Alors, quelles particularités possède Violine ? Et comment nos héros vont-ils réagir en apprenant qui elle est et d'où elle vient ? Merci à ceux qui suivent et bonne lecture !
Violine grimpait les escaliers, sans savoir exactement où elle allait. Les coups de feu et les cris des personnes présentes la guidait. Le bâtiment devait être encore en construction, à en juger par son aspect. La création de la Porte s'avança vers un couloir. Soudain, elle vit surgir un homme qui tenait un pistolet. Il remarqua sa présence. Le visage de la jeune fille exprimait une certaine surprise, mais aucune peur. Tous deux se dévisagèrent un moment.

« T'es qui toi ? Un chien des militaires ? » lança le type.

« C'est quoi un militaire ? » répondit innocemment Violine.

« Alors t'es une espionne ! »

Sans chercher à comprendre davantage, l'homme fit feu sur elle. Une balle en pleine poitrine. Violine s'effondra, l'autre lui tourna le dos. Mais … la jeune fille ouvrit les yeux quelques instants après. Elle se redressa, et baissa les yeux vers sa blessure. La balle ressortit, la blessure se referma. Violine ne parut pas s'en étonner outre mesure. Elle se remit debout, et marcha vers celui qui lui avait tiré dessus. Violine tapota sur son épaule.

« WAAAH ! » s'exclama l'homme en la découvrant en vie.

« Pourquoi vous m'avez tiré dessus ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Paniqué, l'homme pointa à nouveau son arme sur elle. Violine dévia l'arme, et lui attrapa le poignet. Le type ressentit une espèce de décharge, et s'effondra. La créature de la Porte l'observa un instant. Les yeux grands ouverts, le visage figé dans une expression surprise et à la fois apeurée, il ne bougeait plus.

« On dirait qu'il e st mort. Pourtant je l'ai simplement touché. Je peux donc tuer par simple contact. » se dit-elle en regardant ses mains.

Violine délaissa le corps, et poursuivit sa route.


L'équipe des militaires était mal en point. Dépassée numériquement, elle avait été contrainte de se réfugier ici, un endroit parfait pour les embuscades. Plusieurs soldats étaient déjà tombés.

« Colonel, il faut ordonner un repli ! » fit Riza Hawkeye.

« Je sais je sais ! REPLI ! » lança Roy.

Tout en continuant à faire feu, les soldats reculèrent vers la sortie. Certains chutaient encore, touchés par balle. Enfin, ils parvinrent à sortir de la pièce et à fuir. Violine les regarda passer. En apercevant la crinière brune de Mustang, un autre « souvenir » afflua.

« Je le connais, c'est Roy. » dit-elle.

La jeune fille entendit encore des coups de feu, plus loin. Elle alla voir. Elle trouva Jean Havoc, blessé à l'épaule et au flanc. Un autre mec, armé, avançait les sens aux aguets. Il devait le chercher. Jean se sentait sur le point de défaillir. Violine n'hésita pas une seconde. Elle alla à la rencontre de l'homme armé au moment où celui-ci trouva enfin sa proie. Du coin de l'œil, il la vit arriver.

Il parut déconcerté de trouver une fille dans cet endroit, et ne réagit pas tout de suite. Néanmoins, il braqua son pistolet sur elle, mais trop tard. Violine leva une main qu'elle posa sur la poitrine de l'homme. La seconde d'après, il tombait à la renverse, inanimé.

La vision de Jean se brouillait de plus en plus. Il allait tomber dans les pommes, ou pire. Sa blessure au flanc coulait toujours plus. Le militaire distingua Violine venir à lui, et s'accroupir.

« Vous êtes un ange ? » demanda-t-il bêtement

« Non, je ne sais même pas ce que c'est. » sourit-elle.

Jean ferma les yeux. Violine apposa la paume de sa main sur la plaie au flanc. Cette dernière cicatrisa aussitôt sans laisser de trace. La création de la Porte renouvela l'opération pour son épaule.

« Bon, je suppose que je dois le sortir de là. Je vais l'amener à ses amis en bleu. » dit-elle.

Elle saisit Jean, et le jucha sur son épaule gauche. Elle le portait sans aucun effort, comme s'il ne pesait pas plus qu'un sac ordinaire. Violine redescendit tranquillement. Pendant ce temps, la team Mustang avait gagné l'air libre.

« Où est le sous-lieutenant Havoc ? » demanda soudain Roy.

Tous se regardèrent, pour constater l'absence du blond.

« Colonel regardez ! » s'exclama soudain Fuery.

Les têtes se tournèrent, pour découvrir Violine qui transportait leur collègue. Les mâchoires décidèrent d'aérer leur intérieur, et s'ouvrirent gaiement en très grand. Comme cette délicate jeune fille arrivait-elle à porter un grand gaillard comme Havoc ? Et d'où sortait-elle ? Violine s'avança vers Roy, auquel elle sourit.

