Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.
Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!
Note de l'auteure : J'aime beaucoup la fin de se chapitre:P J'espère que vous apprécierez aussi:) Au fait, pour ceux/celles que cela intéresse, nous sommes à la moitié de la fic!
Bonne lecture!
Chapitre 11 : La solution
Le lendemain, Èva se réveilla avec un pénible mal de tête. Elle avait l'impression d'avoir la gueule de bois, sans pourtant avoir bu.
Elle se leva lentement et se dirigea vers sa salle de bain. Le reflet que le miroir lui renvoya aurait fait peur à quiconque l'aurait croisée. En effet, ses traits tirés étaient déformés par son maquillage qui avait coulé lorsqu'elle avait pleuré toutes les larmes de son corps la veille.
- Hey, je te l'avais dit ma fille que ce n'était pas sain! lui dit son reflet alors qu'elle s'aspergeait le visage d'eau froide. Quoique… à ta place, je me poserais des questions sur son étrange comportement…, continua nonchalamment sa conscience en portant tout à coup un intérêt particulier à ses ongles.
Èva sécha son visage, détacha ses cheveux et fixa son reflet. Elle n'avait pas tout à fait tort cette petite voix. Ce n'était pas le genre de Severus d'agir ainsi. Il aurait dû lui en vouloir, lui crier dessus… mais pas faire comme si de rien n'était.
La jeune femme prit une profonde inspiration avant de fermer les yeux.
Son reflet cessa alors de contempler ses ongles et sourit en voyant la jeune femme faire. Puis l'image se brouilla et le reflet inanimé d'Èva réapparut sur la surface lisse.
La brunette localisa facilement Severus. Il n'était pas loin.
Elle commençait à affiner sa recherche lorsqu'elle sentit clairement Rogue tenter de l'en empêcher.
« Je ne vous permets pas d'entrer ainsi dans mon esprit! hurla mentalement le vampire. Je vous préviens, retirez-vous immédiatement ou… »
Èva eut un sourire victorieux, puis elle disparut de sa salle de bain avec un léger « pop », ne laissant derrière elle qu'un mince filet de fumée noire.
Elle réapparut devant le lit de Severus et quitta immédiatement son esprit.
- Comme tu veux. C'est mieux comme ça? demanda-t-elle avec un sourire espiègle.
Rogue se redressa dans son lit et remonta son drap sur son torse dénudé dans un élan pudique en marmonnant un vague « sale gosse! ».
Èva fit exprès de le détailler lentement. La ligne de sa mâchoire, descendant vers sa clavicule saillante, puis vers le torse d'albâtre qu'elle avait jadis parcouru de mille et un baisers. Son exploration dut s'arrêter là, car le reste était totalement caché sous les couvertures. Èva émit un petit grognement d'insatisfaction.
- Je ne m'étais pas rendu compte à quel point ton corps m'avait manqué, murmura Èva d'une voix sensuelle.
Severus ne put réprimander un frisson qui courut le long de sa colonne vertébrale, pour se perdre quelque part au niveau de ses reins.
- Comment est… vous… vous n'êtes pas censé contrôler vos pouvoirs, réussit-il à articuler même s'il était quelque peu déstabilisé.
- Je ne les contrôle pas tous. Disons simplement que j'ai eu un excellent professeur…
Èva se mit alors à avancer vers Severus, toujours empêtré dans ses draps. Ce dernier semblait hypnotisé par le regard de la jeune femme. Ce n'est que lorsqu'elle commença à marcher à quatre pattes sur son lit qu'il reprit ses esprits.
- Stop! Vous n'avez rien à faire ici, quittez ma chambre immédiatement, petite impertinente.
- Severus, embrasse-moi…, murmura Èva.
Le visage du susnommé Severus prit d'abord un air scandalisé et dégoûté. Puis, voyant qu'Èva se rapprochait toujours, il se mit à paniquer. Il ne fallait pas qu'il la laisse prendre le dessus, il se l'était promis. Et, étrangement, il avait peur de céder à la demande de cette gamine.
