Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!

Note de l'auteure : On dirait bien que le vendredi n'est pas ma journée! lol Mais cette fois-ci j'ai une bonne excuse: Nicolas Cage avec les cheveux noirs (voir Ghost Rider)!! Comment ça ça compte pas? Allez le voir, vous m'en reparlerai:P

J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre... ça commence à ne pas être jojo!


Chapitre 14 : Le piège

Voler.

Voilà sans doute la chose la plus merveilleuse jamais inventée.

Èva planait dans tous les sens du terme. Jamais elle n'avait ressenti un tel sentiment de perfection et de pure joie.

Elle devait tout de même avouer qu'elle avait craint quelques secondes d'être incapable de se métamorphoser en chauve-souris et de véritablement être prise au piège.

Mais à ce moment, tout allait merveilleusement bien. La vampire se permit même quelques loopings avant de s'engouffrer dans la première fenêtre qu'elle trouva ouverte.

Sa vue s'ajusta à la pénombre à l'instant même où elle reprit forme humaine.

Atterrissant toute en douceur au centre de la pièce, elle mit immédiatement ses sens en alerte. Elle ne devait pas se faire prendre à nouveau comme une débutante.

L'effet de surprise n'était plus de son côté maintenant. D'ailleurs, l'avait-il jamais été? La jeune femme grogna de frustration.

Èva se força au calme. Elle devait impérativement retrouver Severus maintenant qu'elle était officiellement découverte. Chaque seconde comptait à partir de cet instant.

Elle tenta une approche par le lien mental, mais ne perçut qu'une vague présence. Pourquoi fallait-il que les méchants pensent toujours à tout?

« Aller ma fille, sois plus maligne que lui », s'ordonna-t-elle mentalement.

La jeune femme sourit. Elle allait utiliser son odorat. Le parfum suave de Severus était inoubliable. Enivrant et exaltant, il lui était tout à fait caractéristique.

Faisant appel à toutes ses capacités, Èva commença à renifler l'air. Elle ressemblait à un Berger Allemand pistant un fugitif.

Et elle se sentait prête à mordre au moindre problème.

Ses pupilles se rétrécirent tout à coup. Elle avait cru détecter une molécule du parfum recherché.

Craignant de manquer de temps, la jeune vampire se lança à corps perdu vers la lueur d'espoir qui s'était allumée dans son esprit.

Après de nombreux arrêts pour retrouver la trace de l'odeur et d'innombrables bifurcations, Èva rencontra une porte fermée à double tour.

Pas question qu'une vulgaire porte l'empêche d'atteindre son but.

Elle n'était peut-être pas sorcière, mais elle avait de nombreux autres avantages.

La jeune femme ferma les yeux et concentra toute son attention sur son corps. Elle inspira et expira profondément à plusieurs reprises. Lorsqu'elle eut conscience de chaque particule qui composait son être, elle commença à les visualiser aussi exempts de forme que du gaz. D'abord, les pieds, puis elle remonta lentement le long de ses jambes. Suivirent ensuite la taille, les bras et, finalement, les épaules et la tête.

Le corps entier de la vampire devint alors une masse indistincte de fumée noire.

Lentement, Èva se concentra pour diriger chaque molécule de son corps sous l'interstice de la porte.

Lorsqu'elle fut entièrement passée, elle canalisa toutes ses pensées sur un seul but : re-matérialiser son être.

Après de nombreuses secondes d'angoisse, la jeune femme ouvrit un œil incertain et craintif.

- OUI!! J'ai réussi, cria-t-elle en contemplant ses mains. Severus, rassure-moi, je suis bien entière? demanda-t-elle d'une voix inquiète à son bien-aimé qui était ligoté au mur opposé.

- Euh… oui, répondit ce dernier, incrédule. Mais pourquoi ne t'es-tu pas simplement téléporté?

Èva haussa les épaules.

- C'est beaucoup plus amusant comme ça, expliqua-t-elle d'un ton de gamine pourrie gâtée.

Severus roula des yeux.

- Détache-moi vite, ordonna-t-il.

La vampire sourit. Elle était soulagée et heureuse d'avoir retrouvé l'homme qu'elle aimait.

