Jack se glissa lentement dans sa couverture une fois que le docteur Lam eut fermé la porte, après avoir effectué un énième examen. La jeune femme lui avait assuré que demain, il devrait normalement pouvoir sortir de l'infirmerie. Bizarrement, cette nouvelle ne l'avait pas plus réjoui que ça.
Les images de cette journée envahirent alors progressivement son esprit.
Daniel, Teal'c et Cameron.
Et oui. Il se souvenait parfaitement de leurs noms.
Un lourd soupir déchira le silence de l'infirmerie. Ces trois hommes ne lui avaient pas dit grand chose aujourd'hui. Du moins, rien de très personnel. Ils lui avaient parlé de son travail, des nombreuses missions qu'ils avaient effectué tous ensemble, de ses fonctions de général, des nombreuses fois où il avait sauvé le monde… et enfin de sa mort.
Ou plutôt… sa « presque-mort ».
Daniel lui avait dit qu'il avait effectué l'ascension. Un mot plus que bizarre selon Jack. Il avait eu du mal à saisir le sens des propos de l'archéologue : s'élever à un autre niveau de conscience était plutôt flou pour lui. Il avait du mal à comprendre pourquoi il aurait fait une chose pareille.
Il poussa un autre soupir.
Daniel, Teal'c et Cameron lui avaient parlé, certes, mais ils avaient surtout semé encore plus de questions dans son esprit. Pire que ça, Jack avait le sentiment que ses amis (il s'était finalement résolu à les appeler ainsi) lui cachaient délibérément quelque chose. Ils n'avaient pas dit un seul mot sur sa vie privée. À croire que toute son existence tournait autour de son travail. Il avait bien essayé de leur tirer les vers du nez, mais à chaque fois ils avaient éludé la question.
Mais pourquoi ? Ça n'avait pas de sens… ça n'avait pas de sens !
D'un geste rageur, Jack envoya un de ses coussins à l'autre bout de la pièce. Il détestait l'incertitude, il détestait ne pas comprendre.
Se résignant finalement à laisser ces diverses réflexions de côté, il se décida à dormir. Et bien que le sommeil mit un certain temps à venir, il réussit tout de même à passer une nuit calme, sans rêves.
Quelques jours plus tard, infirmerie du SGC :
- Ça ne vous dit rien ?
Jack jeta un regard lourd de sens à Daniel, qui esquissa une grimace d'excuse. Depuis maintenant cinq minutes, Jack tentait non sans peine de mettre un nom sur les diverses photos que lui montrait son ami. Toutes ces photos représentaient des personnes que Jack avait connues ou côtoyées durant ces dernières années. Actuellement, il observait le portrait d'un homme moyennement âgé, le crâne chauve, un ventre bedonnant, vêtu d'un costume militaire d'apparat.
En voyant cette photo, Jack n'avait mis que quelques secondes à peine pour savoir que cet homme avait énormément compté pour lui. Il n'aurait su dire exactement dans quelle mesure, mais il était sûr d'avoir été très proche de lui. Le problème était qu'il n'arrivait pas à retrouver son nom. Rien à faire. Il avait beau se concentrer de toutes ses forces, il avait l'impression que le nom de cet homme lui échappait dès qu'il s'en approchait. Comme si une partie de son esprit lui était délibérément fermée.
- Alors ? répéta Daniel d'une voix emplie d'espoir.
Jack n'osa même pas jeter un regard à l'archéologue. Il ne voulait pas affronter son regard et y lire de la déception lorsqu'il lui avouerait qu'il n'avait absolument aucune idée du nom de cet homme ventru et chauve. Durant toute la semaine, Daniel, Teal'c et Cameron s'étaient relayés pour venir le voir à l'infirmerie et l'aider à recouvrir la mémoire, sans grand résultat. À chacune de leurs visites, Jack s'en était terriblement voulu de les décevoir. Mais pourtant, malgré tous les efforts qu'il faisait, rien ne lui revenait. Et plus Daniel, Teal'c et Cameron essayaient de l'aider, plus il éprouvait ce sentiment d'échec.
