Cendres

- Nalia ? demanda Delvin en jetant sa lettre sur le lit. Où es-tu ?

- Ici, répondit la fée en apparaissant.

Elle était aux prises avec une araignée qui, à son échelle, avait la taille d'un centaure et retenait de son mieux les pattes velues de l'animal qui essayaient de l'immobiliser pour mieux planter ses crochets venimeux. Delvin attrapa l'arachnide par une patte et l'envoya valdinguer par la fenêtre.

- Merci, dit Nalia. Elle m'est tombée dessus et je n'ai rien pu faire d'autre que de me débattre.

- Tu n'es pas blessée ? s'inquiéta Delvin.

- Elle a réussi à me piquer mais ce n'est pas grave. Je suis immunisée contre tous les venins. En revanche, la blessure me fait assez mal.

- Je peux faire quelque chose ?

- Non, je te remercie. Deux de mes sœurs vont venir me chercher car je ne vais pas pouvoir voler toute seule par ce temps. Je vais me reposer dans ma cosse et mon arbre me guérira en un tournemain.

- Tu peux communiquer avec les autres fées ?

- Oui, nous savons où chacune d'entre nous se trouve et quel est son état de santé. Mes sœurs ont senti que j'étais en danger et sont déjà en chemin.

Delvin s'accroupit près de Nalia et la prit délicatement dans ses mains. Vue de près, la plaie de la fée semblait plus importante qu'elle ne voulait bien l'admettre et l'une de ses ailes était déchirée. À l'aide de sa baguette, Delvin envoya toutes les autres araignées dehors car il s'imaginait assez mal passer le reste de la nuit avec ces créatures qu'il n'appréciait que fort peu. Il déposa ensuite Nalia sur son oreiller et entreprit de ranger ses affaires. Delvin put constater que rien ne lui manquait. Avec l'attaque contre Fulgur, cela prouvait que c'était bien le contenu de la lettre qui intéressait les mystérieux agresseurs. L'elfe avait vraisemblablement agi sur l'ordre de quelqu'un. Le tout était de savoir qui. Delvin fut pris d'un sentiment de malaise. Entre les avertissements de Nalia et les récents évènements, une menace, bien qu'encore inconnue, commençait à lui peser sur les épaules. Mais à ses yeux, tout cela n'avait pas de sens. Il n'était qu'un sorcier de seize ans, sans histoire, comme à peu près tous les autres élèves de Poudlard. Il aurait voulu en parler à quelqu'un ; quelqu'un en qui il aurait pu avoir totalement confiance. La première personne qui lui vint à l'esprit était son père ; mais ce ne serait pas possible avant quatre jours. Il y aurait eu Céleste et Phil bien sûr… s'il n'avait pas promis à Nalia et à Dumbledore de garder le silence pour le moment. Dumbledore… Melchior et lui étaient amis et c'était la seule possibilité qui s'offrait à lui. Delvin décida d'aller le voir sitôt que les fées seraient venues emmener Nalia.

Le festin était à présent terminé et quelques élèves repus sortaient paresseusement de la Grande Salle. Delvin se dirigeait vers le bureau du professeur de métamorphose en réfléchissant à la signification de ce qui lui arrivait et ne remarqua pas Chloëlle qui croisait son chemin. Elle lui posa une main sur l'épaule pour attirer son attention.

- Hé, Delvin. Serais-je devenue invisible ?

- Hein ? Oh, désolé. J'étais dans mes pensées et je ne t'avais pas vue.

- Ça j'ai remarqué, fit-elle en souriant. Quelque chose ne va pas ? Tu as l'air bien soucieux.

