Disclaimer : Toujours pas à moi ces gentils persos... Pfff Alors un petit tour et pfuit! Je disparais.
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Le sel de ma vie : Merci encore
Tony et l'Ange
Le gémissement venant de Julian se faisait insistant. Il se réveillait sans nul doute. Le timing de Ducky était parfait.
Un grognement suivit d'un bruit de chaînes qu'on agite, confirmèrent le réveil du monstre.
"Merde c'est quoi ça? Gronda-t-il, avant de réaliser qu'il ne pouvait pas parler avec le gagball glissé dans sa bouche.
Une silhouette blanche s'avança vers lui, Maï était minuscule à côté de Julian, mais l'intensité de son regard et l'indifférence sur son visage lui donnaient un air inquiétant.
L'homme essaya de la suivre du regard, alors qu'elle faisait un cercle autour de lui. Lentement. Un éclair brillant au bout des doigts. La lame d'un scalpel captait la lumière et la renvoyait, tantôt rouge, tantôt verte.
Julian secouait la tête afin de reprendre ses esprits, il mesurait toute l'étendue de la position dans laquelle il se trouvait.
Vulnérable.
Exposé.
En danger visiblement.
Se neurones essayaient de travailler un tant soit peu, il se demandait à qui il devait de se trouver là. L'agent du FBI avait dû le livrer à un gang quelconque, un de ceux qu'il avait entubé dernièrement.
Se faire du blé était un travail risqué, et voler un fournisseur de came était toujours une entreprise hasardeuse.
Pas un instant il ne lui vint à l'idée que c'était à cause de Tony qu'il était là.
Pas encore du moins.
Maï se rapprocha de lui, elle tendit le bras et la lame effleura le torse musclé, descendant lentement, traçant des arabesques sur la peau bronzée.
"Qu'est ce que tu fous? Pensa l'homme en essayant d'échapper à la lame.
Il se recula, mais les chaînes et les entraves de ses jambes ne lui donnaient pas beaucoup de liberté de mouvement et il ne pût empêcher Maï de le suivre et la lame se posa de nouveau sur sa peau.
La main qui tenait la lame pesa légèrement et un peu de sang perla.
Julian eut un cri étranglé. Il essaya de parler tant bien que mal avec l'instrument dans sa bouche.
"Aïe! Mais qu'est ce que vous me voulez?
Le vouvoiement avait remplacé le tutoiement instantanément. L'homme restait sur la défensive. Toujours dans la même position, bras plus que tendus et sur la pointe des pieds.
La chinoise restait silencieuse, le seul bruit dans la pièce venait de ses pas sur le plastique au sol et de la respiration de Julian.
Le manège de Maï se prolongea quelques minutes, elle cerclait Julian et de temps en temps sa main partait et la lame entaillait la peau. Elle ne disait toujours rien et Julian criait à chaque fois que la lame atteignait sa cible.
De petits cris indignes.
Ridicules.
L'homme commençait à passer en mode stress. Il avait des flashes de couleur, comme des trous dans sa compréhension des évènements.
L'effet du produit dont Ducky avait badigeonné la lame du scalpel.
Le fameux GHB dont Julian avait été si friand dans sa relation avec Tony.
Maï profita d'un instant d'inconscience et s'approcha pour décoller un des morceaux de latex, la capsule de sang se vida, dégoulinant sur le torse musclé, par souci de réalité, elle incisa légèrement l'un des côté de la blessure factice, la douleur ramena Julian à lui. Il essaya de s'éloigner frénétiquement du petit fantôme blanc, la peur surgissant lorsqu'il la vit se débarrasser d'un morceau de peau, le jetant négligemment sur un plateau en inox.
"C'est quoi? C'est quoi ça!! Hurla-t-il en essayant de voir son corps, la douleur discrète de l'incision le conduisant à imaginer le pire.
Il se tortilla tant et plus en hurlant, essayant d'échapper à Maï qui revenait vers lui.
Brusquement, il entr'aperçut un mouvement dans un angle de la pièce, il se focalisa dans cette direction et parvint à réaliser qu'il s'agissait de lui même qui bougeait dans un reflet de miroir brisé. Malgré la distance, environs une dizaine de mètres, il vit la rigole sombre qui serpentait sur son torse et une tache plus sombre encore qui en était le point d'origine.
Il comprit brusquement que la fille était en train de le découper vivant. Il se mit à hurler de terreur.
Maï vint très près de lui. Elle leva la main et tendit un doigt vers la balle de caoutchouc noire. Elle fronça les sourcils et secoua la tête.
"Je croyais que ça empêchait de parler ce truc... Mais si tu continues, je vais enlever ce bidule... Dit-elle d'une petite voix pensive. Et en voyant le soulagement sur le visage de Julian, elle appuya sur la balle noire, l'enfonçant un peu plus dans la bouche ouverte.
"Et te couper la langue. Ajouta-t-elle en s'éloignant un peu. Mais sa main descendit de la balle au cou de sa victime, ses doigts se posant sur le point où pulsait l'artère.
"A moins que je ne coupe tes cordes vocales... De toute façon tu n'en auras plus besoin après... Précisa-t-elle en serrant ses doigts. Faisant suffoquer Julian.
Le gémissement de l'homme lui fit hausser les sourcils. Il secoua la tête avec véhémence.
"Tu préfères quoi? Tu arrêtes de parler... Ou je coupe? Lui demanda-t-elle.
Il hocha la tête, Maï eut un petit sourire froid.
"Je coupe? Dit elle en s'éloignant vers la table et choisissant soigneusement un scalpel acéré.
Le grondement et le bruit de chaînes la firent se retourner vers l'homme. Il secouait la tête désespérément.
"D'accord. C'est pas ça que tu veux... Donc si je ne coupe pas... Dit la jeune fille d'une voix dure. Tu la fermes. Tu peux hurler, mais tu ne me parles pas. J'aime pas qu'on me déconcentre quand je... quand je suis occupée... Termina-t-elle lentement.
Un grognement d'impuissance s'échappa des lèvres de Julian. Mais il se tint tranquille malgré la peur qui le dévorait.
Lune jouait son rôle avec une maîtrise inquiétante, amusée de voir que l'homme si viril et si fort pour dominer les autres se dégonflait comme une baudruche devant elle.
