Dante venait d'apprendre par Envy que Lust et Gluttony avaient été anéantis par l'envoyée de la Porte. Trois homonculus en moins, en si peu de temps ça commençait vraiment à l'inquiéter. Et si jamais elle venait jusqu'à elle ?
" Je viens tout juste de changer de corps ... je n'ai aucune envie de mourir." pensa Dante.
Mais selon les récits de l'androgyne, cette fille pouvait se servir du pouvoir de la Porte pour tuer. Même par simple contact elle y parvenait. Dante n'était pas sûre d'être suffisamment puissante pour lutter contre ce genre de créature. Pour la première fois en quatre cents ans, elle doutait d'elle-même. L'alchimiste multicentenaire avait pourtant besoin de ses homonculus.
"Peut-être qu'elle est simplement venue les chercher. En ce cas je n'aurais plus qu'à attendre que de nouveaux naissent. Il y a bien plus de transmutation humaine que l'on croit." se dit Dante.
Seulement, il y avait un autre problème : elle attendait la création d'une nouvelle Pierre Philosophale. Le développement d'un homonculus prenait du temps mine de rien. D'ici là, l'envoyée de la Porte l'aurait peut-être retrouvée. Que faire ? Ses homonculus ne semblaient pas assez forts contre elle. Elle leva les yeux vers eux. Envy clamait haut et fort qu'il casserait la figure à cette fille, personne ne pouvait être aussi fort que lui. Wrath était terrifié, et ne cessait de répéter qu'il ne voulait pas retourner derrière la Porte. Sloth avait l'air calme, mais ses mains tremblantes trahissaient sa peur.
" Je pense que l'on devrait aller dans la cité souterraine. Nous y serons à l'abri." déclara Dante.
" Je ne fuirais pas !" s'exclama Envy.
" Navrée d'avoir à te dire ça, mais face au pouvoir de la Porte tu ne peux pas grand-chose. Ni moi d'ailleurs. Allez on s'en va !" répondit Dante.
De rage Envy brisa un meuble. Puis il fut contraint de suivre les autres, toujours en grommelant.
La fin de la journée arrivait, et les homonculus ne s'étaient plus montré depuis la mort de deux d'entre eux. Le trio rentra donc au Q.G. Jean retrouva Violine avec un certain soulagement. Mustang de son coté, darda ses yeux ébène vers Edward, qui paraissait contrarié. Il remarqua le regard de son supérieur, et mima les mots : plus tard. Roy acquiesça, et se remit au travail.
Violine pour sa par, décida de s'en aller. Elle poursuivait sa tâche, et dès qu'elle sentait qu'une transmutation humaine allait avoir lieu, elle s'y rendait pour punir le coupable. Elle se retrouva dans les rues de Central. Violine avait déniché un poste d'observation qui lui permettait de dominer la ville : un clocher. Elle s'y rendit donc, et s'installa sur le rebord. Un petit vent souffla, faisant voltiger ses mèches brunes. Soudain, elle ressentait une vibration lointaine. Une transmutation allait avoir lieu, mais hors de Central. Violine bascula en arrière, retrouvant le plancher du clocher. Elle descendit le long escalier en colimaçon. Une fois dehors, elle se mit à réfléchir.
" Le train serait trop lent ... je peux toujours essayer la rapidité d'un homonculus. Oh non je sais : Porte ! " pensa-t-elle.
La Porte répondit aussitôt à son appel. Violine se retrouva devant les immenses battanst. Elle leva les bras et les écarta.
" Emmène-moi là où je dois aller !" clama-t-elle.
Les bras noirs surgirent pour l'attraper. Violine traversa un long couloir doré, avant d'apercevoir une sortie. L'instant d'après, elle se trouvait dans un petit village. Les vibrations étaient plus fortes par ici. Il lui fallait tout de même se dépêcher. Se servant de la rapidité de Pride, elle se rendit à la source des vibrations. Une petite maison tout ce qu'il y a de plus ordinaire. La jeune femme s'avança.
" Bon, si tu me disais ce qui ne va pas, FullMetal ?" lança Roy.
Il venait d'achever une pile de dossiers, et avait saisi l'occasion avant que Riza ne lui en fasse cadeau d'une autre.
" C'est Violine. Je crois qu'elle devient de plus en plus dangereuse." répondit Edward, les bras croisés.
" Violine ? Dangereuse ? Tu n'exagère pas un peu ?" fit Jean.
" Je sais que vous y êtes attaché, mais moi je l'ai vu faire. Et croyez-moi ça fait froid dans le dos." raconta le blond.
" Elle peut se servir du pouvoir de la Porte. C'est ça qui a tout ravagé dans le bureau du généralissime." ajouta Alphonse.
" Mais que veux-tu que l'on fasse ? Hormis des homonculus elle ne s'en est pris à personne." répondit Mustang.
" Peut-être pas : son but est d'empêcher les transmutations humaines. Mais comment s'y prends-elle ?" répliqua Edward.
