Chapitre 8 : Farces et invisibilité
Al reposa en soupirant le sixième livre qu'il venait de feuilleter. Cela faisait une heure et quart qu'ils étaient là, et toujours aucune trace de ce qu'ils cherchaient de son côté. Il leva la tête pour apercevoir le doux visage de Melody, mais au lieu de cela, se retrouva nez à nez avec une pile de grimoires poussiéreux. Il sursauta, puis se leva, inquiet. Il regarda par la fenêtre, et fit le tour de la table. Il découvrit Melody ensevelie sous une montagne de vieux livres. La jeune fille était tellement absorbée par sa lecture qu'elle ne l'avait pas remarqué. Il toussota, mais elle ne réagit toujours pas.
-« Euh…Melody ?
- …
- Melody ?!
-Al, ce n'est pas en parlant que l'on trouver.
- Mais Melody, regarde par la …
- Ecoute Al, dit elle en levant enfin les yeux vers lui, je t'aime, on est d'accord, mais là on n'a pas encore fait la moitié de la bibliothèque !!!!!!!!!!!
- Il fait nuit.
- Je n'en ai rien à …Quoi ?!?
- Le dîner va bientôt commencer, on ferait mieux d'y aller.
- Tu as raison. Mais je crois que j'ai trouvé quelque chose. Le problème, c'est que je ne comprend pas bien…J'y suis depuis une demi-heure.
Al considéra avec frayeur les nombreux livres qu'elle avait lus. Puis il se pencha pour étudier la page, mais fut subitement découragé en découvrant la complexité du sort.
- Je l'étudierai ce soir, décida Melody. D'abord, on va ranger, puis on ira manger. »
Le lendemain matin, un mardi, les cinq amis allèrent déjeuner dans la grande salle en silence. Miguel n'adressait toujours pas la parole à Naomy, qui s'en attristait, mais n'en montrait rien. Peu de temps après, ils se rendirent, comme d'habitude, à leur cours de potions. Mais lorsqu'ils arrivèrent, ils furent surpris de découvrir la porte du cachot ouverte, et à l'intérieur, leur professeur de potions bavardant gaiement avec un jeune homme qui l'écoutait distraitement. Les étagères auparavant jonchées de bocaux poussiéreux et mal rangés contenaient maintenant une multitude de récipients en tous genres, se déclinant dans toutes les couleurs et rangés par ordre de taille. Les élèves restèrent stupéfaits sur le pas de la porte. Mme Cauldron, s'apercevant de leur présence, les incita à entrer.
-« Venez les enfants ! J'ai une grande nouvelle à vous annoncer !
Les élèves entrèrent timidement et s'installèrent en silence à leurs places.
- Les enfants, laissez-moi vous présenter M. Lucifer, votre nouveau professeur de potions. Je vais partir, afin que vous puissiez faire plus ample connaissance. Au revoir les enfants !!!
Un grand brouhaha s'éleva dès que la porte se fut refermée. Au bout d'une dizaine de minutes, les élèves semblèrent enfin s'apercevoir de leur nouveau professeur qui attendait, les bras croisés, un sourire sadique sur les lèvres. Une fois que le silence fut rétabli, il annonça d'une voix sèche :
- Retenue pour vous, vous, vous, vous… »
Il désigna ainsi les trois quarts de la classe, Gryffondors et Serdaigles mélangés. Les élèves, effarés, se regardèrent, mais ne prononcèrent pas un seul mot. Al, Nicolas, Naomy, Miguel et Melody ne s'étaient, par chance, que lancés un regard étonné. Le nouveau professeur prit les noms des élèves qu'il avait désignés, puis commença son cours. A la fin de l'heure, les cinq amis sortirent dans les premiers.
Après leur dernier cours, ils se rendirent dans le parc pour profiter des derniers jours de soleil. C'était le mois de Novembre, le froid était glacial, mais il faisait beau. Le lendemain après-midi, ils avaient leur dernier entraînement avant le premier match de quidditch qui avait lieu le week-end. Il avait été retardé car le stade était en rénovation, suite à un incendie l'année précédente. Ils s'installèrent sous un arbre et commencèrent à parler. Là, Melody et Al firent part de leurs recherches à leurs amis. Il fut convenu qu'ils essayeraient le sort le lendemain. En revenant au château, ils tombèrent sur un homme assez grand et mince. Ses cheveux étaient bruns, ses yeux d'un gris très clair et perçants.Il revenait du château et se dirigeait vers une cabane que Al et ses camarades avaient aperçue de nombreuses fois sans savoir ce que c'était. Il leur sourit et leur dit :
-« Vous devriez rentrer, le dîner va bientôt commencer.
