Auteur : Fisou
Titre : Datura
Genre : AU, Shônen-Ai KaixRei, vais essayer d'y mettre de l'angst.
Base : Bakuten Shoot Beyblade, ou tout simplement Beyblade, ou encore, la seule série commerciale intéressante qu'ils aient arrêté de diffuser en France.
Note : Je ne suis pas une alcoolique.
Reviews : Merci à Kalas1209 à Hayko Maxwell et à Azalee ! Des gens bien je vous le dis ça ! Pis Kat aussi, même si j'ai encore dû lui rappeler de reviewer( heureusement que c'est pour elle que j'écris la fic ¬.¬ )
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Datura
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Sans dire un mot, Kai prit en main sa fourchette à fruit de mer, et posa un œil inexpressif sur les huîtres au caviar qui lui faisaient face, gentiment posées sur leur plat. A l'autre extrémité de la longue table rectangulaire, Voltaire Hiwatari aussi restait silencieux, ne faisant non plus pratiquement aucun bruit en mangeant ce mets de Roi. Pourtant ce n'était pas jour de fête, Kai avait l'habitude de manger ce genre de choses assez souvent.
Il fini par avaler machinalement le mollusque, le regard dirigé vers la fenêtre, qui laissait entrer un rayon blafard, illuminant la salle à manger plongée dans les ténèbres de la nuit tombante. Un serviteur apporta deux candélabres et alluma les bougies l'une après l'autre, en commençant par le bougeoir déposé du côté de Voltaire. Kai regarda d'un air absent les ombres danser sur le visage de son aïeul, lui donnant un air plus sévère.
Lorsque son propre candélabre fut entièrement illuminé, l'adolescent promena son regard sur la salle aux ombres grisâtres, à laquelle même les bougies n'arrivaient pas à donner un peu d'âme.
Voltaire attrapa une nouvelle huître, son petit-fils fit de même, toujours sans un mot l'un envers l'autre.
L'atmosphère froide qui régnait dans le manoir n'avait jamais vraiment choqué Kai. Après tout il avait baigné là-dedans depuis sa plus tendre enfance, dans l'abbaye dans laquelle Voltaire et son bras droit Boris les avaient élevés tous les cinq. (1)
Pourtant en repensant à ces murs peints de bleu pâle, à cette légère odeur d'encens et à la musique asiatique qui résonnait doucement dans l'appartement de Rei, le Russe se dit qu'il pourrait se mettre à apprécier ce genre d'atmosphère aussi. Ne vous détrompez pas, il avait déjà pénétré dans des maisons d'atmosphère plus chaleureuse que celle du manoir, mais c'était en général pour en ressortir en les laissant froides comme la mort.
L'appartement de Rei, il y était retourné deux fois, et même si son occupant était tombé malade, l'atmosphère là-bas n'avait en rien changé.
Rei…Avec ses yeux d'ambre et sa chevelure trop longue pour tout être sain d'esprit. Lui aussi était certainement la seule personne chaleureuse qu'il n'ait jamais rencontrée. Certainement la seule qu'il ait eut à porter sur son dos aussi…
Kai soupira intérieurement en reposant une coquille d'huître. Il en était encore venu à penser au Chinois.
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Kai irrité par l'observation constante dont il faisait l'objet, ouvrit brusquement les yeux pour les planter dans ceux de l'adolescent roux lui faisant face, adossé comme lui contre le mur du couloir, attendant que Boris ne daigne leur laisser passer la porte de son bureau.
Bryan appuyé contre le même mur que Tala, regardait sans expression particulière les deux autres occupés à un staring-constest, ou plutôt un glaring-contest, dans leur cas. Il sourit intérieurement en pensant à quel point Tala pouvait être puéril parfois, enfin à sa propre manière tordue. Le rouquin en voulait toujours à Kai pour sa disparition quelques jours auparavant, et si ça n'avait pas été pour la trop grande proximité de Boris, Tala l'aurait déjà plaqué au sol en lui pointant un flingue sur la tempe pour le faire répondre à ses questions. Ca aurait été un spectacle intéressant, vraiment.
La voix de Boris se fit entendre de l'autre côté de la porte, tirant Bryan de ses pensées. Suivant ses deux congénères, il pénétra dans la pièce, excité à l'idée d'un nouveau job. Une lueur fugitive dans le regard du roux, qu'il connaissait bien, montrait qu'il n'était pas contre quelque chose sur laquelle passer ses nerfs, par contre Kai semblait totalement désintéressé par tout ça. Il était le genre de gars à faire proprement le travail qu'on lui donne sans rien y ressentir, ni excitation ni peur, pour ensuite rentrer gentiment à la maison prendre une douche et se coucher. En tout cas c'était comme ça que Bryan le voyait, et il ne pensait pas être loin de la vérité.
