Lorsque le temps s'arrête…

Par Mallory Quinn

Chapitre 4

« Quand le jour se lèvera »

Candy reçut du courrier de la part de ses amis et Albert avait inclus une coupure de journal qui montrait les fiançailles de Terry et Susanna. Elle eut l'impression que son cœur s'était arrêté de battre. Elle savait que ça venait, mais ça lui faisait très très mal. Elle se mit à pleurer en silence. Elle allait avoir le bébé de Terry, elle aurait dû être sa femme… Elle avait été abandonnée quand elle était bébé, elle n'avait pas eu un papa et une maman rien qu'à elle. Terry avait été séparé de sa mère pour vivre dans une maison où l'hostilité était à couper au rasoir avec une belle-mère qui ne l'aimait et un père qui l'aimait mais qui ne voulait pas montrer ses sentiments. Elle aurait tant voulu que son bébé ait deux parents mariés, une maison normale avec des frères et sœurs… Elle aurait eu tout ça si elle n'était pas partie. Terry lui avait demandé de rester, il ne voulait pas qu'elle s'en aille. Ils avaient été un peu prématurés et ils avaient consommé leur passion, ce qui avait été fantastique. Ensemble ils auraient pu trouver une solution au problème de Susanna. Terry aurait été content pour le bébé et Mme Marlowe n'aurait pas pu le forcer à abandonner son enfant et la femme qu'il aimait, sa famille… Mais tout ça c'était de l'eau sous le pont… Elle était en Angleterre et elle devait s'occuper de son bébé à venir et le père de Terry voulait l'aider… Tout à coup la proposition du duc de Grandchester semblait être la solution idéale. Personne ne saura que Terry est le père du bébé, le duc était prêt à porter le chapeau pour son fils. Elle devait aller le voir pour lui dire qu'elle acceptait sa proposition. Peut être était-elle entrain de faire une erreur, mais… Quand la vie te donne des oranges, tu fais de l'orangeade… Son bébé sera élevé comme un Grandchester et il hériterait de tout ce dont il aura droit.

Elle était libre ce matin-là ; Lady Brydon avait une réunion avec ses amies. Elle était en train de s'apprêter quand Louise, qui venait la voir tous les matins, arriva.

- Bonjour Candy, tu vas bien ce matin ?

- Plus ou moins…

- Lady Brydon est sortie, tu as la matinée libre

- Je sais, je vais aller voir le duc de Grandchester et lui dire que je suis d'accord…

- Tu vas te fiancer au duc de Grandchester ? Tu es sûre de ce que tu fais ?

- Non, Louise, mais j'ai besoin d'aide et si le grand-père de mon bébé est prêt à m'en donner… Pourquoi ne sauterai-je pas dessus ? Dit-elle avec un sanglot dans la voix

Louise regarda sur le bureau et elle vit la coupure de journal qu'Albert avait envoyé à Candy. Elle comprit l'humeur triste de Candy.

- Terry s'est fiancé à Susanna… Et ça t'a fait mal, n'est-ce pas ?

Elle regarda son amie qui avait des larmes aux yeux. Louise s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. Candy éclata en sanglots. Louise alla s'asseoir avec elle sur le lit avec elle et la consola tant bien que mal. Candy finit par arrêter de pleurer.

- Je m'excuse Louise, je ne voulais pas me soulager sur toi de la sorte

- Ne dis pas de sottises Candy, tu es la bienvenue à le faire quand tu veux. Je suis ton amie …

- Merci Louise, je suis heureuse de t'avoir retrouvée et ainsi nous avons pu changer notre relation pour le mieux…

- Moi aussi Candy… Tu vas chez le duc maintenant ?

- Je suis peut être en train de faire une erreur, mais comme je n'ai aucune idée de ce que je vais faire… Je préfère n'avoir aucune idée, la où on veut de moi, où le duc s'occupera de moi et du bébé …

- Mais, fiancer… ?

- Je trouve que c'est un petit prix à payer pour tout le confort que l'on va me donner… Ma famille adoptive, je l'ai pratiquement reniée et une mère célibataire, n'est pas très honorable pour eux… Terry… Et bien il n'est pas disponible, son père est la meilleure solution pour le moment…

- Ok, Candy si tu le mets ainsi, je te comprends… Bonne chance avec le duc

- Merci, j'en aurai besoin

- Pense à lui comme à un futur Terry…

- C'est vrai que Terry lui ressemble… dit Candy en souriant à tout à l'heure…

Candy prit un taxi et elle se rendit chez le duc pour lui donner sa réponse. Elle était dans le salon en train de l'attendre quand elle vit une jeune fille entrer au salon.