« Tiens Roy, je t'apporte un de tes hommes. » dit-elle avant de faire basculer le soldat vers l'avant.

Elle le posa doucement au sol. Les militaires le regardèrent, puis la dévisagèrent elle.

« Euh … on se connaît ? » demanda Mustang.

« Je crois … je me souviens de toi en tout cas. Alors, tu n'es toujours pas marié ? » répondit Violine.

Cette dernière phrase troubla le colonel. On aurait dit Maes … et puis il avait beau se creuser la tête, il ne voyait absolument pas qui c'était. Pourtant avec son physique il aurait dû s'en souvenir. Après quelques instants de silence, Roy lui demanda de venir avec eux au Q.G. Il avait diverses questions à lui poser. Violine accepta, et reprit son fardeau sur l'épaule. Les militaires la regardèrent faire avec stupeur. Cette fille semblait avoir une force herculéenne.

« Vous la connaissez ? » demanda froidement Riza à son supérieur.

« Pas du tout. » répondit sincèrement Roy.

« Pourtant elle, elle vous connaît. » insista Riza.

« C'est justement ça qui est bizarre. Je suis certain de ne l'avoir jamais vu, autrement je m'en souviendrais croyez-moi. Et puis … on aurait dit le général de brigade Hughes quand elle m'a demandé si j'étais marié. »

Riza restait sceptique. Toutefois, elle avait remarqué la surprise de son supérieur, ce qui l'amenait à penser qu'il pouvait dire vrai. Le trajet se fit en silence. Jean fut déposé à l'infirmerie, où il reprit conscience. Instinctivement, il porta une main à ses blessures, qui avaient disparu.

« Ca c'est bizarre. » dit-il.

« En effet. Ce n'est pas ton style de t'évanouir en pleine mission. » lança Mustang.

« Mais j'étais blessé ! A l'épaule et sur le côté droit. » s'étonna Havoc.

« Il dit la vérité, c'est moi qui l'ai guéri. » intervint Violine.

Jean la dévisagea. Il se rappelait d'elle, elle était intervenue quand l'autre type allait en finir avec lui. Elle était encore plus belle maintenant qu'il la voyait clairement.

« Vous, vous allez me suivre dans mon bureau. Il faut qu'on parle. Toi aussi Havoc. » dit Roy.

Tout le monde sortit de l'infirmerie. En arrivant devant le bureau de l'officier, ils aperçurent les frères Elric.

« Edward ! Que tu as grandi mon enfant ! » lança Violine avec un sourire affectueux.

Le FullMetal la regarda avec des yeux ronds. Son enfant ? Il reporta un air interrogateur vers le colonel, qui haussa les épaules.

« Qui êtes-vous ? » questionna Al.

« Alphonse ? C'est toi mon petit ? Mais qu'est-ce que tu fabrique dans cette armure ? » fit Violine, le plus naturellement du monde.

« Bon ça suffit. Entrez là-dedans. » coupa Roy en ouvrant la porte.

Violine obtempéra sans broncher. Le reste de l'équipe leva la tête.

« Tu aime toujours autant la paperasse à ce que je vois, Roy. » fit Violine en regardant par-dessus son épaule.

Roy ne répondit pas, interloqué. Qu'est-ce que … comment savait-elle qu'il détestait ça ? Edward se versa un café, pendant qu'Al posait leur rapport sur son bureau.

« Bien. Vous allez commencez par nous dire qui vous êtes et d'où vous venez. » commença Roy en allant s'asseoir. Il invita la nouvelle venue à faire de même.

« Je m'appelle Violine, je viens de la Porte. »

Edward recracha brutalement son café.

« QUOI ?! » s'exclama-t-il en même temps que son frère.

« Je viens de l'autre côté de la Porte. Au fait, mamie Pinako et Winry vont bien ? Winry a dû grandir elle aussi. »

« Qui t'as parlé d'elles ? » questionna Ed, méfiant.

« Je les connais. Mais Al, tu ne pas toujours pas dit pourquoi tu es dans une armure. La dernière fois que je t'ai vu tu étais encore enfant. » répondit Violine.

« Là n'est pas la question, miss Violine. Vous avez dit que vous veniez de la Porte ? De quoi s'agit-il ? » demanda Roy.

« Je ne sais pas trop. C'est un endroit entouré de lumière. Je sais que j'en viens, je crois même que c'est ça qui m'a créé. » répondit la jeune fille.

Créée ? Comment ça créée ? Roy reporta ses yeux onyx sur Edward. Il avait l'air de savoir ce que c'était que cette porte. Le blondinet capta l'interrogation de son supérieur, et prit la parole.

« La Porte, c'est ce que l'on voit quand on fait une transmutation humaine. C'est ce qui renferme la vérité. Elle est immense, avec un œil au milieu. Quand elle s'ouvre, il y fait tout noir dedans, on dirait le monde des ténèbres. Puis on voit tout plein d'œil violets, de toutes tailles. Ensuite il y a des espèces de bras fins et longs qui vous attrapent et vous attire dedans. C'est … ça qui a pris mon bras et ma jambe, et le corps d'Alphonse. » expliqua-t-il.

