Auteur : Fisou
Titre : Datura
Genre : AU, Shônen-Ai KaixRei, vais essayer d'y mettre de l'angst.
Base : Bakuten Shoot Beyblade, ou tout simplement Beyblade.
Note : Chap un peu court je m'en excuse ! Et merci à tous ceux qui m'envoie des reviews, j'adore ça :) Mais n'hésitez pas à m'en faire aussi pour me parler de ce qui ne va pas dans ma fic ! J'aimerais encore plus :) ( que ça ne vous empêche pas de me jeter des fleurs lol )
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Datura
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La lumière se ralluma, et Kai posa ses yeux sur le Chinois qui était posé sur ses fesses, l'air à la fois effrayé et en colère.
- Tu n'avais pas besoin de faire ça ! s'exclama-t-il.
Kai rangea le pistolet qu'il avait sorti et lui tendit la main.
- Tu voulais te prendre une balle ?
- Y'avait des moyens plus doux de le faire.
Rei attrapa la main de Kai et s'en aida pour se relever. Lorsqu'il posa son pied droit à terre, il sentit une vague de douleur se répandre dans sa cheville. Il avait réussi à se la fouler lorsque Kai l'avait poussé pour le protéger. Génial.
Le Russe regarda à l'endroit où il apercevait la chevelure rousse éclatante de Tala. Apparemment l'un d'entre eux quatre avait eut un des types qui voulait s'en prendre à son grand-père. Après tout cela avait été prévu. Boris, le bras droit de Voltaire leur avait fait un long briefing sur ce qui risquait de se passer lors de cette soirée. Comme s'ils étaient assez idiots pour penser que tout allait bien se passer…
Sans un mot, Kai se décida enfin à rejoindre ses collègues. Un cercle s'était formé à l'endroit où reposait un corps inerte. Celui d'un homme Russe d'âge moyen, habillé en costume, comme tout le monde pour l'occasion. Tala retira son index et son majeur de la carotide de l'homme, puis se releva et soupirant de soulagement.
- Il est encore en vie, nous allons pouvoir l'interroger, affirma-t-il.
- Tala, je ne suis pas certain qu'avec deux balles dans le bide et une dans le poumon droit, il puisse s'exprimer librement, si tu veux mon avis…répliqua Bryan au rouquin en croisant les bras sur son torse.
Kai examinait tranquillement les blessures de l'homme, qui se vidait tranquillement de son sang en attendant qu'un quelconque médecin vienne le sauver.
- Il n'y a que trois trous, nous sommes quatre, remarqua le roux. Qui n'a pas tiré ?
Le jeune Kai ne cilla pas, ni ne daigna répondre. Pourtant il était normal que ce détail ait attiré l'attention d'Ivanov. Eux quatre avaient été entraînés pour, et ne rataient jamais leurs cibles. Or, leur cible n'avait été touchée que par trois balles. Mais il ne fallait pas compter sur Kai pour expliquer qu'il était trop occupé à pousser Rei sur le sol pour l'empêcher de se faire tirer dessus, non, ce n'était pas son genre.
- Spencer est partit surveiller dehors ? demanda-t-il pour changer de conversation.
Le garçon aux cheveux lilas répondit d'un hochement de tête.
- Nous devrions emmener celui-ci alors, dit Kai en s'accroupissant d'un côté du corps.
Ses deux collègues l'aidèrent à le soulever, puis ils le transportèrent plus à l'intérieur du manoir, pour l'empêcher de mourir, en premier lieu. Les invités, effrayés, dégoûtés ou curieux, leur laissaient le passage. Il n'était pas anormal que la famille Hiwatari ait des ennemis, ni qu'elle soit munie d'une garde rapprochée très efficace.
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Bien préparé, l'homme n'avait craché aucune information sur sa mission et ses employeurs. Même Ivanov et sa panoplie d'instruments ne l'avaient pas fait plier. Kai en était sortit légèrement énervé, mais au moins le roux avait pu s'amuser. Maintenant qu'il s'était calmé les nerfs sur ce gars, il serait moins sur son dos…certainement.
Les pas de Kai crissaient sur la neige poudreuse qui recouvrait le sol. Il était sortit prendre un peu l'air, espérant que le vent glacé balaierait ce sentiment d'échec que lui inspirait sa vie ces deux derniers jours, soirée de merde sur soirée de merde. Il avançait en regardant le ciel étoilé, sans s'attendre à…
- Kai ?
