Auteur : Fisou
Titre : Datura
Genre : AU, Shônen-Ai KaixRei, vais essayer d'y mettre de l'angst.
Base : Bakuten Shoot Beyblade, ou tout simplement Beyblade, ou encore, la seule série commerciale intéressante qu'ils ont arrêté de diffuser en France.

Note : Désolée j'ai abusé pour le temps de mise à jour. En ce moment j'ai tout simplement pas la tête à ça, gomen nasai…

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Datura
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Rei gardait nerveusement sa bouteille de liqueur de litchi entre ses doigts crispés. Il ne comprenait pas pourquoi il était dans cet état d'énervement extrême alors qu'il avait été parfaitement calme une heure plus tôt.

Il sentit le regard froid de Kai se poser sur lui, en résultant un frisson lui remontant le long de la colonne vertébrale. Il avala une nouvelle gorgée de Soho pour se donner du courage. Kai allait le détester lorsqu'il écouterait son histoire…

Un grognement étouffé s'échappa de la gorge du brun lorsqu'il laissa tomber sa tête en arrière, sur le dossier du canapé du salon sur lequel ils étaient assis, son invité et lui.

Kai reposa silencieusement sa tasse de café noir sur la table basse en verre. Il gardait un œil posé sur Rei qui paraissait avoir étrangement envie de disparaître dans une souricière. Ca faisait bien cinq minutes qu'ils étaient silencieusement assis sur ce canapé, et Kai n'avait pas l'intention de commencer son récit tant que le brun ne s'était pas calmé un peu. Rei leva enfin les yeux vers lui, et Kai lui rendit son regard avec un haussement de sourcils.

– C'est bon, annonça enfin Rei, je suis prêt à tout entendre. Mais évites les insultes pour la suite ok ? Bien que ça n'ait pas l'air d'être ton genre, je ne te voyais pas non plus capable de tuer quelqu'un alors…

– Rei, le coupa fermement Kai.

– Pardon.

Le Russe ferma les yeux et se pinça l'arrête du nez, se préparant pour le plus long monologue de toute sa vie.

– Depuis que je suis petit, je suis entraîné à tuer. J'exécute les ordres venant de mon Grand-père.

Voilà pour le monologue, Kai avait de quoi être fier de lui, ne croyez-vous pas ?

Rei au moins maintenant était parfaitement calmé.

– Ton Grand-père ? Il te force à tuer des gens ?

– Pour le bien du clan Hiwatari.

– Mais pourquoi toi ?

– Je suis doué.

– Il n'a pas d'autre personnel ?

– Nous sommes cinq.

Kai soupira intérieurement. La version courte ne suffisait apparemment pas au Chinois.

– Nous sommes cinq à avoir subit un entraînement drastique depuis notre plus tendre enfance, par le bras droit de mon grand-père, dans l'optique de devenir des assassins à son service. Nous avons chacun nos spécialités et nos façons de procéder. Nous n'avons droit à aucun contact avec le monde extérieur et n'en cherchons aucun. Nous menons toujours à bien les missions qui nous sont confiées, et voilà.

– Et voilà ?

Rei n'en croyait pas ses oreilles. Kai venait de lui faire la révélation d'une existence sombre, mais avait l'air de s'en moquer comme de sa première couche.

– Mais Kai, c'est pas une vie ça, tu dois te casser de chez lui ! C'est pour ça que t'étais blessé l'autre soir hein ? Faut vraiment que tu partes, tu peux rester ici si tu veux, ça ne me dérange pas au contraire ! Mais je veux pas que tu sois malheureux là-bas ! Ca doit paraître étrange parce qu'on ne se connaît pas beaucoup mais ça n'empêche pas que…

– Rei.

Le ton sans appel qu'avait pris la voix du Russe avait de nouveau arrêté le brun dans sa lancée. C'est qu'il était plutôt bavard en ayant bu…

– J'ai choisis cette vie, continua le Russe.

Rei avala une nouvelle rasade de Soho, soudainement miné par ce qu'il avait appris. Le Russe avait choisit cette vie, mais il ne pouvait certainement pas en être heureux…

– Kai…

Kai pris des mains de Rei la bouteille de liqueur pratiquement vide et la posa de son côté, hors de portée du Chinois. Qu'il boive pour se donner du courage c'était bien, mais s'il buvait trop, il n'allait plus être capable de prononcer un mot, et le Russe voulait savoir ce que le brun avait à dire. Eh oui, Kai Hiwatari était pour la première fois curieux à propos de quelqu'un. Effrayant.

