Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!
Note de l'auteure : Je tiens à préciser que le retard de cette mise à jour est dûe à un bog du site m'empêchant de télécharger le chapitre:( Mais ce n'est pas grave, tout est réglé et voici le tout nouveau tout beau chapitre:) Je tiens simplement à préciser que les choses entre Severus et Èva vont devenir assez intenses... avis aux âmes très sensibles! Pour les autres... enjoy!
Chapitre 8 : Le début des classes
Le Poudlard Express! Comme il lui avait manqué!
Son été n'avait pas été des plus joyeux, comme d'habitude. Mais maintenant qu'il était sur le quai, se dirigeant vers l'impressionnant train rouge, tout allait bien. Il allait retrouver sa vie, sa famille, sa maison.
Harry Potter sourit joyeusement en apercevant ses meilleurs amis. Il leur envoya la main en se dirigeant péniblement vers eux, traînant son énorme valise derrière lui.
Cependant, il perdit tout à coup l'équilibre et il s'effondra de tout son long dans le corridor bondé du wagon.
- Qu'est-ce qui t'arrive, Potter? T'as pas les moyens de t'acheter de nouvelles lunettes ajustées à ta vue? le nargua une voix traînante qu'il ne connaissait que trop bien.
- C'est gentil de le remarquer, Malfoy. Je ne savais pas que tu étais aux petits soins avec moi, maintenant! répliqua le jeune sorcier en se relevant et en offrant un sourire joyeux à son ennemi de toujours.
Pas question que cette sale fouine de Malfoy lui gâche sa première journée!
D'ailleurs, sa réplique eut l'effet escompté, car Draco resta muet. Son visage était imperturbable, mais Harry vit clairement ses yeux se troubler. Tiens, cette tactique fonctionnait? Être gentil avec lui le perturbait? Eh bien, ça aura au moins l'avantage d'être plus facile à appliquer que de toujours être sur ses gardes!
- Je vais devoir te laisser, Malfoy, on m'attend. À plus, conclut Harry en reprenant sa marche vers le compartiment où l'attendaient ses amis abasourdis.
Lorsque Ron eut fermé la porte derrière Harry, il se tourna vers ce dernier. Il avait l'air d'un poisson hors de l'eau avec sa bouche ouverte et ses yeux écarquillés.
- Qu'est-ce que tu viens de lui faire à Malfoy, là? T'as appris de nouveaux sorts ou quoi? Depuis quand il reste coi devant une de tes répliques? réussit à articuler le rouquin.
Harry ne put s'empêcher d'être pris d'un fou rire devant l'air dépité de son meilleur ami.
- Moi je sais, intervint Hermione en déposant sur ses genoux le livre qu'elle lisait.
- Éclaire-nous de tes lumières, 'Mione, dit Harry, toujours pris d'un fou rire en regardant Ron.
- Voyons, Harry, regarde-toi! Tu as mûri durant l'été. Tu n'es plus le petit garçon que nous avons connu en première année!
- J'espère bien, on rentre en sixième année! intervint Harry, ne comprenant pas où son amie voulait en venir.
- Moi je dis que tu ne laisseras pas certaines personnes indifférentes cette année, conclut Hermione en reprenant sa lecture.
- Oh! Une minute, Hermione, dit Ron en sortant de son mutisme. T'es en train de dire que Malfoy ne serait pas indifférent face à Harry?
- Tu auras au moins réussi à comprendre une chose cette année, Ron, répliqua moqueusement Hermione.
Alors que le rouquin allait répliquer quelque chose, la porte de leur compartiment s'ouvrit brusquement.
- Vous n'auriez pas vu mon crapaud? Si je le perds, ma grand-mère va me tuer!
- Ah! Neville, tu es désespérant parfois, répliqua Hermione en se levant pour aider son ami à retrouver son animal de compagnie.
Luna Lovegood en profita pour entrer distraitement dans le wagon, le nez plongé dans un exemplaire du Chicaneur. Elle prit place près de la fenêtre, ne semblant pas remarquer la présence de qui que ce soit.
Harry sourit en se calant confortablement dans son siège. Oui, ça lui avait manqué. Toute cette effervescence, ses amis et leurs lubies.
- Tu ne penses tout de même pas que 'Mione a raison, hein? chuchota Ron à son oreille en prenant place à ses côtés.
Un sourire espiègle étira les lèvres d'Harry.
- On a tous changé cet été, Ron. Je suis sûr que tu vas faire un malheur cette année! Et regarde Hermione, elle est radieuse! Même Luna semble métamorphosée, répondit le brun.
Ron lança un regard à la jeune femme lunatique. Puis il secoua la tête et lança un regard de reproches à son meilleur ami.
- Tu sais parfaitement de quoi je voulais parler, Harry!
