15

Besoin d'Elle

(Drago)

Je ne savais pas encore très bien ce qui s'était passé, si nous étions sauvés, mais la seule chose dont j'étais sûr, c'est que je n'aurais pas supporté d'attendre une minute de plus pour l'embrasser.

Et à présent, nous y étions. Je me réveillais, et voyais, allongée sur un lit à mes côtés, la fille qui me plaisait, son visage à seulement quelques centimètres du mien. Alors sans mot dire, j'avais capturé ses lèvres, y goûtant enfin après tous ces mois durant lesquelles elles m'avaient été défendues, pour tous ces obscurs problèmes qui à présent étaient bien dernières nous.

Car je sentais la douce chaleur de ses lèvres contre les miennes.

Je sentais la saveur de sa langue moelleuse sur la mienne.

Je sentais la tiède douceur de ses bras enlacés aux miens.

Je sentais son parfum naturel, tout contre moi.

Celle que j'aimais.

Toujours sur ses lèvres, je nouais un bras autour de sa taille pour l'enlacer plus étroitement et ainsi goûter avec plénitude à la chaleur de cette étreinte.

Nous étions toujours en train de nous embrasser sur le lit lorsque soudain, je perçus un râle juste dernière nous. Hermione et moi sursautâmes au même instant et nous nous regardâmes avec surprise avant de découvrir Severus et ma mère, à peine à quelques mètres de nous, endormis dans un fauteuil. Bon sang, je les avais presque oubliés !

–Ne devrions-nous pas les réveiller ? me chuchota Hermione, toujours dans mes bras.

–Hum… Laisse-moi réfléchir… Non ! conclus-je en reprenant ses lèvres.

–Drago ! pouffa Hermione en se détachant légèrement de mes bras. Il faut les prévenir. Attend…

Poussant un râle de frustration exagéré, j'observai Hermione s'extraire avec lenteur du lit, pour sauter à terre et s'approcher d'eux sur la pointe des pieds.

–Hum, hum… Professeur Rogue ? murmura-t-elle en le secouant légèrement. Mrs Rogue ?

Je pouffai de rire au nom employé pour désigner ma mère. Et dire que cela risquait bien d'arriver !

En réponse, Severus grogna et finit par ouvrir un œil. Découvrant le visage d'Hermione devant le sien, il sursauta avec vivacité et manqua de s'affaler, ses gesticulations réveillant ma mère au passage.

–M… Miss Granger ? s'étonna-t-il d'une voix pâteuse.

Puis ses yeux s'agrandir davantage en me découvrant sur le lit, éveillé, en pleine forme et surtout, tout aussi visible et palpable que lui-même.

–Drago ! s'exclama-t-il, la voix chevrotante.

Je n'eus pas le temps de répondre quoi que ce soit car déjà, ma mère se jetait dans mes bras et me berçait comme un enfant, son beau visage ruisselant de larmes.

–Drago… Oh, mon chéri… balbutiait-elle en me serrant à m'étouffer. Tu… es vivant.

–Oui, répondis-je en me détachant d'elle avec douceur avant d'essuyer une larme de sa joue pâle. Et Hermione aussi.

Les regards de ma mère et de Severus convergèrent alors instantanément vers elle, toujours figée entre le fauteuil et le lit.

–Je crois que nous pouvons dire… que nous avons réussi, déclara-t-elle finalement avec un sourire soulagé. Nous sommes tous deux vivants et bien visibles à présent.

Je lui souris en retour, avant de me diriger vers elle.

–Oui, tout est enfin terminé, fis-je à mon retour avec un soulagement profond. Tu es là, et moi aussi.

–Ma foi, je vois ça, déclara Severus à son tour, visiblement médusé. En toute honnêteté, j'avais moi-même de sérieux doutes quant à la réussite de cette potion… Tu es un vrai robuste, mon garçon !

