Moi: Pfiou! Ca y est! Chuis pas trop en retard?
-Se prend une chaise en pleine gueule-
Aiiiie! Ok, ok, le voilà, votre chapitre! m'avez fait mal!

Erk: Chuis sûr qu'ils le voulaient pas.

Moi: Toi, tais-toi! Ca va être à moi de te consoler, à la fin de ce chap!

Erk:...j'ai peur...

Moi: Tu fais bien, petit lapin perdu! Gyahahaha!

-Se reprend une chaise-

Waaaieu!

Disclaimer: Hum, hum...FIRE EMBLEM ET PINOCCHIO NE M'APPARTIENNENT PAS!(Pourquoi Pinocchio? Parce qu'on y évoque un personnage dans ma fi-fic. Voilà.)

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"C'est là?

-Ouaip! On va s'en mettre plein la lampe!

-Euuuh...je le sens vraiment pas...

-Alleeez! C'est le moment ou jamais de te rapprocher de Canas!

-Hein? Ca veut dire quoi?

-Rien, rien..."

Nous sommes devant le restaurant, Serra et moi. "Le verre enflammé", c'est comme ça que ça s'appelle...c'est vrai que, dans la classe, tout le monde est assez porté sur l'alcool...au point de choisir pour une sortie un restaurant dans lequel la légende raconte que l'on distribue de l'alcool aux mineurs comme aux majeurs... Enfin. Ce n'est sans doute pas vrai. Je ne peux pas encore savoir, je n'y ai jamais mis les pieds.

Je me demande ce que Serra a en tête...elle a l'air vraiment enthousiaste... Ah, voilà les autres élèves qui arrivent. Eux aussi, ils ont l'air pas mal jouasse. Je me demande qui sont les profs qui sont censés nous encadrer?
Déjà, y a Canas...C'aurait été nettement suffisant s'il n'y avait eu que nous deux!
Je n'ai même pas le temps de songer à "me remettre les idées en place" contre un lampadaire; Priscilla arrive, un peu essoufflée.

"Excusez, nous dit-elle, j'suis un peu à la bourre...

-Tu vas nous dire pourquoi? fait Serra d'un oeil suspicieux.

-Ben, euh...

-Non, non, dit Serra en agrippant le bras de Priscilla pour la retenir. T'as mal compris. Tu vas nous dire pourquoi."

Priscilla baisse la tête, l'air abattu.

-Ca a un lien avec ce qui te préoccupe depuis lundi? demande-je en surveillant les deux profs qui arrivent.

-Eh ben...oui. C'est à propos de mon frère...

-T'as un frère, toi? fait Serra en lui lâchant le bras. Tu nous en avais jamais parlé...

-On ne se voit pas beaucoup. Mais ce n'est pas le problème..."

Et soudain, interrompant notre conversation, qui prenait par ailleurs une tournure des plus intéressantes pour notre commère de Serra, un cri se fait entendre dans toute la rue.

"ALLEZ LES JEUNES! ON S'REGROUPE! COMME DES GRANDS!"

Je tourne la tête pour voir qui vient de délicatement vriller les tympans de la moitié de la classe (dont moi, bien entendu) et j'aperçois... Ouh làlà. C'est quand même pas lui, le gars qui est censé nous surveiller?
M. Saïn, dit l'"éternel déconneur"... Dont l'humour, sans doute trop subtil pour être compris par un cerveau de taille standarde chez le commun des mortels, fait à peu près autant d'effet à la gent lycéenne qu'une allumette sur un iceberg.
Les femmes constituant la partie immergée.

"Quand cesserez-vous de vous comporter comme un enfant? dit Mlle Lyndis, la deuxième prof qui, selon Priscilla, doit nous encadrer. S'il-vous-plaît, ne me faites pas regretter de vous avoir accompagné...pas encore...

-La seule chose que vous regretterez, ma Lyndis, c'est de ne pas m'avoir encore embrass..."

PAF

"CETTE FOIS, J'EN AI ASSEZ! SI, ENCORE, VOUS VOUS COMPORTIEZ BIEN AUX AUTRES SORTIES! MAIS NON! AU MUSEE, AU CINEMA, PARTOUT!"

M. Saïn se frotte la joue rougie par la marque de la baffe en gémissant.
Un seul regard de la part de Mlle Lyndis vers nous tous suffit pour que nous nous rangions devant le restaurant deux par deux en nous donnant la main et qu'on voit aucune tête qui dépasse.

