Titre : Comme un enfant, chapitre 17
Base : Gundam Wing
Auteur : Brisby
Couple : 3+4+3 ; 5+H+4 ; et plus ou moins des rapprochements entre 1 et 2 ;)
Genre : yaoï, angst, OOC
Rating : K
Disclamer : Les g-boys ne sont pas à moi.
Petit grosse note de l'auteur :
We wish
you a merry Christmas
We wish
you a merry Christmas
And a
happy new year...
Non, non vous ne rêvez pas, les miracles de Noël existent (même
avant Noël), et la preuve : voici un nouveau chapitre !
Heum...
Pardon... Ca fait un temps fou que je n'ai pas publié, je
sais... (faisons-nous peur : 1 ans et 5 mois… )
Mais cette fois c'est bon, cette fois c'est fini ( touchez
du bois ) : vous allez bientôt avoir entre les mains la suite et fin de
cette fic :)
Tous les chapitres sont tapés ( le 23ème étant le
dernier ) et il ne manque plus que trois lignes à l'épilogue.
Bon… Si je m'étais écoutée j'aurais réécrit entièrement la
fic… Les premiers chapitres n'ayant jamais été bêta-lecté et datant de mes tous
débuts sur le fandom j'en ai énormément honte. Mais je n'ai pas envie de vous
faire attendre plus longtemps ( parce que vu mon rythme, si j'avais dû tout
reprendre… « on s'était donné rendez-vous dans dix ans… même jour même
heure même pomme...» ). Donc c'est avec une honte intense des premiers
chapitres que je mets cette suite en ligne. J'espère juste que ne tomberont
dessus que ceux qui la connaissent déjà et qui n'ont pas besoins de repasser par
les chapitres précédents, notamment les dix premiers… ( je vous en supplie, ne
les lisez pas… ¤couigne¤ )
Sinon concernant la publication, j'aimerais pouvoir mettre
en ligne un chapitre par semaine ou toute les deux semaines. Vu que je n'ai pas
le net chez moi j'espère juste que je vais réussir à m'y tenir. Enfin de toute
manière, vous êtes déjà assurés que vous aurez la fin de cette fic puisqu'elle
est tapée :)
Je m'excuse encore une fois de vous avoir fait attendre si
longtemps. J'espère juste que pas trop de lecteurs de la première heure ne se
sont découragés ( argh, pardon… )
Et merci mille fois à Anya pour ses bêta-lectures de pro :)
( d'ailleurs ceux qui ont lu les deux os qu'elle a mis en ligne dernièrement ont
eu des news en avant-première sur Comme un enfant ;) )
Je vous laisse lire !
Petit résumé pour replacer la situation : Toute la troupe vit à la villa depuis un petit moment maintenant. Heero s'est fait embrasser par Duo pour une cerise et est persécuté par ses rêves. Wu Fei et Hilde sont toujours en train de se disputer. Réléna a fait une apparition quelques jours en arrière et, si tout le monde pense que Duo est peut-être mort, elle semble savoir pertinemment que ce n'est pas le cas. Duo a eu une réaction à sa présence, mais apparemment ça ne serait pas « Duo ». Il reste prostré depuis et quand les autres viennent le voir ils tombent sur un dessin représentant deux Duo.
Enjoy, enjoy :)
Comme un enfant
Chapitre 17
Un long silence suivit les mots de Duo. Wu Fei s'approcha de Hilde et lui prit le dessin des mains pour l'observer. Il le regarda longuement en fronçant les sourcils puis il le rendit à l'Allemande qui le saisit distraitement.
- C'est quoi ça encore ? Duo avait un jumeau ?
La brunette se tendit et baissa légèrement la tête. A l'autre bout de la pièce, Quatre se leva.
- Je n'en ai jamais entendu parler en tout cas. Tu étais au courant de quelque chose Heero ?
- Pourquoi l'aurais-je été ?
Le blond soupira.
- Mais j'en sais rien… Je cherche des réponses moi…
Le Japonais haussa les épaules.
- Ca me semble plus logique de demander à Hilde. Il a toujours été plus proche d'elle que de moi.
- Pas forcément. Tu y comprends quelque chose, Hilde ?
La jeune fille fixait le dessin d'un air absent.
- Hilde ? Ca te dit quelque chose ce jumeau ?
Comme elle ne répondait toujours pas, Quatre s'approcha d'elle.
- Hilde ? Est-ce que ça va ?
Elle ne souffla mot, le regard braqué sur le personnage au regard cynique du dessin.
- Hilde ?
- Hilde…
La brunette fixait le jeune homme en face d'elle, les sourcils froncés. Ses paupières battaient plus vite que d'habitude et ses yeux semblaient hésiter entre colère et déception. Sa bouche était courbée dans une position entre une moue de dégoût et une grimace de dépit.
- Uh…Hildie je…
Le jeune homme debout à quelques mètres d'elle ne soutenait son regard que du coin de l'œil. Il finit pas détourner les yeux, fixant le sol tandis qu'il passait la main dans ses cheveux.
- Uh…
Il soupira bruyamment alors que sa main se crispait dans sa chevelure.
- C'est pas…
- C'est pas quoi Duo ?
Il releva à peine la tête, juste pour pouvoir la regarder entre les mèches de cheveux châtains qui tombaient devant son visage. Elle le fixait, les sourcils un peu plus froncés. La bouche légèrement entrouverte, elle secouait lentement la tête, comme pour essayer d'y voir un peu plus clair dans l'incompréhension où elle nageait.
C'était pas quoi ? Si il y avait une explication elle la voulait !
Bordel, elle était venue pour proposer un coup de main, pas pour se faire incendier.
Elle avait clairement halluciné. Rien vu venir, rien pu faire, rien compris.
Depuis le petit mois qu'elle connaissait Duo, elle l'avait vu se mettre en colère quelques fois oui… Mais pas de cette façon. Pas d'une colère aussi dévastatrice. Il n'avait rien cassé non, mais son ton était d'une violence… Et puis les autres fois où elle l'avait vu se mettre en colère, c'était toujours une colère interposée. Une colère envers un objet, une pièce qu'il n'arrivait pas à trouver pour réparer son gundam, n'importe quoi, mais très rarement contre une personne. Alors que là… Elle s'était tout pris dans les dents, et avec un tel mépris dans le ton…
Le natté passa la main sur son visage en inspirant bruyamment.
- C'est…Compliqué… Je pense pas que je puisse te…
Il se pinça la base du nez, le front plissé.
- Non, ok, attends… Tu sais quoi ? C'est pas la peine. Je m'en fous.
Il jeta un regard gêné à la jeune fille. Celle-ci prit une profonde inspiration, s'approcha de lui en le fixant et ne le lâcha du regard que pour lui décocher une droite magistrale. L'Américain perdit l'équilibre et dû se raccrocher à la caisse de bois derrière lui pour rester debout.
- Va te faire voir Duo. T'as pas à passer tes nerfs sur moi, je suis pas ta boule anti-stress. Tu me prends pour quoi là ?
Il porta la main à son visage en grimaçant.
