DISCLAIMER: Je promets de ne pas les faire souffrir pour rien... Heu... enfin presque... Ceci dit, comme ils ne m'appartiennent pas, je ne vais pas leur faire grand mal finalement.

Rating MMMMMMMM ouais, M quoi.

Tony, Jay et The Angel's Company

Le cri de triomphe de la grecque avait attiré le reste de la compagnie dans le salon, et brusquement la tension était palpable dans la pièce.

"Je l'ai, répéta-t-elle à mi-voix.

Abby se lança à l'eau et posa la question que tout le monde avait en tête:

"Il est ou? T'as une adresse Artémis?

La grecque hocha la tête lentement. Puis elle la secoua en signe de dénégation.

"Quoi? QUOI? Gronda Gred.

Cybélian retint son ami d'une main posée sur son bras, l'empêchant de se précipiter sur la jeune femme.

"Gred! Couché! Pas bouger! Ordonna le blond d'une voix glaciale. Et toi la Miss... Dis-nous ce que tu veux dire, ajouta-t-il plus gentiment.

"Cyb... Commença Onarluka d'une voix presque chevrotante, je veux dire que je sais où le trouver, enfin, son adresse n'est qu'une question de temps, mais...

"Mais?

"Mais, je ne sais pas à quel point Gibbs veut qu'on le cueille comme ça... Pas après ce qu'il a fait à Tony... Pas après les souffrances qu'il a provoqué...

Gred gronda de rage en essayant d'échapper à la poigne d'acier de son ami, McGee se grattait la tête et Abby échangeait de petits regards avec Maï.

"Ma chère enfant, dit Ducky, faisant sursauter tout le monde, la compagnie ayant oublié qu'il était là lui aussi. Ma chère enfant... Dites nous ce à quoi vous pensez... Ne les laissez pas vous impressionner.

"Merci Docteur Mallard... Murmura Artémis en relevant le regard.

Elle prit une inspiration et se redressa, lentement elle fit face à son auditoire et croisa les mains sur ses genoux.

"Voilà. La recherche a redémarré avec les renseignements de Tony, un numéro de compte à suffit à m'introduire dans les replis de son cerveau. De là, j'ai lancé une seconde recherche... Qui est en train de se poursuivre... Précisa-t-elle après avoir lancé un bref coup d'œil à l'écran de son ordinateur. J'ai trouvé deux de ses pseudos. De ses vies cachées. Je commence à prendre la mesure de ce type et je me dis qu'il est malin. Très malin... Pas autant que nous, mais il a bien joué son coup et il s'en est fallu de très peu qu'on ne le manque complètement. Dans quelques heures, nous l'aurons localisé. Nous pourrions le guetter et l'enlever afin de nous venger sur lui...

Le grondement de Gred fit se tourner les regards vers lui, il leva la main en signe de défaite et laissa la jeune femme poursuivre.

"Je propose qu'on le fasse venir à nous... Comme le voulait Gibbs... Je pense que c'est faisable... Dit-elle.

"En commençant par fermer ses comptes... Annonça Abby lentement.

"En annulant son permis de conduire et en signalant sa voiture volée... Ajouta Maï.

"En faisant en sorte qu'il sache que ça vienne de Gibbs... Précisa McGee.

"Sans le quitter d'une semelle, pour qu'il vienne à nous mais qu'il ne nous précède pas. Conclut Cybélian avec un sourire froid.

"Et qu'on puisse sauver le jeune homme dont il parlait dans le DVD. Dit Gred doucement.

Ducky hocha la tête et un sourire étira ses lèvres.

"Alors, mes enfants, on attend quoi? Le déluge?

"On y va Ducky man... Dit Abby en riant et en sautant au cou de son ami. Tout le monde sur le pont, on va lui mener une vie d'enfer à ce salaud... Ordonna-t-elle en s'approchant de l'ordinateur d'Artémis. Donne-nous des os à ronger ma belle. On te suit.

"Merci Abby... Ok, c'est parti. Tim? Prêt à réceptionner les infos et à les dispatcher? dit elle en se penchant vers son clavier et en faisant voler ses doigts.

"C'est parti Mylady.

"Cyb... On prépare le matos pour le tenir à vue, Maï, t'es avec nous? Proposa Gred en se tournant vers ses deux complices.

"Avec toi Gred-San. Pour le donjon, il est prêt, je suis toute à vous.

"Ok, j'appelle Fornell pour les trucs indispensables.

Siège du FBI DC.

Le téléphone portable de Fornell sonna, quand il vit que ça venait de chez Gibbs, il se précipita à l'extérieur, sautant dans sa voiture et parcourant quelques rues avant de se précipiter dans une cabine téléphonique.

Il recomposa le numéro qu'il connaissait par cœur.

"Fornell. S'annonça-t-il quand il entendit décrocher.

"Cyb. Merci d'avoir rappelé.

"Vous l'avez trouvé?

"Plus où moins, on a un plan en vue, mais on a besoin de matériel.

L'agent du FBI soupira, décidément, Gibbs et ses mercenaires prenaient le FBI pour leur fournisseur officiel.

De trucs pas très officiels...

"Donnez-moi votre liste. Je verrais ce que je peux faire.

"Vous avez de quoi noter?

"Ben tiens! Grommela l'homme en coinçant le téléphone entre son épaule et son menton et en fouillant dans ses poches pour en sortir son sacro-saint calepin. Allez-y.

Il soupira de nouveau en raccrochant le combiné quelques minutes plus tard, les mercenaires étaient raisonnables, mais ce qu'ils demandaient n'était pas non plus à la portée du premier venu et même lui, allait avoir à remplir une certaine paperasse pour l'obtenir. Il se frotta les tempes quelques instants.

"Jethro, Tony... Vous allez finir par me foutre dans la merde... J'espère que vous avez encore de la place au NCIS, parce que je ne suis pas certain d'arriver à la retraite au FBI... Marmonna-t-il en reprenant place dans sa voiture.

