Chapitre 6 : Passages secrets (2)
C'est tout excité que Melody, Al et Miguel étaient rentrés dans la salle commune. Naomy et Nicolas les attendaient impatiemment. Ils sautèrent sur leurs pieds en les entendant entrer.
-"Alors, vous étiez où ? s'écria Naomy.
- Ca fait une heure que vous devriez être revenu ! Non mais c'est quoi ça ! Ca ne vous intéresse pas de savoir qu'on a trouvé un passage secret, non ? Vous vous en fichez ou quoi !
- Hein ?!? s'écrièrent les trois amis en cœur. Nous aussi !!!
- Ah bon ? C'est cool alors. Je vous en prie asseyez vous pendant que je raconte.
Naomy grimaça en entendant l'impolitesse de son ami, mais ne dit rien. Melody, à sa tête, comprit qu'elle avait passé une mauvaise journée et qu'il ne valait mieux pas l'énerver.
- On était dans un couloir, au 2ème étage, lorsque le borgne est arrivé.
Le borgne était le surnom qu'ils donnaient au concierge, car ce dernier avait un œil fermé, à l'aspect violacé.
- On s'est précipité derrière une tenture, car c'était la seule cachette en vue, et on a attendu. Tout à coup, on s'est senti partir en arrière, et on s'est retrouvé dans une petite pièce, avec une porte. Naturellement, on l'a ouverte, et on a trouvé un escalier qui montait, et tout au bout, une autre porte qui donne sur un tableau tout près de la grosse dame. C'est pour ça qu'on est revenu si vite.
- Ouah, c'est génial ! dit Miguel. Nous, c'est Melody qui a découvert un passage secret. Vas-y, raconte leur.
Nicolas posa sur la jeune fille un regard affectueux. Celle-ci s'en aperçut mais fit semblant de ne pas le voir.
- Alors que je passais mes doigts sur le cadre d'un tableau pour voir s'il n'y avait pas quelque chose, j'ai touché une chose qui m'a semblé être en fer. Je me suis dit que ça ne faisait certainement pas parti du cadre, et mon hypothèse a été certifiée quand j'ai regardé pour voir ce que c'était. J'ai aussitôt appelé les garçons et Miguel a réussi débloquer le mécanisme. Le tableau s'est comme coupé en deux, et on a découvert un tunnel qui descendait en pente douce. Au bout d'un moment, on a senti un courant d'air…
Al crut qu'elle allait parler du fou rire qu'il avait eu et pourquoi, mais elle n'en fit rien, ce qui l'étonna beaucoup.
- On a réussi à ouvrir une sorte de panneau de bois et on s'est retrouvé dans la clairière où j'étais venue chercher Sélène. Après, on a décidé de rentrer.
Nicolas et Naomy l'écoutaient, ébahis.
- Deux dans une même journée, c'est absolument formidable ! dit Nicolas. On continue demain ?
- Ah non ! cria Melody.
Tous la regardèrent, stupéfaits.
- On a plein de devoirs à faire, je sais que vous n'aimez pas ça et que vous préfèreriez faire autre chose, mais je vous rappelle que vous avez tous besoin de remonter vos notes ce trimestre !!! A part Al et Naomy qui écoutent en classe, eux !!! Toi Nicolas, tu ne fais absolument rien, et ne compte pas sur moi pour te passer mes notes !!! Toi Miguel, c'est encore autre chose, tu fais tes devoirs, enfin tu essayes, mais c'est clair que si tu lambines avec Niolas en cours, tu risques pas d'y arriver !!! Alors demain, c'est cours de rattrapage pour tout le monde !!!
- Mais avec qui ? risqua Nicolas.
- Avec moi bien sûr !!! C'est pas toi qui pourrait le faire !!!"
Al sourit intérieurement devant la mine déconfite de ses deux amis. Et devant le visage de Melody. Elle était encore plus belle en colère. Il regarda Naomy qui souriait, visiblement ravie de voir Nicolas calmé par Melody. Cette dernière partit de la salle commune, non sans lui avoir sourit au passage.
