Le lendemain, Violine fut la première à se réveiller. Elle n'avait vraiment dormi, plutôt somnolé. Elle alla directement dans la chambre d'Havoc, qui dormait à poings fermés. La brunette se pencha vers lui, et le secoua.
" Gné ?" fit Jean en entrouvant les yeux.
" BONJOUR !" s'écria Violine.
" WAAAH !"
Jean fit un bond à l'opposé, et se scratcha par terre. Violine eut un rire d'enfant, grimpa sur le lit et se pencha.
" Bien dormi ? Il faut se lever maintenant, on doit aller trouver les autres." dit-elle.
" Violine ! M'enfin c'est dimanche !" s'exclama Jean en se redressant.
" Dimanche ? "
" Oui, ça veut dire qu'on travaille pas, et que je veux dormir."
Elle le regarda en clignant des yeux.
" Bon d'accord." dit-elle.
Elle sauta du lit, et s'en alla. Jean soupira, et remonta sur le matelas. Pendant ce temps-là, Violine ouvrit les volets de sa chambre, et respira le bon air frais. La journée promettait d'être belle. Elle observa un instant la rue. Tout à coup, elle écarquilla les yeux, avant d'afficher un regard éteint.
" Quelqu'un essaie de braver l'Interdit."dit-elle d'une voix grave.
Telle un automate, la jeune fille sortit de sa chambre, puis de l'appartement. Elle marchait dans les rues avec une expression glaciale. Violine savait parfaitement où aller. Elle entra dans un immeuble, et prit l'escalier. Enfin, elle arriva au quatrième étage. Violine marcha jusqu'à une porte qu'elle défonça. Elle poussa la porte du salon.
Un homme était là, genoux devant un cercle. Au milieu, un drap recouvrait une forme humaine. L'homme se redressa en voyant entrer Violine.
" Qui êtes-vous ?" demanda-t-il.
" Je suis le châtiment de la Porte. Vous alliez braver l'Interdit Absolu, et mon devoir est d'empêcher cela. En punition je vais vous priver de votre alchimie." répondit-elle.
" Sortez d'ici !"
Violine marcha droit vers lui, et posa une main sur sa poitrine. Il y eut une lumière durant un instant.
" Que ... qu'est-ce que vous m'avez fait ?" demanda l'individu.
" Vous ne pouvez plus faire aucune alchimie. C'est votre punition pour avoir tenté d'entrer dans un sancturaire interdit." répondit Violine.
" Mais mais ..."
" On ne peut pas faire revenir les morts à lavie. Mettez-vous bien ça dans le crâne."
Violine tourna les talons et s'en alla, laissan l'homme stupéfait. Après quelques minutes, il revint près du cercle et posa les mains dessus. Rien ne se produisit.
" Ca ne marche pas ! Mon alchimie s'est envolée." dit-il surpris.
Il décida alors de retrouver celle qui l'en avait privée. Il retrouva Violine qui marchait dans la rue, et se précipita vers elle.
" Attention ..." dit la Porte à sa création.
Violine se retourna brusquement, et attrapa le poignet de l'homme derrière elle.
" Rendez-moi mon alchimie." dit-il.
" Non. Vous avez été puni, et c'est le prix que vous avez payé." dit-elle.
" Redonnez-la moi, ou j'appelle la police pour effraction !" menaça-t-ilo.
Violine plissa les yeux, et l'homme ressentit une espèce de malaise. C'était comme si tout son système nerveux menaçait d'exploser. Il plia, et se retrouva à genoux.
" Rentrez chez vous, avant que je m'énerve." dit-elle.
Violine le relâcha, et s'en alla.
Quand elle rentra, Jean venait tout jutse d'émerger. Elle retrouva son air habituel.
" Violine ? Tu es sortie ?" interrogea Jean.
" Oui je suis allée faire un tour." sourit-elle.
Jean la regarda un instant, puis se rendit à la cuisine pour déjeuner. La brunette s'installa en face de lui.
" Est-ce que tu veux aller te promener aujourd'hui ?" demanda-t-il.
" Oui d'accord !" fit-elle avec une bouille adorable.