Et elle n'avait pas encore vraiment commencé les tortures.
Dans l'autre angle de la pièce, les spectateurs retenaient leur souffle, ils commençaient à se dire que Tony avait peut être raison, pour Julian, l'humiliation pourrait être fatale.
Tony n'était pas seul, Gibbs avait passé un bras autours de ses épaules et le tenait contre lui, le soutenant de toutes ses forces.
Le jeune homme ne quittait pas son ancien bourreau des yeux. De légers tremblements involontaires le secouaient parfois. La main de Jay sur son épaule le calmait instantanément.
Il serrait les poings et se mordillait les lèvres pour ne rien dire.
Pour ne pas hurler.
Ducky lui lançait de brefs coups d'œil, essayant de juger s'il allait supporter tout cela.
La mise en scène avait beau être son idée, rien ne disait qu'il pourrait aller jusqu'au bout.
Et la pâleur de son visage ne laissait rien présager de bon. Il était très capable de tomber dans les pommes d'un instant à l'autre.
Artémis avait, elle aussi, perdu quelques couleurs, elle s'était approchée de Tim et Abby et avait pris la main de son ami dans la sienne, Cyb n'était pas là pour elle, il devait, ainsi que Gred, participer au petit jeu de Maï.
Et c'était à leur tour d'entrer en scène.
Cybélian apparut, vêtu lui aussi d'une combinaison blanche, des gants de latex aux mains et un masque blanc sur le bas du visage. Il approcha de la jeune fille et attendit les ordres.
Elle lui confia une cravache de cuir noir et sans un mot lui indiqua sa place. Cyb fit le tour de l'homme attaché et vint se placer derrière lui.
"Dix coups pour commencer. Dit la jeune fille lentement. Des épaules au bas des fesses. Précisa-t-elle. Et tu ne te retiens pas.
Cyb hocha la tête et fit cingler la cravache deux ou trois fois dans l'air, les muscles des épaules de Julian étaient crispés, il attendait le premier coup avec angoisse.
Le mercenaire blond le prit par surprise en abattant la fine cravache sur sa hanche droite, lui arrachant un cri perçant, et il eut une réaction instinctive pour tenter de s'échapper. Mais sans la moindre pitié, Cyb continuait à abattre la cravache sur son dos. Les zébrures qui perlaient de sang attestaient qu'il ne retenait pas ses coups.
Malgré le peu de coopération de sa victime, quelques minutes plus tard, dix traces descendaient de ses épaules à ses fesses. Symétriques.
A peine essoufflé, Cyb fit un pas en arrière et contourna Julian, venant reposer l'objet sur la table et attendant que Maï donne d'autres ordres.
Gred était arrivé, troisième fantôme blanc, et attendait de pouvoir participer au jeu.
Lune lui tendit une pince aux petites mâchoires diaboliques. Et une aiguille, longue et fine.
Gred s'approcha de Julian et se mit à examiner lentement son corps avant de hocher la tête. Il tendit la main et planta l'aiguille brutalement dans le torse exposé. Profitant du hurlement de douleur et du mouvement de l'homme, il arracha un nouveau morceau de latex, brisant la capsule de sang, et se mit à contempler son trophée: un morceau de chair de quelques centimètres carrés.
La douleur avait du être vive puisqu'une petite touffe de poils avait suivi la prothèse, épilant involontairement la poitrine de Julian.
Mais ça avait l'avantage de donner du réel à leur farce macabre.
L'homme se laisser aller, suspendu par les poignets, ses genoux se dérobant sous son poids.
Il soufflait bizarrement par la bouche, une respiration saccadée, haletante. La peur de ce qui allait lui arriver l'étourdissait. Couplée au GHB qui venait à nouveau de refaire une apparition éclair, l'aiguille en était enduite elle aussi.
La vision de la chair négligemment jetée dans le plateau, fit monter la nausée, mais pas question de vomir avec le gagball, il serait capable de s'étouffer dans ses propres déjections.
Un bref coup d'œil dans le miroir et il vit qu'il avait du avoir un moment d'inconscience, les traînées sombres maculaient son torse. Les bourreaux avaient encore arraché des morceaux de sa peau.
Il hurla en reconnaissant la pointe d'un sein encore pincée dans le clip argenté, luisants de sang.
Dans le plateau d'inox.
En compagnie d'autres déchets.
"Dix de mieux Cyb. Ordonna Maï en tendant la cravache au blond.
Les coups ne lui faisaient presque pas mal, tant il était choqué par ce qu'il croyait avoir subi, mais quand un coup vicieux atteignit ses parties intimes, il eut un sursaut de douleur. Et hurla de nouveau.
"J'peux pas Lune. Déclara Cyb lentement, faut que tu me vires ces machins, je peux pas le corriger correctement cet enfoiré.
"Cyb... Ca... Je ne peux pas. Lui répondit Maï en examinant les instruments qu'il y avait encore sur la table. Elle sélectionna un scalpel extrêmement fin, sa lame était un peu plus longue que de coutume et recourbée. Elle eut un sourire de satisfaction et revint vers Julian.
"Par contre, Gred, si tu pouvais t'en charger? Demanda-t-elle en regardant Julian dans les yeux.
Pupille dilatées par la terreur et les drogues dont il avait été gavé. Il n'était plus très loin de la rupture. Encore un petit tour de passe-passe et c'était bon.
"Vois-tu Julian. Le joli scalpel que je tiens dans ma main est une lame étudiée pour les excisions. Entre autre. Elle est d'une telle finesse et d'un tel tranchant que l'on ne sent pas la moindre douleur quand elle découpe les nerfs. Je vais te montrer. Dit-elle d'un ton docte en s'approchant de lui à le toucher.
Il ne restait que deux morceaux de latex. Elle s'employa à décoller l'un d'eux avec beaucoup de soins, sans faire le moindre mal à Julian, ce n'était pas le but cette fois ci.
Elle perça la capsule de sang et passa le morceau de latex devant le visage de l'homme supplicié.
"Tu vois? T'as pas eu mal? C'est cool hein? Tu ne vas rien sentir quand Gred va... Elle s'interrompit et secoua la tête. Ouais. Tu verras.