Le brun éclata d'un rire franc. Il était parfois si facile de mener Ron en bateau. Il lui ébouriffa les cheveux. Le rouquin s'éloigna d'Harry avec un air faussement renfrogné pour ne pas revivre une autre séance de torture capillaire. Dès qu'il fut hors de portée, il replaça rapidement ses cheveux du mieux qu'il put.
Harry sourit et fixa le paysage qui défilait au-dehors.
S'il croyait que Malfoy était attiré d'une quelconque façon par lui? Non, ça n'avait aucun bon sens. Mais depuis Hermione disait-elle des choses qui n'avaient pas de sens? Hum… peut-être, finalement, mais ce serait très, très surprenant, conclut le brun.
- Neville, on devrait fabriquer une laisse à ton crapaud, termina la brunette en pénétrant dans leur compartiment.
- Ouais, peut-être, lui répondit son ami avec une mine déconfite en regardant son animal qu'il tenait fermement entre ses mains.
- Ou on pourrait lui couper les pattes! dit le rouquin.
- Ron! répliqua Hermione avec un air scandalisé.
Harry et Ron se mirent à rire devant l'air apeuré de Neville et la mine fâchée de leur amie qui avait mis ses poings sur ses hanches pour tenter de se donner un peu de contenance.
- C'était… une… une blague, articula difficilement le rouquin entre deux éclats de rire.
- Qui a-t-il de si drôle? demanda Luna en émergeant de son monde.
Ce qui eut le don de provoquer un nouvel éclat rire chez les deux amis.
Hermione roula des yeux en secouant la tête.
- Bon, enfiler vos robes maintenant! Ron, vient avec moi, nous devons allés à notre réunion de préfets! les coupa la jeune femme.
Le susnommé Ron cessa net de rire et émit un léger grognement avant d'attraper une de ses robes et de la mettre par-dessus son habit.
Hermione était déjà prête et l'attendait en tapant du pied à l'extérieur du compartiment.
- Tu veux bien te dépêcher, Ron, on va être en retard!
- C'est bon, du calme, 'Mione!
- Bon courage, lui dit Harry avec un clin d'œil.
- Ouais! À tout à l'heure.
Harry soupira d'aise lorsque Hermione eut refermé la porte.
Cependant, son calme ne dura pas bien longtemps, car Neville lui demanda comment s'étaient passées ses vacances.
Ils discutèrent ainsi de leurs vacances, de Quidditch, de l'année à venir, de l'affreux professeur Rogue et, finalement, de leurs projets pour leur avenir.
Harry ne savait pas trop quoi faire. Il n'avait jamais pensé à un autre travail que celui d'Auror. Et ça lui convenait parfaitement. Neville, quant à lui, disait qu'il aimerait bien prendre la place du professeur Chourave, un jour. Harry se dit que c'était un emploi presque parfait pour lui, il faudrait simplement qu'il réussisse à vaincre sa timidité.
Ils durent cependant couper court à leur discussion, car le train arrivait enfin à Pré-Au-Lard.
C'est dans un énervement généralisé que le groupe réussit tant bien que mal à se diriger vers une calèche tirée par des Sombrals, non sans avoir de nouveau perdu le crapaud de Neville et même Luna, qui suivait sans regarder où elle allait.
Ils finirent par monter dans la calèche, tous les cinq au complet, crapaud compris.
Ils saluèrent Hagrid au passage. Le demi-géant dirigeait les premières années vers les barques. Ils ne purent s'empêcher d'être nostalgiques et de se raconter leurs premiers souvenirs de Poudlard.
C'est donc dans une hilarité générale qu'ils arrivèrent finalement à leur table dans la Grande Salle. Il faut dire qu'entendre des anecdotes venant de Luna, c'était quelque chose!
Harry était parfaitement heureux à cet instant, chez lui, entouré de ses amis. Il immortalisa ce souvenir dans sa mémoire, un sourire figé sur ses lèvres.
- Hey, regardez! dit soudainement Luna.
Ils regardèrent tous en direction de la porte et virent ce que leur amie pointait. Il y avait une jeune femme brune qui leur était totalement inconnue. Elle semblait paralysée sur place. Elle ne s'attendait apparemment pas à trouver tous les élèves dans la salle à manger, vu son air ahuri. Elle finit cependant par cligner plusieurs des yeux et tourna rapidement les talons. Elle disparut aussi soudainement qu'elle était arrivée.
- Hum… et regardez à la table des professeurs. Rogue n'a pas l'air enchanté! continua Hermione.
En effet, ils purent constater que le professeur de potions semblait à cran. Tout son corps semblait tendu. Près de lui, Remus le fixait étrangement.
- Une nouvelle enquête? demanda joyeusement Neville.
- Pourquoi pas! acquiesça Harry.