- Tu n'as même pas une égratignure! constata-t-elle en dénouant les liens qui le retenaient prisonnier.

- J'ai eu droit à plusieurs potions Cicatrisante. Tu sais que tu m'as manqué toi…, dit-il avant de plaquer la jeune femme au mur de pierres auquel il était attaché à peine quelques secondes plus tôt.

Severus embrassa alors passionnément la jeune femme, sans aucune retenue. Èva ne se fit pas prier pour y répondre; Severus lui avait tant manqué aussi.

Le ténébreux maître des potions déposa alors ses mains autour des hanches de la vampire et l'attira à lui dans une prise possessive.

À bout de souffle, Ève repoussa doucement le sorcier.

- Doucement beau brun, j'ai encore besoin d'énergie pour te sortir d'ici, dit-elle avec un sourire dans la voix.

- Plus tard, souffla l'homme enfiévré par le plaisir.

À ce moment, la jeune femme croisa son regard et y décerna une étrange lueur. Elle ressemblait étonnamment à celle de fascination maladive qu'elle avait vue dans les yeux de Lucius Malfoy.

Mais Severus ne la laissa pas réfléchir plus longtemps, car il emprisonna de nouveau ses lèvres. Il mit ses mains sur les fesses d'Èva, la souleva et la plaqua de nouveau au mur. Instinctivement, la jeune femme passa ses jambes autour de la taille de Rogue.

- Severus…, commença-t-elle.

- Tu sais que tu es magnifique sous ta forme vampirique, la coupa Rogue en s'attaquant à son cou.

- Severus…, tenta de nouveau Èva, le souffle court.

- Huuuum? répondit l'interpellé alors qu'il continuait toujours son exploration.

- Je t'en prie… ce… ce n'est vraiment pas le moment… ni le lieu, réussit-elle à articuler.

- En effet, tonna une voix plus froide que la Sibérie.

Severus s'écarta alors brusquement d'Èva et s'agenouilla devant Voldemort en personne.

La jeune femme soupira et roula des yeux en prenant un meilleur appui sur le mur qui lui procurait une douce fraîcheur - ô combien nécessaire pour retrouver ses esprits.

- On n'est pas sorti de l'auberge, murmura-t-elle pour elle-même se massant le front.

- Non, ma chère, vous êtes totalement engluée dans le guêpier.

Le Lord Noir sourit à son analogie. Papillon. Guêpe. Mauvais mélange… enfin, tout dépendamment pour qui.

Le Seigneur des Ténèbres daigna finalement baisser son regard sur l'homme prosterné à ses pieds.

- Et toi, mon cher Lucius, pourrais-tu, je te prie, m'expliquer à quoi tu jouais précisément?

Èva écarquilla les yeux de surprise et d'incompréhension.

Lucius?

Non, c'était impossible. Il s'agissait de Severus!

De plus, elle avait vu Malfoy à peine quelques minutes plus tôt et il était bien… enfin, lui-même.

Était-il possible de prendre l'apparence d'une autre personne dans le monde des sorciers?

- Je… j'ai perdu la tête, Maître. C'est sans doute à cause de cette magie dont…

- Tout cela n'est que de ta faute, Lucius… seulement de ta faute, murmura le Seigneur Noir d'une voix trop doucereuse pour être rassurante. Endoloris!

Èva vit un éclair frappé Malfoy de plein fouet. Ce dernier se tordit alors de douleur. Ses hurlements étaient tellement poignants qu'ils retournèrent jusqu'à l'âme de la vampire.

- Cessez! cria cette dernière en se couvrant les oreilles, sentant les larmes lui monter aux yeux.

- Pauvre petite créature faible, dit Voldemort, un air de pur dégoût peint sur le visage.

Il prononça néanmoins le contre sort et Lucius cessa immédiatement de se débattre contre un ennemi invisible qui lui ravageait le corps et l'âme. Il se recroquevilla en position fœtale. Un filet de salive mêlé de sang s'écoulait lentement de sa bouche.

- La prochaine fois qu'il te tentera de poser la main sur mon bien, Lucius, réfléchis-y bien, menaça le Mage Noir.

