Chapitre 4 :
Alan et Charlie ont eu tous les deux un haut le cœur en voyant Don, étendu sur le lit, inconscient. L'un comme l'autre ne se rappelaient pas avoir déjà vu Don aussi faible mais surtout aussi fragile. Don a toujours été le fort de la famille. Il a toujours été le roc sur lequel chacun pouvait s'appuyer. Le roc ne s'était jamais émietté jusqu'à aujourd'hui. Charlie disait toujours, depuis sa plus tendre enfance, que son grand frère était indestructible, que même les héros aux supers pouvoirs ne lui arrivaient pas à la cheville. Il ne pouvait pas croire que la personne, à l'air si vulnérable, située sur le lit devant lui était son frère, le héros dont il recherchait toujours l'approbation.
Il a regardé son père et a constaté q'il partageait ses sentiments. Sans dire un mot, ils se sont approchés de Don et se sont assis dans les deux fauteuils situés près du lit. Alan a pris celui se trouvant sur la droite de Don tandis que Charlie prenait celui de gauche.
Avant de poser son regard sur son frère, Charlie a regardé les machines qui entourer le lit. Tout cet équipement médical l'impressionnait, en particulier le moniteur cardiaque et le respirateur, mais il a trouvé un peu de réconfort en se disant qu'il était là pour aider son frère. Satisfait de n'entendre aucune alarme et de ne voir aucun voyant s'allumait de manière suspecte, le jeune génie a dévisagé son frère. Le teint de celui-ci était excessivement pâle, pour ne pas dire translucide. Le seul point positif était qu'il avait perdu sa coloration bleutée. Doucement et soigneusement pour ne pas déranger la perfusion insérée dans le bras gauche de Don, Charlie a pris la main de son frère et a tracé de petits cercles avec son pouce. Il s'est surpris à prier une nouvelle fois pour avoir la force de soutenir son frère.
En regardant son fils, Alan n'a pas pu empêcher les larmes, qu'il avait jusqu'à présent réussi à retenir, coulées le long de ses joues. Voir son aîné dans cet état lui rappelait tellement la maladie de sa défunte épouse. Don ressemblait tellement à sa mère et le voir ici, dans un lit d'hôpital, ne faisait que rouvrir ses blessures à peine cicatriser. Don ne ressemblait pas seulement physiquement à sa mère, il avait aussi hérité de son caractère. Tout comme sa mère, il faisait passer le bien être de sa famille avant le sien. Alan était persuadé que Don n'avait pas avoué qu'il ne se sentait pas bien pour ne pas l'inquiéter et pour ne pas inquiéter son frère. Il a caressé les cheveux de son fils avec une main et, de son autre main, il a imité les gestes de Charlie avec la main droite de Don.
Charlie et Alan ont été interrompus dans leurs pensées par l'entrée de l'infirmière. Elle s'apprêtait à leur dire qu'ils pouvaient revenir demain pendant les heures de visite mais en voyant leurs expressions dévastées et leurs regards remplis de soucis, elle leur a simplement dit qu'il pouvait rester cette nuit. Alan et Charlie l'ont remercié et elle est sortie de la chambre après leur avoir adresser un petit sourire.
Le lendemain matin, Charlie s'est réveillé en sursaut en entendant du bruit dans la chambre. Il a rapidement regardé son frère. Celui-ci était toujours inconscient et son père était toujours endormi. Il a alors porté son regard sur les machines mais là aussi il n'y avait aucun changement. J'ai dû rêver. Il a sursauté lorsqu'il a senti une main sur son épaule. Il s'est retourné et a été soulager de voir Amita et Larry.
« Excuse-nous Charlie. On ne voulait pas te faire peur. » S'est excusé Amita.
« Non. Ce n'est rien. Je suis juste un peu nerveux ».
« C'est parfaitement compréhensible Charles. On ne le serait pas moins ».
« Merci Larry ».
