Gnnn...hein? Quoi? On est quel jour, là?Ohh làlà...longtemps que j'ai pas updaté...bon, ben...voilà le chap' 10. Scusez-moi, j'vais faire une ptite sieste... Juste, avant que j'oublie, faites une recherche google. Paskeu dans ce chapitre, vous allez voir un méchant qui s'appelle Paul, et qui vient du désert de Nabata dans le jeu. Faut voir sa gueule. C'est assez flippant. Et je peux pas mettre le lien du site où je l'ai trouvé, ça m'énerve...désolée...

Disclaimer: Je suis pas sûre qu'il faille le préciser à chaque chapitre mais on sait jamais, ça coûte toujours moins qu'un avocat pour un procès de Nintendo.
V'voyez.

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J'ai le regard fixé sur le sol.
Je pouvais pas faire autrement...il le sait, maintenant...
Je ferais mieux de m'en aller...et de ne plus jamais lui parler...
Il va peut-être le dire à tout le monde...je vais passer pour un...

"Je...je ferais mieux de partir...dis-je en prenant mon sac, la tête toujours baissée. Ne...ne m'en veuillez pas...s'il-vous-plaît...je suis désolé...mais... Je devais vous le dire."

Je me dirige vers la porte de la salle.
J'ai l'impression que je vais pleurer d'une minute à l'autre. Je vais ouvrir la porte...

"Attendez, fait soudain Canas en s'approchant. Vous ne savez même pas ce que je pense...

-Quoi?"

Oh làlà...je savais que ça allait mal finir...
Il va carrément me donner son avis! Quel sale...

"Je...moi aussi, je...je vous aime..."

Je me tourne brusquement vers lui.
Qu'est-ce qu'il vient de dire...?

"Et je suis plus à critiquer que vous, puisque je suis un homme marié."

Oooh làlà... Je vais me sentir mal!
Et en même temps...j'ai l'impression de flotter en l'air...
Alors ça y est...on a passé le cap...on se l'est dit...et maintenant?

Il s'arrête; nous devons avoir un écart d'environ cinq centimètres...
Je suis obligé de lever la tête pour voir son visage...
Et lui...il se penche...

"Profes..."

Eh...je ne peux plus parler...
Ses lèvres...ses lèvres sont...
Il...il est en train de m'embrasser!
Je lâche mon sac...
Il a une main sur mon épaule...et...l'autre...derrière ma nuque...
C'est...tellement...agréable... Je glisse mes mains derrière son dos...il est beaucoup plus grand et moins chétif que moi...

Ah...il me caresse les cheveux... Je...je commence à manquer d'air...

"Mmmh...mCanashhh...!"

Je lui tapote la poitrine, pour qu'il comprenne... Evidemment, je ne peux pas me reculer, je suis contre la porte...
Retire-toi, espèce de nouille! Mais retire-toiiiii!
Je le pousse de toutes mes forces, même si il ne m'en reste pas beaucoup...
Ah, il finit par comprendre! Il recule!

"Fouaaaah!"

Je sais qu'il existe des façons plus élégantes de reprendre son souffle...mais bon...

"Euh...Erk? Vous...vous allez bien?

-Plus...d'air...

-Oh! Oh, je suis...je suis désolé! J'ai...je n'ai...pas pu me retenir...ça faisait si longtemps que...que je voulais..."

Je me jette dans ses bras. J'en peux plus... Il est toujours aussi maladroit...je trouve ça tellement touchant...

"Tu sais, bafouille-t-il, je...depuis qu'on s'est vu...pour la toute première fois...je t'ai toujours aimé...je te trouve...mignon...

-Ah...euh...merci...?"

Ah...on se tutoie, maintenant?
Bon... J'en peux vraiment plus...

"Faut...faut que j'y aille!"

Je ramasse mon sac, ouvre la porte et fonce vers la sortie.

---

"Erk...est-ce que ça va?

-Oui...oui, je crois..."

Madame Louise finit par abandonner, une fois encore. Je l'entends s'éloigner de la porte.
Mais quel dingue, ce type! M'embrasser, comme ça, sans prévenir...et dans une salle de classe! Et si quelqu'un nous avait vus par la fenêtre, hein? On aurait eu l'air fin!
Merde, alors!