- Oui, Maître, souffla le blond.

Instantanément son visage se contracta de douleur, comme si parler était une des pires souffrances qu'il n'ait jamais vécues.

Dans un élan de pitié pour l'homme étendu au sol, aussi mauvais soit-il, la jeune femme tenta de détourner l'attention du monstre de sur la loque humaine qui traînait maintenant à ses pieds.

- Je ne suis pas votre bien, je ne vous appartiens nullement, répliqua Èva d'un ton dur en toisant Voldemort du regard.

Ce dernier sourit en reportant son attention sur la jeune vampire.

- Voyez-vous cela, la petite chauve-souris joue les impertinentes. Mais, ma chère, êtes-vous certaine de ce que vous avancez?

Èva fronça les sourcils. Était-ce une phrase à double tour ou le Seigneur des Ténèbres essayait-il simplement de la déstabiliser?

- Expliquez-vous, ordonna-t-elle, ce qui ne fit qu'amuser encore plus le Lord Noir.

- Le soir où Severus vous a mordu, pensez-vous réellement que ce n'était que pour vos beaux yeux?

- Je ne comprends pas…, murmura la jeune femme.

Voldemort éclata d'un rire froid, dépourvu de joie. Un rire de mort-vivant.

- Sachez que cela fait un moment que vous faites partie de mes plans, très chère. Malheureusement, j'ai quelque peu été retardé. Vous avez sûrement dû entendre parler de ce petit incident avec Harry Potter.

Ce fut au tour d'Èva d'émettre un léger rire.

- Petit incident! Laissez-moi rire. Un gamin d'un an a vaincu le supposé plus grand Mage Noir de tous les temps! conclut-elle, une lueur moqueuse brillant au fond de son regard.

- Permettez-moi de vous reprendre : presque vaincu, rétablit Voldemort d'un ton dur. Vous avez la preuve devant vous qu'il a lamentablement échoué.

- Croyez-moi, juste avec votre face de serpent, il en a déjà largement fait! se moqua la vampire.

Èva sentit tout à coup une force invisible l'empoigner par la gorge. Elle glissa alors jusqu'au bras tendu du Lord Noir.

- Faites un peu attention à ce que vous dites, jeune fille. Je me permets de vous rappeler que vous êtes à ma merci.

La jeune femme jeta un coup d'œil à Lucius qui s'était évanoui. Elle ne désirait absolument pas subir le même sort. Elle décida donc de jouer une carte plus sûre que celle de la provocation.

- Que me réservez-vous maintenant? articula-t-elle avec peine.

Voldemort sourit et desserra légèrement sa prise autour du cou de la jeune vampire.

Il passa alors son pouce sur les lèvres rougies de la jeune femme. Il fixait sa bouche avec un air indéchiffrable qu'Èva n'aimait pas du tout.

- Je n'ai pas encore décidé. Je dois avouer que vous m'avez déstabilisé lorsque je vous ai vu tout à l'heure dans le couloir. Je ne pensais pas que la magie qui coule dans vos veines était si puissante. Ce qui n'est pas pour me déplaire, conclut-il avec un sourire en plongeant son regard de serpent dans celui rouge sang d'Èva.

Dégoûtée, la jeune femme tenta de se libérer de l'emprise du terrible Mage Noir. Mais en vain, car ce dernier resserra sa poigne de fer autour du cou d'Èva.

La jeune femme détestait se sentir prise au piège. Le chasseur n'appréciait pas de devenir une proie. Elle décida donc de tenter une diversion.

- Qu'avez-vous fait de Severus?

Cette question engendra une nouvelle hilarité chez Voldemort.

- Qu'en avons-nous à faire de ce traître? demanda-t-il, provocateur.

La réaction d'Èva ne se fit pas attendre. Elle le gifla aussi fort qu'elle le pouvait.

Son geste déclencha automatiquement une fureur noire chez le Mage Noir. Il projeta la jeune vampire à l'autre bout de la pièce d'un simple geste de la main.

La tête de la jeune femme heurta brutalement le mur de pierres et elle s'évanouit avant même de toucher le sol.

