Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!

Note de l'auteure : Comme promis, voici le chapitre numéro deux:) J'espère que vous l'aimerez! N'hésitez pas à me laisser une petite review (en passant, merci Lilie pour ta review, j'étais trop touchée :)

Enjoy!


Chapitre 2 : Le réveil

Lorsqu'Èva se réveilla, elle eut l'impression d'avoir dormi pendant trois jours. Au moins, elle se sentait bien et reposée.

Elle s'étira à sa manière si particulière et ouvrit les yeux.

À ce moment, elle réalisa que quelque chose n'allait pas : elle n'était pas dans sa chambre!

Elle lança un regard à la pièce pour découvrir plusieurs lits alignés en une rangée bien droite. De plus, tout était blanc : les draps, les oreillers, les murs, tout!

- Une infirmerie?!

Èva avait parlé à voix haute, ce qui eut pour effet d'attirer l'attention de l'infirmière qui finissait de concocter une potion dans son bureau.

La vieille dame s'approcha du lit où Èva reposait maintenant sur son séant, tout à fait réveillée.

- Eh bien, mademoiselle, on peut dire que vous nous avez fait une de ces peurs! lui dit l'infirmière, sur un ton faussement réprobateur.

- Où est-ce…, la voix d'Èva se cassa et elle toussa, découvrant que sa gorge était aussi sèche qu'un désert en plein été.

L'infirmière lui sourit avec un air bienveillant, agita un bout de bâton et fit apparaître un verre d'eau. Apparaître? Èva cligna des yeux plusieurs fois. Son imagination lui jouait vraiment des tours!

La vieille femme lui tendit le verre. Èva ne put s'empêcher de le regarder d'un air suspicieux. À quoi jouait cette femme avec son bout de bois? Était-elle une adepte de vaudou? Ou peut-être pratiquait-elle la magie noire? Voulait-elle l'empoisonner?

Puis Èva reporta son attention sur la vieille dame aux cheveux grisonnants, légèrement rondelette et au visage chaleureux. Èva jugea que cette femme ne pouvait pas lui vouloir de mal et accepta finalement le verre.

La brunette s'empressa de vider son verre. Mais, dès la première gorgée, elle ressentit une douleur au cou.

Au début, elle l'ignora, préférant se désaltérer, car elle en avait grandement besoin. Mais, une fois qu'elle eut vidé son verre, elle porta la main à son cou pour y découvrir un bandage.

- Il vaut mieux ne pas y toucher pour l'instant, je n'ai pas encore fini la potion pour accélérer la guérison, intervint l'infirmière en remarquant son geste.

Une potion? Mais qu'est-ce que c'était que cette histoire, à la fin!

Tout à coup, Èva se rappela la nuit précédente. L'homme qui l'avait poursuivie… l'homme qui l'avait mordue! À ce sujet, se rappela Èva, ses questions de la veille étaient toujours sans réponse.

C'est ce moment précis, alors qu'Èva allait demander à la gentille infirmière de l'aider à comprendre cette histoire qui devenait de plus en plus farfelue, que l'homme ayant causé tout cela fît son apparition.

Èva écarquilla les yeux lorsqu'elle le vit.

« Au moins, ses yeux ne sont plus rouges! », pensa la jeune femme.

- Ah, professeur Rogue, vous êtes venu prendre des nouvelles de… votre victime, lui cingla au visage l'infirmière, qui semblait plutôt en colère contre cet homme qui avait maintenant un nom.

Le dénommé Rogue jeta un regard noir à la vieille femme.

Èva sentit le rythme de son cœur s'accélérer en pensant à ce que l'infirmière venait de dire. Sa victime!

Le cerveau d'Èva ne pensa plus rationnellement lorsqu'elle constata que l'homme avait posé les yeux sur elle avec un intérêt trop marqué d'après la jeune patiente.

Il n'en fallut pas plus pour qu'Èva fasse la seule chose que tout son corps lui intimait : fuir!

Elle passa entre les deux personnes qui l'observaient, prit le chemin de la porte et courut comme si sa vie en dépendait. D'ailleurs, n'était-ce pas le cas? Une partie d'elle lui hurlait que oui, mais une autre partie lui murmurait que non.

La jeune femme était tellement prise dans ses pensées qu'elle remarqua à peine les tableaux qui murmuraient sur son passage ou les escaliers qui s'amusaient à l'emmener à un endroit bien précis.