Tiens...j'entends des voix, en bas...sûrement Monsieur Pent et Madame Louise...aïe...ce qui veut dire qu'il va venir me demander ce que j'ai... Je vais devant mon miroir pour voir s'il n'y a pas de marques visibles.
Je m'en doutais.
Je suis écarlate.
Pas le temps d'y faire grand-chose; j'entends mon tuteur monter les escaliers... Vite, vite, prendre un bouquin, n'importe lequel, et me le coller devant le visage. Il n'y verra que du feu.

Toc toc

Clac

"Erk? Je peux te parler deux minutes?

-Oui, bien sûr..."

Bon, on dirait qu'il n'a rien remarqué.
Je l'entends s'asseoir sur mon lit.

"Dis-moi...je peux savoir pourquoi tu lis le mode d'emploi du magnétoscope?

-Hein? Ah, euh...parce que...euh...j'avais très envie d'approfondir mes connaissances en technologie télévisuelle, et...

-Oui, mais...pourquoi le tiens-tu à l'envers, dans ce cas?"

Je regarde le fascicule que j'ai dans les mains.
Oh le con.

"Beeeen euh...c'était pour...hum, OK, j'ai pas d'excuse pour ça."

J'abandonne.
Je pose le fascicule sur mon bureau.

"Mais...qu'est-ce qui t'arrive? me demande-t-il en voyant mon visage. Tu as attrapé un coup de soleil?

-Non, pas vraiment...

-Aha. C'est sentimental, hein?

-Euh, oui...

-Alors...dois-je en déduire que tu as enfin parlé à ce fameux "quelqu'un sur qui tu avais des vues"?

-O-oui...

-Et je suppose que les sentiments étaient réciproques.

-Oui...

-Hum. Je me montre un peu trop indiscret. Pardon. On va parler d'autre chose, d'accord?

-Euh...je veux bien, oui...mais de quoi?

-Oh, ben, je sais pas, peut-être quelque chose d'insignifiant...tiens, par exemple: comment s'est passé le conseil de classe?"

J'ai complètement oublié de leur dire que je passais!
Evidemment, puisque cet imbécile de Canas m'a fait oublier tout le reste...
Je lui raconte tout au sujet du conseil de classe; une fois que j'ai terminé, il me regarde en souriant.

"C'est bien que tu passes, me fait-il. Mais j'espère que c'est par pur intérêt pédagogique que tu veux rester au lycée, et non...pour ce fameux "quelqu'un"...

-Euh, oui, bien sûr..."

En fait, c'est pour les deux. Mais bon.

---

Samedi matin...
Je me suis couché tôt hier, mais j'ai presque pas dormi de la nuit.
J'arrête pas de penser à Canas... Bon...8 heures...inutile d'essayer plus longtemps de m'endormir, je vais me lever...
Ce sont les vacances pour Monsieur Pent, alors je vais éviter de descendre, sinon, il va se réveiller...pareil pour Madame Louise...donc...
Il ne reste plus qu'une chose à faire pour Erkinouchet... Allumons l'ordinateur.

Tiens? J'ai un message...

"Erk, je suis désolé si je t'ai choqué en agissant si spontanément. Mais j'aimerais que nous nous voyions ce week-end...est-ce possible? Merci d'avance de me répondre.
Canas."

Hummm...j'avais complètement oublié qu'il avait mon adresse e-mail... Bon, euh...ça va aller...je lui propose...cet après-midi...14 heures...au parc...voilà. Je lui ai envoyé ma réponse. On va juste discuter calmement de notre situation, peser le pour et le contre de ce qu'entraînerait une relation de ce type entre nous...et...et voilà.
Bon!
Premier rancard de ma vie! Que je le veuille ou non!
Voyons ce que j'ai en fringues... J'ouvre mon placard... Quoi, c'est tout!
Je devrais sérieusement me préoccuper un peu plus de ce genre de futilité superficielle...Bon, euh...disons ça...non, trop voyant...ça...non plus...non.
non...ah, ça! Euh...mais c'est rose...bon, ben tant pis. Autant assumer jusqu'au bout. Et allez, hop, tant qu'on y est...un p'tit mini-short pour aller avec!
Purée, heureusement qu'on est en été...avec un truc aussi léger...t-shirt rose sans manches, dont un côté descend bien en-dessous de l'épaule...un short qui ne couvre que le slip... Allons nous voir dans la glace!
Hummmm...