– A toi.

Le brun poussa un soupir à fendre l'âme et ferma les yeux. Le moment tant redouté venait d'arriver. Sans compter qu'il aurait aimé parler un peu plus de la vie de Kai… En espérant ne pas tout oublier le lendemain matin à cause de l'alcool. Si ça se trouve c'était pour ça que le Russe l'avait laissé boire : pour qu'il ne garde rien en mémoire.

Rei soupira un peu plus. Peu importe, autant en finir vite.

– Je suis à la recherche de quelqu'un. D'un ami d'enfance qui a brusquement disparut du petit village dans lequel nous vivions. Nous savions qu'il avait de gros ennuis, mais il n'a jamais voulu nous y mêler. Maria aussi est à sa recherche, en Europe. Lee parlait souvent de ce continent ou de la Russie, alors nous-nous sommes dit que c'était par là qu'il fallait commencer nos recherches. Mais ça prend du temps, et pour vivre en Russie il faut de l'argent. Et personne ne veut s'encombrer d'un étranger qui ne sait rien faire d'autre que cuisiner où quelques prises de karaté. C'est pour ça que j'ai dû faire ce boulot, « Escort Boy ». Là au moins mes traits asiatiques sont appréciés, je gagne assez d'argent pour rester ici, même parfois les hommes se confient, et j'attends d'entendre parler de Lee. C'est pour ça que je suis venu chez toi l'autre soir, j'accompagnais Monsieur Krishkov pour la soirée, et Smirnoff, que tu as tué, était un de mes plus gros clients. C'est tout.

Rei qui avait tout dit d'une seule traite, respira puis souffla un grand coup. Il n'osait même pas regarder ne serait-ce qu'un centimètre carré de la surface de Kai.

– Hn.

– Voilà. Maintenant rends-moi ma bouteille.

– Non.

Rei se leva doucement et se rapprocha de Kai en tanguant le moins possible. La bouteille était aux pieds du Russe. Et si ce dernier ne voulait pas la lui donner, eh bien Rei n'avait qu'à aller la chercher lui-même. Mais c'était sans compter Kai, qui décida pour le bien du brun, d'avaler le reste de l'alcool contenu dans la bouteille.

Les yeux rivés sur sa bouteille désormais vide, Rei se laissa retomber mollement à côté de son tortionnaire.

– Mauvaise idée, murmura-t-il pour lui-même lorsque son crâne protesta au soudain changement de hauteur.

Il posa une main sur son front et ferma les yeux quelques secondes. Kai regardait la façon dont Rei penchait de plus en plus avec un haussement de sourcil. Et à peine quelques secondes plus tard, il retrouva le Chinois affalé contre lui.

– Me sens pas très bien… murmura le brun dont le sang continuait à battre les tempes.

Kai soupira intérieurement et se leva, laissant Rei s'écraser sur le canapé.

– Hey ! Méchant… grommela le brun dont les yeux s'écarquillèrent lorsqu'il sentit deux bras le soulever.

Instinctivement il passa ses bras autour du cou de Kai, par peur de tomber.

– On va où ? demanda-t-il en laissant sa tête se reposer sur le torse du Russe.

– Te coucher.

Rei fit un bruit pour montrer qu'il avait compris, et laissa Kai le porter jusqu'à sa chambre.

– T'es pas en colère contre moi ?

– Nan.

Arrivé devant le lit, Kai se pencha pour y déposer son colis, qui bizarrement ne voulait plus le lâcher.

– Lâche, ordonna-t-il faiblement à Rei.

– Naaan.

– Lâche.

– Teplaaaaaît… Reste avec moiii…

– Rei…

– Allez ! Assis !

Kai poussa un léger soupir et obtempéra, les bras du Chinois toujours noués autour de son cou. Il n'aurait peut-être pas dû le laisser boire autant, finalement… Et il ne pouvait pas non plus assommer le jeune homme ivre…

Mon Dieu, voilà qu'il avait des scrupules maintenant. Kai sourit légèrement. Si Boris voyait ça, il l'enverrait direct expier ses fautes au sous-sol, et ce d'une façon assez intense, sans rentrer dans les détails.

