Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!

Note de l'auteure : Promis, Èva ne va pas s'évanouir à chaque fin de chapitre! lol Je tiens juste à rappeler que c'est ma première fic, donc je n'avais pas nécessairement les meilleures idées! ' Mais je trouve tout de même la fin de ce chapitre-ci assez loufoque:P Les vrais ennuis commencent!

Bisous bisous!


Chapitre 3 : La transformation

Des yeux rouges la suivaient partout. Elle pouvait fuir aussi loin qu'elle le voulait, ils étaient toujours là à l'observer, la guetter, la poursuivre.

La jeune femme était en sueurs, elle courait autant qu'elle le pouvait. Elle se cachait derrière chaque objet qu'elle rencontrait ou se terrait dans l'ombre de bâtiments présents sur son chemin... mais elle savait que c'était inutile : il était toujours là.

Lorsqu'elle se décida finalement à affronter ces yeux qui la terrorisaient, une voix retentit :

« Suis-moi. Aller, viens. Tu vas voir, c'est agréable! »

Elle connaissait cette voix grave, mais la jeune femme n'arrivait pas à identifier à qui elle appartenait.

Au même moment, une silhouette massive drapée de noir apparut au loin et se dirigea lentement vers elle.

Lorsque la silhouette fut assez près, la jeune femme la reconnut.

« Severus? »

« Oui, c'est moi, mon amour. Viens avec moi, je vais faire ton initiation. »

Avant qu'elle ne lui pose une question ou refuse tout simplement, l'homme ténébreux lui prit les mains et le décor sembla tourner tout autour d'eux.

Ils se retrouvèrent dans une ruelle où une femme d'âge moyen se promenait sous le clair de lune.

Severus fondit sur elle et la jeune femme entendit distinctement les canines du vampire transpercer la peau de l'inconnue alors que cette dernière hurlait.

Alors qu'elle assistait à cette scène, impuissante, la jeune femme vit des flashs d'images traverser son esprit. Elle voyait la femme que Severus était en train de mordre avec deux jeunes enfants dans un parc. Puis cette même femme à son mariage. Et, finalement, l'inconnue, tenant un bébé dans ces bras, assise aux côtés d'une dame âgée: trois générations de femmes d'une même famille posaient au cours d'une réunion de famille.

La tête de la jeune femme l'élançait dangereusement. Elle se sentait coupable de ne rien faire. Seulement, elle était pétrifiée : elle était incapable d'empêcher l'homme d'agir.

La jeune femme ne voulait plus voir ces images, alors qu'elle savait pertinemment que le vampire aspirait la vie du personnage central de ces souvenirs heureux.

Après avoir bu quelques gorgées de sang, Severus releva la tête et lança à la jeune femme toujours médusée :

« À ton tour, amour. »

- NOOOOOOOON!

Èva se redressa dans son lit. Elle était tout en sueurs et se sentait nauséeuse.

Après de nombreuses secondes, une faible lumière, semblable à une lampe de poche, apparut un peu plus loin dans la pièce. Elle se faisait de plus en plus forte au fur et à mesure que son porteur s'approchait.

Èva finit par reconnaître la vieille infirmière. Cette dernière avait les yeux encore empreints de sommeil et elle portait une longue chemise de nuit à motifs de fleurs aux couleurs pastel.

Puis Èva vit que ce qu'elle avait pris pour une lampe de poche, au départ, émanait en fait du petit bâton de la vieille femme.

Elle se rappela alors ce que le directeur lui avait dit la veille à propos du monde magique, de Rogue et de sa condition de vampire. Elle se rappela aussi sa transformation imminente et le rêve qu'elle venait de faire, même s'il s'agissait plutôt d'un cauchemar, à son avis.

À cette dernière pensée, la jeune femme sauta en bas de son lit.

- Non, il n'est pas question que je fasse ça. Ni vous, ni lui ne m'y forcerez, c'est bien compris? dit Èva, au bord de la crise de larmes.