Le lendemain, ils décidèrent de se montrer les passages. Ils essayèrent celui près de leur salle commune, qui se révéla très pratique. Puis ils montèrent au sixième étage. Nicolas fut impressionnée devant la clairière. Ils remontaient le tunnel lorsque Al, qui était en tête, perçut des bruits de pas. Il s'arrêta brusquement et fit signe aux autres de ne plus faire de bruits. Il éteignit sa baguette. Les pas se rapprochaient dangereusement, et il décida de faire demi-tour. Ils sortirent à l'air libre précipitamment, refermèrent le passage, et partirent se réfugier à l'ombre des arbres, assez près pour voir l'autre utilisateur du passage. Lorsqu'ils virent pivoter le panneau, ils retinrent leur respiration. Al eut un hoquet de surprise en découvrant le jeune pousoufle sortir, suivi de près par ses "gardes du corps". Le poussoufle dû se sentir observé, car il tourna la tête dans tous les sens, scrutant les arbres. Apparemment, il ne dû rien voir de contrariant, car il sourit. Puis il fit signe à ses deux acolytes, qui reculèrent d'un pas. Il prit sa baguette, chuchota quelque chose tout en faisant des mouvements circulaires avec celle-ci. A peine eut-il finit qu'un cercle assez grand se découpa dans l'air. On y voyait des volutes d'électricité de couleur bleu tournoyant dedans. Il était assez haut et large pour laisser passer aisément une personne. Les trois garçons disparurent entre les tournoiements, mais le passage ne se referma pas. Alors que Nicolas faisait un pas y aller, Melody le retint.
-"Ce n'est pas prudent, on ne sait pas ce qu'il y a là-dedans ! Et s'ils nous voient dedans, comment tu vas faire !
- Mais on peut y aller ! Si eux y vont, on peut aussi !
- Melody a raison, le coupa Al. Il vaut mieux rentrer, et nous reviendrons une autre fois après avoir pris de quoi nous défendre.
- Enfin quelqu'un qui est de mon côté ! Merci Al ! Je peux compter sur toi, contrairement à d'autres !
Nicolas jeta un regard haineux à Al, à qui Melody souriait. Miguel et Naomy regardaient embarrassés leurs amis débattre.
- Bon, on y va ?" dit Naomy.
Ils repartirent tous les cinq dans la salle commune.
Le lendemain était un samedi, et les cinq amis se réveillèrent très tard. Tous, sauf une. Lorsque Al descendit dans la salle commune, il découvrit Melody affairée à écrire sur des feuilles de parchemin. Elle était installée à une table jonchée de feuilles et couvertes de livres en tous genres qu'elle feuilletait de temps à autres. Elle lui tournait le dos et ne l'entendit pas. Il s'approcha doucement et posa une main sur son épaule. La jeune fille sursauta à ce contact, et se retourna d'un coup.
-"Bon…bonjour…Melody, bredouilla-t-il, confus.
- Salut.
- Qu'est-ce que tu fabriques avec tes parchemins ?
- Je prépare des tests pour nos amis les faignants, et je suis sûre qu'ils ne savent pas la moitié des cours qu'on a eu ce trimestre ! Résultat, je suis débordée, et ça va durer toutes les vacances ! Tout ça à cause de deux paresseux qui ne daignent même pas écouter les professeurs ! J'en ai marre, marre, marre !!!
Al sourit devant la mine furieuse de son amie.
- Mais pourquoi te donnes-tu tant de mal pour eux, s'ils ne veulent pas travailler, laisse les, ils en subiront les conséquences, et lorsqu'ils se seront rendu compte de leurs erreurs, ils viendront te trouver, lui assura-t-il d'une voix confiante.
- Je sais, mais je me sens responsable. Je sais que Nicolas…enfin…m'aime bien, et qu'il me regarde en classe. Mais ce n'est pas réciproque, et je ne veux pas qu'il gâche ses études pour moi, alors qu'il trouvera certainement quelqu'un bientôt, et qu'alors il cessera de penser à moi. J'aurai préféré ne jamais m'asseoir dans votre wagon le jour de la rentrée, il ne m'aurait sûrement jamais approché, regardé et parlé, nous ne serions jamais devenus amis, et ça aurait été mieux, il n'aurait pas imaginé m'ai…m'apprécier. C'est dur tu sais, gémit-elle en mettant ses bras autour de son cou et en posant sa tête sur son épaule.
Al, rougissant comme une tomate, resta les bras ballant à regarder les cheveux de son amie.
- Tu sais, je pense qu'il n'aurait pas eu besoin de devenir ami avec toi pour s'apercevoir que tu lui plaisais. C'est difficile de ne pas te remarquer, tu sais.
Il ne vit pas que Nicolas était en haut des escaliers, et qu'il l'observait et l'écoutait depuis sa dernière phrase.
- Ne te sens pas coupable…
Al trouva enfin une utilité à ses bras et les posa sur la taille de son amie. Nicolas furieux, le regardait toujours. Il leva les yeux et découvrit Naomy assise dans l'escalier d'en face, les larmes aux yeux. Elle le vit, et le regarda, étonné. Puis elle retourna doucement dans son dortoir. Nicolas remonta lui aussi, mais en faisant plus de bruit. Melody sursauta en entendant les pas, se dégagea des bras et regarda l'escalier menant chez les garçons d'un air soupçonneux. Comme elle n'entendait plus rien, elle se retourna vers Al. Celui-ci regardait aussi l'escalier, craignant le pire.