Clinique des Hortensias

Jethro avait rangé les vêtements de Tony et l'avait aidé à enfiler un boxer et un tee-shirt, le premier voyage vers la salle de bain s'était apparenté à une expédition, Tony avait mis cinq bonnes minutes à s'asseoir au bord du lit, et lorsqu'il avait enfin posé ses pieds par terre, il avait été plus prudent qu'avec le toubib le matin même et s'était reposé sur Jethro, prenant son temps pour faire un pas après l'autre. Sa hanche le faisait souffrir, mais il serra les dents et parvint à faire les dix pas nécessaires pour atteindre la petite pièce.

"Je suis là si tu as besoin d'aide... dit Jay en refermant la porte sur lui, laissant Tony retrouver un peu d'intimité.

Le jeune homme leva le regard vers le miroir et vit une ombre de lui même le regarder, il réalisa que son crâne avait été rasé par endroits, puisqu'à ces endroit là les cheveux avaient repoussé, mais étaient encore loin de leur longueur habituelle, il leva lentement son bras et passa sa main sur ces cheveux là. Très doux au toucher.

Il vit aussi que quelqu'un avait pris le soin de le raser régulièrement, puisqu'il n'avait pas de barbe de pirate.

Son visage n'avait pas été marqué par les coups que lui avait donné Julian, il effleura l'arcade qui avait explosé quelques jours avant les tortures et ne sentit qu'une légère bosse, un peu sensible, mais les points étaient invisibles dans ses sourcils.

Après quinze jours, l'hématome s'était estompé, ne restait qu'une vague trace jaunâtre.

Pour le reste de son corps, il préférait ne pas laisser divaguer son imagination, il sentait que son dos était raide et les muscles de ses fesses, entre dur comme de la pierre et sensible comme pas permis.

"Le pied quoi. Grommela-t-il en essayant de baisser son boxer pour satisfaire un besoin naturel.

Sans vraiment d'autre solution que de se tenir au mur d'une main tout en tentant de ne pas viser à côté de la cuvette de porcelaine.

"Et merdheuuuu... Dit-il en essayant de se retenir sans lever son bras outre mesure et en vacillant sur ses jambes. Tout en arrosant le sol.

Il tenta de rediriger le flot d'urine en essayant de ne pas perdre l'équilibre, en jurant entre ses dents.

Il sentit deux mains puissantes se poser sur ses hanches et le stabiliser, il soupira de soulagement, la présence de Jethro derrière lui le rassura.

"Désolé Boss, mais tu patauges dans la pi... Marmonna Tony en rougissant légèrement.

"Chut! Répliqua Gibbs avec une petite grimace. On va nettoyer après, t'as terminé?

"Ouaip.

"Allez, on retourne dans la chambre, c'est ok?

Jethro avait aidé Tony à retourner dans son lit, lui laissant le plus de liberté possible, préférant le voir tenter de s'en sortir tout seul et n'avait pas relevé quand les grimaces de douleur avaient déformé le beau visage de l'italien. Si Tony ne se plaignait pas, il n'y avait pas de raisons qu'il le materne de trop.

Il était retourné dans la salle de bain et avait nettoyé le sol souillé, un sourire moqueur sur les lèvres.

"Y a que lui pour arriver à me faire faire ça... Pensa-t-il en retournant dans la chambre. Il resta quelques instants à observer le jeune homme qui était allongé dans le lit, Tony avait les yeux fermé, et semblait reposer en paix.

Jethro eut un coup au cœur.

Comment avait il fait pour l'ignorer pendant si longtemps? Il était impossible à toute personne normalement constituée de ne pas remarquer Tony, et son propre aveuglement lui semblait criminel pour l'avoir conduit dans ce lit là.

"Arrête de t'en vouloir, Gibbs, lança Tony en rouvrant les yeux. Julian et moi, ça datait de bien avant toi et il aurait pu tenter de me tuer avant. Tu as été là quand il le fallait. Je ne te remercierais jamais assez.

Jethro secoua la tête en revenant près du lit, il s'assit près de son ami et passa une main dans les cheveux miel.

"Tu vas devoir te faire couper les cheveux. Constata-t-il à mi-voix.

"Tu ferais ça pour moi?

"Moi? Avec tes remarques et celles de Cait concernant ma coupe? Releva Gibbs avec un sourire.

Penser à la jeune femme devenait moins douloureux, avec ce qui était arrivé à Tony, il n'avait pas eu beaucoup de temps pour penser à elle et il s'en voulait un peu. Il avait laissé Ari vaquer à ses propres occupations et il n'allait probablement pas tarder à se manifester de nouveau.

Il était d'ailleurs étrange que le terroriste n'ai pas fait parler de lui.

"Cait... Murmura Tony.

"Désolé.

Le regard vert se posa sur lui et il secoua la tête.

"Désolé de n'avoir pas été plus présent avec toi après la mort de Caitlin. Désolé de t'avoir laissé tomber...

Un silence un peu tendu s'étendit entre eux.

"Gibbs... Reprit l'Italien à mi-voix.

"Oui?

"T'en es ou avec le salaud? Aswari, je veux dire...

Jethro se leva et se dirigea vers la fenêtre, il se passa la main dans les cheveux et soupira.

"Nulle part.

"Comment ça: nulle part? Demanda Tony en levant un sourcil.

"Nulle part. Grogna Gibbs. J'ai laissé tomber Aswari pour le moment.

"Pourquoi?

"Disons que j'avais d'autres priorités...

"Comme quoi? Insista Tony innocemment.

"DiNozzo...

"Oh... Brusquement, le jeune homme réalisa quelles avaient du être les autres priorités de Jay et qu'il figurait probablement en tête de peloton. Il rougit légèrement en croisant le regard bleu de ciel.

Jethro s'était tourné vers lui et le regardait avec insistance.

"Moi?... T'as laissé tomber Ari pour moi? Murmura Tony, submergé par une émotion intense.

"Pour qui d'autre?

"Je... Je...