Delvin la considéra un instant en plongeant son regard dans ses yeux clairs. Les yeux de Chloëlle étaient probablement ce qu'elle avait de plus remarquable : bleus, profonds avec un mélange de froideur et de tristesse. Pourtant, regarder sa petite amie ainsi signifiait pour Delvin s'offrir un moment de paix où ne subsistait que le plaisir de partager un moment avec celle qu'il aimait. Il prit le visage de Chloëlle entre ses mains, et l'embrassa. Quand leurs lèvres se séparèrent, une partie de ses inquiétudes s'étaient envolée, mais il subsistait dans l'expression de Delvin un voile de préoccupation. Chloëlle posa à son tour sa main sur la joue du jeune homme.

- Je m'inquiète pour toi, dit-elle l'air inquiet. Je t'en prie, dis-moi ce qui ne va pas.

Delvin réfléchit quelques secondes et se décida à tout lui raconter ; excepté l'existence de Nalia à qui il avait promis le silence. Chloëlle l'écouta avec la plus grande attention et ne prit la parole qu'une fois que Delvin eût terminé son récit.

- Je ne sais pas si tu pourras voir Dumbledore ce soir, dit-elle. En quittant la Grande Salle, je l'ai entendu dire au directeur qu'il devait quitter le château ce soir pour faire quelque chose d'important. Mais il n'a pas dit quoi, précisa-t-elle.

- Bon sang ! dit Delvin véritablement contrarié. On peut dire que ce n'est pas ma soirée !

- Je pense que ça peut attendre demain, non ?

- J'aurais été plus tranquille si j'avais pu le voir ce soir.

- Tu sais ce qu'on pourrait faire ? demanda Chloëlle qui semblait réfléchir à un plan.

- Non, dis-moi.

- On va aller aux cuisines. C'est là que travaillent tous les elfes de maison du château. Je ne pense pas que celui qui a fouillé ton dortoir s'y trouve encore mais c'est l'endroit où il aurait facilement pu passer inaperçu s'il était ici depuis quelques jours. Quel sorcier remarquerait un elfe parmi une centaine d'autres ? En revanche, peut-être que les autres elfes se souviendront de lui.

- C'est une très bonne idée, s'enthousiasma Delvin. Bien meilleure que d'attendre demain.

Il n'était pas rare que les étudiants de sixième année connaissent le moyen d'accéder aux cuisines du château. Delvin lui-même y était allé à deux occasions pour organiser une fête après que l'équipe des Serdaigle ait remporté un match de Quidditch particulièrement décisif. Ils croisèrent en chemin le concierge qui les dévisagea avec un air de mépris. Malheureusement pour Tortionos, il était encore trop tôt pour exiger des élèves qu'ils rejoignent leur maison, et c'est avec un certain sentiment d'impunité qu'ils passèrent devant lui. Ils prirent la porte à gauche de la Grande Salle et descendirent l'escalier qui menait au long corridor orné des tableaux colorés. Chloëlle chatouilla la poire verte qui, après avoir gloussé, se transforma en poignée de porte et l'actionna. À peine avaient-ils pénétré dans la cuisine que deux elfes de maison se précipitèrent à leur rencontre en s'inclinant si bas que la pointe de leur nez touchait presque le sol. Ils étaient extrêmement semblables à la différence près que l'un avait un œil vert et l'autre bleu.

- Bonsoir, Monsieur. Bonsoir, Miss. Que pouvons-nous faire pour votre service ? demanda poliment un elfe.

- Désirez-vous emporter quelque chose à manger ? s'enquerra l'autre.

- Nous avons assez mangé ce soir, répondit Delvin. C'était excellent d'ailleurs.

Les deux elfes paraissaient enchantés en entendant cette dernière remarque.

- Nous sommes venus vous voir parce que vous pourriez peut-être nous fournir un renseignement, fit Chloëlle.

- Y a-t-il parmi vous un elfe dont l'une des oreille est en partie coupée ? demanda Delvin. Il a aussi des dents très pointues.

Le sourire aimable des deux elfes s'effaça pour laisser place à une expression embarrassée.

- Nous croyons savoir de qui vous parlez, Monsieur, répondit le premier elfe en tortillant son tablier.

