Retour au Bercail

Le train moldu avait quitté la gare de Londres depuis plusieurs heures et se dirigeait droit vers l'Ecosse. Fulgur avait préféré faire le trajet en volant. Peut être ne reviendrait-il que dans deux jours ou trois. Il était coutumier des longues escapades. Delvin et son père habitaient une grande ferme isolée qui se situait à une soixantaine de kilomètres de Glasgow. Ils y faisaient l'élevage de moutons. La bâtisse donnait sur une prairie en pente raide qui dominait un petit Loch profond et sombre. Il n'y poussait que des chardons qui accrochaient la laine des troupeaux, et de l'herbe au vert si intense, qu'elle trahissait à elle seule un climat pluvieux.

La tête appuyée contre la fenêtre de son compartiment, Delvin regardait machinalement le paysage défiler. Dehors, un violent orage zébrait de ses éclairs le ciel nocturne de la campagne anglaise. Il eût mieux valu pour Fulgur prendre son mal en patience et voyager en train, lui aussi.

Bercé par le roulis du wagon, les paupières de Delvin se firent lourdes et il ne tarda pas à s'endormir. Il se revoyait cinq ans plus tôt, recevant sa première lettre de Poudlard. Bien qu'il fût lui-même sorcier, son père avait d'abord refusé catégoriquement qu'il fasse ses études dans le célèbre collège de sorcellerie, et ce, malgré les plaintes répétées de son fils. Mais un matin, un grand homme à la prestance impressionnante s'était présenté à la demeure des Malbranche. Il était vêtu d'une robe de sorcier d'un violet profond, sa longue barbe, déjà grisonnante, témoignait d'une sagesse due à l'âge ou peut-être à des épreuves que seule la vie sait vous réserver. Des lunettes en demi-lune, derrière lesquelles transperçait un regard pétillant et rieur, étaient posées sur son nez fin et long. C'était Delvin qui lui avait ouvert la porte.

Bonjour jeune homme, avait dit l'homme d'une voix chaleureuse. Pourrais-je parler à ton papa ?

Le garçon s'était contenté d'un hochement de tête et s'en était allé chercher son père.

Bonjour Melchior, avait dit l'homme dès qu'il le vit. Quelle joie de vous revoir.

Albus, si je m'attendais… Entrez mon ami, entrez.

Ils s'étaient serré la main avec tant de vigueur qu'on pouvait y déceler une profonde amitié et une certaine émotion… Melchior s'était ensuite retourné vers son fils pour faire les présentations.

Delvin, voici Albus Dumbledore, un vieil ami à moi !

Bonjour Monsieur, avait répondu le garçon sur un ton enjoué. Vous êtes un sorcier ?

Effectivement, j'en suis un, avait répondu Dumbledore d'une voix amusée.

Delvin, le soleil est levé depuis longtemps et les bêtes ont besoin de sortir. Tu veux bien t'en charger ? Nous avons à parler Albus et moi.

Delvin s'était exécuté immédiatement car de la part de son père, il n'était jamais souhaitable de s'entendre dire deux fois la même chose. Il avait compris également qu'il ne fallait pas qu'il revienne à la maison sans y avoir été invité au préalable. Aussi, s'en était-il allé près de l'eau, en compagnie de sa chienne, Bergamote.

Jamais son père n'utilisait la magie, du moins, jamais devant lui. Il lui avait cependant révélé depuis longtemps l'existence de la communauté des sorciers, qui vivait cachée du monde des moldus, de l'école de sorcellerie et même du ministère de la magie. Toutes ces histoires avaient alimenté ses rêves de petit garçon. Il voulait devenir lui aussi un sorcier, lancer des sortilèges et affronter des créatures que l'on ne rencontrait que dans les contes pour enfants. Au bout d'un temps qui lui avait semblé être une éternité, la puissante voix de son père avait rompu le silence.

Delvin ! viens ici !

Le cœur battant, Delvin avait accouru aussi vite qu'il avait pu, suivi de près par Bergamote. Peut être que son père avait changé d'avis et qu'il accepterait qu'il parte faire ses études à Poudlard…

Voilà ! Avait dit Melchior d'une voix incertaine. Albus est professeur à Poudlard et en est le directeur adjoint. Lui et moi avons parlé pendant un moment au sujet de la lettre que tu as reçue. Il m'a exposé ses arguments et…, bref, si tu souhaites toujours aller là bas, je ne m'y opposerai plus.