- Faites un effort Jack, réitéra Daniel. C'est important.
- Je vous assure que je fais de mon mieux Daniel, rétorqua Jack sur un ton sec. Mais ça ne me dit rien. Rien du tout. Je suis pratiquement sûr d'avoir très bien connu cet homme, ajouta-t-il en montrant la photo, mais je suis incapable de vous dire de qui il s'agit.
- Ce n'est pourtant pas difficile ! s'exclama Daniel en perdant patience. Concentrez-vous !
La colère de Jack monta d'un cran.
- Vous croyez que c'est facile ? lâcha-t-il glacial. Vous croyez que je le fais exprès ?
- Franchement je me le demande ! répliqua Daniel sur le même ton. Ça fait bientôt deux semaines que vous êtes ici, et rien n'a changé ! Pourtant, vous devriez déjà avoir commencé à retrouver la mémoire…
- PUISQUE JE VOUS DIS QUE JE NE SAIS PAS ! s'écria Jack. La seule chose qui me vient à l'esprit en regardant cette photo, c'est le mot Homer ! Et sincèrement, je ne crois pas que ça puisse être son nom !
Il s'arrêta subitement, conscient cette fois d'être allé trop loin. Il n'aurait pas dû s'énerver ainsi. Le pauvre Daniel n'y était pour rien après tout. Jack était d'ailleurs sur le point de lui présenter des excuses lorsqu'il croisa le regard de l'archéologue.
Un regard à l'opposé de ce à quoi il s'attendait. Un regard joyeux. Rassuré. Heureux.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que j'ai dit ? marmonna Jack sur la défensive.
-Vous avez dit Homer, répondit fébrilement Daniel. Vous avez dit Homer !
- Et ? Ce n'est pas son nom, alors qu'est-ce que ça change ?
- Homer est le nom du héros de votre série préférée ! s'exclama Daniel. Homer Simpson ! Un grand chauve un peu ventru !
Jack lui jeta un regard perplexe.
- Génial ! D'après ce que vous venez de me dire, je suis incapable de faire la différence entre la réalité et une… une quoi au fait ? Une série ?
- Mais vous ne comprenez donc pas ? Cela signifie que vous commencez à vous souvenir ! C'est encore un peu confus, c'est sûr, mais ça commence à vous revenir.
Jack ne répondit pas, guère convaincu par ce qu'avançait Daniel. Ils passèrent le reste de la journée à regarder d'autres photos. Malheureusement, aucune d'entre elles ne rappela quoi que ce soit d'autres à Jack. Dans la soirée, le docteur Lam vint les voir.
- Alors ? Comment va notre malade ce soir ? demanda-t-elle en prenant en note les mesures des nombreux appareils reliés à Jack.
- Ça va, marmonna ce dernier en grimaçant.
Il détestait lorsque le docteur Lam venait lui faire une piqûre.
- Il commence à se souvenir, ajouta Daniel ravi.
- C'est une bonne nouvelle, approuva le docteur Lam. J'en ai une moi aussi. Ce soir, vous ne dormirez pas à l'infirmerie, mais dans votre lit.
À ces mots, Jack retrouva un semblant de bonne humeur.
- Génial ! Je vais pouvoir rentrer chez moi ? Je veux dire… là où j'habitais avant ?
Une étrange lueur apparut alors dans les yeux de Daniel et du docteur. Ils échangèrent un bref regard entendu qui se voulait discret, mais qui n'échappa pas à Jack. Ce dernier ne comprenait guère leur réaction. Qu'est-ce qui se passait ? Sa maison avait brûlé ou quoi ? Décidément, il y avait vraiment quelque chose qui clochait…
-Je crois que pour le moment, il vaut mieux que vous emménagiez dans les quartiers de la base, répondit finalement le docteur Lam en retrouvant son sourire habituel. Vous verrez, ils sont très confortables.
- Et puis, Teal'c et Cameron y ont transporté certaines de vos affaires personnelles, ajouta Daniel. Elles vous aideront à vous rappeler.