Pour couper court à de nouvelles dénégations et self dépréciation de la part de son agent, Jay fit les deux pas nécessaires et se pencha vers lui, l'embrassant légèrement sur la bouche afin de le faire taire.

Le petit grondement de plaisir du jeune homme le fit sourire et il se décida à arrêter les baisers de collégiens et de passer à quelque chose d'un peu plus adulte.

Il insista à peine, pesant sur les lèvres de Tony qui s'ouvrirent docilement, lui laissant l'accès à sa bouche, très doucement, il parcourut les lèvres tentantes du bout de sa langue, et leurs regards vissés l'un à l'autre, il fit le dernier pas, effleurant la langue de Tony, le laissant répondre à ce baiser si il le voulait.

Le minuscule gémissement de plaisir le conforta dans l'exactitude de sa démarche et il se laissa aller, prenant la bouche donnée avec tant de confiance.

Le baiser les laissa à bout de souffle, mais avec une lueur de pur plaisir dans le regard.

Jay était doublement content, jamais il n'aurait pensé que les choses iraient aussi vite entre eux, surtout avec ce que Tony avait vécu.

Il avait tellement eu peur de se faire rejeter.

Un seul baiser et il était pris.

Tombé en amour.

Il attendrait.

Il attendrait que Tony soit prêt pour la suite.

Et il avait des choses à apprendre lui aussi avant de passer à des actes plus intimes avec lui. S'il se sentait prêt un jour.

"Arrête de penser Boss... Murmura Tony avec un sourire espiègle, et viens m'embrasser.

"Tu me donnes des ordres...? Constata Jethro en embrassant de nouveau le jeune homme.

Les mercenaires

Maï et Gred avaient repris leurs sac à dos et le duo était reparti en moto: direction la dernière planque de Julian.

Ils arrivèrent dans un quartier plutôt élégant, même si il était populaire et animé, quelques rues engageantes aux immeubles récemment rénovés. Le couple repéra le bâtiment dans lequel l'espagnol avait loué un appartement. Ils firent le tour du quartier afin de trouver un endroit pratique pour leur surveillance. Pas de chance, mais pas la moindre chambre à louer à proximité.

"On va pas squatter dans la rue, maugréa Maï en faisant aller et venir une sucette dans sa bouche.

"D'autant qu'il n'y a pas le moindre arbre à proximité non plus, ben, mis à part planquer dans un van quelconque, je ne vois pas...

"Ouaip...

"A moins que... Commença Gred en remarquant une affichette collée sur une vitrine.

"Que quoi?

"Qu'on trouve du boulot...

"Du boulot? Où?

"Là, ma belle, dans le café... Viens.

Quelques minutes plus tard, les deux mercenaires sortaient du café en question, pourvus chacun d'un job à mi-temps et d'une autorisation du patron pour rester dans l'arrière boutique pendant leur temps libre, arguant qu'ils étaient nouveaux venus dans la ville et n'avaient pas de logement.

Maï se porta volontaire pour le premier quart, laissant Gred prévenir le reste de l'équipe et mettre le dispositif de surveillance en place.

Ils avaient besoin d'équipement audio et vidéo discret, ceux que Fornell se chargeait de détourner du FBI. Cybélian et McGee se chargèrent de rapatrier le matos et d'équiper les lieux et l'arrière boutique du café.

Le vieil homme qui possédait la boutique profita de la présence de Maï et de sa visible habitude du service pour s'éclipser.

Non sans avoir laissé un tiroir caisse vidé de la recette du jour, il avait confiance, mais il ne fallait pas exagérer.

Il ne fallut qu'une demi-heure à Cyb pour rejoindre le café et y pénétrer, il portait les cartons, et était habillé en livreur.

Le petit côté parano ayant pris le dessus, si d'aventure Julian passait dans le coin, il ne fallait pas qu'il reconnaisse les membres de l'équipe qui se chargeait de lui.

Il y avait deux clients dans la salle et Maï fit un signe discret à son ami, le précédant dans la petite arrière boutique.

"Ce sont des étudiants, pas des habitués je crois bien, mais grouilles toi quand même, lança la chinoise avant de retourner dans la salle.

"Bien chef! Grogna Cyb en commençant à déballer le matériel.

Il installa un capteur laser audio, couplé à une caméra redirigée chez Gibbs. Une oreillette miniature trouva place dans le creux de l'oreille de Maï, celle ci donnant l'alerte à Gred dès que Julian mettrait le nez dehors.

L'installation fut soigneusement orientée vers la porte d'entrée de l'immeuble de l'espagnol.

Cyb fit un essai et Maï eut un petit sourire en entendant Abby lui hurler dans l'oreille.

"Ok. Je te laisse la belle, je retourne à mes clients. Cyb... à plus tard Ciao...

"Ok Maï. Je camoufle ça du mieux que je peux et je file.

Le mercenaire dissimula l'équipement du mieux qu'il le pu derrière des cartons vides, ils avaient eu une chance folle que la réserve soit munie de petites fenestrons, aussi petits qu'ils étaient, du moment qu'ils soient dans l'axe de l'appartement de Julian, peu importait. Et ils y étaient. Tout était parfait.

Cybélian se sauva discrètement, rejoignant McGee qui patientait dans une camionnette de livraison garée un peu plus loin.

"Alors? Demanda le jeune agent en démarrant.

"Yep... Fut la réponse laconique du mercenaire blond, mais couplée à son sourire, elle signifiait que tout allait bien.

Chez Gibbs, Abby et Artémis lançaient les offensives contre Julian, la première cible avait été le compte en banque, celui de la Western Union. Qui avait mené, grâce à des virements aussi discrets qu'immanquables, à deux autres comptes.

L'un en Europe au sein de la Caixa en Espagne, l'autre aux Iles Caïmans, dans une banque aux comptes anonymes et chiffrés.

Dans la logique des deux filles, le compte chiffré ne serait qu'une vaste rigolade, rien de plus facile à hacker, d'autant qu'Artémis était spécialiste.

