Auteur : Gayana

Bêta Lectrice : Unicorn

Titre : A l'ombre de la Mort

Série : Gundam Wing

Genre : Yaoï, Romance, UA

Résumé : Chapitre 02, Heero dans le coma, Duo doit s'occuper de lui … et si Sally décidait de s'en mêler ?

Disclaimer : Bien sûr les Gboys ne sont pas à moi, mais l'histoire si.

Note : Désolée pour le retard, j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre TT.


A l'Ombre de la Mort

Chapitre 02 : Trahison


Cela faisait maintenant trois mois qu'Heero était plongé dans le coma. Pour ses proches, il était toujours endormi paisiblement. De temps à autre il répondait à certains stimuli mais rien ne laissait présager un réveil. Comme leur répondaient les médecins et infirmiers, seul le patient peut décider se réveiller ou non. La question était donc, Heero avait-il envie de rouvrir les yeux et de revenir à sa vie d'avant ? Il n'était pas difficile d'imaginer sa réponse.

Cela faisait donc trois mois qu'Heero avançait à l'aveugle espérant trouver quelque chose ou, quelqu'un dans son monde des morts. Mais aujourd'hui, il n'avançait plus avec la même envie, le même besoin de savoir. Depuis quelques temps déjà, il entendait quelqu'un. Il ne le voyait pas, et ne comprenait pas toujours ce que cette voix lui racontait tant elle était lointaine, mais depuis lors il se sentait mieux. Il n'était plus seul face à l'obscurité. Mais il avançait toujours, avec pour seul but de se rapprocher de cette voix. Mais comment savoir où se diriger, la voix n'était pas toujours là. Elle revenait toujours mais il se retrouvait encore souvent seul.

De son coté Duo avait continué de s'occuper assidûment de son patient. Il prenait de plus en plus de plaisir à passer du temps dans cette chambre, à vérifier que tout allait bien, mais surtout il prenait plaisir à lui parler. Cela ne changeait pas grand-chose à l'état du patient, mais il préférait lui parler plutôt que de faire comme les amis d'Heero qui lorsqu'ils venaient faisaient une tête d'enterrement et n'ouvraient pas la bouche, le regard triste. Lui, il ressentait le besoin de lui parler, c'était sa manière de lui communiquer sa joie de vivre.

¤¤¤

A midi, la cantine de l'hôpital était en effervescence, un brouhaha ambiant régnait au sein de la pièce. Les infirmiers et docteurs allaient et venaient dans un capharnaüm étudié, et l'on entendait à peine plus loin que son voisin. Pourtant, d'habitude, une voix, un rire sortait du lot, mais cette fois-ci quelque chose était différent.

Duo était assis dans un coin de table, la tête penchée en avant, il laissait tourné sa cuillère dans son bol de soupe sans vraiment y faire attention. Le regard dans le vague, il s'aperçut à peine de l'arrivée de sa collègue et amie. Le sourire aux lèvres devant cet air penseur, elle pencha la tête de sorte à capter le regard du rêveur.

-Ca ne va pas, Duo ? Demanda t-elle quelque peu inquiète de l'étrangeté de son comportement.

-Hum. Sally. Oui ça va et toi ? Répondit-il plus par mécanisme qu'autre chose.

Pour toutes réponses, il reçut un petit coup derrière la tête de la part de sa collègue.

-Ne me raconte pas n'importe quoi ! T'as vu ta tête ? Tu crois vraiment que je vais gober ton « oui ça va et toi ? » ? Sally avait répondu avec le sourire malgré un ton assez dur, ce qui avait eu pour effet de faire apparaître une bribe de sourire sur le visage de Duo. « Si tu me disais ce qui se passe au lieu scruter ta soupe. »

Duo releva la tête et eut un sourire désolé. Il avala une cuillère de soupe et soupira.

-Ce n'est rien d'important, juste que je commence à désespérer qu'il se réveille un jour.

-De qui ? … Quoi? encore lui ? Je t'ai déjà dit d'arrêta ça ! Ok au début c'était ton petit jeu de me faire tourner en bourrique avec ça, mais là ça dépasse le simple jeu !! Tu …

-Oui je sais bien, mais que veux-tu, ça se saurait si ça pouvait se contrôler. Se défendit-il avec un maigre sourire.

-En tout cas, si tu ne te contrôles pas ça va finir par se savoir ! Tu n'as même pas encore ton diplôme que tu commences déjà à avoir un comportement pour être radié.

Sally baissa la voix avant de reprendre pour ne pas être entendu de ses autres collègues.

-Réfléchis un peu. Tu ne vas pas te gâcher la vie pour un gars qui se réveillera probablement jamais !