- …Je suis désolé Hilde… Vraiment… Mais c'est pas ce que tu…
- Arrête. Je veux même pas savoir… Et tes « désolé » tu peux te les garder. Ca serait un peu trop simple à mon goût.
Elle fit demi-tour et se dirigea vers la porte. Duo se contenta de soupirer tandis qu'il massait du bout des doigts sa joue où le poing de la jeune fille avait laissé une légère trace rouge. La main sur la poignée, l'Allemande se retourna.
- Tu sais, de faire des telles sautes d'humeur Duo c'est grave. Tu devrais consulter. L'hystérie ça se soigne.
Le ton de la jeune fille n'était pas trop hargneux. C'était un ton au final assez léger, qui s'était engagé sur le si facile « ça se soigne » pour clore la discussion. Elle lançait juste une dernière petite pique avant de partir. Histoire de calmer un peu ses nerfs elle aussi, en ayant fait de son dernier mot une réplique qui se voulait cinglante. Mais le ton lui n'était pas trop cinglant.
La voix qui lui répondit était un peu plus grinçante par contre.
- Ah non je regrette mais ça ne se soigne pas…
La main de la jeune fille resta sur la poignée sans l'abaisser. Sa mâchoire se crispa légèrement. Alors comme ça, non seulement elle s'en prenait plein les dents, mais en plus il ne voulait pas lui laisser le dernier mot ?
Elle se retourna vers le natté. Celui-ci, toujours adossé à la caisse de bois, fixait le sol, les lèvres légèrement pincées.
- Pardon ?
L'Américain ne répondit pas.
- Qu'est-ce que tu as dis ?
- Rien, rien…
Elle mâchonna d'un air exaspéré l'intérieur de sa lèvre avant de soupirer.
- Si ces sautes d'humeurs sont dues à tes hormones, effectivement, pas besoin de te soigner… On a juste à attendre patiemment que tu fasses ta crise d'adolescence et ça sera ok. Dans le cas contraire je te conseillerais vivement un psy ou des neuroleptiques, histoire de te calmer.
Duo releva la tête, les lèvres un peu blanchies de les avoir trop pincées.
- Alors, premièrement… Ce n'est pas dû à une pseudo-crise d'adolescence. Ces sautes d'humeurs, comme tu les appelles, sont là chez moi depuis bien longtemps, alors tu laisses mes hormones tranquilles. Et concernant les psy, G m'en a fait rencontrer toute une tripotée qui ont tous lâché l'affaire. Donc tu évinces aussi.
Hilde lâcha la poignée de porte, fit quelques pas vers lui avant d'ouvrir la bouche pour parler. Duo la devança.
- Bon, laisse tomber… Je ne suis qu'un ignoble type qui a passé ses nerfs sur toi à cause de ses sautes d'humeurs. J'en suis désolé, sincèrement… Mais il faut croire que je ne suis pas quelqu'un de fiable. Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus…?
Elle resta un moment sans dire mot. Le ton du châtain était là aussi un peu agressif, mais d'une autre façon. Et puis, le léger éraillement de sa voix qui avait semblé s'amplifier peu à peu alors qu'il parlait. Et…Il lui avait semblé entendre une légère pointe de dépit quelque part dans ses mots. Voir même… De la tristesse ?
- Oh mais calme-toi Duo, j'ai jamais dis que tu n'étais pas quelqu'un de fiable.
- Ben tu aurais peut-être du…
Ouh… L'amertume dans la voix de l'Américain était clairement perceptible là.
La jeune fille s'approcha un peu plus.
- Hey mais tu me fais quoi aujourd'hui ? Tu va finir pas vraiment m'inquiéter…
Elle s'arrêta devant lui.
- C'est quoi le problème ? Tu veux en parler ?
Il ferma les yeux en fronçant les sourcils.
- Non Hilde, je ne pense pas que… Ca n'avancerait à rien.
- Bon…
Elle le choppa par le col de son vêtement.
- D'après ce que j'ai pu comprendre, ce truc est lié au fait que je m'en sois pris plein la gueule tout à l'heure… Alors j'estime avoir plus que le droit de savoir Duo.
L'Américain la regarda droit dans les yeux, aussi surpris que légèrement inquiet.
- Non Hilde…
- J'accepte pas de réponse négative.
- Ca va te faire peur…
Elle ouvrit un peu plus grand les yeux et lâcha son col. Ses sourcils se froncèrent légèrement.
- C'est si grave que ça ?
- Ben…
- Et à part avec… G…Tu en as parlé avec d'autres personnes ?
Duo parut étonné par la question.
- Non…Pourquoi ?
- Mais c'est pas sain bordel ! Si c'est si grave que ça, faut que tu en parles à une autre personne qu'un type que tu vois tous les trente-six du mois !
- Laisse-moi deviner : toi par exemple ?
- Exactement.
- Ca va te faire peur Hilde.
Elle planta sur poings sur ses hanches.
- Alors là, je demande à voir.
Le natté secoua la tête.
- Hilde c'est du sérieux.
- Et je suis sérieuse.
Il soupira longuement, passa la main dans ses cheveux en jetant des coups d'œil nerveux autour de lui.
- Ca te soulagerait Duo.
- C'est compliqué Hilde.
- Et je suis pas plus bête qu'une autre et j'estime avoir le droit de savoir après ce que je me suis pris dans les dents. S'il y a une vraie explication à ton comportement tu me la dois.
Il soupira une dernière fois et resta silencieux un long moment, les yeux fermés.
- Tu n'en parleras à personne ?
- A qui veux-tu que j'en parle ? Les rares personnes avec qui je t'ai jamais vu ici ce sont des employés.
- Hilde… S'il te plait… J'en ai jamais parlé. G il m'a diagnostiqué et c'est tout. Alors… Alors j'aimerai autant que…
Elle leva les mains pour le calmer.
- Ok, ok… J'en parlerais à personne Duo tu as ma parole.
- Tu le jures ?
- Oui.
Il sembla hésiter.
- Dis-le.
La jeune fille fronça les sourcils.
- …Je le jure.
- Dis-le en entier Hilde.
La brunette soupira d'un air exaspéré.
- Tu commences à me saouler là Duo…
- Hilde, s'il te plait…
Elle lui jeta un regard suspicieux, puis soupira en secouant la tête.
- Je jure de n'en parler à personne. Ca te va ?
- Oui… Merci…
Elle regarda d'un air un peu inquiète le visage du jeune homme étonnamment grave. Il prit une profonde inspiration et laissa son regard se perdre sur le sol poussiéreux.
- Bon alors, c'est… Je ne sais plus très bien où tout ça a commencé… La petite enfance je pense…
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- Tu crois qu'elle dort ?
- Quoi, debout ? Les yeux ouverts ?
- Bah, on sait jamais…
- Ca doit avoir un lien avec le dessin qu'elle regarde.
- Oui. Ca serait bien qu'elle se réveille et qu'on puisse enfin la questionner.
- Pour la dernière Wu Fei, elle ne dort pas. Elle doit être plongée dans ses pensées.
- Bon attendez, je vais tenter un truc.
