Je suis désolééééééééée de mettre si longtemps à écrire… En plus j'ai l'impression que c'est de pire en pire, raaaaaah, quelle horreur… C'est trop dur de garder le même style qu'au début !! TT Mais il était grand temps qu'il se passe quelque chose, aussi… -.-'' C'est vraiment dur en gardant la même structure…
Bref, voilà le chapitre 3, ne me jugez pas trop sévèrement, siouplaît !
Je vais essayer de faire mieux à l'avenir… et plus vite !
Et je m'excuse pour ces chapitres supra-courts, mais en fait c'est la construction générale que j'ai prévue pour la fic qui veut ça… Avec plein de petits paragraphes et tout…
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Chapitre 3
Je suis brisé.
Merde.
Qu'est-ce que je fous là ?
C'est quoi ce silence ?
Pourquoi il pleut ?
Pourquoi je suis allongé dans la boue ?
Pourquoi je peux pas bouger ?
Pourquoi j'ai mal partout ?
Purée, mais qu'est-ce qu'il s'est passée ?
Zut, je me rappelle de rien…
Je me rappelle de rien…
De rien…
De rien.
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Souffrance intense, chaleur apaisante. Une flamme légère qui réchauffe, qui aime, qui brûle et qui blesse. Des crépitements légers s'élèvent dans un silence pur, douce mélodie pour accompagner mon réveil. J'ouvre les yeux.
Je me sens lourd, les muscles ankylosés, douloureux d'immobilité. Ma vision est floue. Je ne distingue rien. Dans ma tête, un brouillard total. Du noir, du mal. Impossible de réfléchir, de ma rappeler, ou même de juste essayer.
Je reste hébété, horizontal, sans faire le moindre effort pour me lever ou appeler. De toute façon, je ne m'en sens pas capable. Bouger le moindre doigt me semble insurmontable. J'ai comme l'impression que je n'ai rien à foutre à l'endroit où je me trouve. Mais j'ignore pourquoi je ressens cela.
Ma vision s'accommode lentement. Au-dessus de moi, un plafond de bois aux jointures prêtes à céder semble me surveiller. Que craint-il de moi ? L'odeur d'un feu me chatouille les narines. Elle aussi voudrait me dire quelque chose. Le monde entier me parle mais je me bouche les oreilles. C'est comme si je ne voulais rien entendre. Je ne comprends pas non plus pourquoi je réagis ainsi, mais mon corps le fait tout seul.
Rien.
Je ne veux rien savoir.
S'il-vous-plaît.
Disparaissez.
Que tout meure.
Le calme et le néant, pour l'éternité…
Qu'est-ce qui me prend ? Pourquoi j'ai de telles pensées ? C'est idiot, n'est-ce pas ?
Mais je suis perdu. Une immense barrière se dresse dans mon esprit et m'emprisonne, ou plutôt, elle me rejette à l'extérieur de moi-même. M'empêchant d'accéder à ce que je suis. A ce que j'étais. A ce que je ne suis peut-être déjà plus, tout compte fait.
En tout cas, une chose est sûre. Je ne me rappelle de rien, et certainement pas d'être venu ici. Je suis persuadé de n'avoir encore jamais vu cette pièce. Je me demande à quoi je pouvais bien être occupé, avant de m'endormir…
Quoi ?
Comment ?
Je…
Blanc.
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Un second réveil, une seconde résurrection. Mais je me sens mieux. Reposé, les idées claires.
Pourtant, il y a toujours ce mur dans mon cerveau, qui se dresse entre moi et mes souvenirs, muraille infranchissable, que j'aimerais franchir mais je n'ose. J'ai peur.
Je ne suis pas un cheval, après tout. Ou alors peut-être, mais un cheval fatigué, blessé, vaincu. Pourtant, je vais mieux, c'est indiscutable, parce que la vie est toujours la plus forte, même quand on cesse de la souhaiter. Mais j'aimerais savoir. J'aimerais connaître la réponse à mes questions.
Sans doute, je pourrais me lever, je pourrais parler, je pourrais continuer mais ma gorge se serre à m'empêcher de respirer car je me sens triste à en mourir. Cette peine indescriptible ruine ma volonté. Un sanglot s'étrangle tout seul dans ma gorge, une larme coule sur ma joue. Je suis vraiment dans un sale état. Et je ne me souviens pas de ce qui m'a détruit à un tel point. Mais je ne sais pas encore ce que je veux. Car je pourrais choisir. Enfin, je crois.
Gauche ou droite ?
Avancer ou reculer ?
Blanc ou noir ?
Vivre ou mourir ?
Mais je ne sais, je ne sais, car dans mon esprit ne règne plus que le néant.
Je ne sais même plus mon nom.
Si seulement je savais qui m'a spolié de tout ce que je possédais…
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Je n'ai pas entendu la porte s'ouvrir. La voix, lorsqu'elle résonne, me fait sursauter. Pourtant, il n'y pas de quoi : c'est un timbre doux, empreint de bonté. Celui d'un vieil homme courbé, voûté, la main crispée sur sa canne, les jambes tremblantes. Et pourtant, ses mains paraissent habiles, ses paroles résonnent avec force. Une force qu'en dépit de ma jeunesse, je suis tellement loin de posséder… Sa seule vue me fait comprendre l'étendue du fossé qui nous sépare. Il est vieux, mais droit, fier, digne. Il a vécu et il sait. Alors que je suis jeune mais blessé, brisé, privé de mes souvenirs. Mon passé s'est enfui et ne m'offre plus d'avenir. J'ignore, j'ai peur de savoir, et j'en ai honte.
- Alors, tu es enfin réveillé, mon garçon ? C'est bien.
Des paroles simples. Un constat, mais pas de question, pas de jugement. Il semble bien peu se soucier de qui je suis. De toute façon, je serais bien en peine de le lui apprendre.
Il traverse à petit pas une pièce dénudée, propre, bien rangée, mais dépourvue de la moindre valeur. Un pauvre de chez pauvre, vivant dans une précarité totale. Une lumière.
- Alors, voyons tes pansements, ajoute-t-il en s'approchant.
Mes pansements ?
Ah oui, j'en suis couvert. Les bras, les jambes, la tête, même les doigts. Ils me font d'ailleurs encore souffrir, je m'en rends compte maintenant. Qu'est-ce qui a bien pu m'arriver ? Un accident ?
Je laisse sagement le vieux m'examiner. Je suis moi-même effaré face à la laideur de mes plaies. Des ecchymoses grosses comme des pommes parsèment mes bras et mes jambes, d'une couleur hésitant entre le noir et le mauve, en passant par toutes les nuances du violacé.
- Excusez-moi, mais depuis quand suis-je ici ?
- Oh ! Cela va faire un mois environ.
Un mois… mais qu'a-t-il bien pu m'arriver ?
Si je seulement je pouvais savoir… Si je seulement je pouvais me rappeler… Mais je suis vide. Tellement vide. J'en viens même à me demander si j'ai jamais possédé quelque chose à moi.
Ai-je vécu ?
Je l'ignore.
Est-ce que je désire savoir ?
Je l'ignore aussi.
Mais cet être qui m'a recueilli, ce vieil homme qui m'a tout donné alors qu'il ne possède rien, cet homme est mon seul espoir maintenant. La fatigue me nargue encore. Je bois une soupe épaisse comme un gruau avant de re-sombrer dans un sommeil sans rêve.