Le black prit le scalpel dans la main de la jeune chinoise et se rapprocha de la forme suspendue. Gred observa attentivement l'homme, il était aussi grand que lui, ce qui n'était pas courant, très musclé. Les capsules de sang avaient dessiné des arabesques sur son torse. Celles ci descendaient sur le ventre plat, se perdant dans les poils blonds.
Le regard de Julian suivait celui de Gred qui descendait sur son corps, il eut des frissons quand il le vit se fixer sur une partie de son anatomie à laquelle il avait la faiblesse de tenir.
Brusquement, il comprit où Maï voulait en venir, la terreur envahit son regard et il se mit à hurler. Sans grand succès. Ses cris avaient brisé sa voix depuis le temps que la punition avait commencé.
Tony se crispa encore un peu.
Il était sur le point de renoncer.
Il se sentait nauséeux, la mise en scène n'aurait pas dépareillé dans un de ses chers films d'horreur, Vendredi 13, le énième Jason contre Freddy... Peut importait.
La douleur de Julian le mettait mal à l'aise.
"Quand tu étais à sa place, murmura Jay doucement, ce n'était pas des effets spéciaux Tony, il a vraiment essayé de te tuer et t'a torturé pendant des heures. Ne le plains pas. Il ne le mérite pas.
"Personne ne mérite ça. Répondit Tony d'une voix étranglée. Même pour de faux.
"On arrête tout?
"Jethro... S'il te plaît...J'en sais rien...
"Encore un peu alors... Ok?
"Mmm... Accepta le jeune homme en hochant la tête
Leur petit échange n'était pas passé inaperçu, Ducky et Tobias froncèrent les sourcils, ils ne voyaient pas bien comment la mascarade allait pouvoir cesser.
Le plan ne prévoyait absolument pas ça. Et relâcher le monstre ne les tentait pas.
Pendant ce laps de temps, Gred avait détaché Julian et l'avait transporté jusqu'à la table de dissection, avec l'aide de Cyb, il l'avait installé, bras et jambes écartés, poignets et chevilles pris dans de solides bracelets de cuir, de ceux avec lesquels on attache les déments sur leurs lits. Une sangle de cuir vint compléter la panoplie, passant sur le torse et plaquant le corps fermement contre la table.
Gred s'assura que Julian ne pouvait pas voir plus que de nécessaire dans le miroir brisé, Cyb hocha la tête et lui passa discrètement un accessoire.
Maï vint près de la table, elle se plaça près de la tête de l'homme et se pencha vers lui.
"Vous n'avez pas été très sage Monsieur Julian, lui murmura-t-elle à l'oreille. Je vais devoir vous punir.
Elle eut un petit sourire narquois et fit un geste vague qui englobait Gred, Cyb et la totalité de l'entrepôt.
"Enfin... Pas moi directement, vous comprenez? C'est mon ami, le grand noir, qui va s'occuper de vous...
"Pourquoi?
Maï détacha les sangles du gagball et dégagea l'objet des mâchoires distendues.
"Vous me parliez? Demanda-t-elle en fronçant le nez devant la bave qui dégoulinait de la balle noire.
"Pourquoi? Parvint à marmonner Julian d'une voix rauque. Qu'est ce que j'ai fait?
La jeune fille secoua la tête.
"Vous ne savez vraiment pas? Vous n'avez pas compris? Dit-elle en plongeant son regard dans le sien.
Elle fit un signe de la main à ses deux acolytes et ils commencèrent leurs manipulations.
"Vous avez fait beaucoup de mal autours de vous, Monsieur Julian. Expliqua-t-elle lentement. Et je sais que vous aviez des idées en tête pour ce jeune homme qui est là bas. Mike. Comme Samy, Aaron, Bernard et Tony... Des victimes...
"Samy? Aaron? Bernard? Co... Comment vous savez?
La voix était blanche, la peur encore plus réelle brusquement, il y avait une finalité dans tout ça. Ce n'était pas le cartel de drogue qui se vengeait. C'était bien pire.
"Et Tony? Vous connaissez Tony? Anthony DiNozzo. Anton comme vous vous plaisiez à le nommer. Demanda Maï de sa voix douce.
"Je ne connais pas de Tony. Ni d'Anton. Grogna Julian. Qu'est que vous me voulez? Je ne sais rien!
Il hurla brusquement en sentant des mains s'affairer sur son sexe.
"Arrêtez! Me touchez pas!
Cyb avait serré un peu plus les liens de cuir et avait passé un coton imbibé d'alcool. Le froid de la compresse avait fait se débattre l'homme allongé, Gred avait joué sa partition, il s'était affairé avec le scalpel et une des aiguilles, il avait à peine incisé la peau, jouant avec la douleur comme jusqu'à présent.
Puis il avait fait couler les dernières capsules d'hémoglobine et avait tendu à Julian un sexe d'homme dégoulinant de sang.
"J'espère que ça ne te manquera pas trop, espèce d'enfoiré. Dit le noir avec un sourire. Bon, on cautérise un poil, et c'est ok.
Le hurlement de Julian fit bondir Tony de son siège, le jeune homme vint près de la table en quelques enjambées.
Le hurlement se transforma en gémissement quand Julian réalisa qu'il n'y avait pas plus de douleur que ça.
Il tourna la tête et vit Tony.
Il cligna plusieurs fois des yeux, essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Essayer de faire coller les diverses infos que Maï ne lui avait pas donné, et brusquement Tony devant lui.
"Anton? Anton? C'est toi? Demanda-t-il. No es possible, no se puede, yo te ha matado... Eres muerto. MUERTO! Entiendes MUERTO!
Il hurlait en espagnol, s'agitant sur la table, sa tête allait et venait violemment, la sueur coulait sur son front: il devenait dingue.
Tony était tellement stupéfait qu'il restait silencieux, et cette image silencieuse persuadait Julian qu'il avait à faire à un fantôme.
C'était impressionnant, voir un homme, si peu humain soit-il, basculer dans la folie en un instant.
Ducky s'approcha à son tour, il examina brièvement l'homme allongé, souleva une de ses paupières, hocha la tête et se tourna vers Gibbs.
"Effet du GHB, il reviendra à lui dans quelques heures. Plus ou moins à lui d'ailleurs...