- Génial! renchérit Ron.
- Les garçons… on ne doit pas encore s'attirer des ennuis, vous le savez! les réprimanda Hermione.
- Elle n'était pas cachée dans une salle secrète gardée par un quelconque monstre, n'est-ce pas? demanda Harry.
- Non… répondit Hermione à contrecoeur, sachant exactement où son ami voulait en venir.
- Et elle n'est pas recherchée par Azkaban non plus? renchérit Ron.
- C'est bon, j'ai compris! céda-t-elle.
- Alors, la question est réglée, se réjouit Neville.
- Chut! coupa Luna en pointant la directrice adjointe alors qu'Hermione ouvrait à nouveau la bouche pour émettre une objection.
La Répartition eut lieu comme toujours. Chaque maison accueillant chaleureusement les nouveaux élèves venant joindre leur rang.
Suivit ensuite le traditionnel discours de Dumbledore.
- Oh et une dernière chose avant de laisser vos estomacs se rassasier, continua le vieux directeur avec un sourire amusé face aux mines impatientes des élèves. Madame Pince aura, pour un certain temps, une nouvelle assistante, miss Jenkins. Je vous demanderais de lui vouer le même respect qu'à n'importe quelle autre personne travaillant dans ce collège, demanda Albus avec un coup d'œil amusé au trio d'enfer qui en faisait voir de toutes les couleurs au concierge, monsieur Rusard. Sur ce, je vous souhaite un bon appétit!
En reprenant sa place, Dumbledore lança un regard lourd de sens à Severus, qui ne lui répondit que par un regard assassin.
Hermione, qui n'avait rien raté de cet étrange échange, fronça les sourcils. Elle fit part de ses constatations à ses amis et ils conclurent qu'ils devraient aller demander des explications à Remus ou à Hagrid.
Ils finirent néanmoins leur repas tranquillement.
Lorsque toute la nourriture eut disparu et que tous furent repus, Dumbledore invita les préfets à emmener les élèves de leur maison respective dans leur dortoir et à distribuer les horaires qui prendraient effet dès le lendemain matin.
- C'est déjà lundi, demain! rechigna Ron en traînant les pieds.
- Ça suffit, maintenant, montre donc le bon exemple! Et dépêche-toi si vous voulez faire votre petite enquête avant le couvre-feu! chuchota Hermione.
Il n'en fallut pas plus pour que Ron s'attelle à la tâche qui lui était confiée. Il fut d'ailleurs particulièrement efficace.
- Bon, on y va? demanda-t-il impatiemment alors que Harry et lui attendaient que Hermione ait fini de distribuer les horaires aux filles.
Le brun sourit, amusé. Ron ne changerait jamais!
Au même moment, leur amie descendit les marches du dortoir des filles.
- C'est pas trop tôt! Aller, vite! intima Ron.
- Du calme! Tu n'es qu'un tortionnaire, Ronald Weasley, le réprimanda gentiment Hermione.
- Merci, sourit Ron. On peut y aller maintenant?
- Et vous voulez que l'on fasse quoi à cette heure, au fait? demanda Hermione en voyant que l'heure du couvre-feu était déjà passée.
Harry déposa sa cape d'invisibilité sur lui et ses deux amis avant qu'ils ne quittent leur salle commune.
- Elle est peut-être encore à la bibliothèque, chuchota Ron.
N'ayant pas de meilleure idée, le trio prit donc la direction du lieu tant aimé d'Hermione.
Cependant, en chemin, ils virent Remus marcher dans un couloir qui leur était inconnu, les bras chargés d'un plateau rempli de victuailles.
Ils échangèrent des regards interrogateurs et, d'un commun et silencieux accord, décidèrent de suivre leur professeur et ami pour savoir à qui il apportait un tel festin.
Ce qu'ils ne virent pas, par contre, c'était le petit sourire qu'affichait Lupin. Il secoua imperceptiblement la tête. Ce n'était pas digne d'Hermione de ne pas penser au fait qu'il pouvait parfaitement sentir leur présence grâce aux aptitudes surhumaines que sa condition lui donnait.
Cependant, en tant qu'ancien Maraudeur, il pouvait parfaitement comprendre la curiosité qui poussait les trois adolescents à le suivre. C'est pourquoi il décida finalement de les laisser faire sans un mot.
Le loup-garou arriva finalement devant un tableau représentant un griffon, semblable à Buck, qui veillait patiemment, assis sur une roche plane.
- Pourriez-vous avertir Èva qu'elle a un visiteur? demanda poliment Lupin.
« Plusieurs visiteurs, en fait. », pensa-t-il avec amusement.
Le tableau finit par pivoter, dévoilant la jeune femme brune que le trio avait vue aux portes de la Grande Salle durant le banquet. Elle n'avait pas l'air très bien, ses yeux étaient rougis et ses traits tirés.