« Tu as fait une transmutation ? C'est très mal Edward. Tu n'as quand même pas vu ça dans les livres de ton père ? » intervint Violine.

Le FullMetal en resta son voix un moment. Un instant il avait cru entendre sa mère.

« Mais qui es-tu bon sang ? Une homonculus ? » dit-il.

« C'est quoi un homonculus ? »

« Le résultat d'une transmutation humaine. Tu as dit que tu venais de la Porte, tu peux très bien en être une ! » répondit Alphonse.

Violine secoua la tête sans se départir de son sourire.

« Non. Je sais que c'est la Porte qui m'a créé. Mais j'étais déjà à l'intérieur quand ça s'est passé. J'ignore combien de temps ça a pris. Une heure, un jour ou des années. » dit-elle.

« Et pourquoi la Porte t'a-t-elle créée au juste ? » interrogea Ed.

« Pour punir ceux qui comme toi, bravent l'Interdit Absolu. Elle veut aussi que je lui ramène deux êtres qui lui échappent depuis longtemps, et le résultat de leur péchés. »

Violine commençait à effrayer les militaires et les frères Elric. Une création … un humain synthétique. Avec une mission donnée directement par ce qui semblait être l'autorité suprême.

« Euh … bien. Maintenant, dites-moi un peu ce que vous faisiez dans ce bâtiment. Il n'y avait aucune expérience interdite là-bas. » reprit Roy.

« J'y suis entrée par curiosité. Je viens tout juste d'arriver. »

« Mais alors … si vous venez de sortir de la Porte, d'où pouvez-vous bien me connaître moi et les enfants ? » s'exclama Roy perdu.

« Je ne sais pas. Je me souviens de vous, c'est tout. C'est comme si je vous connaissais depuis toujours. » répondit Violine en le regardant.

Le silence revint dans le bureau. Les militaires avaient ramené là une drôle de créature. Havoc, lui ne parvenait pas à détacher son regard d'elle. Voilà bien un quart d'heure qu'il ne cesse de la reluquer de bas en haut et de haut en bas. Mignonne, vraiment mignonne. Mais ses origines le déconcertait : il ne voyait pas trop ce qu'était cette fameuse Porte, mais ça avait l'air dangereux. Pourtant, elle avait l'air si innocente, si adorable qu'il ne pouvait croire qu'elle soit une menace pour le genre humain.

«Elle m'a sauvé la vie. Elle ne peut pas être mauvaise. Juste un peu étrange. » se dit-il.

« De quelle façon compte-tu punir les gens qui veulent faire une transmutation humaine ? » questionna Alphonse.

« Ca je verrais quand je trouverais une personne. » répondit Violine en haussant les épaules.

L'heure de la pause-déjeuner sonna. Après un instant d'hésitation, Roy donna la permission à son équipe de se rendre au réfectoire.


Mustang fit un signe à Ed. Ce dernier s'approcha, intrigué.

« J'aimerais que tu garde cette fille à l'œil. » dit Mustang.

« Vous rigolez ? » s'exclama Edward.

« J'en ai l'air ? »

« C'est hors de question ! Je refuse de m'occuper d'elle ! » s'exclama l'alchimiste.

" Et pourquoi ça ? Ce n'est pas une homonculus, tu l'as entendu." interrogea l'officier.

« Parce qu'elle vient de la Porte ! » s'écria-t-il.

Violine s'approcha.

« Et alors ? En quoi ça te gêne ? » demanda-t-elle d'un ton froid.

« Je ne veux pas de quelqu'un créé par ce qui m'a tout pris. » siffla Ed.

« Tu parle de tes membres et du corps de ton frère ? Mais c'est de ta faute si tu les a perdus. » répondit Violine.

« C'est surtout à cause de cette maudite porte. »

« Non Edward. Tu as transgressé un grave interdit, par deux fois ! Tu as commis une lourde faute, et tu as été puni en conséquence ! » rétorqua Violine.

Ed ne trouva rien à redire. Il savait qu'il était le vrai responsable, mais il voulait se décharger de ce fardeau, de cette souffrance, et quelque part préférait accuser la Porte de son malheur. Ou un représentant de cette Porte.

« Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même, Ed. Ou plutôt à ton orgueil qui t'a pousser à commettre ce péché. Moi je n'y suis pour rien, ce n'est pas moi qui t'ai pris tes membres et le corps d'Al. » reprit-elle.

Elle planta son regarda lourd de reproches dans les yeux d'or. Ed crut voir ces mêmes yeux dans la Porte, qui le fixaient, qui le jugeaient. Il eut même l'impression de se tenir devant la Porte elle-même. Edward ressentit de la peur. Il saisit son poignet métallique, recula, et finalement sortit précipitamment. Violine finit par s'en aller elle aussi, laissant un Roy déconcerté par la scène à laquelle il venait d'assister.