Sally s'approcha de la jeune fille qui n'avait toujours pas bougé du centre de la pièce. Elle s'arrêta juste devant la brunette et leva la main. Les quatre autres regardèrent les yeux écarquillés la claque partir.
- Non mais… ! Mais… ! Mais ça va pas ?!
- De retour parmi nous Hilde ?
Elle regarda avec étonnement la jeune femme qui lui souriait. Sally lui prit le dessin des mains.
- Tu sais quelque chose sur cet autre Duo ?
Wu Fei s'approcha d'elles pendant que l'Allemande essayait d'éviter le regard de Sally.
- Il avait un jumeau ?
Elle baissa encore plus la tête.
- Je regrette… Je ne peux rien vous dire.
- … Quoi ?
Quatre s'approcha à son tour de la jeune fille.
- Pourquoi tu ne pourrais rien nous dire Hilde ?
Elle se crispa, baissant un peu plus la tête.
- Je l'ai promis à Duo. Je lui ai juré.
Les trois autres se regardèrent sans savoir trop quoi ajouter. Trowa quitta le mur où il s'adossait pour s'approcher également. Ils étaient à présent tous au centre de la pièce, seul Heero restait à un peu à l'écart tandis que Duo assit non loin de lui dessinait sans faire attention à ce qui se passait autour de lui.
- Tu ne penses pas que ça pourrait nous aider à comprendre pourquoi Duo est dans cet état ?
Elle jeta un regard étonné au Français mais secoua la tête.
- Le docteur Banner est au courrant. C'est suffisant pour diagnostiquer si ça a un lien avec son état non ?
- Je suis moi aussi médecin Hilde. Si jamais ça peut nous aider à comprendre quelque chose à l'état de Duo, deux avis vaudraient sûrement mieux qu'un seul.
La jeune fille jeta un coup d'œil hésitant à Sally.
- Mais…
- Et puis même nous. Ca pourrait nous aider de savoir. Depuis qu'on est avec lui, Duo sort peu à peu de son autisme, alors plus on en saura plus on pourra l'aider.
Quatre la fixait les sourcils légèrement froncés.
- Oui mais… C'est compliqué Quatre…
- En quoi c'est compliqué ? Tu as juste à nous le dire.
- Et rompre la seule promesse importante que je lui ai jamais faite ? Excuse-moi mais j'ai des réticences…
Elle roula des yeux, les sourcils froncés.
- Bon, Hilde… On peut pas te forcer à nous le dire. D'un côté c'est normal que tu veuilles garder intacte cette promesse. Mais…
Sally laissa passer quelques secondes, fixant l'Allemande d'un air grave.
- Mais réfléchis-y bien. Essaye de prendre du recul. Est-ce que ça en vaut la peine ? Est-ce que ça vaut le coup de garder à tout prix ce secret ? Alors que ça pourrait nous aider nous à mieux le cerner ? Alors qu'on pourrait peut-être faire des rapports entre certaines choses que le docteur Baker ne pourrait pas faire ? Alors… Qu'on ne sait même pas si Duo est encore vivant ?
Hilde la regarda en fronçant les sourcils. Elle se mordit la lèvre inférieure en baissant la tête. Elle ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, mais aucun son n'en sortit et elle finit par la refermer. Elle passa nerveusement la main dans ses cheveux.
- Je… Je sais pas…
Sa main se crispa sur une touffe de cheveux. Elle fronça un peu plus les sourcils et ferma les yeux un moment avant de les rouvrir. Elle passa la langue sur ses lèvres, inspira profondément et soupira bruyamment. Elle secoua la tête, la baissant un peu plus et posa ses mains sur ses hanches. Ses épaules se soulevèrent lentement et s'affaissèrent.
- Duo est… Enfin… Il était schizophrène.
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Un silence suivit ses mots. Long ou pas, suivant les occupants de la pièce le jugement était différent. Hilde le trouvait interminable et était certaine qu'il durait depuis au moins plusieurs minutes. Les cinq autres digéraient lentement l'information et n'auraient pas donné plus de trente secondes à ce silence. Duo lui ne semblait même pas l'avoir remarqué et continuait à dessiner à coup de grands traits de crayon nerveux.
Quatre finit par ouvrir la bouche.
- Schizophrène… Tu veux dire… Il était…
Il faisait des gestes vagues avec ses mains pour réussir à trouver ses mots.
- Il était atteint d'un dédoublement de personnalité… Enfin atteint… Je ne suis pas sûre que ce soit le terme à employer…
Wu Fei jeta un œil sur le dessin.
- C'est ça alors ? Une sorte de jumeau maléfique ?
- Je ne pense pas que ce soit aussi simple Wu Fei…
Sally fit quelques pas de long en large, les bras croisés.
- La schizophrénie ce n'est pas une mauvaise partie qui apparaît comme ça. Il n'y a pas de cas précis… Il peut effectivement s'agir d'une autre personnalité sans rapport avec la première qui se forme, mais il y a bien d'autres possibilités… Parfois il s'agit juste de voix qu'on entend, des personnes qu'on pense voir alors qu'en fait elles n'existent que dans ta psyché. Il peut aussi s'agir d'un radical changement de comportement, sans qu'on ait conscience qu'il s'agisse de schizophrénie. Ou alors il peut y avoir une rupture totale de l'être en deux personnes sans qu'aucune n'ait vraiment de rapport avec la personnalité première… Il est aussi possible qu'aucune des personnalités n'ait conscience de l'existence de l'autre. Ils ont juste des trous de mémoire.
Elle secoua la tête.
- Parler de jumeau maléfique est très caricatural…
La jeune femme se tourna vers Hilde.
- C'est à cause de la guerre qu'il… ?
- Non. Enfin je ne suis pas sûre mais… J'ai cru comprendre que ça remontait à plus loin.
Un court silence s'installa. L'Allemande les regarda à tour de rôle avec une certaine anxiété.
- Est-ce que c'est possible… Qu'on l'ait déjà rencontré… Sans le savoir ?
La brunette regarda Heero légèrement étonnée. Pas tant par la question, mais plutôt par le questionneur.
- Je ne sais pas… C'est possible oui…
Elle fronça légèrement les sourcils en réfléchissant.
- Si je me souviens bien… Cette deuxième personnalité avait plutôt tendance à ressortir dans les moments de stress, d'angoisse ou de nervosité… Alors compte-tenu du contexte dans lequel vous étiez ensemble, c'est possible que vous l'ayez côtoyé sans le savoir. Encore que…
Ses lèvres se tordirent en une grimace.
- Il a une présence suffisamment marquante pour que ce soit étonnant que vous n'ayez rien remarqué... Mais après tout, vu le contexte dans lequel vous étiez ça pouvait très bien passer pour une crise de nerf…
- Et toi ? Comment tu l'as su ? Il te l'a dit ?
Hilde essaya d'ignorer la désagréable impression de subir un interrogatoire de la part du Japonais.
- Pas vraiment non… Disons que c'est arrivé un peu par accident.
Elle passa la main dans ses cheveux.
