Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!

Note de l'auteure : Je tiens à redire que ce chapitre est classé M. Donc, si cela vous dérange, lorsque vous verrez que ça commence à devenir un peu trop embarassant à votre goût, sautez à la dernière ligne du chapitre! ;)

Enjoy!


Chapitre 16 : Perte de mémoire ou perte de contrôle?

Une drôle d'odeur. De désinfectant.

Du désinfectant?

Èva se redressa brusquement dans son lit.

Blanc. Que du blanc. Tout était blanc.

- L'infirmerie!

Elle aurait dû s'en réjouir. Mais, étrangement, elle n'en ressentait que frustration et tristesse.

Rageuse, elle repoussa les couvertures et se leva d'un bloc. Rencontrant le sol gelé, elle réalisa qu'elle ne portait qu'une chemise de nuit.

La jeune vampire grogna et se mit à la recherche du coffre contenant ses effets. Elle pensa tout à coup qu'il devait se trouver dans ses appartements et non à l'infirmerie.

« Ah non, pas question que je sorte habillée comme ça! », pensa-t-elle exaspérée.

Comme pour répondre à ses prières, Severus fit éruption dans l'infirmerie.

Èva eut un flash. Elle revit la silhouette noire et menaçante qui s'avançait vers elle.

La jeune femme cligna des yeux à plusieurs reprises. L'image de Severus s'approchant à grands pas vers elle se re-matérialisa.

Cependant, Èva n'en fut pas moins agressée que par sa vision.

- Arrête! ordonna-t-elle en faisant un pas en arrière.

- Quoi?! demanda un Severus interloqué.

Rogue s'immobilisa instantanément, mais il commença aussi à s'inquiéter pour Èva. Qu'est-ce que Voldemort lui avait fait pour qu'elle refuse qu'il s'approche d'elle?

- Je… je n'en suis pas sûre, mais… mais je préfèrerais que tu évites de me toucher, balbutia la brunette.

- Hors de question, enchaîna Severus en reprenant son pas pressé vers Èva.

La réaction de cette dernière fut immédiate. Ses instincts vampiriques reprirent le dessus et elle sauta littéralement au plafond, où elle décida de rester perchée.

Severus connaissait bien ce genre de comportement. C'était un instinct de protection très ancré dans les gènes des vampires. Comme leurs ancêtres chauves-souris, les vampires s'accrochaient en hauteur pour se sentir en sécurité.

- Èva, explique-moi ce qui t'arrive. Pourquoi as-tu peur de moi?

- Je l'ignore Severus. Je sais simplement que je ne me sens pas à l'aise.

La jeune femme se laissa retombée de l'autre côté du lit.

- Lupin avait raison… tu es sublime sous ta forme vampirique.

Severus semblait blessé qu'elle veuille être distante, mais il semblait en même temps si reconnaissant qu'elle soit saine et sauve qu'il ne voulait pas la brusquer.

Le cœur d'Èva fit un bond lorsqu'elle sentit cette décharge d'émotions.

Elle s'élança dans les bras de Severus et cacha son visage dans son cou. Rogue enfouit son visage dans ses cheveux et en respira l'odeur de lilas qui ne les quittait pas.

Cependant, son moment de bonheur fut de courte durée, car Èva brisa rapidement leur étreinte.

- Je suis désolée, Severus. Je ne comprends pas. Mais je suis persuadée à l'intérieur de moi que tu peux et que tu vas me faire du mal.

- Que t'a-t-Il fait?

La jeune femme voulut répondre, mais elle referma rapidement la bouche. Elle n'avait pas de réponses. Elle ne savait pas.

Elle ne se souvenait pas.

- Depuis combien de temps je suis ici?

- Presque une semaine maintenant.

- Combien de temps suis-je restée prisonnière de Voldemort?

Severus ne répondit pas tout de suite. Il regarda Èva, comme pour être sûr qu'elle voulait vraiment connaître la réponse.

- Pratiquement trois mois, finit-il par avouer.

La jeune femme manqua subitement d'air. Rogue voulut s'élancer vers elle, mais elle l'arrêta d'un geste de la maison. Èva s'assit sur son lit pour faire le point.

Après d'interminables minutes, elle releva les yeux vers le maître des potions.

- Severus… je ne m'en rappelle pas. Je… je me souviens des premiers jours, mais après ta libération, c'est le vide total.

Les deux vampires restèrent silencieux de nombreuses minutes, chacun réalisant la portée de cette constatation.

- Je vais chercher madame Pomfresh, conclut Severus.

Èva tenta de se calmer de son mieux pour s'empêcher de fondre dans une inutile crise de larmes. Elle se rallongea dans son lit et ferma les yeux. Elle se concentra sur sa respiration, truc infaillible de yoga qu'on lui avait appris.

La jeune femme sut que Severus était revenu avec l'infirmière dès qu'elle sentit un sentiment de malaise l'envahir.

Elle ouvrit les yeux et lança un regard suppliant à la gentille dame toute potelée qui se tenait devant elle. Comme si elle seule pouvait la sauver.

- Je vais vous faire subir toute une batterie de tests, ma petite. Avec ça, nous saurons rapidement sous quel sort vous êtes, conclut la vieille dame avec un sourire qui se voulait avenant et réconfortant.

Puis l'infirmière se tourna vers le professeur.

- Maintenant, Severus, je vous demanderais de sortir s'il vous plaît.

Èva lui en fut plus reconnaissante qu'elle n'aurait dû et Severus le sentit, car il quitta la pièce avec un regard profondément blessé.