Kai planta son regard écarlate sur Boris, les bras croisés sur son torse, attendant patiemment pour l'homme de commencer. Lui était resté derrière son bureau, confortablement installé dans son fauteuil en cuir noir, les bras posés sur ses accoudoirs. Il regardait avec une fierté malsaine les trois jeunes hommes qui lui faisaient face.
– Vous aurez chacun quelque chose de différent à faire ce soir, et chaque mission vous a été attribuée comme d'habitude en tenant compte de vos habilités.
Il déposa trois enveloppes sur son bureau de bois sombre, et chacun s'avança silencieusement pour venir chercher celle qui lui faisait face. Tala en détacha l'ouverture avec ses ongles et lu rapidement la lettre tapée à l'ordinateur. Sans la ranger il attrapa le pass qui lui était fournit et vit un léger sourire ourler ses lèvres pâles. CA promettait d'être amusant.
Bryan ne le montrait pas, mais il pensait la même chose de sa mission. Seul Kai avait soigneusement replié son enveloppe sans l'ouvrir, et l'avait rangée dans une poche de son pantalon noir.
– Allez-y, et surtout ne vous perdez pas en chemin, si vous ne voulez pas finir comme Spencer qui hurle certainement au sous-sol, au moment même où nous parlons, lança Boris pour congédier ses ustensiles.
– Ca n'arrivera pas Monsieur, lui répondit Kai en refermant la porte derrière lui.
– Spencer est en bas…murmura Tala qui avait légèrement pâlit, sans pour autant perdre son air placide.
Kai haussa un sourcil, Ivanov n'était pourtant pas proche du tank du groupe. Il haussa mentalement les épaules et tourna les talons en entendant la voix froide de Bryan répondre au rouquin.
– S'il y est, c'est qu'il a fait une connerie, c'est son problème.
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Marchant d'un pas régulier dans la rue, Kai déplia une nouvelle fois son ordre de mission, et le parcouru du regard. Sa cible s'appelait Vladimir Smirnoff, 45 ans, cheveux gris, visage aux traits coupants, assez moche il devait dire en regardant la photo, et qui possédait une disquette qu'il devait lui dérober. Il habitait assez loin, alors il était partit immédiatement pour arriver à l'heure convenue, et vérifiait la position de sa cible sur la carte qui lui avait été confiée. Car Kai Hiwatari préférait se déplacer à pieds, à l'instar de Bryan et Spencer qui ne sortaient jamais sans leur cylindrée. Kai trouvait qu'une moto c'était encombrant, et surtout peu discret.
Il remercia intérieurement sa forte résistance au froid, que les longues nuits passées à l'abbaye lui avaient octroyée. Car même s'il avait le luxe de porter un pull en cashmere et une bonne écharpe, ce n'était pas son long manteau de cuir noir, ni ses gants fait de la même matière, qui allaient lui tenir très chaud. Et en plus ça lui évitait de ressembler à un bibendum, pas comme un certain étranger qu'il avait trouvé un jour errant dans la neige.
Kai se gifla mentalement. Assez avec Rei maintenant. Il s'arrêta d'avancer quelques rues plus loin, et leva les yeux vers l'hôtel en face duquel il était. Bien, c'était le moment d'entrer en scène !
Le bruit de ses pas résonnaient sourdement alors qu'il avançait sur la moquette qui recouvrait le sol de l'hôtel luxueux. Kai n'aperçu aucune connaissance de son grand-père, et personne ne s'arrêtait dans sa tâche pour le regarder suspicieusement en murmurant des paroles craintives à son voisin. C'est pourtant ce à quoi on aurait pu s'attendre lors d'une apparition en public de l'héritier des Hiwatari. Mais mis à part quelques mafiosos, les gens normaux ne connaissaient pas son visage. Voltaire s'était décidé sur ça pour que son petit-fils puisse travailler incognito, et Kai s'était fait une joie de cet arrangement, pour les mêmes raisons.
Connaissant le numéro et la position de la chambre où se trouvait sa cible, il prit directement le couloir sans passer par la réception – ce qui aurait été plutôt fâcheux vu les circonstances, autant que si tout le monde l'avait reconnu – et attrapa son « nécessaire de serrurier ». Arrivé devant la porte, il profita du fait que sa cible soit en train de parler à quelqu'un d'autre et mette du Jazz dans une sono, pour en crocheter la serrure. Le Russe se demanda à quoi lui servaient ses aptitudes si ses cibles se mettaient elles-mêmes à distraire leur propre attention et à faire du bruit pour masquer son arrivée. Son travail était ainsi simplifié, certes, mais il allait finir par rouiller. Heureusement, tout le monde n'était pas aussi détendu que Smirnoff, les autres auxquels il avait eut affaire auparavant étaient particulièrement paranoïaques à vrai dire. Certainement étaient-ils conscients que mettre le désordre dans les affaires des Hiwatari n'était pas bon pour la santé.