Jean sourit à son tour, et se versa une tasse de café. Une heure et demi plus tard, Havoc faisait visiter la cité du Centre à Violine. Cette dernière avait l'air d'une enfant lâchée dans un magasin de jouets. Ils arrivèrent dans un parc. Viloine courut au milieu d'un rassemblement de pigeons, qui s'envolèrent à son approche. Elle tourna sur elle-même, bras tendus.
" Woh c'est une balançoire ! Allez viens !" dit-elle en attrapant le poignet de Jean.
Ce dernier rosit tandis qu'elle le tirait la balançoire en forme de pneu.
" Euh tu sais ... je suis un peu vieux pour ce genre de chose." dit-il.
" Oh alleeeez !" implora Violine.
Elle le regarda avec une mine si adorable qu'il fondit complètement et accepta.
" Chvette !" s'exclama-t-elle.
Ils s'installèrent et commencèrent à se balancer. Plus loin des enfants jouaient dans un bac à sable, ou glissaient sur un toboggan.
" Il va bientôt être midi, que dirais-tu d'aller manger dans un petit restaurant ?" proposa Jean.
Violine acquiesça. C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent à la terrasse d'un restaurant. La jeune fille attrapa une baguette, qu'elle examina d'un air un peu perplexe.
" Tu ne sais pas t'en servir ?" demanda le soldat.
Elle secoua la tête.
" Regarde, il faut les tenir entre l'index et le majeur, comme ça." dit-il en lui montrant.
Violine imita son geste, et tenta d'attraper sa nourriture avec. Mais les morceaux lui échappaient toujours. Elle finit par planter les bouts de bois carrément dedans, et parvint enfin à manger. La journée passa agréablement. Jean se dit qu'il avait bien fait de proposer à Violine de l'héberger.
Le jour suivant, ils furent de retour au Q.G. Roy et Edward tentaient d'établir un plan pour coincer les homonculus. Le FullMetal transmettait tout de ce qu'il savait d'eux à son supérieur. Violine sentit tout à coup une drôle de présence. Sans se faire remarquer, elle sortit du bureau. Elle vit deux militaires, tout deux bruns. L'un avait les cheveux longs et attaché, l'autre les avait courts.
" Je sens ... qu'ils vont obliger des gens a braver un interdit. Pas le même que celui pour lequel on m'envoie, mais un interdit quand même. Porte, que dois-je faire ?" se demanda-t-elle.
La réponse ne se fit pas attendre.
" Tu dois punir tous ceux qui transgressent le cycle de la vie."
Ayant obtenu sa réponse, la jeune fille suivit les deux militaires. Ils se rendirent dans un coin mal famé de la ville, et entrèrent dans un vieil entrepôt. Violine y pénétra à son tour, pour constater qu'il s'agissait d'un laboratoire abandonné. Du moins d'après l'état des lieux. Elle marcha un moment, sans s'apercevoir que des paires d'yeux lumineux l'observaient. Violine entendit soudain des grondements.
Une créature monstrueuse fonça alors vers elle. La jeune fille tendit une main, et l'explosa en plein vol.
D'autres monstres surgirent, et subirent le même châtiment. Caché derrière un angle de mur, Kimblee avait assisté au spectacle. Il avait perçu les bruits de pas de la jeune fille, et était revenu sur ses pas pour voir qui était entré ici. Il sortit de sa cachette.
" Impressionnant ma jolie !" dit-il avec un sourire narquois.
Violine le regarda un instant.
" Ah c'est vous qui avait arraché le bras de Kiiro." dit-elle.
" Qui ça ?"
" Celui qu'on nomme Scar."
"Ah oui ! Le p'tit rigolo qui explose les alchimistes d'Etat. Je l'aime pas trop celui-là : faire exploser c'est mon job." dit-il en s'approchant d'elle.
Kimblee la dominait d'une tête, et souriait d'un air vraiment pas engageant.
" Puisque tu me connaît, tu dois savoir ce que j'ai fait, hm ?" reprit-il.
" Je sais juste que vous avez explosé un bras." répondit Violine.
" Et pas qu'un. J'ai explosé des tas de gens en fait."
Kimblee entreprit de lui narrer ses exploits, passe-temps qu'il affectionnait. Il aimait particulièrement voir l'horreur se peindre sur les visages de ses interlocuteurs. Sauf que Violine ne semblait pas du tout effrayée. Elle continuait de l'écouter avec un air tranquille. Ce qui ne manqua pas de l'interrompre.
