Titre : Comme un enfant, chapitre 19/23
Base : Gundam Wing
Auteur : Brisby
Couple : 3+4+3 ; H+5+H ; R+1 ; 2+1 ; 1 +… ? ;p
Genre : yaoï, angst, OOC
Rating : K+
Disclamer : Les g-boys ne sont pas à moi.
Note : We wish you a Merry Christma
We wish you a Merry Christmass
We wish you a Merry Christmass
And a happy new year :)
Joyeux noyel les gens :)
Comme un enfant
Chapitre 19
Hilde observait d'un air blasé les trombes d'eau qui tombaient depuis déjà de longues heures. Il faisait un temps complètement pourri. Le seul point positif à cette pluie, c'était qu'elle atténuait l'air chaud et collant qu'ils avaient enduré toute la matinée. Et un de ses gros points négatifs, c'était qu'elle les empêchait de profiter de leur magnifique jardin. L'Allemande essayait bien de rationaliser en se disant que c'était pratiquement leur premier jour de mauvais temps depuis qu'ils étaient ici mais… L'ambiance électrique qui régnait dans la maison rendait toute tentative de positiver vaine.
C'était sûr que depuis le matin, l'ambiance ne s'était pas vraiment arrangée. Heero n'avait daigné le rejoindre que plusieurs heures après son départ et il était à prendre avec des pincettes. Il s'était encore engueulé deux fois avec Wu Fei et trois fois avec Hilde. Il avait pourtant finis par se calmer quand Mitsumi était passée dans la pièce pour amener Duo. Il avait alors pris un livre, s'était installé dans un fauteuil dans un coin de la pièce et n'avait plus rien dis depuis.
Les autres par contre s'étaient précipités en voyant que l'Américain avait l'air d'être sorti de sa léthargie. Sally avait été grandement soulagée de voir qu'après sa phase stone de ce matin, il agissait maintenant de façon normale. Enfin… Aussi normale que précédemment…
Hilde et Quatre étaient restés à ses côtés mais s'il leur souriait assez régulièrement, il passait le plus clair de son temps à regarder la pluie rouler sur les vitres en silence. Ou bien à fixer longuement les joins du carrelage. Ou encore à manger des framboises, fraîchement achetées par Trowa. Il se retournait souvent vers eux, pour vérifier qu'ils étaient bien près de lui ou pour leur sourire, mais il ne leur avait pas adressé le moindre mot depuis qu'il était dans la pièce. Wu Fei et Trowa suivaient aussi ce qu'il faisait du coin de l'œil. Seul Heero restait dans son fauteuil, ne détachant pour rien au monde son regard de son livre. Même lorsque Duo était venu jusqu'à lui, pour lui montrer la framboise qui s'était enfoncée sur le bout de son doigt. Il lui avait à peine jeté un coup d'œil en grommelant un « non merci », avant de se replonger dans son livre. Le natté avait alors eu un petit moment d'arrêt puis il s'était adossé au côté du fauteuil et avait recommencé à observer avec intérêt l'eau ruisseler sur les vitres, mâchonnant la framboise enfoncée sur son doigt.
Heero avait tenu deux minutes, en tournant de façon crispée les pages de son livre avant de se lever et de sortir de la pièce. Quatre l'avait regardé faire, avait semblé hésiter puis était finalement sorti à son tour. Hilde s'était alors approchée de Duo pour essayer de l'intéresser mais celui-ci s'était contenté de lui sourire en continuant d'observer la pluie tomber et elle avait finit par abandonner. Elle était allée s'asseoir en face de Sally avec qui elle avait fait quelques parties de cartes avant d'arrêter, suite à cinq défaites consécutives.
- Au fait…
Sally avait baissé la voix en redistribuant ses cartes pour une nouvelle réussite.
- Ca se passe bien entre Wu Fei et toi ?
La brunette s'étouffa en avalant de travers son jus de fruit et toussa comme une tuberculeuse avant de jeter un regard ahuri à la jeune femme. Celle-ci sourit et continua à voix basse.
- Ne me dis pas que tu espérais que vous étiez discrets ?