Il sentit le corps chaud de Rei remuer contre le sien. Le brun s'était rapproché avait posé son menton sur l'épaule de Kai, ses bras enserrant toujours ses épaules. Le Russe se crispa et utilisa tout son self control pour ne pas éjecter l'autre garçon à l'autre bout de la pièce.

Vous l'aurez deviné, Kai Hiwatari n'était pas habitué au contact. On se fait rarement des câlins à l'abbaye, entre deux leçons de tir.

– Rei…

– Je ne veux pas que tu me détestes…

– A cause de ce que tu fais ?

Kai le sentit hocher la tête.

– Je ne te déteste pas.

La tête de Rei s'appuya un peu sur celle du Russe.

– Et je ne veux pas que tu sois malheureux, murmura le brun.

– Je ne le suis pas.

– Mais tu n'es pas heureux…

– Dors.

– Avec toi ?

– Je rentre.

Kai sentit les bras de Rei se desserrer d'autour de lui. Il posa ses mains sur les épaules du brun et l'écarta doucement de lui. Le visage de Rei était légèrement rouge, et des mèches de cheveux lui collaient à la peau. Il regarda Kai avec des yeux brillants.

– Promets moi de revenir si ça ne vas pas !

– Tu parles trop.

– Non mais t'as pas honte ! Je m'inquiète pour toi et c'est tout ce que tu trouves à dire ?! s'exclama un Rei maintenant fulminant, alors que Kai se relevait.

Sans dire un mot, le Russe tapota la tête de Rei, puis se glissa hors de la chambre sans oublier d'en éteindre la lumière.

Rei grogna et mis la tête dans son oreiller, mais peu après un sourire se dessina sur son visage ensommeillé. Kai ne le détestait pas.

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Les paroles de Rei résonnaient encore aux oreilles de Kai. « Je m'inquiète pour toi » Les dernières personnes à lui avoir dit ça étaient ses parents, et ça remontait à fort longtemps.

Le garçon appuya son front sur la paroi fraîche du carreau de la fenêtre de sa chambre. Il se sentait bizarre. A cause de ce que l'autre garçon lui avait dit, a cause de la façon dont il se conduisait avec le Chinois, et parce qu'il se sentait bizarre. Kai Hiwatari ne se sent ja-mais bizarre. Sauf là, et c'était bien pour ça que ça lui faisait bizarre.

Sans parler de ce que Rei lui avait raconté : la fille et lui recherchaient un ami, et c'était à cause de lui que Rei était là à vendre son corps à la classe supérieure de la population masculine Russe. Et allez savoir pourquoi, il trouvait ça énervant.

Le jeune homme laissa échapper un soupir inaudible. Pour le coup il avait du mal à se reconnaître. Enfin, tant que les autres ne le trouvaient pas différent, c'était le principal.

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Rei souleva un bras, puis deux, puis se tortilla dans son lit jusqu'à ce que chacun de ses muscles soient étirés. Ensuite il posa ses mains à plat sur son front et ses yeux, douloureux à cause de l'alcool qu'il avait ingurgité la veille. Il prit une grande inspiration en laissant ses bras glisser à ses côtés, et ouvrit enfin ses prunelles dorées.

Il se leva précautionneusement, fit dissoudre une aspirine dans un verre, et décida de parcourir la longue distance qui le séparait de la cuisine, en sirotant le médicament au goût infâme.

Toujours dans ses vêtements de la veille il traversa son appartement, et entra dans la cuisine avec l'intention première de se préparer un bon thé au jasmin, mais la présence d'un jeune homme à la chevelure flamboyante dans son champ de vision, lui fit réviser ses plans.

L'intrus se retourna et Rei vit deux iris bleus se planter dans les siennes.

– Ya ! fit l'autre en guise de salut, et avec un sourire et prime.

Le Chinois ferma les yeux quelques secondes, mais lorsqu'il les rouvrit, le roux était toujours au même endroit. Il fronça les sourcils.

– Qui êtes-vous ?