Lorsqu'Èva reprit conscience, la première chose qu'elle vit fut qu'elle était encadrée de rideaux de soie rose pâle.

Elle fronça les sourcils en se demandant où elle était. Elle voulut s'asseoir, mais elle fut prise d'énormes vertiges qui n'étaient pas sans lui rappeler ceux qu'elle avait ressentis quand Severus l'avait empoisonnée par mégarde.

- Vous devriez boire ceci, décréta une voix qui lui était totalement étrangère.

Le premier réflexe de la jeune femme fut de s'éloigner au plus vite de la personne qui l'avait surprise. Cependant, ce qu'Èva ignorait encore, c'est qu'elle était dans un lit. Elle tomba alors à la renverse, toute empêtrée dans les rideaux qu'elle venait d'ailleurs de se déchirer dans un léger craquement.

Mais la brunette ne rencontra jamais le sol. Elle atterrit plutôt sur un étrange cousin…

- Ce serait gentil de vous enlever de sur ma petite personne, reprit la voix inconnue.

Réagissant au quart de tour, Èva se releva immédiatement. Elle réalisa alors qu'elle était tombée sur une dame assez potelée… dame qui était d'ailleurs recouverte d'une potion visqueuse.

Avec un air mécontent, l'étrangère se releva et jeta un sort de nettoyage à ses vêtements avant de réparer le lit à baldaquin.

- Dites donc, vous en faites des dégâts vous en peu de temps, grommela-t-elle. Heureusement pour vous, je suis prévoyante et j'ai amené d'autres fioles de potion. Tenez, buvez ça, ordonna-t-elle en tendant à Èva une fiole contenant le même liquide visqueux qui décorait la robe vert fluo de l'inconnue à peine quelques secondes plus tôt.

- Non, merci, sans façon, rétorqua la vampire, même si son crâne lui disait qu'il allait bientôt exploser.

- Oh, mais je ne vous ai pas demandé votre avis ma petite dame.

- Et comment allez-vous me forcer à la boire? demanda Èva en croisant les bras.

La dame prit un air de confidence, se pencha vers Èva et regarda à gauche et à droite avec de chuchoter :

- Vous ne voudriez pas que je prévienne le Maître pour ça, quand même.

Puis elle regarda Èva avec un air entendu en lui flaquant la fiole sous le nez.

- Et pourquoi pas? enchaîna la vampire d'un air de défi.

L'inconnue sourit face à la ténacité de la favorite de son seigneur et maître.

- Oh simplement parce qu'Il aurait sans doute une manière bien particulière de vous la faire avaler que vous n'apprécieriez sans doute pas et qu'après vous subiriez sa colère. Il déteste être contrarié, croyez-en mon expérience.

Èva hésitait. Elle ne désirait absolument pas prendre cette potion. Elle avait déjà bu assez de ces affreuses mixtures pour savoir qu'elles pouvaient avoir de nombreux effets secondaires. Peut-être cette potion devait-elle lui enlever sa migraine, mais en même temps son libre arbitre.

Voyant que la prisonnière tardait à répondre, la Mangemort se dirigea vers le miroir de la commode.

- Bien, vous l'aurez voulu, menaça-t-elle. Dire que c'était simplement pour votre bien, fit-elle semblant de murmurer que pour elle-même.

Cette dernière phrase redonna son courage à Èva. Pas question qu'elle se laisse manipuler. Qu'elle l'appelle son « Maître », cette idiote! Elle, elle ne fléchirait pas… pas même devant la douleur.

La dame rondelette marmonna quelque chose et le miroir se troubla. Le reflet de la Mangemort se dilua pour lentement laisser place à une pièce sombre.

Èva finit par distinguer un homme debout et un autre qui semblait être blessé, allongé au sol.

- Quoi! tonna la voix dure du Lord Noir en se retournant vers celle qui l'avait dérangé dans sa besogne.

La Mangemort s'agenouilla et baissa la tête.

- Maître, pardonnez-moi de vous importuner de la sorte, mais votre prisonnière refuse catégoriquement de boire la potion que vous lui avez concoctée.

