Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.
Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!
Note de l'auteure : Ça y est, j'ai réussi à poster à la date prévue!! Je suis fière de moi:P J'espère que vous aimerez ce nouveau chapitre!
Bonne lecture!
Chapitre 15 : L'emprisonnement
Un bruit de serrure.
« Naaaan, pas maintenant, il est trop tôt », pensa la jeune vampire toujours prisonnière du pire Mage Noir de tous les temps.
La jeune femme grogna et se retourna sur sa paillasse pour faire face au mur de pierres suintantes et ainsi continuer de faire semblant de dormir.
Néanmoins, elle sentit clairement la forte présence de quelqu'un pénétrée dans sa cellule. Elle frissonna en décelant le regard de son visiteur fixé sur elle. Toutefois, elle se fit violence pour ne pas se retourner et lancer une remarque cinglante à ce voyeur.
Èva entendit son visiteur se rapprocher de son lit, puis elle sentit le matelas faire un creux où il s'était assis. Son cœur se mit à battre la chamade, mais elle continua de parfaitement feindre le sommeil.
La brunette crut défaillir lorsque son visiteur passa ses longs doigts fins dans son épaisse chevelure.
Mais l'intrus n'arrêta pas là son exploration. Il fit ensuite glisser un de ses doigts frigorifiés le long de sa joue pour ensuite aller tracer la forme de ses lèvres.
Èva dut se retenir pour ne pas froncer les sourcils lorsqu'elle entendit son visiteur soupirer. Mais soupirer pour quoi? De désir contenu, d'aise, de frustration? La jeune femme commençait à atteindre sa limite de patience. Quand cet intrus allait-il enfin la laisser en paix?
La vampire eut sa réponse lorsqu'elle sentit la main de l'inconnu descendre le long de son cou pour se diriger vers ses seins à peine cachés dans son habit moulant de cuir. Ce salaud n'allait s'arrêter que lorsqu'il l'aurait violé!
Èva attrapa alors vivement la main glacée de son visiteur et se redressa sur son séant aussi vite que l'éclair. En moins de deux secondes, elle avait acculé son adversaire au mur en le maintenant par la gorge et elle tordait sa main baladeuse aussi fort que sa force humaine alimentée par l'adrénaline lui permettait.
Mais la jeune femme ne rencontra que le sourire satisfait du Seigneur des Ténèbres.
- Tout doux, ma belle. Si j'avais voulu te faire quelque chose, tu n'aurais même pas eu le temps de réagir.
Cette nouvelle preuve de familiarité et de supériorité du Mage Noir ne fit qu'attiser encore plus la colère d'Èva. Elle resserra son étreinte autour de la gorge de Voldemort pour lui prouver qu'il avait tort.
Mais avant qu'Èva n'ait le temps de s'en rendre compte, celui qui fut anciennement Tom Jedusor l'avait déjà plaqué à ce qui lui servait de lit et lui emprisonnait les poignets.
- Èva, quand vas-tu apprendre que j'ai toujours le dessus? demanda-t-il comme s'il s'adressait à une enfant incorrigible.
Refusant d'entrer dans son jeu de futiles paroles, la jeune femme décida plutôt d'agir. Elle se tortilla dans tous les sens pour essayer de libérer un de ses bras pour planter un doigt dans l'œil de serpent de Voldemort, ou alors une jambe pour lui assener un bon coup bien placé.
Mais cela ne déclencha qu'un rire sardonique chez le Seigneur Noir.
- Petite chauve-souris, cesse de te débattre ou je ne saurai plus me contrôler, la prévint-il.
La jeune femme constata alors avec horreur qu'elle sentait une bosse au niveau de l'entrejambe de Voldemort.
Èva ne put empêcher un « NOOOON » paniqué de passer le seuil de ses lèvres.
Le Lord Noir se pencha vers l'oreille de la jeune vampire et lui chuchota :
- Sais-tu seulement depuis combien de temps je n'ai pas désiré une femme comme je te désire toi? Il est bien trop facile de choisir n'importe laquelle de mes Mangemort, elles sont toutes à mes pieds.
- Non!! Lâchez-moi, vous n'êtes qu'un monstre. Noooon!!
Èva hurlait et se débattait comme une diablesse. L'idée que Voldemort ose la toucher de cette façon la répugnait au plus haut point. Plutôt mourir.
