Jean n'avait pas revu Violine de toute la journée, et il commençait sérieusement à s'inquiéter. La nuit tombait, et toujours pas de brunette. En même temps, avec les évènement du jour il était normal qu'elle ne pointe pas le bout de son nez.
" Mais elle n'a nulle part ou aller. Et si jamais elle tombait sur un pervers ?" se dit-il en regardant à la fenêtre.
Oh ben le pauvre serait vraiment mal barré à mon avis. Jean resta planté devant son carreau encore une vingtaine de minutes. Puis il attrapa une veste et sortit, à la recherche de la jeune fille. Il regarda partout, dans les bars, les magasins encore ouverts, et même dans le parc.
" Violine ! Où es-tu ?" appela-t-il dans le parc.
Pas de réponse. Le blond, toujours plus inquiet, continua ses recherches. Il arriva près d'une ancienne église. Perchée sur une corniche, Violine entendit la voix du blond. Elle baissa ses yeux à la teinte soutenue, et le regarda l'appeler. Puis au bout de quelques instants, elle sauta. Alerté par le bruit, Jean se retourna.
" Enfin te voilà ! Je peux savoir où tu étais passée tout ce ..."
Il s'interrompit en découvrant l'éclat glacé de ses prunelles.
" Que veux-tu ?" demanda Violine d'un ton métallique.
" Euuh ... ben je m'inquiétais pour toi ! Ca fait des heures que tu as disparu." répondit Jean.
Violine ne répondit rien. Elle semblait avoir beaucoup changé en l'espace de quelques heures. Son air enfantin avait fait place à une expression peu engageante, qui indiquait clairement aux inconnus qu'elle n'était pas à prendre avec des pincettes. Même sa voix n'était plus enjouée, mais grave, froide. Havoc se demanda si c'était bien la même Violine qu'il avait en face de lui.
" Est-ce que tu veux bien qu'on rentre à présent ?" demanda-t-il doucement.
Toujours sans répondre, elle le rejoignit et s'éloigna un peu. Jean la suivit. Elle prenait bien la direction de son appartement, ce qui le rassura un peu. Arrivé chez lui, il ne prit même pas la peine de lui demandé si elle avait faim. D'ailleurs, elle alla directement se poster à la fenêtre du petit salon.
" Tu fais quoi ?" interrogea-t-il.
" Je surveille." répondit-elle.
Jean soupira doucement puis s'approcha. Violine sentit avec surprise deux bras lui ensserrer la taille, et un visage se frotter contre ses cheveux noirs de jais.
" J'étais vraiment inquiet tu sais. Avec tous les malfrats qui courent, qui sait ce qui aurait pu t'arriver."dit Jean à mi-voix.
Violine ferma les yeux en souriant. Ils contemplèrent la fin du coucher de soleil, les lumières qui éclosaient dans la ville, comme des petites étoiles. La brunette sentit ensuite le blond l'embrasser dans le cou, timidement, puis avec ferveur ensuite. Trouvant cela plutôt agréable, Violine le laissa faire. Jean la fit se retourner. Il contempla un instant son visage, et posa doucement ses lèvres sur les siennes.
Violine passa ses bras autour de son cour, approfondissant ainsi le baiser. Jean promena ses mains un peu partout, sentant son désir s'accroître. Puis n'y tenant plus, il l'emmena vers sa chambre. Il découvrit ainsi la douceur de sa peau, pendant qu'elle faisait connaissance avec sa musculature finement dessinée.
Quelques intants plus tard, la tête de Violine reposait sur l'épaule large du blond. Il la tenait serrée contre lui, et tous deux commençaient à sombrer dans le sommeil.
Une bonne heure plus tard cependant, Violine ouvrit grands les yeux :
" Encore un qui tente de pénétrer un sanctuaire interdit." pensa-t-elle.