"On peut poursuivre avec le plan?
"Il y a des chances que ça fonctionne. Si je lui injecte de quoi le réveiller, dans dix minutes il est avec nous.
"Ok. Alors on continue. Confirma Jethro, il fit un signe à Cyb et Gred, ils détachèrent un des deux bracelets de cuir, pas complètement, mais suffisamment pour que Julian tente de s'échapper.
Quand tout fut arrangé à son idée, Jethro entraîna Tony dans leur chambre. Il ferma la porte soigneusement et fit face au jeune homme. Il s'était appuyé contre le mur et avait fermé les yeux, sa respiration était saccadée.
L'émotion était là, à fleur de peau.
"Tony... Regarde-moi. Ordonna-t-il doucement.
Tony leva la tête et son regard plongea dans celui de Jethro, il se sentit rassuré quand il vit que sa détermination n'avait pas vacillé et qu'il mènerait à bien la mission qu'il s'était assignée: le venger, lui.
L'émotion lui serra la gorge, c'était bien la première fois qu'on prenait soin de lui à ce point là.
Sans contrepartie.
Il se laissa aller sous le regard bleu de ciel et hocha la tête, Gibbs se rapprocha et avec maladresse le prit dans ses bras et le serra contre lui. Tony enfouit son visage dans le creux du cou de l'ex-marine. L'odeur de sciure était encore là, à peine perceptible, mais indissociable de l'homme.
Rassurante.
Leur position était un peu inconfortable, et avec un sourire amusé, Tony releva son visage.
"J'suis plus grand que toi, c'est drôle d'être avec quelqu'un de pl... Il s'interrompit et une vague de chaleur envahit ses joues.
Jethro leva un sourcil.
"Plus petit que toi? Pas comme Julian. C'est ce que tu voulais dire, non? Dit-il très doucement.
Le jeune homme hocha lentement la tête, il baissa les yeux, un peu mal à l'aise.
"Ouais.
"Et?
"Et quoi?
"Ca te dérange? Je veux dire: que je ne sois pas aussi grand que toi? Pas de beaucoup non plus, je ne suis pas un nain de jardin. Dit Jethro pour essayer de détendre l'atmosphère.
Tony rit doucement et secoua la tête, il croisa le regard de Jay de nouveau, il se sentait mieux.
"Je vois comment me venger de toi quand tu seras trop en mode " boss", je t'appellerai mon nain de jardin... Ca va plaire au bureau...
L'homme avait réussi à lui faire oublier la situation un bref instant. Et Tony l'en remercia d'un chaste baiser. Jethro se laissa faire avec plaisir, puis se recula d'un pas.
"Nain de jardin? Hein? Tu n'oseras pas... Gronda Gibbs en fronçant les sourcils.
Tony caressa la joue de Jay et s'avança pour l'embrasser de nouveau.
"Si. Dit-il en fermant les yeux. J'oserai...
On frappa à la porte, évitant ainsi à Tony de recevoir une claque sur la tête, une caresse dans ce cas précis. Mais dont la signification était toujours la même. Un Gibbs agacé. Mais d'une prudence rare en face de Tony.
"Pa...Patron? La voix de McGee s'éleva derrière la porte.
Les deux hommes se séparèrent, et Gibbs alla ouvrir la porte, le jeune agent était nerveux et dansait d'un pied sur l'autre.
"Oui?
"Il va se réveiller d'un instant à l'autre d'après Ducky. J'ai... J'ai pensé que vous voudriez être là...
"Tony?
"On y va Boss. On y va.
Les trois hommes retournèrent dans l'entrepôt, le reste de l'équipe les attendait. Ils étaient tous silencieux, un peu nerveux pour certains d'entre eux. Artémis serrait la main d'Abby, Ducky et Tobias s'étaient rendus près de Mike, et le vieil homme avait vérifié que son bâillon était bien ajusté.
Le jeune homme était en état de choc, il avait regardé les tortures pendant les quelques heures que cela avait duré et avait du mal à intégrer que tout cela était factice. Ducky avait profité du dernier état d'inconscience de Julian pour rassurer le jeune homme qui tremblait de tous ses membres, visiblement persuadé qu'il passerait lui aussi entre les mains de Maï.
Mais du coup, Tobias avait émigré, préférant rester auprès du gamin afin de l'empêcher de révéler la machination à son amant.
Cyb et Gred s'étaient consciencieusement barbouillés de sang, Maï idem, ils attendaient tous trois que Julian ne revienne à lui, pour la fin de la séance, ils avaient l'intention d'attendre que l'homme tente de s'échapper afin de l'abattre.
Gibbs dans le rôle du tueur, bien évidement.
Les mercenaires, Maï y compris, ne lui avait pas disputé cet honneur.
Jethro serra la main de Tony brièvement, à cet instant il avait envie de l'embrasser mais même si tout le monde savait ou soupçonnait fortement les liens qu'ils avaient depuis quelque temps, il ne savait pas si Tony était prêt pour une démonstration publique.
"Jay... tu es sûr que...
"Certain. Ne t'inquiète pas.
"Ok... Je te fais confiance.
"Ok...
Gibbs déposa son arme dans la main de Tony et se dirigea vers le petit arsenal que Cyb avait constitué, il examina les armes soigneusement.
Et porta son choix sur un Glock très banal. Mais d'un calibre suffisamment commun pour être difficile à identifier si par malchance, son corps, ou du moins ce qu'il devait en rester, tombait entre les mains d'une équipe de scientifiques.
De la police.
Il chargea l'arme et la mit dans son holster de hanche.
Les gémissements de Julian l'attirèrent vers la table de dissection, l'homme se réveillait de nouveau, il commença à s'agiter en constatant qu'il était attaché, il marmonnait dans sa semi inconscience, tirant sur ses entraves.
Gibbs profita que l'homme avait les yeux fermés pour admirer le travail des mercenaires, il devait avouer que pour des novices dans l'art de feindre, ils avaient fait un super boulot.
Le faux sang avait dessiné des rigoles sombres sur la peau de Julian, les patches de latex ensanglantés étaient très réalistes, il constata que Gred n'avait pas cédé à ses instincts de justicier et que le sexe soigneusement prélevé n'était qu'un faux, Julian possédait encore tous ses organes.