Avant que l'infirmière n'ait le temps de prononcer des paroles réconfortantes à la jeune femme paniquée, Severus Rogue entra en coup de vent dans l'infirmerie.

Èva constata qu'il était habillé. Pourquoi avait-il pris le temps d'enfiler une de ces robes? D'ailleurs, quelle habitude idiote était-ce donc que de porter une robe? Voilà au moins une chose qu'Èva avait pu remarquée en regardant le peu de sorciers et de sorcières qu'elle connaissait.

Elle secoua la tête et revint à ses premières pensées : mais que faisait Severus Rogue à l'infirmerie au beau milieu de la nuit?

Ce fut madame Pomfresh qui articula l'interrogation à voix haute.

- Posez plutôt la question à cette petite écervelée! répondit l'homme en pointant Èva.

- Je vous demande pardon?! Je viens à peine de me réveiller.

- Justement… Rappelez-vous votre rêve, juste avant de vous réveiller, murmura Rogue, en plissant les yeux jusqu'à ce qu'ils ne soient plus que deux fentes rougeoyantes.

Èva porta sa main à sa bouche. Se pouvait-il qu'il ait capté des images de son rêve? Ou peut-être qu'il y avait assisté du début à la fin!

Étaient-ils donc connectés l'un à l'autre?

- Madame Pomfresh, j'aimerais administrer une potion Inhibitrice à miss Jenkins. Je ne désire vraiment pas partager ses rêves toutes les nuits! articula Rogue en lançant un regard assassin à Èva.

Alors, c'était donc vrai : ils étaient reliés… d'une certaine façon, du moins! Èva déglutit avec difficulté. Dans ce cas, il avait pu voir son rêve, ce qui était plutôt gênant.

Une pensée refit alors surface dans la mémoire de la jeune femme : la veille, lorsqu'elle s'était réfugiée dans les donjons et qu'elle avait su par elle ne savait quel moyen qu'elle était bien dans les donjons du château, c'était sans doute aussi grâce à cette étrange connexion.

Se pouvait-il que, en la mordant, Severus lui ait aussi transmis une partie de sa mémoire? Ou peut-être que la jeune femme avait regardé trop de films…

Mais, pour l'instant, Èva se dit qu'il fallait qu'elle se sorte de ce mauvais pas plutôt embarrassant, elle s'interrogerait sur ce lien mental plus tard.

- Mais qui vous dit que ce n'est pas vous qui m'avez fait subir votre rêve? objecta Èva, avec un air de défi.

- Oh, bien sûr, suis-je bête! Il est vrai que vous en connaissez beaucoup plus que moi sur la magie, ironisa l'homme aux cheveux gras.

- Je vous ferais remarquer que ce n'est pas moi qui aie osé dire « mon amour »!

Èva ferma les yeux une fraction de seconde, réalisant que, par cette unique phrase, elle venait d'accepter l'existence du monde magique et de tout ce que cela impliquait.

Voyant que la situation s'envenimait, l'infirmière encore somnolente préféra retourner à son lit et laisser ces deux-là s'arranger entre eux. Après tout, n'étaient-ils pas des adultes civilisés? Mettant de côté le léger doute qui avait fait son apparition dans son esprit, la vieille femme tourna les talons et sortit.

- Ce n'est tout de même pas ma faute si vous transposez vos désirs dans vos rêves! répliqua Rogue en se dirigeant vers le bureau de madame Pomfresh pour y trouver les ingrédients pour sa potion Inhibitrice.

- Laissez-moi donc vous rafraîchir la mémoire : le soir où vous m'avez agressée, je crois pourtant me rappeler que c'est vous qui m'avez embrassée.

Au souvenir du baiser qu'il avait déposé dans le cou de la jeune femme avant de la mordre et d'aspirer sa vie à travers son sang, Rogue frissonna.

Il se retourna vers elle et la pointa d'un air accusateur, en se dirigeant vers elle.