–C'est grâce à toi, Severus, le remerciai-je avec sincérité. Sans toi, nous n'aurions pas pu sauver Hermione. Merci… vraiment. Et encore toutes mes excuses pour avoir osé douter de toi…

Spontanément, je le serrai alors dans mes bras. Je n'avais jamais fait ça avant, mais c'était le meilleur moyen, et le plus sincère, que j'avais trouvé sur le moment pour lui exprimer toute ma reconnaissance. Un peu raidi sur la surprise du moment, Severus finit par me serrer dans ses bras à son tour, sous l'œil attendri de ma mère. Car jamais mon père n'avait ni n'aurait fait une telle chose avec moi. Jamais. Et c'était maintenant que je réalisais que le meilleur père que j'eus jamais eu, c'était bel et bien Severus Rogue.

–Eh bien, déclara-t-il, une fois notre étreinte achevée. Voilà tout qui rentre enfin dans l'ordre. Te revoilà parmi nous.

–Et je ne vous remercierai jamais assez pour avoir sauvé Drago, dit ma mère à l'intention d'Hermione. Sans vous, jamais personne n'aurait pu l'aider et il serait peut-être…

–C'est le hasard qu'il faut remercier, lui répondit Hermione avec modestie. Après, j'ai fait ce que n'importe quel être humain aurait fait.

–Il n'empêche que c'est grâce à vous qu'il est en vie, au bout du compte… murmura ma mère avec émotion. Merci, Hermione.

Elle l'étreignit alors brièvement, sous l'air étonné d'Hermione qui finit par sourire à son tour.

–Je vous en prie. Et Drago il m'a aidée aussi. Tout comme le Professeur Rogue.

–En parlant de professeur… Comment est mon remplaçant ? s'enquit soudain Severus.

A cette évocation, Hermione et moi grimaçâmes en même temps. Surtout elle.

–Euh… En temps que professeur de Potions, je crois que même Hermione te regrette, Severus, répondis-je en me faisant violence pour ne pas rire, à la pensée de cet affreux Yankee aux dents impressionnantes.

–Ah ? Est-il si médiocre ? releva Severus.

–Vous n'imaginez pas à quel point, grommela Hermione.

–Eh bien, à l'occasion, j'essayerai de le rencontrer. Bon, à présent, je crois que le moment est venu pour nous de nous en aller en toute discrétion, avant que le château ne s'éveille, déclara Severus en se frottant les mains. Inutile de réveiller tout le monde ni de faire savoir cette histoire maintenant qu'elle vient tout juste de s'arranger.

–Oui, approuva Hermione.

Severus et ma mère se dirigèrent alors tous deux vers la sortie, raccompagnés par Hermione et moi. Avant de s'en aller, ma mère se tourna vers moi.

–Je pense qu'Hermione et toi avez sans doute beaucoup de choses à vous dire, me dit-elle avec une pointe d'attendrissement dans le regard. C'est pourquoi nous allons vous laisser seuls pour… discuter. Mais à présent que tu es de retour… promet-nous de revenir à la maison, Drago, fit-elle en me serrant les épaules. Tu n'imagines pas à quel point tu nous as manqué…

–Bien sûr que je reviendrai, maman, lui assurai-je en l'embrassant sur la joue. Sois tranquille.

–A bientôt, mon chéri. Et j'espère également avoir l'occasion de vous revoir bientôt, Hermione ? ajouta-elle à son attention.

–Je l'espère aussi, sourit Hermione en hochant la tête.

Et Severus et ma mère disparurent ainsi de l'autre côté de la porte que je refermai doucement sur eux.

Une fois seuls, Hermione se tourna vers moi, le visage ému et rayonnant.

–Tu sais… murmura-t-elle. Je n'y croyais franchement plus.

–Moi non plus, avouai-je en attrapant ses mains. Mais nous avons réussi, et à présent, je ne regrette qu'une chose ?

–Laquelle ?

–D'avoir attendu trois mois avant de pouvoir enfin faire ça…

Et sur ce dire, je l'encerclai soudain de mes bras et l'attirai contre moi, comme si la perte de son contact m'était à présent totalement insupportable.

–Et moi… balbutia-t-elle, les lèvres enfouies dans mon cou. Je regrette d'avoir mis si longtemps à me rendre compte qu'aveuglée par ce beau parleur de Logan, je ne réalisais pas à quel point je tenais à toi… Comme je me rends compte à présent… à quel point je t'aime… déclara-t-elle doucement.