- Et ce pouvoir-là, vous le contrôlez? demanda soudainement le vampire.
Èva fronça les sourcils en signe d'incompréhension, mais elle n'eut pas le temps de poser la moindre question, car Severus mit sa main face à la poitrine d'Èva et la jeune femme se retrouva propulsée dans ses appartements privés. Elle atterrit néanmoins en douceur dans un divan, mais elle n'en comprenait pas plus ce qui était arrivé.
La jeune vampire fronça les sourcils, mais sourit néanmoins. Elle avait vu le trouble de Severus, et elle l'avait senti aussi. Il avait donc beau essayer de la repousser, il ressentait toujours quelque chose pour elle.
Satisfaite, elle se décida à s'habiller. Elle choisit des vêtements simples : un indémodable jean et un t-shirt blanc avec des paillettes sur le devant. Il fallait bien donner un moment de répit à ce pauvre Severus. Quoiqu'elle se demandait si les vêtements moldus allaient un jour cesser de le troubler.
En sortant pour tenter de trouver une bibliothèque, Èva se dit que sa conscience était futée quand elle le voulait. C'était elle, après tout, qui avait compris pour Severus en premier. Il faudrait qu'elle l'écoute davantage à l'avenir.
Ayant trouvé son bonheur dans une salle aussi vaste qu'une maison, la brunette sortit une montagne de livres qu'elle désirait dévorer avant de s'installer confortablement dans un siège pour lire.
Elle absorbait toutes les informations qu'elle trouvait sur la magie, les créatures peuplant ce monde parallèle et, plus particulièrement, les informations traitant des vampires.
Quittant tout à coup son livre des yeux, Èva les braqua sur le reflet de Severus dans la porte vitrée de la bibliothèque.
- Tu sais que c'est malpoli de fixer les gens comme ça? demanda-t-elle doucement.
Son interlocuteur ne répondit pas et ne bougea pas d'un millimètre. Il restait là, appuyé sur le cadre de porte, les bras croisés, à la fixer gravement.
Èva déposa le bouquin qu'elle avait débuté sur la table près d'elle et se retourna vers Rogue en appuyant son menton sur ses mains.
- Pourquoi est-ce que tu fais ça, Severus? Pourquoi essaies-tu de faire comme s'il ne s'était rien passé? De quoi as-tu peur? demanda-t-elle de plus belle, la voix légèrement tremblante à cause de l'émotion.
Elle avait envie qu'ils retrouvent leur complicité d'avant. Mais, surtout, leur intimité.
Lorsque Rogue accepta d'ouvrir la bouche, sa voix n'était plus qu'un murmure.
- Il vous reste plusieurs choses à apprendre. Vous devez d'abord apprendre à maîtriser vos capacités physiques, autant au combat que dans la vie de tous les jours. La soif va aussi se manifester environ tous les mois et vous devrez savoir la contenir pour ne pas laisser votre côté vampirique prendre le dessus. Il semblerait que la téléportation soit maîtrisée, ce sera une chose de moins à faire, car nous avons beaucoup de travail et peu de temps.
Èva soupira. Baissant les yeux, elle consentit à remettre cette conversation à plus tard.
- La soif, ça va, je ne la contrôle pas trop mal, je dois simplement me concentrer sur autre chose quand je ressens l'envie de mordre tout ce qui bouge. La téléportation et la télépathie, tu me les as bien enseignés.
Ce fut au tour de Severus de soupirer.
- Votre petit manège commence à devenir lassant. Je vous le répète pour la dernière fois : je ne vous connais pas, je ne vous ai jamais vu avant. Sachez que cet entraînement n'était pas mon idée, mais il semblerait que je sois le seul vampire en qui Dumbledore ait assez confiance pour lui confier votre éducation, alors ne rendez pas les choses plus pénibles qu'elles ne le sont déjà. Je n'apprécie pas plus que vous le fait que vous deviez passer les vacances de Noël ici.
- Détrompe-toi, j'avais hâte de te revoir, murmura Èva, pour ne pas mettre Severus en colère.
Ce dernier roula néanmoins des yeux.