- Je ne sais toujours pas pourquoi, ni comment vous m'avez ensorcelée ce soir-là, mais sachez que je vais rapidement le découvrir. Je n'ai aucune envie de vous avoir sur les bras jusqu'à la fin des temps! répliqua Severus sur un ton glacial.

- Bien! Vous n'avez aucune envie de me voir et c'est tout à fait réciproque, alors je ne vois absolument pas pourquoi je resterais ici! répliqua-t-elle, alors qu'elle était restée parfaitement stoïque face à la tentative corporelle d'intimidation de Rogue.

« De toute façon, je ne fais pas partie de ce monde absurde », pensa-t-elle.

Pourtant, une petite voix au fond d'elle lui dit que, maintenant, elle était indissociable de cet univers qu'elle s'évertuait à nier.

Balayant ses pensées d'un geste de la main plus symbolique qu'utile, Èva prit la direction de la porte.

Une fois dans le couloir, elle s'évertua à trouver la porte principale.

« Une bonne chose de faite! », pensa le professeur.

Pourtant, son corps refusait de reprendre le chemin des cachots.

Pendant que le Serpentard tentait de raisonner son corps, Èva avait fini par trouver les imposantes portes du hall d'entrée, avec trop de facilité, cependant, pour que ce soit normal pour une personne qui n'avait jamais mis les pieds dans ce lieu.

Èva poussa néanmoins une des portes et se précipita à l'extérieur.

Elle inspira l'air frais de la nuit. Cela la revigora et lui fit beaucoup de bien, surtout après s'être réveillée en nage et après son altercation avec l'homme odieux et froid qu'était Severus Rogue.

Èva finit par emprunter le chemin menant aux grilles du majestueux château.

Elle frissonna en réalisant qu'elle ne portait qu'une chemise de nuit semblable à celle de madame Pomfresh. Qui lui avait donc mis ce pyjama? Il ou elle l'avait-il fait par magie?

Elle frissonna à nouveau et préféra ne plus y penser avant de s'imaginer les pires scénarios. De toute façon, elle trouverait bien un endroit où elle pourrait se réchauffer en chemin.

Alors qu'elle allait pousser les grilles délimitant la frontière du terrain entourant le château, Èva fut projetée en arrière.

Furieuse, elle se retourna pour voir qui avait osé lui faire ça.

« Lui, qui d'autre! », pensa-t-elle.

Pourtant, lorsqu'elle regarda derrière elle, il n'y avait personne. Elle fronça les sourcils en jetant un coup d'œil circulaire.

Rien. Il n'y avait absolument rien. Qu'est-ce qui l'avait donc retenue?

Elle allait tenter de sortir à nouveau, lorsqu'une brusque douleur lui déchira le ventre. Sous le coup de la souffrance, la jeune femme se plia en deux.

« Oh mon Dieu, faites cesser cette douleur! », pensa-t-elle de toutes ces forces.

- Èva!

La jeune femme se retourna tant bien que mal lorsqu'elle entendit quelqu'un crier son prénom.

Cependant, ce qu'elle vit ne l'enchanta guère : Severus Rogue arrivait à grandes enjambées pour la rejoindre.

Lorsqu'il fut assez près pour qu'elle puisse distinguer ses yeux devenus rouge sang, la douleur dans l'estomac de la jeune femme s'estompa, laissant place à une grande faim.

- C'est bien ce que je pensais, dit Rogue. Vos yeux sont en train de devenir rouges, vous êtes en pleine transformation. Suivez-moi, ordonna-t-il.

- Il n'en est pas question! Laissez-moi en paix, dit la jeune femme en tentant de s'éloigner de l'homme de tous ses tourments.

Il l'attrapa par le bras et dit :

- Bien sûr, pour que vous alliez mordre tout ce qui aurait le malheur de vous tombez sous la dent!

Èva fixa la main du professeur sur son bras nu. Elle avait la chair de poule à ce contact.

Elle releva les yeux vers ceux rouge foncé de son procréateur. Une douleur lancinante lui martelait le ventre.