Un léger clic se fit entendre et Kai poussa doucement la porte, pénétra dans la pièce et la referma avec tout autant de soin. Barry White masquait maintenant le bruit déjà léger de ses pas sur le sol. L'adolescent rangea son trousseau et sortit à la place son silencieux. Smirnoff semblait trop occupé à se débarrasser de ses vêtements pour remarquer sa présence. Kai ne vit pas l'autre personne qui était avec lui, mais il entendait du bruit venant de la pièce voisine, il verrait avec lui plus tard, pour l'instant…
Smirnoff laissa glisser sa chemise, et Kai grimaça intérieurement à la vue d'un signe cabalistique particulièrement hideux qu'il avait de tatoué sur son épaule droite. Cette mission était particulièrement ennuyeuse, autant en finir vite. (2)
L'adolescent se racla doucement la gorge pour se faire remarquer – autant mettre un peu de piment dans tout ça.
Surtout ne pas dire à Bryan qu'il commençait à torturer mentalement ses victimes.
L'autre Russe se tourna en souriant vers la porte de la salle de bain, mais la voyant toujours fermée, laissa courir ses yeux brillants dans la pièce pour ensuite sentir son visage passer de l'anticipation lubrique à une expression de terreur mal dissimulée.
– Hiwatari…
Kai appuya sur la détente et la balle vient se loger dans le front de la cible qui s'écroula dans un bruit sourd. La porte de la salle de bain s'ouvrit avec précipitation, et le jeune garçon pointa instinctivement son arme sur le nouvel arrivant.
– Monsieur Smirnoff vous allez bien ? demanda l'intrus avant de se rendre compte de la situation.
Son client était à terre, un filet de sang vermeil s'écoulant d'un trou qu'il avait dans le front, et à quelques pas derrière lui se tenait quelqu'un vêtu de noir. Il leva lentement les yeux vers le porteur de l'arme et les sentit s'écarquiller lorsqu'ils atteignirent son visage.
– Kai ?
Kai souffla intérieurement, contrarié. Il ne baissa pas son flingue, même après avoir plongé son regard dans celui doré et interrogateur de l'adolescent qui se tenait au chambranle de la porte, simplement couvert d'une paire de boxers et de ses longs cheveux noirs, raides et brillants, qui cascadaient sur son dos et ses épaules.
« Merde, invectiva mentalement Kai, Grand-père, pas Rei… »
– Qu'est-ce que tu fais là ? demanda froidement le Russe.
Rei le regardait sans vraiment croire ce qu'il voyait.
– C'est moi qui devrais te poser cette question ! Pourquoi tu l'as tué !
Kai soupira intérieurement et désigna la salle de bain en agitant son arme.
– Habilles-toi. Maintenant.
– Ok.
Vu le ton que l'autre garçon employait, Rei préféra ne pas pousser sa chance trop loin. Il referma la porte de la salle de bain derrière lui et ouvrit un robinet du lavabo, s'aspergeant le visage d'eau froide.
Ca ne pouvait pas arriver. Kai ne pouvait pas avoir tué son client, et lui ne venait pas d'être découvert !
Il soupira un bon coup et se rhabilla avec les vêtements qu'il avait soigneusement pliés dans un coin. Il laissa son ruban dans sa poche, sachant qu'il allait mettre trop de temps à l'enrouler autour de ses cheveux. Il allait sortir mais sa main resta statique au-dessus de la poignée de porte. Est-ce qu'il était stressé ? Vraisemblablement. Est-ce qu'il avait peur ? Un peu. Est-ce qu'il pensait que Kai allait le tuer ? Non pas tout de suite, ou alors Kai le trouvait hideux en sous-vêtements, et préférait le tuer une fois habillé…
Le brun secoua la tête, se disant à quel point il était ridicule. Kai devait forcément avoir une explication, et le Russe étant la seule chose qui ressemblait le plus à un ami pour Rei dans cette contrée étrangère, il n'allait rien lui faire.
C'était plus rassurant de penser ainsi.
Il se décida enfin à sortir de la pièce, et trouva le Russe tranquillement en train de l'attendre, assis au pied du lit encore fait.
– Kai ?
L'interpellé releva lentement la tête vers lui, le transperçant de son regard, comme s'il lisait directement ce qu'il pensait à travers ses prunelles. Rei baissa les yeux et pointa le cadavre du doigt.
– Il va falloir que tu m'expliques ça.