L'infirmière commença à s'activer en silence. Elle demanda avec tout son professionnalisme à Èva de relever sa manche, de se retourner pour qu'elle puisse la palper ou de répondre à certaines questions.

Mais Èva voyait bien qu'elle se retenait de lui parler ouvertement. D'ailleurs, Pompom craqua rapidement. Cela faisait tout son charme, dut s'avouer la jeune vampire avec un sourire.

- Au moins, vous pourrez dire que vous l'aurez libéré, commença-t-elle. Et même s'il a été un patient exécrable, il a vite guéri. Mais, croyez-moi, il n'était même pas encore arrivé à l'infirmerie que la seule chose à laquelle il pensait, c'était vous.

L'infirmière tenta un regard prudent vers Èva. Cette dernière en avait les larmes aux yeux.

- Oh, Pompom, commença-t-elle en laissant les larmes coulées. J'aimerais tellement me lancer dans ses bras et y rester à jamais. Pourquoi est-ce que je me sens si bizarre? Pourquoi je ne peux pas?

Ne pouvant être un substitut à Severus, l'infirmière se contenta d'être une source de réconfort. Elle prit la jeune femme dans ses bras et la laissa exprimer son incompréhension et sa détresse.

- Je ne sais pas, ma petite. Mais je vous promets que nous allons le découvrir.

Èva ravala ses pleurs, renifla et s'éloigna de la vieille dame.

- Oui, vous avez raison, allez faire vos analyses, ça nous aidera plus que des larmes.

Après un dernier sourire échangé, l'infirmière partit s'atteler à sa tâche et Èva décida de dormir… le temps passe plus rapidement ainsi.

Èva fut réveillée par des murmures. On parlait clairement d'elle.

- Pas besoin de faire comme si je n'étais pas là, marmonna-t-elle d'une voix ensommeillée.

Severus lui tendit alors un verre d'eau. Tiens, elle n'avait pas senti sa présence. Dumbledore, quant à lui, tourna vers elle un de ces typiques regards bienveillants.

- Bien, maintenant que vous êtes avec nous, Pompom pourra vous faire part de ses découvertes.

- Ça fait si longtemps que ça que je dors?

- Trente-six heures, intervint Severus.

Décidément, ses traits étaient de plus en plus tirés et il avait l'air encore plus inquiet que lorsqu'elle l'avait vu… pratiquement deux jours plus tôt.

- Et vous savez pourquoi j'ai dormi si longtemps?

- Oui, et dans un sens, ça aura été une bonne chose, car nous avons eu le temps de concocter un antidote.

- Une autre potion? soupira Èva.

- On combat une potion par une autre potion, expliqua l'infirmière avec un air navré.

- Une autre potion? Vous voulez dire que c'est encore la faute d'une potion!

- Une potion de magie noire, se sentit obligé de rajouter Severus.

Èva lui lança un regard qui signifiait clairement que ce n'était pas une remarque contre lui.

Severus voulut ramener une mèche rebelle de la jeune femme derrière son oreille, mais il arrêta son mouvement, de peur qu'Èva ne s'éloigne de lui.

La jeune vampire avait le cœur douloureusement serré dans un étau. Elle détestait voir Severus comme cela. Être hésitant, peu de sûr de lui, ça ne lui ressemblait pas. Et tout cela était à cause d'elle.

- Je veux savoir ce qui est la cause de mon état, demanda-t-elle tout à coup.

Madame Pomfresh échangea un regard avec Dumbledore. Ce dernier hocha la tête, lui signifiant ainsi qu'elle devait tout révéler.

- Bien, Vous-Savez-Qui a utilisé une potion nommée Impératif, qui est un dérivé liquide et beaucoup plus concentré d'un des sorts impardonnables, soit l'Impérium.

- Vous voulez dire que durant les deux mois dont je ne me souviens pas, j'étais totalement sous l'emprise de Voldemort? J'étais tout bonnement son pantin qui répondait au moindre de ses ordres?

- Oui, répondit l'infirmière avec difficulté.

Èva accusa durement le choc. Qu'avait-Il réellement pu lui faire faire?

- Et il semblerait qu'il en ait profité pour chambouler vos perceptions. C'est donc pourquoi vous ne pouviez pas vous approcher du professeur Rogue, comme s'il était un ennemi.

- Mais il y a un antidote? Donc, c'est réversible? s'empressa de demander Èva.

- Oui, tout à fait.

Madame Pomfresh lui fit un énorme sourire, heureuse de lui annoncer une bonne nouvelle pour une fois.

Èva soupira de soulagement et elle lança un regard serein à Severus qui, lui, se permit seulement un petit sourire en coin.

- Mais…, continua l'infirmière à contrecœur.

- Pitié, dites-moi que c'est une nouvelle réjouissante.

- Peut-être dans d'autres circonstances…

- Madame Pomfresh, s'il vous plaît, cessez de tourner autour du pot.

- Bien… Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a profité de votre perte de… de volonté pour… enfin, pour…

- Engendrer un descendant, continua Dumbledore à sa place.

- Et Il a attendu assez longtemps avant de vous ramener vers nous pour que l'avortement soit dangereux pour vous, enchaîna l'infirmière dans un souffle.

Cette fois, Èva ne supporta pas la nouvelle. Elle s'énerva et sa respiration devint saccadée.

Severus en oublia ses bonnes résolutions, c'est-à-dire laisser Èva revenir vers lui de son plein gré, et il prit sa main dans la sienne.

La jeune femme ancra son regard perdu dans celui si stable de Rogue.

