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Une Rentrée Agitée
(Hermione)
Malefoy s'était tenu tranquille durant la journée du lendemain, fidèle à sa parole. Il m'avait laissée préparer mes affaires et mes cours en paix, regardant la télé quand mes parents n'était pas là c'est-à-dire, la plupart du temps.
Finalement, le jour de la rentrée arriva et c'est sans broncher que Malefoy transplana avec moi jusqu'à la gare de King's Cross où nous nous dirigeâmes immédiatement vers la voie 9 ¾.
Dès que nous y eûmes mis les pieds, je souris. Je retrouvais cette ambiance sorcière familière et agréable dans tout ce brouhaha de rentrée. Je me sentais revenir chez moi…
–Le train est déjà là, me fit inutilement remarquer Malefoy. On y va ?
–Oui, murmurai-je entre mes dents pour que les sorciers alentours ne me croient pas folle.
Nous nous engouffrâmes donc à l'intérieur du Poudlard Express et je pris le soin de choisir un wagon occupé dans le compartiment des professeurs. Ainsi, Malefoy ne pourrait pas me parler car j'étais suffisamment stressée comme cela. Je préférais réviser mon programme que de devoir subir ses babillages, même si c'était égoïste de ma part.
–Hé, Granger ! se plaignit l'affreux en prenant place à côté de moi. Pourquoi tu t'inst…
–Oh, bonjour, Professeur Chourave ! l'interrompis-je d'une voix enjouée en voyant le professeur de botanique prendre place en face de moi.
–Bonjour, Miss Granger ! répondit-elle en souriant. Ou plutôt devrais-je dire Professeur Granger ? La rumeur était donc vraie.
–En effet… me voilà enseignante.
Je passai donc une partie du voyage à causer avec le Professeur Chourave et quelques autres qui s'installèrent dans le même compartiment. Malefoy, lui, se contenta de bouder, furieux de voir qu'il ne pouvait pas m'adresser la parole.
Finalement, le train finit par arriver en gare de Poudlard et Malefoy put enfin se dégourdir la langue car j'étais à présent seule.
–Bon, où allons-nous ? demanda-t-il.
–Pour l'instant, au banquet, déclarai-je. N'oublie pas que c'est le jour de la rentrée. Tu viens aussi ?
–Oui… juste histoire de voir la tête des nouveaux Serpentard et si tu vas faire une gaffe, ricana-t-il.
–Pourquoi le devrais-je ? ripostai-je. Je n'ai pas de discours à faire.
Sa prétention et son ironie commençaient véritablement à me taper sur les nerfs !
–Tu as de la chance que je ne puisse pas te toucher, Malefoy, grognai-je entre mes dents. Sinon, ma main serait déjà partie tout droit sur ta figure.
–Je ne savais pas que je te faisais autant d'effet, Granger, répondit l'effronté.
–Ne fais pas semblant de ne pas avoir compris !
Toujours suivie de Malefoy, j'entrai alors dans la Grande Salle et eut presque le réflexe d'aller m'asseoir à la table des Gryffondor comme je l'avais si souvent fait avant de me rendre compte qu'à présent, j'étais professeur et non plus élève. J'aperçus d'ailleurs Ginny qui – à présent en Septième année – me saluait de la main. Ce fut donc avec appréhension et une certaine émotion que je pris place entre les professeurs Flitwick et Bibine.
Le Professeur McGonagall – directrice de Poudlard depuis l'an dernier – ouvrit le défilé du Choixpeau, présenta les nouveaux enseignants arrivants, dont moi et le nouveau professeur de Potions, un certain Mr Logan Crew, âgé d'à peine vingt deux ans et ayant fait ses études dans une école de sorcellerie américaine. En voyant que j'étais une nouvelle enseignante, moi aussi, il me fit un sourire d'encouragement que je lui rendis. Et le repas put enfin commencer.