- Mais il ne fait pas partie des elfes du château, précisa l'autre. Et nous ne l'avons pas vu depuis plusieurs jours, Monsieur.

- Peux-tu être plus précis, elfe ? demanda Chloëlle.

La façon dont elle s'adressa à l'elfe n'était en rien surprenante ; la plupart des sorciers n'avaient pas grande considération pour leurs serviteurs. Mais de la part de Chloëlle, Delvin aurait souhaité qu'il en fût autrement. C'était peut-être oublier un peu vite la lignée dont elle était issue.

- Je ne saurais vous le dire exactement, Miss. Mais je dirais qu'il y a au moins dix jours que cet elfe ne s'est pas montré parmi nous.

- Ce n'était pas un bon elfe, se risqua l'autre. Je l'ai observé une fois ou deux, et je peux vous dire qu'il faisait semblant de travailler.

- Vraiment ? fit Delvin en jetant à Chloëlle un regard complice. Et à votre avis, que faisait-il réellement ?

- Oh, je n'en sais rien, Monsieur. Nous n'avons pas le temps de nous occuper des autres elfes. Il y a bien trop de travail ici.

- J'imagine oui. Quels sont vos noms ? demanda Delvin.

- Lui c'est mon frère Twinkle, Monsieur, dit l'elfe au regard bicolore en désignant son voisin. Et moi je suis Mustle.

- Et bien merci à vous deux, dit Delvin. Nous n'allons pas vous déranger plus longtemps.

Delvin raccompagnait Chloëlle à sa salle commune tout en discutant. Ils marchaient d'un pas lent pour reculer le plus possible le moment où ils devraient se séparer.

- On n'a pas appris grand chose, dit Chloëlle. Mais je suppose qu'il fallait s'y attendre.

- C'est vrai, admit Delvin. Sauf que cet elfe n'a pas été vu depuis environ le moment où j'ai écrit à mon père, et qu'il n'a fait sa réapparition qu'aujourd'hui : Le jour où j'ai reçu sa réponse. Je ne sais pas si c'est une simple coïncidence ou si je deviens paranoïaque, mais ça mérite réflexion.

- Je ne crois pas que tu sois paranoïaque. Mais je pense aussi que nous n'en savons pas assez pour tirer des conclusions.

- Je sais, approuva Delvin. Mais la journée n'a pas été très agréable et je vois un peu tout en noir.

Malgré toute l'application qu'ils avaient mis à avancer à reculons, ils étaient finalement parvenus devant la porte des Serpentard plus vite qu'ils ne l'avaient espéré.

- Te voici arrivée, soupira Delvin. Je te souhaite une bonne nuit, ajouta-t-il en passant ses doigts dans les longs cheveux de Chloëlle.

- Je n'ai pas du tout envie de te quitter, dit-elle. J'ai envie de faire quelque chose pour que ta journée se termine bien…

- Ne me tente pas trop, Chloëlle. Je pourrais bien dire "oui" à tout ce que tu me proposeras.

- C'est vrai ? dit-elle en souriant malicieusement. C'est ce qu'on va voir. Suis-moi !

Chloëlle prit Delvin par la main et ensemble, ils retournèrent sur leurs pas. Dix minutes plus tard, ils étaient au pied de la tour d'astronomie. Chloëlle utilisa sa baguette pour déverrouiller la porte, puis gravit les marches qui menaient au sommet de la tour, Delvin juste derrière elle. Arrivés tout en haut, ils constatèrent que l'orage ne s'était pas apaisé et qu'il pleuvait toujours autant.

- Si tu voulais me donner un cours particulier d'astronomie, je crois que c'est raté, dit Delvin légèrement sarcastique.

- Qui te dit que ce sont les étoiles que j'avais envie de voir ? répliqua Chloëlle sur le même ton. Si tu crois que je suis prise au dépourvu, tu vas en être pour tes frais, monsieur le défaitiste.

