Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!

Note de l'auteure : J'espère avoir de petites reviews pour savoir si vous appréciez toujours... ou si je devrais bannir les traitements de texte de mon ordinateur:P


Chapitre 6 : La demande

La nuit porte conseil. Èva connaissait maintenant le sens propre de ce proverbe.

En effet, pendant son sommeil, son cerveau avait analysé les informations qu'il avait assimilées la veille, puis les avait triées et en avait tiré ses propres conclusions.

Tout d'abord, il avait digéré le phénomène Voldemort, puis avait jugé que le passage de Rogue du côté du mal était du passé et que, même si nos actes nous définissent, on ne pouvait pas revenir sur ce qui avait déjà eu lieu.

Ensuite, il avait étudié tous les à-côtés que les souvenirs de Rogue lui avaient divulgués. D'abord, les Maraudeurs, dont Remus faisait partie, puis l'étonnant Harry Potter. Il avait mémorisé tous les détails concernant Poudlard et ceux qui y vivaient.

Finalement, il s'était penché sur les dernières images qu'il avait vues. Elle. Et quel était le sentiment que son cerveau avait perçu? Il en venait à la conclusion que cette émotion était assez confuse, même pour son propriétaire. Il comprenait pourquoi Rogue avait préféré couper court à cette avalanche de souvenirs. Après tout, ne doit-on pas être certain de quelque chose avant d'en faire part aux autres?

Bref, le cerveau d'Èva avait travaillé à toute vitesse durant toute la nuit, à l'insu même de la jeune femme.

Cependant, lorsqu'elle se réveilla et que ces constatations lui vinrent à l'esprit, elle remercia la capacité d'analyse étonnante que possédait le cerveau humain.

C'est donc dans un état d'esprit beaucoup plus calme que la veille qu'elle s'étira à sa manière féline.

- Comment allez-vous? demande une voix inquiète.

La jeune femme ouvrit un œil pour découvrir la tête d'enterrement de Remus, penché au-dessus d'elle. Il avait les traits encore plus tirés que d'habitude et semblait exténué, à en juger par les cernes noirs sous ses yeux.

- Je me porte comme un charme. Rien de mieux qu'une bonne nuit et un sommeil réparateur. Mais c'est plutôt à vous que je devrais poser la question!

À cela, Remus répondit en arquant un sourcil sceptique, peu convaincu de son explication et ne tombant pas dans le piège de sa tentative de diversion.

- Oui, bon, je sais que, sur le moment, ça n'allait pas très bien… Mais je vous assure que le petit hamster à travailler très dur pour tout comprendre et assimiler, expliqua la brunette en tapant de son index sur sa tempe.

Lupin ne semblait toujours pas persuadé. C'était cette femme, qui avait pleuré dans ses bras pendant une heure entière la nuit précédente, qui lui disait qu'elle allait comme un charme maintenant?

- J'ai eu peur, c'est tout, dit-elle, sincère.

- Mais de quoi?

- De certaines révélations, répliqua-t-elle, voulant rester vague.

Cependant, Remus comprit immédiatement l'allusion à l'ancienne vie de Mangemort de Severus. De quoi pouvait-il s'agir sinon?

- Vous n'étiez pas supposés vous entraîner ?

- C'est ma faute, j'ai insisté. Êtes-vous resté éveillé toute la nuit? demanda-t-elle plus pour changer de sujet, même si elle se posait réellement la question.

- Oui. J'étais très inquiet. Il faut dire que vous aviez l'air complètement paniquée, expliqua Remus avec un sourire coupable, gêné de s'être permis d'épier la jeune femme toute la nuit.

- Je suis désolée.

Èva baissa la tête, honteuse de son attitude. Si Remus avait été affolé par son comportement, qu'en était-il de Rogue, qu'elle avait lâchement abandonné dans les cachots? Il lui avait révélé ses secrets les plus intimes et, elle, elle l'avait fui comme la peste. Il devait penser qu'elle le prenait pour un monstre.

Une partie d'elle voulait aller voir Rogue pour s'excuser et lui expliquer. Mais l'autre partie disait qu'il allait redevenir le vampire asocial à la langue acerbe qu'il voulait être pour empêcher les autres de trop s'approcher de lui. Et maintenant qu'elle l'avait blessé, il allait sans doute la maudire et lui faire vivre les pires tourments si elle osait s'approcher de lui à moins de cent mètres.

Elle soupira, ne sachant que faire. Voyant son désarroi, Remus préféra intervenir :

- On devrait peut-être aller manger un peu. Je suis sûr que les elfes seront ravis de nous préparer un petit quelque chose malgré l'heure tardive.

Èva redressa rapidement la tête.

- Quelle heure est-il?

- Près de dix heures trente. Pourquoi?

- Oh non, madame Pince va me tuer!

Elle devait retrouver la bibliothécaire il y avait près de deux heures et demie maintenant! Ca-tas-tro-phe.

