme si elle avait la pestre ou je ne sais plus quoi.

- Et je n'ai pas de raison peut-être ? m'écriai-je.

- …

- Répond moi Ron ! Sois franc pour une fois dans ta vie. Qu'est-ce que cette fille représente pour toi ?

- Elle a été ma fiancée par le passé et j'ai eu beaucoup de sentiments pour elle... J'ai eu beaucoup de mal à m'en défaire quand je suis entré à Poudlard... Quand on s'est connu, tu m'as tout de suite fait pensé à elle.

- Je ne vois pas en quoi je ressemble à cette… cette…, dis-je, mais attend une seconde, tu es en train de me dire que si tu as été attiré par moi, c'est à cause d'elle ?

- …

- Sors d'ici tout de suite Ron ! Et sache que tu n'aurais pas pu me faire plus de mal, dis-je au bord des larmes.

Il sortit sans plus rien ajouter. Je voyais sur son visage qu'il venait de faire quelque chose qu'il allait regretter toute sa vie. J'aurais dû me douter que c'était trop beau il y a 3 ans. J'aurais dû me douter que si Ron s'était intéressé à moi, ce n'était pas pour mes qualités comme il me l'avait dit à l'époque.

Flash back

Nous étions sorti de la Grande Salle après le bal de fin d'année. Je lui avais longuement énuméré les raisons pour lesquelles je ne lui avais jamais rien dit ainsi que les raisons qui faisaient que je l'aimais. Je lui avais ensuite demandé de me dire ses raisons à lui.

- Et bien, tu es intelligente, belle comme un cœur, tu as cette façon de te mordiller la lèvre quand quelque chose te perturbe, un peu comme elle… avait-il répondu.

- Elle ? avais-je demandé.

- …Je voulais dire que tu me fais un peu penser à quelqu'un que j'ai connu il y a des années. Mais c'est oublié, il n'y a plus que toi qui compte maintenant. Tes cheveux en broussaille qui me font tant craqué, ses yeux... heu ...je veux dire, tes yeux marron dans lesquels je me noierais bien.

Fin du flash back

C'était donc d'elle qu'il parlait ce soir-là.

- Ce ne sont donc pas mes qualités qu'il apprécie mais les siennes, pensais-je.

A cette pensée, je m'effondrai sur mon lit, en pleurs face à tant de révélations.