Note de l'auteure : Eh non, je ne pouvais pas vous laisser avec une telle fin (même si j'avoue en avoir eu envie... dites merci à Lilie pour cet épilogue hihi). Personnellement, j'aime beaucoup ce chapitre, alors j'espère que vous l'apprécierez tout autant:0)
Merci pour toutes vos reviews, je vous ADORE!!
Chapitre 21 : Épilogue
Pour la énième fois, Severus leva les yeux au ciel et soupira. Pourquoi fallait-il qu'il ait à subir ces infernaux gamins quotidiennement? Comme s'ils ne le torturaient pas assez en privé, il fallait en plus qu'ils fassent leur loi dans ses cours. Les jumeaux connaissaient assez bien leur père pour savoir que son attitude froide et agressante n'était qu'une façade pour ses élèves. Malheureusement, cela ne les empêchait pas de faire perdre de nombreux points à leur maison… bien que cela fasse grincer des dents leur père, qui voyait la Coupe des Quatre Maisons s'éloigner de plus en plus… au point de ne devenir qu'un rêve illusoire. Ces enfants étaient pires que les jumeaux Weasley! Maintenant Severus comprenait leur mère et il se demandait à chaque jour quel courage Merlin lui avait-il offert pour qu'elle supporte en plus les frères et la sœur des jumeaux!
La cloche! Sauvé par la cloche! Severus ferma les yeux une seconde. Qui aurait pu dire que cette phrase deviendrait la maxime fétiche d'un professeur!
« C'est pathétique! », pensa-t-il.
Il se reprit néanmoins rapidement et rouvrit les yeux pour voir ses élèves empaqueter leurs affaires.
- Et je veux cinquante centimètres de parchemin sur cette potion, jeunes gens!
Comme il s'y était attendu, les élèves répondirent par une cohue de plaintes. Il afficha son sourire le plus sadique.
- Cessez de discuter, ou je vous rajoute dix centimètres de plus!
La menace eut l'effet escompté – comme toujours… et il s'en réjouissait! –, c'est-à-dire que les élèves quittèrent leur salle de classe le plus rapidement possible. Enfin… exception faite des deux terreurs.
- Tu peux ranger ce sourire, pop's, il ne fonctionne pas avec nous! le nargua Lionel.
Severus émit un grognement accompagné de rictus de dégoût.
- Ne m'appelle pas ainsi, je t'ai déjà dit que je détestais cela.
- Je sais, renchérit le gamin avec un large sourire de fierté.
Yohan éclata d'un rire cristallin typiquement enfantin. Il suivait toujours son frère, qui avait beaucoup plus de leadership et de franc-parler que lui. Yohan, lui, était plus discret… plus insinuant. Ce n'était pas pour rien qu'ils étaient tous les deux à Serpentard!
Severus soupira à nouveau – ses gamins allaient le rendre fou! – avant de se retourner vers le mur opposé à son bureau et de formuler une incantation. Une vaste cheminée apparue derrière la porte de la salle de cours.
- Aller, ouste, rentrer vite à la maison!
- Oui, chef! s'exclama Lionel en exécutant un salut militaire moldu que son oncle Michael lui avait appris.
Le brun aux yeux violets tachetés de noir lança une poignée de poudre verte fluo avant d'entrer dans les flammes et de clamer haut et fort « Le Manoir ».
Quand son frère eut disparu dans un tourbillon de poussière verte, Yohan se précipita dans les bras de son père et l'enlaça fortement.
- Je t'aime papa!
Puis, aussi vite qu'il était venu se jeter dans ses bras, le garçonnet s'élança à la suite de son jumeau dans les flammes, en direction de leur demeure.
Severus sourit, attendri. À l'âge de cinq ans, Yohan s'était perdu en empruntant une cheminette. Il s'était retrouvé sur ce qui s'appelait Le Chemin des Embrumes du temps de Voldemort – mais cette route avait été renommée « Le Chemin Errant », car elle ressemblait plus à un foyer de sans-abri aujourd'hui. Le pauvre petit avait été complètement terrorisé, à un tel point qu'il n'avait cessé de se téléporter dès que quelqu'un ou quelque chose l'effrayait. Severus l'avait finalement retrouvé en France… Depuis, Yohan détestait emprunter les cheminettes (même s'il devait le faire tous les jours) et il faisait pratiquement des adieux aux gens qu'il aimait avant chaque passage dans les flammes.
Le maître des potions secoua la tête pour se sortir de ses souvenirs et passa à son tour dans le moyen de transport typiquement sorcier.
