Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.
Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!
Note de l'auteure : Que dire mis à part que je suis affreusement désolée de mon retard? Ah oui, peut-être: "J'espère que vous aimerez!" ;)
Chapitre 5 : La découverte
Quelqu'un, ou quelque chose, qui frappait contre un carreau... Une brise légère et fraîche… Un hululement…
Un hululement?
Èva ouvrit brusquement les yeux. Elle se redressa dans son lit habituel à l'infirmerie et se tourna vers un imposant hibou complètement noir.
La brunette se figea un instant en jetant un coup d'œil au bec tranchant de l'oiseau de proie.
Que faisait donc un hibou à l'intérieur du château? Celui-ci était bien téméraire!
Puis la jeune femme pensa aux griffes acérées de l'animal et se précipita en dehors de son lit dans l'espoir de mettre le plus de distance possible entre elle et le volatile.
- Aller, ouste, va t-en sale bestiole, dit-elle en gesticulant dans l'espoir de faire peur au hibou.
Tout en faisant cela, Èva s'était mise à reculer lentement. Cependant, l'oiseau ne semblait pas vouloir la laisser partir, car il s'avançait maintenant gauchement en se dandinant sur l'oreiller sur lequel Èva était confortablement calée il y avait à peine une minute.
- Oh, laisse-moi tranquille à la fin, je ne suis pas une souris, quoi!
Un léger rire retentit derrière Èva et elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour voir madame Pomfresh qui semblait s'amuser de la situation.
- Vous avez encore beaucoup à apprendre, ma chère, lança-t-elle, toujours moqueuse. Ce hibou désire simplement vous apporter une lettre. C'est notre système de courrier, ici, finit-elle avec en désignant la patte de l'oiseau du menton.
En effet, Èva remarqua un petit morceau de parchemin replié sur lui-même accroché à la patte de l'animal. Quel drôle de moyen de distribuer des messages!
- De plus, ces petites bêtes savent se montrer très têtues dans l'accomplissement de leur tâche, continua madame Pomfresh avec un clin d'œil à la jeune femme réticente.
Èva soupira et se décida finalement à s'approcher de l'oiseau, non sans rester sur ses gardes et prendre toutes ses précautions.
Lorsque, finalement, elle eut fini sa tâche, l'oiseau lui lança un regard courroucé qui signifiait clairement « il était plus que temps! » avant de s'élancer vers la fenêtre qu'il avait ouverte.
- Mais je vous comprends parfaitement très chère, surtout quand on pense à qui appartient ce hibou.
Èva fronça les sourcils en signe d'incompréhension. Madame Pomfresh eut à nouveau l'air amusée.
- Voyons, regardez-le bien, dit-elle en pointant l'oiseau qui volait maintenant dans le ciel. Son plumage noir, de prime abord, mais qui prend des reflets rouge foncé quand le soleil se réfléchit sur ses plumes brillantes…
- Rogue, murmura Èva plus pour elle-même que pour la vieille dame qui la regardait.
- Et comme ils ont un caractère semblable, il vaut mieux ne pas se confronter à ce hibou.
Sur ce sujet, Èva était tout à fait d'accord avec l'infirmière!
Mais que lui voulait donc le professeur de potions? Alors que la jeune femme allait déplier le morceau de papyrus, madame Pomfresh rajouta :
- Au fait, je me suis permis d'aller vous chercher quelques vêtements à Pré-Au-Lard. De plus, si vous le désirez, l'infirmerie est juxtaposée à une salle de bain.
Èva la regarda comme si elle venait de lui annoncer qu'elle pouvait rentrer chez elle. Madame Pomfresh sourit et fit signe à Èva de la suivre.
Après avoir passé devant une longue rangée de lits simples d'un blanc immaculé, les deux femmes arrivèrent devant une porte…
« Blanche, quelle surprise! », pensa Èva, mi-amusée, mi-agacée par cette uniformité.
- Bon, je vous laisse ici. Prenez votre temps, l'infirmerie est plutôt tranquille ces temps-ci, conclut madame Pomfresh avec un clin d'œil.
Décidément, la vieille dame était d'une humeur fort enjouée. D'ailleurs, c'était contagieux.
C'est donc dans un état d'esprit joyeux qu'Èva pénétra dans la salle d'eau. Cette dernière était spacieuse et la jeune femme s'émerveilla de voir qu'elle y trouvait tout ce qu'elle pouvait désirer : du shampooing à la senteur de lilas jusqu'aux serviettes chaudes et moelleuses, en passant par le savon à l'odeur légère de fruits.
Après s'être assurée que la porte était bien fermée à clé, Èva se dévêtit rapidement et s'engouffra dans la vaste douche. Elle fit immédiatement couler une eau bouillante sur son corps encore légèrement endolori à cause de l'empoisonnement.
Cependant, cela ne lui prit pas plus de deux minutes avant de se détendre. Elle se lava donc lentement en chantonnant doucement.