La jeune femme n'empêchait même plus les larmes de rage et de désespoir de couler sur ses joues. Elle ne cessait de répéter de faibles « non, pitié, non », alors que Voldemort l'observait avec un plaisir qu'il ne prenait même pas la peine de cacher alors qu'il la dominait de son corps.
C'est alors qu'il fut interrompu par une fenêtre magique qui s'ouvrit sur le mur opposé de la prison.
- Quoi! hurla le Lord Noir, absolument pas dans de bonnes dispositions pour parler à qui que ce soit.
Cependant, ce ne fut pas un de ses fidèles Mangemorts qui apparu dans la fenêtre, mais bien un Severus très amoché, mais tenant toujours sur ses jambes.
Lorsque le maître des potions prit conscience de la scène, ses yeux s'écarquillèrent comme des soucoupes.
- Severus! Aide-moi, je t'en prie, lui cria Èva en pleurant de plus belle.
- Espèce de monstre! Lâchez-la! Je vous jure que vous allez le payer, répliqua Severus, une lueur meurtrière s'étant allumée au fond de ses yeux.
Voldemort émit un petit rire. Il fixa Severus droit dans les yeux et se pencha pour lécher la peau d'Èva à partir du bas de son décolleté jusqu'à sa tempe où pulsait furieusement une veine.
Rogue lâcha un cri animal alors qu'Èva émit un sanglot refoulé, les yeux clos pour tenter de s'échapper de la réalité. Sentir la langue de serpent de Voldemort sur son corps la révulsait.
La jeune femme entendit tout à coup Severus crier à en fendre l'âme. Elle se retourna vivement vers la fenêtre pour voir qu'un Mangemort venait de lui lancer un Endoloris.
- Je m'occupe de lui, Maître, dit le serviteur d'une voix nasillarde avant que l'image ne se brouille et finisse par disparaître.
Èva fut de nouveau prise de panique et tenta à nouveau de s'échapper en répétant frénétiquement des « non, non, non ».
Le Seigneur des Ténèbres s'allongea totalement sur elle avant de glisser à son oreille :
- Doucement… calme-toi petite chauve-souris, susurra-t-il jusqu'à ce qu'elle accepte de se contrôler un peu. Tu es chanceuse que je doive régler ce petit problème, mais sache que je ne resterai pas insatisfait très longtemps.
Sur ce discours fort peu rassurant, Voldemort transplana, sans aucun doute dans la cellule de laquelle Severus avait réussi à s'échapper par un obscur moyen.
Èva se recroquevilla en position fœtale et inspira de nombreuses goulées d'air, comme si elle avait été noyée. Puis elle laissa libre cours à ses larmes jusqu'à ce que l'épuisement l'emporte.
La jeune femme se réveilla en sursaut, toute en sueur, quelques heures plus tard.
Un bruit l'avait réveillée.
Elle paniqua lorsqu'elle réalisa que cela venait de la porte de sa cellule. Èva ne pouvait rester sur place, elle courut à l'autre bout de la pièce, loin du lit, et se fit aussi petite qu'elle le put, comme si elle pouvait disparaître.
Mais ce ne fut que la petite porte qui permettait de faire passer un plateau-repas qui s'ouvrit.
Èva expira bruyamment. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle avait retenu sa respiration. Elle fixa le plateau de nombreuses minutes en attendant que les battements de son cœur se calment un peu.
« Tu l'as cherché, sale petite sotte », lui murmura sa conscience, « quelle idée aussi de se jeter volontairement dans la gueule du loup! ».
Désespérée, la jeune femme se remit à pleurer en silence.
Malfoy et ses amis n'arriveraient jamais à temps, Voldemort aurait le temps de commettre les pires horreurs à son égard avant que l'Ordre n'ait le temps de lever le moindre petit doigt.
Elle était seule… Elle devrait affronter le monstre seule.
Et bien soit, elle le ferait, même si cela devait lui coûter la vie.
Èva cessa de pleurer et se dirigea vers son repas. Elle devait prendre toutes les forces qu'elle pouvait si elle voulait défier le sorcier. Maintenant qu'elle n'avait plus ses pouvoirs vampiriques, elle était plus vulnérable et cela, ni elle ni Voldemort ne l'ignoraient.
La brunette avait dévoré son déjeuner en moins de deux minutes, mais elle ne se sentait toujours pas rassasiée. Une drôle de sensation lui noua l'estomac.
Cependant, l'arrivée d'un autre visiteur l'empêcha de se pencher plus longtemps sur cette constatation.