Duo se contenta de hausser les épaules. Bien sûr qu'il savait ce qu'il encourait s'il avait le moindre geste déplacé, c'était d'ailleurs bien pour cela qu'il se faisait violence pour rester professionnel en toutes circonstances. Bien que la « corvée de toilette » devenais réellement une corvée, mais pour d'autres raisons.

-Tu veux que je te remplace pour cette après-midi ? Je dirai au Docteur Barton que t'avais un devoir à rendre urgent. Ca te soulagera un peu. Proposa t-elle avec un clin d'œil.

Duo fit « non » de la tête avant de lui répondre avec un léger sourire.

-Ca ira t'inquiètes.

Non, il ne voulait pas qu'on le remplace, il ne loupera ce jour pour rien au monde. Aujourd'hui c'était samedi, et comme chaque samedi à 15h Quatre viendrait, accompagné ou non, rendre sa visite hebdomadaire à son ami. Et comme chaque samedi, Duo ferait la conversation à ce visiteur, ces collègues se diraient qu'il est juste aimable avec les proches des patients, mais en réalité … le samedi est le seul jour où il peut apprendre à connaître son patient.

Sally ne répondit pas, elle se doutait qu'il ne se laisserait pas remplacer aussi facilement. Mais elle le faisait pour son bien. Il ne devait pas se rapprocher autant d'un patient, si un supérieur s'en rendait compte … sa carrière s'arrêterait avant même d'avoir commencé. Et puis … comment pouvait-on s'amouracher d'un léthargique, il ne parle pas, il ne bouge pas, et lorsqu'il se réveillera, s'il se réveille, il aura en face de lui un illustre inconnu amoureux de lui. Cette situation devait cesser, autant pour Duo que pour le patient. Elle devait faire cesser cela à tout prix, même si pour ça, elle devait blesser Duo. Et puis …un jour, il comprendra.

Une fois leur repas terminé, Duo et Sally retournèrent à leur poste, la jeune femme derrière son comptoir et Duo se dirigea vers la chambre de son patient. Sally aurait bien trouvé une autre tâche à lui faire faire mais le Docteur Barton n'avait pas retiré sa « punition », et elle n'avait aucun pouvoir face à cela.

Duo rentra dans la chambre d'Heero, il commença par vérifier son pouls cardiaque et sa respiration. Visiblement, tout allait bien. L'intraveineuse destinée à fournir le patient en oligoélément était-elle aussi parfaitement fonctionnelle. Il sourit en jetant un œil sur le visage paisible de l'endormis, et s'assit sur le rebord de la fenêtre à coté du lit.

-Alors Heero, qu'allons nous faire maintenant ? Ah! J'y suis … un peu de lecture avant l'arrivée de Quatre ? Demanda t-il enthousiaste. Je vais essayer de pas te trouver un truc trop chiant …

Après quelques minutes, il revint avec la seule chose qu'il ait pu trouver à lire, le Quotidien. Il zieuta rapidement sur le sommaire avant de faire la moue.

-Hé ben, c'est passionnant tout ça ! Attentats, guerre, enlèvement, hausse des impôts … Que des bonnes nouvelles pour te faire revenir parmi nous.

Après lui avoir résumé les faits, Duo arriva sur la page des sports un peu plus gaiement et lui raconta le super but

-de … bah ce n'est pas bien important de savoir le nom mais c'était vachement bien fait... t'aurai vu ça !

Quatre entra dans la chambre au moment où Duo allait mimer le superbe shoot, et sourit en voyant le spectacle.

-J'ai bien fait d'arriver plus tôt, il me semble. Bonjour Duo. Dit-il avec un sourire franc.

-Salut Quatre. Vous allez bien ?

-Moi oui, et Heero ?

-Rien de bien significatif. Il faut être patient.

Duo avait repris une voix très professionnelle pour répondre, mais il continua avec plus de douceur dans les yeux, plus pour lui-même que pour son interlocuteur.

-Mais j'ai l'impression que parfois il peut m'entendre.

Quatre sourit en entendant ce murmure. Il aimait bien ce Duo, et il était rassurant de savoir qu'une personne aimante s'occupait d'Heero.

-Oh! en fait Duo, pour ta gouverne, Heero ne supporte pas le sport, mais je pense que tes mimes pourraient presque réussir à le faire sourire, lança t-il avec humour.

Dans la chambre, l'après midi se passa dans une bonne humeur toute relative. Duo ne cessait de poser maintes questions sur Heero, sa manière d'être, son travail. Et Quatre se faisait un plaisir de lui répondre.

Mais dans cette même chambre un être était perturbé, perturbé d'entendre si distinctement cette voix qu'il recherchait tant, perturbé de l'entendre parlé avec une autre voix qui lui semblait familière, perturbé que ce qui était devenu SA voix ne lui parle plus à lui, et ne la guide plus.