---

Alors, euh..."Etaler la mousse à raser sur toute la surface de la peau...blablabla...risques d'allergies pour peaux sensibles...blabla...passer le rasoir dans le sens contraire de la pousse du poil...blablabla"
J'ai un peu honte d'emprunter le matériel d'épilation de Madame Louise...mais faut c'qu'y faut!
Je pense que je me taperais encore plus la honte avec des jambes nues poilues qu'avec des jambes nues glabres...donc...
Je passe le rasoir sur la crème...douuuucement...eh, c'est pas sorcier, en fait! C'est long, mais c'est pas sorcier! Je pourrais faire ça tous les jou...

"Waaaieuu!"

Aoutch! Je me suis coupé... Faut souffrir pour être beau! Allez, Erk, l'autre jambe!

Voiiilà! Fini! Juste un pansement ici...un autre là...et encore un autre là...voilà...

Toc toc toc

"Erk?

-Euh, oui?

-Tu en as pour longtemps?

-Non, non, Madame Louise, j'ai terminé..."

Béni soit le verrou!
Vite, je range tout le barda de produits d'épilation...
Allez, je me passe une serviette autour de la taille, pour qu'elle ne remarque rien...
J'ouvre la porte...pour retrouver une Madame Louise en robe de chambre, toute décoiffée...

"Tu as bonne mine, toi, ce matin..." me fait-elle avant de disparaître dans la salle de bain.

Bon...en attendant d'arriver dans ma chambre, récapitulons... J'ai choisi mes vêtements, j'ai pris une douche, je me suis coiffé, limé les ongles, épilé les aisselles et les jambes...et il est 10 heures 30.
Je suis dans ma chambre...je vais pouvoir m'habiller.

'Depuis qu'on s'est vu...pour la toute première fois...je t'ai toujours aimé...je te trouve...mignon...'

Humm...il m'a trouvé mignon? Eh ben il a encore rien vu!
Il est amoureux de moi depuis la toute première fois qu'on s'est vu...ça veut dire que, depuis le début...chaque fois qu'il m'a souri, chaque fois qu'il m'a parlé...chaque fois qu'il est venu me voir...il avait une idée derrière la tête... Plus la peine de jouer les hypocrites! On va pouvoir discuter librement! Je m'interdis formellement de partir avant qu'on ait mis les points sut les i!
C'est un prof, il est marié, et si on nous voit ensemble, il risque, non seulement de se faire renvoyer, mais aussi de se faire détruire sa famille...
Mais...moi aussi, je l'aime...et je ne veux pas le perdre...
Ca y est, je suis habillé...enfin, même si ça ne couvre que le dixième du corps humain, je suppose qu'on appelle toujours ça "habillé"...
Maintenant, je n'ai plus qu'à attendre...

---

Bon...encore cette rue à tourner, et le parc est droit devant...
Alors, euh...qu'est-ce que je vais lui dire?
'Je t'aime, mais il vaudrait mieux que l'on en reste là'...mouais, bôf...je ne crois même pas à mes propres paroles...
'Mieux vaut une relation platonique'...non plus.
J'espère qu'il saura quoi faire, lui...
Ca...ça y est...voilà le parc...il est assez grand, mais le nombre de bancs est limité...je ne le vois pas, il n'est pas encore arrivé...
Enfin...si ça se trouve, je me fais des illusions...il n'a peut-être même pas lu mon mail...
Bah. Il fait beau, ça ne me coûte rien de m'asseoir sur un banc et d'attendre...enfin, je risque juste d'attraper un ou deux coups de soleil...

"Salut, petit..."

Aïe.
Et éventuellement de me faire aborder par un vieux pervers...
Qui c'est, ce lourdingue? Il vient s'asseoir à côté de moi, et je le connais même pas!

"Euh...bon...bonjour...on se connait?

-Oh, tu m'as déjà oublié? Ca fait pourtant pas longtemps..."

Il me prend pour quelqu'un d'autre...j'ai jamais vu sa gueule!
Je m'en souviendrais! Une tête pareille, ça s'oublie pas!
Des lèvres énormes...une taille bien au-dessus de la moyenne...une peau brune...une coupe de cheveux au rasoir...un regard de fou...
Une seconde...finalement...je l'aurais pas déjà vu quelque part? Mais où? J'ai jamais dragué qui que ce s...
Oh non...