La porte s'ouvrit, découvrant nul autre que Voldemort en personne.
Èva se redressa de toute sa taille, prête à tout pour se défendre.
- Je suis venue te proposer un marché, souffla le Mage Noir.
- Quoi? Vous voulez rire, c'est ça? demanda Èva, totalement incrédule, mais méfiante.
- Mais non, absolument pas. Je te l'ai déjà dit Èva – ne m'écoutes-tu donc jamais! –, cela fait bien longtemps que tu fais partie de mes plans. Je désire t'avoir à mes côtés, mais je veux aussi que tu sois consentante.
À cette expression, Èva eut une sueur froide qui descendit tout le long de son échine, la faisant ainsi frissonner. Au sourire ravi de Voldemort, la jeune femme comprit que c'était sans doute la réaction qu'il désirait voir.
- Je suis persuadé que nous allons construire de grandes choses ensemble… tu es si particulière, Èva. Mais pour cela, tu ne dois pas être ici contre ton gré, je ne désire pas que tu sois ma prisonnière pour le reste de tes jours.
- Cessez de tourner autour du pot et dites-moi votre proposition que je puisse enfin vous rabattre le clapet d'un « non » retentissant.
Le Lord Noir sourit devant l'effronterie de la jeune femme, mais il ne s'en formalisa pas.
- Je te propose de relâcher Severus, mais en échange tu restes ici avec moi. Je doute que tu puisses refuser une telle proposition…
Pendant un instant, Èva resta sans voix. Bien sûr, c'était tout ce qu'elle désirait : que Severus retourne en sécurité à Poudlard. Elle était venue dans cet endroit maudit uniquement pour cela et maintenant, ça lui était offert sur un plateau d'argent.
Mais elle devait bien l'admettre, elle négociait avec le plus grand menteur du monde sorcier. Il y avait sans doute une arnaque quelque part. Elle ne pouvait pas lui faire confiance, malgré son désir de voir Severus libéré.
- Je ne sais même pas s'il est encore en vie, comment voulez-vous…, commença Èva.
- Lucius, va le chercher, hurla le Seigneur des Ténèbres en direction de la porte de la cellule.
Quelques secondes plus tard, le blond fit son entrée en maintenant Rogue par le bras pour ne pas qu'il s'effondre.
Èva se jeta sur l'homme qu'elle aimait. Elle était tellement contente d'enfin pouvoir le voir, le prendre dans ses bras et de constater qu'il était bel et bien en vie.
Elle le serra si fort qu'il se mit à toussoter, incapable d'aspirer assez d'air. La jeune femme s'en inquiéta immédiatement : Severus devait être sérieusement blessé.
Elle s'éloigna et l'épia en détail.
- Comment puis-je être sûre que c'est bien mon Severus cette fois-ci? demanda-t-elle en se souvenant amèrement de l'épisode avec Lucius, alors que ce dernier avait pris du Polynectar pour prendre l'apparence du maître des potions.
- Jenkins, vous êtes aussi suspicieuse que votre frère, souffla Rogue d'une voix d'où transperçait une fatigue sans nom.
Èva sourit. Oui, ça, c'était bien son Severus.
- Quel idiot tu fais, lui murmura-t-elle à l'oreille après l'avoir embrassé.
- Bien, les interrompit le Seigneur Noir d'une voix grinçante, il est temps pour Rogue de retrouver sa cellule.
Le cœur d'Èva se brisa à cette seule phrase. Être sans cesse séparée de Severus la tuait à petit feu.
- Je vais accepter, Severus, tu seras libéré.
- Quoi? De quoi parles-tu Èva?
Rogue semblait de nouveau aussi fringant qu'un jeune homme, comme s'il n'avait aucune blessure. Ce qu'Èva venait de lui dire lui avait donné une poussée d'adrénaline, mais cela ne le rassurait en rien. Toute entente avec Voldemort se retournait toujours contre sa victime.
- Èva, que veux-tu dire? demanda-t-il au bord de la panique.
Mais Lucius le traînait déjà vers la porte de la cellule.
- Je t'aime Severus, murmura Èva alors que son masque d'indifférence qu'elle s'était forgée pour le rassurer se craquelait et que les larmes commençaient à couler doucement le long de ses joues.
- Non, ÈVAAAAA!
Mais Severus avait déjà disparu dans le corridor.
- C'est une sage décision, ma…, débuta le Lord Noir.