- Merci Al de m'avoir consolé, tu es vraiment mon meilleur ami.
Elle s'approcha de lui et l'embrassa tendrement avant de remonter en courant les escaliers.
- De…de rien."
Il remonta dans son dortoir en souriant.
Lorsqu'il entra dans la chambre, tout était silencieux. Les rideaux du lit de Miguel étaient fermés, mais une fine fente permettait de voir à l'intérieur. Curieux, il trouva Miguel et Nicolas qui chuchotaient. L'étonnement se lisait sur le visage de Miguel, tandis qu'on voyait clairement sur le visage de Nicolas qu'il était furieux. Ils parlaient tous les deux de lui, ce qui l'énerva. Il écarta les rideaux d'un coup sec, les faisant sursauter.
-"SI VOUS AVEZ DES CHOSES A RACONTER SUR MOI, DITES LE MOI EN FACE !!!
Nicolas partit s'enfermer dans la salle de bain en évitant soigneusement de regarder Al. Miguel regardait Al, mais il n'avait pas l'air en colère, au contraire. Il souriait. IL SOURIAIT. Dans un moment pareil.
- Ecoute Miguel, si c'est pour te moquer de moi, TU SORS !!!
- Calme-toi Al, je n'ai rien dit.
- …"
Il alla s'installer sur son lit et attendit que Nicolas sorte enfin pour aller se laver. Quand ce dernier eut terminé, il sortit rapidement du dortoir. Al soupira, puis partit prendre sa douche. Il partit ensuite déjeuner avec Miguel, mais ne trouva pas Nicolas. Melody et Naomy était déjà venues déjeuner. Dans la salle commune, ils découvrirent les deux jeunes filles installées dans des fauteuils. Naomy dessinait, tandis que Melody continuait le travail qu'elle avait prévu pour Nicolas et Miguel. Lorsqu'elle vit Al entrer, elle fit à Al son plus beau sourire. Miguel se raidit devant la pile de parchemin qu'elle avait prévu pour lui. Ils s'installèrent tous les deux et commencèrent une partie d'échec version sorcier. Soudain, Nicolas fit irruption dans la pièce. Il venait du couloir et marchait d'un pas lourd. Il chuchota quelque chose à l'oreille de Naomy qui ouvrit grand les yeux et le regarda stupéfaite. Il la prit par la main et l'entraîna dehors. Melody les suivit du regard, haussa les épaules et reprit son travail. Tout à coup, Melody s'exclama :
-"Ca y est !!! Miguel, tu viens, j'ai des choses à te donner…
- J'arrive, j'arrive.
- Ne t'inquiète pas, je vais t'aider, et tu seras un des premiers de la classe !
Miguel la regarda comme si elle venait de lui apprendre qu'elle sortait avec le directeur, mais ne dit rien. Puis Melody se tourna vers Al.
- Tu veux bien aller chercher Nicolas s'il te plait ?
- Heu…si tu veux."
Il sortit de la salle en réfléchissant à la façon d'aborder son ex meilleur ami. Le couloir était désert, mais il ne perdit pas espoir et chercha partout, ouvrant toutes les portes. Soudain, il tomba nez à nez avec Naomy qui le regarda, effrayée.
-"Nicolas veut…te parler."
Puis elle partit en courant. Il entra dans la salle qu'elle venait de quitter. C'était la salle d'étude des moldus, et c'était la première fois qu'il y entrait. Il trouva Nicolas les bras croisés, qui semblait l'attendre.
-"Qu'est-ce que tu me veux ?
- Melody t'appelle, elle a fini de préparer vos révisions.
- Je m'en fiche de Melody, je veux comprendre comment tu as pu me trahir à ce point !
- Mais je ne t'ai pas trahi ! Qu'est-ce que tu racontes ?
- "Ne te sens pas coupable Melody, tu vas briser le cœur de Nicolas, mais c'est pas grave, sors avec moooaaa !"
- Je n'ai jamais dit ça !
- Ah ouais ?
- Je vais t'expliquer…
Une demi-heure plus tard, Nicolas souriait à Al.
- OK, OK. On ne va pas se disputer pour une fille quand même ? Aussi charmante soit-elle.
- Oui, je suis d'accord."
Ils retournèrent ensemble à la salle commune. Melody sourit en les voyant, puis s'occupa de Nicolas en lui donnant une pile de parchemin encore plus grande que celle de Miguel. Il grogna un peu, mais se mit rapidement au travail, sous le regard amusé de ses amis.