« Mordre tout ce qui me tomberait sous la dent… », pensa la jeune femme.

Un sourire carnassier apparut sur son visage. Elle se mit à humer l'air.

Severus sut qu'elle allait se mettre à chasser. Il fit un mouvement pour la retenir, mais, après un dernier sourire victorieux, Èva disparut avec un léger « pop », laissant derrière elle une trace de fumée noire.

Severus jura contre l'aptitude des vampires à se téléporter d'un lieu à un autre. Le professeur savait que la jeune femme avait senti le sang chaud non loin de là et il savait aussi qu'il fallait qu'il la rattrape avant qu'elle ne commette l'irréparable et ne morde des innocents. Des innocents…

« Dire qu'il y a un peu plus de seize ans, une telle considération m'aurait réjouie! », pensa sarcastiquement l'ancien Mangemort.

Il finit néanmoins par secouer la tête. Le vampire ferma les yeux, inspira profondément et ouvrit ses sens pour retrouver la trace de la jeune vampire qu'il avait engendrée.

Par ce processus, Severus voyait toutes les âmes qui vivaient à quelques kilomètres à la ronde comme s'il était dans un rêve. Les formes étaient floues au départ, comme bordées d'un nuage blanc, mais elles devenaient claires s'il se concentrait sur l'une d'elles en particulier.

Rogue sentit clairement la présence des quelques professeurs et du directeur de Poudlard qui étaient profondément endormis dans le château. Toutefois, il ne sentit pas celle de la jeune vampire, alors il projeta son esprit un peu plus loin.

Il se rendit ainsi jusqu'au village de Pré-Au-Lard, où il découvrit des sorciers et des sorcières s'attardant dans des bars encore ouverts à cette heure tardive.

Puis, il finit par localiser la présence de celle qu'il recherchait. Il se concentra sur elle et il put distinguer son aura qui avait tourné au rouge.

Lorsque sa silhouette devint claire, Severus constata avec étonnement que la jeune femme avait dévalisé un magasin de vêtements gothiques.

Elle portait maintenant un corset noir lacé à l'avant par un long cordon bourgogne et un pantalon de cuir, noir lui aussi, qui ressemblait à une deuxième peau sur elle. Le pantalon était serré au niveau des cuisses et devenait évasé au niveau des mollets, pour ainsi cacher la paire de bottes que la jeune vampire avait enfilées.

Severus ne put s'empêcher de se dire qu'elle était terriblement sexy dans cet accoutrement, surtout avec ses cheveux bruns légèrement bouclés qui étaient libres et flottaient au vent et ses yeux assortis au cordon bourgogne.

Un détail qui lui avait d'abord échappé, dû à sa contemplation de la jeune femme, lui sauta tout à coup au visage lorsqu'il revint à la réalité après s'être giflé mentalement : Èva avait identifié sa première victime, un homme bedonnant complètement ivre qui titubait dans une ruelle.

Sans plus attendre, le professeur traversa les grilles de l'école et transplana auprès de la jeune femme. Rogue préférait ce moyen de transport, qui utilisait beaucoup moins d'énergie que la téléportation possible grâce aux pouvoirs vampiriques.

Èva avait remarqué la présence de son procréateur, mais elle resta concentrée sur son objectif. Peut-être que Severus serait fier d'elle si elle réussissait parfaitement sa première prise.

Une petite voix au fond de son esprit lui demanda pourquoi elle voudrait que Rogue soit fier d'elle, mais elle l'écarta d'un battement de cils.

Avant qu'Èva ne saute au cou de cet inconnu bedonnant, l'homme aux cheveux couleur charbon plaqua la jeune vampire au mur de pierres grâce auquel elle se cachait aux yeux de sa victime.

Interloquée, Èva le regarda scandaliser en fronçant les sourcils.

- Mais qu'est-ce qui vous prend ? Lâchez-moi, avant que je ne le perde de vue! murmura-t-elle.

- C'est bien mon intention, répliqua le sorcier qui la tenait immobile.