Sans se soucier de son compagnon, elle se leva et s'habilla pour sortir. Violine savait très bien où se rendre. Elle pouvait sentir quand une transmutation humaine allait voir lieu, il lui suffisait juste de suivre son instinct. Ses pas la conduisirent devant une maison ordinaire. Après l'avoir regardée un instant, Violine marcha jusqu'à l'entrée et fit sauter la poignée.
Dans une pièce elle découvrirt une jeune femme qui posait ses mains sur un cercle. Des éclairs rouge jaillirent aussitôt, pour faire fissurer le sol à l'endroit précis où se trouvait le cercle. L'alchimiste s'écarta aussitôt.
" Qu'est-ce que ..." dit-elle.
Elle se sentit ensuite brutalement soulevée, et rencontra le visage colérique de Violine.
" Dis donc l'humaine, qui t'as autorisée à tenter cette expérience interdite ?" demanda-t-elle.
" Qui ... qui êtes-vous ?" demanda l'autre.
" Je suis l'envoyée de la Porte, qui en a ras-les-gonds de voir chaque jour des humains stupides dans ton genre tenter la transmutation humaine. Les morts ne reviennent pas à la vie, quand est-ce que vous allez le comprendre ?" répondit la brune, ses yeux s'enflammant de colère.
" Lâchez-moi immédiatement ou j'appelle la police !" menaça son otage.
" Que veux-tu que la police face à une créature dans mon genre ? Tu as essayé de braver l'Interdit Absolu. En punition je vais te priver de ton alchimie, mais également d'une chose précieuse." répliqua Violine.
Elle commença par absorber l'alchimie de la femme, et ensuite elle lui prit sa mémoire. Tous ses souvenirs, de sa naissance jusqu'à maintenant lui furent enlevés. En conséquence, la jeune femme perdit connaissance. Violine la laissa retomber durement sur le sol, et s'en alla.
La brunette retourna chez Havoc. Là, elle prit contact avec la Porte.
" Tu réussis bien ta mission, Violine. Tu as déjà empêché deux transmutations, châtié deux insolents qui pensaient pouvoir manipuler la vie, et surtout tué un homonculus." fit la Porte.
" J'ai ôté la mémoire à cette femme. Prends-la, je n'en veux pas." répondit Violine.
La Porte apparut alors. Violine se tint devant, sans la moindre crainte. La Porte s'ouvrit en grinçant, révélant des dizaines d'yeux de toutes tailles. Des bras noirs agrippèrent la brune, et l'attirèrent à l'intérieur. Là, on lui ôta ce qu'elle avait pris lors de sa dernière visite : la mémoire d'une personne. Ensuite, elle se retrouva à nouveau dans le salon du soldat. Violine se rendit dans sa chambre, se déshabilla et se coucha à ses côtés. Dans son sommeil, Jean la serra contre lui.
Le matin d'après, il fut content de voir qu'elle était toujours là. Il sourit, et l'embrassa pour la réveiller. Violine ouvrit les yeux. Elle n'avait pas perdu son air froid.
" Bonjour." dit le blond avec douceur.
" Bonjour." lui répondit-elle avec un demi-sourire.
" Dis-moi ... que dirais-tu de m'accompagner au Q.G aujourd'hui ? Mes collègues se posent des questions." dit-il.
" Tu plaisante j'espère ?"
Jean fronça les sourcils. Là il en était sûr, ce n'était plus la même. Avant, elle aurait répondu oui sans hésitation.
" Tu as changé je trouve." fit-il remarquer.
" Sûrement."
Sur ce, Violine se leva, s'habilla et sortit de la chambre. Jean soupira et se mit sur le dos. Où diable était passée cette femme-enfant qui l'avait fait craquer ? Après quelques instants à réfléchir, il se leva pour aller prendre son petit-déjeuner. Jean se servit une tasse café, et alla au salon. Violine était assise sur la fenêtre. Le militaire alla se mettre à côté.