Elle aurait voulu y découvrir du réconfort, mais seulement une insistance nausée s'empara d'elle. Elle se détourna et retira sa main de celle de Severus. La jeune femme posa une main sur son ventre et tenta de reprendre son souffle.

- Pourquoi m'a-t-Il libérée? demanda-t-elle. Pourquoi ne m'a pas m'avoir gardé sous sa coupe jusqu'à ce que j'accouche?

- Nous l'ignorons, dit simplement Dumbledore.

- Mais… enfin, c'est assez singulier Èva, enchaîna l'infirmière.

- Que voulez vous dire? s'inquiéta la principale intéressée.

- Bien… les vampires ne sont pas… enfin… ils ne peuvent pas engendrer d'enfants. Techniquement, les vampires sont morts, de ce fait leur corps ne vit plus. Ils ne peuvent donc pas procréer.

- Alors comment expliquez-vous mon état?

- C'est justement pourquoi Il te voulait toi en particulier, murmura Severus.

- Explique-toi! cria Èva.

Elle comprenait mieux maintenant d'où venaient sa peur et sa haine pour Severus : le Seigneur des Ténèbres avait complètement chamboulé ses points de repère, Il avait volontairement fait en sorte qu'elle se tienne loin de Severus dans le but de protéger le bébé. Leur enfant.

À cette constatation, la jeune femme eut à nouveau un haut-le-cœur. Rogue s'en inquiéta immédiatement, mais il ne fit aucun geste. Il savait qu'Èva ne l'accepterait pas dans son état et, même s'il savait pertinemment que tout cela était de la faute de Voldemort, il ne pouvait s'empêcher de se sentir blessé.

- Le fait que tu sois devenue une vampire n'est pas un hasard Èva, continua simplement le maître des potions, comme si rien ne s'était passé avant. Le fait que ce soit moi qui t'ais mordue n'est pas non plus une coïncidence. La prophétie te concernant était tout à fait vraie, seulement, ce n'est pas moi le sorcier qui devait te kidnapper… il s'agissait de Voldemort.

- Mais pourquoi? Je ne suis personne, alors pourquoi moi!

- Tu le sais bien… cette ancienne magie qui coule dans tes veines n'est pas commune. Voldemort le savait bien. Il avait très bien retracé ta lignée et Il savait parfaitement que tu viendrais au monde si particulière. Seulement, lorsque Potter l'a affaibli, Il n'avait bien sûr pas eu le temps de mettre son plan en branle puisque tu n'avais que neuf ans à l'époque. Mais lorsqu'Il est revenu en force, tu as été dans Ses priorités. Il en a profité quand Il m'a envoyé parlementer auprès d'un groupe de vampires. Il avait des doutes sur ma loyauté à ce moment et Il savait parfaitement qu'en m'envoyant là-bas, un des vampires me mordrait. Et Il savait surtout que tu avais besoin d'un petit plus, d'un petit quelque chose de magique pour que le gène en toi se réveille. Alors quoi de mieux qu'une morsure de vampire!

- Alors tout ce temps, tu as été l'esclave de ce monstre. Tu m'as trahie volontairement!

- Je ne pouvais pas désobéir, Èva! Ma position est capitale dans cette guerre et tu le sais parfaitement!

Mais la jeune femme ne voulait rien entendre. Elle croisa les bras et se renfrogna. Severus n'abandonna pas pour autant.

- Enfin, était capitale, se reprit-il amèrement. De plus, je n'avais pas l'intention de te faire de mal au début. Mais ça aussi Il devait le savoir. La magie en toi est un véritable aimant à vampire. C'est déjà un miracle que tu ne te sois pas fait mordre bien avant! Comme nous te l'avons expliqué lorsque tu es arrivée ici, je n'ai pu me retenir à cause de cette ancienne magie. Tout était déjà joué à ce moment.

- Ça, j'en doute! Rien n'est tracé à l'avance, voulut-elle le contredire.

- Alors pourquoi la prophétie s'est-elle accomplie? Pourquoi s'accomplissent-elles toujours?

Èva n'émit qu'un vague marmonnement qui ressemblait plutôt à un grognement, ce qui fit sourire les deux autres comparses qui n'avaient pas soufflé mot depuis le début de l'explication de Rogue.

- Tu es toujours aussi butée qu'une gamine, la nargua Severus.

La gamine en question lui tira la langue, semblant ainsi lui accorder ce point.

- Alors pourquoi m'a-t-Il laissé partir? Sa stupide prophétie n'est pas tout à fait accomplie et ta couverture est grillée.

- Seulement toi pourrais répondre à cette question…

Èva leva les yeux vers la mer d'encre qu'étaient les pupilles de Severus. Puis elle porta son regard sur la fiole que tenait Madame Pomfresh.

- Quels effets exactement aura cet antidote sur moi?

- Bien, il devrait d'abord replacer les choses dans le bon ordre. Vous devriez retrouver la juste conception des choses, expliqua l'infirmière en jetant un regard au professeur de potions.

- Et ainsi te permettre de prendre une décision éclairée concernant ton avortement, enchaîna Severus.

Énorme erreur.

En effet, la jeune femme bondit hors de son lit et s'éloigna de plusieurs pas du trio.

- Je le savais! Tout ce que tu veux, c'est tuer mon enfant! cria-t-elle. Je ne te laisserai pas faire, sale déchet. Cet enfant est destiné à un brillant avenir auprès de mon amour…

Èva s'interrompit brutalement. Ses interlocuteurs étaient tout simplement médusés.