"Le...le bar...vous êtes...l'homme que...qui était au bar...et...et que...j'ai embrassé? Hein?

-Héhéhé...tu as failli me laisser ton numéro, mais un de tes potes est intervenu juste avant. T'étais un peu bourré, non?

-Si...mais, eeeuh...je suis désolé, je...je tiens pas du tout l'alcool, et...j'étais vraiment pas moi-même...pardon si je vous ai choqué..."

Je me lève et me prépare à partir.
J'ai absolument pas envie de rester à côté d'un mec aussi louche...

"Attends, me fait-il en m'agrippant le bras. T'es pressé? Reste ici...

-Mais je suis pressé!

-Eh bien, tant pis. Tu sais que t'es mignon? Enfin, un peu maigrichon à mon goût, mais bon...

-Qu..."

Oh non... Il me tire le bras pour me faire asseoir... Canas, qu'est-ce que tu fiches? Viens me sauver!

"Ton nom, c'est Erk, c'est ça? Tu me l'avais dit, l'autre jour...

-Euuuuh...non, je...je l'ai inventé!

-Tu ne sais pas mentir.

-Laissez-moi! Je dois partir!

-Caaaaalme...me dis pas que t'aimes pas ce genre de situation...et puis..."

Ha! Il...il se penche vers mon épaule...il...il est en train de...de me sentir...?
Un miracle, s'il-vous-plaît!

"...T'as un rendez-vous galant, ou c'est ton odeur habituelle?

-Nnn...arrêtez...

-Oooh, pas la peine de jouer les Sainte-Nitouche avec moi. Tu m'as dit que t'étais homo, l'autre jour...et puis, c'est toi qui m'a abordé le premier..."

Je suis mal... Je suis vraiment mal! Y a personne de secourable, dans ce bas monde? Dans ce parc?
Eh...il...il s'approche...il baisse la tête...
Oh non...il veut...?
"Décrispe-toi un peu...de toute façon, t'es pas du genre fidèle, ça saute aux yeux...

-Qu...quoi?

-L'autre jour, j'avais le coeur brisé quand t'as embrassé tous ces autres mecs...aujourd'hui, je t'ai retrouvé par hasard...alors j'en profite..."

Il...il délire, ce connard!
Il va...il va m'embrasser!
Sauve-moi, Canas!

"Euh...excusez-moi, mais...qu'est-ce que vous faîtes?"

Ah!
Enfin!
Il vient d'arriver...il a l'air surpris de me voir avec ce malade...

"Dis donc, c'est lui ton petit copain? me fait l'homme. Mouais...bôf...

-Ca, euh...ça vous embêterait de le lâcher? bredouille Canas d'un air faussement menaçant.

-Ouais, ça m'ferait mal. On dirait un chevalier en armure dorée! continue-t-il en ricanant.

-Je...je vous préviens, je...lâchez-le!

-Sinon quoi?

-Eh bien...euh...je...

-Tu quoi?"

Purée...d'où il parle comme ça à Canas, ce fils de chien?

"Allez, casse-toi, fait l'homme à Canas. T'es pas assez dégourdi pour avoir un copain aussi jeune. Il va te filer entre les doigts...

-Dites donc, ça vous regarde? répond Canas, qui commence à s'énerver. Je vous en prie, allez plutôt draguer des gens de votre âge, espèce de vieux porc!

-Quoi? Quoi quoi quoi? T'essaies de jouer les durs? Tu veux le protéger?"

Aïe! Il se lève!
Ils vont pas se battre, quand même?
Je le sens mal pour Canas...il est pas du genre musclé, et le type qu'il a en face de lui est une vraie montagne!

"Allez, qu'est-ce que t'attends? fait cet enfoiré. Viens, frappe-moi!

-J'ai pas envie de m'abaisser à ça, répond Canas en venant vers moi. Tout ce que je veux, c'est que vous arrêtiez d'ennuyer Erk. Viens, on y va..." ajoute-t-il à mon adresse en me tendant la main.

Je m'apprête à la saisir, mais j'entends un bruit juste avant de pouvoir faire quoi que ce soit.
Canas a l'air surpris...il s'effondre, à genoux, les bras et la tête sur le banc.
Il a osé.
Il l'a frappé par derrière.
J'vais l'tuer.

"Il était pas bien résistant, ton copain...dit l'homme. Allez, viens...

