Été
Pour rien au monde elle n'aurait raté ça ! Les feux d'artifices ! Ils avaient lieu tous les étés selon une antique tradition et Tenten y assistait chaque année depuis qu'elle était toute petite. Alors aujourd'hui ne ferait pas exception à la règle.
- Attend-moi Neji !!
Et voilà ! Un seul instant perdu dans ses pensées et il l'avait distancé…
Gai-sensei et Lee était déjà partis ensemble, sachant qu'ils pouvaient compté sur Neji pour attendre Tenten à leur place. Heureusement qu'il y en avait au moins un de fiable dans le lot…
La jeune fille parvint enfin à la hauteur de Neji – ce qui n'était pas une mince affaire puisqu'elle s'était vêtue d'un yukata pour l'occasion. Elle observa Neji, habillé d'un kimono bleu et blanc, ses cheveux noirs attachés en arrière, elle le trouva sobre mais incroyablement classe. Et son esprit divaguant, elle ne put s'empêcher de formuler à voix haute ce que son imaginaire venait de lui montrer :
- Tu sais quoi Neji ? Un sabre à la ceinture et on jurerait un vrai samourai !
Tout en sachant que ledit Neji s'en souciait comme d'une guigne…Mais quelle idiote ! Elle ne pouvait vraiment pas s'empêcher de dire tout ce qu'elle pensait !
La nuit commençait à tomber et la chaleur étouffante de la journée s'estompait peu à peu. Tenten pressa le pas. Ça allait commencer !
Les lumières filtrant à travers les lampions colorés illuminaient le village répandant une atmosphère chaleureuse. Les villageois s'étaient rassemblés autour d'un verre, discutant et riant ensemble. Tenten adorait cette ambiance de fête, conviviale et détendue. Elle croisa quelques genin de sa connaissance qu'elle salua avec joie. Et, oh surprise ! Même l'austère famille Hyûga était de la partie. Lorsque Neji aperçu son oncle, il délaissa Tenten pour aller le saluer comme il convenait à un chef de famille ou une personne que l'on respecte profondément.
La jeune fille se retrouva alors livrée à elle-même. Mais décidée à ne pas se laisser abattre, elle prit l'initiative d'aller se payer un verre en attendant que son équipier en ait fini avec ce qu'elle pensait être le protocole des grandes familles. Peut-être finirait-elle par trouver les deux inséparables de son équipe…
Une fois servie, Tenten farfouilla dans son porte-monnaie tout en remerciant sa mère en silence pour lui avoir fait penser de l'emmener. Mais au moment où elle allait donner l'argent à la paume avide du serveur, quelqu'un stoppa son geste et y fourra des billets à sa place.
- Je paye la consommation d'la p'tite demoiselle ! annonça une voix forte et enrouée par l'alcool.
Ça commençait bien…Voilà qu'elle se faisait aborder par des ivrognes maintenant ! – et évidemment, le serveur se fichait de qui avait donné l'argent tant qu'il avait son dû.
Elle se retourna pour observer le « gentleman ». Un vieux schnock en plus ! Ah non…un jeune finalement. L'effet de l'alcool sûrement. L'ébriété faisait vieillir prématurément. Voilà la grande révélation du jour de Tenten…
- Alors on est toute seule ma jolie, continua-t-il d'une voix qu'il voulait certainement enjôleuse – en tout cas ce n'était pas réussi.
Bien sûr que non qu'elle n'était pas toute seule ! Elle attendait, nuance.
L'homme fit un signe de la main pour inviter deux de ses amis à venir le rejoindre. Et trois alcoolos pour le prix d'un ! Elle avait vraiment de la veine aujourd'hui…
Pendant que les trois acolytes tentaient de lui parler dans un dialecte étrange – langage des bourrés – elle essayait de repérer Neji par-dessus leurs épaules. Elle le trouva discutant avec son oncle – encore ! S'il ne revenait pas vite, elle ne répondrait plus de ses actes et les trois crétins bourrés allaient finir au tapis. En effet, Tenten était réputée pour avoir la main assez leste en général – Lee en avait déjà fait plusieurs fois les frais.