"Bon, fait-elle un peu surprise par cet élan de docilité, nous allons rentrer. Mais si jamais j'en entends un seul...

-Mademoiselle! dis-je en levant la main.

-Oui?

-M. Canas était pas censé nous rejoindre?"

Ah, ça y est. Une connerie. Dix minutes qu'on est là, et déjà, j'ai sorti une connerie. Cette soirée promet d'être monumentale.
La prof me regarde bizarrement, comme les autres élèves...sauf Serra et Priscilla.
Mlle Lyndis finit par me répondre, un peu surprise.

"Euh, vous savez, je ne suis pas au courant de qui viendra et qui ne...

-Putain, Eeeeerk, t'es encore plus fayot que je pensais!"

Ca, c'est un élève qui me le souffle. Déjà, il me détestait, mais alors là... Je jette un coup d'oeil à Serra...elle le regarde d'un air peu commode. J'ai l'impression que la soirée va mal se finir...

"Ah, oui, j'allais oublier, nous dit Mlle Lyndis, lorsque nous serons rentrés, si jamais j'en vois un seul avec de l'alcool dans son verre, je m'arrangerai personnellement avec le principal pour qu'il soit renvoyé."

Quelques murmures de protestation s'élèvent... Moi, je m'en fiche, je n'ai encore jamais bu d'alcool.

"Eh, nous dit Priscilla en nous tapotant l'épaule, regardez qui arrive!"

Huh?
Je tourne la tête si vite que j'entends un petit craquement dans la nuque, mais je m'en fiche...il est enfin arrivé, ce crétin... Il a l'air comme d'hab...les cheveux en bataille, un monocle à l'oeil gauche, et...tiens? Pas de livre...ah oui, c'est vrai qu'on va au restaurant... On dirait qu'il a couru... "Pardon, pardon, fait-il de son éternel ton embarrassé, je me suis un peu perdu dans la ville...

-C'est bon, dit Mlle Lyndis, nous allions rentrer.

-Hé, Erk, ton chéri vient d'arriver! Tu lui fais pas la bise?" dit l'élève de tout à l'heure.

Je lui réponds par un petit geste obscène et discret qui, heureusement pour moi, passe inaperçu aux yeux de Mlle Lyndis.
Je regarde Canas en attendant que l'on rentre...Mais lui a l'air de m'éviter du regard...nooon, ça doit être mon imagination.
Aaaah, enfin, Mlle Lyndis nous fait signe. On peut entrer.

Vu de dehors, on pourrait penser que c'est un petit bar-restaurant crasseux, où se réunissent tous les types les plus louches de la ville.
Eh ben, vu de dedans...c'est pareil.
Il y a deux ou trois types au comptoir, un verre de je ne sais quoi à la main...l'un d'eux a l'air un peu guilleret... Je commence à me sentir moins confiant, tout d'un coup.

"Voilà notre table! fait M. Saïn d'un ton très enthousiaste en montrant le petit tas de tables collées les unes aux autres. Bon! Quelqu'un me paie un pot?

-M. Saïn! fait Mlle Lyndis, scandalisée.

-Bah koua?"

On s'installe tous autour des tables; je me mets à côté de Canas, Serra et Priscilla... Je le sens de moins en moins...bah. Je dois me faire des idées.

"Bon! Tout le monde a assez d'argent? dit Mlle Lyndis. OK! Où sont les menus?"

Apparemment, nulle part...Quelques élèves laissent échapper un petit ricanement.

"Mademoiselle, fait l'un d'entre eux d'un ton persifleur, y a pas de menus ici! C'est juste un bar!

-Ah, euh, oui, hum..."

Elle est toute rouge.
Bon. J'ai absolument pas faim...j'ai l'estomac serré...je voudrais parler à Canas, mais...je n'ose pas...

"Erk, dit Serra, tu vas lui parler, oui ou non?

-Hein? fais-je, un peu largué. Qu'est-ce que tu...

-Oh, arrête, ça se voit que tu veux lui dire quelque chose, avec tes yeux de merlan frit...vas-y.

-Mais...mais mais nooon, j'ai rien à lui dire, moi! Tu t'imagines des trucs!

-Très bien...très bien...je te laisse tranquille...pour cette fois..."