Soudain, la brunette fut irrésistiblement attirée vers une porte, qu'elle s'empressa de passer. Il faisait noir dans cette pièce exiguë, mais Èva ne pensa même pas à chercher l'interrupteur pour faire de la lumière. Elle claqua la porte et alla se réfugier dans le fond de la pièce, entre deux étagères. Elle ne remarqua pas non plus la drôle d'odeur qui flottait dans cette salle.

Èva porta la main à sa gorge. Dans son affolement, elle ne s'était même pas aperçue que sa blessure s'était remise à saigner. Elle appliqua une pression pour arrêter l'hémorragie.

« Aller, ma vieille, calme-toi. Tu sais que tu dois le faire. Respire. », s'intima la jeune femme en panique. « Oh, foutu cœur, ralenti ! »

S'il fallait que ce Rogue la découvre, là, dans une petite pièce, le cœur battant à tout rompre et sa blessure saignant, elle était cuite!

Et comme pour répondre à sa malédiction, Severus Rogue ouvrit la porte d'un coup.

- Pouvez-vous m'expliquer ce que vous faites dans ma réserve? aboya le professeur de potions en colère.

- Qui êtes-vous? Que me voulez-vous? Pourquoi m'avez-vous enlevée? Laissez-moi sortir! hurla pratiquement la jeune femme.

Severus Rogue arqua un sourcil et un petit sourire sarcastique apparut sur son visage.

- Que voulez-vous que je fasse en premier? Répondre à vos questions ou vous laissez fuir à nouveau?

Pour toute réponse, Èva poussa l'homme et repartit en courant vers un autre corridor.

Elle tomba sur un escalier descendant et se demanda comment il pouvait y avoir un étage inférieur à des donjons. Et comment savait-elle qu'elle était dans des donjons?

- Ça suffit, je ne vais pas vous poursuivre à travers tout ce foutu château, alors vous allez vous arrêter maintenant! intima un Rogue dans une colère noire.

« Ce que cette fille peut être peureuse et lâche! », pensa-t-il.

Au ton menaçant de Rogue, Èva se retourna pour le regarder droit dans les yeux, pleine d'appréhension. Comme elle le pensait, ses yeux commençaient à se teinter de rouge.

Il ne fallait pas qu'elle reste là. Pas encore.

Èva recula, comme lors de leur première rencontre, lorsqu'elle avait été hypnotisée par ses yeux étranges.

Cependant, elle avait oublié l'escalier qui se profilait derrière elle et ce fut le « Attention! » de Severus qui la ramena à la réalité.

Mais il était trop tard. La jeune femme battit pathétiquement des bras dans le vide dans l'espoir de trouver quelque chose à quoi s'accrocher pour ne pas faire la douloureuse chute qui l'attendait.

Mais son effort fut vain et Èva bascula dans le vide en laissant échapper un petit cri.

Elle mit ses bras autour de sa tête dans le dernier espoir de se protéger et attendit l'inévitable choc contre les marches de pierre.

Pourtant, elle ne sentit jamais cette collision. Èva ouvrit précautionneusement un œil pour découvrir qu'un homme l'avait attrapé.

Elle rencontra un regard d'or en fusion.

« Tout à fait magnifique! », pensa la jeune femme avec un sourire niais sur le visage.

L'homme qui l'avait rattrapé avec les cheveux châtains presque blonds et de splendides yeux ambre. Il avait l'air tout de même jeune, mais avait les traits tirés d'un homme fatigué. Èva se demanda alors pourquoi.

- Vous n'avez rien? dit l'inconnu, tirant Èva de ses pensées.

- Oh, euh… non. Merci, lui répondit Èva avec un sourire gêné en réalisant qu'elle était toujours dans les bras du bel inconnu.

- Sombre idiote! Vous êtes vraiment inconsciente! Vous auriez pu vous rompre le cou! Quoique, maintenant que j'y pense, cela aurait été une excellente idée : nous aurions été débarrassés d'une pauvre petite peureuse complètement empotée! rugit Severus Rogue, toujours égal à lui-même.

- Bonjour Severus, content de te voir aussi, répondit tranquillement l'inconnu en remettant Èva sur ses pieds.

Cette dernière se demandait comment l'homme pouvait faire comme si Rogue n'avait rien dit! Il avait tout de même été odieux. Était-ce parce qu'il y était habitué? Rogue était-il ainsi en permanence? Si c'était bien le cas, il devait être très pénible!

- On ne vous a pas sonné, Lupin! vociféra l'homme aux cheveux graisseux.

- Oh, mais ça suffit. Vous êtes toujours aussi aigri? Oh et puis non, ne dites rien, intervint la jeune femme, prise en plein milieu d'une joute verbale à laquelle elle n'avait pas du tout envie d'assister.