En entendant les voix des nouveaux arrivants, Alan, comme Charlie, s'est réveillé brusquement. Et comme Charlie, son regard s'est immédiatement posé sur Don et les machines avant de se rendre compte que les voies appartenaient à Larry et à Amita.
« Oh, bonjour. Merci d'être venu ».
« C'est normal Alan. Amita et moi avons prévenu l'équipe de Don. Megan a dit qu'ils passeront dans la matinée ».
A ce moment là, l'infirmière est entrée dans la chambre et a examiné Don.
- « Du nouveau ? » A demandé Alan.
- « Sa fièvre est toujours aussi élevée et il n'y a aucune amélioration mais son état est stable ».
Charlie et Alan ne savaient pas s'ils devaient être déçus ou soulagés que son état soit stable. En voyant leur incertitude, Betsy, l'infirmière de jour, s'est empressée d'ajouter : « Je sais que vous auriez préféré que je vous dise que Don va mieux. Je ne le connais pas aussi bien que vous mais il m'a tout l'air d'être un homme fort et vigoureux. Je suis sûre que son état va s'améliorer. Un joli garçon comme lui, ça serait dommage ! ». Constatant qu'elle avait réussi à relever un peu le moral d'Alan et de Charlie, elle a ajouté : « Vous devriez aller déjeuner. Je vous appellerais s'il y a du changement ». En voyant leur désapprobation, elle a continué : « Vous devez prendre des forces si vous voulez être là pour Don lorsqu'il ira mieux ». Betsy a reposé le diagramme de Don et est sortie de la pièce.
« Charlie, l'infirmière a raison. Tu devrais aller déjeuner. Moi je reste ici ».
« Non, je ne veux pas laisser Don ».
« Charlie, tu dois manger».
« Toi aussi ».
« Bien. Ecoutes Charlie. On va faire un marché toi et moi. Tu vas aller déjeuner avec Amita et Larry pendant que moi je reste au chevet de Donnie. Puis quand tu reviendras, j'irais déjeuner et tu resteras avec ton frère. Comme cela, il ne sera jamais seul. Je te préviendrais si quelque chose se passe ».
« Ton père a raison Charlie. » A appuyé Amita.
« D'accord. Mais ce sera un petit déjeuner rapide ».
Convaincu, Charlie a suivi à contre cœur Amita et Larry à la cafétéria de l'hôpital.
Une fois seul dans la chambre, Alan a reporté toute son attention à son fils. Il s'est penché en avant et l'a embrassé sur le front. Puis il a tracé de petits cercles avec sa main droite au dessus du cœur de Don.
« Donnie, tu m'entends ? ».
Alan fixait attentivement le visage de Don, espérant y voir une quelconque réaction. Il a lâché un soupir de déception lorsqu'il a constaté que Don restait insensible. Mais cela n'a pas découragé Alan.
« Donnie, je sais que tu peux m'entendre…C'est drôle, j'ai toujours pensé que si un jour je devais te trouver dans cet état, ce serait à cause d'une balle, d'un coup de couteau ou je ne sais quoi encore. Je n'ai jamais pensé que ce serait à cause de la maladie. C'est vrai, tu tombes rarement malade. Pour ainsi dire jamais ».
« Tu sais, quand tu m'a dis que tu entrais au FBI, je m'étais dit que j'avais raté ton éducation. J'avais cru que tu faisais ça uniquement pour te différencier de ton frère et de nous. Ta mère et moi, on faisait quand même parti des Californiens pacifistes ! On pensait tous que le FBI n'était qu'une agence à la solde du gouvernement qui avait seulement pour ambition d'arrêter arbitrairement les opposants à la politique du président. On accusait le FBI de tous les maux de la terre. Et même des maux les plus inimaginables ! Mais tu m'as prouvé que j'avais tort. Tu es un sacré agent Don. Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as choisi de faire un métier aussi dangereux mais j'ai fini par l'accepter. J'ai compris que ce travail, le terrain, l'adrénaline sont tes raisons de vivre. C'est ta passion et je ne peux rien faire contre. Tout petit déjà tu adorés jouer aux gendarmes et aux voleurs ! Et Charlie en avait fait les frais !