- C'était au moment où on travaillait à la décharge tous les deux. Il y cherchait des pièces pour réparer son gundam et ça prenait plus de temps que ce qu'il avait dû penser. Ca plus l'inactivité, voir les choses bouger au niveau de OZ sans pouvoir rien faire… Ca devait un peu stresser Duo mais je pense que lui, ça l'a encore plus mit sur les nerfs. Et…
Elle haussa les épaules avec un petit sourire.
- Et je suis arrivée au mauvais moment… Donc j'ai limite servi de défouloir, le temps que l'autre se calme et qu'il laisse la place à Duo.
Son sourire se fit un peu plus grand.
- Mais vu que, même de la part de Duo, j'avais aucune raison de laisser passer ça, c'est pas resté sans réponse. Au final j'ai réussi à lui arracher une explication et… Voilà…
Sally haussa les sourcils.
- Et ben dis donc… Il m'a pas l'air triste ce type là…
- Hof… Ils ne sont pas si différents… De toute manière ils étaient une seule et même personne avant la scission, donc on peut leur trouver des points communs. Disons juste que… Duo a un caractère assez fort… Et ben lui c'est pareil sauf qu'il est moins facile à vivre.
Elle secoua la tête, son sourire toujours accroché aux lèvres.
- Mais bon, ce n'est pas un si mauvais bougre… Enfin à en croire Duo. Moi je ne l'ai pas si souvent vu que ça. Trois ou quatre fois au maximum. Je pense qu'il s'agit de quelqu'un de très asocial et qui se sent mal à l'aise avec des gens qui connaissent son autre lui. C'est assez compréhensible au final… J'imagine ce que ça doit être de se trouver avec des gens qui pensent vous connaître alors qu'en fait…
Elle passa la main dans ses cheveux en soupirant. Un silence suivit son soupir, pendant lequel ils semblèrent tous se plonger dans leurs pensées.
- Et ben… Tu parles d'un truc à avaler…
Hilde se tourna vers Quatre. Il fixait la moquette de la chambre avec un petit sourire qui sonnait faux. La jeune fille essaya comme elle put de répondre à ce sourire.
- Hm… J'ai limite envie de vous dire « Vous l'avez voulu, vous l'avez eu »… Mais bon, c'est pas comme si je l'avais digéré en deux coups de cuillère à pot moi, alors…
- Ah ouais ?
Le blond avait quelque chose qui ressemblait à de l'espoir dans la voix.
- En fait, j'ai eu la chance d'avoir deux jours de repos après qu'il m'ait dit ça, donc j'ai pu prendre mon temps pour tout assimiler avant de le revoir.
Tout en parlant, Hilde regardait avec attention un crayon qu'elle faisait rouler entre ses pieds.
- Ben, c'est pas comme si c'était quelque chose de banal avec lequel on sait comment faire. On apprend sur le tas à gérer la situation. Mais… Mais ça se fait. Et puis…
Le regard de la jeune fille était un peu trop brillant pour ne pas être suspect lorsqu'elle releva la tête.
- Et puis il ne change pas. C'est toujours Duo.
Son ton se voulait affirmatif, mais une pointe d'interrogation semblait pourtant percer. Elle s'était remise à sourire mais les coins de sa bouche tremblaient légèrement. Sally s'approcha et posa la main sur son épaule.
- Bien sûr Hilde, bien sûr…
Wu Fei qui n'avait rien dit depuis plusieurs minutes secoua alors la tête.
- C'est bizarre de parler de deux personnes alors qu'elles vivent dans le même corps.
Hilde hocha la tête sur le côté pour toute réponse alors que le Chinois semblait repartir dans ses réflexions. Elle remarqua alors que Sally semblait elle aussi plongée dans ses pensées, à ceci près qu'elle fronçait obstinément les sourcils.
- Il y a un problème Sally ?
La jeune femme laissa passer quelques secondes avant de répondre.
- Non, ce n'est rien c'est… On pensait que la personnalité première de Duo avait été détruite suite à un choc, je me disais que… Il était possible que les deux personnalités aient essayé de faire un à nouveau et que ce soit mal passé…
Trowa fronça les sourcils.
- C'est possible comme cas ?
- Normalement non. Une fois que la scission a eu lieu les deux personnalités ne feront plus jamais un mais…
Quatre se leva et s'approcha d'elle.
- Tu penses que suite à cette tentatives il soit devenu comme ça ?
- Je ne sais pas… Je ne sais même pas si ce genre de tentative est envisageable pour deux esprits… Ca signifie qu'ils disparaîtraient tous les deux pour un troisième…
Trowa s'approcha à son tour.
- C'est assez défaitiste comme point de vue.
- Je ne fais que des suppositions.
- Sinon, en changeant totalement de piste, on pourrait penser que seulement une de leur personnalité a été détruite et donc… S'il sort de cet autisme soit on se retrouvera face à Duo, soit on se retrouvera face à… L'autre.
- Oui mais normalement sans l'autre personnalité il n'y a pas d'équilibre. Dans ce cas-là si une des deux personnalités a effectivement disparu ça pourrait être justement la cause de cet autisme.
Hilde se sentant un peu dépassée par la discussion et n'ayant pas vraiment envie d'y participer, elle laissa sur regard dévier jusqu'à Duo. Celui-ci dessinait de façon frénétique sur sa feuille. Elle s'approcha lentement de lui, laissant les quatre autres à leur discussion plus qu'animée. Elle s'arrêta quand elle ne fût plus qu'à quelques mètres de lui. Le natté releva alors la tête et s'aperçut qu'elle le regardait. Il arracha alors sa feuille et recommença un autre dessin, de façon plus appliquée cette fois. Au bout de quelques minutes, il se redressa et alla la rejoindre, en se déplaçant sur les genoux. Il s'assit au pied du lit et lui donna son bloc.
- C'est pour moi ? C'est gentil Duo.
Elle s'assit à son tour sur le sol, à côté de lui et regarda le dessin. Il y avait sur la feuille une grosse cerise et un petit dragon. La brunette le regarda un moment en fronçant les sourcils puis elle se tourna vers le natté.
- Qu'est-ce que c'est ?
Il tapota d'un geste brusque la feuille de dessin puis tapa ensuite sur la poitrine de la jeune fille. Elle se massa le sternum en se retenant de grimacer et regarda à nouveau le dessin, essayant de comprendre. Il y avait donc… Une cerise, oui c'était certain qu'il s'agissait d'une cerise. Un dragon, pas de doute là dessus non plus. Et… Elle ou bien sa poitrine, à voir…
- Je suis désolé je ne comprends pas Duo…
Il tapa à nouveau la feuille et secoua la brunette par les épaules. Elle regarda une dernière fois le dessin puis secoua la tête.
- Je ne comprends pas ce que tu veux me dire…
Comme pour se faire pardonner elle passa la main dans les cheveux du châtain. Celui-ci sembla aussitôt se désintéresser du dessin pour profiter de la caresse. Il se laissa faire un moment puis il plongea sur la jeune fille et enserra sa taille, appuyant sa tête contre son ventre. Hilde fut d'abord surprise puis elle se mit à rire et elle continua de passer sa main dans ses cheveux. Elle l'observa avec un sourire tandis qu'il fermait à moitié les yeux.
