Auteur : Gayana
Bêta Lectrice : Unicorn
Titre : A l'ombre de la Mort
Série : Gundam Wing
Genre : Yaoï, Romance, UA
Résumé : Chapitre 01, Quatre accompagne Heero à l'hôpital. Son état est-il grave ?
Disclaimer : Bien sûr les Gboys ne sont pas à moi, mais l'histoire si.
Note01: Merci beaucoup à toutes vos reviews, ca fait toujours plaisir. Hésitez pas à continuer , ca motive
A l'Ombre de la Mort
Chapitre 01 : Coma Carus
Il était presque 13h lorsque l'hôpital Greenberg vit entrer en trombe deux urgentistes poussant une civière avec un blessé, accompagné d'un homme livide, sûrement un de ces amis. Le docteur Chang regarda rapidement l'état du blessé.
-Que s'est-il passé ? Demanda t'il aux urgentistes.
-Il s'est fait renverser par une voiture, il y a 30 minutes.
-Emmenez-le en radiologie. Puis se retournant vers l'accompagnateur. « Je vais vous demander de remplir une fiche d'inscription au bureau des infirmiers. On va l'examiner, et lui faire passer des radios. Après quoi, on vous appellera pour vous dire ce qu'il en est. »
Tout cela avait été dit d'une manière mécanique. Quatre n'eut pas le temps de répliquer que le docteur repartait pour d'autres consultations. Il chercha des yeux quelques instants le bureau des infirmiers. Il s'approcha, frappa à la porte. Aucune Réponse. Il prit le parti d'entrer, et s'aperçut que la salle était vide. Il décida d'attendre sur place. Au bout de quelques minutes, un infirmier entra enfin.
-Bonjour, c'est pourquoi ?
-Je dois remplir une fiche d'admission, si j'ai bien compris. Répondit Quatre.
L'infirmier, d'un air blasé, lui donna la fiche et un stylo. Puis il lui indiqua qu'il devait patienter dans la salle d'attente.
Au bout de deux bonnes heures d'attentes interminables, Quatre tournait toujours en rond. Il commençait à en avoir marre des gamins qui hurlaient pour aller faire pipi, des gens qui gueulaient car ils n'avaient pas encore été examiner, et que ça n'allait pas assez vite …
Il n'attendait qu'une chose, qu'on lui dise si son ami allait bien. Il avait déjà téléphoné au bureau pour leur expliquer la situation, ainsi qu'à Réléna, qui ne pouvait malheureusement pas venir le rejoindre pour le moment.
Soudain, un homme en blouse blanche, assez grand, et les cheveux châtains arriva à la porte de la salle d'entrer le nez plongé dans ses fiches.
-La famille de M. Yuy, s'il vous plaît. Dit-il en relevant la tête pour s'adresser à son auditoire.
Quatre se leva d'un bon, et s'approcha du docteur.
-Oui, je suis là.
-Nous allons devoir opérer votre… ami. J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c'est qu'il n'a que la jambe droite de casser et qu'une petite opération, suivit de quelques semaines de plâtre devraient suffire.
Quatre hocha la tête, attendant ce qu'allait être la mauvaise nouvelle. Son estomac se resserra lorsque le médecin fit une pause dans son récit.
-La mauvaise nouvelle, continua t-il, est que votre ami est en coma carus à la suite d'une commotion cérébrale. C'est-à-dire en coma profond. Cela arrive souvent après ce type d'accident. Il va subir un scanner cérébral et va être transféré en neurochirurgie.
Quatre devint livide, il s'assit sur la chaise la plus proche. Le docteur Barton, s'avança et s'accroupit devant lui.
-C'est grave ? Je veux dire, c'est un coma dont on revient n'est ce pas ?
C'était avec une voix quelque peu chevrotante que Quatre avait posé cette question, ces yeux implorant une réponse positive. Pourtant le Dr Barton, ne pouvait pas occulter la vérité malgré la tristesse qu'il ressentait chaque fois plus intensément lorsqu'il devait annoncer ce type de nouvelle. Il répondit d'une voix professionnelle mais tout de même ampli de compassion.