Malefoy, lui, debout juste derrière moi, me fit :
–Apparemment, tu es toujours la seule à pouvoir me voir… Personne dans la salle ne semble avoir remarqué qu'il y avait quelqu'un derrière la crinière de la nouvelle prof.
Ne pouvait-il donc pas prononcer une seule phrase sans être vexant ? Je me contentais de lui lancer un œil noir furtif, ne pouvant pas répondre.
–Bon, je commence à m'ennuyer alors je t'attends dans ta chambre au dortoir des profs, déclara-t-il avant de tourner les talons.
Dans ma chambre ? Mais je ne l'y avais jamais invité ! Il n'était pas question qu'il m'y suive !
Hélas la présence de tous m'obligeait à rester muette, aussi fis-je des mimiques désespérées à Malefoy pour lui faire savoir que j'étais contre mais il m'ignora et s'en fut, tout guilleret.
Je dus donc attendre sagement la fin du dîner d'ouverture pour m'en aller dans ma chambre à la recherche de cette peste de Malefoy. J'arpentais donc le couloir des chambres des professeurs et trouvais rapidement ma mienne où mes bagages avaient déjà été montés. J'ouvris ensuite la porte en ronchonnant, sachant d'avance ce que j'allais découvrir.
Et effectivement, Malefoy était là ! Flottant sur mon lit, l'air suffisant. Je lui lançais un regard désagréable en lançant mon sac sur mon lit, ce qui le traversa.
–Hé ! protesta-t-il en se redressant.
–Qu'est-ce que tu fiches ici ? maugréai-je.
–Où veux-tu que j'aille d'autre ? marmonna-t-il.
–Je n'en sais rien mais pas ici ! soupirai-je. Je tiens vraiment à mon intimité !
–Peuh ! Quelle intimité ? A moins que tu ne comptes inviter Weasmoche à faire des galipettes…
–On n'est pas ensemble, soupirai-je. Et personne ne viendra, mais je tiens tout de même à être tranquille et à pouvoir me changer à ma guise sans avoir peur d'être surprise… en tenue indécente !
–Tu crois que ça m'intéresse ? me provoqua-t-il. De toute façon, c'est dans la salle de bain qu'on se change, non ? ajouta-t-il en me montrant du doigt la pièce voisine. Et je n'y entrerai pas, promis.
–Je n'ai pas l'intention de me restreindre à cause de toi ! m'énervai-je. Tu entreras lors de nos recherches, le reste du temps dans ma chambre, il m'appartient !
–D'accord, d'accord, concéda-t-il en levant les yeux au ciel. Pas la peine de t'enflammer, Granger… D'ailleurs, bonne idée ! Comme ça je pourrais aller espionner les petites lycéennes qui se déshabillent dans leur chambre, ajouta-t-il, l'air vicieux.
–Ça va, pour le moment, tu restes, marmonnai-je. Mais la nuit, tu t'en vas !
–Parole de Malefoy !
–C'est censé m'inspirer confiance ?
–Gnn…
J'entrepris ensuite de déballer mes affaires mais fus vite agacée par l'œil de Malefoy constamment sur ce que j'étais en train de faire. C'en devenait insupportable.
–Pitié, Malefoy, soupirai-je en laissant tomber la pile de chemises que je portais. Ne pourrais-tu pas faire semblant d'avoir une vie ailleurs pendant un moment ?
–Pff, maintenant qu'il n'y a plus de télé, je vais m'ennuyer comme un rat mort ! se plaignit-il.
–Ha ! Viendrais-tu à l'instant de reconnaître l'intelligence d'un objet moldu ?
–Oh, ça va…
Au moment où je finissais de ranger mes affaires, quelqu'un toqua à la porte.
–Entrez, lançai-je.
La porte s'ouvrit et je découvris alors deux yeux marron rieurs autour desquels flottaient une abondante chevelure rousse.
–Ginny ! m'exclamai-je, heureuse de voir mon amie.