Tu n'en parleras à personne ?
Son sourire se crispa légèrement.
Tu le jures ?
Puis il se fana peu à peu.
Tu comprends maintenant pourquoi je préfère ne pas en parler… C'est quand même pas vraiment quelque chose de banal ou contre lequel on pourrait faire quelque chose… Et puis ça fait de moi quelqu'un de pas vraiment fiable, tu l'as bien vu tout à l'heure…
Elle continua à passer la main dans les cheveux du natté mais plutôt pour continuer de faire quelque chose. Son sourire avait complètement disparu.
C'est pour ça que tu ne dois jamais en parler Hilde. Jamais ! Parce que franchement, je vois pas comment les gens pourraient… S'il te plait Hilde, n'en parle jamais à personne !
Elle serra les dents.
Même s'il s'agit de gens que je connais, même si ce sont des amis à moi. Peu de gens pourront faire avec une telle chose et de toute manière je ne vois pas ce que ça apporterait à une relation. Seul moi peux prendre la décision de le dire Hilde, d'accord ? Alors s'il te plait…
Elle sentit les larmes monter à ses yeux.
S'il te plait…
Sa main se crispa dans les cheveux du natté.
N'en parle jamais à personne Hilde…
- Mais non Quatre, je ne dis pas que Duo a complètement disparu, mais j'essaye de garder en tête que c'est une possibilité.
Tu me le jures hein ?
Les larmes encombrèrent peu à peu ses cils avant de se mettre à rouler sur ses joues. Elle essayait de respirer calmement. Il fallait qu'elle se calme, n'est-ce pas ? Parce qu'il n'y avait pas vraiment de raison de pleurer hein ? Oui elle leur avait dit, mais c'était pour aider Duo. Oui elle avait rompu la seule véritable promesse qu'elle lui ait jamais faite, mais c'était pour son bien. Oui elle n'était pas sûre que Duo soit encore en vie de toute façon, mais même si c'était le cas… Même si c'était le cas… Et bien…
Les larmes roulèrent un peu plus vite sur ses joues.
Duo choisit ce moment là pour se relever et la regarder. Elle le saisit et le serra dans ses bras.
- Pardon… J'avais juré Duo, je sais… Excuse-moi … Je sais que c'était une des rares promesses que tu voulais vraiment que je tienne… Je suis désolée… Vraiment désolée…
Si le châtain se laissa faire au début, il se mit au bout d'un moment à se débattre. Hilde resserra instinctivement sa prise et il ne se débattit que plus. Quand il réussit à lui échapper, l'Allemande releva enfin la tête et croisa son regard à la fois ahuri et affolé. Il s'éloigna rapidement d'elle pour aller dans un autre coin de la pièce. La jeune fille ramena ses jambes contre sa poitrine et cala sa tête entre ses genoux. Elle n'entendait pas ce qui se disait autour d'elle. Elle ne savait pas ce que les autres faisaient. Les seules choses dont elle avait conscience étaient les larmes qui coulaient sur son visage et les sanglots qui soulevaient son corps de temps en temps. Elle sentit alors des bras l'enlacer.
- Sortez. Et emmenez Duo aussi.
Elle continua à garder la tête obstinément calée entre ses genoux et sa poitrine. Elle entendit des bruit de pas, quelques phrases et puis la porte se referma. Les bras qui l'avaient enlacés précédemment se replacèrent maladroitement sur ses épaules. Elle fut guidée lentement vers un torse contre lequel elle se remit à pleurer. Elle resta longuement dans cette position, se contentant de sangloter. Evacuant tout ce qui s'était accumulé ces derniers temps.
Elle pleurait sur Duo, elle pleurait sur ce qu'il était devenu, elle pleurait sur la promesse qu'elle avait rompue, elle pleurait sur la situation qui malgré les sourires de chacun était très tendue et n'avançait pas tant que ça, elle pleurait sur sa vie aussi, elle pouvait bien le faire de temps en temps…
Et puis petit à petit les larmes se tarirent. Les sanglots cessèrent de la secouer. Les gémissements s'arrêtèrent. Elle resta pourtant encore un long moment dans cette position. Et puis, elle finit par relever la tête. Son regard se posa un instant sur les deux yeux noirs qui la fixaient puis elle se détourna.
- Ca va mieux ?
- Ou…. Oui.
Sa voix était rauque et éraillée. Elle ne pensait pas qu'elle en était rendue à ce point là.
- Bon…
Un silence pesant s'installa.
- Et… Tu nous as fait quoi là au juste ?
Les yeux de la brunette s'écarquillèrent.
- Un numéro de maracas. Pourquoi, ça se voyait pas ?
Le Chinois leva les yeux au plafond.
- Pourquoi tu t'es remise à pleurer ? Avec tout ce que tu as écoulé aujourd'hui je ne pensais pas que ça serait possible…
- Excuse-moi d'avoir des glandes lacrymales productives…
Elle le regarda d'un air dégoûté et commença à se relever. Il la rattrapa par le bras et la fit rasseoir.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Mais rien, c'est juste que…
Elle baissa les yeux, ses yeux recommençaient à se mouiller.
- J'avais promis à Duo de ne jamais en parler. Je lui avais juré de ne jamais le dire à quiconque. Cette promesse était très importante pour lui et…
Sa gorge se contracta, l'empêchant de finir sa phrase.
- Mais grâce à ce que tu nous as dis, on réussira peut-être à trouver comment le guérir plus vite alors…
- Tu parles ! C'est même pas sûr qu'il existe encore !
Wu Fei posa sa main sur la joue de la jeune fille, lui faisant lever la tête.
- Ne dis pas ça…
Leurs fronts se touchaient. Leurs nez se frôlaient. Les yeux de l'un étaient plantés dans ceux de l'autre. Hilde finit par baisser le regard. Wu Fei déglutit difficilement, il bougea sa main, caressant la joue de la jeune fille et effaça une larme. Il avança un peu la main vers le bas de son visage pour lui faire lever le visage. Son regard remonta en même temps que son visage et elle le fixa à nouveau. Ils se regardèrent un moment, sans ciller, sans que leurs yeux ne tressautent. Et puis il finit par s'avancer un peu en inclinant le visage. Leurs yeux se quittèrent mais ils restèrent ouverts quand leurs lèvres se rencontrèrent.
Le premier baiser fut léger. Un simple contact mouillé. Le deuxième eut un peu plus de vivacité. Au troisième l'Allemande prit les choses en main et introduisit un petit bout de langue entre les lèvres du brun. Les baisers suivants furent de plus profonds, de plus en plus mouvementés. Jusqu'au moment où Hilde s'éloigna brusquement.
- Non ! Il ne faut pas !
Wu Fei, le souffle légèrement court, la regarda d'un air ahuri.
- Oui… Tu as raison…
A peine avait-il prononcé ces mots qu'il se demandait en quoi au juste elle avait raison. Il fronça les sourcils.
- Pourquoi il ne faut pas ?
- Mais enfin parce que !