Au mot « prisonnière », l'homme allongé au sol s'agita. Il releva péniblement la tête et regarda en direction de la fenêtre magique pour voir lui aussi de qui la Mangemort voulait parler.

La jeune vampire le reconnut immédiatement. Elle se précipita vers le miroir.

- Severus! cria-t-elle en tendant une main vers lui, même si elle ne pouvait pas l'atteindre.

Il était mal en point. Un de ses yeux était complètement rougi et l'autre était tout boursouflé, son nez semblait cassé et du sang s'écoulait de sa bouche. Elle voyait mal le reste de son corps, mais le simple fait qu'il était incapable de se relever en disait long sur son état.

Le Seigneur des Ténébres regarda successivement Èva et Rogue en émettant un rire sadique.

- Si tu désires qu'il reste en vie, ma belle, bois cette potion, siffla le Mage Noir.

Une sueur froide descendit le long de l'échine de la jeune femme. La familiarité de Voldemort la dégoûtait et l'idée d'ingurgiter ce mélange l'horripilait, mais elle n'avait pas le choix en ce moment.

- Promettez-moi de ne pas lui faire de mal si j'accepte.

- Non…, émit faiblement Severus. Èva, ne boit… pas… sinon tu…

- Silence, traître, ordonna Voldemort en envoyant Rogue valser plus loin, hors du champ de vision de la vampire.

- ARRÊTEZ! hurla Èva les larmes aux yeux.

- Alors obéis, rétorqua le Lord Noir avec un regard dur.

Dans un geste de frustration, la brunette arracha la fiole des mains de la Mangemort toujours agenouillée et l'avala d'un trait en prenant bien soin de ne pas quitter Voldemort des yeux.

Ce dernier sourit face à son geste de rébellion. Elle obéissait, mais en lui faisant bien comprendre que c'était simplement parce qu'il avait un avantage sur elle et, donc, que dans un autre contexte, jamais il n'aurait gagné.

- Sache que j'ai toujours l'avantage, petite chauve-souris.

Puis l'image se brouilla et Voldemort disparut.

- Vous, commença Èva d'une voix d'où transparaissait une colère contenue en se tournant vers la Mangemort, vous êtes mieux de vous assuré qu'Il ne fait plus aucun mal à Severus!

La dame se releva et ricana.

- Sinon quoi? Vous allez me mordre? Mais alors, dites-moi donc où sont vos crocs?

La jeune vampire écarquilla légèrement les yeux en comprenant ce que la grosse dame voulait insinuer.

Pour confirmer ses doutes, elle tenta de se téléporter, mais elle en fut incapable.

Dieu qu'elle détestait les potions! Voldemort lui avait enlevé ses pouvoirs vampiriques. C'était donc de cela que Severus avait voulu la prévenir. Sans ses pouvoirs, jamais elle ne pourrait le sortir de ce lieu maudit. Ils étaient tous les deux pris au piège et Voldemort pouvait bien tuer Severus quand il le désirait, sans même avoir peur de quelconques représailles de sa part.

- Voyez le bon côté, ma petite dame, enchaîna la Mangemort, vous n'avez plus mal à la tête.

Elle quitta ensuite la pièce dans un grand rire à gorge déployée.

Èva lui répondit par un hurlement de rage. Elle devait évacuer sa colère quelque part.

Elle se mit donc à dévaster la pièce qui lui servait de quartier, autant que de prison.

La vampire déchaînée lança un vase sur la porte que la Mangemort venait de franchir avant de s'attaquer au reste du mobilier. Tout y passa : les cadres représentant d'anciens Seigneurs Noirs, les statuts de serpent, le divan, le tapis angora, le lit à baldaquin et même la petite table qui passa à travers la seule fenêtre de la pièce.

Reprenant son souffle, Èva regarda les débris de tout le mobilier avec une grande satisfaction. Par Merlin, ce que c'était libérateur!

S'étant un peu calmée, la jeune femme sentit enfin la brise fraîche qui entrait par la fenêtre brisée. Une idée lui vint alors.

Elle se dirigea vers le trou béant qui avait fait place à la vitre et passa sa main à l'extérieur.