La jeune femme l'interrompit en levant la main en signe d'arrêt.
- Je veux avoir la certitude qu'il est bien en sécurité. Je veux que vous me redonniez mes pouvoirs pour que je puisse me connecter à lui pour être sûre et certaine qu'il est de retour à Poudlard, et ce, en parfaite santé.
- Mais bien sûr, le recouvrement de tes dons fait partie du contrat.
- Et je refuse que vous m'enleviez mes pouvoirs à nouveau.
- Cela ne sera pas nécessaire, répondit Voldemort d'une voix doucereuse.
- Et à l'avenir, il est hors de question que vous vous approchiez de moi à moins de deux mètres, conclut Èva, le regard dur, prête à ne pas laisser un millimètre de jeu au Seigneur des Ténèbres.
Les yeux de serpent de Voldemort se rétrécirent jusqu'à n'être que deux fentes flamboyantes.
- Crois-moi, tu changeras d'idée… ou tu le regretteras.
Sur cette menace, le Mage Noir quitta, furieux, la prison de la jeune vampire.
Èva se laissa glisser le long du mur de pierres fraîches, ses jambes flageolantes ne pouvant plus la tenir debout.
Mais son répit ne fut que de courte durée, car à peine quelques minutes plus tard, la corpulente Mangemort qui lui avait servi la potion qui devait lui enlever ses pouvoirs vint pour lui donner l'antidote.
- Vous alors, vous faites vraiment de profonds ravages… et ils ne sont pas uniquement matériels. Je vous conseille de prendre garde à vos gestes et à vos paroles, petite fille.
- Je n'ai que faire de vos mises en garde, vociféra Èva avant de boire d'une gorgée la potion.
- C'est vous qui allez en subir les conséquences… moi, ce que j'en dis, c'est pour votre bien.
- Je suis assez grande pour m'occuper de moi toute seule, alors fichez-moi la paix!
- Tant pis pour vous!
Et sur un regard noir de la jeune vampire, la Mangemort quitta la cellule.
Èva réalisa alors qu'elle se sentait vraiment étrange. Elle préféra donc aller au lit.
Lorsqu'Èva se réveilla à nouveau, un autre repas l'attendait.
Elle avait une faim de loup et elle se jeta sur sa maigre pitance qui, malheureusement, ne la rassasia pas.
La jeune femme s'en inquiéta à nouveau. Était-ce parce que sa ration n'aurait même pas suffi à nourrir une demi-personne? Ou était-ce parce qu'elle avait faim d'autre chose?
La jeune femme méditait toujours sur la question lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit brusquement.
- Aller, rentre là-dedans toi! vociféra le garde en poussant un jeune homme à l'intérieur de la prison.
Èva le regarda avec des yeux ronds, surprise d'avoir maintenant un colocataire.
L'inconnu se releva péniblement et prit appui sur le mur près de la porte.
La jeune vampire profita du fait qu'il n'arrivait pas à retrouver son équilibre pour l'épier à son aise.
Il ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans, il devait bien mesurer une tête de plus qu'elle et ses cheveux étaient d'un roux couleur carotte très frappant.
Elle eut aussi le temps de remarquer qu'il avait une vilaine blessure à la tête avant que deux saphirs ne se braquent sur elle.
- Qui es-tu? demanda l'inconnu d'une voix hautaine, comme s'il s'adressait à un insecte.
- Oh, je te demande pardon, mais c'est plutôt moi qui devrais te poser cette question. Tu es chez moi je te ferais remarquer! lui répliqua froidement Èva.
Le jeune homme jeta un regard dédaigneux à la cellule.
- Si c'est ici que tu vis, je peux comprendre tes allures de putain.
Le roux était déjà durement plaqué au mur de pierre avant qu'il n'ait le temps de reprendre son souffle après son injure.
Il écarquilla les yeux comme s'il venait de voir un fantôme.
- Qu'est-ce que tu es? demanda-t-il apeuré.
En signe de réponse, Èva lui fit un étincelant sourire, dévoilant ses canines protubérantes.
L'inconnu se mit à paniquer et à la supplier de le relâcher.
La jeune femme lécha avec délectation une goutte de sang qui avait descendu le long de la tempe, puis de la joue de l'homme. Puis elle fit un pas en arrière.
- Je te déconseille fortement de me mettre en colère…, murmura-t-elle.
Le roux avala difficilement sa salive et partit se réfugier le plus loin possible de la vampire.