Sur ce, Èva passa devant l'homme aux cheveux noirs et emprunta le couloir à sa droite.

- Ah non, vous n'allez pas repartir ainsi! Vous retournez à l'infirmerie, que je doive vous y amener de gré ou de force, lança l'homme devant qui elle venait de passer.

- Vraiment? J'aimerais bien voir ça, lui répliqua Èva, voulant tout à coup provoquer cet homme qui avait été ignoble avec elle.

Sur cette phrase énigmatique, elle se mit à courir. Mais, contrairement à ce que Severus s'attendait, elle prit la direction de la balustrade.

Après un dernier regard en arrière et un sourire victorieux, elle se lança dans le vide.

Severus et Remus accoururent à la rambarde, s'attendant à découvrir la jeune femme blessée au sol, un étage plus bas. Au contraire, ils virent qu'elle avait atterri comme un chat, sur ses pieds et prenant appui sur ses mains.

La jeune femme se redressa et se tourna vers eux.

- Quoi, vous ne venez pas me chercher? envoya-t-elle d'un air de défi à un Rogue furieux.

Une lueur de triomphe brillait dans ses yeux. Et, après un sourire énigmatique, elle s'engagea dans le premier couloir qu'elle vit.

- Sale gosse! cracha Rogue, la mâchoire serrée.

Remus sourit. Cette jeune femme allait rendre le professeur de potions complètement dingue.

Seulement, Lupin se demanda comment elle avait réussi à sauter la balustrade sans se faire mal.

Il regarda Severus faire de même, à la seule différence que, lui, atterrit sur ses deux jambes.

Pour Remus, c'était tout à fait normal que Rogue ait les capacités pour accomplir un tel exploit, mais cette étrangère? Ce pouvait-il que…

Laissant à Severus la tâche de retrouver la demoiselle, Lupin se dirigea vers le bureau du directeur. Il avait besoin d'une explication!

Rogue n'eut aucun mal à retrouver la trace de l'inconnue. Elle avait une odeur bien particulière et, ne connaissant pas le château, elle avait plutôt tendance à tourner en rond.

Le professeur emprunta un passage secret et fondit sur la belle à un tournant.

Èva ne put empêcher un cri de passer ses lèvres lorsque l'homme de tous ces malheurs lui tomba dessus et la plaqua au mur, en maintenant ses poignets au-dessus de sa tête.

Èva arqua un sourcil et lui jeta à la figure :

- Bien, maintenant que vous m'avez attrapée, qu'allez-vous faire? Me mordre?

Elle avait fait bien attention de mettre l'accent sur ce dernier mot. Elle voulait une explication et il était plus que temps. Même si, elle devait l'avouer, elle n'était pas tellement en position de négocier pour l'instant.

Mais, au diable ces considérations, elle voulait comprendre et, étrangement, elle se sentait plutôt provocatrice.

- Ne jouez pas les impertinentes avec moi, vous ne savez pas à qui vous avez affaire! siffla son interlocuteur de plus en plus près de son visage.

- Justement, c'est exactement ce que j'aimerais savoir! Mais lâchez-moi à la fin!

Rogue eut un air moqueur. Cette jeune femme ne savait décidément pas ce qu'elle voulait : des réponses ou lui imposé sa volonté.

Quelqu'un toussota, ce qui eut pour effet d'interrompre la conversation des deux antagonistes qui semblaient sur le point de se sauter à la gorge.

Les yeux d'Albus Dumbledore brillaient de cette lueur particulière dont il était le seul à avoir le secret.

« Vieux sénile », pensa Severus en libérant la jeune femme qui se massa les poignets. Cet homme était plus fort qu'il ne semblait le réaliser.

- Eh bien, Severus, on dirait que vous avez retrouvé notre invitée, dit le directeur en souriant à la jeune femme.

Les yeux de Severus se plissèrent et il lança son fameux regard « made in Rogue » au directeur qui l'avait interrompu.

Si seulement Lupin, qui se tenait un peu en retrait derrière Dumbledore, n'était pas allé chercher le vieux directeur, Severus aurait eu tout le loisir de faire comprendre ses règles à cette petite effrontée.

« Ce n'est que partie remise! », pensa alors l'homme aux yeux charbonneux.

- Oui, bien, l'invitée aimerait bien savoir pourquoi on veut la retenir prisonnière! cingla Èva, en croisant les bras.

- Ce n'est pas le cas, je vous l'assure, mademoiselle. Mais si vous voulez bien venir dans mon bureau, nous aurons tout le loisir d'en discuter.