Après une bonne demi-heure, Èva consentit à arrêter l'eau et sortit pour directement aller s'emmitoufler dans un peignoir, blanc bien sûr, qui répandait une douce chaleur dans tout son corps.
Avec étonnement, la brunette réalisa qu'elle était complètement sèche. La magie lui réservait encore de nombreuses surprises!
Èva se dirigea finalement vers le large miroir de la salle de bain et essuya la vapeur d'eau qui s'y était concentrée à l'aide d'une manche de la sortie de bain.
Du coin de l'œil, elle rencontra son regard bleu et elle crut y voir son frère. Elle se retourna vivement pour cruellement réaliser que ce n'était que son propre reflet qu'elle avait entraperçu.
- Aller, courage, ma vieille! Ce n'est que pour un jour ou deux, s'encouragea-t-elle en offrant un pauvre sourire à son reflet.
En soupirant, elle attrapa une petite serviette et secoua sa longue chevelure pour tenter d'y faire disparaître le surplus d'eau. Puis, elle prit une brosse et démêla ses cheveux légèrement frisés.
Constatant que son humeur joyeuse l'avait fui, Èva préféra se mettre à la recherche des habits dont madame Pomfresh lui avait parlé.
Finalement, après une minute d'exploration, elle découvrit une longue robe bleu ciel et blanche déposée nonchalamment sur une chaise capitonnée qu'Èva n'avait pas vue en entrant.
Elle troqua donc son peignoir, qu'elle laissa traîner au sol, pour ce vêtement confortable, elle devait l'avouer.
Elle se dirigea ensuite vers un long miroir rectangulaire situé près de la porte et s'observa. La robe s'ajusta toute seule à la silhouette de la jeune femme, ce qui surprit une fois de plus la jeune Moldue. La robe était magnifique et faisait ressortir les yeux bleu pâle d'Èva.
C'était une robe du style bourgeois des années 1800. Son col carré était bordé de dentelle blanche et les larges manches se terminaient en losange au bout des doigts de la jeune femme. Au niveau de la taille, une ceinture blanche, elle aussi en forme de losange, était brodée à même la robe. Finalement, le bas de sa nouvelle tenue frôlait le sol.
- Madame Pomfresh a du goût, conclut la jeune femme après son examen minutieux.
Elle enfila les escarpins assortis et retourna vers le peignoir pour le remettre en place.
Mais Èva se figea lorsqu'elle vit une drôle de créature prendre le survêtement à sa place.
Le petit être, qui ne devait pas être plus haut qu'un enfant de deux ou trois ans, avait de longues oreilles, ainsi que des yeux bien trop grands pour sa minuscule tête. Il portait ce qu'Èva jugea n'être qu'une vieille taie d'oreiller sale et arborait une impressionnante pile de bonnets de laine juchée entre ses oreilles.
- Dobby vous demande pardon, miss. Dobby n'a pas voulu vous faire peur. Monsieur Dumbledore a demandé à Dobby de ranger, alors Dobby fait ce que monsieur Dumbledore a dit, finit la créature avec un large sourire, comme si répondre à la demande du vieux directeur était la chose la plus valorisante qu'il ait faite de sa vie.
- Ah…, fut tout ce qu'Èva trouva à répliquer.
Voulant quitter cette pièce et, par le fait même, l'étrange créature dénommée Dobby, Èva posa la main sur la poignée. Mais, lorsqu'elle voulut ouvrir la porte, elle constata qu'elle était toujours fermée à clé.
- Comment avez-vous fait pour entrer? demanda Èva, interloquée.
- Dobby est un elfe de maison, miss. Dobby n'a pas besoin de passer par la porte, conclut-il comme s'il s'agissait de la chose la plus évidente qui soit.
- Ah, mais oui, bien sûr, où avais-je la tête? répondit la jeune femme, qui n'avait pas la moindre envie de contredire la créature. Après tout, elle ne savait pas s'il pouvait se montrer méchant et elle était enfermée avec lui! Bien… je vais y aller. Au revoir, Dobby.
- Oh, miss, attendez!
Èva se retourna lentement.
« Voyons, regarde-le, il a l'air plutôt sympathique. Il ne va quand même pas te sauter à la gorge! », tenta de se raisonner la brunette.
- Euh… oui? finit-elle par dire, la voix légèrement tremblante face à cette étrange créature.
- Dobby a trouvé ce bout de papier dans la poche de votre pantalon, miss. Oh! et Dobby va nettoyer vos vêtements et les remettre à leur place, miss, conclut-il, les yeux remplis d'espoir.
Décidément, cet elfe de maison n'était en rien un être maléfique. Et puisqu'il semblait tant vouloir lui plaire, pourquoi ne pas lui accorder ce plaisir?
- Merci Dobby, c'est vraiment très gentil. J'apprécie beaucoup, je t'assure.