S'il ne l'avait pas retenu par les poignets, Èva l'aurait giflé. Comment osait-il l'arrêter, alors qu'elle était si proche du but? Il aurait dû l'encourager, il aurait dû vouloir qu'elle devienne une vampire à part entière!

En regardant les yeux étranges de Severus, qui oscillaient entre le noir et le rouge, Èva se demanda si elle l'avait déçu. Elle sentit son cœur se serrer à cette pensée. Elle ferma les yeux une seconde, le temps de laisser partir cette douloureuse sensation qui la déchirait maintenant jusqu'aux entrailles.

Prenant ce geste pour un signe que la jeune femme se calmait, Rogue relâcha son emprise. Cependant, il n'allait pas tarder à regretter son geste. En effet, Èva sentit la colère s'insinuer doucement en elle : pourquoi cet homme, qui était pratiquement un étranger, lui faisait-il autant de mal? Et ce, simplement avec une phrase des plus anodines, pourtant!

Lorsque Èva rouvrit les yeux, ce fut pour lancer un regard meurtrier à l'homme en face d'elle. Avant que ce dernier n'ait le temps d'esquisser un geste, la jeune femme le propulsa loin d'elle.

Propulsé était bien le mot. En effet, avec une force qu'elle ne se connaissait pas, Èva avait envoyé Severus valsé à deux mètres d'elle.

Grâce à ses réflexes surhumains, Rogue avait au moins réussi à se retourner et avait atterri, accroupis, dos à la jeune vampire.

Le temps qu'il se retourne, la jeune femme avait eu largement le temps de parcourir la distance qui les séparait.

Severus eut tout juste le temps de se coucher sur le dos, de mettre un pied au niveau de l'estomac d'Èva et de la faire basculer par-dessus lui.

Èva retomba lourdement sur le dos, à quelques centimètres de la tête du professeur de potions. Elle se retourna vivement et férocement vers celui qui avait osé lui faire cela. Son geste avait eu pour effet d'exacerber la fureur de la vampire.

- Vous allez le regretter, je vous le promets, vociféra-t-elle.

Severus arqua un sourcil en se redressant. Un sourire tout juste perceptible par la jeune femme apparut sur ses lèvres et il murmura, provocateur :

- Je veux bien voir cela…

Èva plissa les yeux, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus que deux fentes ardentes et elle s'élança vers cet homme qui l'énervait au plus au point.

Un véritable combat s'engagea alors. Hors d'elle, la jeune femme tentait par tous les moyens d'atteindre Severus, de lui faire mal comme lui la faisait souffrir. Mais ce dernier savait parfaitement ce qu'il faisait. Il savait se battre, ce qui eut le don d'énerver encore plus la vampire. Il se baissait pour éviter un coup, contrecarrait ses attaques et il lui assena même un coup à l'estomac.

Le souffle coupé, la jeune femme recula de quelques pas. Elle chercha son air quelques minutes.

De sa position, Severus l'observait, essayant de déterminer si elle se calmait ou si elle allait reprendre la bataille là où elle l'avait laissée.

« Nom de Dieu de merde! Ce qu'il peut être fort. Il ne se rend donc pas compte à quel point ça peut faire mal? » se dit Èva alors que sa respiration reprenait tranquillement son rythme normal.

Elle observa l'homme qui se tenait à bonne distance d'elle et se félicita d'avoir troqué sa ridicule chemise de nuit pour des vêtements plus souples et confortables.

Elle devait avouer qu'elle était plutôt contente de son choix, surtout lorsqu'elle avait perçu quelques brides des pensées de l'homme ténébreux qui se tenait en face d'elle.

Un instant, elle pensa reprendre la guerre qu'elle avait déclenchée, mais en repensant au coup qu'il lui avait porté, elle se dit que ce ne serait pas très prudent. Même si, elle devait l'avouer, ce n'était pas l'envie qui lui manquait!