Abby se chargea d'effacer Julian, ou comme il se faisait appeler maintenant: Justin Estevez, de tous les fichiers officiels, permis de conduire, sécurité sociale, carte d'identité...

Elle annula l'assurance de sa voiture, se faisant passer pour sa petite amie : Abby Gibbs.

Seule façon de laisser des traces faciles à suivre pour l'espagnol.

Ne restait plus qu'à attendre. En surveillant l'immeuble. La soirée se passa en relais, McGee et Cyb relevant Abby chacun leur tour. Ils fichèrent quasiment une vingtaine de personnes, tous des habitants de longue date de l'endroit, mais rien ne disait que Julian ne possédait pas cette adresse depuis quelques temps lui aussi, quand Tony était au Ncis, l'homme n'était pas forcement dans l'appartement, il était assez habile pour avoir vécu sous plusieurs identités en même temps. De plus, ses activités parallèles devaient avoir un siège à un endroit ou à un autre, les gens avec qui Julian était en contact ne se seraient pas venus dans l'appartement d'un flic, même si ils étaient au courant de la relation entre l'escroc et le policier.

La surveillance fut fastidieuse et sans résultats pendant quelques jours.

Clinique des Hortensias.

Gibbs et Tony avaient établi une certaine routine, Jethro aidait Tony à faire ses exercices, tant dans la chambre, que dans le bassin qui équipait le sous sol de la clinique, ils y passaient des heures.

En retour, quand le jeune homme était fatigué, Jay lui lisait les lettres de Pio.

Le faisant renouer avec dix ans d'absence et de manque de son ami.

Un peu inquiet quand même quand il voyait le regard de Tony se perdre dans le vague.

Certaines de ses lettres étaient de vrai lettres d'amour, au début de leur séparation, puis graduellement le prêtre avait abandonné, il avait accepté le silence de Tony et s'était raccroché à une amitié indéfectible, racontant sa vie quotidienne, ses doutes ses angoisses, les progrès des joueurs de l'équipe de basket qu'il entraînait.

Les visites du prêtre laissaient un goût amer dans la bouche de Gibbs, il se faisait un point d'honneur de laisser les deux amis seuls à chaque fois, préférant aller à la piscine quand celle ci était libre, nageant lentement pendant une heure et demi afin de ne pas penser à Tony et à Pio.

De ne pas penser à ce que pouvaient se dire les deux amis.

De ne pas penser qu'ils pouvaient se rapprocher de nouveau.

De ne pas croire que Pio pourrait gagner Tony.

Ses retours dans la chambre se soldaient par des étreintes fiévreuses, il venait près du lit et entourait Tony de ses bras, le cajolant, le caressant doucement, l'embrassant sur le front avant de se décider à laisser sa jalousie et son insécurité à la porte et à l'embrasser pleinement.

DiNozzo sentait bien que quelque chose n'allait pas, mais il ne voulait pas questionner Jethro, voulant se bercer encore quelque temps de l'illusion que la relation qu'ils partageaient était sérieuse et se refusant à une fin de non recevoir.

Il se laissait aller à ces étreintes maladroites et profitait de la situation, ses bras regagnant peu à peu leur mobilité, il était moins passif et parvenait à caresser Jay un peu, ses bras, son visage. Se noyant à chaque fois dans son regard bleu de ciel.

Emmagasinant les souvenirs. Les émotions. Les plaisirs. Même infimes, comme celui de se trouver dans les bras de Jethro.

Ce fut Paolino qui régla la situation une bonne fois pour toute.

Il avait remarqué le regard de Jethro sur Tony à chaque retour dans la chambre. S'attendant à chaque fois au pire visiblement. Et chaque fois soulagé quand Tony l'accueillait d'un sourire.

Et Pio, s'il en avait été jaloux, comprenait mieux à présent.

Il réalisait qu'il avait toujours fantasmé sur un retour de Tony dans sa vie et que de l'avoir devant lui, là, dans cette clinique, ne ressemblait en rien à ce qu'il avait pu imaginer.

Rien en son ami n'était plus pareil. Rien ne serait pareil entre eux et rien de ce qui était arrivé ne se reproduirait jamais.

Sauf...

Sauf Tony. Tony qui était là, avec son sourire et son amitié. Avec sa foi en lui.

Tony qui était amoureux fou de cet homme aux cheveux gris et aux yeux de ciel.

Et qui en était aimé en retour.

Et si la réalisation avait été dure à avaler. Maintenant ça allait mieux.

Et c'était à lui d'aider Gibbs.

Avant qu'il ne fasse une bêtise et ne rende Tony malheureux.

Il était sorti de la chambre sous un prétexte quelconque et avait attendu Jethro dans le couloir, arpentant lentement celui ci, investi de toute la patience du monde. Il avait vu le pas assuré de l'homme hésiter une brève seconde quand il l'avait vu. Mais Gibbs étant ce qu'il était: à la fois têtu et un marine's, n'avait pas fait demi tour, il s'était avancé jusqu'à lui, le regard glacé, le visage dur.

Se préparant à la mauvaise nouvelle qu'il pensait recevoir de Pio.

"Agent Gibbs... Avait commencé le prêtre doucement.

"Allez-y. Pas la peine de prendre des gants. Avait marmonné l'homme. Dites-moi que vous avez gagné...

"Gagné? Gagné quoi? L'affection de Tony? Je sais que je l'ai. Avait répondu Paolino en se rapprochant de lui. Par contre... Il est amoureux de vous.

Jethro s'était tendu et lui avait lancé un regard perçant. Nettement moins froid par ailleurs.

"Agent Gibbs, veillez sur lui. C'est mon ami, le seul qui compte à mes yeux. Soyez là pour lui. Si vous lui rendez un peu de ce qu'il éprouve pour vous, faites le lui ressentir. Rassurez-le. Laissez le croire en vous...

"En vous deux. Avait ajouté Pio en faisant lentement demi-tour.

Le prêtre s'était éloigné dans le couloir et Gibbs était sorti de sa léthargie après quelques secondes.

"Merci Padre... Lui avait-il lancé.