Cependant, il s'étala de tout son long sur le tapis persan de son salon lorsqu'il arriva à destination. Il s'épousseta et remit une mèche de ses longs cheveux noir corbeau derrière son oreille. Il regarda finalement ce qui l'avait fait trébucher.
Évidemment, c'était le cheval de bois de l'infernal jumeau de son fils biologique. Le pauvre étalon était pratiquement carbonisé en entier… ce jouet datait du temps où Lionel n'arrivait pas encore à contrôler ses « mains de feu ».
Severus leva un sourcil espiègle. Il prit sa baguette, la pointa vers sa gorge et prononça un sort de porte-voix.
- Lionel Jenkins! hurla-t-il à en faire trembler les murs.
Le papa entendit les garçons éclaté de rire et détallé à l'étage pour s'enfermer dans leur chambre. Fuir leur père était rendu un jeu pour eux et même que, dernièrement, Yohan y mettait son grain de sel : quand Severus voulait discipliner Lionel, son frère le téléportait dans une autre pièce de la maison ou dans le jardin et ils s'enfuyaient de plus belle.
- Nooon, pas mon vase!
Mais l'avertissement qui le sortit de ses pensées retentit trop tard. Severus entendit un bruit de porcelaine qui éclate en mille morceaux. Puis, il distingua le bruit caractéristique du « tapage de pied » précédant irrémédiablement la crise de colère.
Severus se dépêcha donc de se remettre sur ses pieds, annula le sort qu'il s'était jeté et se dirigea vers le vestibule.
- Chérie! dit-il trop précipitamment pour que cela paraisse naturel.
- Regarde ce que tes fils ont fait! s'exclama la jeune femme en pointant les vestiges du magnifique vase chinois provenant de la belle-mère du sorcier.
- Ils n'ont que onze ans! tenta Severus.
Cependant, un autre bruit de verre cassé se fit entendre à l'étage, attisant la colère de la jeune femme.
- Et ça, c'est quoi? Les verres en cristal que mon frère nous a offerts pour notre mariage, je suppose!
La brunette croisa les bras et lança un regard furibond à son mari.
- Je vais… les réparer, commença Severus.
Mais sa phrase se perdit dans l'écho, car sa femme venait de se téléporter à l'étage.
- Ça va chauffer, marmonna-t-il pour lui-même.
Et comme il s'y attendait, il ne tarda pas à entendre des objections et des plaintes de douleur en provenance de la chambre des jumeaux.
La jeune femme réapparut en haut des escaliers tenant chacun des garçons par une oreille.
- Mais c'est pas moi! Je te jure! plaidait Yohan.
- Aiiiieuh! Ça brule! se plaignit Lionel.
Et le fils de Voldemort avait bien raison de se plaindre puisque la jeune vampire flamboyait. En effet, le jour où elle avait été tuée par le Seigneur des Ténèbres lui-même, ils avaient découvert un nouveau et extraordinaire pouvoir chez Lionel. Le bambin, qui n'avait qu'un an à l'époque, avait ressuscité sa mère! Personne ne savait si c'était parce qu'Èva était une vampire et que, de ce fait, elle était en quelque sorte déjà morte ou si c'était parce que Lionel, qui n'aurait d'ailleurs jamais dû voir le jour, avait vraiment des pouvoirs inconnus jusqu'à ce jour. Néanmoins, les résultats étaient là : Èva était bel et bien en vie! Enfin, autant en vie qu'une vampire pouvait l'être.
Il n'y avait eu qu'un petit effet secondaire à l'intervention miracle de Lionel… et c'était cet effet secondaire en question que les jumeaux subissaient à l'instant. En effet, lorsque Èva se mettait en colère, elle se transformait en torche humaine. Étrangement, elle était immunisée contre son propre feu, mais elle pouvait brûler les autres. Avec les années, elle avait appris à maîtriser ses flammes et elle pouvait maintenant éviter de blesser quelqu'un.
- Oh, cesse d'inventer des excuses Lionel Jenkins! Et quant à toi, Yohan chéri, nous allons voir si tu es aussi innocent que tu le prétends. Aller, les souvenirs dans la Pensine, ordonna-t-elle en pointant l'objet en question qui trônait fièrement dans un coin de la cuisine.
- Mon petit Phénix adoré, tenta doucement Severus, il faudrait te calmer un peu maintenant. Je ne tiens pas à ce que la maison passe au feu… et tu sais à quel point je déteste les flammes! rajouta le vampire.
- Oh oui! C'est vrai. Pardon mon amour! s'excusa-t-elle en s'efforçant d'éteindre le feu qui ravageait son corps.
Après tout, quel demi-vampire aime être exposé à la seule chose qui puisse le tuer?