- Est-ce que je viens réellement de dire ça? demanda-t-elle plus pour elle-même.

La jeune vampire mit une main sur sa bouche et courut dans la salle de bain juxtaposée à l'infirmerie, où elle vomit tout ce qu'elle put, ce qui se résumait à de la bile puisqu'elle n'avait rien mangé depuis des heures.

Mais bien que cela ne l'aida pas physiquement, cela l'apaisa un peu mentalement. Èva se passa de l'eau froide sur le visage avant de rejoindre à nouveau le directeur, l'infirmière et Severus.

- Je veux cette potion, dit-elle simplement.

- Vous devez encore savoir une chose, dit Pompom d'une toute petite voix.

La brunette ferma les yeux et se passa la langue sur les lèvres, semblant clairement dire « pas encore une mauvaise nouvelle! ».

L'infirmière alla à nouveau chercher l'approbation du directeur avant de continuer.

- Cet antidote a de bonnes chances de vous faire recouvrer la mémoire.

Le visage d'Èva se crispa. S'il y avait bien une chose dont elle ne voulait pas se souvenir, c'était des deux derniers mois.

Elle ouvrit lentement les yeux et rencontra ceux profonds de Severus qui la fixaient sans ciller.

- Si tu refuses, je comprendrai et sache que j'accepterai de ne plus t'approcher, énonça-t-il d'une voix sans vie, froide.

Èva prit instantanément une mine déterminée et, sans quitter Rogue des yeux, elle se dirigea vers Madame Pomfresh et s'empara de l'antidote.

- Si tu te crois que je vais te laisser passer pour le martyr dans l'histoire…, dit-elle simplement avec un sourire en coin moqueur.

Puis elle but le contenu de la fiole sans un mot de plus. Pas de goût. Elle n'allait pas s'en plaindre pour une fois.

Une étrange chaleur l'envahit. Pas assez forte pour provoquer de la douleur, mais tout de même assez pour être inconfortable.

Èva crut qu'elle allait de nouveau vomir lorsqu'elle sentit une drôle de boule remonter de son estomac jusqu'au fond de sa gorge. Cependant, en fermant les yeux, ce ne fut que d'affreux souvenirs qui refirent surface.

Elle se souvenait. De tout.

Le supposé remontant du Mage Noir. Le rêve étrange. Son admiration sans bornes pour Voldemort. Le plaisir que celui-ci prenait à lui donner l'espoir qu'Il l'aimait. Leur union.

À ce moment, les jambes d'Èva flanchèrent. Elle n'eut même pas conscience que Severus l'avait déposée sur son lit, ses souvenirs l'assaillant toujours.

Les plans machiavéliques de Voldemort. Les morts. Le plaisir qu'Il ressentait à lui en faire part. Son admiration pour ce monstre. La nouvelle de sa grossesse. Son sentiment de fierté. La possessivité de Voldemort. Son sentiment de manque, de malaise. Son envie de revoir Severus. La colère de Voldemort. Les nouveaux massacres qu'Il commettait pour se défouler. Sa tristesse. Sa dépression. L'angoisse de Voldemort. Sa libération.

Èva inspira brusquement.

À nouveau, Severus lui tendit un verre d'eau. Elle but goulûment, puis elle se jeta dans les bras de l'homme qu'elle aimait réellement et s'accrocha à lui comme si sa vie en dépendait.

Elle l'embrassa jusqu'à ce qu'ils en perdent tous les deux leur souffle.

Puis un léger raclement de gorge les fit émerger de leur bulle.

Èva vira au rouge pivoine et baissa les yeux. Elle n'aimait pas vraiment se donner en spectacle, encore moins quand c'était dans un moment aussi intime.

- Je sais pourquoi Il m'a libérée, dit-elle pour faire diversion.

- Vraiment? demanda simplement Dumbledore, comprenant, comme toujours, qu'elle n'avait pas envie de s'attarder sur sa récente effusion d'affection.

- Oui. Étrangement, je crois qu'Il a fait preuve de compassion. Ou alors, c'est simplement qu'Il voulait protéger sa progéniture.

- Pourquoi dites-vous cela? continua le vieux directeur.

- Bien, malgré sa stupide potion, j'avais toujours le désir de revoir Severus. Et comme je semblais tomber dans une profonde dépression qui m'aurait peut-être mené à faire des choses irréparables, Il a sans doute préféré me céder ma liberté plutôt que de me voir dépérir et, par le fait même, voir la vie de son… enfant… être mise en danger.

- Cela me surprend néanmoins, dit Dumbledore, plus que songeur.

- Parlant de cet enfant, s'interposa l'infirmière, vous devez savoir qu'un avortement à ce stade de la grossesse pourrait être dangereux pour vous. Vous pourriez perdre beaucoup de sang, ce qui entraînerait… enfin, vous voyez ce que je veux dire. D'autant plus que vous êtes vampire…

Èva voyait bien que toute cette histoire jouait énormément sur les nerfs de la vieille dame. Elle lui offrit donc un sourire compatissant.

Bien sûr qu'elle comprenait. Si elle voulait se débarrasser de ce petit bout de vie qui grandissait en elle, elle mettait sa vie en danger.

Mais avait-elle seulement le droit de faire ça? D'assassiner un être qui n'avait pas demandé à être conçu? Il n'allait quand même pas naître mauvais. Il n'allait pas nécessairement suivre les pas de son infâme père.