Voyant qu'elle semblait avoir capitulé, Rogue intervint :

- Bien, je vais vous ramener au château maintenant. Je crois qu'une potion Calmante vous sera des plus bénéfiques, conclut-il en massant son avant-bras, qui avait arrêté bon nombre de coups.

- Oh, vous et vos potions! Je suis sûre vous allez essayer de m'empoisonner un de ces jours, cingla-t-elle d'un ton acerbe.

Avec un grognement, le maître des potions s'approcha d'elle. Précautionneusement, en surveillant le moindre signe avant-coureur d'une quelconque violence, il la prit par les mains.

Comme dans le rêve qu'avait fait Èva, le décor se mit à tournoyer autour d'eux.

Lorsqu'ils furent immobilisés, la jeune femme se dépêcha de s'éloigner le plus qu'elle put de Rogue, sentant la panique s'emparer d'elle.

« Ce n'était qu'un rêve, ma vieille. », tenta-t-elle de se raisonner. « Il t'a même empêchée de mordre quelqu'un, alors relaxe! »

Au moment où, d'un geste de baguette magique, Severus alluma les torches, Èva réalisa qu'elle se trouvait dans la réserve personnelle d'ingrédients du maître des potions, comme lorsqu'elle s'était enfuie le premier jour.

« Décidément, je tourne en rond! C'est pathétique. », se dit-elle.

Lorsque Rogue eut fini de rassembler les ingrédients dont il aurait besoin, il ordonna à Èva de le suivre.

- Je ne suis pas votre petit toutou, siffla-t-elle entre ses dents, mais obtempérant, malgré tout.

Rogue n'était décidément pas très doué pour les relations sociales harmonieuses. Comme si lui donner des ordres était une façon de faire civilisée! À ce moment, Èva se dit qu'elle regrettait les manières douces et polies de Remus.

Severus lui lança un regard blessé, que la jeune femme ne vit pas, avant de se renfrogner encore plus, si la chose était possible.

Arriver devant une lourde porte de chêne, Rogue murmura quelques incantations que la jeune femme supposa être des contre sorts, avant de l'ouvrir.

Lire des romans avait au moins ça de bon que la jeune femme ne se sentait pas totalement perdue dans ce monde de science-fiction aux yeux de la brunette.

Lorsqu'ils eurent franchi la porte, Rogue éclaira la pièce de la même manière qu'il l'avait fait pour la réserve d'ingrédients.

- Assoyez-vous, ce ne sera pas très long, ordonna-t-il en désignant un divan à l'aspect invitant.

- J'ai faim, répliqua Èva pour toute réponse, en prenant place sur le canapé.

Severus mit un chaudron au-dessus d'un feu qu'il venait d'allumer d'un coup de baguette, avant de répondre à l'affirmation de la jeune femme, même si cette dernière n'avait pas dit cela pour provoquer une réaction de la part du professeur :

- La première fois est toujours la pire. Vous vous en êtes plutôt bien sortie, tout de même. Et vous parviendrez à vous contrôler à l'avenir, comme je l'ai fait.

- Sauf une fois, rétorqua Èva d'un murmure à peine audible.

Rogue accéléra son rythme de travail. Il détestait qu'on lui dise qu'il avait des faiblesses. Il fallait vraiment qu'il découvre pourquoi il avait perdu le contrôle cette fois-là en particulier et il fallait qu'il le fasse rapidement!

Èva regardait le maître par excellence dans l'art de la concoction des potions s'évertuer à finir celle-ci le plus rapidement possible.

Pour aller plus vite, Rogue faisait venir les ingrédients à lui en les faisant léviter jusqu'à la table de travail qu'il avait fait apparaître près de la cheminée. Il jetait rapidement les ingrédients coupés ou broyés dans la potion, ce qui avait pour effet de faire apparaître de petites étincelles semblables à des feux d'artifice au-dessus du chaudron.

La jeune femme soupira. Elle avait encore beaucoup de choses à apprendre sur ce monde, malgré tout.