Neji jeta un coup d'œil dans sa direction (Par le Saint Hokage merci ! pensa Tenten) et fronça discrètement les sourcils, mais pas assez pour que son oncle ne le remarque pas. Celui-ci lui chuchota alors quelques mots et Neji quitta son chef de famille pour se diriger vers sa co-équipière.
Lorsque l'un des hommes aperçu Neji, il pâlit. Quand il se plaça à côté de Tenten, les trois ivrognes blêmirent carrément. Puis, quand Neji la prit par la taille et l'entraîna avec lui, les trois hommes soupirèrent, soulagés.
Parfait Neji ! Quel tact ! Quel sens de la diplomatie ! Pas comme Tenten. Une minute de plus et les ivrognes empestant la sueur et l'alcool finissaient la tête encastrée dans la table du vendeur de boissons. En partant, la jeune fille résista à l'envie de leur dire au revoir d'un signe de la main tout en les voyant disparaître au loin (ils auraient pu prendre ça pour une invitation !).
Une fois assez éloigné, Neji la relâcha.
- Je ne pensais pas que tu étais aussi maigre, constata-t-il.
- Ah bon ?
Elle grimaça. Elle ne tenait vraiment pas à ressembler à toutes ces filles à moitié anémiques. De retour à la maison, elle mangerait un pot de chocolat, et jusqu'à la dernière cuillerée ! Mais son problème s'éclipsa très vite lorsqu'elle vit un banc qui donnait sur l'endroit d'où serait lancé le feu d'artifice.
- Ça te dit de t'installer sur ce banc pour regarder ? demanda-t-elle sans vraiment attendre de réponse.
Neji haussa les épaules pendant qu'elle se précipitait déjà dessus pour s'asseoir. Quelle chance ! En plus d'avoir une vue imprenable, elle était assise confortablement. Que demander de plus !
Soudain, elle sentit ses cheveux retomber en cascade sur ses épaules. Neji s'installa à ses côtés et lui tendit les baguettes qu'il venait de lui retirer.
- Pour une fois, dit-il alors qu'il les lui remettait.
Pour une fois qu'elle acceptait de mettre ses stupides fanfreluches oui !
- Tu es mieux ainsi, ajouta-t-il.
Rien que pour ce compliment, elle venait aussitôt de le pardonner.
- Bah ! De toute façon, je ne suis pas vraiment jolie.
Accoudé sur ses genoux, il tourna la tête vers elle et lui demanda :
- Pourquoi ?
La question piège !
- Bah…je sais pas…on ne me l'a jamais dit, répondit-elle maladroitement.
- Et si moi je te dis que tu es jolie, dit-il d'une voix neutre.
D'habitude, elle ne rougissait jamais quand il la regardait. Mais à ce moment-là, elle ne put empêcher le rouge de venir s'étaler sur ses joues, en première ligne. Un véritable désastre…Ressaisis-toi Tenten ! Il a fait une simple déclara…constatation ! Ça n'engage à rien ! Ce n'est pas du tout le moment de flancher !
Neji se redressa. Et sans que Tenten ne sache véritablement ce qui était en train de se passer, ils se rapprochèrent. Quand ils réalisèrent qu'ils étaient bien trop proche, il était déjà trop tard. Au loin, le ciel éclata en milliers de couleurs. Des fusées sifflaient et éclosaient en une myriade de fleurs.
- On ne regarde pas le feu d'artifice ? demanda Tenten.
- Tu en as envie ?
Et pour la première fois de sa vie, elle répondit :
- Non.
Autant dire qu'en cet instant, elle s'en fichait royalement. Elle avait juste envie de rester avec lui. Ici. Sur ce banc. Et ne jamais quitter son regard.