Je le veux ! avait répondu Delvin avec la plus grande ferveur.

Puis il s'était jeté dans les bras de son père en lui murmurant un profond « merci ».

Ah, l'enthousiasme de la jeunesse fait toujours plaisir à voir, avait dit Dumbledore. Melchior, je n'ai pas beaucoup de temps et il faut que je parte. J'ai vraiment été ravi de vous revoir. Quant à toi Delvin, nous nous reverrons le premier Septembre.

Puis il avait de nouveau serré la main de son père et avait lancé un clin d'œil au jeune garçon. Alors qu'il avait déjà parcouru une certaine distance, Delvin lui avait crié à plein poumon :

Merci, professeur !

Dumbledore s'était arrêté net, pour se retourner vers la maison et lui avait adressé un signe de la main. Puis il avait disparu, comme par enchantement.

Depuis la visite de Dumbledore, Melchior s'était décidé à révéler plus de choses sur le monde magique. Il avait aussi montré à Delvin un vieux coffre rangé dans le grenier, dont ce dernier connaissait l'existence mais qui avait toujours refusé de s'ouvrir. Il avait sorti une baguette magique de l'intérieur de sa veste, et l'avait pointée sur la serrure en prononçant :

Alohomora.

Un cliquetis s'était fait entendre et ils avaient ouvert ensemble le couvercle dans un grincement sinistre. A l'intérieur se trouvaient des robes de sorcier trop vieilles et trop grandes pour pouvoir être utilisées, des livres, une bourse en cuir épais qui contenait des pièces de monnaie, deux chaudrons, des fioles au contenu incertain et une petite boîte en métal. Une émotion pouvait se lire dans les yeux de Melchior qui redécouvrait un monde qu'il s'était juré d'oublier.

- Tu vois ces pièces, mon garçon ? Avait-il dit en dénouant les cordons de la bourse de cuir. Celles qui sont en or sont des Gallions, ce sont celles qui ont le plus de valeur. En argent, ce sont les Mornilles et celles en bronze, ce sont des Noises. Un Gallion vaut 17 Mornilles et 493 Noises. Voyons combien il y a : 13 Gallions, 11 Mornilles et 23 Noises. C'est largement assez pour t'équiper cette année. Ce qui coûte le plus cher, c'est la baguette. Il y a dans cette malle quelques livres qui figurent sur ta liste et les chaudrons sont en bon état, ce sera ça de moins à acheter.

C'est alors que Melchior avait pris la boîte en métal de ses mains musclées et rugueuses, et le geste hésitant, l'avait donnée à son fils. Delvin l'avait ouvert prudemment pour découvrir à l'intérieur un tissu de velours rouge soigneusement plié. Une fois déplié, on pouvait y voir deux anneaux d'or.

Ce sont des anneaux de Télès, avait dit Melchior d'une voix étouffée. Ils appartenaient à ta mère et à moi. Ils permettent à deux personnes qui les portent de pouvoir communiquer par la pensée. A la mort de ta mère, je les ai rangés ici.

Melchior s'en était allé, manifestement pour ne pas faire étalage de ses blessures, laissant Delvin seul dans le grenier.

C'est la voix du machiniste résonnant dans le compartiment du train qui réveilla Delvin et le sortit de ses songes.

« Carlisle, Carlisle, 5 minutes d'arrêt. »

Dehors, l'orage s'était apaisé. Seule une fine pluie s'écrasait sur la vitre du compartiment. Le train redémarra avec ses derniers voyageurs. Pour passer le temps, Delvin ouvrit son livre sur « Les Sorts et Enchantements, niveau 6 » dont il venait de faire l'acquisition.

C'est alors qu'il entendit dans le couloir du train une voix de femme qui semblait avoir des ennuis.

Lâchez-moi ! dit-elle paniquée. Vous me faites mal !