Elle grogna lorsque son estomac se tordit, lui signifiant clairement qu'il voulait être nourri. Elle sentait une nouvelle fois l'emprise de son instinct. Ce dernier voulait reprendre le dessus. Pour l'en empêcher, Èva porta son attention sur la première chose qu'elle vit : les mains de Severus.

Elles étaient larges et semblaient rêches, mais, comme pour ses cheveux, Èva se doutait que leur aspect était trompeur.

À ce souvenir, la jeune vampire rougit, mais ne délaissa pas sa contemplation, car elle devait absolument se concentrer sur quelque chose pour tromper son instinct.

Elle reprit donc son observation. Les mains de Rogue semblaient savoir exactement ce qu'elles devaient faire. Elles coupaient ou broyaient habilement chaque composant, avant de le porter gracieusement au chaudron, d'où s'échappaient maintenant de gros bouillons.

Èva suivit le chemin que prit l'une des mains du professeur. Elle se dirigeait vers une mèche de cheveux qui était tombée devant les yeux de l'homme. Elle fit rapidement passer la mèche derrière l'oreille de Severus, permettant ainsi à Èva d'avoir une vue dégagée du visage sévère et concentré de Rogue.

Elle se mit donc à épier son profil. Sa mâchoire était carrée, ce que la jeune femme n'avait pas remarqué au début. Cela donnait au professeur un air terriblement viril.

Èva se mit à remonter la ligne de la mâchoire, jusqu'à ce qu'elle tombe sur la bouche fine et pincée par la concentration. Ces lèvres d'où sortaient des mots si acerbes et démesurément puissants. Èva était persuadée que cette bouche pouvait aussi murmurer de douces paroles… ou bien pire encore!

La brunette réalisa tout à coup que Severus la fixait, un air indéchiffrable affiché sur ce visage qu'elle s'amusait à détailler à peine quelques secondes plus tôt.

Rogue remarqua que les yeux de la jeune vampire brillaient d'une lueur sur laquelle il n'arrivait pas, ou plutôt ne voulait pas, mettre de nom.

Voulant à tout prix briser cet étrange échange dans lequel ils se complaisaient, Rogue dit :

- Votre potion sera prête dans quelques instants.

Èva papillonna des yeux, comme si elle émergeait d'un rêve. Elle détourna ses yeux encore rougeâtres, gênée.

« Il faut que je fasse des recherches sur ce foutu lien mental! Cette école doit bien avoir une bibliothèque… », pensa-t-elle.

À cette idée, la jeune femme sourit : une bibliothèque était tout à fait son milieu et il s'agissait sans nul doute d'une mine d'or d'informations sur la magie.

- Tenez, buvez ça, l'interrompit Rogue en lui tendant un gobelet.

Èva renifla le liquide bleuâtre. Elle fut agréablement surprise de constater que la potion sentait la cannelle, sa saveur préférée. Èva ne put s'empêcher de se demander si c'était voulu ou si la potion avait cet arôme par pur hasard.

Elle prit une longue gorgée de potion, sous le regard inquisiteur de Severus.

La jeune vampire fronça les sourcils en sentant sa gorge en feu. Était-ce normal?

Alors qu'elle allait faire part de ce détail à l'expert sur la question, Èva s'effondra au sol. Le reste de sa potion se déversa près d'elle.

Pliée en deux par la douleur dans son estomac, la jeune femme fut prise de spasmes.

Ce n'était définitivement pas une réaction normale pensa-t-elle en voyant l'air inquiet de Severus qui s'était penché sur son corps secouer par des décharges douloureuses.

- Faites cesser… C'est atroce! réussit-elle à articuler, avant de crisper la mâchoire pour retenir un cri de douleur.

La dernière chose qu'elle entendit fut la voix inquiète de Severus lui demandé :

- Êtes-vous allergique à l'ail?

« Espèce d'idiot! », fut la dernière pensée de la jeune femme, avant qu'elle ne sombre dans un état semi-comateux.


Vous allez pas me lancer des pierres, hein? Une petite review pour me rassurer:P