Paolino avait levé la main et avait eut un petit sourire un peu triste. Tony ne serait pas à lui. Il ne l'avait jamais été. Il n'avait fait que le rêver et il se devait maintenant de retourner à la vie réelle et ne plus rêver à cette seconde d'éternité où il avait senti la bouche de Tony contre la sienne. Ne plus espérer son retour. Redevenir le prêtre.

Et uniquement le prêtre.

Jethro était rentré dans la chambre et avait trouvé Tony debout, appuyé au mur, regardant par la fenêtre, le soleil baignait le jardin de la clinique, le mois de juin était un de ses mois préférés, le début de l'été approchait, il coïnciderait avec sa sortie, et il en était obscurément content, nouvelle saison, nouvelle vie, nouvel amour... Rien ne lui paraissait impossible à ce moment là. La seule ombre au tableau, plus encore que Julian, c'était Ari. Il avait menacé de tuer Jethro et Tony n'avait pas vraiment envie de se voir privé de son futur par un terroriste fou.

Il allait devoir persuader l'agent du Ncis de se mettre à la recherche de l'agent double. Et vite.

"A quoi tu penses?

"A toi. Répondit Tony en se laissant embrasser dans le cou. A toi et à Aswari. Faut qu'on le retrouve. Avant que ce soit lui qui te trouve.

Le grognement de Gibbs pouvait passer pour un agrément, mais il se tendit en se disant que si Ari avait su pour Tony, celui ci serait tout aussi en danger. L'ex-agent du Mossad ayant clairement annoncé qu'il se chargeait de faire souffrir Gibbs. Et abattre chacun des membres de son équipe serait la souffrance absolue. Pour quelle raison exacte? Peu importait. Pourvu qu'il ne s'en prenne pas à Tony.

"D'accord. Mais toi, tu restes à te reposer avant de revenir au bureau. Chez moi si tu veux, mais pas question de te mettre en ligne de mire. Dit Jethro en posant son front sur l'épaule de Tony.

Le jeune homme se raidit.

"Boss... Je ne suis pas en sucre. Je ne vais certainement pas rester à me reposer pendant que tu traques Aswari. Je reviens au bureau. Je pourrais t'aider si tu veux, même sans retourner sur le terrain. Annonça-t-il d'une voix tendue. Je ne veux pas être mis au rancard parce que tu crois que ce qu'il y a entre nous te le permet. Je ne suis pas une de tes femmes. Je suis un grand garçon. Je peux prendre soin de moi.

Jethro se mordit les lèvres, Tony avait raison. Et le surprotéger ne ferait que l'éloigner, il n'avait certainement pas besoin d'un autre tyran dans sa vie, même si cette tyrannie là n'était que de l'amour.

Et Gibbs devait se l'avouer, avoir son agent à porté de main au bureau serait bien plus pratique que de s'inquiéter en imaginant le pire.

"D'accord. Si le toubib est Ok, dès jeudi tu reprends ta place au bureau. Piano, piano... Ajouta-t-il avec un petit sourire.

Le rire de Tony lui fit plaisir, et encore plus de le sentir se relaxer contre lui.

"Horrible, ton accent italien Boss... Va falloir que je te donne des cours... Dit le jeune homme avec un sourire.

"D'accord...

"On va commencer maintenant si tu veux... Proposa Tony

"Ok.

"Un baccio...

"Un baccio?

"Si mio amore, un baccio per ti, per que ti amo... Dit l'italien très doucement.

L'aveu lui semblant un peu moins définitif dans sa langue d'origine, moins présomptueux surtout.

Jethro se pencha et l'embrassa tout en répétant les mots de son mieux.

"Un baccio, per ti, mio amore. Ti amo.

Le regard vert devint très intense en entendant ces mots là dans la bouche de Gibbs.

"Peut être pas un très bon accent DiNozzo, mais je comprends un poil quand même... Lui glissa-t-il au creux de l'oreille. Un sourire amusé éclairant son regard.

"Et? Demanda Tony, la gorge serrée.

"J'ai l'habitude de dire des choses que je ne pense pas?

"Non.

"Alors?

"Alors rien... Merci... Dit Tony doucement.

"Merci pour quoi?

"Pour me donner une chance.

"Idiot... Grommela Gibbs en le serrant contre lui. Merci à toi de me laisser faire...

21 Juin 1ier jour de l'été.

Abby avait sauté de joie quand Tony était arrivé chez Gibbs, et l'équipe au grand complet l'avait accueillie de son mieux.

Jethro avait fait les présentations, Artémis, Maï, Gred.

Les mercenaires de Gibbs.

Le jeune homme se tenait un peu sur la défensive, attendant probablement une remarque sur ce qui les avait tous emmenés là, mais personne ne dit rien.

Abby était venue serrer le jeune homme contre elle, l'embrassant doucement et faisant attention à ne pas lui faire mal, il avait ri et avait serré la jeune goth un peu plus fort.

« Je ne suis pas en verre Abby, je ne vais pas me casser, et c'en est déjà bien assez de Gibbs qui me traite comme si j'allais disparaître en fumée sous ses yeux !

L'ex-marine leva les yeux au ciel et grogna doucement dans sa barbe :

« Je ne fais pas ça Tony et tu le sais !

« Si tu le dis, Boss… Répondit Tony en lui faisant un clin d'œil. Alors va falloir me faire un peu plus confiance quand à mon état physique…

« Le médecin…

« Il a dit que si je n'avais pas mal, je pouvais vivre normalement… L'interrompit le jeune homme en fronçant les sourcils.

Laissant clairement entendre que la discussion sur le sujet n'était pas récente et qu'il ne reviendrait pas sur sa position. Même face à Gibbs.

Jethro leva les mains en signe de reddition.

« Ok. Tant que tu n'as pas mal. Après, c'est moi qui prendrais les décisions… Compris ? Dit il d'une voix ferme, en inclinant légèrement la tête, plantant son regard bleu de ciel dans celui de Tony.

Le jeune homme hocha la tête sans quitter Jay du regard.

