Voilà le chapitre quatre, pour votre bon plaisir…

Merci à ma fidèle correctrice, Fumseck

Merci aussi à tous ceux et celles qui ont eu la gentillesse de me laisser une review.

Bonne Lecture!


Lorsqu'il se réveilla au petit matin, Harry se demanda pourquoi il était dans les bras de Severus. Il ne se rappelait plus les événements de la nuit.

- Qu'est-ce que vous faites dans mon lit? Dit-il en se reculant un peu.

- Vous ne vous rappelez pas?

- Non! Et j'aimerais bien comprendre.

- Vous avez fait un mauvais rêve, vous vous débattiez énormément et vous criiez.

- Ça n'explique pas ce que vous faites dans mon lit.

- Je suis venu essayer de vous réveiller, et lorsque je suis parvenu à vous calmer, vous vous êtes endormi contre moi. Je n'ai pas voulu vous repousser alors que vous aviez l'air paisible.

Severus omit de lui dire, bien évidemment, qu'il avait prit plaisir à le garder contre lui et qu'il s'était senti lui aussi très bien contre lui.

Les événements revenaient lentement à la mémoire du jeune homme. Il se souvenait maintenant de son cauchemar et de la raison pour laquelle il avait voulu rester contre Severus. Il se souvint aussi combien il s'était senti bien et rassuré dans les bras de l'homme. Son visage prit alors une teinte rougeoyante.

- Tu n'as pas à te sentir gêné, dit Severus. Avec ce que tu as vécu, c'est normal que tu ais besoin d'un peu de contact humain.

Harry n'osa pas lui dire que ce n'était pas seulement le fait d'avoir eu un contact mais plus d'avoir apprécié d'être contre lui, son enseignant qui l'avait longtemps méprisé.

- Ce n'est pas ça, dit-il en se levant et en se dirigeant vers la salle de bain d'un pas très rapide.

Il voulait se retrouver seul pour pouvoir réfléchir à la situation et remettre un peu d'ordre dans sa tête. Fuir était la meilleure solution qu'il trouvait ces derniers temps. S'il en était capable, il fuyait, tout comme il aurait aimé pouvoir fuir sa vie qu'il détestait tant.

Il se déshabilla rapidement et entra dans la douche ou il laissa couler l'eau longuement sur sa peau.

Je ne peux pas croire que j'ai aimé. C'est Snape. Il m'a toujours détesté. J'ai eu l'air de quoi? Il a du croire que je ne suis qu'un enfant pleurnichard. Pourquoi me sentais-je si bien contre lui? Suis-je normal d'avoir tant apprécié? Est-ce ce sentiment qu'on appelle l'amour, le vrai? Pourquoi lorsque je pense à lui j'ai une érection douloureuse? Suis-je normal? Est-ce que ce sentiment passera un jour comme ce que j'ai ressenti pour Cho et Ginny? Pourquoi ai-je l'impression de ne pas être comme les autres?

Toutes des questions qu'il jugeait existentielle pour le moment mais auxquelles il ne trouva aucune réponse satisfaisante. Il passa sa main sur son membre durci quelques fois, juste assez pour pouvoir se satisfaire en pensant à l'homme qui était dans l'autre pièce. Ce n'était pas la première fois qu'il se masturbait en pensant à un homme, mais c'était bien la première fois qu'il ressentait des sentiments si forts pour celui qui envahissait ses songes. Il en était tout troublé. Jamais il n'aurait pensé fantasmer sur son enseignant. Sur l'homme qui l'avait méprisé tant d'années, sur celui qu'il croyait incapable d'avoir de bons sentiments. Sur ce Serpentard tellement… Serpentard…


Severus de son coté, se leva et retourna dans sa chambre à lui. Il avait une érection qui lui rappelait ce qu'il ressentait pour le jeune homme. Il espérait sincèrement que ce dernier ne s'en soit pas rendu compte. Il ne voulait pas l'effrayer avec ses sentiments tant que le moment ne serait pas idéal pour se dévoiler. Se montrer trop prompt le ferait certainement fuir et ce n'était pas ce qu'il voulait. Mais il avait terriblement hâte de pouvoir se faire voir du jeune homme. Il aurait tant aimé savoir que ses sentiments étaient partagés.

Combien de temps devrais-je le regarder sans pouvoir le toucher? Sans pouvoir lui dire ce que je ressens pour lui? Sans pouvoir le prendre contre moi, juste pour le sentir? Sent-il toujours aussi bon? Sa peau a-t-elle la même douceur au toucher qu'au regard? Acceptera-t-il un jour qu'un homme comme moi puisse l'aimer? Aie-je une chance de lui faire voir des étoiles un jour? Serais-je celui qui pourra le consoler à chacune de ses peines? Me fera-t-il confiance un jour?