Jethro se dit qu'une fois débarrassé du sang et du latex, suivant l'endroit où il serait shooté, il ne serait peut être pas nécessaire de faire disparaître le corps de l'homme, Lune serait déçue bien évidement, elle avait concocté une mixture à base d'acide qui était capable de dissoudre tout et n'importe quoi, tout ce qui était organique du moins, pour les ossements, il n'en était pas certain, mais lui laissait le bénéfice du doute.
Il se pencha sur la table, Cyb et ses acolytes à ses côtés.
"Julian?
L'homme tourna la tête vers lui dans un effort surhumain.
Le GHB lui laissait des éclairs de lucidité mais il était encore un peu "ailleurs", il cligna des yeux en essayant de reconnaître celui qui se trouvait près de lui. La silhouette et la voix lui disaient quelque chose, mais il avait du mal à mettre ses idées bout à bout.
"JULIAN. Gronda Jethro cette fois, il plongea son regard dans celui encore incertain de sa victime.
"Gibbs? Murmura Julian en le reconnaissant brusquement.
Avec un rictus, Jay acquiesça.
"Yep. Bien installé? Demanda l'agent.
"Laissez-moi... Laissez-moi partir... Je dirais rien... Dit l'homme d'une voix très rauque.
Jethro haussa les sourcils.
"Te laisser partir? Et pour quelle raison? Je trouve que tu es plutôt bien, ici, avec nous. Tu as déjà rencontré mon amie Maï: la petite demoiselle. Le grand blond, là : c'est Cybélian et l'autre, tu sais celui qui t'a débarrassé de ce qui te rendait si supérieur à tes victimes: lui, c'est Gred.
"J'veux pas savoir. Marmonna l'homme en secouant la tête. J'veux rien savoir, je dirais rien... Je vous le jure...
Jay agrippa le menton de Julian et le força à le regarder dans les yeux.
"Ne rien dire... Pour ça tu ne vas rien dire... Si tu crois qu'on en a terminé avec toi... Tu te plantes... Maï veut absolument te couper les cordes vocales... Tu sais : pour être sûre que tu ne pourras plus parler, pas raconter ce qui c'est passé ici. Et être tranquille pour ce qu'elle te réserve encore.
"Nooooooonnnn! Gémit Julian.
Des gouttes de sueur coulaient sur son visage, il tremblait par instants, la détermination qu'il voyait sur le visage de Gibbs le plongeait dans des abîmes de terreur. Mais il serra les dents, il devait essayer de faire quelque chose, il n'avait pas envie de mourir dans ce hangar, dépecé vivant.
"T'as tout compris?
"Vous allez pas me tuer? Hein? Vous pouvez pas... Vous êtes un fédéral, vous pouvez pas me tuer comme ça... Supplia Julian, espérant que le rappel de son état stopperait Gibbs. Je jure que je dirais rien... Gibbs, faites pas le con, vous risquez votre carrière avec un truc comme ça...
Jethro sembla réfléchir un instant, puis secoua la tête en souriant:
"J'suis impressionné... Ma carrière? J'y pensais pas... Alors d'après toi, qu'est ce que je dois faire? Te libérer?
L'homme hocha la tête vigoureusement.
"Te libérer... Dit Jay lentement, comme si il examinait la proposition. Puis il secoua la tête. Non. J'peux pas te libérer. Et puis comment tu vas justifier tes blessures?
"Je... Je... Commença Julian désespérément.
"Il te manque pas mal de viande. Et puis... Tu vois... On t'a privé de certaines parties de ton anatomie... Et même si Gred a fait ça au mieux, je crois pas que nous avons des conditions d'asepsie suffisantes ici pour garantir que tu ne chopes pas d'infection. Tu mourras de toute façon... Remarque, si on laisse faire la nature, tu seras mort dans quelques heures... Alors autant laisser Maï continuer à faire mumuse avec toi. Après tout, quand tu as torturé et tué ces pauvres gars, je parie que tu y as pris plaisir, comme ma jeune amie. Elle adore ça.
"Faites pas ça! Hurla Julian en se débattant comme un beau diable.
Comme prévu, l'un des bracelets de cuir céda et s'ouvrit.
Par contre, la suite des événements les prit par surprise.
Dès qu'il sentit sa main libre, Julian agrippa Gibbs et l'attira à lui sur la table de dissection, il ne lui fallut qu'une seconde pour s'emparer du Glock et le pointer sur la tempe de Jethro.
"BOUGEZ PAS! Hurla-t-il à l'attention du trio en blanc. Et toi. Libère moi... Gronda-t-il dans l'oreille de l'agent.
Gibbs manœuvra doucement et détacha l'autre main de Julian.
"Et tu vas faire quoi? Lui demanda-t-il en lui obéissant. T'échapper? Tu vas crever dans quelques heures. Tu saignes comme un porc, tu crois que tu vas pouvoir t'en sortir?
Au fond de la pièce, Tony s'était levé, il avait l'arme de Jethro dans la main et la pointait sur Julian, attendant qu'il bouge un peu.
Il ne pouvait pas tirer avec Gibbs dans la ligne de mire.
Il n'avait pas l'intention de blesser son ami.
Son amour.
"Ta gueule! Mes jambes... Vite...
L'arme toujours pointée sur lui, Gibbs continua à détacher les sangles qui maintenaient Julian sur la table.
Il avait vu le mouvement de Tony et se doutait que les autres étaient prêts eux aussi à agir dès que l'occasion se présenterait. Il leur accorda une demie seconde et leva la tête, plantant son regard dans celui de l'homme, le canon du Glock dangereusement près de sa tête, mais il eut un petit sourire ironique.
"Ca y est. C'est terminé Julian. Tu es libre... Dit-il en se baissant brusquement, se mettant à l'abri de la table métallique.
Les six coups de feu simultanés atteignirent leur cible et Julian s'effondra sur la table.
La stupéfaction sur son visage. Il respirait encore, mais avait lâché le Glock et Gibbs le récupéra. I
Il se pencha sur lui.
"Surpris? Je ne suis pas cinglé, tu sais, j'avais un sacré backup. Lui dit-il doucement.