Encore deux choses à rajouter pour Kai, dans les liste des « jamais vu ailleurs qu'avec Rei Kon » : expliquer la nature de ses actes au sein de la famille Hiwatari à une personne étrangère à l'abbaye Balcov. Et épargner sa vie.
– Et toi ça, répliqua le Russe en pointant du canon de son silencieux la pile de billets qui était posée sur la table de nuit. Mais pas ici.
Rei hocha vivement la tête. L'autre garçon n'avait pas l'air de vouloir le tuer pour le moment. Kai lui fit signe d'avancer, alors il obéit, sans oublier de prendre son argent, il sortit calmement dans le couloir avec un tueur qui venait de ranger le flingue qui encombrait sa main. Et il n'avait plus peur, et c'était bien ça qui l'effrayait.
« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » se demanda-t-il en se dirigeant vers la sortie de l'hôtel.
Une fois séparés de l'hôtel par quelques mètres, le Chinois se tourna vers Kai, les sourcils légèrement froncés.
– Où va-t-on ?
– Ton appartement, fut la réponse brève du Russe.
– T'as une voiture ?
– Des pieds.
– Ah…
Rei enfonça plus profondément ses mains dépourvues de gants dans ses manches de manteau.
– Dépêchons-nous alors, ça caille. (3)
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Commençant à avoir l'habitude, Rei prépara un café noir à son invité. Mais lui, il avait besoin d'un verre. Attendant que l'eau chauffe, il chercha dans un placard et pris la première bouteille d'alcool qui passa : du Soho. Parfait. Il l'ouvrit et bu quelques gorgées au goulot, puis posa la bouteille sur la table. Il se retourna et sursauta lorsqu'il aperçu Kai dans l'ouverture de la porte.
– Kai !
– Tu es nerveux.
– Je ne vois pas pourquoi je devrais l'être ! s'exclama Rei en totale dénégation.
Sous le regard intense du Russe, il soupira.
– Ok je crois que je suis effectivement un peu nerveux. Mais ça va vite passer.
– Avec quelques verres de liqueur ?
– Exactement.
Kai haussa un sourcil amusé. Rei avait été bien calme durant leur marche, mais il semblait que de le revoir en pleine lumière avait fait réaliser au brun ce qu'il s'était passé dans la chambre d'hôtel.
– Je ne vais pas te manger.
– Je préfèrerais !
Rei ouvrit grand ses yeux. D'où c'était sortit ça ? Il n'avait pas voulu dire ça…Pas encore…
– Tu préfèrerais ?
Kai ne devait pas non plus dire à Bryan qu'il commençait à apprécier de torturer mentalement ses victimes.
Le micro-ondes sonna alors, comme pour délivrer son Maître du pétrin dans lequel il s'était involontairement fourré.
– Nan ! Tu m'embrouilles ! s'exclama le brun en sortant la tasse fumante de l'appareil électroménager.
Il alla chercher le café instantané, et en mis quelques grosses cuillères dans la tasse, sans vraiment doser. Il revissa ensuite rageusement le couvercle en plastique sur sa boîte et respira un grand coup. Il planta ses yeux dans les iris écarlates de Kai, et lança d'un ton déterminé :
– C'est toi qui commences.
– Tu prendras ton tour après avoir fini cette bouteille ?
– T'as tout compris.
Tsusuku…
(1) Dans un autre contexte ça ferait presque un VoltaireXBoris XD
(2) Ayé, Cabalistique casé !
(3) Et je suis fière de moi XD J'ai osé le laisser comme ça XD
Fisou : Voilà fini XD
Kai : Je parle trop.
Rei : Et moi j'aime mon micro-ondes.
Kai : Je dois me servir de lui pour te cuire avant de te manger ?
Rei : Je préfèrerais un endroit où on rentre à deux dedans.
Fisou /pour elle-même/ Je sens une impression de déjà-vu…. /A voix haute/ Le placard est occupé Rei.
Rei : Tant pis, on va aller faire la queue /s'en va/
Kai : Tu crois pas si bien dire chaton… /le suis/
Fisou /se racle la gorge/ Boooon… Alors voilà, chapitre fini, cliffhanger, des questions à moitié répondues, et un truc pervers qui se passé dans la pièce à côté que je dois aller épier ça vite fait /se lève en vitesse et sort…ou pas, la porte est fermée/
Rei /entend les bruits sourds venant de la chambre de Fisou/ Elle nous fait quoi là ?
Kai : Elle essaie de pousser sa porte bloquée par Le placard que j'ai poussé là.
Rei /sweatdrop/
Kai : Faut la garder là, Tyson la mangera.
Fisou /voix lointaine désespérée/ NAAAAAAAAAAAaaaaaan !