L'Allemande roula des yeux.
- J'ai pas dis ça… Mais tu devrais travailler tes entrées en matière…
Sally haussa les épaules en retournant ses cartes.
- Alors… ?
- Alors ça fait même pas vingt-quatre heures, qu'est-ce que tu veux que je te raconte ?
- Vu comme t'étais accro, tu devrais pas avoir besoin de vingt-quatre heures pour être fixée.
Un début de sourire échappa à l'Allemande mais elle se mordit les lèvres pour le rattraper.
- Et ben… Pour le moment c'est que le début mais… C'est pas trop mal…
- Pas trop mal ?
La jeune femme la regardait avec des yeux tellement exorbités qu'elle ne vit pas l'as de trèfle qu'elle venait de retourner.
- Toi ? Toi qui baves sur Wu Fei depuis des années quitte à venir me saouler mes jours de congés pour pouvoir en apprendre un peu plus sur lui tu me dis que c'est « pas trop mal » ? Mais tu te fous de ma gueule Schbeicker ?
La brunette fronça les sourcils.
- Mais…
Sally lui lança un regard blasé.
- Ok, ok… C'est… Bien.
Un petit sourire naquit sur les lèvres de l'Allemande.
- Seulement bien ?
- Mais tu veux quoi ? Tu veux m'entendre dire que c'est le pied ? Que si actuellement je voulais faire un sourire pour exprimer mon bonheur je m'exploserais les muscles faciaux ? Que j'ai envie de sauter partout et de rebondir sur les murs ? Que je pourrais aller courir sous cette pluie battante tellement je pète le feu de l'intérieur ?
- Chiche ?
Hilde cligna des yeux avant de se mettre à sourire. Sally continua de placer ses cartes avec un sourire canaille.
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- Heero ?
Le brun se retourna brusquement, n'ayant pas entendu Quatre rentrer dans la cuisine.
- Quoi ?
- Ca va ?
Il roula des yeux et se retourna complètement, s'adossant au plan de travail. La pluie tombait de plus en plus fort heurtant durement les vitres de la cuisine.
- Ne tourne pas autour du pot s'il te plait, je sens que ça va m'énerver.
- Je ne tourne pas autours du pot Heero. Et tu n'as de toute manière pas besoin de moi pour t'énerver, tu le fais très bien tout seul.
Il lui jeta un regard noir que Quatre soutint calmement. Un courant d'air rendu moite par la pluie passa dans la pièce avant de sortir par la fenêtre.
- Est-ce que ça va ?
- Pourquoi tu poses la question quand tu connais la réponse ?
- Parce que je ne connais pas la réponse Heero.
- Tu parles…
Le blond leva les yeux au ciel.
- Je suis empathe Heero ! Pas télépathe !
Il essayait de garder son calme, il essayait vraiment. Mais avec cette tête de pioche en face de lui, ce n'était pas forcément évident.
- Alors oui, j'ai senti quelque chose. J'ai senti que tu n'allais pas bien. Et c'était suffisamment fort pour passer mes barrières habituelles.
Le brun pinça les lèvres en fixant le carrelage de la cuisine. Dehors, le vent se fit plus violent et commença à secouer les arbres.
- Si tu sais ça alors pourquoi tu me demandes si ça va ?
- Parce que ça fait trois heures. Parce que si effectivement j'ai ressenti ça, je sais pas si tu as su le gérer ou pas. Parce que c'est pas parce que je connais tes émotions que je vais connaître tes réactions.
Heero soutint encore un moment le regard de l'Arabe avant de baisser les yeux en soupirant.
- Je sais pas… J'arrive pas trop à… Savoir. A comprendre.
Quatre s'assit à moitié sur la table de la cuisine.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
Le brun resta pensif un moment, puis il finit par secouer la tête.
- J'ai pas trop envie d'en parler.
- C'était avec Duo ?
- Je t'ai dis que je n'avais pas envie d'en parler.
- C'était avec lui donc…
Le regard du Japonais s'étrécit alors qu'il fixait Quatre d'un œil noir.
- Arrête ça.