Severus sourit et vint alors enlacer sa femme par derrière. Son stratagème marchait à tous les coups!
Èva tourna alors son visage vers son mari et le maître des potions vit le profil de sa femme… et l'air qu'elle affichait! Elle avait saisi ses pensées! Grosse erreur…
- Si tu crois que je vais me laisser manipuler, Severus Rogue, tu te trompe! déclara-t-elle en se remettant à brûler.
Severus s'écarta promptement de la jeune vampire, ses vêtements fumant légèrement. Il retroussa les lèvres en un rictus déformé par la colère, dévoilant ainsi ses canines proéminentes. Il plongea alors son regard rouge sang dans celui d'Èva.
- Tu n'es qu'une sadique! Je déteste le feu…, maugréa-t-il. Si, en plus des jumeaux, je dois te surveiller toi, je…
- Nous discuterons de nos problèmes conjugaux plus tard, mon chéri, l'interrompit-elle avec un regard amusé, pour le moment, nous devons régler le cas des garçons.
Severus lui répondit par un « humpf » peu convaincant et lança un regard acide à sa femme. Èva sourit et leva les yeux au ciel… elle savait bien que cette soi-disant dispute serait oubliée avant même qu'ils aillent au lit.
- Bon, alors les garçons, et si on se plongeait dans ces souvenirs, invita leur mère.
Les jumeaux rouspétèrent un peu, mais toute la famille finit néanmoins par se pencher au-dessus des volutes argentées et ils finirent tous spectateurs du souvenir tumultueux des deux frères.
- Lionel Jenkins!
Les jumeaux éclatèrent de rire et se bousculèrent pour pouvoir montrer l'escalier le premier. Yohna devança son frère, mais Lionel était loin d'être le genre de garçon qui se laisse marcher sur les pieds. Il poussa donc son frère, qui trébucha dans les marches, pour être le vainqueur de la pseudocourse.
Yohan tenta de se retenir pour amortir sa chute. Sa main ne rencontra que le vase chinois, qui ne fut malheureusement pas suffisant pour l'empêcher de tomber. Le vase bascula et le garçonnet se cogna le coude contre la rampe d'escalier sur laquelle il trouva finalement appui pour se redresser.
- Nooon, pas mon vase!
Une expression de culpabilité se peignit sur le visage de Yohan et il prit ses jambes à son cou. Il monta les marches quatre à quatre. Lorsqu'il arriva au deuxième étage, il vit Lionel qui l'attendait dans la chambre de leurs parents.
- Aller, viens, Yoyo, dépêche-toi!
Yohan regarda une dernière fois au bas des marches, où il vit son père arrivé dans le vestibule, et s'engouffra à la suite de son frère sans demander son reste. Lionel referma la porte derrière lui et éclata de rire.
- Ouf, c'était moins une!
- Pourquoi tu nous as emmenés dans la chambre de maman et papa? demanda Yohan en reprenant son souffle.
- Pour ça, répondit son frère en pointant le haut de l'armoire de leurs parents.
Les yeux de Yohan s'écarquillèrent.
- Mais t'es fou! Papa nous a interdit de toucher à la baguette de Tu-Sais-Qui!
- Et moi j'ai le sentiment que je dois la toucher… je sais pas pourquoi, Yoyo, mais j'ai l'impression que je vais y découvrir quelque chose d'important!
Èva lança un regard inquiet à Severus, qui ne le remarqua même pas. Il était beaucoup trop absorbé à épier chacun des gestes de Lionel.
Avait-il réussi à toucher à la baguette?
Lionel sortit sa baguette de sa robe de sorcier.
- Non, arrête! On n'a pas le droit de faire de la magie en-dehors de l'école! s'interposa Yohan. Si tu veux vraiment l'avoir, on va élaborer un plan, ok? Si papa nous attrapait…
- Je m'en fiche! T'entends, je m'en fiche, ok? Je me fiche des règles de l'école et de celles de papa. Je veux cette baguette et je la veux maintenant!
Les yeux de Lionel se mirent à flamboyer. Yohan préféra s'écarter. Il n'avait que rarement vu son frère dans cet état, mais il savait d'emblée qu'il ne fallait pas le provoquer lorsqu'il était ainsi. Même Mimi Geignarde, qui était portant dingue de lui avant, refusait maintenant d'approcher son frère depuis qu'il avait piqué une colère monstre dans les toilettes condamnées des filles. En effet, Lionel avait découvert Anatole Goyle et Frank Grabble en pleine séance d'intimidation – ce qui consistait à plonger la tête de Yohan dans les toilettes et d'actionner la chasse d'eau jusqu'à ce que le jeune élève de première année promette quelque chose qui les intéressait. Bref, ça n'avait pas été joli, joli…
- Acio baguette!
