Disclaimer : Les lieux, les personnages, les termes magiques et l'histoire d'Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling et je ne fais que les emprunter en ajoutant quelques détails de mon cru pour, je l'espère, pouvoir divertir les lecteurs. Qui plus est, je ne tire aucun profit de cet emprunt.

Résumé : Qu'arriverait-il si un vampire perdait le contrôle? Et qu'arriverait-il si le prédateur en question n'était nul autre que Severus Rogue et sa proie une simple Moldue? Venez le découvrir!

Note de l'auteure : Un petit chapitre tout chamallow. Bah quoi, un peu de bonheur après toutes ces embûches, c'est bien, non:0)

Enjoy!


Chapitre 18 : Severus Rogue papa?

Un choc? Quel euphémisme! Plutôt un traumatisme.

En effet, après plusieurs tests, Severus découvrit qu'il était bel et bien papa. Un affreux petit morveux égocentrique… et tout à fait adorable. Dire qu'il était devenu gaga? Pratiquement… n'oublions tout de même pas qu'il s'agissait de Severus Rogue!

Èva était ravie d'apprendre qu'elle et Severus avaient enfanté un mignon petit garçon. Cela expliquait la fragilité du bébé : après tout, il avait été – étrangement – conçu deux mois après le premier. Voldemort ne disait-Il pas toujours qu'elle était particulière? Cela la répugnait, mais elle devait avouer qu'Il avait raison sur ce point.

La jeune maman et les jumeaux avaient emménagé dans les quartiers de Severus, légèrement re-décorés pour l'occasion. Après tout, de la pierre froide et suintante n'était sans doute pas le meilleur environnement pour des enfants.

Severus était devenu extrêmement attentif, à un tel point que même ses élèves avaient remarqué qu'il était beaucoup plus flexible dans ses cours, retranchant moins de points aux Gryffondors qu'à son habitude. Ils n'allaient tout de même pas s'en plaindre! Mais, rapidement, le trio d'enfer accompagné de quelques amis avait bientôt fait de découvrir pourquoi leur si peu aimable professeur de potions s'était tout à coup ramolli. Et ils s'en réjouissaient!

Mais seule ombre au tableau : le maître des potions faisait absolument abstraction de la présence de la progéniture de Voldemort. Ignorant jusqu'aux cris désespérés du bambin la nuit, alors qu'il accourait dès qu'il reconnaissait la voix de son enfant légitime. Èva en était profondément blessée, car il s'agissait aussi de son fils à elle. Cet enfant avec tout de même deux parents! Mais elle se refusait à émettre le moindre commentaire, trop attendrie par le comportement du nouveau papa envers leur fils.

Un soir, comme à leur habitude depuis maintenant deux mois, Severus et Èva étaient paisiblement allongés dans leur lit, alors qu'Èva nourrissait un de ses fils et que Severus était perdu dans la contemplation de son enfant qu'il berçait tendrement.

- Severus? murmura la voix chantante de la nouvelle maman.

- Hum? lui répondit distraitement l'interpellé.

- Ces bébés vont avoir besoin de prénoms…

Rogue sembla émerger d'un rêve et planta son regard nuit dans celui azur d'Èva. Il avait l'air si grave que la jeune femme aurait pu croire qu'elle venait de lui dire qu'ils devaient discuter d'un plan d'attaque pour annihiler le pire Mage Noir de tous les temps.

Severus ne bougea pas d'un centième de millimètre durant de nombreuses minutes. Èva eut beau froncer les sourcils et l'interpeller, il restait de marbre. Heureusement pour le cœur de la jeune femme qui commençait à s'emporter, il finit par ouvrir la bouche.

- Mon grand-père s'appelait Yohan… c'est lui qui m'a pratiquement élevé lorsque mon père est tombé sous la coupe de Voldemort.

Les yeux d'Èva se voilèrent de larmes alors qu'elle était émue par ce souvenir que Severus avait jadis partagé avec elle.

- Yohan, c'est parfait, sourit-elle.