- Remus! sourit Èva. Oh, merci, c'est trop gentil! dit-elle en constatant qu'il était venu lui apporter de quoi manger.
- J'ai pensé que vous n'oseriez peut-être pas vous présenter dans la Grande Salle aujourd'hui, expliqua le lycanthrope avec un clin d'œil.
- Ne m'en parlez pas! J'ai passé la journée le nez dans les bouquins, je ne savais même pas que les élèves arrivaient aujourd'hui, alors vous…
Èva s'interrompit au milieu de sa phrase. Elle fronça les sourcils et fixa l'endroit exact où Harry, Hermione et Ron étaient cachés.
Elle avait l'impression de sentir une présence.
« Severus serait fière de moi! », pensa-t-elle sarcastiquement. « Je ne le sens même pas quand il est à deux mètres de moi et j'hallucine des gens là où il n'y en a pas! »
À moins que… y avait-il un moyen pour être invisible dans le monde de la magie?
Elle allait poser la question à Remus, lorsque ce dernier intervint :
- Au fait, Èva, je vous avais promis de vous présenter Harry lorsque les cours recommenceraient… dit-il en se tournant vers le trio.
Hermione mima un « merde! » avant de faire glisser la cape, les découvrant ainsi aux yeux de tous.
Hermione fixait le sol, les joues rosies. Ron dévisageait Èva, se demandant comment elle avait su qu'ils étaient là.
« Une autre enquête! », pensa-t-il joyeusement.
- Vous saviez que nous étions là depuis le début, constata Harry en regardant Remus.
Ils échangèrent un sourire complice.
- Cela va de soi, confirma-t-il en laissant son regard glissé vers Hermione, qui était maintenant rouge pivoine jusqu'aux oreilles.
- Ah oui? demanda Èva, en repensant à Severus et elle et à leurs aptitudes vampiriques.
Lui aurait-on caché quelque chose? Remus serait-il un vampire lui aussi pour ainsi avoir détecté la présence des trois adolescents?
- C'est une longue histoire, je vous expliquerai plus tard.
- Au fait, je suis Harry! préféra intervenir ce dernier à cause du regard suspicieux d'Èva et l'air mal à l'aise de son ami.
- Oui, le fameux Harry Potter. J'ai entendu parler de toi, dit la jeune femme.
- Ouais, un peu comme tout le monde, marmonna Harry.
- À la différence que je ne suis pas sorcière, moi, dit Èva avec un clin d'œil.
- Comment avez-vous atterri ici alors? demanda Ron.
- C'est une longue histoire que nous détaillerons plus tard, jeunes gens, car le couvre-feu est passé depuis un moment maintenant, intervint Lupin.
Hermione, qui se complaisait dans son mutisme, tenta, à ce moment précis, de se faire plus petite encore. Ce n'était pas digne d'une préfète! Et, pire, se faire surprendre par Remus! À cette pensée, la brunette se mordit la lèvre inférieure.
- 'Mione, ça va? demanda alors Ron.
Elle ne lui accorda qu'un bref regard.
- Oui, Ron. On devrait y aller, murmura-t-elle.
- Hermione, l'appela Lupin. L'interpellée n'osa même pas le regarder. J'ai déjà fait pire, Hermione, il n'y a rien là, tenta-t-il de la réconforter. Et cela restera notre secret.
- Merci, répondit Harry à sa place en jetant sa cape d'invisibilité sur leurs épaules, devant le regard ébahi d'Èva.
Alors que Remus expliquait à Èva qu'Hermione était sans doute l'élève la plus brillante de Poudlard, qu'elle était très respectueuse des règles établies et que, par le fait même, il détaillait un peu le trio d'enfer, les trois amis, de leur côté, se dépêchaient de retrouver leur dortoir, en évitant tant bien que mal miss Teigne, l'affreuse chatte du concierge.
Lorsque, finalement, ils eurent passé le portrait de la Grosse Dame et qu'ils se retrouvèrent seuls dans leur salle commune, Hermione se permit de s'effondrer dans un des canapés et se prit la tête dans les mains.
- J'ai eu l'air d'une idiote! vociféra-t-elle.
Ses deux amis vinrent l'encadrer.
- Mais non, voyons, ne dis pas de bêtises! commença Ron.
- Comme si c'était la première fois qu'on se faisait prendre, continua Harry.
- Oui, mais là, c'était par lui! répliqua Hermione, désespérée.
Le brun et le rouquin échangèrent un sourire complice. Ils connaissaient tous les deux les sentiments de leur amie pour le professeur de Défenses Contre les Forces de Mal. Cependant, Hermione n'écoutait aucun de leurs conseils pour tenter de le faire comprendre au principal intéressé. Elle était beaucoup trop timide pour le faire. Mais il fallait tout de même avouer qu'ils avaient parfois des idées bien farfelues!