Avec un sourire fendu jusqu'aux oreilles, l'elfe dit :
- Dobby va faire ça dès maintenant. Si vous avez besoin de quelque chose, miss, vous n'avez qu'à appeler Dobby et Dobby se fera un plaisir de vous aider, miss.
- Parfait. Encore merci Dobby et à bientôt.
Après un dernier sourire ravi, l'elfe de maison disparut, emportant les vêtements avec lui.
Ayant retrouvé son air insouciant, Èva sortit de la vaste salle de bain et se dirigea directement vers la fenêtre à l'autre bout de l'infirmerie.
Elle s'assit sur le rebord de la fenêtre et profita un peu d'un rayon de soleil avant de dérouler le parchemin.
Èva découvrit une belle écriture soignée. Elle ne put s'empêcher de penser que cette écriture ronde qui semblait douce et coulante ne cadrait pas du tout avec l'homme qui avait écrit ce mot.
Secouant légèrement la tête, elle entreprit de le lire, finalement.
Miss Jenkins,
Bien que cela ne vous enchante guère, votre apprentissage est à faire. Je vous attends donc ce soir, à 20h, devant mes appartements.
S.R.
Toujours aussi direct! Pour une fois, cela ne dérangeait pas Èva.
Cette dernière jeta un regard à son bracelet-montre et vit qu'il était déjà près de midi.
- Pas étonnant que mon estomac crie famine!
- Et c'est précisément la raison de ma visite.
Èva redressa vivement la tête.
- Remus!
Elle se jeta dans ses bras. Elle était contente d'avoir un ami avec elle. Passer la journée seule n'était vraiment pas dans ses priorités.
- Èva, vous êtes absolument ravissante, constata Lupin après avoir vu les habits de la jeune femme.
- Il faudra remercier madame Pomfresh!
- Tout à fait, son choix est parfait. Venez, allons manger un petit quelque chose. Après cela, je vous ferai visiter le château et le parc.
- Je suis bien d'accord avec vous concernant mon choix de vêtements, mais personne ne m'a consultée concernant cette sortie…
Remus et Èva se tournèrent vers l'infirmière, têtes baissées, se sentant coupables d'être pris en flagrant délit.
- Oh, je vous en prie, madame Pomfresh. Je n'en peux plus de rester enfermée. Le grand air me fera le plus grand bien et Remus sera avec moi, je ne crains rien en cas de problème, acheva Èva sur un ton suppliant.
La vieille femme roula des yeux et soupira.
- Oh, et puis, je pensais aussi que vous auriez besoin de voir un peu autre chose que les quatre murs de cette infirmerie, céda-t-elle.
Èva la prit dans ses bras.
- Vous êtes vraiment la meilleure! Et je vous promets de venir faire un tour dans l'après-midi pour que vous soyez certaine que tout est en ordre.
- Vous lisez dans mes pensées, ma petite. Maintenant, dehors! Et profitez-en.
Après un regard complice avec Remus, Èva sortit derrière le lycanthrope.
- Vous allez voir, les elfes de maison font des repas succulents, commenta Lupin en descendant les escaliers en direction de la Grande Salle.
- Parlant d'elfes, j'en ai rencontré un ce matin. Un certain Dobby.
L'homme eut un petit rire.
- Je sais, il est un peu étrange. D'ailleurs, ils le sont tous un peu. Mais ne vous en faites pas, Dobby ne cherche qu'à faire plaisir, il n'est pas méchant.
- Oui, je sais, j'ai remarqué. Ils ont des pouvoirs magiques, non? Car Dobby s'est introduit dans la salle de bain de l'infirmerie.
- En effet, ils ont certains pouvoirs. Ils sont esclaves de nature, c'est pour cela qu'accomplir toutes sortes de tâches est naturel pour eux et leurs pouvoirs leur servent pour cela uniquement. Dobby, cependant, a été affranchi grâce à Harry. Et j'espère qu'il n'est pas arrivé au mauvais moment…, acheva Lupin avec un regard moqueur, en bon Maraudeur qu'il est.
- Oh, euh, non! Je venais d'enfiler la robe que madame Pomfresh m'a offerte. Et, de toute façon, en quoi cela vous regarde-t-il? répliqua Èva avec un regard de faux reproches. Je me demandais simplement, car j'avais fermé la porte à clé. Et qui est Harry? finit-elle pour changer de sujet.
- C'est le fils d'un de mes meilleurs amis. Il fait ses études ici, à Poudlard. Je vous le présenterai quand les cours recommenceront.
Remus avait le regard perdu dans le vide et Èva préféra ne pas insister.
C'est donc dans un silence complet qu'ils arrivèrent dans la salle à manger.
Èva écarquilla les yeux devant l'immensité de cette pièce. Combien y avait-il donc d'élèves ici? La jeune femme regarda les quatre gigantesques tables habillées de couleurs et de blasons différents. Puis elle leva les yeux pour voir le plafond qui reflétait parfaitement le ciel au dehors.