Le ténébreux professeur retourna à sa transe. Il y mettait tant d'attention que la jeune vampire se demandait comment le petit Yohan faisait pour ne pas en être complexé alors que lui aussi fixait son père, mais sans vraiment le voir, en serrant doucement la manche de la robe de sorcier de Severus.

Èva se racla doucement la gorge, désolée de déranger à nouveau le père et le fils.

- Huumm? fut derechef la seule réponse du vampire.

- Lui aussi a besoin d'un prénom, murmura Èva en faisant un signe de la tête vers le bébé somnolent qui se nourrissait tranquillement.

Le visage de Severus s'assombrit instantanément. La jeune maman sentit clairement le dégoût de son amant et sa réticence à ne serait-ce que mentionner la présence du jumeau de Yohan.

- Je te ferais remarquer que c'est mon fils lui aussi, au même titre que Yohan, s'emporta Èva.

Rogue grogna en signe de réponse.

- Bien, si tu ne veux pas m'aider, je choisirai toute seule! Humm… Charles? Non, il n'a pas une tête à s'appeler Charles… Dimitri?

- N'y pense même pas! intervint finalement Severus.

- Et pourquoi pas?

- Est-ce moi ou toi qui viens du monde moldu?

- Explique-toi un peu, humpf! se renfrogna ladite Moldue.

- Dimitri rappelle beaucoup les contes vampiriques chez les Moldus, voyons. Lamentable analogie.

- Bon, très bien, pas Dimitri alors. Tristan dans ce cas?

- Tragique.

- Ce que tu peux être difficile pour quelqu'un qui ne voulait pas s'en mêler.

Èva leva les yeux au plafond et réfléchit durant quelques minutes.

- J'ai le prénom parfait! finit-elle par s'exclamer.

- Chuuuut, moins fort ou ils vont recommencer à hurler!

- Papa gâteau, va! Il va bien falloir qu'ils s'habituent aux cris : ils habitent dans une école!

- Oui, mais pour le moment, ils logent dans les cachots… l'endroit le plus silencieux de ce foutu château!

- Surveille ton langage, enfin!

Severus grogna et lança un regard noir à la maman qui ne lui répondit que par un haussement de sourcil qui signifiait clairement « ose m'affronter sur ce terrain-là pour voir! ». Rogue se dit qu'elle allait faire un excellent mentor pour ses enfants.

- Bref, quelle était ton idée géniale? reprit Severus, s'avouant temporairement vaincu.

- Lionel! émit fièrement Èva en reportant son regard sur le bébé maintenant complètement endormi.

Le vampire ne rejeta pas l'idée immédiatement. Lionel, ça sonnait plutôt bien. Et il trouvait que ça allait bien avec l'air grave du bambin. Il resta néanmoins silencieux jusqu'à ce qu'Èva lève les yeux vers lui. Il adorait la pousser au supplice.

- Va pour Lionel, consentit-il finalement.

Et cela aura valu la peine de faire patienter la maman. Juste de voir son regard pétiller valait tous les gallions du monde. Severus se pencha pour aller déposer un chaste baiser sur les lèvres de la femme qu'il aimait, la mère de son enfant.

Èva soupira de bonheur en regardant les trois hommes de sa vie.

- Et pour le nom de famille? demanda-t-elle tout à coup. Yohan ne va quand même pas s'appeler Jenkins-Rogue et Lionel Jenkins-Jedusor.

À cette appellation, Severus plissa le nez. Il aurait besoin de temps pour se faire à l'idée qu'Èva avait porté et mis au monde l'enfant de son pire ennemi, en même temps que le sien.

- Je crois que Jenkins tout court, ce serait bien, continua la jeune femme devant le mutisme de son amant.

- Hors de question, je veux que mon fils porte mon nom! s'exclama Severus, sortant tout à coup de ses pensées.

- Ce serait assez louche s'ils ne portaient pas le même nom, protesta Èva. Et puis, dans quelques années, lorsque tu les auras comme élève, comment expliqueras-tu cela à ta classe?