" Tu surveille encore la ville ?" demanda-t-il sur le ton de la plaisanterie.
" Je ne resterais pas longtemps : je dois retrouver les autres homonculus." répondit-elle.
" Alors c'est pour ça que tu as tué le généralissime ? " demanda-t-il l'air grave.
" Pour quelle autre raison m'en serais-je pris à lui ?"
" Sa secrétaire aussi alors. Mais on ne l'a pas retrouvée." annonça Havoc avant de boire une gorgée.
" Parce qu'elle n'est pas morte. Pas encore. Je veux qu'elle aille dire aux autres qu'ils ne sont plus en sûreté." expliqua Violine.
Jean la regarda un instant. Son ton était dépourvu de haine, mais n'en demeurait pas moins implacable. Il leva une main qu'il passa dans la chevelure sombre.
" Ecoute, je sais que c'est idiot, mais je pense que tu devrais venir avec moi. Tu sais, à part mes collègues et les petits, personne ne sait que c'est toi la responsable. Et le colonel n'est pas bête, il t'aidera sûrement." dit-il gentiment.
" Je n'ai pas besoin d'aide quant à ce que j'ai fait. Cependant, je vais avoir besoin du FullMetal. S'il attire les homonculus ça me facilitera la tâche." répondit Violine.
Elle passa ses jambes de l'autre côté, faisant ainsi face au militaire. Ce dernier l'attira à lui, et l'embrassa sur la tête.
Quelques temps plus tard, ils faisaient leur entrée dans le bureau. La nouvelle attitude de Violine n'échappa à personne. Roy interrogea son subordonné du regard, il haussa les épaules.
" Bien. Je n'épiloguerais pas ce qui s'est passé, je crois que nous en savons assez. Il est temps d'aller cherches les autres homonculus. Seulement avec toute cette agitation, ça va paraître suspect si une équipe se déplace. Aussi, seuls les frères Elric et Violine se chargeront de ça." annonça Mustang.
" Ca me va." déclara Violine.
Ed acquiesça. Tous trois sortirent. Roy s'approcha d'Havoc :
" Qu'est-ce qu'elle a ? " demanda-t-il.
" J'en sais rien, quand je l'ai retrouvée elle était déjà comme ça." répondit le blond.
" Elle a changé. Cet air ... ça ne me dit rien de bon. J'espère qu'elle ne va pas s'en prendre pas aux enfants." dit Roy.
" Ca me paraît improbable colonel. Sa mission est de s'occuper de ceux qui vont tenter une trasnmutation humaine, pas qui l'ont déjà faite." rappela Riza.
" A ce propos, qu'est-elle censée leur faire à ces personnes-là ?" continua son supérieur en se redressant.
" Bonne question. Pas de trop mal je pense, on en aurait déjà entendu parler sinon."
Dehors, les frères Elric et Violine marchaient sans trop savoir par où commencer Ed ne tenait pas rigueur de ses agissements à la brunette : ce n'était pas un fan des homonculus. Et si Bradley en était un, alors bon débarras. Soudain, au détour d'un rue, Lust et Gluttony tombèrent du ciel.
" Péchés ..." pensa aussitôt la brune.
" Tiens le FullNabot. Ca faisait une paie. Tu ne cherche plus la pierre ou quoi ?" demanda la brune.
" Homonculus ... ça c'est gentil de venir jusqu'à moi." sourit Violine.
Lust la regarda. Et si c'était elle l'envoyée de la Porte ? Elle fronça les sourcils : voilà une chose qu'elle n'était pas curieuse de savoir.
" Lust, Gluttony ..." fit Ed.
" Lust, je peux les manger ?" interrogea la gourmandise.
" Seulement la brune, Gluttony." répondit Lust.
Ed frappa dans ses mains, transmuta son automail en lame. Violine mit un bras en travers de lui.
" C'est pour moi. Toi, tu contente de les attirer." dit-elle.