- Vois le bon côté des choses, dit Ron, tu as au moins réussi à attirer son attention!
Hermione rit légèrement et se détendit, au plus grand plaisir de ses deux meilleurs amis.
- Bon, je crois que l'on devrait aller au lit, maintenant! C'est lundi demain et l'on doit être en forme, je vous rappelle que l'on a un double cours de potions, conclut la jeune sorcière.
- T'es obligée de nous le rappeler? grogna Ron.
- Ouais, surtout que son humeur avait l'air pire que d'habitude, comme tu nous l'as fait remarquer, enchaîna Harry.
- Vous n'êtes que des mauviettes, les gars, se moqua Hermione en leur tirant la langue et en s'enfuyant dans son dortoir.
Les « mauviettes » en question étaient contents d'avoir fait retrouver son sourire à la jeune femme et c'est dans un état d'esprit plutôt joyeux qu'ils allèrent se coucher à leur tour.
- Aller, Harry, deboooouuuuuuut! hurla Ron dans les oreilles du susnommé Potter, qui fit le saut de sa vie.
- Merde, Ron, t'es dingue! Je suis presque devenu sourd, maugréa-t-il en se massant l'oreille.
- T'avais juste à te réveiller quand je chuchotais doucement à ta belle et délicate oreille, rit le rouquin. Et si tu ne te dépêches pas, c'est Hermione qui va venir te les chauffer, tes oreilles! Elle est en bas et elle tape du pied depuis un bon quart d'heure! avertit Ron.
Harry se leva en marmonnant des paroles incompréhensibles et s'enferma dans la salle de bain. Au bout de dix minutes, il en sortit, prêt pour affronter leur première journée.
- Ça c'est un gentil Harry obéissant, se moqua Ron alors qu'ils descendaient les marches pour rejoindre leur salle commune.
- Fait attention, Weasley, tu ressembles de plus en plus à Malfoy, l'avertit Harry, préférant ne pas dire qu'il regretterait ses paroles, vu que le rouquin devait bien mesurer une tête de plus que lui.
Les entendant, Hermione arqua un sourcil.
- Vous voulez bien arrêter de dire des âneries vous deux et vous dépêchez un peu? Neville et Luna nous attendent déjà dans la Grande Salle!
Les deux garçons roulèrent des yeux, mais suivirent docilement leur amie, préférant ne pas prendre du retard puisqu'ils avaient potions comme premier cours de la journée!
Ils mangèrent donc rapidement tous ensemble.
- Au fait, je me demande pourquoi mademoiselle Jenkins ne vient pas manger dans la Grande Salle…, nota Harry après que le tapage fait par les hiboux fut passé.
- Elle ne semblait pas très à l'aise avec les foules, lui fit remarquer Hermione en lisant les gros titres de La Gazette du Sorcier.
Le brun haussa les épaules et se dépêcha pour finir son assiette, puisqu'il semblait être celui que tout le monde attendait.
Ils se hâtèrent ensuite de se rendre au cours qu'ils détestaient le plus au monde : les potions! Comme si supporter l'affreux professeur aux cheveux graisseux n'était pas suffisant, il fallait en plus que ce soit un cours commun avec les Serpentards!
Parlant de Serpentards, certains étaient déjà arrivés devant la porte de leur cours. Dont le seul et unique Draco Malfoy… qui fixait le légendaire Harry Potter avec un air indéchiffrable.
Ce dernier arqua un sourcil face à ce comportement plutôt inhabituel, mais, avant qu'il n'ait le temps de prononcer la moindre parole, la porte de leur classe s'ouvrit brusquement, découvrant leur détesté ou adulé professeur, qui semblait particulièrement de mauvais poil et exténué, à en croire les cernes sous ses yeux.
Rogue lança un regard sombre dénudé de toute émotion, mis à part un pur mépris, à ses élèves et tourna vivement les talons pour se rediriger vers son bureau qu'il venait à peine de quitter.
Par Merlin! Donner un cours était la dernière chose qu'il désirait pour l'instant. Il aurait préféré être à cent lieues de ce stupide château ou, mieux encore, être enfermé dans ses appartements, un délicieux verre de rhum à la main.
À cette pensée, il releva une lèvre en un grognement muet, ce qui le faisait ressembler à un loup prêt à attaquer. Il se retourna alors vers ce qui lui servait d'élèves et les regarda avec condescendance.
- Aujourd'hui, vous allez tenter de concocter une potion de votre niveau, dit-il avec dédain, fort peu convaincu qu'ils en soient capables, à quelques exceptions près. Il s'agit d'un Filtre Inhibiteur qui, comme vous le savez bien évidemment, continua-t-il avec un air mauvais en regardant ceux et celles qui avaient baissé la tête, permet d'entraver certains comportements, certaines pensées ou certains souvenirs.