–Salut, Hermione ! répondit-elle, tout sourire. Waouh ! Plutôt classe, ta chambre !
–Oui, répondis-je en souriant, sans pouvoir pour autant m'empêcher de penser que son espace serait réduit avec Malefoy dans les parages.
D'ailleurs, ce dernier se trouvait à côté de Ginny, profitant du fait qu'elle ne puisse pas le voir en lui faisant des grimaces.
–Ça fait quand même bizarre de te voir prof, fit mon amie. L'an dernier, on faisait encore nos devoirs ensemble et à présent, te voilà enseignante et moi élève !
–Cela ne changera en rien notre amitié, Ginny, lui assurai-je. Et on continuera à se voir en dehors des cours. Surtout qu'aucune ne règle l'interdit !
–Il y a intérêt ! approuva Ginny. Tu auras combien de classes, alors ?
–Une seule. Très peu d'élèves choisissent l'option Etude des Moldus. Je n'aurais donc à m'occuper que d'une seule classe de Troisième année.
–Eh bien ! Cela te laissera pas mal de temps libre !
–Pas vraiment, vu que j'en consacrerai beaucoup à mes recherches, dis-je, en songeant à celles de Malefoy que je devrais faire.
–Quand même… insista-t-elle. Déjà plus que moi avec tout le travail que je vais en avoir en Septième année ! Bref, il faut que j'y aille, si Rusard me voit, il va hurler… Alors, certainement à demain, Hermione !
–Bonne nuit, Ginny ! lui souhaitai-je en la raccompagnant à la porte.
Sitôt Ginny sortie, Malefoy se rapprocha de moi et demanda d'un air légèrement moqueur :
–Non, mais sérieusement, Granger… Toujours rien entre toi et le Weasgay ?
–Je vois que tu as décidemment retrouvé le moral, marmonnai-je. Et encore une fois NON ! Il n'y a rien entre nous ! Nous sommes amis.
–Il a bien tenté quelque chose, non ? Il avait l'air sacrément accro à Poudlard, le petit Weasmoche.
–Si tu veux tout savoir, il a tenté, oui, mais ça n'a pas marché ! conclu-je agacée. Et désormais, il est comblé avec sa nouvelle petite amie.
–Tiens donc ! Et que fait-il dans la vie à présent ? Et Saint-Potter, d'ailleurs ?
–Harry est dans le Quidditch, répondis-je, lassée. Et Ron, eh bien… il a choisi de faire… une année sabbatique.
En entendant cela, Malefoy éclata de son rire perfide et désagréable. Oh, si seulement je pouvais le toucher, celui-là ! Mais alors que je rajustais ma veste en me regardant dans le miroir, je remarquai, une fois de plus, qu'il n'y avait que moi de reflétée alors que Malefoy se tenait juste à mes côtés.
–M'étonne pas de lui, ricana-t-il. Ce rouquin a toujours été tellement paresseux.
–Et toi, si la nature n'avait pas eu la bonne idée de te rendre invisible, qu'aurais-tu fait ? ripostai-je.
–Bah… probablement pareil que lui, en fait, admit-il. Si les choses étaient restées comme avant, mon père m'aurait certainement trouvé une bonne place au Ministère, mais étant donné qu'il est toujours en prison et que maintenant, tout le monde me renie…
Je l'observai un instant sans trouver quoi que ce soit à répondre. A ce moment-là, j'eus presque pitié de lui.
–A quoi bon redevenir visible, après tout ? soupira-t-il. Puisque j'étais déjà invisible aux yeux de tous depuis la destruction du Seigneur des Ténèbres…
–Arrête de faire ton dépressif ! le repris-je sévèrement. On va te faire redevenir visible, même si pour cela, je dois passer les nuits à faire des recherches !
Je me mordis les lèvres et stoppai net mon discours. N'avais-je pas à l'instant eu l'air d'avoir trop de… conviction à le sauver ? Et évidemment, l'affreux sauta sur l'occasion pour me taquiner.