Elle se tourne vers Priscilla. Ouf! Elle a trouvé un autre souffre-douleur!

"Et donc...dit-elle à Priscilla. Qu'est-ce qui ne va pas, avec ton frère?

-Ah...euh...ben..."

J'en veux à Serra de la harceler comme ça, mais en même temps...j'avoue que j'aimerais bien savoir. Je tends les oreilles en faisant mine de regarder la table.

"Ben, en fait...il a...trouvé quelqu'un...tu vois...ils se connaissent depuis qu'ils sont tout petits...ils ont commencé à sortir ensemble...

-Ah? En quoi c'est un problème?

-...C'est un mec..."

Ah? Tiens...ben je m'y attendait pas, à celle-là.
Elle a un frère, et en plus, il est gay.
Normalement, je me ferais une réflexion intérieure sur le comportement amoureux, l'attirance, le magnétisme humain, les phéromones, et tout le barda...mais là...j'arrive pas à me concentrer... Je tourne le regard vers Canas... Il détourne le sien.
C'est pas possible. C'est pas mon imagination.
Il m'évite vraiment.

Je ramène les yeux vers la vieille table dégueulasse.

"Et alors? En quoi c'est gênant? Y en a plein, de nos jours, des gays! Ils ont pas honte de se montrer! Enfin...pas tous...pas vrai, Erk?"

Qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire? Pourquoi il ne veut même pas me regarder?

"Erk, je te parle!

-Hein, quoi? Ah, oui, oui, Serra, t'as raison...

-Hum...je le savais...alors, tu vas finir par lui parler?

-Mais...pour lui dire quoi?

-Ce que tu penses! Allez!

-Beuh...euh..."

Un petit miracle...s'il-vous-plaît...pitié...

"Bon, nous allons prendre les commandes!"

Mlle Lyndis est un miracle.

"Allez, qui va me commander une bouteille de kirsch? fait M. Saïn aux élèves.

-M. SAÏN! CE SONT DES ADOLESCENTS! hurle Mlle Lyndis.

-Et alors? Le fait qu'ils soient adolescents ne les empêche pas de faire une petite commission pour leur vieuuuuuux professeur meurtri par son arthrose précoce, n'est-ce pas?"

Elle ne répond pas; elle tourne la tête, furieuse contre elle-même...même si elle sait pertinemment que M. Saïn n'a jamais eu d'"arthrose précoce.
Et je vois M. Saïn faire un clin d'oeil à quelques élèves, qui le remercient discrètement.

"Bon, tous ceux qui ont faim, venez avec moi au bar!" dit un élève en se levant.

Quelques-uns le suivent, dont moi, pour fuir ce calvaire de Serra-Jiminy Cricket, la personnalisation même de ma conscience... Et merde. Elle m'a suivi, la saleté.

"Erk, c'est pas en fuyant que tu résoudras ton problème...

-Qu'est-ce que t'en sais? Et pis d'abord, j'ai aucun problème!

-Si, t'en as un."

On est arrivé devant le comptoir...j'ai rien à y faire, mais bon...

"Eh, mec, dit Serra en sortant son petit porte-monnaie rose, file-moi une bouteille de vodka...eh, Erk, tu peux m'avancer, steuplait?

-Pfff...attends...dis-je en fouillant dans mes poches. Tiens, voilà. Je savais pas que t'étais fan d'alcool...

-Oh, nooon, répond-elle en prenant la bouteille (apparemment, la légende était fondée), c'est pas pour moi.

-Ah? Pour qui?

-...Tu vas voir."

On revient à notre table; plusieurs élèves ont passé des bouteilles sous leur t-shirt en douce...l'un d'eux donne le kirsch à M. Saïn.

"On va attendre un peu..."dit Serra en se rasseyant, la bouteille dans le sac à dos nounours et les yeux fixés sur Mlle Lyndis.

Je me demande ce qu'elle va en faire... Et avec tout ça, j'en ai presque oublié Canas... Bon, je...euh...à...à trois, je lui parle! Allez, Erk! T'es un homme, oui ou non?
Un... Deux... Deux et demi... Deux trois quarts...euh... Et cinq sixièmes...et neuf dixièmes...et... Aaah! Il tourne la tête vers moi!
Je peux pas! C'est trop dur! Et avec tout ce monde... Il...il me regarde...il a l'air un peu bizarre...comme s'il voulait...s'excuser...!