Son esprit était extrêmement agité, il bouillonnait. Il aurait voulu attraper cette voix pour la garder proche de lui, il aurait voulu rester seul dans cette obscurité, qui faisait dorénavant partie de « sa vie », avec sa voix. Il aurait voulu hurler sa détresse, d'être si proche d'elle et à la fois si loin. Pourtant, dans cette chambre, rien ne perturbait la discussion des deux hommes. Rien ne laissait entrevoir cette agitation intérieure. On ne pouvait voir que le visage d'un jeune homme paisiblement endormis.

¤¤¤

De son coté, Sally avait fait les cents pas. Elle était plusieurs fois passée à proximité de la chambre 108 et ce qu'elle y vit la conforta dans son idée. Elle devait en référer à un supérieur, elle devait faire en sorte que le Dr Barton lève sa sanction. Le Dr Barton qui justement avait fini sa journée et se préparait mettre en ordre son bureau avant de rentrer chez lui. Il jeta un coup d'œil à la porte et vit Sally dans l'embrasure.

-Entrez Melle Pô, vous vouliez quelques chose ? Demanda t-il en s'asseyant sur son fauteuil.

-Hé bien... j'aurai voulu vous parler si vous en avez encore le temps. Répondit-elle indécise.

Trowa ne répondit pas et se contenta de lui indiquer la chaise. Sally ferma donc la porte derrière elle et s'assit en face du docteur.

-J'aurai aimé vous parler de Duo, Duo Maxwell.

-Hum, n'est-il chargé de la surveillance du 108 ? Ne venez pas me dire qu'il est surchargé de travail ! Dit-il avec sévérité.

-Non non du tout, je me demandais juste s'il serait possible de l'affecter à une autre section. Cela fait presque trois mois qu'il ne fait que s'occuper de ce patient, et presque six mois qu'il est dans notre service. Il serait mieux pour lui de voir autre chose … d'apprendre autre chose.

Sally retenait presque sa respiration, son supérieur goberait­-il ce mensonge improvisé ? Elle ne voulait pas détruire la carrière de Duo, elle voulait juste l'aider à ce sortir d'une impasse dont lui-même n'avait pas conscience.

Trowa la scruta quelques instants. Il y avait quelque chose dans son comportement qui n'était pas naturel, mais d'un autre côté, elle n'avait pas tout à fait tords. Il était mieux pour un étudiant de voir à maximum de services plutôt que de se cantonner au premier que l'on trouve.

-J'y réfléchirai. Répondit-il tout en reprenant son rangement, indiquant de ce fait que la discussion était terminée.

L'infirmière sortit soulagée du bureau de son supérieur. Elle avait réussi à protéger Duo de lui-même.

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Le lendemain après midi, le Dr Barton avait pris sa décision, c'est donc d'un pas sur qu'il se dirigea vers la chambre 108. Jetant un coup d'œil à la petite fenêtre situé en haut de chaque porte, il observa quelques instants son subalterne, et ce qu'il vit le fit sourire. Ce Duo était réellement intentionné envers ses patients, plein de bonne volonté, mais s'il voulait perdurer dans le métier il devrait être plus distant. Ce type de service ne rencontrait que fort peu de fois une issue heureuse, et il finirait par perdre son regard pétillant et plein de tendresse, comme lui-même l'avait perdu au fil des années.

Duo s'était assis sur la chaise près du lit, et avait commencé à faire la lecture à son patient. Il se releva d'un bond, tenant son livre à la main, lorsque la porte s'ouvrit sur son supérieur. Trowa jeta un œil au patient, vu son état, cela ne gênerait en aucune façon qui lui apprenne la nouvelle dans ce lieu.

-Euh … Dr Barton, que puis-je faire pour vous ?

-Bonjour M. Maxwell, je voulais juste vous signalez que dès demain vous changez de service, vous serez sous les directives du Dr Chang, en...

Trowa ne put finir sa phrase, interrompu par le bruit du livre de Duo qu'il avait lâché. Ce dernier reprenant peu à peu ses esprits, restait néanmoins dans une incompréhension totale.

-Mais pourquoi ??? Je ne comprends pas, j'ai fait tout ce que vous m'avez demandé !! Je me suis attaché à … prendre soin du patient que vous m'aviez assigné ! Pourquoi me virez-vous ??

Trowa regarda l'interne avec stupéfaction, effectivement il n'avait pas vu les choses de cette manière là. C'est donc avec une voix ampli de douceur qu'il tenta d'expliquer sa décision.

-Ne le prenez comme cela Maxwell. Je vous offre simplement la possibilité de voir d'autres services. Il est préférable pour vous, que vous puissiez voir le plus de cas possibles dans un maximum de domaines… je pensais que cela vous ferez plaisir.