Après un petit « wow » admiratif, Èva, voyant qu'elle avait pris du retard, accéléra le pas pour rejoindre Remus.
C'est alors qu'elle remarqua où ils se dirigeaient. Il y avait une autre longue table située sur une petite estrade. Èva déduit qu'il s'agissait sans doute de la table des professeurs.
Son idée fut confirmée lorsqu'elle vit le directeur en conversation avec une vieille dame arborant un chignon serré et, malheureusement pour elle, le professeur Rogue.
Remus lui tira une chaise juste à côté de la dame qu'Èva ne connaissait pas. Elle prit donc place après avoir remercié Remus. Ce dernier s'assit au côté de la jeune femme, mettant ainsi assez d'espace entre elle et Rogue, qui mangeait en retrait une place plus loin. Èva lui en était reconnaissante et le lui signifia grâce à un sourire. Remus semblait avoir compris, car il lui fit un clin d'œil.
- Bonjour mademoiselle Jenkins.
Èva se tourna vers la vieille dame qui avait parlé. Malgré son air sévère, elle avait une voix douce et ses yeux étaient chaleureux.
- Hum, bonjour… madame.
- Je suis Minerva MacGonagall, la directrice adjointe de Poudlard et la directrice de Griffondor.
Èva lança un regard interrogateur à Remus. Ce dernier lui expliqua le système des quatre maisons et lui mentionna que Rogue, quant à lui, était le directeur des Serpentards.
« Le serpent… ça lui va parfaitement. Sale créature, va! », se dit la jeune femme.
Severus tourna vers elle un regard noir que la jeune femme accueillit par un air indifférent. Puis elle se retourna vers Minerva qui continuait son monologue d'explications et de mises en garde. Tout en écoutant la vieille dame, Èva dégustait nonchalamment une assiette de pâtes tout simplement divine, ignorant les regards courroucés de Rogue.
- Finalement, j'aimerais savoir si vous aimeriez être affectée à un endroit où vous pourriez aider une personne du collège, histoire de ne pas toujours être seule à ne rien faire. Peut-être aimeriez-vous apporter votre soutien à madame Pomfresh?
Les yeux d'Èva pétillaient lorsqu'elle dit :
- La bibliothèque, j'aimerais bien, dit-elle pleine d'espoir.
La jeune femme avait l'air d'une enfant qui s'apprêtait à ouvrir son cadeau de Noël, ce qui attendrit la directrice adjointe.
- Bien, ce ne sera peut-être pas facile avec madame Pince, mais je peux bien vous accorder cela, dit-elle avec un sourire.
- Oui!! Èva prit la vieille dame dans ses bras. Merci, merci, merci, merci, merci, merci!
- Voyons, jeune femme, reprenez-vous. Ce n'est rien de plus qu'une bibliothèque, répliqua MacGonagall, qui était loin d'être habituée à de telles effusions.
- Les livres sont toutes ma vie, continua Èva sur un ton passionné. Ils m'ont même sauvé la vie.
Severus grogna.
« Encore une Miss-je-sais-tout! », pensa-t-il avant de se lever pour quitter la salle.
Lorsqu'il passa devant Èva et qu'il réussit à croiser son regard, il lança un simple :
- Vingt heures.
- Comme si je pouvais oublier, marmonna la jeune femme en se renfrognant.
- Bien, et si nous allions le visiter, ce fameux château, coupa Remus pour changer les idées de la jeune femme.
- Seulement si vous me promettez que nous allons aller voir la bibliothèque! répliqua Èva d'un ton passionné.
- Ne vous ai-je pas déjà dit que vos désirs sont des ordres? demanda Remus avec un sourire mi-amusé, mi-attendri.
« Totalement adorable. », pensèrent-ils en même temps.
Sur ces mots, Remus emmena Èva à travers le dédale de couloirs qu'était le collège. Il lui montra les cachots, chacune des classes, les bureaux des professeurs en cas de problème, la tour d'astronomie qu'il promit de lui montrer un soir et ils allèrent ainsi jusqu'au parc.
Là, ils rencontrèrent Hagrid et son molosse, Crocdur. Le professeur de Soins aux créatures magiques mit la jeune femme en garde en ce qui avait attrait à la Forêt Interdite et aux êtres qui y rôdaient et l'invita à revenir le voir.
Après ce court entretien, le loup-garou et la vampire se dirigèrent finalement vers la bibliothèque, au plus grand bonheur d'Èva. En chemin, Remus lui parla des tableaux qui bougeaient et un peu de tout ce qui avait un rapport avec la magie, en prenant cependant bien soin d'omettre le détail nommé Voldemort.
Au terme de leur discussion, ils arrivèrent au lieu tant espéré de la brunette.