Èva, quant à elle, retourna se coucher et fit dos à l'étranger.
Elle ferma les yeux le plus fort qu'elle le put et se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de pleurer.
Elle paniquait.
En effet, elle avait ressenti un plaisir indicible à goûter à nouveau à du sang humain. Mais maintenant qu'elle avait recouvré ses pouvoirs vampiriques, ses sensations étaient décuplées.
Plus les minutes passaient dans un silence d'outre-tombe et plus la jeune femme était persuadée que Voldemort avait volontairement emprisonné ce rouquin avec elle. Il désirait sans doute qu'elle embrasse totalement la part d'ombre en elle.
Et sans Severus pour la guider, la jeune vampire n'était pas sûre de pouvoir résister.
Plus les jours passaient et plus Èva désespérait de voir arriver des secours.
Et plus elle flanchait devant la tentation. En effet, elle s'était même brièvement abreuvée du sang de cet insupportable rouquin. Ce Percy, comme il lui avait si souvent répété alors qu'elle le surnommait l'échalote parce qu'il était plus grand qu'elle.
Et, pour couronner le tout, elle n'avait toujours pas eu de nouvelles de Severus et de sa prétendue libération.
Èva ne tenait plus et, elle le savait, si l'Ordre n'intervenait pas dans les prochains jours, elle ne serait plus que la marionnette inanimée de Voldemort.
Alors que la vampire fixait à nouveau la jugulaire de l'antipathique Percy, ce qui avait pour effet de le rendre extrêmement nerveux, accentuant ainsi les pulsations de son artère, la porte de la cellule s'ouvrit pour la première fois depuis des lunes.
Le rouquin se précipita aux pieds du Mage Noir pour le supplier de le mettre dans une autre cellule, loin de cette folle furieuse.
Réaction qui ne fit naître qu'un vague sourire amusé sur les lèvres de Voldemort.
Ce dernier leva les yeux vers Èva qui le fixait d'un regard vide.
Le Seigneur des Ténèbres enjamba Percy et se planta devant la brunette.
- J'ai pensé que tu aimerais pouvoir avoir la réponse que tu attendais.
Une faible lueur s'alluma dans les yeux d'Èva.
- Suis-moi, ordonna simplement Voldemort.
Le roux s'éloigna de dix pas de la jeune vampire et parut soulagé lorsqu'elle traversa le seuil de la cellule.
Le Mage Noir emmena Èva dans un vaste salon aux couleurs apaisantes.
- Ici, tu peux utiliser tes pouvoirs vampiriques, expliqua Voldemort.
Èva lui lança un regard soupçonneux. Elle n'était peut-être en fin de compte que dans une bulle magique qui lui ferait sentir ce qu'elle voulait bien sentir, et non ce qui était en fait la réalité.
Mais avait-elle vraiment le choix?
Soupirant, la brunette ferma les yeux et se concentra sur le lien mental qui l'unissait à Severus.
Èva se sentait un peu rouillée depuis le temps qu'elle n'avait pas fait ça. Mais elle découvrit rapidement la présence de l'homme qu'elle aimait. Elle se focalisa un peu plus et elle réussit même à le voir assis dans un des lits de l'infirmerie de Poudlard. Il s'entêtait à refuser le médicament de madame Pomfresh.
Èva ne put s'empêcher d'émettre un petit rire rapidement étouffé par un sanglot.
La réaction de Severus fut immédiate. Il s'immobilisa et se mit à fixer un point dans le vide.
« Èva? », demanda-t-il mentalement.
« Oui, c'est moi, Severus. »
« Bon sang, Èva, tu es complètement folle? Comme vas-tu? Est-ce qu'Il t'a fait du mal? Merde, Èva, pourquoi tu as fait ça! »
La jeune femme eut un sourire désabusé face au torrent de pensées de Rogue.
« Je voulais simplement que tu sois en sécurité. »
« Ça, c'était la tâche de l'Ordre! Maintenant, tu as signé un pacte avec le diable. Tu ne sais même pas ce qu'Il te veut. Èva, tu es inconsciente!! »
La vampire soupira. Elle était lasse. Lasse de s'expliquer, lasse de se débattre, lasse de lutter.
« Écoute Severus, j'ai eu ce que je voulais le plus au monde. J'ai eu ce pour quoi je me suis foutue dans ce guêpier. Alors, maintenant laisse-moi m'occuper des conséquences de mes actes. Prend soin de toi Severus. Je t'aime. »
« Èva Jenkins, je t'interdis de… »
Mais la jeune femme ne le laissa pas finir. Elle rompit le lien. Elle avait fait son choix.