Mais mener cette grossesse à terme amenait aussi son lot de problème. Ce bébé aurait sans doute de fabuleux pouvoirs, sinon Voldemort n'aurait jamais mis autant d'efforts pour le concevoir. De plus, il s'agissait aussi de son enfant. Et jamais elle ne voudrait que Voldemort revendique ses droits sur lui et en fasse un être entièrement mauvais, un successeur pour son règne. Pour empêcher cela, il faudrait qu'elle se batte à jamais.

Et si elle désirait le garder, Severus l'accepterait-il?

Èva se sentit tout à coup souillée. Elle avait trahi le seul homme qu'elle n'ait jamais aimé d'un amour véritable et elle envisageait la possibilité de garder la seule chose qui prouvait sa trahison.

La jeune femme allait ouvrir la bouche pour énoncer sa décision, mais Severus la devança.

- Quoi que tu décides, j'accepterai ton choix.

Pourquoi fallait-il que cet homme soit un saint? Pourquoi n'aurait-il pas pu simplement la menacer de couper tout contact avec elle si elle gardait le bébé? Ainsi, elle n'aurait pas eu à choisir.

- Vous n'êtes pas obligée de faire un choix tout de suite, l'assura Dumbledore.

- Mais plus vous attendrez, plus ce sera difficile, ajouta l'infirmière.

Èva n'était pas sûre si elle voulait parler d'un point de vue physique ou émotionnel.

La jeune femme hocha néanmoins la tête.

- Je crois que je vais prendre quelque temps pour y réfléchir.

Sur ce, Madame Pomfresh décréta qu'elle avait besoin de repos. Elle jeta rapidement les deux hommes hors de l'infirmerie, mais Èva eut le temps de croiser le regard de Severus une dernière fois.

Un seul mot pour le décrire : sombre.

Était-il déçu? Blessé? Anxieux? La jeune vampire n'aurait su le dire, mais elle savait au moins une chose : elle n'aimait pas ça.

Cette nuit-là, Èva n'eut pas un sommeil très réparateur. En effet, elle n'avait pas cessé de faire d'affreux cauchemars, tous en rapport avec le bébé, bien sûr.

Elle était donc toujours épuisée lorsqu'un rayon de soleil la tira de sa torpeur le lendemain matin.

De mauvaise foi, elle entama néanmoins un mouvement pour s'étirer pour tenter de se réveiller complètement.

Cependant, son mouvement fut arrêté par un bras puissant qui se serra autour de sa taille.

- J'espère que tu ne comptais pas aller quelque part? demanda une voix rauque.

- Hey, salut beau brun, sourit la jeune femme en se tournant pour découvrir un Severus qui n'avait même pas pris la peine d'ouvrir un œil.

Èva se pencha pour effleurer ses lèvres, avant de vite descendre mordiller son cou. Elle sentit rapidement le corps de Severus se tendre.

- Dors-tu toujours? demanda-t-elle innocemment.

- M'oui.

- Dans ce cas, je vais te laisser…

- Oh non, tu n'iras nulle part! la coupa Severus en l'attirant tout contre lui et en s'emparant goulûment de ses lèvres. Par Merlin, comme cela m'avait manqué.

La jeune femme s'éloigna un peu de lui pour pouvoir mieux l'observer, ses longs cheveux bruns effleurant l'arête du nez de Severus.

- Tu as meilleure mine, conclut-elle.

- Pas toi, par contre, répliqua Rogue alors qu'un trait soucieux venait barré son front.

- Tu veux que je te prouve le contraire, demanda Èva en haussant un sourcil taquin.

- Huumm… ce serait avec plaisir, mais je doute que l'infirmerie soit le meilleur endroit pour ça.

La jeune femme éclata de rire. Elle devait tout de même admettre que Severus avait parfaitement raison.

- Alors comme prix de consolation, est-ce que je peux aller m'empiffrer de bonnes crêpes au beurre?

Èva avait pris un air de chien battu à faire fondre n'importe qui. Severus roula des yeux et accepta de se lever.

La jeune femme toussota légèrement alors que le professeur se dirigeait vers la porte de l'infirmerie.

- Peut-être que toi ça ne te dérange pas de me voir vêtue ainsi, mais j'aimerais autant que tu restes le seul à me voir si peu habillée.

Severus revint vers Èva et déposa un doux baiser sur ses lèvres en la serrant dans ses bras.

- Et je ne suis pas du tout contre cette excellente idée.

- Enfin, sauf peut-être Madame Pomfresh tout bien réfléchi, ajouta Èva pour le taquiner. Oh! Et Dumbledore aussi, si l'on prend en compte la journée d'hier.

Rogue plissa le nez et fit apparaître un jean foncé et un col roulé noir pour la jeune femme, ce qui fit sourire cette dernière.

- Je sais que tu n'apprécies pas particulièrement les robes sorcières.

- Délicate attention.

Et Èva le gratifia d'un baiser.

- Je crois que tu devrais sortir le temps que j'enfile cette tenue… de vieille fille, ajouta-t-elle avec un sourire amusé devant la mine exaspérée de Rogue.

- Je ne vois pas pourquoi je devrais sortir, répliqua-t-il d'un ton boudeur.

- Hum… peut-être parce que je ne suis pas sûre que tu saurais te retenir de me sauter dessus si tu me voyais encore plus dévêtue.

- J'y parviendrai, dit-il en haussant un sourcil, lui donnant un air typiquement « made in Rogue ».

La jeune vampire prit un air outré. Mais elle marcha tout de même sur son orgueil avant d'ajouter :

- Toi peut-être, mais si tu me lances encore un de tes regards séducteurs remplis de désir, moi, je ne suis pas sûre de résister, expliqua Èva en s'attardant, avec toute son attention, à retirer les peluches imaginaires du col roulé.