- Bonjour, dit la jeune fille en souriant, je m'appelle Sarah

- Bonjour Sarah, dit Candy, moi je m'appelle Candy

- Tu es la nouvelle amie de papa ?

Candy ne savait pas trop quoi répondre à ça. Le duc arrive heureusement.

- Sarah, dit-il, le précepteur t'attend dans la salle à manger

- D'accord papa… Au revoir mademoiselle Candy

- Au revoir Sarah…, fit Candy en souriant

Candy se tourna vers le duc et elle lui tendit la main droite.

- Monsieur le duc… Bonjour

- Candy bonjour… Quel bon vent vous amène ?

- Voilà j'ai pensé à votre proposition… Et j'ai décidé de l'accepter…

- Vous avez pris la bonne décision pour vous et votre enfant, dit le duc

- C'est pour le bébé que je le fais, dit Candy doucement

- Je sais et c'est pour le bébé que je l'ai proposé. Bon, je vais commencer à venir vous chercher pour aller déjeuner et dîner et pour les réceptions… Sarah ma fille habite avec moi, mon fils est au collège mais il vit avec mon ex-femme pour le moment…

- Qu'allons dire à Sarah ?

- La vérité… Que vous êtes ma protégée… Je m'occupe de vous et ensuite on lui annoncera nos fiançailles…

- Notre relation sera…

- Platonique… C'est pour le bébé… Uniquement. Je sais que vous êtes toujours amoureuse de Terrence… Je veux vous aider

- Et je vous en suis très reconnaissante, Monsieur le duc…

- Je vais commencer à venir vous chercher pour aller déjeuner dans des lieux publics et vous allez commencer à m'accompagner aux réceptions…

- Lady Brydon se sent beaucoup mieux, elle a de moins en moins besoin de moi. D'accord nous allons nous montrer en public pour les apparences.

- Etant donné que nous aurons beaucoup de soirées mondaines, je voudrais vous procurer toute une garde robe…

- Une garde robe digne de la fiancée d'un duc… Bien sur…

- J'ai pris la liberté de faire venir des robes d'une boutique de Londres… Allons dans l'autre salon… Si vous voulez bien me suivre… Et vous pouvez m'appeler Richard…

Intriguée, Candy suivit le duc dans une autre salle de séjour et elle trouva la propriétaire de la boutique en questions avec quelques employées. Il y avait pratiquement une mini boutique dans le salon !

- Bonjour Mademoiselle, dit la propriétaire, je m'appelle Lisa

- Bonjour, je m'appelle Candy… Monsieur le… Richard, comment saviez-vous que j'allais venir… ?

- Je ne le savais pas. Je voulais acheter des robes et le mettre dans votre chambre…

- Vous étiez sure que je dirai « oui » ?

- Etant donné les circonstances… Je m'en doutais un peu…

Candy le regarda et vit d'où venait le charme des hommes de la famille Grandchester. Terry sera comme ça dans quelques années.

- Vous êtes très attentionné Richard, dit Candy en souriant…

Candy entra dans le jeu et elle se mit à choisir des robes, qui étaient plus belles les unes que les autres. C'est pour le bébé se disait-elle, pour se rassurer. Seule dans un pays étranger avec un bébé à venir, en temps de guerre. Elle aura besoin d'aide avec le docteur, les soins prénatals les soins à l'hôpital pour l'accouchement. Et ensuite si elle voulait travailler pour subvenir à ses besoins, elle aurait besoin de laisser le bébé quelque part… Non une mère célibataire sans le sou, n'était pas la solution. La fierté de l'indépendance, si elle était seule peut être, mais elle devait maintenant penser à son Petit Terry d'abord. Et il mérite d'avoir l'argent et le confort que pouvaient lui apporter son grand père. Elle commençait à comprendre pourquoi elle avait peut être été abandonnée. Sa mère n'était sûrement pas mariée et elle ne pouvait pas s'occuper d'un bébé toute seule dans ce monde qui jugeait les gens sans connaître les circonstances…

Elle choisit plusieurs robes, la plupart amples pour son ventre qui allait bientôt se voir. Elle choisit aussi des chaussures, des sacs à main assorties des chapeaux, des capes, des châles des bijoux, des robes de nuit avec peignoir en soie etc.… Elle avait appris comment être une « lady », chez les André et ensuite au collège royal de St. Paul. Elle n'aura donc aucun problème à s'adapter dans la crème de la société de Londres. Ensuite une bonne lui montra ou sera sa chambre, qui était très très grande et majestueuse avec un lit à baldaquins, une coiffeuse et tout le reste du mobilier pour la chambre à coucher en bois. C'était très élégant. Il y avait une salle de bain adjacente avec une très belle baignoire. Sa chambre était très très belle, presque aussi belle que la chambre du maître….

