Chapitre 9 : La vérité sur Miguel

Naomy et Miguel revenaient vers la salle commune. Cela faisait dix minutes qu'ils s'étaient séparés de leurs amis, et ils n'avaient toujours pas prononcé un seul mot. La salle commune était vide lorsqu'ils y entrèrent, les élèves étant partis manger. Naomy s'installa dans un fauteuil et commença à lire, tandis que Miguel s'assit non loin. Soudain, il s'exclama :

-"Je suis désolé !

- …Hein, pardon tu disais ?

- C'est déjà assez dur comme ça, alors écoute-moi s'il te plait ! Je suis désolé d'avoir été comme ça avec…euh…Jean-Michel ? Non, c'est pas ça …Michel ? Ou peut-être…

- Michaël !

- Oui, voilà ! Je le savais… Je n'ai pas voulu être méchant, tu sais…

- Pas méchant ? Pas méchant ?!? Tu te moques de moi ?!? Tu as voulu le frapper, et si tu crois que je ne t'ai pas vu avec tes cognards, à l'entraînement mercredi ! Comme par hasard, ils allaient toujours vers lui !!!

- Oui, mais tu comprends, tu es comme la petite sœur que je n'ai jamais eut…

- Je fais une tête de plus que toi, Miguel.

- Oui, bon…Ecoute, je dois te dire autre chose…Je suis amoureux.

- Si c'est de moi, ce n'est pas réciproque ! répondit-elle précipitamment.

- Oh non ! Je te rassure, pas de toi. Mais je ne sais pas qui c'est.

- Miguel, j'ai toujours pensé que ton humour était égal à 0, mais là ça frise le -500…

- Mais non, ce n'est pas ce que tu crois ! C'est juste que je ne la connais pas.

- -1000…

- C'est une attrapeuse, mais je ne sais pas de quelle maison. Je l'ai vue s'entraîner. Le problème, c'est que je ne connais pas son nom.

- Ca t'avance beaucoup …

- Tu as raison ! Je dois aller la voir !

- Non surtout pas ! Je n'ai pas dit ça ! C'est le meilleur moyen pour qu'elle te prenne pour un idiot…"

Alors que Miguel s'apprêtait à aller faire "l'idiot" devant la jeune attrapeuse inconnue, la porte s'ouvrit à la volée et Melody, Nicolas et Al débarquèrent en jetant la cape par terre. Al était pâle comme un mort et à peine fut-il entré qu'il se précipita dans le dortoir. Miguel fit un pas pour le suivre, mais Nicolas lui fit signe de le laisser. Naomy, étonnée, réclama des explications aux deux élèves qui racontèrent leur mésaventure. Miguel, au fur et à mesure, ouvrait plus grand les yeux. Lorsqu'ils eurent fini, Naomy commença à monter l'escalier. Lorsque Melody et Nicolas s'aperçurent qu'elle n'allait pas dans le dortoir des filles, ils s'apprêtèrent à dire quelque chose, mais au regard noir de leur amie, ils la laissèrent monter et se turent.

Al, allongé sur son lit, regardait par la fenêtre la forêt qui avait pris des teintes orangées. Soudain, Fumseck vint se poser sur le rebord de la fenêtre. Al s'empressa de lui ouvrir, et prit l'oiseau sur son bras. Il se mit à caresser son plumage rouge et or, tout en réfléchissant aux révélations qu'il venait d'entendre. Rien que de savoir que son destin était de tuer quelqu'un, d'ôter la vie à un être humain, il en avait la nausée. Alors qu'il méditait cette funeste nouvelle, la porte du dortoir s'ouvrit doucement. Il se retourna en sursautant, Fumseck toujours sur le bras, et se retrouva face à Naomy qui le regardait, éberluée

-"Je…tu…mais…enfin…il est magnifique ! balbutia-t-elle.

- Euh…oui ! Je trouve aussi. Je…je…je n'ai pas voulu vous le dire parce que…

- Tu n'as pas à te justifier, je te comprends. Et je ne le dirai pas aux autres. Je vais faire comme si je n'avais rien vu, et te laisser.

- Non, tu peux rester si tu veux. Et le toucher.

Naomy s'approcha prudemment et caressa le plumage de l'oiseau.

- On peut parler si tu veux.

- Mais je n'ai pas envie de t'ennuyer avec ça.

- C'est fait pour ça les amis, alors je t'écoute, déclara-t-elle en s'asseyant en tailleur sur le lit de son ami.

- C'est difficile à expliquer…De me dire que je vais tuer quelqu'un, ça me dégoûte.

- Tu sais, les Portes du Temps montrent seulement la destinée. La tienne, qui est de tuer Grindewald, tu n'es pas obligé de la suivre.

- Oui, heureusement.

- Mais en même temps, si dans le futur, tu es amené à le faire, c'est qu'il y a une raison ! Donc tu dois essayer de comprendre, au lieu de tout faire pour éviter ça.

- Tu as raison. Mais c'est dur…soupira-t-il en laissant Fumseck s'envoler par la fenêtre.

- Al, cesse de penser à ça ! Change-toi les idées ! Si tu continues comme ça, tu vas te gâcher l'existence. Si tu continues, quelqu'un le remarquera, et ça risque de mal finir. Je t'en prie, oublie tout ça.