- Ce type de coma n'est pas à prendre à la légère. Nous ne pouvons savoir combien de temps il restera dans cet état léthargique, cela peut durer seulement quelques heures ou des mois. Tout dépend de lui.
-Puis-je le voir ? Demanda t-il tel une supplique.
-Non, pas pour le moment. A cet instant, il est en salle d'opération pour sa jambe. Vous ne pourrez pas le voir aujourd'hui.
-Bien. Répondit-il dépité. Quand puis-je revenir ?
Le docteur réfléchit quelques instants.
-Je pense que dès demain se sera possible.
-Bien je reviendrai demain dans ce cas. .. Docteur, est ce vous qui vous en occuperez ?
-Oui, le docteur Chang est chirurgien, il s'occupe de sa jambe. Moi je suis neurochirurgien, je m'occuperai de son état.
Quatre hocha la tête, remercia le médecin. La mort dans l'âme il sortit, et alla rejoindre Réléna, pour la mettre au courant. A elle aussi, ça lui ferait un choc. Il faudrait qu'il prenne des gants pour le lui dire.
¤¤¤
Je ne sais pas ce que je fais là, ni depuis combien de temps je suis là, tout ce que je sais c'est qu'il fait noir. Il fait nuit noire. J'ai l'impression d'être dans un épais brouillard, et pourtant il n'en est rien.
J'essaye de me souvenir. Comment suis-je arrivé ici ? Je me revois au resto avec Quatre, je me revois traverser la rue. Oh! Ça y est, j'y suis. La voiture. Une voiture m'a heurtée… Et depuis je suis là.
C'est fou, je devrai être paniqué à l'idée d'être sûrement mort, et pourtant je n'en ai cure. Comme si, tout cela ne me touchait pas et qu'après tout, c'est la vie.
La seule chose qui me glace le sang, c'est ce noir. Partout. En fait, mourir c'est comme vivre, sauf qu'on est dans le noir. Ca n'a encore moins de sens au final. Et dire que certains nous bassine avec leur « lumière au fond du tunnel. » Je n'ai pas dû prendre le bon embranchement parce que là, je ne vois pas la lumière!
A vrai dire, je ne pourrai même pas dire, si je suis debout, assis ou couché. Je ne sens plus mon corps. Et comme je ne le vois pas, je ne pourrais même pas dire si je suis toujours dans mon corps ou non.
C'est bizarre, j'ai l'impression de sentir des mouvements près de moi, et pourtant.. Il n'y a rien. Il n'y a rien, hein?
Je deviens fou moi. Mort et fou, c'est une bonne équation. Peut être devrai-je me rendormir pour un temps.
Je ne sais même pas si j'ai les yeux ouverts ou fermés, c'est vraiment étrange comme sensation.
Ce qui me paraît le plus étrange, c'est que si moi je suis « conscient » comment se fait-il qu'il n'y est personne, avec le nombre de milliards de morts qui devraient être là. Me serais-je réellement trompé d'embranchement quelques parts ?
Il paraît qu'on voit sa vie défiler devant ses yeux quand on meurt. Ca ne devait pas être coché sur ma fiche, moi j'ai juste le droit au noir le plus complet.
Bon allez, on va tenter d'avancer un peu. On ne sait jamais. Et puis de toute façon je n'ai pas grand-chose d'autre à faire.
¤¤¤
Le Docteur Barton déposa le dossier médical du nouvellement transféré dans son service.
-M. Maxwell ! Regardez ce dossier et dites moi ce que vous en pensez.
Le dit Maxwell stoppa sa discussion avec sa collègue pour prendre le dossier et l'examiner. Cela faisait maintenant deux mois qu'il était rentré dans cet hôpital à titre d'interne. Pour l'instant, il faisait grosso-modo le boulot d'un infirmier sans compter les mini interrogations du docteur Barton. Il réfléchit quelques instants sur les données présentes et répondit avec sérieux :
-Hé bien ! Je pense qu'un scanner nous en apprendrait plus sur son état ainsi qu'une étude des voix sensitivomotrices pourrait nous aider à définir son niveau de coma. A première vue, le patient souffre d'un trauma post-choc donc, il devrait revenir à lui d'ici quelques jours.