Un vent
agressif s'engouffra par la fenêtre entrouverte et les
fouetta avant de s'écraser contre le mur.
Quatre
soutint le regard bleu acier un moment, puis il finit par fermer les
yeux et acquiesça.
Mais dans quel bourbier il s'était foutu… ?
Il s'était
à peu près douté que le problème n'allait
pas être simple à résoudre vu les émotions
qu'il avait senties émaner du brun quelques heures plus tôt.
Mais il ne s'était pas imaginé que ça serait à
ce point. Il ne pensait pas que le Japonais serait tellement sur les
nerfs.
Il l'avait
titillé, ok. Mais juste pour voir jusqu'où il pouvait
aller. Et apparemment il ne pouvait pas aller bien loin … Heero
avait démarré au quart de tour. Surtout lorsqu'il
avait été question de Duo.
D'un
autre côté… Nan mais il s'était cru discret
l'autre ? A la mettre en veilleuse dès que le natté
était entré dans le salon ? A le snober royalement
alors que tout le monde avait les yeux sur lui ? A sortir de la
pièce au bout de trois minutes passées à côté
de lui ?
Le blond prit une profonde inspiration.
Oui, tout
le monde était sur les nerfs avec l'orage qui s'approchait.
Oui, tout le monde s'énervait à la moindre étincelle.
Et oui, il n'échappait pas non plus à cette tension
générale.
Mais il
allait malgré tout devoir se calmer et faire une fois de plus
preuve d'altruisme… Parce que, plus que jamais Heero était
à prendre avec des pincettes.
… Tant pis, il détruirait un fauteuil à l'agrafeuse plus tard pour se défouler.
Oui, une agrafeuse, parce qu'il fallait trouver le juste milieu. Un couteau coupait trop facilement et une cuillère n'avait pas un potentiel d'attaque suffisant. Alors qu'avec une agrafeuse on pouvait pincer avec les mâchoires, agripper, déchirer et enfoncer le fauteuil. Et peut-être même l'agrafer si on avait envie.
Muahahaha.
Oui, en
tant que directeur de la Winner corp, Quatre avait eut tout le loisir
d'apprendre l'art subtil du défoulage sur fauteuil. Il
était devenu un vrai pro.
En
attendant ce futur moment jouissif, il avait d'autres chats à
fouetter. Traiter avec un Japonais irascible entre autre.
Il prit une deuxième profonde inspiration.
- D'accord… Alors si tu ne veux pas m'expliquer ce qui s'est passé… Tu peux peut-être essayer de me dire ce qui ne va pas, non ?
Heero passa la main dans ses cheveux en bataille d'un geste nerveux.
- Je sais même pas… Je suis pas sûr…
Il fronça les sourcils.
- Je n'y comprends rien. Je ne comprends pas pourquoi je… J'ai…
Il finit par secouer la tête.
- Laisse tomber…
Il se redressa et traversa la cuisine en direction de la porte.
- Tu ne te comprends pas ?
Le Japonais s'arrêta et jeta un coup d'œil suspicieux vers le blond. Celui-ci le fixait avec calme.
- Peut-être…
- Je pourrais peut-être t'aider à y voir un peu plus clair si tu m'en disais un peu plus.
Coup risqué. Quitte ou double pour l'Arabe. D'un autre côté il n'avait pas vraiment d'autre choix, Heero voulait de toute évidence quitter la cuisine.
Le Japonais se tourna vers lui, la main sur la poignée de la porte et l'observa un long moment.
- … Non merci.
Le blond serra les dents, réprimant le soupir d'exaspération qui montait dans sa gorge. Le vent s'était remit à souffler, testant doucement mais sûrement la résistance de la pile de bols qui retenait la fenêtre mi-ouverte.
- Heero…
- Si je n'ai pas envie que tu me dissèques le cerveau, je veux encore moins que tu me joues les psy.
Quatre fronça les sourcils. Le vent se fit plus fort et les bols tremblèrent légèrement.
- Je ne vais pas…
- Je n'ai pas envie Quatre !