- Suivez-moi, nous allons voir vos aptitudes au combat.
Èva ne put s'empêcher de sourire en pensant à leurs quelques petites incartades. Il connaissait très bien ses capacités physiques. Elle se leva malgré tout sans broncher pour suivre Severus vers sa salle d'entraînement.
Le ténébreux maître des potions sortit une clé d'on ne savait où et ouvrit la porte de la pièce.
Èva s'apprêtait à le suivre à l'intérieur de la salle d'entraînement lorsqu'elle reçut ladite porte en pleine poire. Elle tomba au sol et se cogna durement la tête sur le plancher de pierres.
Une main sur son front et une main sur l'arrière de sa tête, Èva vit Severus réapparaître de derrière la porte, une lueur amusée brillant au fond de son regard, même si son visage restait toujours impassible.
- Les réflexes ne sont pas encore au point, je le crains…, dit-il pour toute explication.
- Nom de Dieu, Severus, si tu voulais me tuer, t'aurais dû me prévenir, j'aurais trouvé un moyen moins douloureux!
Rogue ne put empêcher un mince sourire de fleurir sur ses lèvres. Il l'effaça néanmoins rapidement et tendit une main à Èva pour l'aider à se relever.
- Non, je crois que je vais rester ici, ma tête tourne déjà assez comme ça, se plaignit la brunette qui n'avait en effet pas l'air d'aller très bien.
- Cessez de faire l'enfant et donnez-moi votre main, l'intima Severus en lui lançant un regard inquiet.
- Tortionnaire, marmonna Èva avant de saisir la main qu'il lui tendait.
Cependant, lorsqu'elle fut remise sur ses pieds, les murs se mirent à danser autour d'elle. Elle s'agrippa désespérément à Severus, comme s'il était sa bouée de sauvetage à travers le typhon qui s'était déclenché dans sa tête.
- Oooooh, mauvaise idée, gémit la brunette en appuyant sa tête sur l'épaule de Severus, tentant d'empêcher le monde de chavirer tout autour d'elle.
L'odeur de lilas de cheveux d'Èva arriva jusqu'aux narines de Rogue. Ce dernier ne put s'empêcher de se dire qu'il connaissait ce parfum. Il était doux et enivrant. Il reprit une profonde inspiration pour graver ce parfum dans sa mémoire, puisque, comme lui disait sa conscience, il devait être réaliste : il ne s'approcherait pas aussi près d'Èva si elle était dans son état normal.
« Veux-tu bien cesser de fantasmer sur mes cheveux! J'ai sans doute une commotion, moi! », dit mentalement Èva pour le ramener à l'ordre.
Mécontent de s'être laissé surprendre comme un collégien en rut, Severus éloigna brusquement Èva.
- Oh, pas si vite, par pitié, gémit la jeune vampire en posant une main sur son front.
Severus la saisit par le menton pour relever son visage, puis il souleva une de ses paupières et observa son œil. Il fit de même avec son autre œil avant de prononcer un mot.
- J'ai ce qu'il vous faut, venez.
Èva s'agrippa au bras de Severus et tenta de le suivre tant bien que mal.
- Si c'est encore une de tes potions miracles, pense à l'ail cette fois-ci! marmonna la brunette d'une voix pâteuse qui laissait clairement transparaître une pointe d'ironie.
Severus s'arrêta tout à coup et Èva émit un faible gémissement, sa tête tournant encore plus à force d'être ainsi ballottée.
« Et ça se dit maître des potions! »
Rogue semblait encore plus perdu qu'Èva.
- Quoi? dit-il sèchement.
- Quoi, quoi? répliqua Èva d'un ton exaspéré.
- Qu'avez-vous dit? demanda Severus, l'impatience transparaissant dans sa voix.
- Quoi, tu n'aimes pas que je te rappelle tes erreurs, Monsieur Parfait? rétorqua Èva avec un petit sourire espiègle.
Severus semblait bouleversé, chose qu'Èva n'arrivait pas à comprendre.
Il se remit alors en marche, tirant Èva derrière lui, car elle n'arrivait pas à suivre le rythme avec les murs qui dansaient la salsa autour d'elle.