Je me détachai alors d'elle avec lenteur pour la dévisager profondément, comme pour être sûr qu'elle venait réellement de prononcer ces paroles, que je ne m'étais pas fait d'illusions.

–Tu… es sérieuse ? murmurai-je. Toi aussi, tu éprouves ça pour moi ?

–Pardonne-moi d'avoir mis tellement de temps à m'en rendre compte, chuchota-t-elle en m'embrassant à son tour.

Répondant à son baiser, je ne pus qu'écouter ce que je ressentais en la serrant dans mes bras pour enfouir mes mains, mes lèvres, mon visage, dans ses cheveux, pour venir finalement les enrouler sous ses manches.

–Ne perdons pas un instant de plus, soufflai-je à son oreille.

Avec douceur, je la fis basculer sur le lit et ce fut elle-même qui m'attira contre elle de façon plus étroite encore.

Longeant ses courbes de mes paumes, je ne cessais de l'embrasser partout sur le visage et le cou tandis que je sentais ses petites mains fines venir se nicher sous ma chemise avec une certaine timidité.

Je tentai alors de la rendre plus confiante avec de nouveaux baisers, brûlants, parcourrant à présent dangereusement la naissance de sa poitrine. Hermione, pour tout effet, se cambra sous la surprise et m'arracha un baiser fiévreux avant que ses bras ne viennent s'inviter sur mon torse.

Je la perçus un brin frissonnante, mais également fébrile et passionnée. Tout comme moi en cet instant si particulier.

–Ne disparais plus, me chuchota-t-elle d'une voix à la fois ferme et emplie de désir. Ni maintenant, ni jamais.

–Pas même si le diable lui-même me l'ordonnait, haletai-je en enlaçant ses bras aux miens, mes jambes dans les siennes.

Je ne me souvins même pu exactement à quel moment tous nos vêtements furent complètement retirés et éparpillés de façon anarchique au pied du lit.

Hermione me regardait avec des yeux embués, implorants, passionnés.

Elle était belle. Elle était vraie. Je l'aimais. Et je la voulais.

Ici et à présent, dans cette chambre où tout entre nous avait commencé…

Alors en un instant, tout autour de moi me sembla secondaire, ne sentant plus que vaguement les choses extérieures à la voix et au corps d'Hermione contre lequel je me coulai avant de remonter avec vigueur les draps sur nous…

¤¤¤

Lorsque j'ouvris les yeux au petit matin, il me fallut quelques bonnes secondes avant de pouvoir me remémorer les évènements de la veille, tant tout cela me paraissait irréel.

La découverte de l'acte de mon père, le sauvetage d'Hermione par Severus, et surtout… notre nuit ensemble, à Hermione et à moi… la toute première…

A cette pensée, mon visage encore adossé contre l'oreiller se tourna instantanément vers l'autre côté du lit.

Hermione était toujours là, endormie, le visage paisible, appuyée contre moi.

Je souris en me remémorant toutes les fois où je l'avais regardée dormir, à son insu… Je n'avais plus besoin de me cacher, à présent.

Je ne comptai pas les nombreuses minutes durant lesquelles je la contemplai dormir jusqu'à ce qu'elle s'éveille enfin.

Comme moi, elle sembla mettre quelques secondes avant de réaliser où elle était, et ce qui s'était passé. Mais sa réaction ne fut pas exactement celle que j'escomptais…

–Drago ? Whâââ ! s'écria-t-elle en bondissant littéralement sur place.

Et ce fut en un magnifique saut arrière qu'Hermione, perdant l'équilibre, tomba du lit et s'affala par terre, jambes en l'air et la tête sur le tapis, en poussant un petit gémissement de douleur.

Prêt à éclater de rire, je rampai jusqu'à son extrémité du lit et en sortis ma tête, pour mesurer l'ampleur des dégâts.

–Très gracieux, commentai-je en ricanant. Tu es tellement en forme, de si bon matin, ou alors c'est moi qui suis tellement horrible au réveil pour que tu tombes du lit comme ça ?

–Ne te moque pas ! répondit-elle en faisant la moue comme une enfant, avant de se recouvrir vivement du drap. C'est juste que… Je ne pensais pas que tu allais me regarder alors que je suis… euh…

–Toute nue ? m'étonnai-je en souriant.