Sur ces dernières paroles, Dumbledore ouvrit la marche en direction de son cabinet de travail. Remus fit un sourire qui se voulait réconfortant à Èva pour l'encourager à emboîter le pas au directeur. Ce qu'elle fit à contrecœur, aux côtés du professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Finalement, Rogue fermait la marche d'un air renfrogné.

Arriver devant une statue en forme de gargouille, le vieil homme aux cheveux blancs murmura quelque chose qu'Èva crut comprendre comme étant « Chocogrenouille ». Puis, la statue fit un pas sur le côté, découvrant une entrée. Décidément, la jeune femme avait beaucoup de choses à se faire expliquer!

Les quatre acolytes grimpèrent sur un escalier en colimaçon qui tournait sur lui-même, les amenant à l'étage supérieur, comme le ferait un escalier roulant Moldu.

En passant la lourde porte de chêne du bureau, Èva découvrit un attirail impressionnant d'objets plus insolites les uns que les autres. Plusieurs brillaient, tournoyaient ou émettaient même un léger sifflement.

Mais, ce qui fascina littéralement Èva, fut le Phénix appartenant sans nul doute au directeur.

Les yeux brillants d'émerveillement, elle demanda :

- C'est bien ce que je pense?

- Si vous pensez à un Phénix, Fumseck en est effectivement un, répondit l'homme à la longue barbe blanche en lançant un regard affectueux à l'oiseau mythique.

Ce dernier émit un roucoulement mélodieux avant d'ébouriffer son plumage et de plonger son bec dans les plumes couleur feu et or de son dos, signe qu'une petite sieste s'imposait.

- Si vous voulez bien vous asseoir, Mademoiselle, je crois qu'une discussion est nécessaire, intervint le vieil homme qui avait déjà pris place derrière son bureau.

Èva dut prendre place sur le seul siège disponible, soit celui entre Rogue et Lupin. Ainsi entourée, elle se sentit à moitié paniquée et à moitié rassurée.

Le Phénix avait calmé l'humeur plutôt provocatrice de la jeune femme. Elle fut donc plus disposée à écouter lorsque le vieil homme aux yeux bleu ciel prit la parole.

- Voulez-vous un peu de thé? demanda-t-il aux trois personnes en face de lui.

Lupin et Èva acceptèrent et Rogue refusa la proposition d'un grognement impatient. Décidément, cet homme était plutôt désagréable et fort peu courtois, pensa la brunette.

Après une gorgée de thé à la cannelle (le préféré d'Èva, pensa cette dernière), le vieil homme enchaîna :

- Bien. Vous vous demandez sans doute où vous vous trouvez, Mademoiselle.

Èva arqua un sourcil.

« Je croyais que c'était tout de même évident! », ne put s'empêcher de penser Èva, en roulant les yeux.

Dumbledore la fixait droit dans les yeux et il eut un sourire amusé, comme s'il avait entendu les pensées d'Èva.

- Pour répondre à vos interrogations, je dois vous annoncer que vous vous trouvez actuellement à Poudlard, une école de sorcellerie. Je m'appelle Albus Dumbledore et j'en suis le directeur. Les professeurs Severus Rogue et Remus Lupin ici présents enseignent respectivement les potions et la Défense Contre les Forces du Mal.

- Oh là, une minute. Sorcellerie, potions, Forces du Mal? C'est une mauvaise blague, c'est ça? intervint Èva, agacée.

- J'ai bien peur que non, très chère. Le monde de la magie et le monde des Moldus, les personnes qui ne possèdent pas de pouvoirs magiques, comme vous, ne se mélangent généralement pas. C'est pourquoi vous n'étiez pas au courant de notre existence avant ce malencontreux évènement, expliqua Dumbledore, en jetant un regard au professeur de potions.

- Tiens, parlant de cet évènement, j'aimerais bien une explication, dit Èva en se tournant elle aussi vers Rogue.

Ainsi, elle faisait diversion, ne voulant pas aborder un sujet qu'elle considérait d'emblée comme risible. De la magie! Et puis quoi encore? Pensait-il vraiment qu'elle avait encore douze ans?

Rogue, de son côté, évita soigneusement de croiser le regard accusateur de la jeune femme. Il l'ignora même très bien, ce qui ne fit qu'irriter encore plus la jeune femme.

- À vrai dire, je crois que nous ne pouvons vous fournir qu'une demi-réponse pour l'instant, se désola Dumbledore.

- Dites plutôt que vous ne voulez pas me donner une réponse franche! répliqua Èva, de nouveau à cran.