Ah ben oui, forcément, avec de tels arguments…
La jeune fille se releva et traversa la chambre jusqu'à la fenêtre, comme si contempler le paysage changerait quelque chose à la situation. Le Chinois prit le temps de dépasser son étonnement avant de se lever à son tour et de la rejoindre. Il sembla hésiter, ferma les yeux comme pour se donner un peu de courage et il posa la main sur l'épaule de la jeune fille.
- Arrête. Il ne faut pas que…
Il passa son autre main sur son ventre et enserra sa taille.
- Pourquoi ?
Elle baissa la tête sans répondre. Il la serra un peu plus contre lui.
- Pourquoi il ne faudrait pas ?
- Parce que tu es en deuil ! Voilà pourquoi !
Il fut tellement surpris par les mots de l'Allemande qu'il relâcha sa prise un instant. Elle en profita pour se dégager et s'éloigner de lui. Il se tourna lentement vers elle.
- Comment… Comment sais-tu que je suis en deuil ?
Elle désigna du doigt sa chemise blanche.
- Ecoute Wu Fei, si tu te croyais discret avec ta tenue blanche pendant la guerre, autant te le dire c'était raté. Et même maintenant tu portes toujours au moins un truc blanc.
- Je vois… Mais qu'est-ce que ça a à voir avec…
Elle parut surprise et fronça les sourcils
- Ben… Tu portes le deuil de ta femme non ?
Wu Fei eut un moment d'arrêt, puis son regard se durcit et son corps se tendit.
- Comment sais-tu que j'ai été marié ? Aux dernières nouvelles ce n'est pas écrit sur mes vêtements blancs.
La jeune fille parut mal à l'aise. Elle évita le regard du Chinois.
- Non c'est pas… Uh… C'est Sally qui me l'avait dit il y a longtemps…
Il fronça les sourcils et soupira d'agacement.
- Bon, j'aurais au moins appris que Sally n'était pas digne de confiance…
- Roh mais arrête un peu… C'est moi qui l'ai questionnée !
- Et de quel droit est-ce que tu enquêtes sur la vie de gens ?
Elle écarquilla les yeux.
- Quoi ? Mais…
Elle secoua la tête et s'éloigna de la fenêtre, agacée.
- Je n'ai pas enquêté sur ta vie, je voulais juste en savoir un peu plus sur toi à cette époque.
- Et pourquoi cela ?
La brunette le regarda bouche pincée.
- Pourquoi ? Parce que je voulais savoir si j'avais une chance ou pas.
Elle le regarda d'un œil noir.
- Et si ça peut te rassurer, j'ai laissé tomber dès que j'ai su pour ta femme. Voilà, tu es content ?
Elle se retourna aussi sec et s'apprêtait à sortir de la pièce quand elle fut retenue par le bras. Sans le regarder, elle essaya de se dégager mais il resserra davantage sa prise. Comme elle résistait toujours, il finit par la pousser vers le lit.
- Vous êtes vraiment toutes les mêmes ! Si vous avez le malheur d'avoir un fort caractère c'est impossible de vous faire entendre raison ! Toi, Sally, elle… Mais je regrette ça ne se passera pas comme ça cette fois-ci ! Alors maintenant tu t'assois et tu m'écoutes !
Hilde continua de le défier du regard un moment puis elle finit par s'asseoir sur le lit, son regard restant toujours aussi noir.
- Bon, alors vas-y… Je t'écoute.
Wu Fei resta debout à la regarder, le souffle rendu court pas sa colère. Il finit par prendre une grande inspiration et alla s'asseoir à côté de la jeune fille.
- Alors…Rentre bien une fois pour toute dans ta petite tête…
- Comment tu me parles…
- Si tu allais questionner les gens directement aussi au lieu d'interroger les gens…
Hilde grinça des dents
- Bref…
- Schbeicker, je ne porte pas le deuil de ma femme. Je ne porte pas le deuil d'un mari pour sa femme.
L'Allemande lui jeta un regard interrogateur.
- C'était pas ta femme ?
- Théoriquement si… Mais franchement… On nous a marié à quatorze ans, même si on avait eu des sentiments l'un pour l'autre, ça pouvait pas être ceux de mariés. La seule chose qu'on avait en commun c'était l'esprit de compétition et on carburait à la contradiction. Pas vraiment la vie de couple rêvée. Pour autant que tu rêves de couple à cet âge là…
Il resta silencieux un moment. Le regard de la brunette était devenu un peu moins sombre.
- Elle est morte pendant une attaqua d'OZ…
- Hm, Sally m'a raconté…
- Bon…
Il se tut un moment. Hilde regardait fixement ses pieds, mal à l'aise à l'idée de lui avoir fait ressasser ces mauvais souvenirs.
- Je n'étais pas vraiment amoureux d'elle, mais elle était ma femme et… Même à notre âge on savait que ça nous entraînait dans une relation spéciale… Elle était importante pour moi.
Il inspira profondément.
- Alors oui, son deuil était très présent pour moi pendant toute la guerre. Je pensais pouvoir la venger ou au moins trouver une façon de porter mon deuil, mais je n'ai pas réussi. La guerre n'est pas une façon de faire son deuil… Je n'ai réussi à le faire que plusieurs années après.
Elle lui jeta un coup d'œil.
- Pourtant tu continue à porter la plupart du temps au moins un vêtement blanc.
Il ne répondit pas immédiatement et regarda sa chemise en effleurant le tissu blanc.
- C'est vrai… Mais ce n'est plus vraiment en signe de deuil. C'est pour garder une pensée pour elle, parce qu'elle a eu de l'importance dans ma vie, dans mes choix…
Il se tourna vers elle.
- Mais je ne pense pas l'avoir aimé. Pas comme on aime une femme.
Hilde lui jeta un regard en coin puis elle haussa les épaules.
- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse de toute façon…
Wu Fei fut complètement coupé dans son élan. Il regarda la jeune fille les yeux exorbités tandis qu'il sentit un léger agacement monter en lui. Elle se foutait de sa gueule ou quoi ? Il allait s'énerver. Il essayerait de se calmer, vraiment. Mais il sentait qu'il allait s'énerver.
Il aperçut alors une légère rougeur sur la joue de la brunette. Enfin sur ce qu'il pouvait voir de sa joue, étant donné qu'elle gardait la tête obstinément tournée. Sa colère retomba immédiatement. Son regard se porta alors sur la nuque découverte de la jeune fille. Il l'observa un moment puis il se pencha et embrassa la peau blanche. Hilde se tendit alors que ses joues devenaient un peu plus rouges mais elle ne fit aucun mouvement pour le repousser.
Wu Fei continua d'embrasser sa peau et se dirigea lentement vers son cou. Il remonta vers sa tempe et s'approcha de son oreille.
- Et si tu veux vraiment tout savoir… Si le blanc est synonyme de deuil dans ma culture, le rouge lui signifie le bonheur et…
Ses joues rougirent un peu.
- Et le slip que je porte aujourd'hui est rouge…
Hilde commença par écarquiller les yeux, puis un grand sourire étira ses lèvres et elle finit par éclater de rire. Puis elle se tourna vers le jeune homme passa les bras autour de son cou en souriant. Wu Fei qui avait toujours les joues un peu rouges enserra sa taille et l'embrassa.