"Erk...je...je voudrais vous parler..."dit-il.

C'est moi, ou il rougit?
Il ne fait pas si chaud que ça, pourtant... Euh, oui, faut que je lui réponde...allez, Erk, réponds...allez...

"Ouid'accordpasd'problèmechuisfraisetdispotantqu'vousvoulezdansuncoinplustranquillesiçanevousdérangepashahahafaitpaschaudhein?"

OK.
Ca, c'est fait.
Je crois que je vais tout de même boire, pour oublier.
Je respire un coup, je me colle une gifle pour me remettre... Allez, une réponse intelligible...tu peux le faire...

"Oui, je...d'accord...mais, ici, il y a un peu trop de monde..."

Ouf. Je suis pas totalement nul, finalement.

"Oh, vous...vous avez raison...fait-il en regardant les deux autres professeurs se crier dessus. Allons dehors..."

De quoi veut-il me parler?
Bon, ben...j'ai plus qu'à le suivre, si j'ai bien compris... Je jette un regard en biais à Serra...elle me montre son pouce en souriant.
On s'éloigne peu à peu de la table où Mlle Lyndis se bat avec M. Saïn pour ne pas boire d'alcool devant les élèves.

On y est. Le dehors est tout de même mieux que le dedans.
Et ça sent meilleur.

"Voilà...me dit-il. Je...je voulais m'excuser.

-V...ex...mais de quoi?

-De...euh, comment...de vous avoir écrasé, quand vous avez dormi chez moi. Le matin. Au réveil.

-Euh...aaaaah, oui, dis-je comme si je ne m'en rappelais plus. Mais vous vous étiez déjà excusé, non? Et puis, c'est pas si grave..."

Il me fixe, les yeux dans le vague...et il reprend:

"Ma...ma femme pense que..."

Que...?

"Elle pense que..."

Queeeee...?

"Elle pense que j'aurais pu vous faire mal en vous tombant dessus. Vous savez, elle vous trouve vraiment très important, alors...inutile de vous dire que je me suis fait salement enguirlander après que vous soyiez parti, vous avez dû l'entendre..."

Ah.
Je me sens soulagé...quoiqu'un peu déçu en même temps...j'ai même pas envie de savoir pourquoi.

"Aaaah, boooon...et...c'est pour ça que...enfin, je me fais peut-être des idées...

-C'est pour ça que quoi?"

Il sourit...il prend du plaisir à me voir ramer? Sadique!
En plus je rougis!
C'est pas à cause de ça qu'il sourit, quand même?
SADIQUE!

"C'est...euh...pour ça que...que vous m'évitiez?"

Silence.

SADIQUE! SADIQUE! SADIQUE!

Mais...mais il rigole, l'animal! Je vais l'tuer!
Mes joues chauffent de plus en plus...

"Pffffhihi...excusez-moi, mais...hihi...je ne pensais pas que vous prendriez cela avec autant de sérieux!

-Mmmmmgrrrr..."

J'ai envie de le tuer, mais...d'un autre côté...son sourire est tellement réconfortant... Pourquoi est-ce que je pense toujours à ce genre de choses à côté de lui, moi?
Depuis le début, je m'en rends compte...j'ai toujours eu ce genre de sentiment...mais pas envers lui...pas envers lui...! Pourquoi? C'est un homme! Je ne peux pas! Il est marié, il a un enfant! Je ne suis qu'un gamin, et je n'ai aucune expérience dans ce domaine! C'est mes hormones qui me travaillent...oui! Ca doit être ça!
Il continue de me regarder en souriant... Sainte-Elimine, c'est foutrement puissant, les hormones!
Je crois que je vais brûler sur place! Heureusement qu'il fait sombre!
Qu'est-ce qu'il imaginerait, s'il me voyait aussi cramoisi?
...Il s'approche de moi... Faut que je recule, mais...mes jambes ne veulent pas bouger... Il pose sa main sur mon épaule nue (je savais que j'aurais pas dû mettre un truc aussi léger, je l'savais, je l'savais, je l'savaiiiiis) et me murmure quelque chose:

"Nous devrions rentrer avant de prendre froid..."

On est rentré dans le bar, mais j'ai l'impression que quelque chose cloche.

"JANETON PREND SA FAUCILL-EU, LA RIRETT-EU, LA RIREEEETT-EU..."