Èva se leva rapidement, ouvrit la malle au pied de son lit et chercha rapidement quelque chose à enfiler. Elle était vaguement étonnée de ne pas y trouver de robes de sorcier. Sans doute madame Pomfresh avait-elle voulu lui faire plaisir.

Finalement, Èva jeta son dévolu sur un jean pâle et une veste blanche. Elle prit rapidement une paire de sandales tout aussi blanche (décidément, l'infirmière adorait cette couleur!) et des sous-vêtements et partit en courant vers la vaste salle de bain.

Elle s'habilla rapidement, portant toujours la camisole rose pâle que Remus lui avait enfilée pour dormir.

Elle se regarda dans le miroir pour voir une mine reposée encadrée de cheveux emmêlés. Elle grogna et peigna rapidement ses bouclettes brunes.

Puis, Èva sortit tout aussi rapidement de la salle de bain, jeta son pantalon de pyjama sur le lit et dit, essoufflée :

- On se voit peut-être pour le dîner, si je suis encore en vie!

Et elle disparut en coup de vent.

Remus sourit en croisant les bras. La jeune femme n'allait pas si mal finalement.

Tout à coup, la tête de la brunette réapparut dans le cadre de porte.

- Oh et si madame Pomfresh me cherche, je vais bien, je suis à la bibliothèque et je m'excuse de ne pas être passée la voir hier après-midi comme promis.

Et elle repartit avant que Remus n'ait le temps d'ajouter quelque chose.

Lupin prit le pyjama, le plia et le remit dans la malle.

L'humeur joyeuse d'Èva était contagieuse. Cependant, Remus se dit qu'il connaissait quelqu'un qui ne devait pas être dans cet état d'esprit!

C'est pourquoi, toujours plein de bonnes intentions, il prit la direction des cachots et, plus précisément, des appartements de ce cher Severus Rogue. Mais d'abord, il fit un petit détour par les quartiers de madame Pomfresh pour lui expliquer l'absence de la jeune femme la veille.

Lorsque, finalement, il toqua à la porte des appartements de Rogue, il ne reçut aucune réponse.

- Aller, Severus, je sais que tu es là. Je le sens, conclut-il pour ne pas que le maître des potions puisse penser qu'il avait une échappatoire.

C'est donc un Rogue d'une humeur massacrante qui ouvrit la porte d'un coup sec.

- Je croyais pourtant que le message était clair, Lupin : je ne désire aucune visite, siffla-t-il.

- Je vois que ta petite mésaventure d'hier soir t'a mise de mauvaise humeur, toi, répliqua Remus avec un sourire amusé.

- Est-ce que je t'ai demandé de t'immiscer dans ma vie privée? demanda Rogue avec un regard assassin.

- Oh, car cela rentre dans la catégorie « vie privée », se moqua Lupin.

Rogue grogna pour toute réponse et s'apprêta à claquer la porte au nez de son impromptu visiteur.

- Attends, dit Lupin en bloquant la porte avec son corps. J'ai cru comprendre que ça s'est mal passé au début. Mais je crois que tu devrais parler à Èva. Tu pourrais être agréablement surpris, finit-il d'un air mystérieux.

Rogue devint plus agressif, chose à laquelle Remus ne s'était pas attendu.

- Ne me parle surtout pas de cette petite sotte. Je ne veux plus entendre parler d'elle, ni même la voir. Maintenant, tu vas me faire le plaisir de me laisser en paix, conclut le vampire en poussant violemment Lupin dehors et en claquant la porte, qu'il s'empressa de fermer à double tour.

« Ça ne va pas être facile… », pensa Lupin en se frottant les reins après sa chute forcée.

Il préféra laisser Rogue à ses ruminations pour le moment. De toute façon, il n'entendrait rien dans cet état d'esprit.

Remus ne revit pas Èva de tout l'après-midi. Madame Pince devait la tyranniser pour avoir osé arriver si tard.

Son idée fut confirmée lorsqu'il vit Èva arriver dans la Grande Salle complètement exténuée. Visiblement, madame Pince avait fait rattraper son retard à la jeune demoiselle.

- Toujours en vie? se moqua le loup-garou.

- Comme vous pouvez le constater. Vous ne serez pas débarrassé de moi si facilement. Même si je suis presque morte de faim, dit-elle avant de se jeter sur un invitant croissant.

Remus émit un léger rire.

- Je n'ai jamais voulu cela. Par contre, j'ai croisé quelqu'un aujourd'hui qui semblait le souhaiter ardemment.

Èva tourna son regard vers le siège vide de Severus. Elle s'en était doutée, mais elle aurait tout de même espéré qu'il ne lui en voudrait pas trop.

- Je vais aller…

Èva interrompit sa phrase. Une drôle de sensation lui tiraillait l'estomac.

Elle fronça les sourcils et porta une main à son ventre. Puis elle se tourna vers le professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

- Remus, je me sens…

Le susnommé Lupin ne connut jamais la fin de la phrase de la jeune femme, car elle disparut avec un léger « pop », ne laissant derrière elle qu'un mince filet de fumée noire.