Severus se fit maussade, mais, en bon joueur, il devait avouer qu'elle n'avait pas tort. Si Yohan portait son nom de famille, les autres élèves penseraient qu'il serait son chouchou et qu'il l'épargnerait. De ce fait, son fils serait sans aucun doute rejeté et humilié… un peu comme Potter. Et ça, Severus ne le permettrait pas.

- Bien, alors ils ne porteront que ton nom, se plia-t-il à nouveau.

Comment avait-il bien pu se ramollir à ce point?

Marmonnant dans sa barbe inexistante, Rogue se leva et alla déposer son fils endormi dans le petit berceau vert pâle… la couleur des Serpentards… la couleur représentant le mieux son père.

Èva lui tendit alors le petit Lionel, tout aussi endormi que son jumeau. Severus resta interdit un instant, passant son regard incrédule du bébé à sa mère, puis revenant sur l'enfant et finissant son plaidoyer muet dans les yeux bleu ciel d'Èva.

- Aller, un effort, je te promets qu'il ne te sautera pas à la gorge, l'encouragea fermement la vampire.

Après un soupir exaspéré, Rogue se décida à obéir. Après tout, que pouvait contre lui un petit être d'à peine six kilogrammes et demi? Il était tout de même Severus Rogue, un puissant sorcier avec plusieurs années d'expérience. Et si la situation tournait au vinaigre, le Prince de Sang Mêlé connaissait aussi quelques tours de magie noire.

Mais Severus réalisa bien vite que rien de tout cela ne lui serait utile. Lionel était tout aussi innocent que l'était Yohan. Fragile, mais robuste, le petit être s'accrochait à lui comme si sa vie en dépendait. Il s'était instantanément tourné vers la source de chaleur qu'était le sorcier et il avait pris toutes ses aises dans ses bras. Presque à contre-cœur, Rogue le déposa dans son berceau bleu poudre.

Il se retourna vers Èva et vit son air victorieux. Elle avait suivi l'évolution de son état d'esprit sans la moindre pudeur en ouvrant leur lien mental. Et c'était précisément le but qu'elle désirait atteindre : le voir se rendre compte que Lionel n'était pas mauvais, même si son père biologique l'était jusqu'au bout des ongles, et aussi finir par le voir apprécier le bébé.

Il lui lança un regard glacé « made in Rogue » qui ne fit, à son plus grand désespoir, qu'agrandir le sourire de la jeune femme, et se changea en un tour de baguette avant de se plonger sous les couvertures. Il lança un « bonne nuit » plutôt sec et éteignit les chandelles qui éclairaient la pièce – vive la magie, tout de même.

Èva se colla au dos que son amant lui offrait et vint l'emprisonner dans ses bras. Puis, elle alla nicher son nez au creux du cou de Severus et commença un chemin de baisers qui prit naissance dans son cou, se dirigea vers sa nuque et remonta vers le lobe d'oreille de Rogue, qui fut un peu malmené.

- Tu crois que si on ne faisait pas trop de bruit…, commença-t-elle dans un murmure.

Severus se tourna vers elle, un sourire taquin peint sur le visage. Èva adorait cela quand ses yeux brillaient de malice comme en ce moment.

- J'ai mieux que ça, lui répondit-il. Je crois connaître un ou deux sorts d'isolation…

Le lendemain, Èva se réveilla en sursaut, paniquant légèrement. Encore dans les vapes, elle se tourna vers Severus qui était toujours parfaitement endormi. Elle réalisa tout à coup d'où lui venait son sentiment de malaise. Elle avait bien dormi… trop bien!

- Severus, réveille-toi! Nom de Dieu, mais réveille-toi!!

- Hummmm… Par Merlin, Èva veux-tu bien cesser de hurler ainsi! Je dormais si bien…

Et il se retourna pour faire dos à Èva, dans le but implicite de retourner dans les bras de Morphée.

- Severus, les garçons! Tu n'as pas enlevé le sort d'insonorisation!

Le sorcier sembla tout à coup comprendre la panique de la jeune vampire. Si les bébés avaient pleuré durant la nuit, ils ne les auraient jamais entendus. Ils auraient pu s'époumoner toute la nuit, personne ne serait venu les consoler, personne ne serait venu calmer leur détresse.