Tony apparut à ses côtés, le visage fermé, une lueur dangereuse dans le regard.
"Anton? Murmura Julian, avec effort.
"Fallait pas toucher à Gibbs, Julian... Dit le jeune homme froidement.
"Co...Comment? Pourquoi lui? Demanda-t-il dans un souffle.
Tony se pencha vers lui et murmura à son oreille quelques mots. L'homme émit un son étrange et cessa de respirer.
Le silence dans le hangar fut brisé par le hurlement de joie d'Abby.
"Tony! McGee! Fornell! Cyb! Maï! Gred! C'était génial! Je vous adore! Cria-t-elle en approchant de la table, traînant Artémis à sa suite.
Toute l'équipe s'était avancée et leurs armes encore à la main, les tireurs se regardaient les uns les autres.
Un peu étonnés de leur coordination.
Ducky se pencha pour examiner Julian et vérifier qu'il était bien mort.
Gibbs débarrassa Tony de son arme et le serra contre lui. Se foutant de ce qu'en penseraient les autres.
"Ca va?
"Ca va... Marmonna le jeune homme en enfouissant sa tête dans le cou de Jethro.
"Ducky-man... Alors? Demandait Abby en regardant le ME.
"Je n'ai jamais vu ça. Enfin si... Une fois au Penjhab, quand j'étais jeune, nous avions...
"Ducky! S'exclama la jeune Goth en secouant ses couettes. Plus tard le Penjahb, dis nous qui l'a tué...
Le médecin leva la tête du cadavre et lança un regard circulaire autours de lui.
"Tous. Vous l'avez tous tué. Il a six impacts de balles, et tous dans des zones mortelles. Je ne pourrais pas vous départager. Même si je l'autopsie...
Cyb fit une petite grimace:
"Ben tu vois, Gred, t'arrives encore à toucher tes cibles, t'es pas complètement fini mon vieux...
"Cybbbbbb... Gronda le black en levant les yeux au ciel.
Les armes regagnèrent leurs holsters respectifs, et le soulagement fit naître quelques sourires.
Maï se rapprocha de Ducky et commença à lui parler doucement. Le vieil homme approuva et se tourna vers les autres.
"Nous allons devoir nous occuper de certaines choses avec ma jeune amie, je vous prie donc de ne pas rester dans les parages, nous avons du boulot. Déclara-t-il en hochant la tête. Jethro...?
"Ok Ducky, tout le monde sort d'ici. Fornell?
"Je m'occupe du gamin. On se reverra plus tard Gibbs. Tony. Tout le monde... Salut.
"Au revoir Tobias.
L'agent du FBI retourna chercher le jeune homme et partit avec lui.
"Je me demande comment il va faire... Dit McGee à mi-voix. Avec Mike. Pour ne pas qu'il parle...
"Il va vite comprendre où est son intérêt. Si Julian était resté en vie, il est probable que se soit lui qui soit mort dans quelques mois. Répondit Cyb en enlevant sa combinaison blanche.
Gred termina de tendre les bâches plastiques autours de la table de dissection. Et revint vers le reste du groupe.
"Gunny? Tu devrais y aller. On n'a pas besoin de vous ici, on va commencer à ranger. Dit-il en se perchant sur une caisse. Artémis, Abby et toi aussi Tim, vous devriez partir.
On se retrouvera plus tard.
"Ok Gred. Rentrez chez vous. On se retrouve ce soir chez moi. Ordonna Gibbs en entraînant Tony dans la chambre. Huit heures! Précisa-t-il en fermant la porte.
Huit mois plus tard, sur une Ile des caraïbes.
La jolie petite crique dans laquelle dansait le Kelshan était au bout la pelouse que surplombait une maison blanche, une galerie couverte en faisait le tour, les palmiers et les cocotiers dispensaient une ombre bienfaisante sur le jardin.
Tony était étendu sur le sable blond et se repaissait du soleil.
Une main dégoulinante d'eau le surplomba et quelques gouttes tombèrent sur son dos brûlant, le faisant sursauter.
"Jay! Cria-t-il en se retournant et en attrapant son amant par la cheville, le faisant tomber par terre dans un mouvement souple. Tu vas me le payer...
Jethro éclata de rire avant de se dégager d'un mouvement de hanche et de s'asseoir sur les hanches de Tony. Il se pencha et l'embrassa délicatement.
"T'es mouillé! Jay!
"Tais-toi... Grogna l'homme aux cheveux gris en approfondissant son baiser.
"Je me tais... Marmonna Tony en fermant les yeux.
Très doucement, Jethro entrouvrit la bouche de son amant d'une langue exploratrice, ses mains caressaient avec tout autant de précautions le corps de Tony, il n'en revenait pas de pouvoir faire ces simples gestes: caresser Anthony DiNozzo.
Autant qu'il le souhaitait.
Le jeune homme se laissait aller avec une sensualité torride, arquant son corps sous celui de l'ex-marine.
Se laissant découvrir.
"Kof...Kof...
Le léger toussotement les interrompit, Jethro releva la tête après un dernier bécot.
"Ducky? Que puis-je pour toi?
"Je suis absolument désolé de vous déranger, mais Mère insiste pour que nous passions à table et il ne manque que vous.
"Désolé Ducky, nous n'avons pas vu le temps passer, on arrive de suite, donne nous une demie heure. Répondit Tony, un peu contrit.
"Bien... A tout à l'heure.
Le vieil homme s'éloigna vers la maison, les deux hommes le regardèrent, avec son chapeau de paille, sa chemise aux manches retroussées et les bas de son pantalon relevés, Ducky donnait l'impression d'un britannique perdu par hasard sur une île déserte après un naufrage, il n'arrivait pas à se résoudre à se lâcher.
Vestimentairement parlant.
D'autant moins, qu'aujourd'hui ils fêtaient l'anniversaire de la doyenne de leur petite famille.
Tony promena une main lascive le long du dos de Jethro, le faisant frissonner.
"Jay. Je suggère une douche, on continuera plus tard. Ok? Murmura Tony en continuant à déposer de légers baisers sur le visage de son amant.
"Nan. Déclara Jethro en secouant la tête. Une lueur amusée dans son regard bleu de ciel.
"Jay... Insista Tony en souriant.