Malgré son questionnement, l'érection de l'homme n'avait pas diminué le moindrement. C'est donc en solitaire qu'il du s'activer sur son membre pour le soulager. Et les images mentales qu'il revoyait l'emmenèrent rapidement à la jouissance, celle qu'il aurait tellement aimé pouvoir partager avec Harry.


Durant la semaine qui suivit, Harry fit tout son possible pour ne jamais être en présence de son enseignant. Il le fuyait dès qu'il en avait l'occasion car il se sentait mal à l'aise avec ce qu'il ressentait pour lui et il ne voulait pas que ce dernier découvre ce début de sentiment amoureux. Il n'était pas prêt à se faire rejeter et il essayait de faire taire ce qu'il ressentait au fond de lui. L'homme ne lui avait-il pas dit qu'il avait une personne en vue, donc de toute façon, c'était peine perdue pour lui.

À la fin de la semaine, il décida d'aller consulter le directeur pour pouvoir réintégrer son dortoir, s'éloigner de l'enseignant et pouvoir tourner la page sur ses sentiments.

- Bonjour Harry, fit le vieil homme en le voyant arriver.

- Bonjour Professeur.

- Bonbon aux citrons?

- Non merci.

- Tu vas un peu mieux d'après ce que j'entends.

- Oui, c'est justement pour ça que je suis ici aujourd'hui. J'aimerais pouvoir retourner dans mon dortoir.

- J'aimerais bien t'accorder cette faveur, Harry, mais je ne pense pas que tu sois réellement près à ça. Tu as vécu de lourdes épreuves et tu n'as pas encore accepté d'en parler. Je sais par expérience qu'il faut que tu t'ouvres pour te rétablir complètement et tant que tu ne le feras pas, je crains que tu rechutes dans le désespoir.

- Mais il n'y a absolument rien à dire sur ce que j'ai vécu, dit le jeune homme en levant le ton. J'ai été torturé et c'est tout ce qu'il y a à savoir.

- Voilà justement pourquoi je ne peux pas accepter que tu retournes dans ton dortoir, dit le directeur en faisant le lien avec le changement brusque de comportement du jeune homme. Les événements te font encore mal et tu dois guérir de ça pour que je ne sois plus inquiet pour toi. C'est pour ton bien que j'ai pris cette décision.

Harry essaya de parlementer un peu, mais il voyait bien qu'il n'obtiendrait jamais gain de cause avec le vieil homme. Il retourna donc dans sa chambre des cachots, l'âme en peine. Il réalisa que le directeur avait raison pour une chose; penser à ce qu'il avait vécu lors de la guerre, l'avait retourné. Il n'osait pas imaginer ce que ce serait d'avoir à le raconter. Il était loin d'être guérit de sa souffrance même si en surface il paraissait bien.

Il s'installa sur son lit et eu alors une idée. Il sorti une tablette et un crayon. Il essaya de mettre par écrit ou en dessin ce qui le tourmentait. Ce n'était pas une tâche évidente puisque les souvenirs étaient très douloureux, mais il voulait le faire pour en finir avec la souffrance qui le rongeait. Il décida de le faire sous forme d'histoire en commençant par le début. Il raconta comment il avait été enlevé, par Voldemort, chez son oncle et sa tante. Comment il fut traité et ce qu'on le força à regarder. Le plus dur émotionnellement, fut lorsqu'il essaya de décrire les mauvais traitements faits à des moldus et des sorciers.

Tout ça est de ta faute, Harry Potter. Tu es si faible que tu n'arrives même pas à les sauver. Tu es responsable de leur mort, de leur souffrance. C'est toi la cause de leur malheur.

Ces mots de Voldemort lui revenaient souvent en boucle dans sa tête. Il les entendait si distinctement que parfois il devait regarder autour de lui pour s'assurer que le Seigneur des Ténèbres n'était pas à ses côtés.

C'est toujours à cette occupation que Severus le trouva à l'heure du repas lorsqu'il vint le prévenir que c'était le temps de se rendre dans la grande salle.

- Je préfère rester ici, dit le jeune homme. Je n'ai pas envie d'entendre tout le brouhaha qu'il y aura.

- D'accord, je demande aux elfes d'apporter deux plateaux ici alors.

- Ne vous empêchez pas d'aller rejoindre les autres pour moi, fit Harry en levant les yeux. Vous n'êtes pas obligé de me surveiller, je ne suis plus un gamin, je serai sage.