Jack acquiesça doucement.
- C'est par là.
Daniel lui indiqua un couloir sur la droite, puis ils tournèrent de nouveau à gauche. Après plusieurs bifurcations, une descente dans l'ascenseur, ils atteignirent enfin leur destination, à savoir une petite porte métallique isolée au bout d'un couloir. Devant, se tenaient, l'un les bras croisés, l'autres les mains jointes dans le dos, Cameron et Teal'c. Ils affichaient un large sourire.
- C'est gentil d'être venu spécialement pour mon emménagement officiel, plaisanta Jack.
- On n'aurait manqué ça pour rien au monde, répliqua Cameron du tac au tac.
Jack lui adressa un sourire et pénétra sans plus de cérémonie dans sa nouvelle chambre, suivi de près par Teal'c, Cameron et Daniel.
La pièce est plutôt sommaire. Un lit, une étagère, une table de chevet agrémentée d'une lampe, et une affreuse peinture suspendue au mur et censée représenter une coupe de fruit. Si l'on s'arrêtait à cette simple description, l'infirmerie avait sans doute plus de charme, mais la chambre était parsemée d'une quantité incroyable d'objets.
Jack ne put s'empêcher d'ouvrir bêtement la bouche.
- Vos objets personnels, crut bon de préciser Daniel, un large sourire aux lèvres.
- Et vos préférés, ajouta Cameron.
Jack ne prit même pas la peine de répondre, bien trop absorbé par ce qui l'entourait. Il s'approcha d'un curieux objet formé d'un tube soutenu par trois pieds et orienté en direction du plafond.
-Il s'agit de votre télescope O'Neill, dit Teal'c d'un ton calme. Vous aimiez regarder les étoiles.
- Et ça ? Qu'est-ce que c'est ? demanda Jack qui venait de saisir un long bâton au bout duquel pendait une ficelle.
- Votre canne à pêche préférée.
Jack observait l'objet en question durant quelques secondes, puis son regard accrocha la commode située contre le mur. Ce n'était pas tant cette dernière qui l'intéressait, mais plutôt le cadre photo qui reposait dessus. Avec une infinie précaution, Jack s'en saisit et observa avec attention la photo. Elle représentait un petit garçon aux yeux rieurs, les cheveux bruns en bataille, un gant de base-ball et une batte à la main. Il avait l'air très heureux.
Daniel, Cameron et Teal'c échangèrent un long regard devenu triste.
- Qui est-ce ? demanda Jack sans se retourner.
Un long silence accueillit sa question.
- Ça, c'est à vous de nous le dire, répondit finalement Daniel.
Cameron referma avec précaution la porte, et se lança à la suite de Teal'c et Daniel. Ces derniers marchaient silencieusement, visiblement plongés dans leurs pensées respectives.
- Alors ? Vous croyez qu'il va se rappeler ? De Charly, je veux dire… demanda Cameron en rompant ainsi le silence.
- C'est son fils, répondit simplement Daniel. Il s'en souviendra.
- Oui mais… il ne se souvient même pas de Sam, alors…
- Elle aussi, il ne devrait pas tarder à s'en rappeler.
- Elle ne veut toujours pas le voir ?
- Non, murmura Daniel en soupirant. Elle ne peut pas. Pas encore.
- Mais il va bien falloir qu'elle vienne le voir ! s'emporta Cameron. Sinon le général O'Neill ne s'en sortira pas !
- Nous devons respecter son choix colonel Mitchell, dit Teal'c qui jusque-là avait gardé le silence.
- Mais tout ça ne sert à rien ! continua Cameron. Elle se fait juste du mal, et à lui aussi.
- Malheureusement, ce n'est pas à nous de décider, trancha le jaffa d'un ton ferme.
Cameron ouvrit la bouche pour répliquer, mais il se contenta finalement d'un soupir agacé.
- De toute façon, elle sera bien obligée de lui parler, maugréa-t-il au bout de quelques secondes. Ne serait-ce que parce que lui finira par se rappeler.