Ah, voilà. C'est ça qui cloche. Mlle Lyndis est en train de chanter des chansons pour les gens plus tout à fait à jeun.
En temps normal, je demanderais avec soif de détails ce qui s'est passé à Serra et Priscilla, mais depuis le contact avec la main de Canas...je me sens léger...

"C'est Saïn qui a réussi à la convaincre de picoler un tooooooout petit peu, me dit Serra lorsqu'elle me voit m'asseoir à côté d'elle. T'as l'air bizarre... qu'est-ce qui s'est passé? Vous vous êtes dit quoi?

-Rrrrrrrien, réponds-je en me cachant les joues encores rouges. Alors, elle a bu combien?

-Oh, une bouteille, mais ne change pas de sujet. Qu'est-ce que vous vous êtes dit?"

...Bon...autant lui dire...je chuchote...j'essaie de ne pas attirer l'attention des autres élèves...ni de Canas...je lui dis tout, sauf ce que je pense de Canas. Mais de toute façon, je crois qu'elle le devine plus ou moins...

"T'es vraiment pas dégourdi, comme mec...me fait-elle quand j'ai fini. Heureusement, tata Serra a tout prévu!"

Elle sort la vodka du sac.

"Eh, fais-je en la voyant, tu vas pas avoir des problèmes si Lyndis voit ça ici?"

Serra me regarde un petit moment, puis elle se tourne vers Mlle Lyndis en lui montrant la bouteille.

"M'zelle, fait-elle, est-ce que je vais avoir des problèmes à cause de cette bouteille?

-Ben...à part une cirrhose, j'vois pas...tu m'en donnes?"

Je regarde Mlle Lyndis d'un air incrédule. C'est pas possible, c'est pas elle!
Où est passé l'irréprochable professeur d'histoire diplômé de l'école la plus prestigieuse du pays?

"Tu vois, mon p'tit Erk, me dit-elle en se retournant vers moi. Je vais te filer un coup de pouce, ce soir. Parce qu'il est grand temps de faire bouger les choses entre vous deux. Et je sais exactement comment m'y prendre. C'est pour ça que j'ai proposé à la classe de faire une sortie (pour ça, et aussi parce que je m'emmerdais). Mon grand-père m'a appris un vieux proverbe très utile..."

Elle prend un verre et verse la vodka dedans...

"La morale est une cage, l'alcool en est la clé."

Elle pousse le verre vers moi...

"J'ai que 15 ans! dis-je pour éviter de boire cette horreur.

-Eh, dit Serra à un groupe de garçons apparemment un peu pompettes eux aussi, vous avez quel âge?

-15!

-16!

-15!"

Elle se tourne vers moi et me dit:

"Je t'oblige pas à le faire. Mais dis-toi bien que ce soir est une occasion unique. Si tu ne bois pas le contenu de ce verre, tu ne te libéreras jamais de tes gonds. C'est bien triste, d'ailleurs, que l'alcool soit le seul remède à ta rigidité."

Je regarde le verre posé devant moi... Je veux lui parler. Mais pas pour dire des choses frivoles et stupides... Je veux lui parler ouvertement. Je veux qu'il connaisse mes sentiments.
Je me fous du monde qu'il y a. Ils ne me prêteront sûrement aucune attention.

"Bon, dit Serra en tendant les mains vers le verre pour le reprendre, tant pis pour toi, reste dans ta bulle si tu trouves ça si confortab..."

Elle n'a pas le temps de finir que j'ai déjà bu tout le verre cul-sec.

"Et maintenant? fais-je sans rien ressentir. Je fais quoi?

-T'attends, me répond Serra avec une pointe de fierté dans la voix. C'est de la vodka, c'est plus rapide à agir que le kirsch."

OK, attendons.
Ah? AAAH, MAIS CA BRÛLE L'ESTOMAC, CE TRUC!

-Aaah! Ca fait mal!

-Ca te brûle? C'est normal, pour une première fois avec l'alcool...ça va pas tarder..."

Bah? J'attends depuis 5 minutes...à part la chaleur, rien n'a changé... Je tourne la tête vers Canas... OooOoOoOh, ça bouge! J'ai la tête qui tourne!

"Erk, ça va? me demande Canas en me voyant agrippé à la table pour éviter de tomber. Erk?"

Je lui réponds, mais j'ai l'impression de ne plus être aux commandes de mon corps...