"D'accord. On y va...
L'ex-marine se leva souplement et tendit sa main à son ami et l'aida à se relever. Ils étaient complètement couverts de sable et en riant ils tentèrent de s'en débarrasser au maximum.
Une douche et vingt-cinq minutes plus tard, ils entrèrent dans la salle à manger.
La table était dressée pour l'occasion, des fleurs de bougainvillier et des hibiscus mêlés de jasmin foisonnaient de partout, donnant des couleurs chaleureuses à la blancheur immaculée de la nappe.
L'argenterie et le cristal brillaient dans les lueurs du soleil couchant. Les ventilateurs brassaient un air chaud et humide. Les bougies éclairaient la salle, rajoutant un charme supplémentaire.
Un petit groupe se tourna à leur arrivée et une jeune goth toute de blanc vêtue vint vers eux et sauta au cou de Tony.
Les deux hommes étaient vêtus de manière semblable, pantalon de lin blanc et chemise de soie, Tony avait un curieux pendentif au bout d'une chaîne d'or blanc.
Un cadeau d'Abby.
Un symbole gothiquo-celtique qu'elle avait conçu. Le métal qui le composait était un curieux mélange. Plomb, cuivre et acier.
Dans des proportions inégales. Forcement.
Faisant de l'objet, un talisman, dont Tony ne se séparait jamais, et qui brillait à son cou ce soir.
"Tony! Gibbs! J'suis tellement contente de vous voir!
"Maï, petite fille, comment tu vas toi? Dit Tony en souriant et en embrassant la jeune femme.
Gibbs fit de même et se tourna vers le reste du groupe, Gred le serra dans ses bras, un large sourire sur son beau visage.
"Hey Gunny, content de te revoir.
"Salut marine.
"Alors Sergent, comment tu vas? Demanda Cybélian en avançant, Artémis à son bras.
"Cyb, Miss Onarluka, merci d'être venus pour l'occasion. Répondit Jethro en souriant.
Les embrassades chaleureuses se poursuivirent un petit moment, quand Abby et Tim eurent rejoint le reste de l'équipe.
Mais la principale intéressé arriva au bras de son fils, Madame Mallard était émue comme une toute jeune fille, les joues roses, quand elle vit le monde qui s'était déplacé pour venir à son anniversaire.
Les amis de son cher Donald.
Le beau gigolo Italien, le séduisant quinquagénaire aux cheveux gris, la gentille petite Abby et son charmant ami, elle fixa d'un regard perplexe les autres membres de la petite famille.
Mais éluda la question avec un sourire, peu importait qui étaient ces gens et pourquoi ils étaient là, visiblement, il y allait y avoir un repas et elle avait toujours faim.
Ducky accompagna sa mère à table et la fit s'asseoir à la place d'honneur.
Le repas se passa dans une ambiance détendue, les convives s'étaient perdus de vue depuis ces derniers mois et ils adoraient quand ils pouvaient se retrouver pour une quelconque occasion.
Et les cent ans de Madame Mallard étaient une excellente occasion, il fallait bien l'avouer.
La soirée ne se prolongea pas outre mesure pour la vieille dame, elle s'endormit dans son fauteuil pendant que tout le monde parlait et célébrait pour elle.
Le dessert arriva sur la table, les bouchons de champagne sautèrent et les coupes se levèrent, portant un toast en l'honneur de l'ancienne jeune fille qui ne se réveilla même pas.
Tony se leva et leva sa coupe de champagne, demandant un second toast.
"Je vous lève mon verre. A vous tous, aux présents et aux absents: Fornell et Palmer.
Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour moi l'année dernière. Je suis de nouveau en pleine forme et heureux au delà du possible.
A vous.
Les verres s'entrechoquèrent et les sourires fleurirent, mais Tony n'avait pas terminé, il se pencha vers Jethro et lui donna une fine liasse d'enveloppes, celui ci les fit circuler une à une, chacune vers son destinataire.
Les noms indiqués en belles anglaises: Cybélian, Artémis, Gred et Maï.
Les quatre intéressés lancèrent des regards surpris autour de la table. Abby et Tim souriaient, Ducky hochait la tête et Gibbs restait impassible.
Tony leur fit un signe gracieux de la main.
"Nous voulions vous remercier. Jay et moi. Vous l'avez mérité. Ouvrez-les...
Les enveloppes furent décachetées et quatre mâchoires tombèrent, accompagnée de quatre paires d'yeux exorbitées.
"To...Tony...Marmonna Cyb en leur nom à tous. C'est quoi ça? Dit-il en tendant un chèque à son nom, pour le montant extravagant d'un million de dollars. Il fit un geste du poignet, englobant les autres.
"Quatre millions de dollars? Tu nous offres quatre millions de dollars? Explique...
Tony posa sa main sur l'épaule de Jethro, il tremblait légèrement, inquiet de la réaction de ses amis.
L'ex-marine prit la parole.
"Cet argent vient de Julian. Indirectement. Vous vous souvenez de l'héritage que Tony avait touché et dont Julian s'est occupé durant toutes ces années? C'était une vieille dame, une amie de Tony, la Signora Dell'a Campa. Hé bien, ce sont les bénéfices, il avait fait des placements judicieux. Pour l'héritage direct, Tony n'a pas le droit de toucher au capital avant quelques années, il n'a que l'usufruit des biens. Cette maison, l'appartement de New-York, les autres propriétés. Et les placements originels. Qui sont excellents. Pour ce "cadeau" il s'agit d'autres placements de Julian, et Tony a décidé que cet argent vous revient de droit.
"Et...Heu... Pourquoi nous? Et Vous tous? Demanda doucement Artémis en revenant de sa surprise.
Abby éclata de rire et se pencha vers son amie:
"Nous? Nous sommes les parasites de Tony, nous profitons du parcours puisqu'il ne veut pas que nous partions... Tim, moi, Ducky et sa mère... Nous nous amusons bien, il prend soin de nous. Nous sommes une grande famille.
Cyb lança un regard à ses amis et hocha la tête.
"Nous ne voulons pas de cet argent... On peut le donner à Pio... Pour son église...
"A dire vrai, commença McGee à son tour, Tony a donné l'argent des comptes offshore de Julian à la paroisse de Pio.