- C'est vrai, mais d'ici là, nous n'avons rien à dire, rétorqua Daniel. Au fait, où est Sam ? Je ne l'ai pas vue de la journée.
- Elle a préféré rester chez elle, répondit Cameron. Avec Thomas…
Cette fois, ce fut au tour de Daniel de pousser un profond soupir.
- Espérons que tout cela ne tournera pas à la catastrophe, acheva-t-il finalement, probablement plus pour lui-même que pour ses compagnons.
Ce fut le bruit sec et assourdissant d'une détonation qui réveilla Jack en sursaut. Le cœur battant la chamade, le front perlé de sueur, il se releva brusquement en scrutant la chambre. Un rapide coup d'œil lui permit de constater qu'il était seul et que, contrairement à ce qu'il craignait, personne ne lui avait tiré dessus. Rassuré, il se recoucha lentement sur son lit, le cœur néanmoins encore secoué. Il était pourtant sûr d'avoir entendu le bruit d'une arme…
Perplexe, il se tourna légèrement sur le côté et son regard tomba sur la photo du petit garçon. Et en une fraction de seconde, tout lui revint en mémoire.
Le rire de ce petit garçon. Sa voix. Son odeur. Ses joies, ses peines, ses fous rires, ses peurs…
Son nom… Charly… Il s'appelait Charly.
Fou de joie, Jack se rua hors de son lit, s'empara de la photo et sortit en trombe de sa chambre.
CHARLY ! … C-H-A-R-L-Y !
Il se souvenait ! Il se rappelait ! C'était son fils ! Son petit garçon !
Ne prenant pas garde aux gens qu'il bousculait sur son passage, Jack se précipita dans l'ascenseur et pressa le bouton pour se rendre à l'étage de l'infirmerie. Il fallait absolument qu'il voie Daniel. À mesure que l'ascenseur descendait, Jack revoyait défiler dans sa tête des images de ce petit garçon.
Il le revoyait faisant ses premiers pas, disant ses premiers mots, mangeant du chocolat le visage barbouillé, jouant avec sa batte de base-ball, faisant du vélo, dessinant, chahutant…
L'ascenseur se rouvrit, et Jack courut en direction de l'infirmerie. Il revoyait Charly lui affirmant avec fierté que lui aussi plus tard, deviendrait militaire. Qu'il défendrait le monde des méchants. Il le revoyait jouant avec un pistolet en jouet, et puis soudain…
- Tiens Jack, vous êtes déjà réveillé ?
La voix de Daniel lui apparut lointaine, le tirant peu à peu du cauchemar où il venait de plonger.
- Jack ? Jack, ça va ?
Jack reprit finalement ses esprits. Secouant légèrement la tête, il constata qu'il se trouvait à l'infirmerie, et que Daniel était penché vers lui, un bras sur son épaule et le regard inquiet.
- Oui Daniel, ne vous en faites pas. Je… je vais bien, réussit enfin à articuler Jack.
L'inquiétude de l'archéologue ne disparut pourtant pas. Son regard accrocha alors la photo que Jack tenait fermement dans sa main et il comprit.
- Je suis désolé Jack, murmura Daniel en relâchant son ami.
Le corps de Jack fut alors secoué de soubresauts, et pendant un instant Daniel crut qu'il pleurait. C'est alors qu'il perçut son rire agité et nerveux.
- C'est pas vrai, soupira Jack entre deux hoquets, et dire que… Dire que j'étais impatient à l'idée de vous dire que j'avais retrouvé son nom. Charly, n'est-ce pas ?
- Oui c'est bien ça, acquiesça Daniel avec difficulté.
Jack cessa alors de rire, et son regard se porta sur la photo.
- C'est avec mon arme qu'il s'est tué ? Mon arme de service que j'avais oubliée de ranger ?
Daniel hocha la tête.
- Cela fait longtemps n'est-ce pas ? Une dizaine d'années ?
- Quinze ans.
- J'ai l'impression que c'était hier.
