Chapitre 2 :

Charlie et Amita aidaient Larry sur la dernière invention de celui-ci dans la salle de séjour. Alan les regardait d'un air sceptique. Ce qu'il voyait ne le rassurer pas. Charlie, Amita et Larry avaient en effet réalisé un grand caisson de forme cylindrique et avaient placés une plaque chauffante au fond du cylindre, ainsi qu'une plaque de contreplaqué pour modéliser une couche d'air chaud stable. Charlie avait percé sur le caisson un trou de diamètre variable tandis qu'Amita avait installé des bombes d'air réfrigérant pour provoquer de l'air froid. Mais Alan était surtout inquiet de voir Larry se tenir à proximité d'une casserole remplie d'eau avec un sèche-cheveux brancher dans les mains.

« Vous pouvez m'expliquer ce que vous faites. Ne me dites pas que vous projetez de faire exploser la maison ? ».

« Non, rassurez-vous Alan » lui a répondu Larry. « Nous essayons tout simplement de réaliser une tornade ».

« Une tornade ? Mais pour quoi faire ? ».

« Larry participe au 10e concours de l'inventeur de l'année organisé par le département de physique.» A répondu Charlie.

« Et le projet de Larry cette année est de réaliser un dispositif mettant en évidence les facteurs déclenchant une tornade. » A continué Amita.

«Alors comme ça, après le concours d'avions en papier, celui du lancer de raisin et après avoir inventé votre espèce de robot pour faire avancer votre voiture, vous vous lancez dans les tornades.» A constaté Alan en regardant Larry. Il était toujours aussi sceptique.

« Exactement. Et croyez-moi Alan, je compte bien gagner cette année. »

« Et comment vous allez vous y prendre ? »

« Grâce à ce caisson. Il permet d'étudier les paramètres influant la naissance des tornades. » A expliqué Larry.

« Bien, alors nous avons notre réserve d'eau chaude, une colonne d'air ascendant dans une zone plus froide et le sèche-cheveux pour faire du vent…Bon, je crois qu'on n'a rien oublié. On peut commencer notre expérience ».

« Attendez, Attendez. Vous êtes vraiment sûr de ce que vous faites ? » A demandé Alan.

« Oui, ne t'inquiètes pas papa. Tout est sous contrôle ». Charlie essayait de rassurer son père tout en fermant le cylindre avec une porte en plexiglas.

Alan n'a pas pu s'empêcher de se reculer tout de même. « On devrait peut-être avertir les pompiers avant. Juste pour le cas où les choses tourneraient mal. Vous ne croyez-pas ? ». Il n'a reçu aucune réponse. « Ne prenez pas la peine de me répondre surtout. Je ne veux pas vous déranger ».

Amita a placé la casserole d'eau sur la plaque chauffante et un mouvement naturel de la vapeur chaude dans le cylindre s'est produit. Larry commençait à se réjouir mais il a vite déchanté. En essayant de créer un enroulement, le sèche-cheveux dispersait tellement de vapeur qu'il était impossible d'observer quelque chose dans le cylindre. Charlie a alors essayé de faire varier le diamètre de la colonne d'air chaud, mais sans succès. Les trois expérimentateurs ont alors lâchés des soupirs de déception. La déception était encore plus évidente dans les yeux de Larry.

« Il nous faudrait un dispositif plus voyant. Avec une quantité importante de vapeur » A constaté Charlie.

« Nous pourrions utilisés un projecteur de fumée. La colonne d'air ascendant serait beaucoup plus visible je pense. » A proposé Amita.

« Ouais, ben, vous ferez ça un autre jour. En attendant les enfants, il va falloir m'aider à mettre la table si vous voulez manger ». Alan n'était pas mécontent de l'échec de cette petite expérience et espérait secrètement qu'il ne serait pas témoin de la prochaine. Ou du moins, il espérait qu'elle aura lieu ailleurs que dans la maison.

« C'est la voiture de Don que je viens d'entendre ?» A-t-il demandé en entendant le bruit sourd du moteur d'un SUV.

- « J'en ai bien l'impression » a répondu Charlie.

- « Parfait ! Je vais réchauffer la nourriture et alors on pourra se régaler ! »


Quelques minutes plus tard, la table était mise et le dîner était prêt. Mais Don n'était toujours pas entré dans la maison.

« Où est Don ? Il n'est toujours pas entré ? » a demandé Alan en déposant un plat sur la table.

« Non. Oh, il est sûrement tombé sur un voisin » a répondu Charlie, qui commençait déjà à se servir en pommes de terre. « Tu sais que je l'ai déjà surpris à écouter les commérages de notre voisin? » A demandé Charlie à son père par espièglerie.

Au lieu de répondre, Alan, inquiet, est allé regarder à la fenêtre. Ce qu'il a vu lui a jeté un froid dans le dos. Don se penchait contre l'armature de la porte de son SUV et donnait l'impression de lutter pour respirer.

- « Charlie ! Ton frère fait un malaise ! » A hurlé Alan en ouvrant la porte.

Il s'est précipité dehors et a attrapé son fils avant qu'il ne s'effondre à terre.

« Je te tiens Donnie. Respire mon grand. Respire ! » a ordonné Alan en étendant Don à terre. « Oh Donnie, tu es brûlant ! ».

« Charlie ! Appelle le 911, vite ! ».

Charlie qui s'était précipité dehors avec Larry et Amita a fait demi-tour et s'est jeté sur le téléphone.