Elle saisit sa baguette magique et créa une énorme bulle en forme de dôme qui flottait à deux ou trois centimètres du sol, et à l'intérieure de laquelle la pluie ne pénétrait pas. Puis, elle fit apparaître un duvet épais et deux gros coussins moelleux. Chloëlle rentra la première dans la bulle et fit aussitôt signe à Delvin de la rejoindre. Traverser cette protection était moins facile qu'il n'y paraissait. La paroi avait une consistance élastique qui se déformait en épousant les contours du corps de Delvin. Puis, tout à coup, la substance sembla céder et Delvin se retrouva à l'intérieur, bien au sec.

- Ce sort est bien pratique, dit Delvin. Il faudra que tu me l'apprennes.

- Que penses-tu de mon idée ? interrogea Chloëlle en étendant le duvet au sol. J'ai toujours rêvé de me retrouver sous un orage avec mon amoureux. Je trouve à la pluie un côté romantique…

Elle ôta ses chaussures, sa robe de sorcière et se glissa dans le lit improvisé. Bientôt, Delvin l'imita et vint s'allonger à ses côtés. Chloëlle se mit dans les bras de Delvin et posa sa tête contre son épaule. Ils regardèrent un moment les éclairs déchirer par intermittence l'encre de la nuit et la pluie s'écraser contre la bulle sans émettre le moindre son. Delvin, comme tous ceux qui vivent des instants similaires, aurait voulu que cet instant dure à jamais. Pour la seconde fois de la soirée, il se perdit dans les yeux bleus de Chloëlle, et son esprit se vida aussitôt de la moindre pensée inquiétante. Ils s'embrassèrent longuement, mais le temps dans ces cas-là n'existe plus vraiment. Ils se regardèrent une nouvelle fois, se comprirent sans prononcer un mot et partagèrent un de ces moments qui n'arrivent qu'une fois, un moment qui n'appartenait qu'à eux seuls.

Quand Phil arriva, quelques heures plus tard, tout essoufflé en haut de la tour, il découvrit les deux amants profondément endormis, encastrés dans les bras l'un de l'autre. Son visage était marqué par la crainte et il hésita plusieurs minutes avant de réveiller son ami, car même si on ne lui avait rien dit, il se doutait que quelque chose de grave était arrivé et que les choses ne seraient plus jamais les mêmes pour Delvin. Le professeur Dumbledore était venu frapper à la porte du directeur des Serdaigle, réveillant Phil par la même occasion, et avait demandé à voir Delvin le plus vite possible. Phil avait été envoyé le chercher mais, ne l'ayant pas trouvé dans son lit, on l'avait chargé de prévenir tous les autres professeurs afin qu'ils se mettent en quête du jeune Malbranche. Phil appela son ami plusieurs fois, mais ce dernier ne sembla pas l'entendre. Il pénétra dans la bulle et secoua doucement l'épaule de Delvin.

- Réveille-toi, dit-il. Tout le monde te cherche partout.

- Quoi ! fit Delvin en se réveillant plus vite qu'à l'ordinaire.

- Tout le monde est à ta recherche, répéta Phil. Dumbledore veut te voir immédiatement.

Chloëlle se réveilla à son tour, se couvrant la poitrine avec la couverture.

- Habillez-vous vite, dit Phil. Je vous attends en bas de la tour.

Delvin et Chloëlle s'exécutèrent dès que Phil eût disparut de leur vue, échangeant des regards inquiets.

- Je crois que nous sommes dans de sales draps… dit Chloëlle.

- Il ne s'agit pas de nous mais de moi. C'est Dumbledore qui veut me voir, pas Flitwick. Et Bellefeuille ne semble pas en avoir après toi.

- De quoi s'agit-il alors ?

- Je n'en sais rien. Phil ne m'a rien dit. Rentre la plus discrètement possible à ton dortoir. Je te tiens au courant demain.