« Tu m'as ouvert les yeux sur le travail du FBI. Tu m'as fait comprendre que le FBI c'est beaucoup plus que former des agents à tenir une arme et à faire feu. Non, le FBI c'est aussi sauvé des vies, c'est ne pas laisser des morts inexpliquées, c'est faire en sorte que les citoyens de ce pays puisse dormir tranquille la nuit. Le monde a besoin de personnes comme toi Donnie.» Alan a de nouveau lâché un soupir de déception en voyant que Don ne réagissait toujours pas. « Je suis fier de toi Donnie. Malgré toutes les horreurs que tu vois tous les jours dans ton travail, des horreurs que je ne peux même pas imaginer, tu as su préserver ton humanité et faire preuve de compassion envers les victimes ».
Ne quittant pas son fils du regard et continuant à tracer des cercles sur son torse, Alan a repensé à la conversation qu'il avait eu avec lui, juste après son retour de Bucarest. Il avait remarqué que Don avait été particulièrement affecté par sa dernière affaire.
- « Tu as besoin d'un peu de compagnie ?» Avait demandé Alan en s'approchant de Don qui était assis près de l'étang de koi. Son fils avait levé la tête mais n'avait pas répondu. « Et d'une bière ». Avait rapidement ajouté Alan en lui tendant une bouteille. Don l'avait accepté avec reconnaissance en lui adressant un sourire. Déterminer à ne pas laisser son fils seul avec ses démons,, Alan s'était assis à côté de lui. Après un long moment de silence, Don avait commencé à lui parler de la dernière affaire.
- « Papa, tu peux me dire dans quel monde on vit ? »
-«Alors là, je crois que tu es le mieux placer pour répondre à cette question…Agent spécial Don Eppes ».
- « Tu te rends compte que des milliers d'enfants de part le monde, voir des millions, sont exploités économiquement ou sexuellement ? Ils peuvent être exploités comme enfants soldats, travailleurs agricoles, domestiques, et je ne sais quoi d'autres encore. Ceux qu'on a trouvé étaient exploités dans des ateliers de misère et travaillaient 20 heures par jour. A peine nourri et ne voyant jamais la lumière du jour.
Alan n'avait pas répondu, laissant Don continuer.
« La plupart de ces enfants n'avaient plus de parents ou n'en avaient plus qu'un seul. D'autres ont été remis volontairement par leurs parents ou leurs tuteurs aux trafiquants en échange d'un peu d'argent. Il y a même des parents qui ont abandonnés leurs gosses sans contrepartie. Les trafiquants leurs avaient fait croire que c'était une occasion pour leurs enfants d'acquérir une formation professionnelle et d'être une source de revenu !
« Donnie, tu ne peux pas sauver tout le monde. »
« Je sais bien. C'est juste qu'il y a des jours où j'ai vraiment l'impression que mon travail… ce n'est rien d'autre que de cracher dans l'océan ! »
« Non Donnie. Tu ne craches pas dans l'océan. Je regrette de ne pas avoir su trouver les mots pour te réconforter ce jour-là. Tu sais ce qu'on dit : un petit pas pour l'homme, un grand bon pour l'humanité ! ».
Alan a froncé les sourcils en se rendant compte que Don était de plus en plus chaud et que son visage était en sueur. Il a mis sa main sur le front de son fils et a été horrifié de constater qu'il était extrêmement brûlant.
« Donnie ! »
Alan a commencé à paniquer lorsque le moniteur cardiaque s'est mis à s'emballer brusquement. Il a regardé tétaniser les nombres qui étaient passés en quelques secondes de 70 à 150 ! Avant même qu'il ait atteint le bouton pour prévenir l'infirmière, celle-ci est entrée en trombe dans la chambre suivie de deux autres infirmières et du médecin.
A suivre