Heureux de ce petit surcroît d'intérêt à son égard, l'attitude de Jethro n'avait rien à voir avec celle, malsaine, de Julian.

Et si Gibbs avait peur de trop couver le jeune homme, il faisait erreur, celui-ci n'attendait que ça : quelqu'un qui prenne soin de lui avec patience et tendresse.

La seule chose que Tony ne voulait pas céder c'était sa masculinité. Il était hors de question d'être traité comme un objet fragile.

Il n'était pas une femme.

Intérieurement il savait que cette remarque aurait fait bondir Cait, sa Cait, sa sœur de cœur. Elle l'aurait accusée d'être un macho de premier ordre. Mais il n'en démordrait pas.

Aimer et être aimer en retour, être câliné, être gâté : OUI.

Se faire emprisonner de nouveau dans une relation de domination : NON.

Une caresse sur la tête le fit sortir de ses pensées. Jethro se pencha vers lui, lui glissant quelques mots à l'oreille.

« Tony ? Tu es là ?

« Yep. Désolé. J'ai décroché un peu…

« Tu devrais te reposer, tu ne crois pas ? Proposa McGee.

Tony lui lança un regard étonné et le jeune agent se mit à rougir.

« Ce que je voulais dire… Commença à bafouiller le bleu, Enfin… Euh…

« C'est bon McGee… L'interrompit Tony, merci de t'inquiéter, mais je voudrais bien savoir où vous en êtes, après je vais dormir, promis.

Cybélian fit un signe à Artémis qui elle même fit un signe désespéré à McGee, celui ci comprit le message et fit de son mieux pour résumer quelques trois semaines de traque. Expliquant ce à quoi ils étaient parvenus.

"Donc, vous attendez qu'il sorte? Demanda Tony en s'enfonçant dans un fauteuil.

"Ben... Heu... Oui... Répondit le bleu en bredouillant de nouveau.

"Et vous avez piraté son identité?

"Oui.

Tony hocha la tête et eut un sourire froid.

"Enfin la roue tourne Juan... Nous allons prendre un peu de plaisir avec toi mon vieux... Dit-il d'une voix métallique.

"Hey... Tony... dit Abby en se rapprochant de lui. T'es pas dans ton état normal, je ne t'ai jamais vu comme ça... T'es pas cruel...

"Abs... Crois-moi. Tu ne sais pas le dixième de ce que je suis capable de faire... Marmonna le jeune homme en fermant les yeux.

La Goth se percha sur les genoux de son ami et le serra dans ses bras en secouant la tête.

"Non... Non Tony... Ne t'es pas comme ça... Même si tu veux le faire payer, je sais que tu ne le feras pas avec cruauté. Pas toi... Gibbs peut-être, dit elle d'un ton pensif, mais pas toi.

"Abby...

"Abby a raison Tony, intervint Jethro, tu n'es pas dans ton état normal, vas te reposer un peu, nous reparlerons de tout ça plus tard.

"Jay...

"Je t'accompagne en bas, Ok?

"Jay...

"Tony...

Le ton légèrement menaçant de Tony ne faisait pas le poids face à la détermination de Jethro et celui ci l'entraîna fermement vers la porte de la cave.

Ils descendirent lentement et Gibbs installa le jeune homme sur le vieux canapé.

La dernière fois qu'ils avaient été dans cette pièce ensemble, ça avait été avant la mort de Cait et avant Julian.

Le souvenir de ces événements fit un coup au cœur à Tony. Il n'y avait pas vraiment pensé et soudain, il ne voyait que ça.

Les dessins de Cait, encadrés, sur les murs du sous sol lui rappelèrent son amie.

"On pourrait s'occuper d'Aswari en attendant que vous trouviez le moyen de faire sortir Juan de son trou, dit Tony pensivement en laissant son regard aller d'un dessin à l'autre.

"T'as une idée?

"Pas spécialement, je présume que les gars ont fait le relevé des indices relevés sur place, on doit pouvoir retrouver la balle et déterminer quelle était l'arme utilisée. Et surtout savoir si c'était vraiment Aswari sur ce coup là.

Gibbs grogna.

"C'était lui. Je le sais. Je le sens au fond de moi. C'est Aswari.

"D'accord Boss. Dit Tony d'une voix douce, en essayant de calmer sa colère soudaine. Mais on pourrait voir ce qu'il en est. Donnes moi McGee et Abby et on s'y colle. Je vais devenir cinglé si je reste ici à attendre que les choses se passent. Plaida le jeune homme.

"Et tes bras? Rétorqua Jethro en s'asseyant sur le bord du canapé à ses côtés. Tu es encore en pleine rééducation. Pas question que tu retournes sur le terrain.

"Jethro... Fais-moi confiance. Je te promets de ne pas faire de bêtises. Je vais y aller doucement... S'il te plaît...

L'homme aux cheveux gris tendit sa main et caressa la joue du jeune homme allongé.

"Fais attention à toi. Je ne veux pas encore une fois perdre quelqu'un... Dit-il dans un souffle.

"Quelqu'un de ton équipe? Termina Tony à mi-voix.

Jay se pencha et l'embrassa doucement.

"Quelqu'un que j'aime. Précisa Jethro sans s'éloigner.

Le sourire de Tony lui fit un petit coup au creux de l'estomac.

Encore une fois, il se posa la question : comment avait il fait pour l'ignorer si longtemps? Il eut l'intuition que cette question viendrait le hanter encore un certain nombre de fois avant qu'il ne puisse réaliser pleinement la chance qu'il avait de l'avoir dans sa vie.

"Merci Boss. Marmonna Tony en fermant les yeux et en se laissant glisser dans le sommeil.

"De rien, mi amorce. Murmura Jay en se levant lentement.

Il déplia la couverture et en recouvrit son ami, prenant plaisir à contempler son visage détendu.

Il remonta dans le salon et vit les visages se tourner vers lui.

Abby avait une lueur amusée dans les yeux et se retenait pour ne pas sourire. McGee, lui, regardait avec une certaine appréhension, encore peu sur de lui, bien que cela fasse plus d'un an qu'il soit dans son équipe.