Le jeune Russe baissa doucement les yeux vers la forme assise à quelques mètres de lui, devant les grilles du manoir.
- Encore là ? se décida-t-il enfin à demander.
Son interlocuteur se gratta nerveusement le front de l'index gauche.
- Après les coups de feu, mon client m'a planté.
Kai haussa un sourcil en attendant un quelconque complément d'information. Voyant que ça n'était pas prêt d'arriver, il ajouta :
- Et ?
Le Chinois soupira, c'était la honte…
- J'ai pas d'argent pour un taxi, je ne peux pas marcher longtemps avec ma cheville, et je ne connais pas mon chemin. Donc j'attends que le jour se lève, pour y voir et en espérant que je pourrai marcher.
- Et crever de froid ?
- Ce n'est pas comme si j'avais le choix de faire autre chose Kai…
Le Russe roula légèrement les yeux. Pour lui les seules bonnes raisons de ne pas pouvoir marcher étaient d'être proche de la mort où de ne plus avoir de pieds. Sans compter qu'une nuit sous la neige était quand même plus dangereux qu'une entorse. Tiens, en parlant de ça, Kai avait toujours une dette envers le brun. Ceci l'aida à prendre une décision face à un Rei impuissant.
Il s'avança vers lui, et s'accroupis dos à lui.
- Monte.
Rei papillonna, surpris.
- Je ne vais pas rester comme ça trois ans, monte ! s'impatienta le Russe.
- Ok.
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- Je ne suis pas trop lourd ?
- Hn.
- Vraiment ?
-…
- J'habite pas à côté, ça serait peut-être moins fatigant pour toi de juste m'aider à marcher.
-…
- Allez laisse-moi descendre !
Kai leva les yeux au ciel et baissa légèrement ses mains qui servaient d'appui au jeune Chinois qui commença à glisser. Rei raffermit sa prise autour du cou du Russe, les yeux écarquillés par la surprise de s'être sentit tomber.
- Kaieuh !
Kai s'arrêta de marcher et le remonta convenablement sur son dos.
- J'aimerais respirer.
- Oh, pardon ! s'exclama Rei en replaçant ses bras autour des épaules de son porteur.
- Et nous sommes presque arrivés.
- Ok…
Le jeune Russe soupira intérieurement et repris la marche, se demandant d'où il avait eut cette idée de ramener le brun sur son dos, comme s'il n'avait pas pu simplement faire venir un taxi…
Quelques dizaines de minutes de marche plus tard, Kai eut enfin le plaisir de se retrouver au pied de l'immeuble de ce qu'il avait fini par surnommer intérieurement « son colis. »
- C'est bon Kai, je peux descendre, y'a un ascenseur.
Le Russe attendit que les bras crispés du Chinois se desserrent de ses épaules, et le laissa glisser gentiment à terre. Rei posa une main sur le mur froid pour garder un appui, et de l'autre chercha ses clés ans ses poches. Il ouvrit, avança en boitillant – le froid avait endormi la douleur de sa cheville – puis se tourna vers Kai.
- Tu viens ?
Le jeune Russe fronça imperceptiblement les sourcils. Il attendait juste que Rei ferme la porte pour rentrer chez lui à son tour, il n'avait pas prévu que Rei veuille le garder encore avec lui. Après tout, quelle personne honnête inviterait un mafieux chez elle ? Enfin honnête…Le Chinois faisait lui aussi partie de la réception.
Le brun croisa les bras en signe d'impatience, devant le silence de l'autre garçon. Puis il l'attrapa par le poignet et tira son bras vers lui.
- Allez te fais pas prier.
Kai posa ses prunelles écarlates sur son poignet et les doigts qui l'entouraient. Les doigts du Chinois étaient gelés. Le Russe ferma les yeux, et soupirant intérieurement à cause de la faiblesse de son comportement, avança vers le brun qui le traîna vers l'ascenseur.
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- Tu veux quelque chose à boire ? Du café ?
Rei jeta en vrac son manteau et sa cravate sur le canapé du séjour et partit d'un pas claudicant vers la cuisine, et ayant pris le « Mm » habituel du Russe pour un oui. Il attrapa deux tasses dans un placard, et mis de l'eau dans une bouilloire qu'il mit sur le feu. Kai gardait un œil sur lui depuis l'entrée de la pièce.
- Pourquoi ? demanda-t-il soudainement.
- Parce que c'est du café que tu avais préféré l'autre jour, mais si tu veux du thé, ça ne me pose aucun problème, répondit le Chinois en posant le sucrier sur la table.