Il allait lui falloir un grand fauteuil, un très grand fauteuil, pour pouvoir se calmer.
- Heero… Tu dis toi-même que tu ne comprends pas grand chose à la nature humaine et… Tu espères régler ton problème seul alors que tu as déjà commencé à ne plus te comprendre ?
Le brun roula des yeux d'un air excédé. La fenêtre grinça alors que le bruit strident des bols raclant le plan de travail retentissait.
- Je n'ai pas envie qu'on me tienne la main Quatre.
- Mais il ne s'agit pas de ça ! Il s'agit d'une aide !
- J'ai toujours eu du mal à accepter qu'on m'aide. Tu devrais le savoir pourtant.
Quatre pinça les lèvres.
- Wow… Tu n'as donc toujours pas mûrit depuis la guerre. Ca fait peur dis donc. Remarque, je ne m'étonne plus que ta vie tourne au n'importe quoi, que tu te mettes avec n'importes qui et que tu finisses par exploser comme tout à l'heure. Juste une question : c'est toujours Duo qui payera les pots cassés ou… ?
Les bols se renversèrent et s'éclatèrent sur le sol. Un courrant d'air puissant passa dans la pièce, faisant s'envoler plusieurs papiers. Mais les deux occupants de la pièce s'en redirent à peine compte.
Le regard du brun changea lentement. La pupille se rétracta lentement et le bleu devint de plus en plus sombre jusqu'à rendre le regard glacial. Une veine se dessina de plus en plus précisément sur le côté de son front.
- De quel droit te permets-tu de juger ma vie Quatre ?
Le ton était vibrant de colère contenue. Un coin de la bouche de Quatre s'étira, formant un sourire suffisant.
- Touché ?
Oui, on pouvait être empathe, altruiste, patient et aussi avoir ses limites. En outre, se montrer salaud quand celles-ci étaient franchies. Surtout quand on avait les nerfs en boules et qu'on s'était échiné à jouer au bon copain.
La mâchoire du Japonais se crispa alors que la veine sur son front se gonflait de plus en plus. Il s'agrippait tellement à la poignée qu'elle aurait pu être tordue. Il fit claquer sa langue contre son palais avant de se remettre à parler. La porte fut alors brusquement ouverte, le coupant dans son élan.
- Tu es complètement malade et c'est tout.
- Je ne vois pas pourquoi tu en fais toute une histoire. Ce n'est que de l'eau.
- Mais j'ai été mouillé moi aussi à cause de toi.
- Je t'ai pas demandé de venir me chercher et… Oh ?
Hilde et Wu Fei s'arrêtèrent sur le seuil. L'Allemande était trempée de la tête au pied et le Chinois avait des traces de gouttes de pluie sur ses vêtements.
- On dérange ?
Un silence pesant leur répondit. Le Japonais finit par passer entre eux sans un mot.
- Heero !
- Je vais téléphoner…
Quatre poussa un profond soupir alors que les pas du brun s'éloignaient dans le couloir.
- … On est arrivé au mauvais moment ?
- Je sais pas… D'un côté on était à deux doigts de s'entretuer… D'un autre, je serais peut-être quand même arrivé à le faire parler avec l'énervement…
Wu Fei alla chercher des torchons dans un des placards.
- De quoi vous parliez pour en arriver à un tel point ?
Quatre passa la main dans ses cheveux en fronçant les sourcils.
- C'est un peu compliqué… Heero va pas très bien je crois… J'ai essayé de l'aider mais… Apparemment je suis moins zen que je ne le pensais et… Le ton a fini par monter.
Il se pinça la base du nez.
- Bon… J'irais m'excuser tout à l'heure… En attendant il y a plus important.
Il se tourna vers les deux autres.
- Vous savez où il y a un grand fauteuil et une agrafeuse dans la maison ?
Il fit face à deux paires d'yeux arrondis.
- Huh… Il me semble qu'il y a des fauteuils à l'étage…
- Moi j'ai une agrafeuse dans ma chambre.
- Une grande ?
Wu Fei fronça les sourcils.
- Ben… Oui, un peu.
- Super. Merci.