- Vous avez tenu parole, alors je respecterai aussi ma part du marché, dit-elle d'une voix monocorde au Lord.
- Je suis heureux de te voir dans de meilleures dispositions à mon égard. Seulement, je trouve que tu as l'air déprimée… désirerais-tu que je demande à Terence de t'apporter un petit remontant?
- Je m'en fiche. Je me fiche de tout. Je veux simplement dormir.
- Bien, suis-moi, je vais te montrer tes appartements.
Et comme à son arrivée au château, Èva se retrouva dans la même chambre qu'elle avait saccagée plusieurs jours plus tôt.
Voldemort lui parlait, mais elle n'entendait rien. Elle alla directement s'allonger et à peine sa tête fut elle posée sur l'oreiller, qu'elle sombra dans un sommeil sans rêves.
Èva fut réveillée par Terrence, la Mangemort grassouillette qui lui servait maintenant toutes ses potions.
- Aller, jeune fille, il faut vous lever. J'ai le petit remontant que le Maître vous a prescrit.
Mais la jeune vampire était si lasse qu'elle n'arrivait même pas à garder ses paupières ouvertes plus de deux ou trois secondes à la fois.
- Ah bon, alors si en plus il faut faire tout le travail pour vous…
La fin de la phrase de la servante se finit en borborygmes incompréhensibles.
Elle mit néanmoins son bras potelé dans le dos d'Èva, la releva un peu et lui versa le contenu de la fiole entre les lèvres.
- Vous pouvez au moins faire l'effort d'avaler, grommela-t-elle. Bien, merci. Alors, reposez-vous et le Maître viendra vous voir un peu plus tard pour savoir si la potion aura fait effet.
Èva fronça les sourcils, mais Morphée l'appelait déjà à lui.
- Petit papillon, chantonna une douce voix.
Une brise chaude lui caressa la nuque.
Elle se sentait bien. Au chaud. En sécurité.
Ici, elle n'avait plus besoin de s'inquiéter. Rien ne comptait.
Rien, sauf cette voix. Cette voix qui l'appelait inlassablement.
Une main passa dans ses cheveux, puis sur son épaule.
Elle se retourna. Elle rencontra deux prunelles félines flamboyantes.
- Qui es-tu? interrogea-t-elle d'une voix lointaine.
- Tu le sais bien, mon petit papillon.
Elle fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas.
- Qui es-tu? répéta-t-elle.
- Je suis ton protecteur.
À nouveau, elle fronça les sourcils. Avait-elle besoin d'un gardien?
- Mais bien sûr mon petit papillon. Ne te souviens-tu pas du diable qui te poursuivait?
À cette évocation, une silhouette toute de noir vêtue apparut.
Un homme. Un homme ténébreux, menaçant.
Qui s'avançait vers elle.
- Non! cria-t-elle alors qu'il était tout près, assez près pour l'atteindre.
Elle leva les bras pour tenter de se protéger.
Mais elle était déjà protégée.
Son gardien avait fait disparaître la menace d'un claquement de doigts.
Le diable noir s'était dissout en fumée.
Elle se lança dans les bras de son ange gardien.
- Merci, merci, merci…, murmurait-elle.
- Sais-tu comment tu pourrais me remercier, mon petit papillon?
- Dites-moi, dites-moi comment, implora-t-elle.
- Embrasse-moi, murmura son défenseur.
Et elle obéit.
Lentement, elle approcha ses lèvres pulpeuses de celles minces et droites de son protecteur.
Lentement, leurs bouches entrèrent en contact.
Rapidement, il la posséda totalement, l'emprisonnant dans ses bras.
Rapidement, il voulut aller plus loin.
Rapidement, il força la barrière de ses lèvres pour aller jouer avec sa langue.
Elle sentait que quelque chose n'allait pas.
C'était trop rapide, trop brusque.
Mais elle ne pouvait se refuser à son protecteur.
Extérieure à cette scène nébuleuse, Terrence souriait. Elle s'assurait que tout se déroulait comme prévu, comme son Maître le voulait.
Nonchalamment assise dans un coin des appartements d'Èva, la Mangemort observait la vampire se soumettre.
Terence regardait son Maître embrasser Èva, comme le voulait le rite pour sceller le sort.