Les deux parents se levèrent en catastrophe et Severus énonça rapidement le contre-sort.

Angoissés, ils se penchèrent chacun au-dessus d'un berceau.

Mais ils ne découvrirent que deux petites formes paisiblement endormies. Peut-être avaient-ils pleuré à en fendre l'âme durant la nuit, mais maintenant il n'en paraissait rien.

Èva devait tout de même calmer ses inquiétudes. Elle prit le petit Lionel dans ses bras et le serra très fort. Sans doute un peu trop fort puisque le bambin protesta. Il n'aimait probablement pas être extirpé à un doux sommeil d'une façon aussi brusque, ce que Severus ne se gêna pas pour lui faire remarquer. La maman lui répondit par un roulement d'yeux et un soupir. Elle déposa son fils dans son lit et exigea un petit-déjeuner au supposé insensible papa.

Le sorcier obtempéra sans dire un mot, ne voulant pas s'attirer plus encore les foudres de la jeune maman.

Alors qu'ils mangeaient tranquillement leur petit-déjeuner au lit, Èva se tourna vers Severus avec un air qui ne plaisait guère à celui-ci.

- Severus, il faudrait qu'on aille rendre visite à mon frère.

Le maître des potions grogna sa désapprobation. Après tout, personne n'aime être accusé à tort d'être un kidnappeur et encore moins par quelqu'un que Severus qualifiait secrètement de « Moldu insignifiant ».

- Il a le droit de connaître ses neveux! Et tu sais comment il est, il doit être mort d'inquiétude depuis le temps que je ne lui ai pas donné de nouvelles.

- Ah non, hors de question que les petits quittent l'enceinte de Poudlard!

- Je te demande pardon? s'exclama la jeune vampire scandalisée. Tu veux te mettre à jouer au geôlier maintenant?

Rogue poussa un soupir d'énervement.

- Penses-y un peu, Èva. Dehors, ils ne seront pas à l'abri. N'importe quel Mangemort pourra les apercevoir ou Voldemort lui-même pourra détecter la présence de son fils. Ils risquent de se faire enlever à tout moment!

- Pour l'amour du ciel, Severus, ils ne vont pas passer leur vie enfermés dans ce château. Dehors, ils ont plus de chances d'avoir un accident d'auto que de se faire kidnapper!

- Un accident de quoi?

- Oh, laisse tomber! Je refuse qu'ils restent cloîtrés, point final.

-Très bien, mais alors, ne viens pas te plaindre s'ils sont enlevés!

Frustré, Severus sortit de ses appartements dans un tourbillon de tissus noirs.

Marmonnant dans sa barbe inexistante, Èva prit Lionel dans ses bras pour le faire boire. Autant ne pas l'avoir réveillé pour rien!

Peu après le dîner, Èva vérifiait pour la troisième fois qu'il ne lui manquait rien. Couches, couvertures, biberons… c'était comme déménager à chaque fois!

La brunette s'apprêtait se téléporter lorsque la porte des appartements de Severus s'ouvrit subitement, laissant apparaître le propriétaire des lieux.

- Je viens avec toi, énonça-t-il simplement.

- Et tes cours?

- J'ai demandé à Lupin de me remplacer, grimaça le professeur potions. Je préfère venir avec toi pour assurer la sécurité de mes fils.

Èva sourit, attendrie par le déterminant possessif. Il avait donc finalement accepté Lionel comme son propre enfant.

- Très bien, alors aide-moi un peu, dit-elle en lui tendant Lionel et un sac.

- Fais attention, conclut Severus en laissant glisser son regard sur le petit Yohan qui était blotti contre la poitrine de sa mère.

Après un dernier regard, les deux vampires disparurent en laissant derrière eux un petit nuage de fumée noire.

La jeune femme sourit en arrivant dans la ruelle où elle avait rencontré Severus la première fois. Ce dernier était déjà là et surveillait les deux extrémités du chemin. Ils avaient eu la même idée.

- Bon, dépêchons-nous, je n'aime pas rester à découvert.