Quand à ses mercenaires... Ils attendaient.

"Bon. Abby, on a quoi? Demanda-t-il en se servant une tasse de café.

"Alors boss, commença la jeune Goth en se levant et en commençant à arpenter la pièce de long en large. Julian a changé d'identité de nouveau, c'est maintenant un certain Justin Estevez, nous avons repéré sa nouvelle adresse, mais...

"Mais?

"Mais nous ne l'avons pas encore vu. Termina-t-elle dans un soupir de désespoir. Aucun des habitants de cet immeuble ne correspond à sa description. Aucun de ceux que nous avons vu du moins.

"Pas de grand blond d'une quarantaine d'années? Demanda Jethro.

"Pas le moindre grand blond dans les parages, Gibbs, intervint Cybélian.

Le regard de Gibbs fit le tour de la pièce, il secoua la tête.

"Si vous êtes tous là, qui est de surveillance maintenant?

"Le café dans lequel on planque est fermé aujourd'hui, et Fornell a proposé de nous relever quand il a su que Tony rentrait au bercail. Il est là bas avec Ducky. Maï va reprendre position là bas dans deux heures. Expliqua le mercenaire noir.

"Ok. Bon, Abby, pour Julian, as tu pensé qu'il avait peut être changé sa couleur de cheveux, sa corpulence, tout quoi... Demanda Jethro en se penchant sur les images de surveillance qu'ils avaient enregistrées.

"On a pensé à tout, Gibbs, se plaignit la jeune femme en faisant défiler les bandes en accéléré, mais personne qui ne corresponde au portrait robot que tu as fait. Ni brun, ni rouquin, ni chauve d'ailleurs...

"Patron... Tenta d'intervenir McGee.

"Tim!

"Abby, laisse le parler. Ordonna l'agent en se tournant vers son jeune collaborateur. McGee, allez-y.

"Patron, Julian sait parfaitement qu'on le traque, il n'a pas laissé le DVD pour vous sans se douter qu'on lui collerait au train, même si il croit nous échapper, je suis certain qu'il ne prend pas le moindre risque. Il doit envoyer son jeune... enfin le jeune homme dont il parlait dans le DVD, ce Mike... C'est lui qui doit sortir, enfin si tant est qu'il ne fasse pas livrer sa nourriture et ses courses chez lui, tout bonnement... Et s'il est à cette adresse pour l'instant.

Jethro ne quitta pas le jeune homme des yeux, sa théorie n'était pas si fumeuse que ça. Julian était parfaitement capable de se terrer pendant un certain temps, même si ça faisait pas loin de trois semaines, il savait que si il avait tué Tony, le Ncis ne le lâcherait pas, que Jethro serait à ses trousses.

Et il était probablement persuadé que Tony était mort.

"Vous avez le numéro de l'appartement? Vous savez ou il est exactement, non?

"Ben... patron...

"Quoi?

"Les appartements ne sont pas numérotés. Ils sont situés dans l'immeuble sous des codes, et comme nous avons voulus rester discrets, nous n'avons pas cherché plus près pour le moment.

Gibbs regarda McGee d'un air sceptique...

"Comment ça? Vous n'êtes pas certain que la cible soit là? Mais vous faites quoi exactement? Vous surveillez un immeuble et c'est tout? Gronda-t-il.

"Pas, pas... exactement patron... Bredouilla le jeune homme avant de se tourner vers Abby.

"Gibbs... Nous avons la situation sous contrôle... Nous avons bloqué tout ce que nous pouvions, maintenant nous devons patienter, il sortira. Mais tout seul. On ne peut pas le traquer plus. Dit la jeune femme doucement. Il sait que nous sommes sur ses traces, il sortira à un moment où à un autre.

Le silence suivit les paroles de la jeune Goth, les membres de l'équipe se regardaient les uns les autres, plus ou moins plongés dans leurs pensées... Une voix les fit sursauter.

"Le traquer c'est bien. Lui laisser savoir que ça vient de Gibbs, c'est Ok. Le surveiller, bon. Et vous avez pensé à sécuriser la zone par ici? Tony se tenait dans l'encadrement de la porte, pâle, la couverture sur ses épaules.

"Julian connaît Gibbs, et il doit avoir son adresse aussi, ce n'est pas si difficile à obtenir. Il est très capable d'être là, dehors à nous observer en attendant de pouvoir faire quelque chose. Il connaît pas mal de monde, vous l'avez bien vu dans mes papiers, il fait partie d'un réseau de distribution de drogue, il sait où trouver des nettoyeurs et même tes mercenaires ne feront pas le poids face à eux... Jay...

La voix de Tony était presque un murmure sur la fin.

Jethro traversa la pièce à grande enjambées et prit le jeune homme tremblant dans ses bras.

"Tony... Hey, Tony... Te fais pas de mouron, si eux n'y ont pas pensé, je suis certain que Fornell a fait le nécessaire. Dit-il d'une voix qu'il espérait rassurante.

Pourtant les paroles de Tony lui avait fait un comme un coup de poing dans l'estomac, il se demandait à quel moment il avait baissé sa garde. Son agent avait raison sur toute la ligne, Julian pouvait être à leurs trousses comme eux étaient sur ses traces.

Et la maison de Gibbs était idéalement isolée dans ce quartier. Ils pouvaient être déjà cinquante à les encercler, prêts à les éliminer sans le moindre problème. Un frisson le parcourut.

Maï se leva et avança vers eux.

"Te fais pas de soucis Tony-San, Gred, Cyb, FBI Man et moi avons pensé à cet aspect de la chose dès le début, nous avons une compagnie d'anges gardiens dans le périmètre. Expliqua la jeune Goth en sortant un petit émetteur récepteur de sa poche. Si Julian ou un de ses sbires approche, nous serons prévenus. Et a dire vrai, avec Fornell, on espérait plus ou moins qu'il réagisse comme ça et nous tombe tout cuit dans le bec... C'est pour ça qu'on est patients...