- Cannelle, dit sèchement Rogue.
Il l'amenait donc dans sa chambre. Èva n'arrivait pas à déterminer si cela était plus encourageant que de se retrouver dans une infirmerie.
- Allongez-vous.
- Pourquoi j'ai une impression de déjà vu…, se moqua la brunette en obéissant.
Severus lui lança un regard étrange. Il semblait déstabilisé, mais en même temps sûr de lui.
- Ne vous endormez pas, ordonna-t-il en mélangeant une herbe à l'odeur forte à un liquide brunâtre.
- Alors, parle-moi, répondit Èva en fermant les yeux.
Severus s'arrêta un instant. Il semblait hésiter.
- Nous sommes-nous réellement déjà rencontrés avant? demanda-t-il dans un chuchotement en reprenant son travail.
- Quoi? Tu te moques de moi, j'espère? demanda Èva en rouvrant les yeux et en braquant son regard sur le profil de Severus.
Voyant qu'il ne répondait pas, mais qu'une barre soucieuse marquait son front, Èva conclut qu'il n'essayait pas de se payer sa tête.
- Mais qu'est-ce que Dumbledore t'a fait? rétorqua Èva en chuchotant elle aussi, car une boule dans sa gorge l'empêchait de parler et de respirer normalement.
Rogue lui lança un bref regard en fronçant les sourcils. Quelle question étrange! Comme si Albus pouvait lui faire quelque chose de mal! Il n'était pas Voldemort, tout de même!
- Severus, je t'ai connu environ deux semaines avant le début des classes à Poudlard, enchaîna Èva en le fixant avec appréhension. Tu m'as mordue, souviens-toi.
Le professeur de potions se retourna vers elle avec un regard dur.
- Buvez cela, dit-il sèchement.
Il ne la croyait pas! C'était clair, vu le regard qu'il lui avait lancé. Alors ça, c'était le comble!
Mais bien sûr, il était le grand Severus Rogue, celui qui ne perdait jamais son sang froid, voyons. Comment aurait-il pu la mordre? C'était tout simplement impensable, évidemment.
Èva s'empara rageusement du verre et but d'un coup la potion au goût sucré. Pas mauvais pour une fois.
- Maintenant, dormez. Peut-être aurez-vous retrouvé la raison demain matin, conclut le vampire avec sarcasme avant de quitter la chambre de la jeune femme.
Èva lança le verre contre le mur, tout près du tableau que Severus venait de franchir.
- Imbécile! hurla la brunette en regardant le gobelet éclaté en morceaux.
Èva enfouit son visage dans son oreiller et cria aussi fort et aussi longtemps que ses poumons le lui permirent.
En colère, elle assena ensuite une série de coups sur son lit.
Elle détestait Dumbledore. Il lui avait enlevé son Severus. Il le lui paierait!
Mais, en attendant, elle était enfermée, seule, à des kilomètres de la moindre civilisation, avec un homme à qui elle devait faire recouvrer la mémoire et au plus vite!
Èva réfléchissait à toute vitesse. Qu'est-ce qui avait bien fonctionné jusqu'à maintenant? Sans aucun doute possible, c'était de faire revivre à Severus des scènes semblables à celles qu'ils avaient vécus ensemble.
Une lueur d'espièglerie s'alluma dans le regard de la jeune vampire. Elle allait bien s'amuser!
Mais pas maintenant, conclut-elle en regardant son horloge. Comme Severus l'avait si bien dit, elle avait besoin de repos. Le monde avait peut-être cessé de tanguer, mais son crâne, lui, n'avait pas encore oublié le traitement qu'on lui avait infligé!
Le lendemain matin, Èva se leva de bonne heure et de bonne humeur. Elle ressemblait à une gamine le matin de Noël.
Elle n'avait plus de nausées, ni de mal de tête, ce qui était un bon début. Cette fois-ci, la potion de Severus avait eu le bon effet, au moins.
En allant se préparer dans la salle de bain, Èva commença à réfléchir à son plan quasi machiavélique. Dans quelle situation rocambolesque pouvait-elle mettre Severus pour qu'il se souvienne?