- Wow ! Dit Candy, la chambre est superbe !

- En effet mademoiselle, dit la bonne en souriant. Je m'appelle Marjorie, si vous avez besoin de moi, je suis à votre service.

- Merci, c'est gentil…

- Non, Mademoiselle, c'est mon travail

Marjorie devait avoir son âge et elle était très polie et Candy eut chaud au cœur en la voyant. Elle pensa à Louise, qui croyait être une jeune fille de la haute société et qui, à cause de la ruine de son père, est obligée à travailler. Elle se souvint aussi lorsque les Legrand l'avaient transformée en bonne… La vie était étrange ; Candy avait tout le luxe dont elle avait besoin sans l'avoir demandé, d'abord avec les André, mais elle préférait travailler et maintenant avec le duc de Grandchester, elle aurait préféré travailler… Et Louise qui voulait le luxe, était obligée de travailler contre son gré, pour survivre…

Candy retourna au salon voir le duc qui était avec Sarah. C'était l'heure du déjeuner.

- Candy dit Richard, j'ai demandé au cuisinier de vous faire la même chose que la dernière fois… ça ira ?

- Oui, dit Candy en souriant, c'est parfait.

- Quand vous serez ici, vous pourrez donner votre menu au cuisinier tous les matins… dit Richard

- D'accord, dit Candy.

- Ça sera super d'avoir de la compagnie, fit Sarah en souriant

Sarah qui avait des cheveux bruns et des grands yeux bleus, ressemblait beaucoup à Terry. Candy se sentait bien dans la famille de Terry. Son moral allait mieux maintenant qu'elle savait qu'elle n'aura pas besoin de se soucier pour son bébé. Il aura tout ce dont un bébé a besoin et même plus ! Le duc ouvrit un compte en banque pour Candy et lui donna la liste des boutiques dans lesquelles il avait des comptes pour qu'elle puisse faire des achats sans problèmes.

- Merci Richard, c'est très aimable à vous, mais….

- Allons Candy, il va falloir faire encore des achats dans quelques mois… Je veux seulement que vous soyez prête si vous voulez commencer plus tôt…

Il faisait bien sur allusion aux achats pour la layette du bébé. Comme Sarah n'était pas au courant…

- D'accord, dit Candy, merci beaucoup Richard.

Ils terminèrent leur dîner et ensuite Candy retourna chez les Brydon. Louise, bien sur vint la voir pour savoir comment ça c'était passé…

- Alors ? Demanda-t-elle en entrant

- Et bien, dit Candy, ça s'est mieux passé que je ne l'espérais. Ce n'était pas si dur d'accepter l'aide de Richard…

- Richard…

- Oui, il veut que je l'appelle par son prénom…

- Wow ! Tu sais que c'est une des plus vieilles familles d'Angleterre ? Je pense qu'ils ont même du sang royal dans les veines….

- Vraiment, je vais avoir un bébé avec du sang royal ?

- Ce n'est pas pour rien que le duc veut s'occuper de toi. Il veut faire en sorte que son petit fils ou sa petite fille, ne manque de rien…

- Je suis même surprise qu'il ne doute même pas de la paternité de l'enfant…

- Et bien, il a entendu ton monologue… Ce n'est pas comme si tu es allée le voir pour lui annoncer la nouvelle… Il est tombé dessus par hasard…

- Oui, en effet et je n'aurai jamais pensé aller lui demander de l'aide…

- C'est pour ça que Dieu a fait en sorte que le duc t'entende…

- Tu crois, Louise, c'est la volonté de Dieu que j'ai le bébé de Terry… sans Terry ?