" Nous ne savons pas si elle a déjà agi. Donc pour le moment il n'y a rien à lui reprocher non ?" intervint Havoc.
" Pour le moment oui." répondit le colonel.
Mustang était d'accord avec Edward : Violine affichait un air qui incitait à la méfiance. Et il savait ce que la Porte infligeait à ceux qui osaient essayer de ramener un mort à la vie. Alors, qu'est-ce que sa créature pouvait bien faire avant qu'ils ne se lancent dans ce genre d'expérience ? Leur prenait-elle une partie de leur corps ?
" Si c'était le cas, nous aurions déjà eu des retombées depuis le temps qu'elle est là." se dit Roy.
Le mieux était peut-être de lui demander directement. Il leva la tête et la chercha. Absente. Elle avait le don pour s'éclipser sans qu'on la remarque apparemment.
Assez loin de Central, Violine s'occupait de la personne ayant voulu ramener un mort à la vie. Son pouvoir de la Porte s'était déclenché avant même qu'elle n'entre dans la maison. Combiné aux alchimies de Scar et Kimblee, l'intérieur se faisait dévaster. Le propriétaire des lieux vint voir ce qui se passait. Il se retrouva épinglé au mur derrière, les épaules transpercés par les ongles de Violine.
" Alors petit humain, on a essayé de jouer avec la vie et la mort ? On ne sait donc pas que c'est strictement interdit ?" dit-elle en avançant.
" Que ... relâchez-moi !" demanda l'individu en face d'elle.
" Avant ça, je dois te punir pour que jamais tu ne veuille recommencer une telle sottise. Je vais commencer par prendre ton alchimie, ça servira à alimenter mon pouvoir des ombres. Ensuite, je détruirais ton foyer." dit-elle en ôtant ses ongles.
" NON ! Pas ma maison ! C'est tout ce qu'il reste de mes parents !"
" Fallait y penser avant de faire l'imbécile." rétorqua froidement Violine.
Elle posa une main sur son front, et lui enleva son alchimie. La maison s'effondrait petit à petit. Son pouvoir de la Porte s'intensifia : on voyait désormais apparaître une grande bouche souriante, qui commença à tout dévorer. Les bras grattaient partout, désintégrant tout ce qu'ils touchaient. Il ne fallut pas longtemps avant qu'il ne reste rien de la maison.
Violine tourna le dos, laissant là le maître des lieux complètement ahuri.
" Et maintenant, je vais aller chercher ces homonculus." se dit-elle.
La brunette appela de nouveau la Porte pour qu'elle la ramène à Central. Retrouver les autres homonculus n'allait pas être évident. Violine avait le sentiment qu'ils devaient se tenir sur leurs gardes. En inspectant le bureau du premier qu'elle avait vaincu, elle pourrait peut-être trouver des indices. Seulement elle ne pouvait pas s'y rendre comme une fleur : ça paraîtrait bien trop suspect.
" Cette nuit peut-être. Grace aux souvenirs de ce Maes Hughes, je connais les horaires militaires. Donc, le moment où il y aura le moins de monde." songea-t-elle.
Elle croisa soudain deux personnes qu'elle reconnut aussitôt : Gracia et Elysia. Violine observa un instant l'enfant. Il lui sembla qu'elle avait grandi. Un flot d'images surgit devant ses yeux améthystes : la rencontre entre Maes et sa femme, leur mariage, la naissance d'Elysia ... Violine ferma les yeux pour arrêter ce défilé de souvenirs qui n'étaient pas les siens. Mais au moins grâce à cela, elle pouvait s'orienter dans ce monde.
Violine rouvrit les yeux. Gracia et Elysia s'éloignaient main dans la main. La brune eut un sourire, et s'en alla. Elle marchait depuis quelque temps, quand soudain quelque chose atterrit devant elle. Il s'agissait d'un adolescent, avec des cheveux verts qui ressemblaient plus à des lianes qu'autre chose, et vêtu bizarrement.
" Péché ..."
Violine sourit. Ils venaient tous à elle, un par un. Seraient-ils suicidaires ou complètement stupides ? Envy la regarda avec dédain, une main sur la hanche.
" Alors, c'est toi que nous a envoyé la Porte ?" demanda-t-il.
" On est bien informé." répondit Violine.
" Moi je vais te faire voir que personne n'y retournera, et surtout pas moi !" s'exclama Envy.
Il était bien déterminé à lui montrer qu'il était le plus fort. Sans plus attendre il se précipita vers elle, et bondit pour lui administrer un vigoureux coup de pieds à la tête. Violine lui attrapa le pieds, et opérant un quart de tour elle le projeta contre un mur. Elle posa ensuite une main au sol. De grands pics clouèrent l'homonculus au mur de briques. Envy s'en libéra grâce à sa force. Il fit une pirouette pour éviter l'attaque de Violine.
" C'est tout ce que tu peux faire ? " la nargua Envy.
" Ne sois pas pressé de me voir à l'oeuvre, petit homonculus." répliqua la brune.