Dumbledore s'était levé pour constater de lui-même le phénomène. Il tourna cependant un regard rassurant à Remus.

- Ne vous en faites pas, fut la seule chose que le vieux directeur prononça comme explication.

Il affichait néanmoins un sourire qui signifiait clairement qu'il savait ce qui se passait, comme toujours.

Èva, de son côté, avait résolument fermé les yeux et avait mis ses bras autour de sa tête dans le but de se protéger.

Cependant, l'incident prit fin aussi soudainement qu'il s'était déclenché. Le monde arrêta de tourner autour d'elle et Èva consentit finalement à ouvrir un œil.

« Pré-Au-Lard? Mais qu'est-ce que je fais là? », se demanda-t-elle, complètement éberluée.

Elle jeta un regard circulaire autour d'elle et constata qu'elle avait atterri devant un bar à l'aspect plutôt louche.

Avant qu'elle n'ait pu lire l'enseigne, Èva sentit quelqu'un la saisir par le bras et l'entraîner dans une ruelle isolée derrière le bar.

La jeune femme fut brutalement plaquée au mur de l'édifice et l'homme daigna finalement dévoiler son visage.

- Tiens, pourquoi je ne suis pas surprise, dit simplement la jeune femme avec un petit sourire en coin en découvrant nul autre que Severus Rogue.

- Pourquoi m'avez-vous suivi? Je n'ai même pas le droit de prendre un verre sans que vous ne veniez mettre votre nez dans mes affaires? cingla-t-il froidement.

- Sache que ce n'était pas volontaire. N'oublie pas que tu me traînes derrière toi comme un boulet, répliqua-t-elle en faisant allusion à ce qu'elle appelait si gentiment « la laisse magique ».

Rogue se troubla. Pourquoi Èva le tutoyait-il? Pourquoi ne pas se montrer froide et dure, comme ils en avaient l'habitude lorsqu'ils étaient en présence l'un de l'autre? Lupin avait-il dit vrai lorsqu'il avait mentionné qu'il pourrait être surpris? Après toutes les révélations de la veille, Èva ne le prenait-elle pas pour un monstre?

- Est-ce que tu comptes me libérer un jour? demanda Èva en jetant un regard aux mains de Severus qui maintenaient toujours ses bras au-dessus de sa tête.

Une lueur étrange passa dans les yeux de Severus l'espace d'un furtif instant. Un moment si court qu'Èva ne put identifier à quoi cette lueur s'apparentait.

- Et si je répondais non? demanda-t-il, voulant tout à coup provoquer la jeune vampire.

Rogue se mit à fixer la bouche d'Èva. Il la regarda ensuite droit dans les yeux, s'attendant à une objection à sa demande muette. N'en recevant aucune, il se pencha lentement vers les lèvres de la jeune femme.

Èva était comme hypnotisée. Elle ne savait pas si elle désirait ce qui allait inévitablement se produire, mais elle ne trouvait pas le courage d'arrêter Rogue. Le voulait-elle vraiment après tout?

Lorsque Severus frôla les lèvres d'Èva des siennes, il ferma les yeux.

- Alors, je te répondrais que tu me détruirais, le coupa Èva, trouvant le courage elle ne savait où, toute pantelante qu'elle était.

Rogue retomba durement dans la réalité. Il rouvrit les yeux pour fixer ceux profondément tristes de la jeune femme.

Puis il comprit l'allusion au sens large du mot libéré. Michael.

« Toujours son foutu frère! », pensa-t-il hargneux.

Mais il se calma immédiatement lorsqu'il posa à nouveau son regard sur la brunette.

- Je t'en prie, laisse-moi juste aller lui parler. Seulement pour le rassurer. Je te promets que je vais revenir après pour faire ce satané entraînement, supplia Èva.

Rogue soupira et plongea son regard charbonneux dans celui bleu pâle de la jeune femme.

Èva sentit à nouveau la sensation caractéristique d'une téléportation. Elle se concentra sur le regard de Severus, car ce simple geste diminuait amplement la perception de vertige qui voulait s'emparer d'elle.

Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Èva réalisa que Rogue les avait transportés dans la ruelle où il l'avait mordu. Ce qui était logique puisque le sorcier ignorait totalement où la jeune femme habitait.

- Merci, dit-elle, sincère, en lui accordant un sourire. Viens, nous devons nous dépêcher si nous voulons arriver avant qu'il ne quitte pour le travail, continua-t-elle en regardant le soleil couchant.

Elle se demanda vaguement pourquoi les rayons du soleil ne les dérangeaient pas, alors qu'ils étaient pourtant deux vampires.

Puis elle lança un regard rieur à Rogue qui la suivait.

- Je crois que tu t'entendrais bien avec Michael… il est barman, dit-elle en faisant allusion au pub miteux qu'elle avait entraperçu plus tôt.

Severus se contenta de rouler des yeux. Comme s'il était alcoolique. Certes, il appréciait l'alcool et son effet libérateur, mais de là à être un ivrogne, tout de même!

Èva sourit et tourna à un coin de rue.