Severus vint se placer derrière elle et entoura ses hanches de ses bras puissants. Èva sentait son souffle chaud sur sa nuque et elle ne savait pas si elle pourrait résister à ça aussi.

- Je ne savais pas que je te faisais autant d'effet…, murmura le maître des potions en déposant un baiser dans le cou de la jeune femme.

- Menteur, réussit-elle à murmurer.

Severus découvrit la délicate épaule de la jeune femme et y déposa un second baiser.

Ce fut cet instant précis que choisit Remus Lupin pour faire son entrée dans l'infirmerie.

Il n'eut pas besoin de dire un mot, les deux vampires avaient senti sa présence. Severus grogna avant de s'éloigner d'Èva. Si un regard pouvait lancer un Avada Kedavra, le loup-garou serait sans doute mort sous le regard de Rogue.

- Hum… bonjour. J'étais venu prendre des nouvelles d'Èva.

- C'est trop gentil, répliqua Severus de sa voix la plus glaciale.

- En fait, je m'apprêtais à m'habiller. Si vous m'attendiez dehors deux petites minutes, je vous rejoins.

- Bien sûr, acquiesça Remus, sans pour autant être certain de vouloir se retrouver seul avec Rogue, vu l'état d'esprit de ce dernier.

D'ailleurs, Severus gratifia Èva d'un regard noir. Ce qui ne lui valut simplement qu'un sourire radieux.

Il accepta néanmoins d'obéir, car il réalisait que Lupin venait aussi de voir Èva seulement à moitié vêtue. Il poussa donc rapidement le lycanthrope loin du lit de sa bienaimée.

Rogue était toujours en train de fusiller Lupin du regard lorsque la jeune femme les rejoignit.

- Èva! dit ce dernier un peu trop brusquement pour que cela paraisse décontracté.

En effet, le professeur de Défense Contre les Forces du Mal semblait ravi de trouver enfin une échappatoire.

Mais c'était sans compter sur l'esprit sadique du maître des potions.

- Dites-moi, Lupin, comment va Miss Granger? demanda-t-il avec une voix trop doucereuse en passant un bras possessif autour de la taille d'Èva.

Le susnommé Lupin devint aussi rouge qu'une écrevisse.

- Euh… bien… pour autant que je sache, ajouta-t-il précipitamment.

- Vraiment? Je m'inquiétais simplement, car l'autre soir, en faisant ma ronde nocturne, j'ai cru entendre un…

- Et vous, Èva, comment vous sentez-vous? demanda brusquement Remus, devenu presque écarlate.

Cette dernière émit un léger rire et administra une petite tape derrière la tête de son ténébreux vampire, ce qui ne lui valut qu'un regard mauvais qu'elle ignora à la perfection… après tout, n'avait-elle pas appris du meilleur mentor qui soit dans ce domaine?

- Je vais beaucoup mieux, merci Remus, mentit-elle. Et merci aussi d'avoir reporté mon inconscience à l'Ordre.

Ce fut au tour de Remus de rire.

- Ce fut un plaisir.

Ils échangèrent un regard complice que Severus n'apprécia guère, car il raffermit sa prise autour de la taille de la jeune femme.

Ce fut donc dans un état d'esprit des plus joyeux… du moins pour deux des trois comparses… qu'ils pénétrèrent dans la Grande Salle pour le déjeuner.

Il y avait peu d'élèves, il devait donc être encore de bonne heure. Ce qui, en fin de compte, arrangeait bien Èva, qui n'avait pas vraiment envie d'être le centre d'attention. En effet, tous les élèves et le personnel enseignant devaient savoir qu'elle avait été la prisonnière du Seigneur des Ténèbres pendant de longs mois.

La jeune femme prit place entre Severus et Remus à la table des professeurs. Elle n'était pas sûre d'encore y avoir sa place, mais cette vieille habitude la sécurisait.

Èva remplit rapidement son assiette, se sentant un appétit d'ogre, mais quand elle voulut prendre la première bouchée, elle fut prise de nausées. Elle reposa rapidement sa fourchette et ferma les yeux en prenant de lentes respirations.

- Que se passe-t-il? s'inquiéta Severus.

La jeune femme lui lança un regard noir.

- Tu n'as pas la joie d'être enceinte, toi, dit-elle sarcastiquement avant de rapidement quitter la salle.

Remus avait les yeux aussi agrandis que des soucoupes.

- Surtout, ne dites rien, dit Severus d'un ton dur avant de partir à la suite d'Èva.

Cependant, Rogue ne savait pas quelle direction la jeune femme avait prise. Il décida donc d'utiliser le lien qui les unissait. Il découvrit rapidement Èva dans ses quartiers.

Il se téléporta et trouva la jeune femme en train de se gargariser dans sa salle de bain.

- Veux-tu bien m'expliquer ce que j'ai pu dire qui t'ais mise en colère? Si tu ne veux pas que je m'occupe de ton état de santé, tu n'as qu'à le dire! explosa-t-il, plus qu'irrité.

Cependant, la réaction qu'il engendra n'était absolument pas celle à laquelle il s'attendait. En effet, il s'était attendu à recevoir une pluie d'injures ou à devoir affronter une nouvelle dispute. Mais, au contraire, la jeune femme fondit en larmes et vint se nicher au creux de ses bras.

- Je… je suis tellement désolée, pleurnicha-t-elle en reniflant bruyamment.