Delvin se leva et sortit sa baguette de son manteau. Il ouvrit la porte du compartiment et vit deux hommes qui encadraient une femme dans l'étroit couloir, l'empêchant de passer. Le plus grand des deux la tenait fermement par le poignet.

Allons ma belle, c'est juste pour faire connaissance ! On t'veut rien de mal !

Mais d'un geste brutal, il la ramena à lui et la tint fermement par la taille. Son visage était si près du sien qu'elle pouvait sentir son haleine imprégnée d'alcool. Dans un mouvement désespéré, la femme gifla son agresseur de toutes ses forces. La bague qu'elle portait au doigt lui coupa la joue. Choqué par la claque, l'homme porta sa main au visage, pour la découvrir pleine de sang ; la coupure était profonde. Il leva le bras, prêt à frapper quand Delvin intervint d'une voix forte.

Laissez-là tranquille, je ne le dirai pas deux fois !

Les deux hommes se tournèrent vers lui, à la fois surpris et amusés. Profitant de cette diversion, la femme se précipita dans son compartiment qui était proche.

Alors le sale gosse ! On veut jouer les héros ? Avait dit l'homme qui s'était tu jusqu'à présent. Retourne vite t'asseoir ou il va t'arriver des bricoles !

Non, répondit Delvin d'une voix calme.

Très bien p'tit avorton ! Dit-il en sortant un couteau de sa poche. Tu l'auras bien cherché.

Presque à la manière d'un chef d'orchestre, Delvin pointa sa baguette d'un geste souple et gracieux et prononça :

Expelliarmus !

L'arme s'envola aussitôt avec une telle force qu'elle se brisa contre la porte qui séparait les wagons. L'homme au couteau fût également projeté violemment sur son comparse et ils tombèrent tous deux dans un bruit sourd. Ils se relevèrent pourtant, mais avec difficulté. Paniqués et ne comprenant rien à ce qui venait de se passer, il tournèrent les talons pour s'enfuir.

Petrificus Totalus !

Les deux hommes s'écroulèrent une nouvelle fois sur le sol, raides comme des statues. Seuls leurs yeux se mouvaient avec une expression de terreur.

Je suis désolé, mais je ne peux vous laisser partir ainsi, dit Delvin en pointant sa baguette. Oubliettes !

Il ouvrit la porte du compartiment où s'était réfugiée la jeune femme et enjamba les deux corps inertes. Elle était en état de choc, tant à cause de son agression que de ce dont elle venait d'être le témoin.

Vous allez bien ? demanda Delvin d'une voix douce. Vous n'êtes pas blessée ?

N... non, répondit-elle. Je ne crois pas.

Ne vous en faites pas, ils ne vous feront plus de mal. Partez, maintenant. Je vais aller chercher le contrôleur, mentit-il. Il va s'occuper d'eux.

Elle prit ses affaires et au moment de franchir la porte, elle se retourna.

Merci !

Alors qu'elle se dirigeait rapidement vers un autre wagon, Delvin la regarda s'éloigner et il leva une dernière fois sa baguette.

Oubliettes, murmura-t-il faiblement.

La femme marqua un temps d'arrêt, puis poursuivit son chemin.

Deux heures s'étaient écoulées depuis l'incident quand le train arriva en gare de Glasgow. Delvin descendit du wagon et respira l'air frais qui lui piquait un peu le visage. Il vit la jeune femme descendre également, et à sa démarche parfaitement calme, il eut la confirmation qu'elle ne garderait aucun souvenir de ce qui venait de se passer.

Il se dirigea vers les consignes de la gare en sortant de la poche de son pantalon une petite clé qui portait un numéro. Il ouvrit la porte d'un coffre qui était assez profond, en retira un balai et se dirigea vers la sortie. Il chercha alors une ruelle déserte et sombre ce qui ne fut guère compliqué à cette heure avancée de la nuit. Vérifiant une dernière fois qu'il n'y avait personne pour le voir, il enfourcha son balai, frappa fermement le sol du pied et s'éleva rapidement dans les airs.

Le lendemain matin, un hibou grand duc vint taper à la fenêtre de la cuisine pendant que Delvin et son père prenaient leur petit déjeuner. Il apportait une lettre du ministère qui informait Delvin qu'un membre du Service des Usages Abusifs de la Magie passerait ce jour même à son domicile, afin qu'il se justifie de son utilisation des sortilèges de la veille au soir.