–Eh bien oui ! avoua-t-elle, l'air boudeur. C'est que… Tu aurais pu prévenir au lieu de m'observer comme ça ? De quoi j'ai l'air maintenant ? fit-elle en se couvrant de façon intégrale dans son drap.

–Hé, mais tu oublies que hier soir, j'ai déjà tout vu, lui rappelai-je, amusé.

Et sans crier gare, je sautai hors du lit et disparus sous le drap avec elle.

–Drago ! protesta Hermione..

–Trop tard, riais-je en l'enlaçant.

–Tu es vraiment impossible ! pouffa-t-elle en acceptant finalement mon étreinte.

Je me mis alors à la chatouiller et nous jouâmes en riant durant plusieurs minutes jusqu'à tomber l'un sur l'autre par terre, le drap toujours sur nous. A ce moment-là, elle ne riait plus mais me dévisageait avec profondeur, son regard scrutant mon visage.

–Tu sais, déclarai-je en passant une main dans ses cheveux. Hier soir, j'étais sincère.

–C'était mon cas aussi, répondit-elle alors. Tout le temps.

–Vraiment ?

–Oui. Mais… c'était un peu bizarre, hein ?

–Dans ce cas, j'adore la bizarrerie, répliquai-je avant de l'attaquer une nouvelle fois de mes baisers.

¤¤¤

Un peu plus tard dans la matinée, une fois Hermione et moi vêtus, je me tournai vers elle, une idée en tête.

–Je crois que je vais rentrer au Malefoy Manor, commençai-je. J'ai été absent trop longtemps et en plus, à présent que je suis de nouveau visible, je risque d'avoir des problèmes si quelqu'un me trouve à Poudlard.

–C'est vrai, admit Hermione. Mais…

–Mais quoi ?

–Je n'ai pas envie que tu t'en ailles, fit-elle, l'air boudeur.

Amusé, j'enlaçai alors sa taille et l'attirai contre moi.

–Et pourquoi tu ne viendrais pas avec moi ?

A cette proposition, les yeux d'Hermione s'agrandirent.

–Tu crois ?

–Bien sûr ! S'il y a une personne que j'ai vraiment envie de voir chez moi, c'est vraiment toi. En plus, aux yeux de ma mère et de Severus, tu es la bienvenue. Enfin, ce sont les vacances alors tu peux bien t'absenter, non ?

–Oui, en effet… Mais…

–Il n'y a pas de « mais », l'interrompis-je en l'embrassant. A mon tour d'être l'hôte. Tu vas venir passer quelques jours chez moi, c'est d'accord ?

Cette fois, Hermione sourit vraiment et se serra davantage dans mes bras.

–D'accord.

¤¤¤

Une demi-heure plus tard, une fois les affaires d'Hermione prêtes, nous nous apprêtions à quitter Poudlard ensemble, pour rejoindre le manoir.

–A cette heure matinale, en pleines vacances, il n'y aura personne dans les couloirs qui risquerait de te voir, dit Hermione avec assurance. Viens.

Elle ouvrit la porte de sa chambre et j'en sortis juste après elle, avant de refermer la porte derrière moi, avec le plus de discrétion possible.

Mais alors que j'allais continuer à avancer, je sentis Hermione se figer devant moi. Machinalement, je levai les yeux… et compris pourquoi elle s'était ainsi raidie d'un coup.

Quelqu'un se tenait devant nous dans le couloir et nous dévisageait à présent tous deux d'un air stupéfait.

McGonagall.


A/N : Je vous laisse méditer là-dessus en attendant le chapitre final qui arrivera dans une semaine ! Et je voulais juste ajouter, en réponse à certaines reviews qui demandaient comment Rogue et Narcissa pouvait parler à Hermione dans le chapitre précédent, alors qu'elle était invisible et immatérielle. Je leur réponds donc simplement en leur proposant de relire le début du dernier chapitre où Rogue lui-même explique que Narcissa et lui ont bu une potion permettant de voir Hermione et de lui parler pendant la durée d'une heure, le temps de lui exposer leur plan. Sur ce, à très bientôt et merci pour vos mots adorables !