- C'est là, dit-elle en pointant un immeuble standard qui se confondait parmi les autres.

Cependant, Èva se figea devant la porte. Elle se tourna vers Rogue, se sentant vraiment bête à cet instant.

- Je n'ai pas pensé à la clé et je me vois mal l'appeler sur l'interphone pour lui dire « salut Michael, c'est ta sœur disparue qui revient te faire un coucou ».

Èva baissa la tête, honteuse et en colère contre elle-même. Elle était si proche du but!

Rogue soupira et secoua la tête.

- Décidément, le fait que la magie existe n'arrive pas à te rentrer dans le crâne! dit-il avant de sortir sa baguette.

Il murmura un sort et la porte s'ouvrit avec un léger grincement.

C'était pratique, finalement, ce bout de bois, conclut Èva avec un sourire en repensant au fait qu'elle avait pensé que madame Pomfresh avait voulu l'empoisonner avec son « bâton ».

Ils montèrent deux étages et arrivèrent finalement devant l'appartement numéro sept. Èva inspira profondément. Elle ferma les yeux et expira lentement, sa respiration étant légèrement tremblante.

Rogue jeta sur elle un regard protecteur qu'elle ne vit pas. Il se fit patient, pour une fois, et attendit que la jeune femme soit prête à affronter la réaction de son frère.

Après quelques minutes qui semblèrent être des secondes pour Èva, elle se décida finalement à frapper.

En moins de deux, la porte s'ouvrait sur un jeune homme approchant la trentaine, brun comme Èva et aux yeux bleu foncé inquisiteurs. Rogue ne put s'empêcher de se dire qu'il était bien bâti et que, même si lui n'avait pas besoin de sa baguette puisqu'il était un vampire avec toutes les aptitudes que cela impliquait, il ne voudrait pas avoir à se battre avec le frère d'Èva.

Les yeux de Michael s'agrandirent comme des soucoupes. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son n'en sortit. Il ressemblait étrangement à un poisson hors de l'eau.

Il passa rapidement le regard de Severus à Èva, pour revenir sur Rogue et finir sur sa soeur.

- Mais, bon sang, où étais-tu?! demanda-t-il d'une voix étranglée.

Èva baissa la tête, un air coupable affiché sur son visage.

- Je suis désolée…

- Tu es désolée? Ça fait pratiquement deux semaines que tu as disparu et tout ce que tu trouves à dire c'est que tu es désolée? Merde, Èva, j'étais mort d'inquiétude. J'ai envoyé toute la cavalerie à ta recherche, mais rien, aucune trace! J'ai même engagé des détectives privés. J'ai…

- Je sais tout ça, Michael, le coupa Èva avant qu'il ne finisse par manquer d'air. Je n'ai pas pu revenir avant à cause de certains évènements hors de mon contrôle, mais…

- C'est qui lui? demanda soupçonneusement Michael en désignant Rogue du menton.

Ce dernier se redressa de toute sa hauteur et afficha son air le plus snob.

- Hum… C'est long à expliquer.

- J'ai tout mon temps, dit Michael en s'effaçant du cadre de porte, les invitant par le fait même à entrer.

Ce qu'ils firent, étant tout de même un peu réticents à cause de l'atmosphère tendue.

Dans l'entrée, Michael agrippa le bras d'Èva et dit à l'intention de Rogue :

- Le salon est au bout du couloir à gauche.

Severus émit un petit grognement. Il détestait être mis à l'écart, mais il obtempéra, sachant parfaitement qu'il pourrait suivre toute la conversation grâce à son ouïe aiguisée.

Lorsque l'homme disparut dans le boudoir, l'aîné de la famille Jenkins se mit à chuchoter :

- Èva, ne me dit pas que tu fais partie d'une secte religieuse, tout de même!

L'interpellée ne put s'empêcher d'être prise d'un fou rire. Elle n'avait jamais pensé à Severus comme pouvant être le gourou d'une quelconque secte.

Quoique, si elle prenait la situation du point de vue de Michael, elle devait avouer que voir sa sœur réapparaître après deux semaines de silence total avec un inconnu habillé avec ce qui ressemblait étrangement à une soutane, donnait toute place à l'imagination.

- Ok, ils t'ont fait un lavage de cerveau et tu es rendue dingue, c'est ça? demanda-t-il, blessé que sa sœur ose rire de ses hypothèques alors qu'elle n'avait pas donné signe de vie pendant de nombreux jours interminables.

- Et même si c'était le cas, tu crois que je te le dirais? répliqua Èva avec un clin d'œil. Maintenant, assez de secrets, allons rejoindre Severus.

Èva déclencha donc le mouvement vers le salon où Rogue tentait de se reprendre : Èva l'avait appelé par son prénom!

- Et en plus, il a un nom d'extra-terrestre, grommela Michael qui s'éternisait derrière sa sœur.

Cette dernière lui jeta un regard de reproches qu'il ne vit pas, trop occupé qu'il était à fixer ses pieds en avançant lentement, les mains dans les poches.