Peut-être comme lors de son réveil, lorsqu'ils avaient joué au chat et à la souris dans les corridors de Poudlard. Ou mieux, la nuit qu'elle avait passée dans ses appartements.
Un sourire espiègle naquit sur ses lèvres. Oh oui, décidément, elle allait s'amuser!
La jeune vampire se téléporta dans les appartements de Severus.
Bien, elle ne l'avait pas encore réveillé. Èva resta immobile quelques instants et le regarda. Il semblait presque serein… presque, car une barre soucieuse barrait toujours son front, signe que quelque chose le tracassait. La jeune femme serra la mâchoire. Qu'est-ce qui pouvait le tourmenter si ce n'était le fait que Dumbledore lui ait arraché ses souvenirs!
Préférant ne pas dériver sur ce sujet, Èva décida de passer à la phase deux de son plan. Ou, en d'autres mots, réveiller ce cher paresseux (quoique, en y réfléchissant bien, il n'était que sept heures du matin…).
Èva sauta néanmoins sans scrupules sur le lit de Severus, le réveillant en sursaut par la même occasion.
Elle évita de justesse un éclair rouge que Rogue venait de lancer de sa baguette.
- Hum, les réflexes s'améliorent au moins, grogna-t-il.
- Quoi, tu n'apprécies pas mes manières? Aurais-tu préféré simplement dormir? demanda sournoisement Èva.
Rogue braqua son regard sur elle, comme un lion l'aurait fait en repérant une gazelle. Èva soutint son regard avec un air de défi.
- Vos sous-entendus commencent sérieusement à…
- Ah! Alors, tu concèdes qu'il y a un sens premier qui t'est familier, le coupa Èva, affichant clairement un air victorieux.
Severus grogna un « sale gosse » en se dépêtrant de ses couvertures.
Èva constata que cette fois-ci, il portait aussi un t-shirt. Il avait prévu le coup. Il savait qu'elle allait revenir dans sa chambre. Ou peut-être l'espérait-il simplement.
Rogue la fixait étrangement lorsqu'il se releva et passa près d'elle.
Contre toute attente, lorsque Rogue fut à côté d'elle, il la poussa sur son lit. Il la plaqua ensuite au matelas en se mettant à califourchon sur elle.
Le cœur d'Èva s'emballa et sa respiration devint irrégulière. Elle ne pouvait pas bouger, car Severus maintenait ses bras au-dessus de sa tête.
Mais, lorsque Severus se pencha pour approcher ses lèvres des siennes, Èva n'aurait pas voulu être ailleurs, même pour tout l'or du monde.
La jeune femme se permit de fermer les yeux seulement lorsqu'elle sentit les lèvres de Severus frôler les siennes. Èva releva un peu la tête pour pouvoir se coller à l'homme qu'elle aimait, malgré tous les obstacles et son caractère irritable.
Severus consentit alors à l'embrasser. D'abord d'un chaste baiser, mais rapidement ils y prirent goût tous les deux et leur baiser devint passionné.
Èva retrouvait les sensations qui l'emmenaient toujours plus loin dans un délicieux tourbillon de perceptions plus agréables les unes que les autres.
Rapidement, Severus relâcha ses poignets et Èva put emprisonner son cou et enfouir une main dans les longs cheveux de jais du ténébreux maître des potions.
Une des mains de Severus descendit le long du corps de la jeune femme, frôlant un de ses seins, elle passa ensuite sur une de ses fesses, pour terminer sa course sur sa cuisse.
Èva s'éloigna légèrement de Severus pour prendre une goulée d'air. Son souffle saccadé en disait long sur la décharge d'adrénaline qui parcourait son corps tout entier.
Croisant le regard embrumé de Rogue, Èva y lut le même désir qui la dévorait.
D'un accord muet, Severus permit à la jeune femme d'aller plus loin. Ne se faisant pas prier, Èva retira le t-shirt du vampire et passa lentement ses mains sur son torse de porcelaine. Il n'avait pas changé; toujours aussi pâle, toujours aussi finement ciselé.