- Vous savez très bien que je préfère rester ici moi aussi. Et je ne passe plus mes journées à vous surveiller depuis très longtemps. En fait, je pense que vous êtes beaucoup mieux depuis quelques temps, assez pour que je ne sois plus inquiet. Il ne vous reste qu'à parler un peu, mais je vois que présentement vous avez décidé de faire une bonne chose pour extérioriser vos fantômes. Le dessin et l'écriture sont aussi un bon moyen.

Severus regardait le dessin du jeune homme. Il y avait plusieurs mangemorts sur le papier et un garçon à lunette qui représentait Harry. Sur une autre feuille un peu plus loin, on voyait des gens entourés de flammes et sur un dernier, il y avait une petite montagne faite de tête humaine où on pouvait reconnaître quelques personnes.

Severus s'installa près du jeune homme.

- C'est ça que vous avez vécu? Le questionna-t-il.

- Oui, entre autre chose, répondit-il la voix enrouée par l'émotion.

- Vous vous sentez parfois coupable des morts qu'il y a eu? Dit-il en pointant la montagne de tête.

- Comment pourrait-il en être autrement? Si je n'avais pas été si long avant de le réduire à néant, plusieurs auraient eu la vie sauve.

- Croyez-vous avoir fait le maximum que vous avez pu, avoir donné tout ce que vous aviez?

- Mais bien sur, mais… Si j'avais été un peu plus puissant, j'aurais fait plus rapide.

- Vous ne pouviez faire mieux à moins d'avoir recours à la magie noire.

- J'aurais alors été à armes égales avec lui, soupira Harry.

- Vous avez donné le meilleur de vous. Il n'y a pas de raison de vous culpabiliser.

- Mais il y a eu tant de mort!

- Vous ne les avez pas tué vous-même à ce que je sache. Ce sont les mangemorts qui ont fait le travail. Ce n'est pas votre faute.

- J'aurais du l'achever plus vite.

- Vous avez fait de votre mieux, lui répéta-t-il. On ne peut revenir en arrière. Vous n'avez aucun reproche à vous faire. Vous êtes le seul qui soit venu à bout du Seigneur des Ténèbres, ce n'est pas n'importe quoi.

Ça faisait du bien au jeune homme que Severus lui parle de la sorte. Il ne le traitait pas comme le héro que la société en avait fait, mais simplement comme une personne brisée et fatiguée à cause de la guerre. C'était consolant de savoir ne pas être responsable de la mort de dizaine de personnes, ni des souffrances de centaine d'autres. Ça n'effaçait pas les images mentales qu'il devait traîner avec lui, mais ça les adoucissait d'une certaine façon.

Cette nuit-là, Harry dormi beaucoup mieux que les précédentes. Il du admettre que de faire sortir ce qu'il a vécu était vraiment source de soulagement. Comme si un poids énorme l'avait finalement quitté. Mais il lui en restait encore beaucoup à dévoiler. Il pensa immédiatement à Severus comme confident. Il avait été surpris au début de le voir l'écouter sans le rabaisser ou profiter de l'occasion pour l'humilier. Il avait découvert en lui un homme pouvant faire preuve d'empathie. C'était à l'opposé de l'image qu'il s'était fait mais il aimait bien ce qu'il découvrait réellement de l'homme.

Vers la fin de la nuit, ses songes se firent différents de ce qu'il avait coutume de rêver. Il était dans un pré avec l'homme en noir. Il était dans ses bras et se sentait bien. Il l'embrassait et l'autre lui rendait merveilleusement bien ses baisers. Au moment où il commença à déboutonner la longue robe noire de l'homme, il fut réveillé.

- Harry Potter va être en retard à ses cours, dit Dobby qui se tenait au-dessus de lui en le secouant. Harry Potter va rendre furieux le professeur Snape s'il ne se présente pas. Il faut qu'Harry Potter se dépêche pour ne pas être en retard.

Déjà qu'il n'était jamais plaisant de se faire réveiller au milieu d'un rêve agréable, Harry trouva énormément pénible que ce soit deux gros globes oculaires qu'il vit en ouvrant les yeux.

- Merci Dobby, grogna-t-il.

Mais l'elfe le secouait encore.

- Je me lève, tu peux me lâcher s'il te plait, demanda-t-il.

- Dobby veut être certain qu'Harry Potter ne se rendorme pas. Il ne voudrait pas qu'il ait une retenue parce qu'il a manqué un cours avec le professeur Snape.

- Pas de problème, Dobby, j'y vais immédiatement.

- Dobby a apporté à Harry Potter un pain au raisin pour qu'il puisse manger avant d'aller en classe.

- Merci beaucoup, c'est gentil.


Quelques jours plus tard, Harry était avec Hermione dans la cour du collège. Il était en train de lui confier qu'il faisait des rêves « plaisants » le mettant en action avec son enseignant. Il avait besoin de se vider le cœur et d'avoir des conseils sur comment réagir dans sa situation.