Ils retrouvèrent Rogue qui avait nonchalamment pris place dans un des canapés.

Èva écarquilla légèrement les yeux lorsqu'elle réalisa que le sorcier avait fait apparaître du thé.

Il en proposa même une tasse à Èva, qui refusa poliment, même si le thé était à sa saveur préférée : la cannelle.

Èva savait pertinemment que Rogue essayait de provoquer de l'incompréhension chez Michael. Après tout, chez les Moldus, les objets ne surgissaient pas comme cela.

De cette manière, Rogue avait sans doute l'impression de se sentir supérieur à Michael, car lui était maître de ses moyens, alors que son adversaire était déstabilisé.

L'apparition d'un service à thé au milieu du salon eut l'effet escompté, car le visage de l'aîné d'Èva se troubla. Il fronça à nouveau les sourcils et regarda tour à tour les deux personnes assisses en face de lui.

- Par pitié, dites-moi que ce n'est pas ce que je pense…

- Que veux-tu insinuer? demanda Èva, totalement perdue.

Son frère regarda Rogue intensément avant de poursuivre, le plus sérieux du monde :

- Si je vous disais que le sang a coulé, que me répondriez-vous?

- Je vous répondrais que l'heure est arrivée, répliqua Severus, comme si cette phrase était la chose la plus naturelle à dire.

Cependant, Rogue fronça à son tour les sourcils, comme s'il n'avait jamais voulu dire cela, mais que c'était sortit tout seul, contre son gré.

Michael, quant à lui, avait pris sa tête entre les mains et répétait inlassablement des « non, non, non » en secouant la tête.

- J'aimerais bien avoir une explication, intervint Èva, complètement larguée.

- Je ne suis pas contre non plus, enchaîna Rogue.

Le brun se leva et disparut dans la pièce en face du salon, pièce qu'Èva savait être la chambre à coucher de son frère.

Elle échangea un regard interrogateur avec Severus et ce dernier lui fit comprendre qu'il n'en savait pas plus qu'elle.

Michael revint à peine une minute plus tard avec une boîte en bois de cerisier fermée à clé. Cette boîte, Èva l'avait souvent vue et elle s'était toujours demandée ce qu'il y avait à l'intérieur, sans jamais oser poser la question.

Son frère sortit une petite clé de la poche de son pantalon et l'introduit dans la serrure du coffret. Après trois « clics » successifs, le couvercle s'entrouvrit.

Après un regard d'appréhension vers sa soeur, Michael ouvrit le coffre et en sortit une pile de photos.

- Je te présente nos grands-parents, dit-il en tendant à Èva une vieille photo aux coins cornés.

Cette dernière émit un léger « oh » en constatant que les personnes sur la photo semblaient être littéralement en vie et la saluaient. Tout comme les tableaux à Poudlard.

- Vous avez des ascendances sorcières, constata Severus.

- Pourquoi est-ce que je ne l'ai jamais su? demanda Èva, étonnée et en colère d'avoir été tenue à l'écart.

- Dès ta plus tendre enfance, maman et papa ont vu qu'il y avait quelque chose de différent en toi. Ni eux, ni moi n'étions sorciers et tu ne semblais pas être sorcière non plus. Pourtant, une sorte d'aura magique semblait t'envelopper. C'est en allant consulter nos grands-parents paternels, continua Michael en pointant du menton la photo qu'Èva tenait entre ses mains, que les parents ont eu certaines réponses. Sans être très puissants, mamie et papy venaient d'une ancienne lignée de sorciers. Mais, puisqu'ils ont toujours préféré vivre du côté des Moldus et qu'ils n'aimaient pas beaucoup parler de cette part d'eux-mêmes, nous savions peu de choses sur la magie. Ils nous ont simplement mis en garde concernant la venue éventuelle d'un inconnu qui voudrait s'emparer de toi à cause de cette magie dans ton sang. Nous t'avons caché la vérité pour te protéger. Et c'est pourquoi nous avons toujours été très protecteurs envers toi, on ne voulait pas te perdre! Alors tu imagines bien ma peur quand tu as disparu! Et encore plus quand tu es réapparue avec lui

Èva fixait la photo entre ses mains sans vraiment la voir. En deux jours, ça faisait beaucoup d'informations chocs à assimiler.

- Je suis donc l'inconnu qui veut kidnapper votre sœur, si j'ai bien compris?

- Vous ne vous êtes pas gêné pour le faire, il me semble, répliqua abruptement Michael. D'ailleurs, qui êtes-vous donc?

- Severus Rogue, maître des potions enseignant l'art de la concoction des potions à de jeunes sorcières et sorciers dans une école de sorcellerie appelée Poudlard. Oh et, petit détail, il est à moitié vampire, répondit Èva à la place de Rogue, amusée par la tête qu'il faisait à cet instant.

La réaction de Michael fut immédiate : il se releva rapidement et se jeta pratiquement sur Èva. Il lui tourna le visage, pour mieux pouvoir examiner son cou. C'est alors qu'il vit les deux marques rouges en forme de rond situées parfaitement sur la jugulaire de sa soeur.