"Combien?
"Dix sept millions trois cent vingt huit mille dollars. Précisa Tim. Vous devriez garder votre argent. Vous en aurez bien meilleur usage. Au pire, vous aurez les moyens de venir nous voir plus souvent.
Le silence autour de la table était euphorique malgré tout. Mais Tony était hésitant quand même, il attendait la décision du petit groupe.
Maï éclata de rire en se levant et en se précipitant vers lui.
"Tony-san! Tu es cinglé! Mais je t'adore... S'exclama-elle en l'embrassant. J'accepte... J'accepte... J'accepte...
La décision de Maï déclencha les rires et les trois autres hochèrent la tête à leur tour. Acceptant le généreux cadeau de Tony.
Mettant un point final à l'affaire Julian.
Les coupes de champagne se remplirent de nouveau et les tintements du cristal se firent entendre.
Bien plus tard, Tony prit la main de Jethro et l'entraîna.
Dans la grande chambre, les chandelles brillaient encore, allumant des étoiles dans le regard couleur de lagon de Tony.
La musique douce, présence indispensable dans leur vie les enveloppait comme dans un cocon.
Le jeune homme fit face à son ami, solennellement, il attira son visage vers le sien et l'embrassa.
Tout doucement.
Par touches légères.
Baisers papillons.
Sa main se posa sur le torse de l'ex-marine et glissa sur la chemise de soie blanche, descendant sur sa hanche et se posant là.
Sans aucun rapport avec l'intensité des baisers qu'il prodiguait, son souffle devenait erratique. Il semblait inquiet. Mal à l'aise.
"Calmes toi... Murmura Jethro en le caressant à son tour, bruissement de la soie contre la soie, les chemises semblaient se caresser. Diablement sensuel.
Les caresses et les baisers de Gibbs calmèrent Tony, qui se laissa aller, yeux fermés, la langue aventureuse de Jay se promena le long de ses lèvres et remonta le long de sa mâchoire, sa bouche vint mordiller légèrement le lobe de l'oreille.
Les soupirs de Tony étaient accompagnés de frisson de plaisir, il se colla contre le corps de son amant.
De son presque amant.
Depuis huit mois, il n'y avait rien eu d'autre que des caresses passionnées. Jethro attendait avec une patience infinie que Tony soit prêt. S'il l'était un jour... Peu importait. Les caresses suffisaient pour le moment.
Mais ce soir était Le Soir.
Tony avait envie de mettre lui aussi un point final à l'affaire Julian.
Il entraîna Jay vers le grand lit et déboutonna sa chemise, la faisant glisser le long des épaules bronzées de l'ex-agent.
Il accompagna la descente de baisers sur le torse de Jethro, stoppant au creux du ventre musclé. La ceinture de cuir fin céda sous ses doigts impatients et le pantalon rejoignit la chemise en quelques secondes.
L'homme était nu devant lui, toujours aussi à l'aise dans sa propre peau.
Il appréciait la vision hautement érotique d'un Tony à genoux devant lui. Même encore habillé, les cheveux un peu en bataille, les yeux brillants, les joues un peu rouges.
Tony se releva et poussa très légèrement l'ex-marine, la paume de la main ouverte, sur le torse grisonnant.
Jethro se laissa faire et s'allongea, dévorant du regard le jeune homme qui faisait un strip tease à son unique bénéfice.
Tony, une fois nu, hésita un bref instant avant de venir rejoindre son amant.
Il s'allongea à ses côtés, et se soulevant sur un coude commença une exploration méthodique de Jethro.
Pour la première fois sans aucune retenue.
Amoureusement. Avec le désir de lui faire découvrir ce qu'il ignorait encore.
Les réactions de son corps quand ils feraient l'amour.
Quand il lui ferait l'amour.
Enfin.
Qu'il effacerait Julian de sa mémoire.
Jethro prit le relais et se pencha sur le corps de Tony, il embrassa amoureusement les seins et les fit s'ériger, les mordillant, pas si doucement que ça.
Tony n'était pas en sucre. Il le lui avait dit de nombreuses fois.
Il portait encore des cicatrices, Jethro les connaissait toutes, il les avait embrassées souvent.
Etablissant une carte précise du corps de cet homme là. Se préparant pour le jour où il pourrait terminer son exploration.
Et c'était le jour J.
Tony se laissa explorer, tout en guidant Jethro dans cette exploration.
Avec un grand luxe de précautions, Jay prépara Tony à le recevoir en lui et lui fit l'amour.
Avec une tendresse dont il ne se savait pas capable.
Voir Tony crier son plaisir et se laisser aller, était un cadeau auquel Jethro ne croyait pas, le jeune homme l'avait révélé à lui même, il lui avait fait redécouvrir l'amour et il lui en était infiniment reconnaissant.
Il était subjugué.
Envoûté, comme on peut l'être dans cette partie du monde quand on vit dans un paradis.
Il était fou amoureux et savait que c'était réciproque.
Les bougies avaient déclaré forfait depuis longtemps, dans la pénombre, au creux de ses bras, Tony s'était lové comme il le faisait toujours. Mais un peu plus apaisé que de coutume, plus détendu.
Depuis ces derniers mois, il sentait une présence autour d'eux, une présence bienveillante qui les confortait dans leurs décisions.
Il soupira légèrement, tout en sombrant dans le sommeil, quelques mots s'échappèrent de ses lèvres.
"Merci Shannon. Merci mon Ange.
Voilà, c'est fini, Julian est mort et bien mort, l'équipe du Ncis est partie au bout du monde.
Comme promis, Tony est sorti de son cauchemar. La musique est toujours là, présente à cent pour cent dans la vie de Tony et il rechante. Comme ces oiseaux qui ne retrouvent leur voix que lorsqu'ils sont en liberté.
Pour celles qui se posaient la question, Paolino a pris sous son aile le jeune Mike et avec l'aide de Milianno il est revenu dans le droit chemin.
Fin de ma version alternative de leurs vies.
Merci d'être restées à mes côtés dans cette longue aventure.
Je vous ai privées d'un vrai lemon, mais il ne me semblait pas indispensable dans cette histoire là.
Mille bisousmouchous à toutes.
Sandy