- Merci, dit Al. Excusez-moi, mais…qui êtes-vous ?
- Je m'appelle Léonard Nolson, je suis le garde-chasse de Poudlard. Aller, dépêchez-vous, où vous serez en retard !
- Au revoir, et merci ! » s'exclamèrent les élèves en courant vers le château.
Le lendemain, après l'entraînement de Quidditch durant lequel Nicolas avait cherché un endroit où s'entraîner à jeter le sort d'invisibilité, ils se rendirent tous dans la clairière de la forêt interdite. C'était le seul lieu où ils étaient sûrs d'êtres tranquilles, d'autant plus qu'ils avaient bloqué le passage avec un rocher de la clairière. Melody avait enfin compris en quoi consistait le sort, et tentait de l'expliquer à ses amis.
-« En fait, le sort ne rend pas l'objet invisible, c'est plus complexe. Si on ensorcelle par exemple cette pierre, elle ne sera invisible que si elle est devant quelque chose. Imaginons que j'ai jeté le sort sur cette pierre, si je la met en contact avec cette brindille, et que je cache cette dernière derrière la pierre, on ne verra ni l'une ni l'autre. Vous avez compris ?
Ses amis la regardèrent, confus.
- Imaginons que j'ensorcelle un drap, si je me cache dessous complètement, on ne me verra pas du tout et le drap non plus !!!
Cette fois ils hochèrent la tête de haut en bas.
- Maintenant, il me faut un volontaire pour essayer et un objet pour tester. D'abord, qui veut essayer ?
Personne ne répondit.
- D'accord…Al, viens là.
- Hein, mais pourquoi moi !?!
- Parce que c'est toi qui a eut l'idée de chercher cette formule et que tu es le seul je pense qui en soit capable.
- Mais…
- Tais-toi. Maintenant, qu'est-ce qu'on pourrait bien tester…
- Moi je sais, s'écria Nicolas. Pourquoi pas le livre ?
- MAIS T'ES FOU OU QUOI ?!? ET COMMENT ON FAIT SI IL Y A UN PROBLEME ? HEIN ! UN LIVRE C'EST PRECIEUX !!!!!!!!!
Il regarda la jeune fille, éberlué, tandis que les autres se retenaient pour ne pas rire.
- On va prendre un morceau de parchemin, déclara-t-elle plus calmement. Tiens Al, maintenant prends ta baguette. Tu dois dire Wingardium Invisibila tout en décrivant trois cercles concentriques.
- D'accord, je vais essayer. »
Tremblant, il prononça clairement la formule en décrivant les trois cercles. Sur sa poitrine, le médaillon contenant les plumes de Fumseck le brûla intensément, il se retint de justesse de crier en serrant les dents. Soudain, il vacilla et tomba à terre. Il se cogna la tête contre une pierre et s'évanouit.
Lorsque Al s'éveilla, il fut prit d'une migraine atroce. Surmontant sa douleur, il ouvrit un œil, puis l'autre. Au début, sa vue étant floue, il ne distingua rien, puis il vit ses amis assis sur le lit voisin, concertant à voix basses. Nicolas tenait le parchemin d'un air triomphant et chuchotait vivement. Difficilement, il gémit :
-« Ni…o…a…..
Son ami tourna la tête et sourit en découvrant son ami éveillé.
- Alors, comment tu vas ? Tu nous as fait une peur bleue tu sais !!! Tu peux pas savoir comment on a fl…
- Nicolas tais-toi, tu vois bien qu'il est fatigué, il n'a pas besoin que tu lui rabattes les oreilles avec tes bêtises. Comment tu te sens ?
- Mal…a…tête…
- C'est normal ! T'as pas vu le coup que tu t'es pris ?
- Nicolas, arrête, sinon je vais voir Mme Joyer. Tu t'es pris une pierre en tombant. L'infirmière t'a administré une potion de guérison, elle nous a prévenus que tu aurais mal à la tête. On lui a dit que tu étais tombé dans le parc.
- Le…pachmin…
- Le pachmachin ?!? Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ! s'exclama Nicolas, s'attirant les regards noirs de Melody et Al, qui lui prit le parchemin des mains pour le secouer devant les yeux de son ami. Ah ! Le parchemin ! Il fallait le dire plus tôt !
- Ca a marché, Al ! chuchota Naomy, qui s'était contentée jusque là de le regarder, tout comme Miguel.
Al sourit et posa le parchemin sur son bras, et aussitôt l'endroit où il avait posé le papier disparut. Il sourit en se tournant vers ses amis.