-Dis donc, CONNARD!"

C'est plus moi qui parle. C'est un Erk totalement irraisonné, furax, et dont chacune des fibres, des molécules, des atomes qui le composent sont pleines d'envie de vengeance et de meurtre.
Je vais l'tuer.
Je me lève et me dirige vers lui.

"Ca te prend souvent, d'insulter les gens et de les frapper par derrière comme un gros rat? Y a pas plus diplomate que Canas, et les seuls qui osent le frapper, c'est les débiles mentaux! T'oses me faire des avances? Mais je m'en souviens, moi, de ce baiser! T'avais une haleine de porc! J'ai dû me retenir de gerber après ça! En plus, t'es cinglé! Con! Et méchant! T'as rien pour toi, t'entends? RIEN!"

BAF

Ouh làlà. Je l'ai giflé.
Je me demande si j'ai pas un peu dépassé les bornes.
...Naaaaan.
Il se frotte la joue, encore sous le choc...je crois que je ferais mieux de partir.
J'aide Canas à se lever.

"Bye, connard! fais-je à l'homme avant de partir. J'ai oublié ton nom!"

On se dépêche de s'en aller, Canas et moi...on est presque en train de courir.
Après un bon quart d'heure, on s'arrête près d'une boutique de fleurs pour souffler un peu.
Canas me sourit.

"Je ne savais pas que tu étais capable de sortir de tes gonds comme ça, me dit-il en riant légèrement. Tu l'as même giflé!

-Ben, il t'avais frappé, je pouvais pas rester sans rien faire...

-Je me sens nul. Je n'ai même pas réussi à te protéger...

-Mais...mais si! Si il ne t'avait pas frappé, j'aurais jamais osé me rebeller!"

On commence à marcher côte à côte. Je ne le regarde pas, mais lui, je sens qu'il me fixe...

"Tuuuu sors souvent dans ce genre de tenue? me demande-t-il au bout d'un moment.

-Bien sûr, réponds-je. Tous les jours. J'aime me balader en rose, parfumé et épilé, pour aller faire des courses.

-...Je vois."

Silence complet.
Il a saisi le ton ironique, je pense.

"Parce que tu t'es aussi épilé? me fait-il, incrédule, après quelques minutes. Tu t'es vraiment préparé...

-Si tu rigoles, je te tue, dis-je en baissant la tête. J'ai souffert, moi. Et toi?

-Hé non. Je...ne savais pas trop comment m'habiller...j'ai jamais eu de vrai rendez-vous...alors j'ai fait simple."

En effet, je viens de me rendre compte que je n'ai même pas pris le temps de le détailler.
Il a une chemise longue, ouverte, qui laisse entrevoir un t-shirt violet avec un symbole Shaman, et il a un pantalon baggy marron.
Ca fait très "ado attardé", cette tenue.
Mais j'ai franchement pas ma place pour critiquer les vêtements des autres.
Je me rends compte d'un chose, tout d'un coup...

"Qu'est-ce que t'as fait de ton monocle?

-Ca? répond-il. Troqué contre une lentille...

-T'es myope?

-Juste d'un oeil. J'ai une malformation de naissance. Tiens...on est où?"

Je jette un coup d'oeil autour de nous, surpris par cette question. On a tellement marché qu'on est sorti de la ville...je connais bien cet endroit, je m'y suis déjà promené deux ou trois fois...

"Ca s'appelle un champ, Canassucre, dis-je d'un ton un peu railleur. C'est un endroit où des gens font pousser des choses...

-Je vois bien, merci, fait-il d'un sourire un peu énervé, mais je ne savais pas qu'il y avait ce genre d'endroit aussi proche de la ville.

-Ils utilisent peut-être de l'Anima pour faire pousser malgré la pollution...

-Et...ce coin nature...il va loin?

-Jusqu'à la prochaine ville, une vingtaine de kilomètres.

-Ca te dirait, comme premier rendez-vous...une balade en pleine nature?"

Il rougit un peu en me disant ça...il est mignon...

"Ok..."

Le début de l'été doit être la plus belle saison, par ici; on ne se lasse pas d'admirer le paysage, en parlant de tout, et de rien...je ne me soucie même plus d'essayer de lui parler des conséquences d'une relation comme la nôtre.
Il n'y a plus que nous deux.
On se tient par la main.
Et ça nous suffit...pour l'instant.