- Seigneur, Severus, sois moins nerveux ou tu vas transmettre tes sentiments négatifs à Lionel.

Pour toute réponse, le sorcier s'engagea dans la rue où était situé l'immeuble des Jenkins. Ils arrivèrent rapidement devant l'appartement numéro sept.

Èva voulut cogner trois coups à la porte, mais son frère l'ouvrit avant que la jeune femme n'ait pu exécuter le moindre mouvement.

- Hé, salut! claironna joyeusement Èva.

Micheal se figea durant quelques secondes, assimilant que sa sœur cadette et le ténébreux sorcier étaient de retour chez lui.

- Pour les deux semaines, on repassera! dit-il, à moitié sarcastique.

La jeune femme sourit et le prit dans ses bras pour s'excuser de l'année d'absence qu'elle avait eue alors que son frère lui avait demandé des nouvelles au moins deux fois par mois.

- Je suis tellement désolée, Micheal! Mais comme tu peux voir, j'ai été très occupée, dit-elle en lui désignant le petit Yohan du menton.

- Tu… quoi? Je… je…

- Oui, Micheal, tu es tonton. Et même de deux magnifiques petits garçons, sourit Èva en se tournant vers Severus qui tenait Lionel bien serré dans ses bras.

À ce moment, l'aîné des Jenkins ressemblait à un poisson hors de l'eau avec ses yeux exorbités et sa mâchoire décrochée.

- Alors quoi, il n'est pas si méchant que ça, le tortionnaire, finalement, marmonna Severus de son ton le plus sarcastique qui soit.

- Ils… ils sont de vous? demanda Micheal, dubitatif.

- À moitié seulement, répliqua Rogue.

Le vampire afficha un air fier en voyant le visage de l'aîné des Jenkins. Ce dernier semblait complètement largué.

- Hein? Mais de quoi vous parlez?

- Hum… on devrait sans doute aller parler de ça à l'intérieur, intervint Èva.

Soupirant, Micheal s'engouffra dans son appartement, se dirigeant vers le salon, laissant le soin à Severus de refermer la porte derrière lui.

- S'il te plaît, essaie de te contrôler, mon amour, chuchota la jeune vampire.

Elle tenait à éviter une désagréable joute verbale ou, qui sait, une hypothétique bagarre d'adolescents.

- Mon amour? répliqua le sorcier en arquant un sourcil moqueur.

- Oui, je trouvais ça mignon, répondit Èva avec un sourire amusé et un haussement d'épaules.

- Alors, ça signifie que je peux t'appeler mon ange? Ou mon canard en sucre? se moqua ledit amour.

- Oh! Rabat-joie. Ne ris pas de moi en plus.

Cependant, l'atmosphère se refroidit immédiatement lorsqu'ils pénétrèrent dans le salon où Micheal les attendait, l'air grave.

Èva se racla la gorge et s'assit sur le sofa en face de son frère, où elle fut rapidement rejointe par l'homme qu'elle aimait.

- Alors, qu'est-ce que cela signifie lorsque vous dites que vous n'êtes qu'à moitié leur père? demanda Micheal sans plus de préambules.

- Tu te souviens de la prophétie me concernant que tu nous as raconté la dernière fois que nous t'avons vu?

- Comment l'oublier!

- Bien, en fait, Severus n'était pas celui qui était censé m'enlever.

- C'est pourtant ce qu'il a fait!

Le maître des potions renifla à la remarque. C'était exactement pourquoi il ne voulait pas venir. Quel ingrat, ce satané Moldu aussi! Il avait bien pris soin de sa sœur pendant cette année… quoiqu'il l'ignorait. Mais ce n'était pas une excuse, il devait bien s'en douter tout de même. D'autant plus que sa sœur était toujours avec lui. Ce n'était pas une preuve ça?

- Oui, mais il agissait sous l'influence d'un sorcier beaucoup plus puissant. Un affreux mage noir nommé Voldemort.

- Oui, ça me dit vaguement quelque chose. Il me semble que mamy et papy en avaient parlé.

- Et, vois-tu, ce mauvais sorcier m'a finalement enlevée.