Hermione lança un regard étonné à ses deux amis. Il ne s'agissait pas là d'une potion de leur niveau! Et certainement pas d'une potion qu'ils étaient censés connaître, car ses effets se rapprochaient dangereusement de ceux causés par la Magie Noire.
Elle jeta ensuite un regard aux autres élèves pour découvrir si quelqu'un semblait porter une attention particulière à cette potion. Elle fut horrifiée de découvrir que Malfoy était spécialement concentré sur ce que disait le directeur de sa maison. Il n'allait tout de même pas utiliser cette potion?
Hermione jeta un dernier regard anxieux à Harry avant de se lever elle aussi pour aller chercher les ingrédients dont Rogue avait fait apparaître la liste au tableau.
- Et que je n'entende pas un seul d'entre vous prononcer le moindre son! rugit Severus. Un silence complet s'impose pour la concentration que demande cette potion.
Ce qu'il ne s'avouait pas, par contre, c'est qu'il demandait cela pour avoir l'impression d'être seul au monde pour ainsi pouvoir porter toute son attention à maudire Èva de lui faire ressentir des émotions qu'il croyait avoir enfouies au plus profond de lui-même.
Ou peut-être était-ce lui-même qu'il voulait damner?
Rogue se gifla mentalement et se leva pour aller faire un tour entre les chaudrons fumants, histoire de se changer un peu les idées.
- Quarante points de moins pour Gryffondor, monsieur Londubat, vociféra-t-il. Les tiges de lilas ne doivent pas être coupées en lanière, mais bien broyer. Savez-vous lire? siffla-t-il en pointant le tableau.
Neville vira au rouge pivoine et marmonna de vagues excuses en se remettant au travail.
Rogue s'attarda de douloureuses minutes à observer le moindre geste que Neville osait faire, s'assurant qu'il ne faisait rien de travers. C'était cependant sans compter sur la nervosité qu'il causait chez son élève. En effet, ce dernier se trompa de nombreuses fois dans l'ordre ou la quantité des ingrédients. Sa potion finit donc inévitablement par prendre une étrange teinte brunâtre et à empester le lilas à des kilomètres à la ronde.
Rogue roula des yeux. Énervé, il fit rapidement disparaître tout le contenu du chaudron de Neville.
- Vous êtes un cas désespéré, monsieur Londubat, dit Rogue, assez fort pour que tout le monde puisse parfaitement entendre. Cinquante points de moins pour avoir été une fois de plus lamentable dans ce cours. Veuillez maintenant quitter cette classe et faites-moi le plaisir de ne revenir que quand vous serez enfin compétent!
- Ça suffit! Laissez-le en paix! C'est de votre faute aussi s'il est si nerveux!
Severus tourna un regard meurtrier vers Harry.
- Non, monsieur Potter, laissez-moi vous contredire. C'est à cause de ses parents et de leur piètre génétique que monsieur Londubat est irrécupérable, répliqua le professeur.
- Vous n'êtes qu'un vil serpent qui ne sait que cracher son venin. Vous êtes un monstre! hurla Harry. Viens, Neville, on n'a rien à apprendre d'une pourriture comme lui!
Harry attrapa le bras de son ami et l'emmena vers la porte. Cependant, ils ne purent jamais la franchir, car elle fut violemment fermée.
Un monstre… une pourriture… une pomme pourrie… Un monstre!
- Vous voulez savoir ce qu'il vous dit, le monstre, monsieur Potter?
L'interpellé se retourna, affichant un air agacé.
- Quoi? cingla le brun d'un ton impatient.
Cependant, son air provocateur le quitta à l'instant où il vit son professeur. Ses yeux étaient devenus rouge sang et une aura noire l'entourait. Il avait l'air plus que menaçant. Harry sut alors qu'il avait largement dépassé les limites.
- Il vous dit que vous ne ressortirez pas vivant de cette classe, murmura Rogue, la mâchoire serrée. Comme c'est ironique, enchaîna-t-il d'un air désinvolte, le Survivant qui va mourir…
Un sourire mauvais se peigna alors sur les lèvres de l'ancien Mangemort et il sortit sa baguette de la poche de sa robe.
Tous les élèves étaient tétanisés, complètement terrifiés par leur enseignant.
- Professeur…, intervint finalement Hermione.
- Silence! rugit Rogue avec un brusque geste de la main vers la jeune sorcière qui vola dans les airs pour durement aller se fracasser contre un mur de pierres.
Interdit, Harry regarda sa meilleure amie étendue au sol, inconsciente.
Ron se précipita vers la jeune femme et mit sa tête sur ses genoux. Il montra alors à Harry sa main ensanglantée.