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Duo avait recommencé à dessiner, installé dans le salon. A quelques mètres de lui, Heero l'observait, assis dans le canapé. Il repassait dans sa tête tous les souvenirs qu'il avait du natté, essayant de deviner s'il avait déjà vu son autre personnalité. Sans succès… Assez difficile de savoir quand on ne connaissait pas cette autre personnalité. Il avait vu quelques fois Duo s'énerver, mais de là à savoir si il s'agissait de Duo ou de…
Il soupira.
Le châtain se rapprocha alors de lui et alla s'installer entre ses jambes. Heero continua de l'observer avec attention sans toutefois le regarder vraiment. Duo s'arrêta alors, il jeta un coup d'œil au brun, puis il appuya sa tête contre sa jambe en regardant le plafond. Heero observa alors son visage. Il n'avait pas bien suivit les hypothèses qu'avaient lancées Quatre et Sally, il lui semblait qu'ils avaient parlé de destruction de l'un ou l'autre des personnalités et de la réunion des deux parties après la scission. Alors… Est-ce que le Duo qu'il avait connu était quelque part dans ce corps ou bien…
- « Somewhere beyond the sea
Somewhere waitin' for me
My
lover stands on golden sand… »
Il attrapa d'un geste distrait la télécommande et éteignit la chaîne hi-fi sans prêter plus d'attention à la chanson. Le seul bruit qui resta à résonner dans la pièce fut alors le bruit d'un crayon qu'on pressait de façon exagérée mais régulière sur une feuille de papier. Heero regarda à nouveau Duo toujours adossé à l'une de ses jambes. Les doigts de sa main gauche étaient crispé dans une position étranges et bougeaient parfois mais tout en restant très tendus. Sa main droite semblait être parcourue de spasmes et comme il tenait toujours le crayon, il grinçait sourdement sur le papier à chaque convulsion.
- Duo ?
Il se pencha vers le natté. Celui-ci fixait toujours le plafond d'un œil vitreux mais… Mais il y avait autre chose aussi dans ce regard. Heero ne savait pas exactement ce que c'était, mais l'éclat qu'il y avait au fond de ces deux yeux violets l'obnubila un moment. Il était pratiquement sûr qu'il ne s'agissait que d'un simple détail dû aux médicaments qu'il n'avait tout simplement pas remarqué mais… Mais quelque chose en lui s'obstinait à tirer le signal d'alarme. Et il put alors bénéficier de la sensation ô combien désagréable d'avoir l'impression de rater quelque chose d'important. Il finit par poser la main sur la tête du châtain.
- Hey…
Duo décrocha alors son regard du plafond et le baissa doucement vers Heero. Sa main droite lâcha alors le crayon qu'il tenait. Il la leva vers le visage du brun mais s'arrêta en chemin, parcourut d'un spasme. Il s'accrocha alors compulsivement au t-shirt du jeune homme. Heero fronça les sourcils, ne comprenant pas bien ce qui se passait. Le natté semblait fixer sa main d'un air étonné. Il baissa alors la tête, appuyant son front sur le poing qui tenait le vêtement du brun. Celui-ci ne savait pas très bien comment réagir.
Le poing de Duo se crispait de plus en plus sur le tissu. Son corps semblait entièrement tendu et était parfois parcouru de convulsions. Heero eut un moment d'arrêt, était-il en train de faire une crise ? Ca ne ressemblait pas à toutes celles qu'ils avaient déjà vu mais… Mais après tout ils n'en avaient pas tant vu que ça…
Ca lui semblait tout de même assez étrange comme crise.
La porte du salon fut alors ouverte assez brutalement et Mitsumi entra, essoufflée.
- Ah, il est là… Ca doit faire dix minutes que je le cherche…
Elle reprit son souffle et s'approcha, sortant d'une poche de sa blouse une seringue et un flacon.
- Je suis vraiment désolée, ça devrait faire au moins deux heures que j'aurais dû lui faire son injection. Il n'a pas fait de crise au moins ?
Heero regarda Duo, toujours accroché à son t-shirt et qui gardait la tête baissée.
- Je… ne sais pas.
Elle fronça les sourcils en s'arrêtant devant eux.
- Hum… J'ai l'impression que j'arrive à temps, il n'aurait peut-être pas tardé à en faire une.
Elle aspira du produit avec la seringue et s'agenouilla à côté de Duo. Elle attrapa son bras gauche puisque le droit était toujours accroché au t-shirt de Heero, sortit un morceau de coton et une pipette d'alcool et désinfecta la peau qui allait subir la piqûre. Elle avait à peine enlevé le coton et approché l'aiguille que Duo retira violemment son bras. La jeune femme le regarda d'un air surpris puis reprit son bras. Il se dégagea encore une fois et garda son bras serré contre son torse, tirant un peu plus sur le t-shirt du brun. Mitsumi soupira et se tourna vers Heero.
- Il a l'air de nous faire un caprice… Vous ne voudriez pas le tenir pendant que je fais la piqûre ?
Ils se mirent à deux pour essayer de lui faire lâcher le vêtement mais n'y réussirent pas. Finalement Heero décida de maintenir son torse de la main gauche pour le tourner vers lui et de tenir son bras gauche de la main droite pour être sûr qu'il ne le retirerait pas. Duo ne se débattit pas quand l'aiguille pénétra sa peau mais il releva légèrement la tête. Heero se pencha sur le côté pour pouvoir le regarder. Le regard du châtain était toujours aussi vitreux mais ses sourcils étaient froncés. Le brun se pencha un peu plus, quelque chose dans ce regard l'intriguait. Il ressemblait à celui qu'il avait précédemment mais… Il y avait autre chose aussi. Il s'approcha un peu plus pour voir mieux. Ca ressemblait à… De la volonté. Oui, c'était ça. Son regard avait quelque chose de décidé et… Et Heero ne comprenait rien à ce que ça pouvait bien signifier.
- Voilà, c'est fini. Tu vois bien que ça n'était pas si terrible Duo.
Le natté avait de nouveau baissé la tête et Heero s'était redressé. Mais ce regard continuait de l'intriguer. A bien y réfléchir il ne se souvenait pas l'avoir vu avec un regard décidé. Avec un regard apeuré oui, contrarié aussi, intéressé souvent, mais décidé… Et puis d'ailleurs, décidé à quoi ? Quelle sorte de volonté pouvait avoir un autiste qui restait la plupart du temps en pleine léthargie ?
Non décidément, Heero ne comprenait pas.
- Je pense que ça serait mieux s'il allait se coucher. L'injection va l'assommer et il va sûrement s'endormir d'ici peu.
Heero se contenta d'acquiescer. Mitsumi se releva et rangea la seringue, le coton et les flacons dans les poches de sa blouse.
- Dites-moi…
Elle se retourna et jeta un regard interrogatif au Japonais.
- Vous ne le trouvez pas un peu… Changé ?
- Qu'est-ce que vous entendez par-là ?
- Il…
Le brun fit un geste vague de la main.