- Il y a une raison pour tout, Candy… Les voix de Dieu sont impénétrables…

- Lorsque le Seigneur ferme une porte, il ouvre une fenêtre…, fit Candy

- Prends la vie du bon coté, Candy. Quand mon père s'est retrouvé ruiné, je me suis lamenté sur mon sort et j'ai vu que ça ne m'avançait à rien… Alors j'ai cherché du travail et j'habite ici maintenant et ça va quoi, le reste de ma famille se débrouille…

- C'est marrant… Moi j'essaye de fuir le luxe on dirait que quelque chose me ramène toujours dedans…, dit Candy. Il a fait venir des robes d'une boutique de luxe de Londres et j'ai pu choisir ma garde robe… Il m'a ouvert un compte en banque et dans plusieurs boutiques de luxe, pour moi et pour le bébé… Il va commencer à venir me chercher pour déjeuner et dîner et aussi pour les réceptions… La vie de grande dame va commencer pour moi…

- Je donnerai n'importe quoi pour être à ta place !

- Enceinte et désespérée… ?

- Et fiancée au duc de Grandchester ! Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as, Candy !?

- Peut être… Mais je sais que j'ai besoin d'aide à cause du bébé …

- Petit Terry te porte bonheur jusqu'à présent Candy, et ça ne va pas s'arrêter là…

- Que veux-tu dire ?

- Qu'il y a une raison pour tout… L'avenir nous le dira… Je vais te laisser te reposer, maintenant. A tout à l'heure, Candy.

- A tout à l'heure, Louise…

Candy s'arrangea pour dormir. Elle pensa à la matinée chez les Grandchester. « Quand on n'a pas ce que l'on veut, on se contente de ce que l'on a… ». Lady Brydon était sortie toute la journée. Candy fut en mesure de se reposer et de digérer tout ce que qui lui était arrivé.

Le duc de Grandchester se mit à inviter Candy à déjeuner, à dîner et à l'amener dans les réceptions. La rumeur se mit à circuler que le duc de Grandchester se promenait avec une jeune fille qui était certainement sa protégée. Lady Brydon appela Candy pour essayer de lui demander la nature de sa relation avec le duc, car Candy revenait parfois très tard.

- Candy, dit Lady Brydon, les rumeurs circulent… Quelle est la nature de ta relation avec le duc de Grandchester ?

- Lady Brydon, dit Candy, il est très charmant et je l'aime beaucoup…

- Oh… Et vous êtes… ?

Candy rougit et regarda à terre.

- Il me fait la cour… Et je ne trouve pas ça désagréable…, dit-elle avec une petite voix

- Oh… Euh et bien, tu as de la chance. C'est une des plus grande famille d'Angleterre…

- Je sais, dit Candy

- Et bien, il est peut être un peu vieux pour toi, mais je te dis, bonne chance, Candy.

- Merci, et comme mon contrat avec vous est presque terminé, je vais aller habiter au château des Grandchester…

- Oh, oui, bien sur Candy. J'étais très heureuse de t'avoir à mon service, dit Lady Brydon

Lord Brydon entra dans la pièce. Et il entra dans la conversation des deux dames.

- Oh Candy ! Je voulais vous demander à propos du duc de Grandchester…

- Il me fait la cour et je vais aller habiter chez lui dans quelques jours, dit Candy

- Oh… dit Lord Brydon, alors c'est vrai ?

- Oui, chéri, dit sa femme

- Oh, bonne chance alors, dit Lord Brydon, Grandchester… C'est un beau parti…

- Merci, dit Candy et merci pour tout ce que vous avez fait pour moi…

- De rien Candy, dit Lady Brydon, j'ai eu de la chance de te rencontrer, tu es la plus gentille infirmière que j'ai rencontrée…. Et ce fut un plaisir d'avoir ta compagnie. Bonne chance avec le duc…

Candy sortit de là un peu essoufflée. Cette comédie était en train de l'épuiser… Mais c'était pour le bébé… Petit Terry… Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour nos enfants ?