–Je ne savais pas que tu tenais autant à moi, Granger ! déclara alors Malefoy, l'air enjoué. C'est mignon…
–Au contraire, le rabrouai-je. Ainsi, lorsque tu redeviendras visible, tu me lâcheras puisque je ne serai plus la seule à pouvoir te voir.
–Ouais, c'est vrai, ça, approuva-t-il. Merci, Granger, tu viens de me re-motiver !
–C'est ça, fais le malin…
Je sortis alors mon nécessaire de toilette ainsi que ma chemise de nuit d'un de mes sacs et déclarai à Malefoy :
–Bon, je vais me doucher alors à mon retour, j'espère que tu auras respecté ta part du marché en étant parti.
–Ouais, fit ce dernier. Et demain on commence les recherches alors ?
–Si j'ai le temps, répliquai-je. Je dois d'abord le soucier de mes cours.
–Oh, arrête Granger, j'ai vu ton emploi du temps de demain… Tu n'as cours qu'une heure !
–On verra, répétai-je en entrant dans la salle de bain. Bonne nuit, Malefoy !
En entrant dans la salle de bain, je laissai échapper un long et las soupir de soulagement. Non seulement, la journée avait été longue avec tout ce stress de rentrée, mais Malefoy n'avait pas rendu les choses plus faciles à être constamment collé à moi. Si un jour on m'avait dit que je devrais m'occuper de Drago Malefoy rendu invisible aux yeux du monde entier…
D'ailleurs, cela me laissait toujours perplexe de savoir que j'étais la seule personne à pouvoir le voir. Depuis son invisibilité, il avait facilement dû croiser des milliers de personnes, or il n'y en avait qu'une seule à être capable de le voir et c'était moi. C'était plus qu'étrange… mais malgré mon antipathie pour ce petit snob, ma conscience et ma curiosité me poussaient à l'aider… quoi qu'il m'en coûte.
Je traînais sous la douche, laissant l'eau chaude et les senteurs fruitées de mon savon me relaxer après cette longue journée de rentrée. Et après une demi-heure, lorsque je fus lavée, séchée et habillée de ma chemise de nuit et d'un peignoir, j'ouvris la porte avec appréhension, me préparant à hurler car j'étais sûre que Malefoy n'avait pas tenu sa promesse de s'en aller.
Mais à ma grande surprise en ouvrant la porte, je découvris la chambre entièrement vide. Malefoy avait tenu parole, il était parti.
Je hochai alors la tête avec satisfaction et défis mon lit avant de m'y engouffrer, appréciant la saveur des draps frais et des coussins moelleux. Je réglai mon réveil une heure et demi avant le début de mes cours, vérifiai que mon programme de demain était bien sagement dans ma mallette de professeur et éteignis la lumière pour savourer entièrement de tomber dans les bras de Morphée.
J'étais allongée depuis plusieurs minutes dans l'obscurité, laissant progressivement la fatigue me transporter dans un sommeil réparateur lorsque je crus sentir un souffle sur mon cou. Je tressaillis. Cela ne ressemblait pas à un courant d'air, mais plutôt un souffle humain tout chaud…
Je me retournai alors avec vivacité et allumai immédiatement la lumière. Personne. Autour de moi, sous le lit, dans la salle de bain… La chambre était bel et bien vide. J'avais certainement dû rêver. Pas étonnant avec tout ce stress que j'avais sur les épaules.
Me recouchant, je décidai de vider mon esprit et m'endormis rapidement en pensant à tout ce que j'avais à faire le lendemain.
A/N : Coucou ! Je sais que j'avais dit que j'uploaderai les vendredis et non les jeudis, mais ma prof du vendredi est absente… Donc j'en ai profité ! XD La semaine prochaine, les recherches commencent, huhu ! Bisous à tous !