---

"Ca me rappelle un peu les randonnées avec Monsieur Pent, cette ballade" dis-je au bout d'un certain temps.

Nous sommes assis dans l'herbe, tous les deux, les bras croisés sur les genoux...
La pensée de mes tuteurs me revient en mémoire...c'est le retour brutal à la réalité. Il va falloir que l'on se sépare, et que l'on rentre.

"Dis donc, fait Canas en regardant le ciel, ils avaient prévu quel temps, à la météo?"

J'entends un coup de tonnerre.
Les nuages sont arrivés d'un seul coup...et on est à je ne sais plus quelle distance de la ville...
Une formidable opportunité s'offre au jeune empoté que je suis. Et j'vais pas me gêner pour en profiter.

"Viens, fais-je en saisissant la main de Canas. On va trouver un coin où s'abriter le temps que ça se calme.

-Jamais deux sans trois...dit-il en courant à ma suite.

-Hein?

-Rien, rien..."

Ah, je vois une vieille ferme abandonnée, là-bas...je la connais, personne n'y habite depuis presque vingt ans. Mais elle est en ruine...elle ne nous protègerait pas de la pluie.
On y va quand même.

"Erk! Je te signale que cette ferme ne nous abritera pas!

-Et la grange, réponds-je, c'est pour les cochons?

-Ben, je crois qu'à l'origine, oui...

-C'est une expression, 'bécile! Viens!"

La grange, c'est le seul endroit de la ferme qui soit encore relativement en bon état. Lorsque nous ouvrons la porte, Canas repère une réserve de paille dans un coin. Il propose que l'on se repose dessus en attendant la fin de la tempête.

"T'es fou, elle doit être pourrie! lui dis-je en le voyant la disposer en deux petits tas bien égaux.

-Meuh non, ils ont dû utiliser un produit pour la conserver, regarde la couleur...et elle ne sent pas mauvais..."

Nous nous installons tous les deux, il m'enveloppe avec sa longue chemise pour me sécher, et nous regardons la pluie et les éclairs tomber sur la plaine à travers la porte entrouverte.
Difficile de croire qu'à quelques dizaines de kilomètres, se trouve la ville...on se croirait éloigné de tout...seuls...
Et c'est très bien comme ça.

"C'est plutôt confortable, ici, en fait...dit Canas. Il ne manque qu'une chose pour compléter le tableau...

-Un livre?" ris-je.

Je sens une de ses mains se poser tout doucement sur ma nuque, et l'autre, sur ma joue...il tourne mon visage vers le sien... Et m'embrasse.
Même si ce baiser reste chaste, même si ça fait très "film-à-l'eau-de-rose", c'est le meilleur baiser du monde.
Il reste un peu sur mes lèvres, les yeux fermés...moi, je les garde à moitié ouverts...
Je suppose que c'est un genre de compensation pour la vie de chien que j'ai menée jusqu'ici.
Ca me va!

La pluie ne s'arrête pas un instant, et l'orage s'intensifie.
Au bout de deux heures, je finis par appeler Madame Louise.

"Où es-tu? Tu veux que je vienne te chercher? demande-t-elle après m'avoir fait part de son habituel sang d'encre lorsque je dépasse les 18 heures 30 pour rentrer.

-Vous ne me trouverez pas, je suis dans une fermette abandonnée, loin de la ville...

-J'arrive tout d'suite!"

Elle a raccroché... Evidemment, forcément, c'est Madame Louise, à quoi je m'attendais?
Et elle va voir Canas, en plus...elle va savoir que je suis...

"Alors, qu'est-ce qu'elle a dit? me demande Canas.

-Elle...elle arrive..."

Il a l'air aussi étonné que moi. Moins, peut-être; il ne sait pas ce dont Madame Louise est capable, parfois...

"C'est dommage, fait-il en souriant. Je serais bien resté dormir ici, avec toi...

-M-moi aussi..."

Environ une heure plus tard, la pluie commence à diminuer. Ce qui nous permet d'entendre ceci:

"EEEEEEEEEEEEEEEEEEERK! TU ES LA?"

Je réveille Canas, qui s'était à moitié endormi sur mon épaule.

"M'DAME LOUISE! ON EST DANS LA GRANGE!

-J'ARRIVE!