Le brun entra alors dans une colère noire.
- Très bien, vous voulez jouer à ça? dit-il en sortant à son tour sa baguette. Vous allez souffrir! conclut-il.
- Pas autant que vous…, murmura son adversaire.
- STOP!
Les deux antagonistes sursautèrent lorsque Èva apparut tout à coup entre eux, un léger voile de fumée noire l'entourant.
- Ça suffit maintenant, Severus, tu as fait assez de mal, dit la brunette dont les yeux étaient tout aussi rouges que ceux de l'homme en face d'elle.
Harry se demanda une seconde si elle était vraiment venue pour les aider, surtout en constatant que son aura à elle était du même rouge que les yeux de Rogue.
- Ce n'est vraiment pas le moment, Èva. Cette colère ne t'est pas destinée, alors, pour une fois, mêle-toi de ce qui te regarde! la prévint Rogue.
- Détrompe-toi, c'est précisément contre moi que tu en as. N'est-ce pas, sale monstre? demanda-t-elle en arquant un sourcil.
La réaction de Severus fut instantanée. Il se jeta sur Èva, oubliant totalement sa baguette, cédant à son instinct animal de vampire.
Les élèves s'enfuirent le plus loin qu'ils purent des deux personnes en pleine bagarre, bagarre qui semblait d'ailleurs des plus violentes.
Comme elle l'avait fait lors de sa première transformation, Èva propulsa rudement Severus sur son bureau, situé à près de trois mètres d'eux. Le vampire releva vivement la tête et émit un grognement animal sous la douleur. Faisant fi de sa souffrance physique, il se lança à nouveau sur la jeune femme.
La colère embrumant son jugement, il ne prit même pas garde au fait que la jeune vampire l'attendait patiemment. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, Èva se donna un élan grâce à ses jambes et, appuyant ses mains sur les épaules de Severus, elle passa par-dessus sa tête. Se retrouvant ainsi derrière lui, elle lui assena un douloureux coup de genou dans les reins.
- Quoi, c'est tout ce que tu as? demanda Èva, provocatrice.
Pour toute réponse, Severus lui administra un violent coup de poing à la mâchoire, fendant ainsi la lèvre inférieure d'Èva.
Cette dernière recula de plusieurs pas, sous le choc, mais elle se ressaisit rapidement.
- Hummmm… j'aime mieux ça! dit-elle en léchant le sang qui coulait de sa blessure.
Harry se reprit tout à coup et se retourna pour ouvrir la porte. Il fallait qu'il aille chercher Dumbledore avant que quelqu'un ne soit tué! Cependant, la porte était toujours fermement close.
Severus claqua sa langue contre ses dents.
- C'est vilain, Potter, de vouloir quitter une fête à son paroxysme, dit Rogue.
- Laisse-le tranquille, répliqua Èva en se précipitant vers le vampire qui lui avait tourné le dos pour se diriger vers Harry.
Rogue, ayant prévu sa réaction, la fit basculer par-dessus son épaule. Èva s'écrasa lourdement sur un bureau où se trouvaient divers ingrédients. La table se brisa sous le choc et les quelques bouteilles contenant plusieurs liquides différents éclatèrent sous Èva, les morceaux de verre s'enfonçant douloureusement dans sa chair. Le mélange des différents composants brûla sa peau. La jeune femme cria de douleur, porta une main à ses reins, où quelques morceaux se trouvaient.
À ce hurlement déchirant, le cœur de Severus manqua un battement et il se figea un instant. Il avait sérieusement blessé Èva cette fois, il le sentait. Il s'en voulait déjà.
Mais, il n'eut pas plus de temps pour y penser, car la porte s'ouvrit brusquement, découvrant un Dumbledore furieux et un Remus très inquiet.
- Sortez, jeunes gens, ordonna le directeur.
Les élèves ne se firent pas prier. Tous quittèrent leur salle de cours le plus rapidement que leurs jambes tremblantes leur permirent.
Tous, mis à part Ron, toujours accroupi avec Hermione, et Harry, qui s'était précipité vers ses amis.
Remus alla directement s'enquérir auprès d'Èva.
- Non, ça va. Il faut s'occuper d'Hermione, dit la brunette en voyant le loup-garou s'approcher d'elle.
Dumbledore et Rogue se fixaient toujours en silence. Le vieil homme semblait profondément en colère et déçu et Severus réalisait peu à peu les répercussions de sa perte de contrôle. Au fur et à mesure qu'il en prenait conscience, son visage et son air imperturbables s'écroulaient.
- Remus, je vous laisse vous occuper des blessés, j'ai des choses à régler, dit le directeur avec un regard vers Severus.
Lupin hocha la tête et regarda les deux hommes disparaîtrent. Ça n'augurait rien de bon. Une étrange sensation de malaise envahit alors les entrailles du lycanthrope.