Le docteur Barton haussa un sourcil.
-Faites attention à ce que vous dites, Monsieur Maxwell. N'émettez jamais de conclusions trop hâtives, sur ce type de cas, car vous n'en savez rien. Effectivement, après ce type d'accident, le coma est fréquent et peut ne durer que quelques jours, mais rien ne l'affirme. Ne donnez pas de faux espoirs à ces proches.
Maxwel avait baissé la tête devant son erreur. Barton se retourna vers l'infirmière qui était restée à proximité.
-Melle Pô, Veuillez inscrire dans le planning que M. Maxwell s'occupera seul de ce patient. Il doit apprendre que « coma » n'est pas qu'un mot qu'un professeur balance pendant un cours.
L'infirmière hocha la tête, pris le dossier des mains de l'interne pour inscrire les références du patient sur le planning, tandis que le docteur Barton s'en allait vers d'autres patients.
-Hé ben, il n'était pas à prendre avec des pincettes aujourd'hui. Lança t-il pour rendre le sourire à sa collègue.
-Duo, tu devrais apprendre à mesurer tes paroles. Sa mère a été de nombreux mois en coma profond. Il sait ce que c'est que d'attendre le réveil d'une personne.
-…
-Vous devriez apprendre à tourner votre langue sept fois dans votre bouche, M. Maxwell. Dit-elle avec un ton qui se voulait sérieux, mais qui ne trompait personne.
-Bon alors, il est où ce patient ?
-Hum… Chambre 108. Viens je t'accompagne.
Duo ouvrit la porte, et ce qu'il vit lui fit perdre le sourire. Un jeune homme d'une vingtaine d'année était allongé sur le lit, connecté à diverses machines. L'infirmière, regarda son visage se décomposé et lui mit la main sur l'épaule pour le réconforter.
-Ne fait pas cette tête là ! Ces machines ne sont là que pour voir s'il a supporté l'opération de sa jambe. Tu pourras le débrancher dès demain.
-Ok Sally. Mais Barton a raison, balancer les mots dans un amphi c'est simple, mais y être confronté …
Duo se rapprocha du lit sans faire de bruit.
-Il a presque l'air endormi. C'est dommage, il est pas mal en plus. Dit-il avec le regard malicieux.
-Duo ! Là je t'arrête tout de suite ! Ce genre de considérations ne peut que t'apporter des problèmes !
-Oh! Si on peut plus rigoler… Répondit-il, la moue boudeuse. Dit, tu crois qu'il peut nous entendre ?
-Je n'en sais rien. Certains disent que oui, que les patients peuvent même se le rappeler à leur réveil, que ça leur sert de thérapie. D'autres affirment que ça ne sert à rien, que le cerveau n'est pas connecté à notre monde. Mais bavard comme tu es, tu ferais parler un mort, je ne me fais pas de souci quant à ta thérapie.
La jeune infirmière regarda promptement sa montre avant de continuer à parler.
-Bon Duo, je te laisse avec lui. C'est l'heure de la piqûre du 320. Lança t-elle avant de sortir de la chambre.
Duo la regarda s'en allez et reporta son attention sur le jeune homme brun, pardon, sur le patient. Il jeta un œil sur son dossier médical puis sur le patient qu'il détailla un moment. Il était plutôt jeune, vingt-cinq ans à tout casser, des cheveux bruns quelques peu hirsutes, une corpulence assez fine et un visage doux presque paisible. Duo secoua la tête pour penser à autre chose et sortit de la chambre précipitamment. Nan mais franchement, quelle idée avait eu son supérieur de lui refiler ce patient. Etait-ce seulement le boulot d'un interne ?