Depuis que tu es partie Je suis seul et triste Depuis que tu es partie Je pense a toi J'essaye de comprendre La raison pour laquelle tu m'as quitté Qu'est-ce qui se passait dans ta tête? Tu me manques Dis-moi pourquoi les routes tournent? Oh tu me manques Dis-moi pourquoi les routes tournent? Je regarde et je vois des choses Qui me rappellent… Rien que te voir ton sourire Remplie mon cœur de joie Je me souviens toujours De tous ces rêves que nous avons partager Ou as-tu couru? Tu me manques Dis moi pourquoi les routes tournent? Ooh tu manques Dis-moi pourquoi les routes tournent? Parfois je me demande Si je n'ai pas compris La ou tu essayais d'aller Tu étais la seule a connaître le plan J'ai essayé d'être la Mais tu n'as pas voulu me laisser entrer Maintenant tu es partie J'ai le cœur brisé Je savais le jour de notre rencontre Que nous étions destinés a être ensemble Si seulement tu m'avais laissé J'ai versé tant de larmes Je dois faire face a mes craintes Nous avons laissé le temps glissé J'ai besoin de toi Ici aujourd'hui! Tu m'as tant donné A mon cœur A mon âme Tu avais tellement de rêves Dont nous n'avons pas parlé Tu avais tellement d'espoir Pour des jours meilleurs Pourquoi fus-tu, ma fleur Arrachée si brutalement? Tu me manques Dis-moi pourquoi les routes tournent

A New York, Terry était en train de perdre la boule. Il buvait de plus en plus, et sa performance au théâtre commençait à en souffrir. Il n'avait aucun but dans la vie, même s'il était un bon acteur fiancé qui avait toute sa vie devant lui… Etre sans celle qu'il aimait plus que tout, était une douleur insupportable. Il venait de passer sa journée au bar, il n'était pas allé au théâtre depuis plus d'une semaine. Au moins avec l'alcool, il ne sentait rien ou il s'en fichait, mais c'était l'alcool dans le nez… Il rentrait chez lui ivre et il dormait pour se réveiller le lendemain avec une horrible gueule de bois. Susanna le regardait tristement, impuissante. Que pouvait-elle dire ? Terry avait été forcé d'être avec elle. Quand il revenait ivre, il ne parlait que d'Elle ! De Candy ! Mais que fallait-il faire pour qu'il oublie cette maudite Candy ?

Terry se réveilla un matin avec la gueule de bois. Il s'arrangea et descendit et se rendit dans la salle à manger de la maison qu'il partageait maintenant avec Susanna. La bonne qui vit l'état dans lequel son patron se trouvait et lui fit un mélange de jus de tomate avec des œufs pour le dégriser. Susanna était à table en train de manger.

- Terry, dit-elle, je ne t'ai pas entendu revenir hier soir… Tu vas bien ?

- J'ai la gueule de bois, dit-il froidement

- Mais si tu ne buvais pas tant….

- Je fais ce que je veux Susanna ! Ne commence pas à me materner, j'ai déjà une mère pour ça !

- Je ne veux pas te materner, je veux juste…

- Juste quoi ? L'interrompit-il, me faire la morale ? Je le connais par cœur le code de la morale !

- Tu n'es pas de bonne humeur aujourd'hui je vois…

- Puisque je le suis d'habitude ? Dit-il ironiquement

La bonne apporta le courrier et le mit sur la table. Peut être que ça créerait une diversion et éviterait la dispute qui s'annonçait. Elle n'aimait pas voir ses patrons à couteaux tirés. Terry la remercia et il se mit à trier… Il y avait des factures, des journaux… Et une lettre d'Angleterre, intrigué il regarda au verso pour voir qui était l'expéditeur et il ouvrit les grands yeux !

- Terry, dit Susanna qui l'observait, ça va ? Tu as reçu une lettre… ?

- Tu vois bien, non ?

- De qui ? dit Susanna qui ne se laissait pas décourager

- De ma petite sœur…

- Oh… dit Susanna blessée

Elle ne savait pas qu'il avait une petite sœur en fait elle ne savait pratiquement rien sur Terry, maintenant qu'elle y pensait. Mais Terry ne semblait même pas réaliser que sa fiancée était un peu perturbée… Il lisait la lettre…

- QUOI ???!!!! Cria Terry indigné

- Que se passe-t-il ? Demanda Susanna inquiète

- Il parait que mon père a complètement perdu la tête !

- Comment ?

- Il a divorcé avec sa femme et maintenant il sort avec une petite fille plus jeune que moi ! Et il va se fiancer avec elle !

- Plus jeune que toi ?

- Ma sœur me demande de venir et d'essayer de mettre fin à cette situation sordide… La fille habite au château avec eux ! Elle a complètement pris le contrôle de la maison…

- Mais quel genre de femme profiterait de la faiblesse d'un vieil homme ? Dit Susanna

- Je ne pense pas que mon père se considère comme « un vieil homme »… Et avoir une jeune fille le rajeunit peut être… Mais elle en est après sa fortune, car je ne crois pas qu'une fille plus jeune que moi, soit vraiment amoureuse de mon père….