"Anges gardiens? Demanda Tony en souriant un peu.

"Deux douzaines d'agents du FBI, un groupe d'intervention. On nous les a affectés depuis le tout début. Reprit Maï, j'espère juste que ton Julian ne s'était pas installé avant eux. C'est la seule restriction...

"C'est pas son Julian, grogna Gibbs en passant son bras autours de la taille de Tony et en le soutenant. Et toi. Vas dormir, tu es épuisé.

"Pas en bas, patron. J'ai besoin d'avoir un peu d'animation, je vais m'installer dans le canapé. Je serais bien, avec vous tous. D'accord? Demanda-t-il à voix basse.

"D'accord. Viens t'installer. Tu as raison. Ici c'est bien mieux. Approuva Gibbs. McGee, allez chercher une couverture.

"Bien patron.

Dans la soirée, Gibbs reçut un appel du directeur Morrow, il avait besoin de le voir de toute urgence concernant Aswari. Et le convoquait au MTAC au plus tôt.

La nouvelle de son départ affecta Gibbs, surtout en apprenant que Jen Sheppard, une de ses anciens agents de terrain, était nommée directrice du NCIS.

Ses relations passées avec la sulfureuse rouquine, lui laissaient un arrière-goût amer dans la gorge. Jen avait utilisé tous les moyens pour avancer au sein de la hiérarchie et coucher avec son supérieur avait été un mouvement délibéré de sa part et non une attraction incontrôlable, comme elle avait voulu le lui faire croire.

Plus encore, quand elle lui avait fait savoir qu'un agent du Mossad allait venir "les aider" dans la traque du terroriste, il avait fait un effort incommensurable pour se retenir de donner sa démission à l'instant même. Acceptée ou pas, il s'en fichait, il serait parti dans l'instant.

La seule chose qui le fit hésiter fut de penser à la mort de Cait et de se dire que si il quittait le navire, il serait traqué par Ari, et sans les protections que pouvaient lui apporter le FBI et Fornell pour le moment, et en mettant la vie de Tony dans la balance aussi. Puisqu'à son idée, le plan d'Aswari était de toucher les gens qui lui étaient chers...

Il allait être obligé de faire cette enquête là.

Et remettre Tony, Abby et McGee sur le coup. Par ailleurs, les mercenaires et la Compagnie des Anges Gardiens étaient suffisamment nombreux pour arriver à continuer la traque de Julian.

Et rencontrer l'officier du Mossad: Ziva David.

Bizarrement son instinct lui disait que cette fille allait lui être passablement utile dans la recherche de l'agent double.

Il ne revint que tard dans la nuit à la maison et trouva le salon très silencieux. Cyb veillait dans un coin, et les autres avaient disparus.

"Cybélian?

"Gunny... Maï et Gred sont partis relever Fornell et Ducky. Le toubib est rentré chez lui, un problème de mamy sitter si j'ai bien compris. Les autres se reposent, je t'attendais. Lui dit le blond en lui servant un de ses sempiternels cafés.

"Ok.

"Et toi?

Gibbs soupira en buvant un peu du breuvage brûlant. Il baissa les yeux et marmonna rapidement quelques explications.

"Qui! S'exclama Cyb en haussant les sourcils. Jethro, ne me dis pas que j'ai bien compris ce que tu viens de dire? Pas Jen Sheppard? Pas la rouquine de Paris?

"Si.

"Putain! Mais c'est pas vrai, t'as une de ces poisses toi! Et elle compte te recoller comme elle avait fait à l'époque? Gronda le mercenaire.

"J'en sais rien... Cyb... C'est mon directeur, je ne peux rien y faire, et je dois reprendre l'enquête sur l'assassinat de mon agent. Après tout ce n'est que justice, c'était une fille formidable et je ne peux pas laisser sa mort impunie. Surtout que comme je le crois, Aswari en a après moi beaucoup plus qu'il n'en avait après elle. dit Jethro lentement.

"Je comprends. Répondit l'homme en secouant la tête, je comprends, mais fais gaffe à toi et à Tony. Il ne mérite pas que Jen vienne lui pourrir ce que tu viens de lui donner.

"C'est à dire?

"Sergent... Je ne suis pas aveugle. Et je sais où vous en êtes tous les deux! Dit-il en souriant. Et je l'aime bien le petit, alors si elle vient te pourrir la vie, dis le moi et je t'en débarrasserais.

L'agent du Ncis s'étrangla avec son café, tant la proposition de son ami le prit par surprise. Mais après avoir lancé un coup d'œil vers le blond, il vit que la proposition était tout à fait sérieuse.

Le regard noir de l'ancien marine's ne mentait pas: que Jen recommence son petit jeu avec lui et il s'occuperait d'elle.

"Une seule enquête Cyb. Ce sera la seule enquête que je ferais sous ses ordres. Je ne sais pas ce que Tony choisira, mais moi, dès que le salaud est coincé et que le cas Julian est réglé: je démissionne. Je ne travaillerais pas pour elle. Jamais. Insista-t-il durement.

Cybélian leva une main en l'air en signe d'apaisement et sans rien ajouter, abandonna sa canette de soda et disparut dans une des chambres de l'étage.

Jethro retourna dans le salon et vint s'asseoir auprès de Tony qui dormait profondément dans le vieux canapé. Il retira ses chaussures et sa veste et s'installa le plus doucement possible aux côtés du jeune homme, glissant ses bras autours de ses épaules et le calant contre sa poitrine.

"Content que tu sois de retour Boss. Murmura Tony en levant un regard endormi vers lui.

Jay se pencha et l'embrassa légèrement sur la bouche, profitant du fait que son ami était à demi réveillé pour s'installer plus confortablement et lui aussi.

Il glissa son SigSauer sous le coussin du canapé et tira la couverture sur eux avant de s'endormir.

Les Anges Gardiens veillaient sur eux. C'était rassurant.

"Merci Fornell

Je vous adore toutes.

Bisoumouchous