Èva resta sans voix devant la quantité impressionnante de bouquins que la bibliothèque de Poudlard pouvait contenir.
- Là, je crois que la magie n'aura plus aucun secret pour moi, dit-elle avait un sourire carnassier.
Èva se demandait quel livre elle allait dévorer en premier.
- Qu'est-ce que c'est?
La brunette se tourna vers la personne qui avait parlé. Il n'y avait aucun doute possible, il devait s'agir de la bibliothécaire.
Son nom lui allait à la perfection : tout en elle avait l'air pincé! De plus, elle semblait prendre leur présence comme une intrusion.
- Bonjour, madame Pince, dit Lupin avec un sourire qui se voulait chaleureux. Je vous présente Èva Jenkins. MacGonagall l'a assigné à la bibliothèque. Elle sera donc votre assistante le temps de son séjour à Poudlard.
La vieille bibliothécaire jugea Èva du regard. Visiblement, elle n'était pas ravie de cette nouvelle.
- Oh, rassurez-vous, je ne suis pas une novice. Je travaille dans une bibliothèque depuis maintenant cinq ans.
Madame Pince prit une mine renfrognée : elle n'avait plus aucune bonne objection à émettre maintenant. Elle était forcée d'accepter.
- Bien. Dans ce cas, venez dès demain matin, à huit heures. Nous avons du pain sur la planche avant le début des cours.
Èva lui envoya un sourire ravi. Elle rayonnait.
- C'est parfait, vous pouvez compter sur moi. Puis-je jeter un coup d'œil?
La vieille dame lui donna son assentiment d'un vague geste de la main avant de retourner à ses occupations, derrière le comptoir.
- Dans ce cas, je vais vous laisser vous transformer en rat de bibliothèque, dit Remus d'un air moqueur. Je vais revenir vous chercher pour le repas. Cela vous convient-il?
- Pas de problème, Remus, répondit distraitement Èva.
Après un dernier regard, ce dernier laissa Èva à son émerveillement.
La jeune femme commença par la rangée la plus à gauche. En pénétrant dans le rayon, elle inspira profondément en fermant les yeux. Comme cette odeur lui avait manqué! Un parfum de cuir et de papier mélangé à celui de la poussière. En un mot, l'odeur du calme.
Lentement, Èva s'enfonça dans le rayon. Elle passait délicatement son index sur la reliure des livres, mémorisant chacun des titres et notant ceux qu'elle voudrait lire en priorité. Après tout, en à peine un jour ou deux, elle était capable d'engloutir un nombre impressionnant de bouquins. Ce n'était pas pour rien qu'elle travaillait dans une bibliothèque!
Tout à coup, une porte claqua, faisant sursauter la brunette.
Èva se retourna pour apercevoir la cape noire de Rogue virevoltant derrière lui, alors qu'il quittait la bibliothèque à grandes enjambées.
Puis elle reporta son attention vers la porte qu'il avait refermée brutalement. Èva n'avait pas remarqué cette petite pièce en entrant.
Sa curiosité l'emportant, elle se permit de pénétrer dans la salle.
« Quelle surprise, encore des livres! », pensa-t-elle, amusée.
Une réserve, sans doute, comme il y en avait une où elle travaillait. Peut-être de nouveaux arrivages ou, au contraire, des livres très anciens que l'on désirait conservés à l'abri de la lumière du soleil.
La jeune femme s'approcha d'une étagère et parcourut les titres. Elle fut surprise d'y découvrir des sujets traitant de magie noire ou des livres très avancés.
- Ah, vous êtes là!
Madame Pince avait l'air d'une maîtresse d'école qui avait pris un étudiant en flagrant délit.
- Sachez que cette pièce est interdite aux novices et à ceux qui n'ont pas d'autorisation particulière.
- Pardon. Je ne désirais qu'explorer un peu. Et, puisque j'ai vu monsieur Rogue sortir d'ici, je…
- Justement, le professeur Rogue est tout à fait habilité à consulter ces ouvrages. Ce qui n'est pas votre cas, jeune fille. Alors, vous allez me faire le plaisir de sortir d'ici et de ne revenir que demain matin, comme je vous l'ai demandé, coupa la bibliothécaire.
- Oui, bien sûr, madame. À demain, alors.
La bibliothécaire émit un petit « hum » lorsqu'Èva passa devant elle pour sortir.
Décidément, la moitié des gens de ce château n'étaient pas très sympathiques et c'est avec plaisir qu'Èva quitta l'atmosphère tendue de la bibliothèque.
Elle regarda à nouveau sa montre. Dix-huit heures trente. Remus ne devrait pas tarder à venir la chercher.
Èva appuya donc son dos contre le mur de pierres et attendit.
Soudainement, quelqu'un se racla la gorge. Èva regarda des deux côtés du couloir. Personne.
- Yé suis là, dit une voix avec un fort accent.