Ed n'eut pas le temps de répliquer, que Gluttony venait de bondir haut, et allait leur retomber dessus. Les frères Elric firent un bond arrière pour l'éviter. Violine ne bougea qu'au dernier moment, en faisant simplement un pas de côté. A peine l'homonculus se releva qu'elle lui fit exploser la tête. Lust lança ses terrible ongles, qui la transpercèrent.
" Merde !" fit Edward.
Mais la brune se releva comme si de rien était, pratiquement au moment où Gluttony se reconstituait. Tout en regardant Lust, elle bloqua le visage du glouton qui s'élançait de nouveau pour la dévorer. Une décharge le tua direct. Après quoi, elle s'élança sur la grande brune et la plaqua violemment au sol, en ayant soin de lui tenir les poignets.
" Alors dis-moi : qui est-ce qui te contrôle ? Ce doit être une des personnes que je cherche." fit Violine avec un sourire sadique.
" Je te dirais rien." répliqua Lust.
" Est-ce possible."
" LUST !" s'exclama le pachyderme derrère.
Des éclairs noirs et rouges percutèrent la gourmandise, l'achevant encore une fois. Puis Violine absorba la capacité spéciale de Lust avant de la tuer. Le temps qu'elle se relève, l'autre se lançait à nouveau vers elle. Violine pirouetta pour l'éviter, et il manqua de piétiner Lust. Cette dernière se remit debout. Elle avait bien affaire à l'envoyée de la Porte. Violine tendit une main qui les perfora tous les deux.
" Nii-san tu as vu ?" fit Alphonse.
" Oui : la même chose que Lust. Commnt a-t-elle fait ?" répondit Edaward.
Ils n'eurent pas l'occasion d'y réfléchir davantage. Violine actionna son pouvoir le plus puissant. Des bras noirs surgirent pour aller capturer les deux homonculus. Les rires d'enfants éclatèrent à nouveau, si bien que les frères Elric eurent l'impression d'être à nouveau devant la Porte.
" Lust, peur Gluttony !" gémit l'obèse.
Mais Lust était trop occupée à se débattre pour lui répondre. Les ténèbres les envahirent. On perçut les cris des homonculus avant que la noirceur ne se replie vers son propriétaire. Le sol paraissait ravagé.
" Et deux de moins." déclara Violine.
Elle afficha un sourire carnassier.
" Je crois que j'ai compris pourquoi elle est aussi glaciale : c'est à cause de cette capacité à faire apparaître la Porte." dit Edward.
" Tu crois ?" dit Al timidement.
" Je vois pas d'autre explication. Ca s'est certainement déclenché lors de son combat avec le généralissime. Parce qu'encore peu de temps avant, elle avait l'air gentille."
Violine revint vers eux.
" Eh bien ? On continue ou pas ?" demanda-t-elle.
" Dis donc toi : tu ne nous avais jamais dit que tu pouvais faire apparaître la Porte comme ça." lança Ed.
" Ce n'est pas vraiment la Porte. C'est plutôt ce qu'il y a dedans. Comme j'en viens je possède ce pouvoir. Ainsi que vous l'avez vu, c'est très efficace contre les homonculus." expliqua Violine.
" Que leur est-il arrivé ?" demanda Alphonse.
" Ils sont retournés dans la porte."
" Mouais : c'est pas dommage." déclara Ed.
Il redonna à son automail un aspect normal. Ils n'avaient pas remarqué que la scène avait eu un témoin, en la personne d'un oiseau. Le volatile laissa la place à un adolescent aux longs cheveux verts. Envy arborait un air inquiet. Cette fille avait anéanti Lust et Gluttony dans un laps de temps assez réduit. Et ce pouvoir... elle pouvait faire surgir la Porte. C'était très inquiétant. Il fallait avertir Dante de tout cela. Envy se releva, et s'en alla par les toits.