Une expression de pure colère se peignit alors sur son visage.

- En plus de la kidnapper, vous la mordez? Bien sûr, me l'enlever n'était pas assez! Et vous essayez de la tuer? finit Michael en pointant les derniers rayons de soleil qui passaient par la fenêtre.

- Je ne suis qu'à moitié vampire. Le soleil n'a donc aucun impact sur moi. Et mes particularités vampiriques sont transmises par la morsure, répliqua Rogue sur le même ton agressif que Michael. Pensez-vous réellement que j'aurais consciemment mis Èva en danger? continua-t-il en se levant pour faire face au brun.

- Ah, parce que c'est déjà Èva pour vous?

Rogue détourna le visage. Il ne voulait pas que la jeune femme voie son air troublé.

Michael, quant à lui, semblait sur le point de sauter à la gorge du vampire. Tout son corps était tendu. Il n'appréciait absolument pas que l'on touche à sa petite sœur.

Cette dernière se décida finalement à intervenir avant que les deux hommes ne décident de se battre et que, accessoirement, ils saccagent l'appartement. Elle se leva donc, mettant son corps entre Severus et Michael.

- Bon, on va se calmer, ok? Michael, Severus n'est pas un kidnappeur. C'est à cause de cette magie dont tu m'as parlé. Il était incapable de se retenir. Enfin, de retenir le vampire en lui. Et puis, ce n'est pas plus mal cette condition. C'est exactement comme avant, mais avec quelques capacités rajoutées.

Puis elle retourna vers Rogue.

- Et Michael n'est pas méchant non plus. Il a toujours été très protecteur envers moi, c'est tout. Et puis, je suis la seule famille qui lui reste, il faut le comprendre, dit-elle avec un petit sourire, sachant très bien que Severus n'avait plus aucune famille, lui.

Elle fit à nouveau demi-tour pour faire face à son frère, un drôle d'air affiché sur le visage.

- Oh et tu ne vas pas apprécier, Michael… mais je dois retourner à Poudlard avec Severus. C'est juste le temps que j'apprenne à contrôler mes nouveaux pouvoirs et aussi pour que j'apprenne à me dominer pour ne pas mordre personne, débita-t-elle rapidement pour ne pas être interrompue par son frère.

Les deux vampires purent voir la réaction de Michael avant même qu'il n'ouvre la bouche. Tout son corps parlait pour lui.

Èva fit un pas en arrière. Elle n'était pas habituée de voir son frère en colère.

Cependant, elle rencontra le corps de Rogue derrière elle. Ce dernier, se voulant rassurant, mit ses mains sur les hanches de la jeune femme en signe de soutien. Et, pour une fois, Èva ne chercha pas à briser le contact physique.

Ce geste ne passa pas inaperçu aux yeux du brun. Il serra la mâchoire essayant de se retenir.

Puis, il plissa les yeux et observa le lien qui semblait unir sa sœur et le vampire. Il arrêta son regard sur l'expression de sa cadette. Elle redoutait clairement une réponse négative de sa part.

Incapable de refuser quelque chose à Èva, Michael soupira :

- C'est seulement parce que c'est pour ton bien, céda-t-il. Mais promets-moi de me donner de tes nouvelles! Deux semaines, c'est trop long, dit-il en la pointant de doigt accusateur.

Èva se sépara de Severus et prit son frère dans ses bras.

- C'est promis, Mike. Et toi, jure-moi de prendre soin de toi! Je ne serai pas là pour veiller sur tes fesses, continua-t-elle avec un clin d'œil.

Son frère se contenta d'émettre un léger rire et de serrer sa sœur un peu plus fort.

Ils restèrent ainsi de nombreuses minutes, chacun communiquant à l'autre toutes les émotions qu'ils étaient incapables de dire en mots.

Severus devait avouer qu'il commençait à être jaloux et cela l'agaçait.

Èva le sentit. Elle sourit en se séparant de son frère.

- Il va falloir que nous partions. Nous avons du pain sur la planche!

C'est avec une mine déçue que Michael accompagna les deux vampires à la porte de l'appartement.

- Oh! Et si un hibou cogne à une fenêtre, ouvre-lui, dit Èva avant de déposer un baiser sur la joue de son frère.

À cet instant, Severus ne put s'empêcher de se demander ce qui se serait passé si Èva ne l'avait pas interrompu un peu plus tôt, dans la ruelle.

La jeune femme lança un regard indéchiffrable à Rogue alors que Michael émettait un grognement.

- Je déteste ce système de courrier, maugréa-t-il.

Après un dernier câlin et un au revoir rempli d'émotions, les deux vampires quittèrent finalement l'immeuble.

- Merci, murmura Èva.

Severus lui offrit un petit sourire, puis se dirigea vers l'arrière d'un bâtiment, loin des regards.

Alors qu'Èva faisait un pas en direction de Severus pour qu'ils transplanent jusqu'aux grilles du château, le sorcier dit :

- Et si nous commencions ton apprentissage dès maintenant? Rendez-vous au château.