Petit ? Lui petit ? Ca allait se payer, une remarque pareille. Ce nouveau il se rua vers elle. Violine évita ses coups avec une vitesse qu'il ne soupçonnait pas. La brunette bloqua un coup de poings, et lui fit exploser le bras. Puis l'autre, puis le ventre, les jambes et enfin la tête. Profitant de ce qu'il se reconstituait, elle lui vola sa capacité de métamorphe.
" Alors, c'est déjà mieux ?" demanda Violine.
" Grrr ! Je vais t'éclater !"
" Mais bien sûr."
Naturellement, une bagarre de cette ampleur ne passa pas inaperçue, surtout en pleine rue. Bien vite des civils alertèrent les militaires. Roy rassembla ses hommes, et se rendit sur les lieux. Le sol était déjà bien endommagé, cassé et crevassé de partout. Violine et Envy rivalisaient d'agilité et de ruse pour atteindre l'autre. Il y eut tout à coup un bruit sourd : Violine venait de percuter le sol avec violence.
" VIOLINE !" s'écria Havoc.
Il voulut se précipiter à son secours. Mais Roy, devinant son geste lui bloqua la route. La brune se relevait déjà. Envy avait entendu le cri du militaire blond, et eut une idée.
" Je parie que c'est ton p'tit copain. Voyons si tu osera lui taper dessus." sourit-il avec méchanceté.
Envy se concentra pour prendre l'apparence de Jean. Mais ...
" Qu'est-ce que ... mon pouvoir ne marche plus !" s'exclama-t-il en regardant ses mains.
" C'est ça que tu cherche, abruti ?" répondit Violine.
Elle changea d'apparence. Envy écarquilla les yeux : devant lui se tenait un homme au cheveux blonds et longs, attachés en queue de cheval. Il portait des lunettes et arborait une barbe. Plus loin, Ed était bouche bée. Sans le savoir, ou peut-être que si, Violine avait revêtu l'apparence d'Hohenheim.
" Comment ... comment ose-tu prendre l'apparence de mon enfoiré de père !" rugit Envy en crispant les poings.
" Ton père ? " répéta Violine.
" Ouais, le salaud qui m'a abandonné !"
" Ah ! Ben quand on te voit on comprends pourquoi. Il a dû se sentir soulagé."
Cette fois, c'en fut trop. Ces paroles, dites avec la voix d'Hohenheim mirent Envy hors lui. Il serra les dents à se les briser. Il aurait voulu se changer en dragon, mais c'était impossible. Au loin, Violine entendit Mustang lui ordonner de cesser le combat.
" Il a vu la vierge en 3D celui-là." pensa-t-elle les yeux en bille.
Des éclairs serpentèrent, et un mur se dressa, bouchant la vue aux militaires. Envy fonça sur Violine, avec une rage comme il n'en avait jamais connu.
" Tu es trop lent, sale gosse !" siffla-t-elle.
" JE VAIS TE TUER !"
Violine esquivait ses coups en ricanant. Visiblement, cette apparence-là l'énervait beaucoup. Tout à coup, un déclic se fit dans sa tête. Cet homme était son père, qui l'avait abandonné. Se pourrait-il qu'il soit une des personnes qu'elle cherche ?
" Porte, peux-tu me dire son âge ?" pensa Violine en faisant exploser une main d'Envy.
" Il a quatre cents ans."
" Bingo."
Avec cette information, Violine décida de s'arrêter. Son pouvoir ultime fut activé. Sur le coup de la surprise, Envy s'arrêta net. Des bras jaillirent partout, ainsi que des yeux et des bouches. Ils firent cercle autour d'eux. Les bras grattaient partout, commençant à effriter tout ce qu'ils pouvaient. Violine reprit sa forme initiale.
" Je te remercie pour ce que tu m'as donné. Mais dis-moi donc où se cachent les autres ?" dit-elle.
Un bras attrapa Envy, s'enroula autour de lui comme un serpent, et le souleva du sol.
" Jamais !" cria-t-il.
" Bon tant pis alors."
Le bras lui brisa tous les os, arrachant un cri de douleur à l'homonculus. Soudain, il vit des souvenirs particulièrement lointains, et surtout déplaisant : sa transmutation. La douleur, la peur, son abandon, tout cela resurgit comme un bouchon jaillit d'une bouteille de champagne.
" Si tu veux que cela cesse dis-moi donc où ils sont." lança Violine.
" Une ville souterraine !" capitula Envy.
Il ne voulait plus voir ça, il voulait que ça s'arrête, il voulait oublier, tout oublier. La douleur s'intensifia pourtant, à mesure que la Porte l'engloutissait. La noirceur retourna à Violine. Le mur qu'elle avait transmuté sauta à ce moment-là sous l'impulsion de Roy. Les soldats eurent juste le temps de voir les bras et tout le reste disparaître, laissant le chaos tout autour.
" Je vois ce que tu veux dire maintenant, FullMetal." dit Roy, la mine soucieuse.