– Tala Ivanov, un ami de Kai, répondit-t-il avec une lueur malicieuse dans le regard, qui ne fit que s'accentuer lorsque Rei tiqua à l'entente du prénom d'Hiwatari. Tu es Rei Kon c'est bien ça ? J'ai vu ton nom dans ton courrier. Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas fouillé plus, je voulais juste savoir chez qui j'étais.

Rei détailla ce Tala du regard. Ses traits étaient fins et sa peau était aussi pale que celle de Kai. Il était vêtu en noir de la tête au pied. Un holster entourait sa taille, et contenait plusieurs couteaux, ainsi qu'un pistolet. Voyant le Chinois fixer ses armes, Tala leva les mains et haussa les épaules.

– J'ai la mauvaise habitude de toujours les garder sur moi, mais ça ne te dérangera pas.

Rei hocha la tête pour approuver, et alla s'asseoir à table, à proximité du jeune Russe.

– Tu es comme Kai n'est-ce pas ? demanda-t-il doucement.

– Il t'en a parlé ? fit Tala avec un haussement de sourcil admiratif. Il n'est pourtant pas très bavard. Tu dois avoir des talents…particuliers ?

Les doigts de Rei se crispèrent légèrement sur son verre.

– Kai m'en a parlé, parce que je lui ai demandé.

– Est-ce à cause de tes yeux, ou parce qu'il s'imaginait te recevoir en paiement ? Je me le demande…

Les yeux de Rei s'écarquillèrent lorsque le roux se positionna derrière lui et passa ses bras autour de son cou.

– Je sais à quoi tu penses. Tu crois que Kai n'est pas une mauvaise personne, qu'il ne fait pas ça de son plein grès. Mais moi je le sais, je l'ai souvent vu tuer, il n'éprouve rien, aucune peur, aucun scrupule, aucun remords. Il ne tue pas pour sa famille, son grand-père, il tue pour lui-même. Kai est le pire de nous tous.

– Kai n'est…

– Pas comme ça ? ricana Tala. Tu le trouves beau non ? Tu tombes amoureux de lui ? ( il continua à rire ) Mais les courtisanes n'ont pas le droit d'aimer… Autant qu'il est dangereux pour Kai de continuer à te voir. Tu devrais laisser tomber.

Rei avait penché la tête en avant, ses cheveux d'ébène recouvrant son visage tel un rideau protecteur.

– Je ne connais pas Kai depuis longtemps, mais il ne se montre pas à moi comme tu me le décris. Il est distant et maladroit, mais il est gentil, et il peut s'inquiéter pour les autres. Comme toi, tu t'inquiètes pour lui non ? Sinon, pourquoi serais-tu venu jusqu'ici pour me dire tout ça.

– Tu te trompes. Si Kai est surpris à faire une faute aussi grave, c'est nous cinq qui allons en pâtir. Je ne fais que protéger mes arrières, dit Tala en relâchant sa prise sur Rei et se redressant.

– Je ne peux pas le regarder continuer à vivre comme ça.

– Abandonnes tes espoirs futiles de le voir changer ! Kai n'a pas le droit aux sentiments ! Il ne s'appartient pas ! Tout s'empirera si tu t'accroches à lui !

Voilà comment s'envolèrent les beaux efforts de Tala Ivanov pour garder son sang froid.

– Tu ne sais pas ce que c'est de vivre à l'abbaye ! Tu ne sais pas ce qu'il endurera s'il s'écarte du droit chemin ! T'es qu'un petit con pourrit gâté qui croit qu'il sait ce qu'est la douleur parce qu'il doit se prendre quelques bites pour survivre ! Tu ne connais rien alors n'essaie pas d'arranger les choses, Kai vit très bien sans ton aide !

Tala se mordit le dos de sa main droite pour s'empêcher de continuer. Il avait fait ce qu'il devait faire, alors autant se barrer avant de devenir hors de control. Lorsque le goût métallique du sang infesta sa bouche, calmant quelque peu sa colère, il lâcha sa peau et fusilla le Chinois du regard.

– Je reviendrai.

Et avec ça, il était partit. Rei regarda l'entrée de sa cuisine stupidement pendant quelques instants, puis sentit ses mains trembler. Il les porta devant son visage et les larmes coulèrent sur ses joues.

Tsusuku