Kai arqua légèrement un sourcil.
- Ce n'était pas ma question.
- Alors tu veux bien la refaire avec plus de mots ? sourit-il en se tournant vers l'autre garçon.
Le Russe croisa les bras en roulant légèrement les yeux.
- Pourquoi m'avoir fait monter ?
- Pourquoi ne pas le vouloir ? N'importe quelle personne civilisée t'aurait invitée. Bon ok Je t'ai un peu traîné jusque dans l'ascenseur mais…
Rei fut coupé par le sifflet de sa bouilloire. Il coupa le gaz, pris la bouilloire et versa de l'eau fumante dans la tasse de Kai.
- Je te laisse mettre ton café, tu sais mieux que moi ce que tu veux. Même si je t'imagine bien buvant un café très noir.
- Oui…
Rei posa sa bouilloire et mis quelques feuilles de thé dedans, son attention fixée sur le nombre de cuillères de café soluble que Kai mettait dans sa tasse… Cinq… Sans lait ni sucre. Lui aurait trouvé ça imbuvable. Peut-être que les Russes avaient la langue gelée…
- Quoi ?
Rei releva brusquement les yeux vers Kai qui le fixait les sourcils froncés.
- Rien, rien, s'éclipsa-t-il en se grattant la nuque d'une manière gênée.
Le brun se glissa sur une chaise et posa sa tête chaude sur la table fraîche, son profil tourné vers l'autre garçon qui regardait les flocons de neige tomber derrière la fenêtre.
- Nous-nous sommes revus finalement Kai.
Le Russe reporta sur lui ses yeux rubis, haussant intérieurement un sourcil. C'était la première fois qu'il entendait le brun lui parler un avec un ton un tant soit peu sérieux.
- J'avais lu dans ton regard que tu ne pensais pas que ça pouvait arriver, et pourtant tu es là.
- Et donc ?
- Nan, rien, je dois être en manque de théine, sourit-il en se redressant.
Comme pour prouver ce qu'il disait, il souleva le couvercle de sa théière et regarda d'un œil expert la couleur du thé, puis, après s'être dit qu'il était prêt à consommer, s'en versa enfin dans sa tasse.
Chacun avala sa boisson silencieusement. Le regard sévère de Kai voguant des flocons blancs, à celui de Rei qui était devenu plus distant.
Par habitude, le Chinois avait posé sa tête sur la table de la cuisine, et sans s'en rendre compte, fini par s'endormir. Kai avala sa dernière gorgée de café, et après quelques secondes à peser le pour et le contre, souleva doucement le brun et alla le poser dans son lit. Avisant les joues rosies et le teint pâle de son colis, Kai lui posa une main sur le front. Rei avait l'air d'avoir une légère fièvre.
Le Russe soupira, et par habitude de trouver l'aspirine à cet endroit précis chez lui, ouvrit le tiroir de la table de nuit. Il y trouva effectivement un tube presque vide, sur une photo qui lui tournait le dos, le narguant presque.
Il faut savoir que d'habitude, le grand Kai Hiwatari n'aurait jamais trouvé d'intérêt à ce genre de chose. Peut-être était-ce à cause de la langue chinoise utilisée pour écrire quelque chose au dos de cette photo, ou peut-être parce que l'encre avait bavé aux endroits où des gouttes incolores étaient tombées, cependant, Kai Hiwatari prit la photographie entre ses doigts pâles, et la retourna.
Sur l'image se trouvaient cinq adolescents posant joyeusement devant la bordure d'une rivière, lors d'une journée ensoleillée. On pouvait voir quelques cannes à pêche qui attendaient sagement que les poissons mordent. Un Rei heureux en Chine faisait le signe V avec ses doigts. C'était à se demander ce qu'il était venu faire seul en Russie…
Kai entendit le jeune homme gémir dans son sommeil. Il replaça soigneusement la photo dans le tiroir, remplit le verre d'eau qui était sur la table de nuit avec l'eau de la bouteille qui traînait par terre, et y plongea un comprimé effervescent. Lorsqu'il fut dissout, Kai redressa Rei et le fit boire doucement. Le Chinois, dans son demi-sommeil, murmura quelque chose dans sa langue natale, qui, vu la tête qu'il faisait, voulait certainement dire « beurk c'est pas bon », selon Kai.
Il reposa le brun correctement sur son oreiller, et quitta silencieusement l'appartement.
Tsusuku…