- On ne sait jamais…

- Mon père est très très riche Susanna…

- Tu crois qu'elle en veut à sa fortune ?

- Je ne crois pas, je le sais ! Et elle fait la gentille devant mon père mais Sarah me dit que dès qu'elle est seule avec elle, elle devient méchante et désagréable…

Susanna vit une opportunité d'occuper l'esprit de Terry avec autre chose que Candy.

- Terry, tu voudrais aller là-bas aider ta sœur à montrer à ton père que cette femme n'est qu'une opportuniste ?

Terry réfléchit un moment. En Amérique, sans Candy, il se sentait perdu et le théâtre pour le moment, il n'en voulait plus, car il jouait pour Candy, pour sa Taches de son, mais elle n'était plus dans sa vie. Un voyage en Angleterre… Semblait tomber à pic. Il peut faire une petite pause et aller à Londres régler le problème de son père, se débarrasser de cette opportuniste et revenir en Amérique ensuite…

- Oui, mais…

- Ça serait une bonne opportunité pour nous…

- Nous ?

- Oui, Terry, si tu vas en Angleterre, je viens avec toi…

Faire le voyage avec Susanna ? Il n'en avait aucune envie, mais elle était sa responsabilité, elle lui avait sauvé la vie et il l'abandonnait déjà tous les jours pour aller se saouler. Il ne pouvait que fléchir, car il se sentait un peu coupable de la traiter de la sorte. Elle était amoureuse de lui, elle lui avait sauvé la vie…

- D'accord Susanna, allons en Angleterre arrêter mon père de faire cette folie… Bien qu'il ait refusé de m'aider jadis…

Il pensa à l'époque où il avait ravalé sa fierté et était allé supplier son père pour qu'il aide Candy à rester au collège. Il avait catégoriquement refusé. Terry avait alors fait la seule chose qu'il pouvait pour sauver sa bien-aimée… Si seulement il l'avait amené avec lui, tout aurait été différent !

- Je vais aller voir Mr. Hathaway pour m'excuser et lui dire que je vais m'absenter…. J'espère au moins avoir encore mon travail…

- Monsieur Hathaway est très compréhensif, l'assurance me paye toujours depuis l'accident et il sait que tu as besoin de ton travail pour vivre et t'occuper de moi… Et en plus tu es un excellent acteur…

- Je l'espère, dit Terry. Je vais aller le voir ce matin…

Terry se rendit donc au théâtre pour voir Monsieur Hathaway. Il entra dans son bureau l'air penaud.

- Tiens qui voila !? Terrence Grandchester… Que me vaut l'honneur de votre présence Monsieur Grandchester…

- Bonjour, Monsieur Hathaway, je suis venu vous présenter mes excuses… Pour m'être absenté sans crier gare. Je vous ai laissé tomber, j'ai laissé tomber la troupe…

- Oui, en effet…

- Je suis en train de traverser une période difficile dans ma vie privée…

- Terry, nous avons tous une vie privée, mais nous ne la laissons pas déranger notre travail…

- Je le sais Monsieur, Je m'excuse… Je suis venu vous demander si je pouvais prendre quelques mois de congé pour régler mes problèmes personnels…

- Quelques mois ?

- Oui, Monsieur, je dois me rendre en Angleterre dans ma famille…

- Oh…

Robert Hathaway réfléchit pendant un moment. Terrence Grandchester était un excellent acteur. C'était un atout de l'avoir dans sa troupe. Et il ne resterait pas sans emploi longtemps avec son talent et le nom qu'il s'était déjà fait…

- D'accord Terry, prenez tout le temps qu'il vous faudra, allez en Angleterre régler vos problèmes. Et amenez Susanna avec vous, le changement de pays lui fera du bien…

- Merci beaucoup Monsieur dit Terry, merci infiniment pour cette deuxième chance que vous me donnez

- Bon voyage, Terry. Et essayez de vous amuser quand même un peu, ça détend l'esprit

- Au revoir Monsieur Hathaway

Terry sortit du bureau soulagé. Voyager avec Susanna ? Et bien c'était mieux que rien… Il se mit à faire des arrangements pour son voyage à Londres, pour aller arrêter son père de commettre une bêtise.