- On va te laisser te reposer, maintenant, dit doucement Melody.
- C'est sûr, tu en as besoin ! Il faudrait que tu voies la tête de cadavre que tu as en ce mom…Aï !!! C'est bon, j'arrête Melody. Mais s'il te plait arrête de me taper. »
Al les regarda partir en souriant, puis prit le parchemin qu'il glissa sous son oreiller, avant de plonger dans un sommeil profond.
Le lendemain matin, ses amis passèrent.
-« Tu as vraiment de la chance ! s'exclama Nicolas. Tu vas rater tous les cours de la matinée !
Alors que Al allait acquiescer, Melody s'écria :
- Tu sais bien que Al est quelqu'un de responsable et qu'il rattrapera son retard, pas comme d'autres !
- Evidemment Melody, je compte sur toi pour me passer tes notes ! »
Puis ils partirent en cours. A midi, ils vinrent chercher Al qui sortait de l'infirmerie, après avoir promis à Mme Joyer qu'il passerait la voir le lendemain.
La fin de la journée se passa sans encombres, et le vendredi aussi. A la fin des cours, ils se rendirent dans la salle commune. Melody sortit alors une fiole de sa poche et la tendit à Al. Elle était emplie d'un liquide orange qui tournoyait.
-« C'est une potion d'énergie, tu vas la boire puis on va recommencer l'expérience avec ta cape.
Il obéit sans rien dire et but le contenue de la fiole sous le regard appuyé de Nicolas, Miguel et Naomy qui attendaient sa réaction. A peine l'eut-il avalé qu'il sentit une douce chaleur l'envahir. Sans savoir pourquoi, il se mit à sourire, puis redevint normal.
- Venez, dit Melody qui ne semblait nullement surprise par la réaction de Al.
Ils la suivirent à travers les couloirs, puis elle entra dans la bibliothèque. Nicolas s'arrêta net, et déclara :
- Je vous attends ici.
- Pourquoi ?!? s'exclamèrent ses amis.
- Je me suis lancé le défi de ne jamais y entrer, tant que je serai en scolarité à Poudlard.
Ils le regardèrent, bouche bée. Melody le regarda, suppliante, puis le prit par la main et le força à entrer.
- Non, Melody, ne me prend pas par les sentiments ! Nooooooooooooonnnnnnnnnnn !!!!!!!!!!
Les autres éclatèrent de rire, puis entrèrent à leur tour. Melody, qui tenait toujours la main de Nicolas sous les regards soupçonneux de Al, les conduisit dans le coin éloigné où ils avaient cherché quelques jours auparavant la formule. Elle sortit la cape de Al de son sac.
- Melody, tu es sûre que la bibliothécaire ne dira rien ?
- Elle n'est pas là, répondit-elle simplement.
- Wingardium Invisiliba !
Ils retinrent tous leur respiration, et cette fois Al ne tomba pas, bien qu'il cligna plusieurs fois des yeux. La cape se troubla, puis elle devint invisible, la surface qu'elle recouvrait avec. Puis Miguel poussa un cri de joie, Naomy et Nicolas regardèrent la cape, stupéfaits, et Melody sauta au cou de Al, qui n'en revenait pas. Puis Melody fourra la cape dans son sac.
- Allons manger, on l'essaiera plus tard. »
Ils se rendirent donc dans la grande salle. Au beau milieu du repas, Al remarqua la directrice des Poussoufles qui se dirigeait vers Grindewald. Elle s'approcha de l'élève et lui chuchota quelque chose en le regardant sévèrement. Intrigué, il avertit ses amis d'un signe. Le jeune garçon sortit de la grande salle avec son professeur. Au même moment, le directeur sortit à son tour. D'un regard, ils décidèrent de les suivre. Ils sortirent discrètement. Ils prirent un raccourci pour arriver plus vite que le directeur, le professeur et l'élève. Arrivés dans un couloir adjacent, ils décidèrent de se séparer car la cape était bien trop petite pour les camoufler tous les trois. Naomy et Miguel repartirent dans la salle commune.