Il secoua néanmoins la tête : il avait des choses plus importantes à faire pour le moment!
- Harry, Ron, pensez-vous être capables de porter Hermione jusqu'à l'infirmerie?
Les deux interpellés acquiescèrent en silence.
Remus se tourna ensuite vers Èva. Il observa silencieusement son dos, tentant d'évaluer l'étendue des dégâts et de découvrir où il pourrait poser ses mains afin de pouvoir la prendre dans ses bras pour la porter jusqu'à l'infirmerie.
Il s'approcha donc d'elle. Il remit une mèche de ses cheveux derrière une de ses oreilles et la découvrit toute en sueurs.
- Prête? demanda-t-il doucement.
Pour toute réponse, la jeune femme passa son bras autour du cou de Remus et ce dernier la prit finalement. Èva grimaça en serrant les dents, refusant de laisser un autre gémissement de douleur passé ses lèvres.
Au bout de plusieurs interminables minutes, puisqu'ils ne pouvaient pas avancer rapidement à cause des blessées, ils arrivèrent finalement avec soulagement à l'infirmerie.
Madame Pomfresh était nonchalamment occupée à vérifier que son stock de potions était complet pendant qu'une autre bouillait tranquillement dans son bureau.
Lorsque, du coin de l'œil, elle aperçut des gens se diriger vers elle, elle se tourna vers eux et leur offrit un sourire chaleureux.
Cependant, son air joyeux fut rapidement remplacé par l'horreur.
- Par Merlin, qu'est-il arrivé? demanda-t-elle d'une petite voix.
- Ce serait trop long à expliquer, répondit simplement Remus.
- Par ici, enchaîna l'infirmière en montrant deux lits qui ne resteraient définitivement pas blancs encore longtemps.
Les trois hommes déposèrent leurs précieux fardeaux et madame Pomfresh s'affaira immédiatement à déterminer ce dont elle aurait besoin.
- Pensez à Hermione en premier, souffla Èva alors qu'elle était parcourue d'une sueur froide.
L'infirmière eut un petit sourire alors qu'elle observait les blessures de la jeune vampire.
- Bien. Remus, allez me chercher la fiole en forme de poire avec la potion verte. Harry, je vais avoir besoin de gazes propres. Ron, un bol d'eau froide, s'il te plaît, commanda madame Pomfresh. Et vous, continua-t-elle à l'intention d'Èva, rassurez-vous, ce n'est pas si méchant qu'il n'y paraît!
Heureux d'être utiles, les deux adolescents et leur professeur se dépêchèrent d'aller trouver ce que l'infirmière leur avait demandé.
Lorsqu'ils revinrent avec leur butin, madame Pomfresh demanda à Remus de passer un peu d'eau froide sur Èva pour faire baisser sa température. Puis, elle nettoya la blessure qu'Hermione avait à la tête, puis sollicita l'aide de Harry, puisque Ron semblait plutôt pâle à la vue du sang, pour maintenir une compresse imbibée de la potion verte sur la plaie de la jeune sorcière.
Elle demanda ensuite une autre potion à Remus avant de s'activer à retirer les morceaux de verres de la chair de la brunette, non sans plusieurs cris et divers jurons de la part de la patiente. L'infirmière déposa finalement plusieurs gazes mouillées dans une potion cicatrisante sur les maintes plaies d'Èva, ce qui eut pour effet immédiat de faire cesser la sensation de brûlure.
Finalement, après avoir fixé les bandages des deux femmes, l'infirmière changea, d'un geste rapide de baguette magique, les draps des deux lits, puisqu'ils avaient été maculés de sang et de potions durant l'opération.
- Voilà une bonne chose de faite, conclut l'infirmière en regardant son travail avec fierté. Maintenant, messiers, dehors! Ces jeunes femmes ont besoin de repos. Vous pourrez revenir demain matin, dès qu'elles seront réveillées, consentit-elle alors qu'ils allaient émettre des objections.
Face à cette condition raisonnable, ils acceptèrent finalement d'obtempérer, bien qu'aucun d'entre eux ne pensait réussir à dormir cette nuit-là.
- Je vous promets de revenir demain à la première heure, assura Remus à Èva. Reposez-vous bien.
- Merci, répondit Èva avec un sourire en fermant les yeux.
Alors que la jeune femme sombrait dans un sommeil profond, Harry et Ron, de leur côté, se dirigèrent directement dans leur salle commune où ils y trouvèrent leurs amis, avec lesquels ils discutèrent de l'incident du cours de potions durant toute la nuit, essayant de comprendre.
Remus, quant à lui, prit résolument la direction du bureau du directeur, où Dumbledore et Severus avaient entamé une discussion enflammée.