L'Arabe sortit de la pièce avant un grand sourire en se dirigeant vers les escaliers. Le Chinois finit par secouer la tête et se mit à frotter le crâne de l'Allemande avec le torchon. Celle-ci parut surprise mais se laissa faire avec un grand sourire.
- Non mais franchement… Tu fais vraiment n'importe quoi…
- Oh arrête… La pluie était chaude, c'était pas désagréable.
- J'aurais pas dû aller te chercher… Je suis trempé moi aussi maintenant…
Elle étouffa un éclat de rire et repoussa le torchon qui lui séchait les cheveux.
- Attends, tu te fous de moi ? T'es resté trente secondes sous la pluie et tu te crois mouillé ?
- Je suis mouillé.
- Moi je suis mouillée. Toi t'es à peine humide. J'aimerais bien te traiter de poule mouillée mais ça ne te conviendrait même pas.
Le brun haussa un sourcil en s'approchant d'elle.
- Moi je suis une poule mouillée ?
- Nan, toi t'es juste une poule. Le côté mouillé, tu m'excuseras mais…
Il mâchonna sa langue.
- Ah ouais ?
- Carrément même. C'est parce que t'es blanc comme un cachet d'aspirine que tu t'es cru en sucre ? T'as peur de fondre sous l'eau katzenbär ?
Il mordilla l'intérieur de ses lèvres.
- Je vais sous la pluie, tu ravales tes poules, mouillées ou pas et tu me donnes enfin la traduction de ce surnom stupide.
- Ooh… Je suis touchée que tu veuilles faire ça pour impressionner ta petite amie.
Le Chinois lui attrapa le poignet et la tira hors de la cuisine. Ils sortirent par une des baies vitrées du côté de la maison. Le brun regarda avec méfiance les cordes d'eau qui tombaient. Il jeta un regard à l'Allemande qui le défiait du regard, prit un air digne et quitta l'abri que la toiture leur faisait.
L'eau était effectivement pas trop froide. Une grosse pluie chaude comme les orages d'Okinawa pouvaient offrir. Il se retourna vers la brunette, les paumes levées vers le ciel en signe d'attente.
- Je suis suffisamment mouillé à ton goût ?
Elle s'avança vers lui en l'examinant.
- Pas encore, non…
Elle s'approcha jusqu'à être collée à lui, mais ne s'arrêta pas, l'obligeant à reculer.
- Alors ? C'est vraiment si terrible ?
Wu Fei grimaça.
- Je ne vais pas dire que c'est terrible... Mais je ne comprends pas quel plaisir tu retires de ça…
Elle lui sourit.
- Je trouve ça très agréable. Prendre le temps de rester sous la pluie sans avoir à se soucier de l'après. Je n'en ai pas toujours eu le luxe.
Le Chinois ne sut pas trop quoi répondre. Il finit par hausser les épaules en grimaçant. La jeune fille continuait à avancer, le forçant à reculer.
- …Bon… Tu ne trouves pas qu'on est assez mouillés là ?
- Pas encore tout à fait…
Elle réprima un petit sourire canaille. Wu Fei soupira.
- Qu'est-ce qu'il te faut ? Ma chemise est déjà complètement trempée…
- Plutôt… Quelque chose comme… Ca.
Elle se décolla alors de lui et le poussa légèrement. Le brun fronça les sourcils en posant son pied en arrière pour se rattraper. Si la moitié de son pied atterrit sur une surface solide, son talon ne rencontra que le vide. Il fit des mouvements de bras pour essayer de retrouver son équilibre mais tomba irrémédiablement en arrière. Il aperçut une dernière fois le grand sourire canaille de la jeune fille avant de tomber dans une grande masse d'eau froide.
Hilde s'accroupit au bord de la piscine pour le regarder remonter. Quand la tête du Chinois émergea de l'eau froide il la foudroyait du regard. Elle se contenta de sourire un peu plus.
- Là tu es suffisamment mouillé à mon goût.