À ces mots, il se téléporta, laissant un simple filet de fumée noire devant une Èva surprise.

La jeune femme finit par se ressaisir. Elle croisa les bras et tapa du pied, de mauvaise humeur.

- Il désire vraiment que je m'écrase dans un mur ou qu'on retrouve des parties de mon corps aux quatre coins du monde!

Elle secoua la tête en se disant qu'elle devait se concentrer si elle voulait réussir et que se mettre en colère ne l'aiderait en rien. Èva ferma donc les yeux et prit plusieurs profondes respirations.

Elle devait d'abord trouver où Rogue voulait qu'elle le trouve et, qu'ensuite, elle le rejoigne.

Lorsqu'elle localisa enfin le professeur de potions, elle fronça les sourcils. Là? Pourquoi ?

Son cœur s'accéléra.

Rogue se tourna vers elle. Il devait la sentir, car elle n'était pas physiquement avec lui. Elle avait simplement ouvert ses sens pour le repérer.

Son regard était hypnotisant. Il leva la main et lui fit signe de l'index de venir le rejoindre. Èva se posait une multitude de questions face à son air énigmatique. Qu'est-ce qui pouvait bien lui passer par la tête à ce moment précis?

Elle redoubla d'ardeur pour s'imaginer se transportant aux côtés de Rogue. Ce qui était assez épuisant, elle devait l'avouer.

Puis, tout à coup, la jeune femme perdit l'équilibre. Cependant, elle ne toucha jamais le sol, car elle était en train de se téléporter.

Lorsqu'elle arriva à destination, elle chancela pour se remettre sur ses pieds, mais sa tête tournait toujours. Elle bascula à nouveau, mais, cette fois-ci, Severus la rattrapa.

Elle se permit de rester dans ses bras quelques secondes, le temps de reprendre ses esprits.

Lorsque ce fut chose faite, elle s'éloigna de quelques pas pour briser le contact physique avec le sorcier, car ce simple contact, aussi innocent soit-il, la troublait.

Elle leva finalement un regard espiègle vers Severus.

- Tes appartements?

- Peut-être aurais-tu préféré ceux de Dumbledore? lui répondit le professeur de potions sur le même ton taquin.

- Non, mais l'infirmerie m'aurait suffi, répliqua Èva en plissant le nez à l'idée de découvrir le vieil homme en chemise de nuit.

- Mais c'est plus intime, ici.

- Oh, car nous avons besoin d'intimité pour faire un entraînement, maintenant? rétorqua Èva sur un ton peu convaincu.

- Bien sûr. Il s'agit d'une ambiance favorable à la concentration, expliqua Rogue en s'avançant vers Èva.

- Je ne trouve pas, souffla cette dernière.

Rogue se rapprochait dangereusement et Èva savait parfaitement ce qu'il désirait.

Le fait qu'elle l'ait interrompu plus tôt, dans la ruelle, obsédait le professeur de potions. Et Èva devait avouer qu'elle ne savait plus trop ce qui lui avait pris de l'arrêter dans son geste.

Sa respiration s'accéléra lorsque le visage de Severus ne fut plus qu'à quelques malheureux centimètres du sien.

- Si tu as la moindre objection, c'est le moment, parce que, cette fois-ci, il est hors de question que je m'arrête…

Èva ne savait pas si elle devait prendre cela pour une menace ou pour une promesse, mais sa gorge était si nouée qu'elle était incapable de dire quoi que ce soit.

Elle laissa donc Severus se pencher vers elle. Elle sentait son souffle chaud sur son visage.

Le sorcier s'arrêta une seconde près des lèvres de la jeune femme dans l'attente d'un ultime obstacle. Encouragé par la respiration saccadée de la jeune vampire, il finit par déposer sa bouche sur celle d'Èva.

Le premier réflexe que la jeune femme eut fut de mettre ses bras autour du cou de Rogue. Ce qui attira ceux du vampire autour de sa taille.

La sensation des lèvres de Rogue sur les siennes faisait tourner la tête de la jeune femme.

Severus, de son côté, voulait plus, tellement plus. Ce n'est que maintenant qu'il réalisait à quel point il s'était retenu.

Èva sentit la langue de Rogue lui demander la permission d'aller plus loin. Elle ne pouvait et ne voulait pas la lui refuser.

La jeune femme gémit lorsque leurs langues entrèrent en contact.

La main de Severus remonta le long du dos d'Èva jusqu'à sa nuque. L'empêchant ainsi de briser leur étreinte.

De doux, leur baiser passa à passionné. Puis, rapidement, il devint de plus en plus fougueux, presque bestial.

Puis, impatiemment, Severus attira la jeune femme vers sa chambre et, finalement, vers son lit.

Avec une infinie douceur, il l'allongea sur les draps et revint rapidement capturer sa bouche en se positionnant au-dessus de la jeune femme.

Èva sentait les mains de Severus parcourir son corps. Ces gestes réveillaient chacun de ses sens. Ce qui faisait naître en elle une passion qu'elle ne se souvenait pas avoir déjà connue.