-Oh, déjà...dommage...murmure Canas en bâillant. Bon, ben...retour à la relation prof-élève...

-Ouais..."

Il m'ébouriffe un peu les cheveux, puis se dirige vers la porte de la grange et l'ouvre complètement.

"Mme, nous sommes ici...

-Ah...M. Canas? Que faites-vous ici?"

Même si on s'attend à ce genre de question, on a toujours du mal à improviser une réponse plausible.
Je viens donc au secours de Canas et invite Madame Louise à rentrer.

"Je me suis tellement inquiétée! me fait-elle en me serrant dans ses bras lorsqu'elle me voit. Cet orage est si violent! Viens, on va rentrer! M. Canas, venez aussi!

-Merci beaucoup, Mme" fait-il en souriant, apparemment heureux de ne pas avoir eu à lui mentir.

Nous sortons tous les trois de la grange et courons vers la petite voiture de ma tutrice.

---

La soirée se passe sans encombre...La famille de Canas étant chez sa belle-mère, il rentre seul dans son appartement, apparemment triste de ne pas pouvoir voir son fils.
Je lui fais un petit signe de la main, comme n'importe qui ferait à un ami...j'aurais bien aimé rester avec lui pour la nuit...

D'un coup, j'ai une petite projection mentale: je nous vois, tous les deux, le matin, dans la paille, les cheveux ébouriffés, des brindilles un peu partout,
le soleil sur sa peau nue...et je me colle une petite gifle pour me réveiller.

On a déjà dormi ensemble deux fois. Mais, dans cette image, j'ai l'impression qu'on partage quelque chose de plus...dans la paille, tout nu...
Ce n'est plus du tout un simple coup de foudre...je crois que, tous les deux, on va vivre quelque chose qui va durer...
Ca ne va pas être simple, mais...on trouvera bien une solution...

"Erk? dit Madame Louise en nous conduisant vers la maison. Ca ne va pas? Tu as attrapé froid?

-Non, non...ça va, merci...

-Alors, comment ça se fait que M. Canas était avec toi?

-Oh...on...on a fait une petite balade...comme ça...dans la nature...et on a été surpris par l'orage...

-Tu as raison d'entretenir des liens amicaux. Même si c'est ton prof, c'est quand même un homme...bon, il est un peu plus âgé que toi, mais vous pouvez parfaitement être amis en dehors du travail!

-Un peu comme un collègue de travail, vous voulez dire?

-Exactement!"

C'est vrai, ça...pourquoi les profs n'ont-ils pas le droit de sortir avec leurs élèves, alors que des employés de bureau, si?
Quand on est consentant et mature, où est le problème?
Les adultes sont vraiment tordus...

Enfin...cette journée n'était pas désagréable...vivement la prochaine sortie!

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Youkouuuuu, devinez qui c'eeeeeeest!
-Une débile!
-Comment vous avez deviné?

Erk commence vraiment à penser comme une nana. Enfin. Désolée de vous avoir fait attendre pour ce chap, mais bon...(comme je suppose que vous avez pas que ça à faire de lire des fics, je me pardonne à moi-même)
J'ai quand même noté quelque chose de flippant.
Canas ressemble à mon père.
Si. J'vous jure.

Exemple:
Vaida: Brûlez-moi ces livres!
Canas: Oui, tout de suite TT

Moi: Papa, apporte-moi ça!
Mon popa: Oui, tout de suite TT

En tout cas, c'est pratique. J'ai un modèle psychologique pour ma fic, maintenant. Même si je l'utilise jamais.
Aaah, le premier rendez-vous! Le premier bisou! Et le deuxième! (je compte pas celui de Erk quand il était bourré. Non mais)
Eh si, la ballade à la campagne est le lieu de rendez-vous le plus apprécié des zamoureux! Ca m'avait paru romantique, comme ça... En tout cas, merci bien, Renn, de m'avoir aidée à me rendre compte que, pour la scène un peu yaoi, vallait mieux attendre un peu...c'est vrai, quoi, il est pudique, notre Erkinouchet...et Canassucre aussi!
Allez, ce fut un long bla-bla pour un long chapitre!
Au prochain! En attendant, merci à tous les revieweurs et toutes les revieweuses d'avoir mis autant de commentaires sympa, soyez béni sur 100 générations!
Et d'avance, merci d'en poster encore plein! ('zavez intérêt, non mais!)