- Èva, explique-moi, je suis complètement perdu!

La brunette rit devant l'air égaré de Severus.

- Tu n'es qu'un idiot.

- Merci, répondit-il en se renfrognant. Mais cela ne m'aide pas beaucoup, je le crains.

- Tu n'y connais vraiment rien aux femmes, n'est-ce pas?

Là, il était vraiment vexé.

- Bien, tu viendras me parler lorsque tu auras décidé d'arrêter de m'insulter.

Puis il l'éloigna fermement de lui et se tourna en direction de la porte.

- Non, attends! dit précipitamment Èva en s'appuyant sur la porte pour l'empêcher de partir. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.

Rogue ne daigna qu'émettre un reniflement sarcastique.

- Ce que je voulais dire, c'est que mes sauts d'humeur ne sont dus qu'à mes hormones changeantes. Tu aurais peut-être dû côtoyer un peu plus Molly Weasley durant une de ses grossesses.

« Hum » fut la seule réponse que Severus daigna lui donner.

- Oooh, ne soit pas fâché. Je t'ai dit que j'étais désolée, dit Èva d'un ton suppliant.

Mais Severus ne lui accorda qu'un regard hautain et lui fit dos comme un adolescent puéril blessé dans sa fierté.

La jeune femme vint se coller à son dos et déposa sa joue contre son omoplate.

- Qu'est-ce que je peux faire ou dire pour me faire pardonner, hum?

Severus fit mine de réfléchir, mais Èva sentit clairement une décharge de désir émanant de Rogue venir la frapper de plein fouet.

- Hum… il n'y a donc vraiment que ça pour faire ton bonheur? chuchota-t-elle à son oreille.

- Non! Je ne suis pas un obsédé sexuel, même si c'est cela que tu sembles croire, tenta-t-il de se défendre.

Il avait tout de même une fierté!

- Vraiment? demanda innocemment la jeune vampire. Alors pourrais-tu m'expliquer cela? continua-t-elle en baissant le regard vers l'entrejambe de Severus.

Ce dernier se racla la gorge pour se donner un peu de temps pour trouver une explication plausible à l'apparition d'une érection naissante sous sa ceinture. La présence d'Èva lui faisait tellement d'effet que même si elle ne faisait que le frôler, il réagissait comme un adolescent dont les hormones étaient en ébullition. Mais ça, il n'allait pas le lui avouer!

- Je te fais donc autant d'effet? demanda la jeune femme avec un sourire en coin.

Rogue roula des yeux et capitula.

- Bien plus que tu ne le crois! murmura-t-il.

- Que dirais-tu de me le prouver?

Severus ne se fit pas prier.

Il entraîna doucement la jeune femme vers son lit. Leurs yeux étaient rivés l'un à l'autre dans un échange silencieux d'une rare intensité.

Severus s'allongea sur Èva et joignit ses lèvres à celles invitantes de la jeune femme. Leur baiser devint rapidement fougueux, presque désespéré. Comme s'ils avaient peur que ce moment ne s'envole.

Rapidement, Èva tira sur les pans de la robe de Severus et la fit passer par-dessus la tête de l'homme, interrompant un court instant leur baiser. Puis elle s'attaqua aux boutons de la chemise de Rogue. Mais cela n'allait pas assez vite à son goût et la jeune vampire finit par simplement faire sauter les boutons en tirant sur les pans de la chemise.

- Serais-tu pressée? demanda Severus avec un sourire amusé.

Pour toute réponse, Èva grogna et l'attira à nouveau à elle pour l'embrasser passionnément en lui enlevant sa chemise.

Enfin, elle pouvait à nouveau sentir la peau douce de Severus sous ses doigts. La jeune femme soupira d'aise. Dieu que cela lui avait manqué! Elle parcourait les muscles tendus du dos de son amour avec effervescence. Rapidement, elle passa aux pectoraux finement ciselés de Severus.

- Tu es diablement beau, souffla-t-elle avec émotion.

Severus ne savait que dire, alors il lui communiqua tout ce qu'il ressentait par un baiser fiévreux.

Il sentit tout à coup les doigts d'Èva s'activer à détacher sa ceinture. N'y tenant plus, il s'attaqua à son tour aux trop nombreux vêtements de la jeune femme.

En moins de deux, elle était toute aussi dévêtue que lui. Severus s'arrêta un instant pour graver ce moment dans son esprit. Ce moment qu'il avait tant attendu, tant désiré.

Mais rapidement, son désir reprit le dessus et il descendit parsemer le cou de la jeune femme de baisers brûlants. Il savait que c'était un endroit sensible et Èva le lui confirma en retenant difficilement un gémissement.

Severus descendit encore un peu plus bas dans son exploration et s'amusa à titiller un mamelon qui se durcit rapidement, ce qui cette fois, arracha littéralement un cri à la jeune femme. Il décida donc de s'attarder quelques instants à lécher, embrasser et mordiller cet endroit très sensible, alors que d'une main il pétrissait l'autre sein d'Èva.

Ses lèvres laissaient un sillon brûlant sur la peau de la jeune femme. Jamais elle n'avait senti pareille sensation. Cela la rendait ivre de plaisir, son esprit n'étant même plus apte à penser convenablement. Èva se laissa donc aller totalement à sa passion.

Les gémissements de la vampire le rendant d'autant plus fou de désir, Severus continua son chemin et déboutonna fiévreusement le jean, qui se retrouva rapidement au sol avec l'encombrant petit string de la jeune femme.