Elle le repoussa doucement. Rogue fronça les sourcils, ne comprenant pas son geste. Avait-il fait quelque chose de mal?

- Je ne veux pas aller trop vite… murmura-t-elle pour explication.

Il hocha la tête; il pouvait comprendre. De plus, il ne voulait pas brusquer les choses et la faire fuir à nouveau.

Néanmoins, il se sépara difficilement de la jeune femme. Rogue roula à côté d'elle et prit appui sur un coude pour la regarder droit dans les yeux.

- Mais reste dormir ici. Juste dormir, rajouta-t-il avec un sourire en voyant l'air scandalisé d'Èva.

Le pouvait-elle? Leur relation avait fait un énorme pas en avant et Èva devait avouer que cela ne lui déplaisait pas tant que ça. Elle préférait de loin le Severus passionné à celui froid et distant. Cependant, elle n'avait pas le droit de s'attacher. Dès qu'elle contrôlerait ses pouvoirs, il faudrait qu'elle retourne auprès de Michael. Son frère avait besoin d'elle autant qu'elle avait besoin de lui. Elle ne pourrait pas abandonner Severus si elle s'attachait à lui.

Mais elle avait tellement envie de rester… Elle se souvenait de la sensation de confort et de sécurité qu'elle avait ressentie lorsqu'elle s'était réveillée dans les bras du sorcier. Et puis, une nuit, ce n'était pas une promesse pour toute une vie. Alors au diable le côté rationnel!

- Ok et je mets quoi comme pyjama? dit-elle en pensant qu'il ne saurait quoi répondre.

Mais, au contraire, il roula des yeux et secoua la tête.

« Ah, oui, la magie! », pensa-t-elle, avec un air miamusé, mi-coupable.

Pour confirmer sa pensée, Severus fit apparaître un des pyjamas que madame Pomfresh lui avait achetés.

- Et c'est toi qui l'as choisi? pouffa-t-elle en découvrant un tee-shirt bleu poudre orné d'un gros canard jaune et de pantalons assortis.

- Il t'ira à ravir, j'en suis persuadé, dit-il avec un air sadique.

- Mais bien sûr, tout me va, voyons! répliqua-t-elle en lui tirant la langue et en s'enfuyant dans la salle de bain privée du maître de potions.

Rogue en profita aussi pour se changer. Il mit son indémodable pantalon de pyjama… noir.

Lorsqu'Èva réapparut et qu'elle le vit, elle devint écarlate et se retourna d'un bloc.

- Je croyais que tu voulais qu'on dorme? dit-elle avec un geste de la main supposé désigner ce qu'il portait.

Elle sentit tout à coup le souffle chaud de Severus contre sa nuque.

- Je ne savais pas que je te faisais autant d'effet, susurra-t-il au creux de son oreille.

Èva ne put s'empêcher de pencher la tête sur le côté, dans l'espoir inavoué que l'homme vienne déposer un baiser dans son cou.

- Mais puisque tu veux simplement dormir, je vais enfiler quelque chose d'autre, dit Rogue en se dirigeant vers sa commode.

Èva grogna et murmura un vague « sadique ». Severus lui lança un regard amusé avant d'enfiler lui aussi un tee-shirt, mais à la différence que le sien était noir, bien évidemment.

- Je t'aimais mieux quand tu étais asocial, espèce de tyran, conclut Èva avant de se lover sous les couvertures du grand lit de Rogue.

Ce dernier vint se coucher en cuillère contre le dos de la jeune femme qui le boudait.

- Je suis sûr que c'est faux… dit-il en mordillant son cou.

- C'est malhonnête. On n'utilise pas les points faibles des gens comme ça, argua la jeune femme en répondant malgré elle à la caresse.

- Tu es sûre? Je peux m'arrêter si c'est ce que tu veux…

- Noui, répondit la jeune femme.

Severus rit doucement. Encore aujourd'hui, Èva ne savait pas ce qu'elle voulait, exactement comme lorsqu'elle était arrivée à Poudlard.

La jeune femme bâilla.

- On recommencera cette petite séance de torture demain. Pour le moment, vous avez besoin de dormir, jeune fille, car une téléportation est un exploit épuisant.

- Oui, papa, murmura moqueusement la jeune femme, glissant déjà doucement vers les bras de Morphée.

Severus arqua un sourcil pervers. Il faudrait qu'un jour il lui montre qu'il n'était pas si vieux que ça.

Il repoussa une mèche de cheveux qui était tombée devant le visage de la brunette et l'observa de nombreuses minutes.

Certes, Èva n'était pas d'une beauté exceptionnelle. Mais, quand on s'attardait, on lui découvrait un charme discret. Severus comprenait maintenant pourquoi il n'avait pas pu lui résister le premier soir, magie mise à part.

Il se décida finalement à briser sa contemplation et enfouit son visage dans les cheveux d'Èva, qui sentaient le lilas. Il soupira d'aise avant de plonger lui aussi dans un profond sommeil.