- Je me fais peut-être des idées mais j'ai eu l'impression que son regard…
La jeune femme s'approcha à nouveau d'eux, passa la main dans les cheveux du natté et lui releva la tête. Le regard du châtain était vitreux et inexpressif. Elle posa sa main sur la joue du jeune homme pour maintenir sa tête et l'observa un moment puis secoua la tête.
- Je ne vois rien de nouveau.
- J'ai dû me tromper…
Elle attrapa la main droite de Duo qui se détacha du t-shirt du brun avec une facilité déconcertante. Elle le prit par les épaules et le releva. L'Américain se laissa faire comme un pantin.
- Je vais aller le coucher, le médicament semble l'avoir déjà bien abruti.
La jeune femme sortit de la pièce, en guidant Duo et le soutenant au besoin. Ils mirent plusieurs minutes pour arriver jusqu'à la chambre du natté.
Mitsumi l'allongea sur le lit et referma la porte. Elle recouvrit machinalement le châtain de sa couette et commença à le border. Elle sentit alors quelque chose entre l'alèse et le matelas. La jeune femme fronça les sourcils et glissa sa main sous l'alèse, en ressortant une feuille de papier pliée en quatre. Elle se releva et l'ouvrit. Les coups de crayons avaient été brusques et grossiers mais on pouvait assez aisément distinguer ce qui était représenté sur le dessin. Une cage aux gros barreaux avec une serrure impressionnante retenait prisonniers deux personnes. L'une n'avait pas de visage et l'autre avait seulement deux point violets à hauteur des yeux. Ils avaient tous les deux trois traits qui partait de la base du crâne et se croisaient de façon confuse jusque dans le bas de leur dos. A l'extérieur de la cage se trouvait une troisième personne. Une femme dessinée très sommairement. Elle avait des cheveux longs, une grosse robe d'un ancien temps qui cachait ses jambes et une couronne en créneaux sur la tête. Son visage n'avait pas été dessiné, seul trait saccadé voulant sûrement représenter un grand sourire s'y trouvait. Le seul autre détail était une grosse clef qu'elle tenait à la main.
Mitsumi pinça les lèvres et jeta un coup d'œil à Duo. Celui-ci fixait le plafond d'un œil torve. Elle sera les dents et déchira le dessin en minuscules bouts de papiers qu'elle mit dans sa poche. Puis elle se dirigea vers la commode et prit la seringue et le flacon.
- Les dessins que tu fais deviennent dangereux Duo, je pense que je vais augmenter la dose des injections.
La seringue se remplissait peu à peu de produit.
- D'autant que ça m'étonne, ton coup de crayon a toujours été exceptionnellement bon, mais là il est franchement ridicule. Je dois dire que ça m'inquiète un peu…
Elle tapa dans la seringue pour faire remonter les bulles d'air.
- Si c'était ton état qui te faisait dessiner aussi bien je n'ose pas imaginer ce qui est en train de se passer.
Elle se tourna vers lui en souriant.
- Tu comprends bien que ce n'est pas contre toi au moins. Mais tu sais… J'avais besoin de cet argent à l'époque et… Et maintenant encore plus donc…
Elle s'assit sur le lit et désinfecta son bras avec un coton.
- En plus, si jamais on découvre que je suis liée à tout ça, je pourrais peut-être me retrouver en prison…
L'aiguille s'enfonça dans la peau du jeune homme.
- En plus… Si elle, elle m'a demandé de faire ça, je suppose que c'est pour une bonne raison. C'est une femme qui en a fait tellement pour la paix entre la Terre et les colonies qu'elle ne ferait jamais une chose pareille si ce n'était pas justifié.
Elle retira la seringue et posa un morceau de coton sur le bras du natté.
- Si ça se trouve tu es un infâme criminel ou bien tu as fait des choses horribles mais pour une raison ou une autre elle ne veut pas te tuer ni te mettre en prison… Les gens bien ont aussi leurs secrets de polichinelle.
Elle se releva.
- Enfin, je ne le saurais sûrement jamais… Mais si tu veux mon avis, tu ferais bien de rester ici…
Elle tapota la tête du châtain.
- Vivre dans son petit monde doit sûrement être plus agréable que de vivre dans celui-ci.
Elle reprit sa seringue et son flacon et se dirigea vers la porte.
- Bonne nuit à toi Duo. Reste plongé dans ton autisme, ça sera mieux pour le monde.
Elle sortit en refermant doucement la porte. Le châtain qui avait gardé les yeux fixés sur le plafond d'un air absent pendant tout le discours de la jeune femme ferma lentement les yeux. Petit à petit, ses sourcils se crispèrent jusqu'à se froncer. Il resta quelques minutes comme ça puis rouvrit les yeux. Son regard n'était plus vitreux ni absent mais noir et rempli d'une rage profonde. L'index de sa main droite se crispa légèrement sur la housse de coton. Puis le majeur se crispa à son tour, suivit de tous les autres doigts. Il les remua un moment de façon tendue et brusque. Il essaya aussi de bouger le bras entier mais celui-ci semblait bien plus raide. Il se tourna alors légèrement pour s'appuyer sur son épaule. Mais la position était trop instable, en perdant l'équilibre il roula sur le matelas et tomba lourdement sur le sol. Il heurta au passage la petite table de chevet qui se trouvait près de son lit et fit tomber ce qui se trouvait dessus. Le pied de la lampe de chevet était fait de porcelaine et il se brisa en tombant. Le natté resta un moment sans bouger puis il bougea son bras droit et s'appuya dessus, y enfonçant des morceaux de porcelaine au passage. Il redressa alors la tête, la mâchoire encore plus crispée qu'auparavant. Son regard avait toutefois un peu changé. Il était toujours aussi plein de haine et de rage mais on pouvait aussi y voir une légère touche de dépit et de désespoir. Il était un peu plus clair que précédemment aussi, moins froid. Il brûlait de colère mais pas d'une colère brutale, pas d'une haine froide et calculatrice.
Ses paupières se fermèrent à moitié. Il referma la main sur des morceaux de porcelaines, s'entaillant la main mais réussissant à rouvrir un peu les yeux. Il s'accrocha alors au rebord du matelas et réussit tant bien que mal à se redresser, tachant les draps de sang au passage. Il finit par s'adosser au lit, serrant de plus en plus fort les morceaux de porcelaine. Mais ses paupières retombaient toujours et semblaient de plus en plus dures à tenir ouvertes. De plus l'éclat de son regard redevenait peu à peu vitreux et morne. Il lutta encore un moment puis son corps se détendit d'un coup et son bras retomba sur le sol. Deux paupières se refermèrent sur ce regard que personne n'avait vu depuis plus de deux ans.
To be continued...
Et voilà :)
J'espère que ce chapitre de retour vous aura plu. En plus l'histoire
avance ( si, si ). Comme dit Anya : « Duo's back » XD
Quand à Mistumi... L'avantage à ce long retard aura peut-être été qu'un grand nombre aura complètement zappé qu'elle était totalement grillée en temps que taupe XD
Merci d'avoir lu et merci à ceux qui s'accroche sur cette
fic depuis le début ;)
La suite bientôt.
See u
Brisby