- Merci Naomy, déclara-t-il en la serrant dans ses bras. Tu es une super amie, la seule qui ait eut le courage d'affronter Melody et Nicolas pour venir me voir. Viens, allons les rejoindre."

La jeune fille acquiesça et ils rejoignirent leurs trois amis.

Le lendemain, le match de Quidditch Gryffondors VS Serpentards devait avoir lieu en début d'après-midi. Au petit-déjeuner, ils étaient tous nerveux, Miguel plus particulièrement. Il triturait nerveusement avec sa fourchette un pauvre morceau de bacon. Nicolas, qui ne devait pas jouer, s'était en revanche occupé des supporters. Il avait englouti son petit-déjeuner en deux temps trois mouvements. Il distribuait maintenant toutes sortes d'objets aux couleurs de sa maison : des badges, des drapeaux, des ressorts munis de têtes de lion rugissantes à accrocher partout, et bien d'autres choses encore, tout venant de sa fertile imagination et de la magie de Melody. Tout excité, il allait et venait entre les tables des Gryffondors, des Serdaigles et des Poussoufles, incitant ces deux derniers à prendre partie. Les Poussoufles le regardaient d'un air dédaigneux, tandis que les Serdaigles, amusés et appréciant l'intelligence de certains élèves de Gryffondor, acceptaient volontiers. Il avait l'air plus pressé que ses amis qui regardaient leurs assiettes, peinant à avaler quoique ce soit. Il les encouragea jusqu'au moment où ils durent entrer dans les vestiaires, en agitant les ressorts qu'il s'était collé dans les cheveux, faisant sourire faiblement ses amis.

Lorsque Melody, Naomy, Miguel et Al arrivèrent dans le stade, accompagnés du capitaine, de Michaël et d'un quatrième année assez robuste qui occupait le poste de poursuiveur, le ciel était parsemé de nuages, mais le soleil brillait. Ils enfourchèrent leurs balais, puis M.Eigles, le professeur de vol, donna un premier coup de sifflet. Les joueurs s'élancèrent dans les airs, et se rendirent à leurs postes. Le professeur ouvrit une malle, et en sortit les balles. Il lança le souafle, et donna un second coup de sifflet, qui annonçait le début du match. Aussitôt, les poursuiveurs se lancèrent sur le souafle. Miguel partit en direction des cognards, qui fonçaient droit sur les joueurs, mais il stoppa net en la voyant à l'autre bout du stade, cherchant quelque chose des yeux. Soudain, elle se lança à la poursuite d'un éclair doré, suivie de près par Melody. Ses craintes étaient justifiées, elle était à Serpentard. Incapable de détacher ses yeux de la jeune attrapeuse, dont il ne connaissait toujours pas le nom, il ne vit le cognard qui fonçait droit sur lui qu'au dernier moment, et tapa avec sa batte de toutes ses forces. Mais le cognard fonça droit sur Naomy qui regardait, horrifiée, la balle arriver sur elle les yeux écarquillés. Soudain, Michaël fonça vers elle, s'interposa et reçut le projectile de plein fouet, le faisant tomber de son balai. M.Eigles s'envola sur son balai et le rattrapa de justesse, lui évitant la chute mortelle. Le balai du garçon vint s'écraser contre le sol, irrécupérable. Naomy regarda Michaël qui était complètement assommé, puis Miguel qui baissait la tête, confus. Le directeur accorda une pause de dix minutes afin de déterminer si le batteur était apte à continuer, mais il fut envoyé d'urgence à l'infirmerie, et Nicolas vint prendre sa place. En passant, il murmura à Miguel :

-"Fais attention, parce que ça m'étonnerai qu'il y ait d'autres remplaçants volontaires."

Le match repris, mais Miguel était toujours aussi distrait. Le score était de 140 à 0 en faveur de Serpentard, ils avaient un gardien redoutable. Naomy, tendue, avait du mal à arrêter les buts, elle qui d'ordinaire n'en laissait passer aucun. Melody et la jeune attrapeuse de Serpentard était côte à côte, et elle essayait toutes deux de se pousser. Soudain, les doigts de Melody se refermèrent sur la petite balle ailée qu'elles poursuivaient depuis un moment. Les supporters des Gryffondors explosèrent de joie, et envahirent le terrain. L'attrapeuse de Serpentard, quand à elle, descendit au sol et entra dans les vestiaires, mécontente. Miguel, désolé, descendit à son tour et sortit du stade, laissant les autres fêter la victoire à laquelle il n'avait aucunement participé. Soudain, il entendit des voix provenant du parc. Il se plaqua contre le mur du château, et avança prudemment jusqu'à l'angle. Il écouta, et reconnut la voix de Grindewald qui tentait de calmer la jeune attrapeuse.

-"Juliette, ce n'et pas grave, calme-toi. Il reste les matchs contre Serdaigle et Poussoufle, tout n'est pas perdu.

- Mais je ne peux pas la voir cette pimbêche, si tu savais comme j'ai envie de l'étrangler !

- Laisse, tu te vengeras, mais un autre jour."

Miguel jeta un coup d'œil discret et découvrit la jeune fille assise près du Poussoufle, la tête sur son épaule. Furieux, il retourna en courant dans la salle commune.