- Non, je vous assure que ce n'est pas le cas, intervint le dénommé Remus Lupin. Nous ne savons pas exactement la raison qui a poussé Severus à vous attaquer, mais ce n'est qu'une question de temps avant que nous ne le découvrions, finit le lycanthrope avec un sourire avenant.

Èva ne put que soupirer. Elle ne savait pourquoi, mais elle lui faisait confiance.

- D'accord! capitula la jeune femme. Que pouvez-vous me dire pour l'instant alors?

- Eh bien, je présume que vous aviez deviné que Severus était un vampire. À vrai dire, il ne l'est qu'à moitié, et ce, de naissance.

Rogue se retourna brusquement lorsqu'il entendit le rire franc de la jeune femme résonner dans le vaste bureau.

- Puis-je avoir l'honneur de savoir ce qui vous fait rire? dit le professeur de potions sur un ton doucereux des plus menaçant.

Èva se calma un peu, mais était toujours prise de soubresauts.

- Oh, pardon, peut-être que je ne devrais pas me moquer de votre soi-disant… condition, dit la jeune femme avait d'être à nouveau prise d'un éclat de rire incontrôlable.

Pour une raison inconnue, Severus se sentit blessé par la remarque sarcastique de la jeune femme. Et il réagit de la seule façon qu'il connaissait pour se protéger : il attaqua avant d'être attaqué.

- Je vous interdis, petite sotte. Peut-être vous croyez-vous supérieure? Eh bien, détrompez-vous, car dans à peine quelques heures, vous serez exactement comme moi!

La jeune femme s'arrêta nette de rire. Rogue eut un sourire victorieux : il avait touché un point sensible.

- Qu'est-ce que vous voulez dire?

- Jeunes gens, calmez-vous, je vous prie, intervint Dumbledore.

Èva lança un regard plein de détresse à Remus, dans l'espoir qu'il réponde à son interrogation.

Ce dernier se leva et dit :

- Bien, je crois qu'il serait temps pour notre invitée de retourner à l'infirmerie. Madame Pomfresh n'apprécierait pas si on la lui rendait en état de choc.

Il fit un clin d'œil à Èva avant de lui tendre la main pour l'inviter à se lever et à le suivre. Ce qu'elle fit à contrecoeur.

- Au fait, je m'appelle Èva Jenkins.

Remus tourna son regard d'or en fusion vers elle et lui sourit de toutes ses dents.

- Eh bien, enchanter mademoiselle Jenkins.

Ce qu'Èva ignorait, c'était que le cœur d'un autre homme dans leur petit groupe avait fait un bond en entendant son nom.

« Un prénom si mélodieux », pensa-t-il avant de se gifler mentalement d'avoir pensé cela et de se renfrogner.

Le quatuor quitta finalement le bureau du directeur. Èva se complaisait dans son mutisme. Elle voulait savoir ce qu'avait voulu insinuer le supposé vampire!

Lorsqu'ils arrivèrent à l'infirmerie, madame Pomfresh se précipita vers eux.

- Eh bien, ce n'est pas trop tôt!

Elle lança un regard de reproches à Èva.

- Et vous, je vous interdis de refaire une telle chose : vous êtes en convalescence ma petite mademoiselle!

Èva baissa la tête, se sentant coupable d'avoir inquiété la gentille infirmière.

- Convalescente? Et quoi encore! Ce n'est pas vous qui l'avez poursuivie à travers cette foutue école! siffla Rogue.

Lupin et Dumbledore échangèrent un regard complice. Décidément, Èva allait rendre Severus complètement dingue!

- Ah oui et à qui la faute? rétorqua madame Pomfresh, tenant toujours rancœur à Severus. Si vous vous étiez retenu de la mordre, aussi!

- Quoi? coupa Èva. Vous aussi vous croyez à ces histoires rocambolesques de vampire? dit-elle, pensant qu'une femme de science comme elle ne croirait pas ces inepties.

- Oh, ma petite, murmura l'infirmière en lançant à Èva un regard plein de pitié. Je sais que c'est dur à accepter, mais il faudra vous y faire. Après tout, le processus de transformation n'est pas réversible.

Transformation? C'était donc ce qu'avait voulu insinuer Rogue tout à l'heure!

Cette information fut la goutte qui fit déborder le vase et la jeune femme s'évanouit.

Ce qu'elle ne sut pas, c'est qu'elle n'avait jamais heurté le sol : les réflexes de Severus avaient pris le dessus et il avait attrapé la jeune femme au moment même où ses genoux l'avaient lâchée.