Delvin déposa un baiser sur les lèvres de Chloëlle et descendit les marches aussi vite qu'il put. En bas, Phil qui l'attendait en faisant les cent pas, se mit en marche dès qu'il le vit.

- Tu sais pourquoi Dumbledore te cherche ? interrogea Phil.

- Non, répondit Delvin. Je voulais le voir ce soir, mais il n'était pas au château. En tous cas, je suis certain que ça n'a rien à voir avec le fait que j'ai découché cette nuit. Tu as l'heure s'il te plait ?

- Un peu plus de trois heures, répondit Phil en consultant une montre à gousset tout en or et sculptée. J'espère que tu n'auras pas trop d'ennuis.

- Ce n'est pas la peine de venir avec moi jusqu'au bureau de Dumbledore, Phil. Je ne voudrais pas que Tortionos te tombe dessus inutilement.

- Je suis bien content de t'avoir trouvé avant lui. Imagine un peu…

- Je ne préfère pas, non. À ce propos, n'en parle pas à Céleste s'il te plait. Je le ferai moi-même.

- Ne t'inquiète pas. Je comprends bien mieux la psychologie féminine ces jours-ci…

Delvin n'eut pas le temps de frapper à la porte du professeur de métamorphose car ce dernier l'invita à entrer. Dumbledore était debout, l'air abattu.

- Bonsoir, Delvin. Je suis content que tu sois ici. Je t'en prie, assieds-toi.

- Qu'est-ce qui se passe, professeur ? demanda Delvin qui était soulagé que Dumbledore ne l'interroge pas sur son escapade nocturne.

- J'ai quelque chose de très difficile à te dire, Delvin. Apparemment, votre ferme a été attaquée par plusieurs sorciers. Ton père s'est probablement défendu car il y a des traces de combat. Mais je suis au regret de te dire qu'il a été tué. Je suis vraiment navré.

Les paroles de Dumbledore mirent un certain temps à pénétrer dans le cerveau de Delvin. C'est comme si les sons lui parvenaient au ralenti.

- Mon père est… mort ? articula Delvin avec beaucoup de difficulté.

- Je le crains, oui, confirma Dumbledore avec abattement.

La nouvelle était trop choquante pour être assimilée aussi vite. Delvin n'avait pas envie de pleurer, la tristesse ne l'envahissait pas. Il se sentait désespérément vide.

- Je veux aller là-bas, professeur. S'il vous plait.

- Je comptais t'y emmener, Delvin. Tu as le droit de savoir. Mais je dois t'avertir d'autre chose. Au moment où nous parlons, votre demeure est la proie des flammes. Il ne reste pratiquement rien. Des enquêteurs du ministère sont sur place car je les ai alertés. Je pense qu'ils vont vouloir te poser des questions. Mais si tu ne le souhaites pas, je m'arrangerais pour que ça se fasse plus tard.

- Je ne sais pas pour l'instant, fit Delvin dans un souffle.

- Tu es prêt ? demanda Dumbledore avec douceur.

Delvin acquiesça d'un hochement de tête et se leva de sa chaise tant bien que mal. Dumbledore toucha de la pointe de sa baguette un gobelet de métal qui était posé sur une petite table et prononça la formule magique pour activer un portoloin. Le gobelet émit une faible lueur dorée et s'éteignit aussitôt. Dumbledore regarda Delvin, compta jusqu'à trois, et ils touchèrent en même temps le métal froid. Une sensation d'aspiration puissante se fit ressentir dans le ventre de Delvin, tout le décor tourbillonna autour de lui. Quelques secondes plus tard, les pieds de Delvin heurtèrent l'herbe grasse et détrempée et ses genoux fléchirent sous le choc. À une trentaine de mètres devant lui, la ferme, qui était sa maison depuis toujours, n'était plus que ruines et cendres fumantes.

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