Renversant Severus sous elle, la brunette se mit à embrasser, à lécher et à mordiller chaque parcelle de peau qu'elle pouvait atteindre.
Elle s'arrêta néanmoins à l'endroit exact où le pantalon de Severus commençait. Elle souffla sur son ventre, ce qui fit frissonner Severus.
Voyant qu'elle s'était arrêtée, Rogue grogna et se releva sur ses coudes.
- Et c'est moi qu'on traite de tortionnaire? demanda-t-il.
Èva sourit et remonta s'emparer de ses lèvres pour se faire pardonner.
Lorsqu'ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, Severus murmura :
- Mais tu restes toujours une sale gosse.
- Ah oui? demanda Èva avec un air faussement innocent.
Elle s'assit alors à califourchon sur Severus et ondula doucement des hanches sur l'érection du vampire.
Pour s'empêcher de crier, Rogue mordit doucement l'épaule dénudée d'Èva, mais laissa tout de même échapper un râle rauque.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant, Severus, me mordre? demanda la brunette, sachant très bien qu'elle lui avait déjà lancé cette réplique cinglante au visage.
Severus la fixa avec une intensité nouvelle.
- Tu me rends fou, Èva, murmura-t-il.
Les deux vampires étaient maintenant électrisés. Ayant besoin de plus, ils joignirent à nouveau leurs lèvres pour échanger un baiser bestial qu'ils interrompirent pour un court moment, seulement le temps que Severus retire le t-shirt d'Èva.
Rogue posa ses mains sur les fesses d'Èva pour la caler sur ses hanches, lui faisant clairement sentir son érection ayant besoin d'être satisfaite. Puis, ses mains remontèrent pour détacher le soutien-gorge de la jeune femme.
Cependant, il s'arrêta tout à coup à mi-chemin.
Èva fronça les sourcils en lui lançant un regard mi-courroucé, mi-interrogateur. Il n'allait tout de même pas la planter là? Peut-être avait-elle réveillé d'autres souvenirs et qu'il voulait se venger de la fois où elle l'avait laissé insatisfait dans sa chambre avant d'aller s'enfuir dans la Grande Salle pour manger tranquillement, fière de son coup.
La jeune femme réalisa alors que Severus ne cessait de passer sa main dans son dos. Ce n'était pas une caresse sensuelle ou tendre… non… il cherchait, il essayait de… se rappeler!
- Tourne-toi, ordonna-t-il.
- Non.
Rogue lui lança un regard sans équivoque.
- Severus, s'il te plaît, non, dit Èva d'une voix suppliante. Laissons le passé où il est, ok?
N'en faisant qu'à sa tête, le vampire poussa fermement Èva à côté de lui, sur le lit. Il se pencha ensuite et passa ses doigts sur les cicatrices qui marquaient toujours le dos de la jeune femme.
Il se figea tout à coup, arrêtant son geste.
Il se souvenait.
Leur dispute. Sa perte de contrôle dans le cours de potions des sixièmes années de Gryffondor et de Serpentard. La bataille avec Èva dans la classe. La blessure qu'il lui avait faite. Sa discussion avec Dumbledore. Leur décision. La potion Inhibitrice. Le processus difficile d'oubli.
D'un bond, Rogue sortit du lit et s'éloigna de plusieurs pas.
Èva, qui avait vu les souvenirs de Severus en même temps que lui à cause de leur lien mental, sentit les larmes lui monter aux yeux.
- Tu m'as volontairement rayée de ta mémoire?! demanda-t-elle, incrédule.
Severus ne répondit pas tout de suite. La tête baissée, ses yeux passaient sans cesse d'un point invisible à un autre. Il essayait visiblement de rassembler ses idées et de les ordonner.
- C'était pour ton bien. J'ai complètement dérapé, je devais faire quelque chose, finit-il par expliquer.
- Tu m'as abandonnée, dit Èva dans un souffle.
- Pas du tout. Notre plan était parfait. Je faisais ton apprentissage, mais sans perdre le contrôle de mon côté vampirique.