" Vous vous êtes avancé vers cet enfant, et après ?" dit-elle.
" Je lui ai éclater la tête." fit Kimblee.
Pas la moindre lueur dégoûtée ou effrayée passa dans les yeux violets.
" Ce ne te fait rien de savoir que j'ai tué autant de gens ? Tu n'as pas peur ?" ne put-il s'empêcher de demander, déconcerté par son manque de réaction.
" Non pourquoi je devrais ?"
Zolf la regardait avec de grands yeux ronds. Voilà bien la première fois que personne ne tremblait devant ses récits affreux.
" Oui tu devrais, parce que tu va subir la même chose qu'eux." annonça-t-il avec un sourire de dément.
Il frappa dans ses mains, et lui prit le poignet. Mais au lieu de l'explosion de sang attendue, il y eut une lumière.
" Merci de m'offrir votre alchimie." dit Violine.
" Quoi ?"
Violine sourit, puis plissa les yeux. Kimblee ressentit une décharge, et tomba en arrière, mort. Indifférente, elle poursuivit son chemin pour arriver dans une grande salle où plusieurs bêtes étaient enfermées dans de grandes cages. Une créature marron, pourvue de grandes oreilles et d'une tête humaine à l'envers se retourna. Archer fit de même, pour découvrir Violine en haut d'un escalier.
" Vous manipulez la vie. C'est interdit ce que vous faites." dit-elle.
" Qu'est-ce qu'elle fiche là celle-là ? Tucker !" lança Archer.
L'homme-chimère siffla, et une chimère vert émeraude apparue. Elle fixa Violine qui continuait d'avancer. Puis elle s'élança sur elle. Cette dernière frappa dans ses mains, et l'explosa. Elle posa ensuite une main au sol, et utilisant cette fois l'alchimie de Scar ravagea le laboratoire. Archer sortit son arme et lui tira dessus.
Violine s'effondra, avant de se relever quelques secondes plus tard.
Elle se tourna vers le responsable, calmement. Le sol gronda, et un grand pic transperça le militaire. Tucker prit peur, et tenta de s'enfuir. Mais Violine lui barra la route, et le toucha à la poitrine. L'homme-chimère se figea un court instant, et s'effondra. Les chimères prisonnières rugissaient de rage et de peur. Violine leva ses yeux améthystes vers elles. Des dizaines d'éclairs rouges et noirs jaillirent, tuant les bêtes dans une explosion.
Les éclairs s'amplifièrent, endommageant sérieusement l'endroit.
Au Q.G, le téléphone sonna.
" Oui ? Quoi ? D'accord. Très bien, je vous remercie." dit Roy.
" Un problème colonel ?" dit Jean.
" Un bâtiment vient se s'effondrer dans une rue mal fréquentée de Central. On pense à un attentat." annonça-t-il.
Violine de son côté, était revenue discrètement. Les soldats avaient été tellement absorbés par leur discussion qu'ils n'avaient même pas remarqué son absence, d'assez courte durée du reste. L'équipe des militaires alla donc jeter un oeil à l'endroit. Ils s'informèrent auprès des civils sur la bâtisse à présent en ruines.
" C'est étrange." dit Falman.
" Quoi donc ?" demanda Roy.
" Eh bien ce bâtiment était désaffecté depuis près de cinq ans. C'était un laboratoire auparavant. Donc un attentat me paraît peu plausible."
" Peut-être s'est-il effondré naturellement." avança Kain.
" J'en doute. Nous devons attendre qu'ils aient dégagé l'endroit pour tirer des conclusions." dit Roy.
" Colonel, le généralissime est là." fit Riza.
Mustang tourna la tête, pour découvrir son supérieur en train d'observer le dégagement des décombres. Violine le regarda à son tour.
" Péché ..."
Comme s'il avait sentit qu'on l'obervait, Bradley tourna la tête vers la jeune fille. Leur regard s'affrontèrent durant un instant.
" Péché ..."
" Quelque chose ne va pas Violine ?" demanda Alphonse.
" Si tout va bien." sourit-elle.
Elle avait trouvé en partie ce qu'elle cherchait. Il ne lui restait plus qu'à se mettre au travail.