De toute façon pour ce soir, tout avait déjà été fait par ses collègues. Il déposa le dossier médical sur le comptoir des secrétaires médicales et se dirigea vers le vestiaire pour, enfin, rentrer chez lui.
¤¤¤
Le lendemain matin, Duo était revenu, avec sa joie naturelle, à son poste. Sifflotant, il se dirigea jusqu'à la chambre de son patient. Il ouvrit la porte et lui parla comme s'il était conscient. Ca lui rendra les choses plus faciles.
-Bonjour Heero Yuy. Comment ça va aujourd'hui ? Pas trop fatigué ? Je pense que tu ne m'en voudras pas de t'appeler Heero, hein ?
Il s'arrêta un instant et le regarda légèrement attristé par tous ces tuyaux.
-Bon allez, aujourd'hui, on enlève tous ces tuyaux. Apparemment, tu n'as pas eu de contrecoup suite à l'opération. Et puis, si tu as des visiteurs, se sera quand même mieux pour eux de te voir sans tout ça.
Tout en parlant gaiement, il retira l'ensemble des machines. Il soupira en pensant à sa prochaine tâche : la toilette du patient. Il n'avait jamais aimé cette partie là de son travail. Bien que, ici, au moins il lavait des corps chauds… inertes certes... Mais vivant. C'était encore pire lorsqu'il avait été affecté à la morgue, laver les cadavres n'était vraiment pas ragoûtant. C'est donc avec autant de sérieux que de professionnalisme qu'il finit la toilette de son patient, car après tout, ce n'était qu'un patient parmi tant d'autres. Une fois sa tâche finie, il le réinstalla dans son lit, de telle manière qu'il paraisse seulement endormi. Cela rendait les choses plus faciles pour les proches.
Soudain, la porte s'ouvrit sur un petit blondinet, accompagnée d'une jeune fille. Celle-ci porta sa main à sa bouche et s'élança sur le lit.
-Heero !
Quatre s'avança aussi et salua l'infirmier.
-Bonjour, nous sommes des amis de Heero Yuy. Y a-t-il eut une amélioration ?
Duo tenta de prendre un air sérieux et de se rappeler les recommandations de son supérieur.
-Hé bien ! Vous savez, il est rare qu'une amélioration survienne après seulement une journée. Mais nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour l'aider à se sortir de là.
Réléna releva la tête vers l'infirmier.
-Peut-on lui parler ? Peut-il nous entendre ?
-Ca on ne peut en être certain, mais cela ne peut être que bénéfique pour lui d'entendre des voix qu'il connaît.
Duo repris le dossier médical en main, et se dirigea vers la sortir. Il n'aimait jamais beaucoup expliquer aux proches, qu'après tout on ne pouvait pas faire grand-chose de plus que de le maintenir en vie le temps qu'il revienne à lui. Arrivée sur le pas de la porte, il se retourna pour leur signifier que si d'autres de ses proches arrivaient, ils ne pouvaient être que deux à entrer dans la chambre.
Quatre et Réléna acquiescèrent. Evidemment, cet infirmier ne pouvait pas imaginer qu'ils seraient les seuls à lui rendre visite. Ces parents étant décédés cinq plutôt, lui laissant pour seule famille une vieille grand-mère gâteuse, qu'il avait enterré quelques mois auparavant. Ils restèrent donc à son chevet pendant plusieurs heures, discutant de temps à autres avec l'infirmier qui le prenait en charge.
C'est ainsi que ce déroula le temps durant plusieurs mois. La semaine, Duo s'occupait avec soin de son patient, remplacé de temps à autres par Sally, lorsque celui-ci avait son jour de congé. Et chaque samedi, Quatre et Réléna passaient voir si une moindre amélioration avait eu lieu. Et chaque fois, la réponse du docteur Barton restait la même :
-Depuis la dernière fois, rien. Il réagit mieux aux stimuli mais rien de bien significatif laissant entrevoir un réveil prochain.
Et pourtant il se passait quelque chose. Chaque jour Heero avançait dans le noir inlassablement.
Mais quelque chose avait changé …
A Suivre …