Que s'est-il passé ? Demanda Melchior son bol de thé à la main.

Hier, dans le train, deux moldus ont agressé une jeune femme, dit Delvin avec franchise. Je les en ai empêchés. Mais il a fallu pour cela que j'utilise ma baguette, entre autre pour les sortilèges d'amnésie.

Entre autre ? ajouta son père d'un air amusé.

Un sort de désarmement et un maléfice de pétrification…

Tu as bien fait, mon garçon. Surtout si tu as pris soin d'être discret. Je suis certain que tu n'auras aucun souci.

Après avoir débarrassé la table et fait la vaisselle façon moldue, Delvin monta dans sa chambre pour boucler ses affaires et vérifier que rien ne lui manquait. Demain serait le jour de la rentrée et il était heureux de pouvoir retrouver ses amis. Il n'avait pas de cage pour Fulgur, car si ce dernier avait été humain, on l'eût qualifié de claustrophobe... Il ferma les yeux et se concentra un instant, ses pensées tournées vers son animal. Il vit alors à travers les yeux de l'oiseau. Il survolait en ce moment même les collines luxuriantes des Highlands. Comme à chaque fois qu'il substituait sa vue à celle de Fulgur, il pouvait contempler des paysages étonnants où tout était extrêmement détaillé, même à très grande distance. C'était grâce à un rituel magique complexe, pratiqué deux ans auparavant, qu'il avait pu se lier ainsi à Fulgur. Malheureusement, l'équipe de Quidditch de Serpentard avait eu vent de ce lien et s'était arrangé pour le faire exclure de son poste d'attrapeur, prétextant qu'il n'aurait eu aucun mal à repérer le vif d'or en quelques instants. Delvin ouvrit les yeux et eût une pensée amère. Il aimait le Quidditch.

La journée promettait d'être aussi chaude que la veille, il décida donc d'aller piquer une tête dans le Loch, l'eau y était particulièrement froide et cela lui ferait le plus grand bien. Il descendit la colline et arriva bientôt près de la rive. A peine était-il rentré dans le lac qu'il entendit une voix le héler.

Ohé, mon garçon ! Tu es bien le fils Malbranche ? Je suis le représentant du ministère.

L'homme était petit, assez gros et affichait un large sourire sur son visage jovial.

Delvin sortit de l'eau et serra la main qui lui était tendue.

Bonjour Delvin. Je suis Bertus Delafouille. Je viens t'entendre sur ce qui s'est passé hier soir. Mais ne t'en fais pas, ajouta-t-il en remarquant l'air inquiet du jeune homme. Ce n'est qu'une simple vérification de routine.

Delvin fit alors le récit des événements du train, n'omettant aucun détail.

Voilà qui corrobore ce que nous avons pu constater au ministère, dit Bertus avec un sourire. Si tous les sorciers de premier cycle pouvaient agir comme toi, j'aurais beaucoup moins de travail…

Parce qu'il y a beaucoup d'incidents ? Demanda Delvin intrigué. Il pensait que les élèves prenaient au sérieux les menaces d'expulsion.

Oh, oui ! C'est bien simple, rares sont les élèves qui n'ont pas reçu au moins un avertissement au cours de leur scolarité. Le record est détenu par un certain Ursule Weasley, qui vécut il y a plus d'un siècle. 113 avertissements et 28 condamnations. J'ai son portrait accroché dans mon bureau. Chaque fois que je me plains d'avoir trop de travail, je m'arrête une minute et je regarde le tableau. Ensuite, ça va mieux.

C'est tout ? Demanda Delvin en souriant.

Oui, c'est tout, confirma Bertus. Tu recevras dans deux jours une lettre stipulant qu'aucune charge ne sera retenue contre toi.

Voulez-vous boire quelque chose avant de partir ? Mon père nous accompagnera sûrement.

Bien volontiers ! s'exclama Bertus. Je serai content de faire la causette avec ton père, on était ensemble à Poudlard. Lui à Gryffondor et moi à Poufsouffle.