La boîte contenant la baguette de Voldemort fit un bond en avant, mais ne quitta cependant pas le haut de l'armoire. Par contre, elle entraîna une autre boîte sur le rebord de la commode. La seconde boîte, ornée de fleurs qui changeaient de couleur, se mit à tanguer dans le vide.
- Oh, oh!
- On est mal Lio! Attrape la boîte!
Le brun se lança en avant, mais il manqua de peu la boîte qui s'écrasa au sol en laissant échapper un affreux bruit de verre cassé.
Lionel, étendu de tout son long au sol, resta figé en fixant la boîte à fleurs. Yohan avait porté la main à sa bouche pour empêcher un cri de surprise et de peur de s'échapper de ses lèvres.
- Oups! dit seulement Lionel.
- Oui, c'est bon, la suite on la connaît, intervint Èva.
Toute la famille ressortie de la Pensine. Les jumeaux ressemblaient à deux chiens battus avec leur air de culpabilité accroché au visage.
- Alors comme ça, mes règlements ne sont pas à ta hauteur, jeune homme? demanda Severus en se plantant devant son fils adoptif.
- Non, c'est pas ça, papa. Je sais pas ce qui m'a pris, c'était plus fort que moi! Je…
- Eh bien, si c'est comme cela, je vais devoir te punir, menaça Severus.
Il marqua une pause le temps que son fils imagine quelques possibilités qui le feraient paniquer un peu. Lorsqu'il le crut mûr, il énonça sa sentence.
- Interdiction de voir ne serait-ce qu'un match de Quidditch pour les six mois à venir!
- QUOI!
- Et pas de discussion! Peut-être vas-tu enfin saisir que je suis vraiment sérieux lorsque j'impose un règlement! Maintenant, va dans ta chambre et réfléchi à tes actes.
Lionel fit un demi-tour sur lui-même en émettant un bruyant soupir de frustration. Yohan partit à sa suite et déposa une main sur son épaule et lui offrit son air le plus désolé.
- Quant à toi, Yohan…, continua Severus.
L'interpellé s'arrêta net. Il se retourna lentement en se mordillant la lèvre inférieure.
- Je veux que tu ailles ramasser chaque morceau de porcelaine et de cristal que vous avez cassé et je veux que tu réfléchisses la prochaine fois avant d'encourager ton frère dans ses idées délinquantes.
- Oui, papa, répondit le jeune garçon en repartant les pieds traînants.
Severus soupira et se pinça l'arrêt du nez pour tenter d'enrayer le début de mal de tête qui voulait s'imposer à lui. Il s'assit à la table de la cuisine et se fit apparaître un bon vieux thé anglais au citron… le préféré de feu Albus Dumbledore – décédé de mort naturelle un an auparavant, laissant ainsi la direction de Poudlard à MacGonagall.
- Severus, tu ne crois pas que tu y as été un peu fort? Six mois, quand même! Il n'a que onze ans, voyons.
- Oui et c'est un gamin de onze ans très doué en magie et en divination qui a un caractère instable. De ce fait, il a besoin d'une éducation ferme et de discipline.
Èva soupira. Son mari avait raison. Plus Lionel vieillissait, plus il devenait difficile à contenir. À chacun de ses anniversaires, il acquérait un nouveau pouvoir. Cela le grisait et lui enflait la tête, il ne savait pas encore que tous ces pouvoirs entraînaient de lourdes responsabilités. De plus, avec son caractère colérique, il lui arrivait parfois de perdre le contrôle.
- Crois-tu que nous devrions lui dire? Pour Tom, je veux dire.
Le sorcier braqua son regard sur la vampire.
- Non, pas maintenant. Il n'est pas prêt à connaître la vérité, cela ne servirait qu'à lui donner un déclencheur à la bombe qui sommeille ne lui. Quand il aura atteint la majorité et qu'il maîtrisera parfaitement ses capacités, nous lui dirons tout.
- D'accord.
Après tout, c'était logique. Ce n'était pas au moment où un jeune homme se cherchait encore, en pleine crise de préadolescence, et au moment où il ne contrôlait pas ses pouvoirs – ce qui pouvait devenir très dangereux – qu'il était temps de lui annoncer une nouvelle aussi troublante. Mais depuis qu'elle avait décidé de mener sa grossesse à terme, Èva savait que ce jour viendrait. Elle ne faisait que repousser l'inévitable à un moment plus propice.
- Au fait, comment va Hermione? A-t-elle accouché? demanda la jeune femme pour mener la conversation vers un sujet moins épineux.