Nicolas, Melody et Al se cachèrent sous la cape et avancèrent dans le couloir du bureau du directeur. Un homme et une femme attendaient là, visiblement inquiets. Lui était en costume, elle portait un grand châle sur ses épaule, et de nombreuses breloques. Malgré son air soucieux, elle avait l'air charmante. Lorsque Grindewald et Mme Marsh arrivèrent dans le couloir, la femme se précipita sur celui qui semblait être son fils. Elle le prit dans ses bras, puis le regarda intensément. Au bout d'un moment, il baissa les yeux, gardant toutefois son air narquois qui ne le quittait jamais. Le père, quant à lui, était resté en retrait. Enfin, le directeur arriva à son tour, salua les parents, et murmura le mot de passe permettant d'accéder à son bureau. Al, Melody et Nicolas se glissèrent derrière la sous-directrice tandis que le passage se refermait. Ils pénétrèrent de la même manière dans le bureau du directeur. La pièce était assez simple, avec pour seul ornement les tableaux des anciens directeurs de Poudlard. Le directeur prit place derrière son bureau, faisant apparaître des chaises pour le reste de convives. Il resta silencieux, semblant attendre quelqu'un. Soudain, le garde-chasse entra, essoufflé, et s'excusa de son retard.
-« Bien, maintenant que tout le monde est là, nous allons pouvoir commencer. Le jeune garçon ici présent aurait été vu par notre garde-chasse, M. Nelson, en train de pratiquer de la haute magie, dans la forêt interdite. Il a enfreint le règlement à deux reprises : il est allé dans la forêt dont l'accès est interdit; il a également pratiqué de la magie en dehors des cours, tout en sachant très bien que l'usage de la magie est interdit avant dix-sept ans. Pouvez-vous nous raconter exactement ce qu'il faisait, M. Nelson ?
Le garde-chasse, qui contemplait la mère de Grindewald, sursauta et prit la parole :
- En effet, j'ai surpris cet élève dans la forêt. J'étais en train de ramasser des plantes pour le nouveau professeur de potions, lorsque j'ai entendu un craquement. Je me suis dirigé vers la provenance de ce bruit, et je l'ai trouvé, seul. Il venait d'ouvrir une porte inter temporelle.
A ces mots, le professeur regarda son élève d'un air étonné, les parents du garçon tressaillirent. L'élève, quant à lui, resta silencieux en regardant le directeur.
- Maintenant, jeune homme, veuillez m'expliquer vos agissements.
- Je vais mourir l'année de mes vingt-six ans d'un sortilège impardonnable. J'i eu une prémonition cet été, et elle se répète chaque nuit.Un jour, j'ai surpris ma mère en train d'ouvrir les Portes du temps, et j'ai essayé pour connaître le lieu et la date de ma mort. Mais comme je suis encore trop inexpérimenté, je n'y arrive pas, je tombe sur des moments de ma vie autres que celui-là. Toutefois, je connais mon tueur, il est ici en première année. J'ai seulement voulu avoir une chance de changer ma destinée.
Sa déclaration laissa tout le monde de marbre. Au bout d'un moment, le directeur prit la parole :
- Tu as sans doute fait un rêve mon garçon, cesse de dire des sottises et ne pense plus à ça. Je vais prendre les mesures nécessaires. Retourne manger.
Le jeune garçon sortit, le visage inexpressif. Dès que les bruits de pas de Grindewald eurent disparut, la mère du garçon s'exclama :
- Il dit la vérité ! Je possède le troisième œil, il l'a sans doute aussi ! Je sais que cela est peu probable à vos yeux, car ce pouvoir se transmet toutes les quatre générations, et seulement aux filles, mais mon fils est très puissant, ouvrir les Portes du Temps, à son âge !
-Je n'en doute pas une seconde.
- Mais…Quoi ?! Alors pourquoi lui avoir dit qu'il avait rêvé ?
- Madame, je ne voudrais pas, et vous non plus je pense, que votre fils gâche sa jeunesse à penser à des choses comme ça. Si on le laisse continuer dans cette voie, il ne sera animé que par la vengeance, ce que je veux éviter. De plus, n'oubliez pas que votre fille entre à Poudlard l'année prochaine. Je pense que nous nous sommes tout dit. Mais avant que vous ne partiez, je voudrais vous demander un service : j'aimerai connaître l'identité de son futur assassin, si cela ne vous pose pas de problèmes.
- Bien sûr professeur, je dois utiliser les portes du temps, permettez-vous que je le fasse ici ?
- Oui, allez-y.
La jeune femme sortit sa baguette et murmura une formule, faisant apparaître les portes, sous le regard admiratif de Léonard Nelson. Elle y entra sans se retourner. Une dizaine de minutes plus tard, elle émergea du cercle en courant, le referma précipitamment, puis s'effondra sur une chaise. Elle était livide, ses cheveux étaient en bataille, le bas de sa robe roussi. Elle leva ses yeux clairs sur le directeur :
- Il…s'appelle…Albus Dumbledore. » dit-elle en tremblant avant de tomber évanouie.