Mr Delafouille semblait vouloir rester ainsi toute la journée à discuter du bon vieux temps avec son ancien camarade d'école. Et si Melchior semblait prendre plaisir à ces retrouvailles, elles semblaient néanmoins raviver des souvenirs difficiles. Ce n'est que vers midi que Bertus se décida à les quitter. Il les salua chaleureusement, sortit de la maison et transplana.

Sacré Bertus ! dit Melchior en souriant. Il ne changera jamais. Déjà à Poudlard, il préférait la fête au travail.

Vers 14 heures, ils chargèrent les affaires de Delvin dans la camionnette familiale et prirent la direction de Pré-au-Lard. La route qui menait au village des Sorciers était, à l'instar de Poudlard, dotée des plus puissantes protections anti-moldus qu'on puisse imaginer. Ainsi, des illusions laissaient croire que la route était parfaitement impraticable tant à pied qu'avec un véhicule, des cris inquiétants d'animaux se déclenchaient automatiquement et pour les plus téméraires, des petits orages ciblés arrosaient les curieux de pluie ou de grêle.

Ils arrivèrent à la gare trois heures plus tard. Un sorcier porteur prit en charge les bagages pendant que Delvin et son père se faisaient leurs adieux.

Bon, et bien voilà, dit Melchior avec une certaine émotion. Envoie-moi Fulgur de temps en temps pour me donner de tes nouvelles.

Ne t'en fais pas. De toutes façons, je reviendrai à la maison pour les vacances de Noël. Tu ne veux pas que nous allions prendre un verre aux Trois Balais ? J'ai largement le temps avant que le train n'arrive.

Non, sans façon, mon garçon. J'ai déjà bien assez bu aujourd'hui avec Bertus, et j'ai encore de la route à faire. Prends soin de toi, fils.

Toi aussi, Papa. A bientôt.

Delvin regarda la camionnette de son père s'éloigner jusqu'à ce qu'elle disparaisse de sa vue. Il ne se doutait aucunement que jamais plus ils n'auraient l'occasion de se dire au revoir…

La nuit était tombée depuis longtemps quand le Poudlard Express arriva en gare. Delvin avait au préalable enfilé sa robe de sorcier, ajusté sa cravate aux couleurs de Serdaigle et épinglé son insigne de préfet. Les élèves descendirent des wagons dans une certaine confusion et le professeur Brûlopot, à qui il manquait l'oreille droite et la main gauche, dû faire appel au sortilège sonorus pour inviter les élèves de première année à se diriger vers les barques. Alors que Delvin marchait le long du quai à la recherche de visages familiers, il sentit une main lui tapoter l'épaule.

Alors préfaillon ? dit une voix narquoise. On ne dit plus bonjour ?

Delvin se retourna et vit ses deux amis, un garçon petit aux yeux bleus très clairs et une jeune fille brune aux yeux verts, lui sourirent malicieusement, contents de leur petit effet de surprise.

Moi aussi je suis heureux de vous voir, répliqua Delvin. Vous êtes-vous gavés de dragées surprises pendant le voyage ? Parce qu'à en croire ton haleine, Phil, les tiennes étaient parfumées à la vase.

Mais nous t'avons gardé celles que tu préfères, rétorqua Céleste d'une voix douce. Poubelle, cire d'oreille et aisselle.

Phil, dont le nom complet était Philéas Dogaille, était devenu l'attrapeur des Serdaigle depuis le renvoi de Delvin. Et comme il avait un certain talent, il profitait sans vergogne de ses succès auprès de la gent féminine. Céleste Barns quant à elle, n'avait pas besoin d'être championne de Quidditch pour s'attirer les regards des garçons. Son visage angélique y suffisait amplement. Elle aussi portait sur sa robe l'insigne des préfets. Delvin chercha dans la foule une autre personne mais qui lui inspirait des sentiments différents. Il vit Chloëlle qui était sur le point de monter dans un fiacre, accompagnée de son frère Vladimir, un garçon grand au teint mat avec un visage aussi dur que beau. Ses sourires laissaient entrevoir des canines plus longues que la normale. Se remémorant les derniers mots de la lettre de Chloëlle, Delvin préféra rester avec ses amis, il n'avait aucune envie de déclencher des hostilités avant même le début de l'année.

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