- Quoi! Et vous ne m'avez pas prévenu! Tout va bien? Il ne t'a pas fait de mal au moins? s'emporta le frère protecteur d'Èva.

- Calme-toi, sourit la jeune femme. Ça va. Seulement, il m'a jeté un sort qui m'a fait perdre ma volonté et ma personnalité. Il a donc pu mettre son plan machiavélique en action.

- C'est-à-dire? demanda le brun avec appréhension.

- Eh bien, il en a résulté Lionel, expliqua Èva en désignant le poupon que Severus berçait doucement.

- Je vois, dit Micheal d'une voix blanche.

- Mais pour une raison obscure, Voldemort m'a libéré à deux mois de grossesse. L'hypothèse est que, puisque je sombrais dans une dépression, il a voulu protéger son enfant. Il ne s'était pas donné autant de mal pour rien, quand même! dit Èva d'un ton acide. Bref, j'ai donc retrouvé Severus à ce moment et c'est là que Yohan a été conçu.

- À deux mois d'intervalle? s'étonna Micheal.

- Èva est particulière. C'est la raison pour laquelle Voldemort la désirait tant.

- Sans doute que ces petits monstres auront d'énormes pouvoirs, mais ils sont encore un peu jeunes pour qu'on le sache, intervint la brunette pour calmer le jeu entre les deux hommes.

Après tout, qui aime se faire dire que sa sœur est désirable et que tout le monde veut la culbuter pour créer de petits sorciers en puissance.

- Tu parles d'une histoire à dormir debout.

- Ouais, désolée d'arriver comme ça à l'improviste et de te balancer ça à la figure. Ça doit être assez choquant.

Micheal émit un « hum » affirmatif.

- Est-ce que… est-ce que je peux le prendre?

- Mais bien sûr! s'exclama Èva en déposant son fils dans les bras de son unique oncle. Je te présente Yohan. Yohan, voici tonton Micheal.

Le grand frère d'Èva en eut les larmes aux yeux. Ce petit être était son neveu. C'était tellement beau, un bébé!

- Yohan était le prénom du grand-père de Severus, expliqua Èva.

- Et lequel des deux est son fils biologique? demanda le brun en désignant le sorcier du menton.

- Yohan, voyons! répondit Rogue, même s'il savait parfaitement qu'il n'était pas convié à la conversation.

- Ouais, logique. Il y a un air de famille aussi…

Èva sourit. Elle adorait entendre dire que Yohan ressemblait à son père. Elle en était tellement fière. La jeune femme jeta un regard à la petite troupe agglutinée dans le salon de sa jeunesse. Il y avait là les quatre hommes de sa vie… les seuls, d'ailleurs.

- Vous savez, je vais finir par faire un complexe d'infériorité!

Les deux hommes la regardèrent avec des points d'interrogation dans les yeux, ne comprenant absolument pas sa remarque.

- Bah oui, il n'y en a que pour les jumeaux! Et pour la pauvre maman qui les a portés et mis au monde, alors? les nargua-t-elle.

- Mais, voyons, mon canard en sucre, tu sais bien que tu es la seule femme de nos vies, se moqua Severus à son tour.

Et pour le lui prouver, il mit sa main sur la nuque de la jeune femme et l'attira à lui pour échanger un baiser langoureux.

- Oh, non! Vous n'allez pas nous faire un autre gamin! Dans mon salon en plus!

Èva dut mettre fin au délicieux baiser de Severus pour cause de fou rire incontrôlable. Le sorcier, quant à lui, accepta de laisser apparaître un sourire amusé sur ses lèvres.

Le reste de l'après-midi se passa dans une atmosphère beaucoup plus détendue. Ils partagèrent le thé de quatre heures, Èva nourrit les jumeaux et ils discutèrent de tout et de rien, du monde moldu comme du monde sorcier, chacun des deux hommes en apprenant un peu plus à chaque sujet.

Mais, inévitablement, la conversation dériva sur leurs emplois respectifs. Lors de leur première rencontre, Severus était resté très secret à ce sujet. Seule Èva avait découvert quelques brides sur son emploi de professeur. Puis vint le tour de l'aîné des Jenkins.