- Tu réalises que je ne suis pas normal, lui dit-il. Je crois que je suis en train de tomber amoureux de Snape.

- Y'a rien d'anormal à ça, répondit-elle. Tu habites avec lui depuis près de deux mois maintenant.

- Il est presque deux fois plus âgé que moi.

- L'amour n'a pas d'âge, Harry.

- Mais c'est Snape, il ne voudra jamais rien savoir de moi, le fils de « James Potter ».

- Harry, soupira la jeune femme. Tu es apparemment aveugle c'est dernier temps. Tu n'as pas remarqué comment il te regarde, qu'il n'est plus continuellement sur ton dos et que le ton de sa voix n'est pas le même avec toi qu'avec les autres. Ce n'est certainement pas seulement du à votre cohabitation.

- Quoi? Tu voudrais dire que… Mais c'est impossible, il m'a avoué l'autre jour avoir une personne en vue.

- Et si c'était toi? Demanda-t-elle.

- Il me l'aurait dit. Il a seulement dit qu'il attendait que cette personne soit prête avant de se dévoiler à elle.

- Comment aurais-tu réagi s'il t'avait avoué être amoureux de toi à ce moment là? Questionna-t-elle.

- Heu… je l'aurais probablement envoyé paître… Tu as raison, je n'étais pas prêt à l'entendre.

Tout le reste de la journée, Harry repensa à la discussion qu'il avait eue avec son amie. Il n'était pas beaucoup plus avancé, il ne voulait certainement pas avoir l'air idiot en s'ouvrant trop rapidement à l'homme de ses rêves nocturnes. Cependant, avec ce que Hermione lui avait dit, il remarqua qu'en effet, l'homme n'avait pas du tout la même façon d'agir avec lui et que le ton de sa voix était extrêmement agréable à entendre, comme une douce mélodie.

Durant plus d'une semaine, Harry chercha dans le comportement de l'homme tous les indices possibles pour s'assurer que c'était bien lui la personne désirée. Mais Snape étant ce qu'il est, il n'y avait pas beaucoup d'indices qui transparaissaient dans ses faits et gestes. Tout ce que le jeune homme avait su trouver, fut sa façon de lui parler qui était beaucoup plus douce et calme. Et qu'en aucun moment, il ne l'avait rabaissé ou humilié comme il l'avait fait si souvent par le passé.

Ce n'est qu'après le repas, un soir lorsqu'ils rentrèrent dans l'appartement, qu'Harry décida d'interpeller Severus pour lui parler.

- Professeur Snape…

- Oui, Harry…

Cependant, au lieu d'ouvrir la bouche pour dévoiler une nouvelle information, il éclatât en sanglot. Severus fut surpris. Il ne s'était jamais attendu à ça. Bien sur, il avait souvent eu à consoler des jeunes filles de sa maison qui étaient incapables de supporter la pression ou qui ne vivaient pas une situation familiale facile. Mais il jamais il n'avait eu affaire à un garçon en larme. Chez les Serpentard, c'était une preuve de faiblesse que de pleurer et ils avaient beaucoup trop de fierté pour se laisser aller ainsi.

Le jeune homme sanglota de longues minutes, incapable de se reprendre, incapable de parler. C'était plus fort que lui, il n'y put s'y empêcher et se jeta dans les bras de Severus. L'étreinte chaude lui fit un bien immense. Il ne pouvait pas expliquer pourquoi il pleurait ainsi mais il pouvait certainement avouer que ça lui faisait le plus grand bien, comme si un lourd poids était en train de disparaître au-dedans de lui.

- Besoin d'un câlin, Potter?

Tout ce que Snape trouva à dire, il le regretta dès que les mots sortirent de sa bouche.

- Désolé, je ne voulais pas dire ça.

Blotti dans ces bras chauds et rassurants, Harry sentit les larmes revenir. Mouillant ses joues et la robe de Severus. Harry se tendit, persuadé que son professeur allait le tuer.

- Je suis parfois maladroit, il ne faut pas pleurer pour ce que je vous ai dit.

- Ce… ce… Ce n'est pas ça, réussit à dire le jeune homme entre deux sanglots.

Finalement, Severus ne sut pas ce soir là que le jeune homme éprouvait des sentiments pour lui, puisqu'il fut incapable de dire quoique se soit d'autre. Mais le contact du jeune homme contre son corps réveilla une partie de son anatomie dont il du s'occuper de façon manuelle encore une fois avant de se mettre au lit.


Voilà pour le quatrième chapitre… Si ça vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir grâce au magnifique petit bouton en bas…