Daniel ne répondit pas. Que pouvait-il répondre à ça ?
- Jack… commença-t-il finalement, je sais ce que vous ressentez mais…
- Vous savez ? s'emporta Jack. Vous savez ce que je ressens ? Daniel, je viens de découvrir que mon fils s'est tué à cause de moi ! Avez-vous seulement la moindre idée de ce que je ressens ?
- Non… bien sûr que non, balbutia l'archéologue, surpris par la violence de son ami. Ce que je veux dire… c'est que je comprends cette inquiétude qui vous tenaille. Ce sentiment d'incertitude. Vous brûlez d'envie de retrouver la mémoire, et en même temps, vous avez une peur panique d'en savoir plus sur vous-même. Vous craignez de découvrir que vous n'êtes pas quelqu'un de bien, ou que vous avez fait des choses que vous regrettez. Mais je tiens à vous rassurer Jack, ce n'est pas du tout le cas. Vous êtes un type formidable et vous méritez d'avoir une vie à nouveau normale.
Jack sentit des larmes sournoises perler au coin de ses yeux mais il tint bon. Il ne voulait pas pleurer. Pas devant Daniel.
- Comment avez-vous fait ? demanda-t-il d'une voix tremblante. Comment avez-vous surmonté ça ?
Daniel lui lança un regard étonné.
- Comment savez-vous que… ?
- Calmez-vous Daniel, je ne me souviens de rien, le coupa Jack en levant une main. Mais pour arriver à décrire aussi bien ce que je ressens, vous avez sûrement dû passer par cette épreuve vous aussi.
Un fin sourire étira les lèvres de Daniel.
- Vous êtes plutôt perspicace vous, murmura-t-il.
- Une de mes nombreuses qualités que je découvre peu à peu, répliqua Jack en lui rendant son sourire.
Ils s'observèrent ainsi durant plusieurs secondes, tous deux heureux de pouvoir partager un tel moment de complicité.
- Que s'est-il passé Daniel ? demanda finalement Jack. Que s'est-il passé de si terrible et que vous vous évertuez tous à me cacher ? Et ne me mentez pas, prévint-il en voyant l'archéologue ouvrir la bouche, je ne vous croirai pas. Vous m'avez dit que je méritais d'avoir une vie à nouveau normale, mais je ne sais pratiquement rien de cette vie. Bien sûr, vous m'avez plus que détaillé ma vie professionnelle, mais je vous parle de ma vie privée. Je sais qu'il y a quelque chose qui cloche, et je préférerais que vous me le disiez vous-même plutôt que d'avoir à le découvrir tout seul, acheva-t-il dans un murmure presque inaudible.
Daniel avait depuis longtemps détourné son regard de celui de Jack. Il ne voulait pas avoir à l'affronter. Il ne voulait pas qu'il puisse lire en lui. Dieu sait pourtant qu'il aurait aimé tout lui dire. Mais il n'en avait pas le droit. Il avait promis…
- Jack… j'aimerais que tout soit plus simple mais…
- Daniel, le coupa Jack sur un ton sans équivoque, s'il vous plaît.
Daniel se tourna alors vers Jack, et durant quelques secondes, il tenta de lutter. Mais il était déjà trop tard. Finalement, l'archéologue baissa la tête en signe de reddition. Sans un regard pour Jack, il enfila sa veste qu'il avait posée peu de temps auparavant sur un lit, et sortit de l'infirmerie.
- Daniel, où allez-vous ? demanda Jack en partant à sa suite.
- Vous voulez que je vous montre n'est-ce pas ? C'est ce que je vais faire, se contenta de répondre son ami.
Puis il disparut dans le couloir. Quelques secondes s'écoulèrent sans que Jack fasse le moindre mouvement. Les bras ballants, la photo de Charly toujours dans sa main, il demeurait seul au milieu de l'infirmerie. Ce n'est que quelques instants plus tard qu'il se décida finalement à partir à la suite de l'archéologue, sûr de lui comme il ne l'avait jamais été.
A suivre…