Après un regard embrumé de désir échangé avec Èva, Severus écarta légèrement les jambes de la jeune femme pour lentement aller goûter le nectar qui perlait déjà à la porte de la féminité d'Èva.

Lorsqu'il pénétra Èva de sa langue pour aller titiller le clitoris gonflé, il vit la jeune femme se mordre la lèvre inférieure pour ne pas crier et rejeter la tête en arrière. Il commença de lents va-et-vient avec sa langue, attisant d'autant plus le désir de la jeune femme dont une des mains vint rapidement se perdre dans ses cheveux alors que l'autre agrippait les draps.

- Severus… je t'en prie!

L'interpellé sourit devant la jeune femme qui perdait tous ses moyens. Il refit lentement le chemin inverse pour venir retrouver la bouche d'Èva. Puis il chuchota doucement :

- Oui, mon amour, qu'y a-t-il?

- Severus Rogue, si tu ne me prend pas sur le champ, je jure que je te jette un mauvais sort!

Le sorcier rit doucement en retirant ce qui lui restait de vêtements.

- Tu ne peux pas me jeter de sort, Èva, tu n'es pas sorcière, la nargua-t-il.

- Ne tente quand même pas le diable, le menaça-t-elle pour la forme.

- Mais voyons, ne le prends pas comme ça, mon amour, tu sais très bien que tes désirs sont des ordres, souffla Severus.

Sur ces mots, les yeux du vampire virèrent au rouge vin. Durant une fraction de seconde, Èva pensa que c'était elle qui avait cherché le diable… et qu'elle l'avait trouvé… ce qui, somme toute, ne la dérangeait absolument pas!

Coupant court aux pensées de la jeune femme, Severus la pénétra d'un coup de hanches bien placé. Cette dernière se cambra en laissant échapper un cri étouffé par les lèvres de Severus.

Rogue s'immobilisa et plongea son regard embrumé dans celui d'Èva, attentif aux moindres de ses réactions, ne désirant pas la blesser. Mais il ne rencontra qu'une lueur de désir sauvage qui ne fit qu'attiser son côté vampirique.

Répondant à cet appétit partagé, Severus ne se fit pas prier pour imposer à sa Némésis une cadence plutôt rapide. Ce qui ne semblait pas déplaire à Èva, puisqu'elle ne cessait de gémir.

Tous ses sens étaient en ébullition. Son épiderme était en feu. Il n'avait pas ressenti cela depuis de nombreuses années, il se sentait revivre. Et il sentait qu'il y prendrait rapidement goût, surtout en entendant Èva murmurer son nom avec passion.

Leur ébat devint rapidement plus bestial, plus rapide, au fur et à mesure que les deux amants approchaient de l'extase. Les vampires laissaient libre cours à leurs instincts.

Les ongles d'Èva s'enfoncèrent dans le dos de Severus et ce dernier laissa échapper un cri. Ce qui ne sembla que les enflammer d'autant plus.

Le vampire retourna embrasser le cou de la jeune femme et, sans prévenir, il la mordit. Èva laissa échapper une exclamation de surprise, mais elle ne fit rien pour empêcher Severus d'agir. Au contraire, la morsure décuplait ses sensations. Èva crut qu'elle allait défaillir tellement c'était bon. Sentir Severus en elle et le sentir s'abreuver en même temps était jouissif.

Après un dernier coup de reins sauvage de Severus, ce dernier atteignit l'orgasme, rapidement suivi par Èva qui cria son nom dans la mêlée.

Severus arrêta de s'abreuver, mais laissa encore ses lèvres sur la blessure quelques instants. Il voulut s'écarter pour laisser Èva respirer à son aise, mais cette dernière enroula ses jambes autour de sa taille.

- Non, reste encore un peu en moi, souffla-t-elle pour toute explication.

Severus appuya donc simplement son front couvert de sueur contre celui tout aussi humide d'Èva et sourit bêtement.

Finalement, lorsqu'ils eurent retrouvé une respiration plutôt normale, la jeune femme libéra Severus et ce dernier roula à côté d'elle.

La jeune vampire se dépêcha d'aller se nicher au creux du cou de Severus et d'emmêler ses jambes avec celles de l'homme qu'elle aimait.

- Huuummm… on aurait dû faire ça plus tôt, murmura le maître des potions.

- À qui le dis-tu, répondit Èva avec un sourire dans la voix.

- Quoique j'ai un peu mal au dos…

Èva leva vers lui un regard de petite fille prise en faute.

- Désolée… je saurai me faire pardonner, dit-elle avec un sourire qui voulait en dire long sur ses intentions.

- J'y compte bien.

- Profiteur, va!

- Je l'ai bien mérité! se plaignit le maître des potions.

- Mais oui, mais oui, souffla Èva qui commençait déjà à s'assoupir.

Severus les couvrit d'un plaid et la laissa s'endormir sur lui tout en jouant dans ses cheveux qui sentaient le lilas.

À ce moment, il était parfaitement heureux. Il avait enfin tout ce qu'il désirait… enfin, presque, mais il ne désirait pas pensé à cela maintenant.

Il inspira à nouveau une bouffée du parfum de lilas de la jeune femme et se cala un peu plus dans le lit pour faire une petite sieste lui aussi. Après tout, c'était bien mérité.

Alors qu'il commençait à s'endormir, Severus sentit Èva remuée. Et dans un bâillement, elle dit :

- Je vais garder le bébé.


C'est la première scène intime que j'écris. Est-ce que c'était très affreux, dites?? N'hésitez pas à appuyer sur le merveilleux petit bouton "Go" un peu plus bas:)