Èva ne travaillait plus à l'école de sorcellerie. Après la guerre – et, accessoirement, sa résurrection – elle avait aidé à soigner les blessés. Un Médicomage lui avait alors proposé un emploi qu'elle s'était empressée d'accepter. Depuis, elle n'était plus autant au courant des nouvelles à Poudlard.
Severus sourit à la question de sa femme. La nouvelle professeure de runes était resplendissante et dans une forme éblouissante, et ce, malgré son ventre fort imposant.
- Non, pas encore, mais Remus trépigne d'impatience. Il est constamment aux petits soins avec elle et ne cesse de la talonner partout dans le château. Hermione a vraiment hâte d'accoucher pour qu'il arrête enfin de la prendre pour une poupée de porcelaine.
- Oh, ce ne doit pas être la seule raison qui la pousse à avoir hâte au grand jour! Je sais bien ce qu'elle endure, j'ai porté des jumeaux, rappelle-toi!
- Certes, mais elle a un avantage numérique… ou un désavantage, cela dépend du point de vue! Des triplets, ce n'est quand même pas rien! s'exclama le papa. Heureusement que Molly sera là pour l'aider en tout temps.
Èva eut un sourire nostalgique.
- Cette femme est fantastique! Comment a-t-elle pu survivre à la guerre en ayant perdu son mari et deux de ses fils?
- Elle est forte…
Un ange passa, laissant les deux amoureux dans un silence respectueux à la mémoire des héros qui avaient trépassé pour aider à accomplir la prophétie.
- Harry doit être triste que son meilleur ami ne puisse pas assister à son mariage.
C'était plus une affirmation qu'une question. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on ose faire le grand saut!
- Je crois que Draco, lui, ne s'en plaint pas! plaisanta Severus.
Èva lui lança un regard qui voulait clairement dire « ce n'est pas drôle, ça, mon chéri! ».
- Je plaisantais, Èva, voyons!
Yohan rentra à ce moment précis dans la cuisine avec la boîte fleurie dans une main et un sac de tissus dans l'autre, brisant ainsi l'atmosphère légèrement tendue.
- J'ai fini de ramasser.
- Tu es certain que tu as bien ramassé tous, tous, tous les morceaux?
- Oui, papa.
- Bien, alors vide le sac sur la table.
Le petit garçon fronça les sourcils, mais s'appliqua néanmoins à la tâche en faisant bien attention de ne pas perdre de pièces au passage.
- Bien, maintenant regarde bien. Reparo vase!
Les pièces s'envolèrent et vinrent se placer à l'endroit exact où elles étaient censées être. Puis, les fissures se colmatèrent tranquillement. Bientôt, le vase chinois parut tout à fait neuf.
- Wow! Je pourrais essayer? S'il te plaît!
- Non, tu n'as pas encore le droit de faire de la magie en dehors de l'école. Mais dès que tu pourras, je te promets que l'on recassera le vase pour que tu puisses te pratiquer.
- Youpi! Merci, papa! Bon, je vais jouer dehors maintenant, d'accord?
- Oui, mon chéri, mais fait attention en volant.
- Promit maman!
Et le jeune garçon partit en courant pour aller retrouver son précieux Nubes 3000.
- Casser mon vase à nouveau, hein?
- Oh, voyons, mon amour… tu sais bien que d'ici à ce qu'il puisse pratiquer la magie en toute liberté à la maison, réparer des objets lui paraîtra tout à fait anodin.
- Cet enfant à une mémoire phénoménale et une détermination sans pareille… j'espère pour toi qu'il n'aura réellement plus envie de s'amuser à ces jeux idiots.
- Parole de vampire, je vais m'assurer que ce joli vase ne soit plus jamais brisé!
À cet instant, Lionel passa au travers du plafond et vint s'écraser sur le vase en question.
- Tu disais? se moqua Èva.
Severus soupira et lança un regard exaspéré à son fils.
- Lionel, pourrais-je savoir…
Mais Èva n'écoutait déjà plus.
Le temps sembla prendre une autre dimension pour elle. Elle couva amoureusement du regard son mari et son fils. Puis, elle laissa couler son attention vers la fenêtre, où elle pouvait apercevoir Yohan en train de faire des vrilles et des piqués.
Oui, c'était ça sa vie. C'était ces petites disputes et ces réconciliations. Ces moments de tendresse et ces situations humoristiques. Ces apprentissages et ces moments de nostalgie. Ces joies et ces peines. Ces obstacles et ces miracles. Oui, sa vie était parfaite!
Et jamais elle ne la changerait, pour rien au monde…