Lorsque la jeune femme se retourna, elle réalisa que c'était un tableau qui lui parlait. Èva ne fut surprise qu'à moitié. Remus lui avait un peu parlé de ces personnages. Mais que lui voulait-il?
- Holà, señorita. El director m'envoie pourrr vous cherrrcher. Il vous attend dans son bourrreau.
- Oh! Euh, merci. Pourriez-vous m'en indiquer la direction, s'il vous plaît?
- Sì! Es está corridor. Au bout, tourrrrner à gauche. Un peu plou loin, vous allez voirrr la statoue.
- Muchas gracias, señor.
L'espagnol s'inclina et Èva prit la direction indiquée.
Au bout d'à peine quelques secondes, elle arriva devant la gargouille et se trouva un peu bête. Quel était le mot de passe? Elle n'avait pas pensé de le demander au tableau.
Elle essaya de se rappeler ce que le directeur avait marmonné la première fois qu'elle était venue.
- Chocolat gargouille? tenta-t-elle.
Rien. Mauvaise réponse. Èva soupira. Qu'est-ce que c'était déjà?
- Chocogrenouille, lui souffla une voix au creux de l'oreille.
Èva arrêta de respirer. La personne était vraiment très près et, bien qu'Èva ne savait pas qui l'abordait, elle se sentait étrange. Elle se sentait comme une gamine à son premier flirt.
Elle ferma les yeux une seconde pour se ressaisir, puis se retourna lentement.
- Severus…
Étrangement, cela n'eut pas le même effet que ce prénom avait habituellement sur elle.
L'homme se pencha vers elle. Il effleura les lèvres d'Èva des siennes et la jeune femme ferma irrésistiblement les yeux, attendant la suite.
Mais il bifurqua vers son oreille et murmura à nouveau :
- Je crois que nous pouvons entrer.
Èva retomba dans la réalité et elle vira au rouge pivoine. Elle n'avait même pas vu ou entendu la gargouille céder le passage aux deux invités.
Elle se dépêcha de pénétrer dans le hall et de grimper les escaliers. Elle ne vit pas le petit sourire de Rogue. Ce dernier ne savait pas ce qu'il lui avait pris, mais il était satisfait de l'effet qu'il avait eu sur la jeune femme.
Èva inspira et expira plusieurs fois et lorsqu'elle sentit Rogue s'approcher, elle frappa au heurtoir de la porte.
Cette dernière s'ouvrit, découvrant…
- Remus?
Le regard de ce dernier passa d'Èva à Rogue, puis revint sur la jeune femme. Il fronça les sourcils devant les drôles d'airs qu'affichaient les deux vampires.
- Nous avons tous été convoqués, expliqua Rogue alors que Lupin ne semblait pas vouloir quitter son mutisme.
Néanmoins, le lycanthrope consentit à les laisser passer et ils purent tous prendre place devant le bureau du directeur. Èva prenait un grand soin à ne pas croiser le regard du professeur de potions. Ce que Rogue n'avait pas manqué de remarquer et qui l'amusait beaucoup.
- Je suis désolé de vous déranger ainsi à l'heure du repas, mes amis, mais je ne doute pas que vous voudrez tous savoir ce que Severus a découvert, débuta Dumbledore.
Tous les regards se tournèrent vers le susnommé Rogue et ce dernier arqua un sourcil avec un regard fier. Pour une fois, il savait quelque chose sur Èva que Lupin ignorait.
- En effet, Severus a finalement compris pourquoi son instinct vampirique a eu le dessus sur lui le soir où il vous a mordu, miss Jenkins.
- Bonne ou mauvaise nouvelle? intervint Lupin.
- Tout dépend de votre point de vue, mon cher Remus.
L'interpellé fronça à nouveau les sourcils. Ce n'était jamais très bon signe lorsque Dumbledore commençait à faire des sous-entendus.
- En fait, toute cette histoire est due à un élément qui est en vous depuis le départ, miss.
- Je vous demande pardon? Vous êtes en train de me dire que tout est de ma faute?
- Absolument pas, miss. Nous ne cherchons aucun coupable.
- Une ancienne magie coule dans vos veines, coupa Rogue, détestant tous ces préambules inutiles que le vieux directeur s'évertuait à respecter.
- Ça ne m'apprend pas beaucoup de choses, j'en ai bien peur, soupira Èva.
- Une ancienne magie… Aussi vieille que les vampires. Vous comprenez? répliqua Rogue qui, même s'il était professeur, n'avait pas beaucoup de patience pour les explications.
- Pas vraiment, continua Èva, de plus en plus énervée. Ce monde n'est pas le mien, je vous le rappelle, finit-elle sur un ton glacial.
Rogue secoua la tête et se frotta le front en fermant les yeux. Il sentait un mal de tête pointer son nez. Ça n'allait définitivement pas être évident si la jeune femme s'évertuait à être aussi peu coopérative.