- Tu as pensé à moi dans ton plan si merveilleux? J'ai besoin de toi, Severus.
- Èva, j'ai blessé une de mes élèves et seul Merlin sait ce que j'aurais pu faire à Potter!
- Tu ne veux vraiment rien comprendre, hein? Espèce d'idiot, conclut Èva en refoulant un sanglot.
La jeune femme prit son t-shirt et le remit avant de se lever et de se diriger vers la porte.
Rogue la retint par le bras juste avant qu'elle ne passe le tableau.
- Ne t'en va pas comme ça, Èva, explique-toi.
La brunette était incapable de dire s'il s'agissait d'un ordre ou d'une supplication.
- Tu n'entends donc pas ce que je dis, répliqua la jeune femme en libérant rageusement son bras.
Les larmes coulaient librement sur son visage, lui brouillant la vue, ce qui n'était peut-être pas une mauvaise chose en fin de compte, car elle se sentait incapable d'affronter le regard de Severus à cet instant.
- Je t'aime Severus et toi, tout ce que tu veux, c'est m'oublier! expliqua Èva avant de s'enfuir.
Ne sachant quelle direction prendre puisqu'elle n'était jamais venue dans les quartiers de Severus sans se téléporter, Èva tourna au hasard et courut vers ce qu'elle espérait être une porte menant à l'extérieur.
Elle avait besoin de s'échapper, d'éviter toute cette douleur, de fuir la réalité et, accessoirement, de prendre une profonde inspiration pour se calmer et oxygéner son cerveau qui semblait avoir enclenché le mode d'urgence qui consistait à mettre tout le système à « off ».
Ses larmes l'empêchant toujours de voir clair, Èva ne distinguait même pas les décors autour d'elle… et les obstacles encore moins! Elle percuta alors un objet de plein fouet.
- Eh, ma jolie, ça va? demanda une voix charmeuse teintée d'une pointe d'inquiétude.
Donc, l'objet n'en était pas un, il s'agissait en fait d'une personne. Mais cette personne n'était pas Severus, ce n'était pas sa voix et, de toute façon, il ne l'aurait certainement pas appelé « ma jolie ».
Mais qui cela pouvait-il bien être? Dumbledore lui avait dit que la cheminée serait condamnée après son passage. Severus habitait-il avec quelqu'un d'autre? Ou le vieux directeur avait-il réactivé la cheminée à cause d'un problème urgent?
Èva se calma peu à peu. Son cerveau avait repris du service et les larmes avaient cessé de couler. Elle reprenait lentement, mais sûrement, le chemin du « self-control».
- Voilà, ça va mieux? demanda l'inconnu en essuyant ses joues mouillées.
La jeune femme ne put que lui offrir un pâle sourire, sa gorge étant toujours nouée par l'émotion.
De toute façon, Èva n'était pas sûre qu'elle aurait pu faire confiance à ses cordes vocales. L'homme mystère en face d'elle était diablement beau. Tout en lui faisait penser à un Don Juan. De sa posture confiante à son sourire charmeur, en passant par cette petite flamme qui brillait au fond de son regard.
Èva s'empourpra tout à coup en réalisant qu'elle était toujours dans les bras musclés et apaisants de ce bel inconnu.
Elle se dégagea alors doucement en toussotant. L'inconnu aux yeux saphir émit un léger rire, doux et joyeux à la fois, face à son comportement. Èva ne put que fixer ses pieds, gênée. Elle réalisa alors avec horreur que ses vêtements étaient tout froissés et elle n'osait même pas imaginer l'état de ses cheveux. Qu'est-ce que ce mystérieux jeune homme allait-il pouvoir supposer!
Mais, d'abord, qui était-il? Elle allait lui poser la question, lorsqu'elle le vit ouvrir la bouche pour prendre la parole.
Cependant, ce n'était pas elle qu'il regardait.
- Servillus, tu ne sais toujours pas t'y prendre avec les jolies filles à ce que je vois!
Alors, Monsieur Mystère est...?
Fin du concours: au prochain chapitre:P