- Hey! Et si tu venais travailler dans le monde sorcier? s'exclama tout à coup la jeune maman.

- Pardon? rétorqua son frère.

- Mais si! Il y a un pub, Le Chaudron Baveur, qui fait le pont entre le monde sorcier et celui moldu. Tu y serais parfaitement à ta place!

- Tu crois ça toi?

- Ne nie pas tes origines sorcières, cher frère.

- Certes, mais je n'ai jamais vécu dans ce monde, je ne vois pas comment je m'en sortirais. Tout ce que j'en connais vient de ce que vous m'avez dit aujourd'hui.

- Je ne le connaissais pas du tout moi non plus et alors? J'ai bien réussi à me démerder.

- Èva, ton langage devant les garçons, intervint Severus.

- Oh oui! Pardon, mon amour, s'excusa Èva en déposant un chaste de baiser sur les lèvres de l'homme qu'elle aimait pour se faire pardonner.

- Mais toi tu l'avais lui, argumenta Micheal.

- Oui et toi tu nous auras nous! Tu ne penses quand même pas que je vais te larguer dans un endroit inconnu sans t'aider un peu.

- Pfff, si tes visites sont aussi régulières que durant la dernière année, je vais me retrouver bien paumé moi!

- Mais non, je te le promets! Et comme ça, moi et les garçons on pourra te voir plus souvent, plaida Èva avec un air de chien battu.

- Aaah, je déteste quand tu arrives à me faire céder comme ça! capitula Micheal d'un air faussement fâché.

- Il faudra vous y habituez, elle est passée maître dans l'art de manipuler les gens, le prévint Severus.

Ladite manipulatrice lui tira la langue, langue dont Severus se fit un plaisir de s'emparer pour retirer cet air fier à cette…

« Petite impertinente! », dit Rogue dans sa tête en transmettant ses pensées à Èva.

« Et fière de l'être! ».

Tentative encore ratée! Èva gagnait encore cette manche. Il faudrait qu'un jour il se mette à calculer les comptes… il devait bien être à moins cinquante-trois.

Micheal rencontra Tom, le propriétaire du Chaudron Baveur, une semaine plus tard et ce dernier se fit un plaisir d'initier le jeune homme au monde sorcier après avoir su que la sœur cadette de sa cousine germaine était la grand-mère du jeunot en question.

Le déménagement se passa bien et Micheal se retrouva avec une chambre permanente dans l'hôtel-pub.

Èva était ravie et elle allait lui rendre visite à toutes les semaines. Son frère s'adaptait bien. Il découvrait beaucoup de choses et en savait tout autant instinctivement. Après à peine deux mois, il arrivait à formuler de petites incantations qui l'aidaient dans son travail de barman. Et il adorait se lier d'amitié avec tous les sorciers de passage, après tout, il n'était pas barman pour rien! Bientôt, il allait sans doute être l'homme qui allait avoir le plus grand réseau de contacts dans le monde sorcier, après Dumbledore, bien sûr.

Son frère adorait aussi suivre l'évolution des jumeaux. Ils changeaient tellement en à peine sept jours. Ils avaient déjà quatre mois et commençaient à être de plus en plus éveillés. Il était clair qu'ils reconnaissaient leurs parents et Lionel savait parfaitement comment manipuler sa mère pour que celle-ci lui accorde toute son attention. Micheal se dit qu'elle allait en voir de toutes les couleurs lorsque les gamins allaient atteindre l'âge ingrat de deux ans… l'inévitable terrible two.

Èva était en train de discuter avec son frère à une table du Chaudron Baveur, comme à chaque semaine, lorsque Severus fit irruption et se dirigea directement vers eux.

- Bonjour Micheal.

- Hello Sev'.