- En résumé, intervint Dumbledore avec un sourire compatissant, une très vieille magie, la même qui est à l'origine de certains êtres magiques, comme les vampires, est présente dans votre sang. Vous savez, ma chère, il n'est pas rare de voir des sorciers naîtrent parmi les Moldus. Bref, c'est ceci qui a attiré Severus vers vous et c'est aussi pourquoi il n'a pu contenir la part de vampire en lui.
- Merci! Ça, c'est une explication claire, dit la jeune femme en ponctuant sa remarque d'un regard lourd de sens vers Rogue.
Le professeur de potions se contenta de détourner la tête. Èva reporta alors son attention sur le directeur.
- Bien, merci pour cette clarification. Mais, peu importe, sachez que cela ne change rien. Je ne vais pas abandonner ma vie simplement parce que vous me dites qu'il y a une part de magie en moi.
- La décision finale vous revient, miss, dit Dumbledore.
- Parfait. On s'entend au moins sur un point.
Une horloge grand-père dans un coin du vaste bureau sonna vingt heures.
« Déjà! », pensa Èva, désespérée. Elle n'avait pas la moindre envie de se retrouver seule face à Rogue après l'évènement devant la gargouille.
Ils étaient sensés se détester, alors pourquoi cet étrange comportement? D'ailleurs, ce n'était pas mieux que de s'être réveillée dans ses bras et dans son lit quelques jours plus tôt!
- Suivez-moi.
Èva leva les yeux vers l'homme debout devant elle.
- Et quand est-ce que l'on va manger? tenta-t-elle pour retarder le moment fatidique.
- N'avez-vous jamais entendu parler de la magie? répliqua-t-il du tac au tac.
Èva grogna. À contrecœur, elle consentit à lui obéir.
- À demain, lui dit Remus.
- À la bibliothèque alors, car je dois y rejoindre madame Pince à huit heures, précisa la jeune femme avant de refermer la porte du bureau du directeur.
- J'espère que tout se passera bien, murmura Remus.
- J'ai confiance en Severus. Il sait parfaitement ce qu'il doit faire, le rassura le vieux directeur, les yeux pétillants.
Pendant ce temps, Rogue avait amené Èva dans une vaste salle d'entraînement situé dans les donjons.
« Encore des cachots. Quelle surprise! », pensa sarcastiquement la jeune femme.
- J'ai une mauvaise influence sur vous, on dirait.
- Pourquoi dites-vous cela, répondit Èva, sur ses gardes.
- Eh bien, plus vous passez de temps ici et plus vous devenez sarcastique. Voulez-vous bien me laisser ce rôle, je vous prie, miss Jenkins?
Avoir la confirmation qu'il avait de nouveau pénétré dans son esprit aurait dû énerver Èva. D'ailleurs, c'est ce qu'elle avait voulu faire. S'énerver et lui jeter une réplique cinglante à la figure. Mais, au lieu de cela, la seule chose qui sortit de la bouche d'Èva fut un léger rire.
Malgré le masque d'indifférence que Rogue s'efforçait de garder, Èva put voir une lueur purement joyeuse passée dans son regard noir.
- Bien, qu'y a-t-il au menu? finit-elle par ajouter.
Rogue se ressaisit. Il se racla la gorge avant de continuer :
- Nous avons pu constater que vous maîtrisiez la téléportation, dit-il en lui rappelant les évènements du soir de sa première transformation. Maintenant, j'aimerais voir…
- Naaaan, le coupa Èva avec un air de gamine trop gâtée qui refuse tout ce qu'on lui propose.
« Et c'est exactement ce qu'elle. Une adorable petite gamine… ». Rogue se gifla mentalement avant d'avoir pu aller au bout de sa pensée.
Èva regardait Severus d'un air espiègle. On aurait pu jurer qu'elle jouait avec lui.
- Je voulais dire pour manger, expliqua-t-elle.
Rogue roula des yeux en marmonnant un vague « sale gosse » et fit apparaître une petite table ronde déjà dressée ainsi que deux assiettes de poulet, riz, pommes de terre et salade qui avaient l'air des plus appétissantes.
Èva avait pris place et elle engouffrait déjà une bouchée, avant même que Rogue n'ait le temps de s'asseoir.
- Huuummm… Je ne vous savais pas cordon bleu.
- Je n'ai aucun mérite. Je n'ai fait que transférer des plats des cuisines jusqu'ici.
- Alors, il va falloir que j'aille féliciter les elfes de maison, ils…
La fin de sa phrase disparut dans une autre bouchée que la jeune femme dégustait les yeux fermés.
Rogue, quant à lui, mangeait machinalement, plus occupé à observer la brunette.
Ils ne parlèrent pas de tout le repas. De toute façon, Èva était trop occupée à savourer avec délice son plat principal.
Ce ne fut que lorsque Rogue fit apparaître le dessert, une succulente mousse au chocolat, qu'Èva se décida à briser le silence.