« Donnie, tu peux m'entendre ? C'est papa ! Donnie ? ».

Pour toute réponse, Don s'est mis à tousser et à cracher du sang.

« Oh mon dieu, c'est du sang ! » S'est exclamé Larry, horrifier.

« Il entre en état de choc. Je vais chercher une couverture pour arrêter les tremblements. Ils augmentent sa fièvre.» A dit Amita qui, en se retournant pour aller dans la maison, s'est heurtée à Charlie.

« Les secours arrivent. » A informé Charlie en s'agenouillant à côté de son frère. Il a passé ses doigts dans les cheveux de son grand frère, essayant de lui offrir tout le réconfort qu'il pouvait. « Oh, Don. Accroche-toi. On va bien s'occuper de toi. Tout va bien se passer, je te le promets. Tu m'entends ? Don ?».

Don n'a pas répondu. Sa quinte de toux sanguinolente l'avait épuisé et avait aggravé sa respiration. Plus il combattait pour prendre son soufflemoins il y avait d'air dans ses poumons

- « Accroches-toi mon garçon, accroches-toi. Je t'en prie. » A imploré Alan en berçant son fils contre son torse. Son souci est monté en flèche en constatant que le visage de Don prenait une teinte bleuâtre due à un défaut d'oxygénation.

Amita est revenue avec la couverture et a couvert Don avec l'aide de Charlie et de Larry. Les tremblements ont diminués mais n'ont pas cessé.

Après ce qui a paru être une éternité, ils ont entendus les sirènes de l'ambulance.


« Don ! L'aide est ici ! Don, ouvre tes yeux. Je sais que tu peux le faire. S'il te plaît, ne me laisse pas. » A pleuré Charlie en se levant pour laisser la place aux infirmiers.

L'un des infirmiers a placé un masque d'oxygène sur le visage de Don pendant que l'autre contrôlait son impulsion et sa tension.

- « Sa tension artérielle est très basse et il a 120 pulsations par minute ».

- « Tachycardie ?»

- «J'en ai peur ».

- « Il est sans connaissance depuis combien de temps ? » A demandé l'un des infirmiers à Alan qui tenait toujours Don dans ses bras.

- « Seulement quelques minutes avant votre arrivée. Il avait dû mal à respirer et il crachait du sang ».

- « Oui je vois. La coloration bleue de sa peau est une cyanose due à sa détresse respiratoire » A informé l'infirmier.

- « Il montre tous les signes d'une embolie pulmonaire. J'entends un râle sous crépitant et son cœur bat comme un cheval au galop » a constaté l'autre infirmier après avoir ausculté Don.

Sans perdre plus de temps, les infirmiers ont placé Don sur un brancard et l'ont chargé dans l'ambulance.

« Je monte avec vous. » A dit Alan dans une tonalité qui indiquait qu'il n'était pas ouvert à la discussion.

« J'allais vous le demander » lui a répondu l'un des infirmiers.

« On se retrouve à l'hôpital Charlie. Charlie ? Tu m'entends ? » A demandé Alan, tirant son plus jeune fils de sa stupeur.

« Oui. Allez-y Alan. Ne vous en faites pas. On s'occupe de Charlie.» A répondu Larry.

Satisfait, Alan est monté dans l'ambulance. Les portes se sont refermées sur lui.

Dans l'ambulance, Alan encourageait son fils pour qu'il reprenne conscience.

« Donnie, ouvre tes yeux. Laisse-moi voir tes beaux yeux dont raffolent toutes les femmes. S'il te plaît Don, tu peux le faire. Un petit effort.»

Alan a redoublé ses efforts lorsqu'il a constaté que les paupières de son fils contracter. Après quelques minutes, ses efforts ont été récompensés. Les yeux se Don s'ouvraient en une fente. Son regard a dérivé à l'intérieur de l'ambulance avant de se poser sur son père. Celui-ci a eu un haut le cœur en voyant à quel point Don était désorienté et en douleur.

« Oh Donnie ! » A soupiré tristement Alan. « Ne t'inquiètes pas. Ça va aller ».

« Essayez de le maintenir éveillé jusqu'à ce qu'il soit pris en charge par un médecin. » Lui a dit l'infirmier en insérant une intraveineuse dans le bras gauche de Don.

Jusqu'à ce qu'ils aient atteint la salle de secours, Alan avait réussi à maintenir son fils éveillé en lui chuchotant des mots doux dans son oreille et en l'apaisant par des caresses sur sa joue. Mais après avoir vaillamment combattu pour rester conscient et s'être accrocher désespérément aux mots de son père, Don a sombré une nouvelle fois dans l'obscurité.

« Non Donnie ! Ne fait pas ça. Je t'en prie ouvre tes yeux ! Donnie ! Donnie !».

Essayant désespérément de réveiller Don, Alan ne prêtait pas attention à la bourrasque d'activité qui se dérouler autour de lui et entendait à peine ce que lui disait l'infirmière.

« Monsieur, vous devez partir. Vous m'entendez Monsieur ? Vous devez partir pour que l'on puisse s'occuper de votre fils».

N'obtenant aucune réponse, l'infirmière a forcé Alan à sortir en le tirant par le bras.

A contre cœur, Alan a déposé un baiser sur le front de Don et a lâché sa main. La dernière chose qu'il a vue en sortant de la salle de secours était la lutte acharnée des médecins pour sauver la vie de son fils.

A suivre.