Aucune résistance. Il n'y avait donc aucun bouclier ici.

Elle regarda ensuite en bas. Tout au plus dix ou quinze mètres de hauteur.

« J'y survivrai », se dit-elle avec un petit sourire.

Alors qu'elle montait sur le rebord de la fenêtre, elle entendit un « pop ».

Elle se retourna et vit Voldemort qui évaluait les dégâts.

- J'ai eu ouï-dire que tu faisais encore des tiennes, mais j'aurais espéré que s'aurait été avec un peu plus de classe.

Ce ne fut qu'après l'avoir sermonné qu'il daigna lever le regard vers elle.

Èva avait nonchalamment pris appui sur le rebord de la fenêtre et avait croisé les bras, écoutant la tirade du Mage Noir sans la prendre en compte.

- Que faites-vous là? demanda-t-il alors.

- Oh, c'est fini? répliqua Èva comme si elle était dans la lune durant son discours. Tant mieux, je vais pouvoir vous donner le petit souvenir que je vous ai gardé.

Elle lui lança alors au visage un éclat de vitre particulièrement pointu. N'attendant pas de savoir si son projectile avait atteint son but, elle se lança dans le vide.

À cet instant précis, elle se trouva très idiote. Sans ses pouvoirs vampiriques, elle ne pouvait s'envoler ou retomber doucement sur ses jambes. Décidément, elle allait se casser quelque chose. Èva préféra donc fermer les yeux.

Mais, contre toutes attentes, elle atterrit en douceur sur le gazon. Elle se retourna vivement et vit Voldemort, le front ensanglanté, la regarder avec un air meurtrier.

Sans demander son reste, elle prit ses jambes à son cou. Si elle arrivait à quitter cette montagne maudite, elle pourrait retourner à Poudlard pour demander de l'aide. Elle sentit ce regain d'espoir lui donner un peu plus d'énergie.

Mais c'était sans compter sur la magie.

Tout à coup, les jambes de la jeune femme devinrent aussi molles que du coton et elle s'effondra au sol. Elle tenta de ramper à l'aide de ses bras, mais elle sentit alors une forte pression autour son cou.

Elle eut tout juste assez d'énergie pour se tourner et voir Voldemort arrivé vers elle à grandes enjambées en mimant l'acte de l'étrangler d'une main avant de s'évanouir par manque d'oxygène.

Il faisait froid. Tellement froid.

Èva papillonna des paupières. Elle ne voyait rien, le noir total.

Sa respiration s'accéléra, la panique s'emparait d'elle.

Était-elle devenue aveugle?

Elle regarda dans tous les sens et découvrit une fenêtre d'où transparaissait un clair de lune.

Elle poussa un soupir. C'était simplement la nuit.

La jeune femme se rallongea, soulagée d'être intacte. Elle réalisa alors qu'elle était couchée sur un sol de pierres gelées. Où était-elle donc?

Elle se rappela alors les évènements de la journée. Elle était certainement dans un donjon. Elle payait le prix de son insolence, voilà tout. Elle espérait simplement que Severus ne s'en était pas ressenti aussi.

Èva soupira de nouveau face à sa bêtise. Personne ne savait où elle était. Elle était partie en se pensant guerrière et toute puissante, et maintenant elle réalisait qu'elle n'était qu'une débutante. Elle voulait sauver Severus, mais elle avait probablement signé son arrêt de mort.

Un bruit de serrure interrompit le cours de ses pensées.

- Pas encore, maugréa-t-elle.

En ce moment, elle n'avait vraiment pas envie de se confronter à nouveau au Seigneur des Ténèbres.

En signe de résignation, elle ne prit même pas la peine de se lever lorsque la porte s'ouvrit.

Elle cligna des yeux lorsque la lumière d'une torche brûlant d'un feu magique l'éblouit.

Lorsque ses yeux s'habituèrent enfin à cette soudaine clarté, son visiteur avait déjà pénétré dans sa cellule, congédié son geôlier et refermé la porte.

- Qui êtes-vous? demanda la brunette, complètement abasourdie.