- Pourquoi?
Elle n'avait pas besoin d'en demander plus, Rogue pouvait lire dans ses pensées.
Pourquoi était-il si froid et méchant? Pour s'évertuait-il à ne se faire que des ennemis? Pourquoi était-il distant? Pourquoi avait-il peur que les gens se rapprochent de lui? Pourquoi cachait-il de douloureux secrets au plus profond de lui?
- Les mots ne suffiraient pas. Laissez-moi vous montrer.
Severus savait qu'elle était déterminée à savoir. Et, étrangement, il n'avait plus la force de l'empêcher de tout découvrir.
Il se leva et fit signe à la jeune femme de faire de même. Il s'approcha d'elle et posa ses mains de chaque côté de son visage.
- Êtes-vous certaine de vouloir le faire? Ce que vous allez découvrir risque de ne pas vous plaire…
La jeune femme acquiesça silencieusement.
Après un soupir, Rogue vint plaquer son front contre celui d'Èva.
- Fermez les yeux, ordonna-t-il.
Cela ne prit qu'une fraction de seconde après que la jeune femme eut obéi pour qu'un flot d'images l'assaille.
Elle sut alors toute l'histoire.
L'enfance noire de Rogue, son adolescence difficile à cause des Maraudeurs, son amour impossible pour Lili Evans, la montée du Seigneur des Ténèbres, son saut dans la magie noire, la Marque des Ténèbres, les horreurs qu'il a commises, la prophétie, le meurtre de Lili et James Potter, sa douleur face à la mort de son seul amour, son retour du bon côté, ses remords, son poste de professeur, Harry Potter, le retour de Voldemort, son rôle d'espion pour l'Ordre du Phénix, elle, un sentiment…
Puis tout fut coupé. Èva tomba à genoux en cherchant son souffle.
Après quelques minutes, lorsque son esprit fut plus clair, elle réalisa qu'elle était toujours collée à Rogue.
- Lâche-moi!
Rogue obéit immédiatement. Il ne savait pas si c'était à cause du ton employé par Èva, à cause du fait qu'elle l'ait tutoyé ou parce qu'il avait peur qu'elle le prenne définitivement pour un monstre et qu'elle le déteste à jamais.
La jeune femme recula jusqu'au mur de pierres. Elle se prit la tête entre les mains. Toutes ces images tournoyaient dans son esprit. Elle ne savait pas comment réagir : ressentir de la pitié à cause de sa vie difficile, être dégoûtée à cause de tous les crimes qu'il avait commis, avoir peur de lui ou se demander pourquoi il avait coupé le lien à ce moment précis.
- Èva?
L'interpellée leva les yeux vers l'homme qui avait la voix tremblante et qui avait employé un ton apeuré qu'elle ne lui connaissait pas.
Elle croisa son regard rempli d'appréhension. Èva ne put en supporter davantage.
Elle se releva et courut aussi vite que ses jambes flageolantes le lui permettaient. Elle avait besoin de réfléchir et être en présence de Rogue ne l'aidait certainement pas.
Sa tête commençait à lui tourner. Èva s'arrêta donc un moment. Elle se laissa glisser contre un mur de pierres fraîches et permit à ses larmes de couler à leur guise sur ses joues.
- Èva? Que se passe-t-il? J'ai senti qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas…
- Michael?
- Non. C'est moi, c'est Remus.
Le loup-garou s'agenouilla et attira la jeune femme à lui. Èva laissa libre cours à sa détresse. Lupin tentait de la réconforter en lui caressant les cheveux et en lui murmurant qu'il ne la laisserait pas, qu'il était là et qu'elle n'avait rien à craindre.
Après plus d'une heure, Èva s'endormit, exténuée.
Remus la prit dans ses bras. Elle ne pesait pratiquement rien pour le lycanthrope. Il se dirigea vers l'infirmerie et la déposa dans son lit habituel. D'un coup de baguette, il troqua sa robe pour un pyjama que Dobby avait mis dans une malle au pied du lit. Pyjama qui se résumait en un simple pantalon de coton trop long et en une camisole rose pâle à fines bretelles.
Il soupira en se disant que la jeune femme avait un charme discret auquel il pourrait succomber. Secouant la tête, il préféra la border avant que son esprit ne divague trop.
Malgré tout, Lupin était inquiet. La jeune femme était brûlante. Deux sillons sur ses joues étaient les derniers vestiges des nombreuses larmes qu'elle avait laissées coulées. Finalement, la laisser seule avec Severus n'était peut-être pas la meilleure idée qu'ils avaient eue. Que s'était-il donc passé pour que la jeune femme soit en si grande détresse?
Remus s'assit sur le lit voisin et ne bougea plus d'un poil du reste de la nuit, veillant sur la jeune femme en détresse, comme un loup le ferait pour sa louve blessée…