"Ouais, mais laissez-moi le temps de reprendre un peu d'courage...Serra, elle est où la bouteille?"

Elle me la tend en souriant.

La soirée se passe...j'ai l'impression de dormir...et mon corps est totalement indépendant de mon esprit...c'est bizarre...je ne me souviens même pas de ce que je dis ou fais.

Au bout d'un moment, je m'endors totalement...et je rêve de je ne sais plus trop quoi...c'est très agréable... Je crois que je flotte... Non...c'est quelqu'un qui me porte... Il est grand...il a une voix profonde...je ne vois pas bien son visage...je vois seulement son monocle...

J'ai le droit de me reposer dans ses bras...ici, personne ne me voit...je peux faire tout ce que je veux... Je veux... Je veux l'embrasser.
Je ne sais pas pourquoi...pour le remercier, peut-être?
Je sens ma tête se relever légèrement...puis je peux voir ses lèvres...

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"Zgrmmfffff"
Gneu?
Je viens de me réveiller, et je ne reconnais pas ma chambre... Ooooh, ma tête! Qu'est-ce qui s'est passé?
Je...je me souviens plus de ce que j'ai fait hier soir!
Aaah, si...on est allé dans un bar avec la classe...et quelques profs...ah, oui, c'est ça, je me souviens...Serra m'avait proposé de boire...et j'ai bu...et c'est le trou noir.
Oh làlà, j'espère que j'ai rien fait de trop grave!
Bon, où est-ce que je suis, pour commencer? Dans un lit, apparemment c'est un lit deux places... Oh.
Y a quelqu'un à côté de moi.
... Sainte-Elimine, j'espère que je suis toujours vierge!
Ah, je sens une lampe à côté...allumons-la... Alors, qui est-ce?
Canas.
Bien sûr.
Je vais vérifier quelque chose.
Bon, je ne suis pas tout nu, c'est déjà ça... Et lui?
Il est tout habillé...flûte... ...On va mettre cette pensée sur le compte de la gueule de bois.
Je vais me rendormir...à côté de lui...y a rien de sous-entendu, hein? Alors, il n'y a rien de mal à ça... J'éteins la lampe, je me glisse sous la couverture, et je me blottis contre lui... On n'a qu'à dire que c'est pour me réchauffer!
Ah, zut...il bouge...il se réveille...Vite, faisons semblant de dormir!

"Erk? l'entends-je murmurer. Erk...réveillez-vous...il est 9 heures..."

Pas de réponse. Je veux rester comme ça un peu plus longtemps...c'est confortable... Heureusement que Serra a organisé la soirée avant le week-end...je peux rester là aussi longtemps que je veux...

"Erk..."

Huh? C'est quoi?
Une...c'est sa main! Contre ma joue!
Je...je suis heureux d'être en vie... ...Mais pourquoi il fait ça?
Bôf. Pas envie de réfléchir.
Je sens sa main me caresser...pendant quelques instants...elle est grande, et la peau est un peu rugueuse...il ne doit pas prendre soin de lui... Eh? Il la retire! Pourquoi? Je suis tellement surpris que j'ouvre les yeux.

"B...bonjour, Erk...me dit-il, les joues légèrement rougies. Vous, euh...vous avez bien dormi?"

Je crois qu'il va devoir m'expliquer ce qui s'est passé, cette nuit...

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Hahaahaaaaa! les boules, hein?Eh ouais! C'est ici que le chapitre 6 s'arrêt-eu!
-se prend une autre chaise dans la tronche-
Waiiiieu! Je sais, je vous ai fait attendre, mais j'essaierai de botter le cul de mon frère plus souvent, pour qu'il jarte plus longtemps de l'ordi! Ca vous va comme ça?
Ben oui! C'est ça aussi, les familles nombreuses! Deux frères qui squattent le pc, plus mon popa qui dort dans la pièce où est le pc! Ca limite un peu mon temps,
désolée! Mais quand j'ai sorti les premiers chap de cette fic, c'était en profitant du fait que personne utilisait le pc! Parce qu'on était en vacances! Donc,
si j'ai du retard, c'est pas ma faute! Non mais!
Bref, rendez-vous au chap suivant!

Erk: Quand est-ce qu'il va se déclarer, ce salaud? J'en peux plus, moi!

Moi: Bientôt, bientôt... tiens, un mouchoir...Review, please