Le sorcier tiqua au ridicule surnom. Micheal avait rapidement pris ses aises avec lui et il n'avait pas tardé à faire de son passe-temps préféré l'art de mettre Severus en colère. Èva trouvait cela attendrissant, même si c'était toujours elle qui réparait les pots cassés… qui, au plus grand désespoir de Severus, finissaient toujours par être recollés par une séance très persuasive sous la couette. En gros, Severus Rogue répondait à tous les caprices de la mère de ses enfants, à son plus grand malheur… quoique… Et puis, de toute façon, il se reprenait ailleurs que dans sa vie privée. Ses élèves pouvaient en témoigner!

- Èva, tu as vu l'heure qu'il est? demanda Severus, refusant de répondre à la pique de Micheal. Les garçons devraient déjà être couchés.

- Oh, Severus, ils ne vont pas en mourir s'ils ne sont pas dans leur lit à sept heures tapantes pour une fois. Et, de toute façon, ils dorment déjà.

- Une fois? Que fais-tu de la semaine dernière? Et l'autre d'avant? Et…

- C'est bon! J'ai compris, l'interrompit la jeune femme. À la semaine prochaine, Mike, sourit Èva en embrassant son frère.

- Je l'espère bien. À plus Sev'!

- Oui, c'est cela, répondit un Severus d'un ton bête qui déplut à la jeune vampire.

- Tu pourrais faire un effort pour être agréable, au moins, lui fit-elle remarquer lorsqu'ils furent sur le Chemin de Traverse.

- Oh, mais je fais des efforts, crois-moi! Il n'a pas encore été ensorcelé que je sache!

Èva sourit. En effet, Severus faisait preuve d'un assez bon self-control. Il fallait dire que son frère n'était pas des plus faciles à vivre lorsqu'il s'y mettait. C'est qu'il était aussi têtu qu'elle.

- Papa gâteau, qui plus est, le nargua Èva.

- Alors maintenant tu vas me reprocher de prendre soin des garçons?

- Mais non, pas du tout, je dis simplement que tu es craquant quand tu t'inquiètes.

Severus tiqua à nouveau. Il ne voulait pas être craquant. Et encore moins en public. Qu'allait devenir son image?

Pour éviter d'y penser, le sorcier se téléporta devant les grilles de Poudlard. Il fut rapidement rejoint par Èva qui tenait fermement Yohan.

- Alors comme ça tu fuis quand je te complimente et tu t'obstines quand je te nargue? plaisanta-t-elle. J'ai compris, à l'avenir je vais te provoquer moi aussi.

- Prends garde à toi, Èva, car toi je peux te punir aisément, la menaça Severus avec un air taquin en se dirigeant vers les portes de l'école.

- Oh, mais ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre.

- Vraiment? Alors pendant quatre jours, je ne me lève plus la nuit!

Èva prit un air scandalisé.

- Sadique!

Ce n'était pas à ce genre de punition qu'elle avait pensé.

Severus lui répondit par un air radieux avant de pousser une des hautes portes de Poudlard.

Les deux amants ne purent pas continuer leur conversation, car Dumbledore les attendait visiblement dans le hall d'entrée.

- Bonsoir.

Les vampires rendirent au vieux directeur les salutations d'usage.

- Je ne vous dérangerai pas longtemps, mais j'ai cru que vous aimeriez jeter un œil sur ceci…

À ces mots, le vieil homme leur tendit un long parchemin usé aux coins.

- C'est la liste des élèves inscrits à Poudlard? demanda Severus.

- En effet. Et regardez au bas du papyrus.

- Yohan Jenkins et Lionel Jenkins, lut Èva.

- Quand ont-ils été ajoutés? s'enquit leur père.

- Dès qu'ils ont officiellement eu un prénom et un nom, sourit le vieux sorcier à la barbe blanche immaculée. Félicitations, conclut Dumbledore en récupérant le parchemin et reprenant le chemin de son bureau.

- Wow! fut tout ce qu'Èva réussit à dire.

Bien sûr, c'était ce qu'ils avaient voulu. C'était certain que leurs garçons allaient étudier à Poudlard. Mais rendre la nouvelle officielle, c'était une autre histoire. C'était touchant.

- Je suis fier d'eux, dit Severus en embrassant Èva sur la tempe.

- Attends de les avoir dans tes cours! se moqua la jeune femme.


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