Et il y avait de quoi, car c'était un enfant qui se tenait devant elle – enfin, un adolescent devrait-elle dire – et qui, de plus, avait autant de pouvoir dans ce lieu.

- Je me nomme Drago Malfoy, énonça-t-il d'un ton neutre.

- Le fils de Lucius Malfoy, je présume, répliqua Èva d'un air dégoûté.

- Ne me jugez pas si rapidement. Je suis peut-être le fils du deuxième pire monstre de la planète, mais cela ne signifie pas que je sois de son côté.

- Bla bla bla, le nargua-t-elle. Que me voulez-vous? demanda-t-elle d'un ton las.

- Sachez que vous êtes chanceuse, car vous avez des amis bien placés.

- Expliquez-vous à la fin!

- Eh bien, Remus Lupin a jugé bon d'avertir l'Ordre du Phénix que vous aviez été assez idiote pour vous jeter dans la gueule du serpent.

La jeune vampire lui lança un regard noir qui n'ébranla même pas le masque de snobinard de ce gamin.

- Seulement, Lupin est un bon ami d'Harry Potter – qui, soit dit en passant, fait confiance à n'importe qui, même à des loups-garous – et ce cher Potter n'aime pas voir ses amis s'inquiéter. Et comme je n'aime pas voir Potter se faire du mauvais sang et vouloir se jeter tête baissée dans la bataille, j'ai décidé de prendre les choses en main.

- En résumé, l'unique descendant de Lucius Malfoy, bras droit de Voldemort en personne, veut me faire croire qu'il est venu me sauver parce qu'il a le béguin pour Harry Potter, le Sauveur du monde sorcier?

- Et accessoirement parce que Severus est mon parrain et qu'il compte beaucoup à mes yeux et apparemment aussi aux yeux d'Albus puisque ce dernier m'a confié la mission de le ramener sain et sauf, conclut le blond avec une désinvolture étonnante vu la situation.

- Foutaises.

- Écoutez, vous ne faites pas partie de ma mission première, mais j'aimerais autant satisfaire tout le monde pendant que j'y suis.

- Pourquoi? Potter ne vous satisfait plus vous lorsqu'il est trop stressé?

- Oh non, de ce côté ça va toujours bien, merci de vous en inquiéter. Mais vous savez comment sont les idiots de Gryffondors, Sev' doit vous en avoir parlé. Alors, je préfèrerais qu'il reste en vie jusqu'à ce qu'il doive éradiquer Vous-Savez-Qui de la planète.

Le blond tendit alors l'oreille vers la porte de la cellule.

- Les gardes reviennent, je vais devoir quitter. Je voulais simplement que vous sachiez que vous aviez un allié.

- Oh, attendez, je…

- Je vais vous tenir au courant. Maintenant, mordez ma main.

- Pardon?

- Faites ce que je vous dis! Je n'ai pas de crocs, moi, je ne peux pas imiter votre empreinte de dents. Dépêchez-vous!

Èva le regarda comme s'il était un dégénéré, mais elle obéit tout de même, trouvant un certain plaisir à enfin goûter du sang humain, ce que Severus l'avait toujours empêché de faire.

Le blond serra les dents plusieurs secondes avant de commencer à remuer.

- Bon ça suffit maintenant, je crois que la trace est assez apparente!

Èva relâcha son emprise avec une moue faussement désolée en léchant ses lèvres encore rougies par le sang.

Le blondinet plissa les yeux en un regard mauvais.

- Je suis sûre que vous avez aimé ça, en plus. Vous êtes violente.

- Vampire, répliqua Èva en haussant les épaules.

- Des excuses, va! Bon, je vous tiens au courant.

La jeune femme le vit se recomposer un masque avant d'ouvrir la porte de la cellule. Les deux gardes interrompirent leur conversation et se tournèrent vers Malfoy.

- Elle est farouche la petite nouvelle du Maître, dit-il en leur montrant sa main ensanglantée, faites attention si jamais Il vous demande aussi de l'interroger.

Drago lança un dernier regard à Èva avant de refermer la porte de la cellule.

Le noir et le froid l'envahirent à nouveau. Mais cette fois-ci, elle avait un réel espoir. Elle devait s'accrocher.