-Quoi ! Mais non ! je veux rester ici, je veux savoir si Heero se réveillera un jour, je veux …

-M. MAXWELL ! Votre patient est dans le coma depuis plusieurs mois déjà vous avez autre chose à faire que d'attendre son réveil ! Vous commencerez demain en chirurgie avec le Dr Chang et ce n'est PAS négociable !

Trowa sorti sans plus attendre de la pièce, agacé par la réaction de cet impertinent. Il lui offre la possibilité d'être polyvalent et, lui, se permet de contester. Mais qu'est ce qui n'allait pas dans sa tête de moineaux !

Dans la chambre, Duo était pétrifié, le livre toujours par terre et les nerfs à fleur de peau. Comment pouvait­-il lui faire ça ? Comment … il devait voir Sally ! Peut être qu'elle saurait quoi faire. Il déboula en trombe devant le comptoir alors que Sally, plongé dans ses papiers lançait un « On ne court pas dans les couloirs. » Peu convaincant. Relevant la tête, elle aperçut le visage livide de son ami.

Après avoir prévenu sa collègue qu'elle et duo prenait une pause, il se dirigèrent vers les vestiaires. S'asseyant en face de Duo, elle le laissa lui raconter les évènements. Mais sa réaction ne fût pas celle escompté par Duo.

-Mais c'est génial, Duo !! En tant qu'étudiant, tu dois voir un maximum de cas, c'est une aubaine pour toi ! Lança t-elle rayonnante de joie pour son ami.

-Mais … Sally.. Je veux rester ici moi.

Lui qui attendait du soutien de la part de son amie, sa voix s'éteignis peu à peu à sa réaction.

-Ecoute, tu n'as aucune raison de restez ici. Au moins en chirurgie, les patients ont un pourcentage de réveil beaucoup plus important qu'ici. Ton babillage servira à quelques chose.

Duo baissa la tête, évidemment elle avait raison, en tant qu'étudiant c'était une chance, mais voilà il y'avait un nouveau paramètre à caser..

-et Heero ? murmura t-il

-Duo, Heero se réveillera quand il se réveillera. Si ça peut te rassurer je m'arrangerai avec Dorothy pour m'occuper personnellement de lui. Mais tu ne dois plus penser à lui. Penses à tes études, à ta carrière.. Tu as tellement plus à penser qu'à lui.

Duo ne répondit pas, il se renferma dans un mutisme et la laissa déblatérer tout ses précieux conseils. Au bout d'un moment, Sally reparti à son travail non sans regret de voir l'état de Duo. Il était presque 18h, l'heure où il finissait sa journée. Il décida de rendre une dernière visite à Heero, puisque dès le lendemain il n'aurait plus de raison valable pour lui tenir compagnie.

Il rentra dans la chambre et ferma la porte derrière lui. Lentement, il s'avança près de lui. L'observa avec attention. Comme tous les jours depuis qu'il le veillait, il remonta la couverture sur les épaules de l'endormi, vérifia que la perfusion était bien mise, et déplaça les quelques mèches qui lui cachaient les yeux. Chaque jour pendant près de trois mois, il avait répété ces mêmes gestes tel un rituel que lui seul entretenait. Mais aujourd'hui tout était différent, les gestes avaient perdu de leur enthousiasme et vivacité, jamais plus il ne pourrait avoir ces gestes, envers ce qui était encore pour quelques minutes son patient, sans avoir l'air suspect.

Pour la première fois en trois mois, Duo s'assit au bord du lit. C'était une sensation bizarre, après tout il ne connaissait rien de ce jeune homme à part ce qu'il avait pu imaginer, et pourtant il avait nourrit au fil du temps un besoin, une nécessité d'être proche de lui. Et sous prétexte que c'était mieux pour lui et son futur, on allait le séparer de cet homme.

Sachant pertinemment que tant qu'il restera un patient il ne pourra le revoir, et que lorsqu'il se réveillera, il sera pour lui un illustre inconnu, Duo fit ce qu'il s'interdisait depuis des mois. Lentement il approcha son visage de celui de son patient, et embrassa chastement ses lèvres.

Ce baiser avait duré un instant, une seconde qui rempli le cœur de Duo, une seconde qui lui donnerai la force de continuer, une seconde que Sally n'avait pu éviter.

De l'autre coté de la porte, le Dr Barton avait par hasard assisté à la scène, il comprenait maintenant la réaction de son élève ainsi que la demande de Sally qui devait très certainement être au courant de ce petit manège. Et il se félicitait d'autant plus de sa décision de le transférer, de tels comportements ne pouvaient être approuvés mais Duo était un élève brillant, il aurait été dommage de tout arrêter là. Il continua son chemin, pour lui aussi il était l'heure de rentrer chez lui, et après une bonne nuit de sommeil, il aurait les idées plus en place.

A Suivre …