Il lui tendit la main comme pour demander une aide pour sortir. La brunette lui donna la sienne, ne se faisant aucune illusion sur ce qui l'attendait. Et c'est avec un grand éclat de rire qu'elle fut tirée dans la piscine. Wu Fei lui maintint la tête sous l'eau un long moment, pour la forme, ne la relâchant que lorsqu'elle se mit à se débattre avec beaucoup de vivacité. Elle réapparut en toussant comme une tuberculeuse. Il sortit de la piscine sans un regard.
- Wu… ?
Il lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Elle le regardait avec un petit sourire d'excuses.
- Tu m'aides ?
Il observa d'un air sceptique sa main mais finit par la prendre et la tira hors de l'eau. Une fois sortie de la piscine, elle ne fit aucun mouvement et resta entre les bras du brun.
- …Bon… Tu comptes rester là longtemps… ?
Wu Fei essayait de garder une voix ferme mais on pouvait sans trop de problème discerner sa gêne.
- La pluie était agréable mais l'eau de la piscine n'était pas vraiment chaude. J'ai froid maintenant.
Il ne pouvait pas voir son visage mais on pouvait entendre son sourire dans le ton. Le Chinois sembla hésiter puis il resserra ses bras autour de la jeune fille, appuyant son visage contre sa tête.
- Ah, et au fait, pour ton surnom…
Elle se redressa pour se mettre à hauteur de son oreille. Le visage du brun s'étira alors qu'elle lui chuchotait quelques mots.
- Quoi ?!
- Oh ça va hein.
- Mais… ?
- C'est pas si terrible.
- Pas si terrible ? T'es pas bien ?
- Qu'est-ce que t'en as à secouer ? De toute manière les autres ne comprennent pas l'allemand alors qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Enfin quand même…
- De toute manière tu ne m'en feras pas changer maintenant…
Wu Fei leva les yeux au ciel, tout en essayant de ne pas se prendre des gouttes de pluie. Il finit par secouer la tête et s'appuyer à nouveau contre les cheveux mouillés de la jeune fille, la tenant contre lui. Elle releva la tête et déposa un baiser sur ses lèvres, se retenant de ne pas éclater de rire devant son air blasé.
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En fin d'après-midi, la pluie tombait toujours mais elle s'était faite plus fine et l'air chaud et collant avait de nouveau envahi la maison. Sally avait abandonné ses réussites et se contentait de regarder la pluie tomber, formant un bel ensemble avec Duo qui faisait la même chose depuis plusieurs heures. Wu Fei et Hilde s'étaient changés, sommairement séchés les cheveux puis s'étaient affalés, le premier dans un fauteuil et la seconde sur le canapé. Canapé au bout duquel se trouvait Trowa, très occupé actuellement à agrandir un trou dans ses chaussettes. Quatre enfin, était assis dans un autre fauteuil et après avoir mailé l'agence qui leur louait la maison, il s'était mis à répondre aux nombreux mails qui encombraient sa boite de réception.
La sonnette de la maison retentit alors, les tirant de leurs occupations diverses. Il y eut un court silence pendant lequel les occupants de la pièce s'échangèrent des regards interrogatifs. Même Duo avait cessé de fixer la pluie pour les observer en entendant le bruit. Sally finit par se redresser sur sa chaise.
- L'un d'entre vous attend quelqu'un ?
Hilde poussa un profond soupir et s'étira.
- J'attends personne aux dernières nouvelles.
Trowa assit à l'autre bout du canapé secoua la tête.
- Moi non plus.
- Pareil… Mais si c'est un de mes associés dites que je ne suis pas là.
Sally se tourna alors vers Wu Fei qui secoua la tête. La sonnette retentit alors une seconde fois. Hilde soupira et se leva.
- Bon allez… J'y vais… Ca me réveillera peut-être un peu…
Elle sortit de la pièce d'un pas traînant. Trowa fixa la table basse devant lui en fronçant les sourcils.
- C'est peut-être pour Heero.
Le Chinois releva la tête.
- Ah oui tiens, il est parti où lui au fait ?
- Je sais pas…
- Et puis qui est-ce qu'il pourrait attendre ?
Sally haussa les épaules.
- Et bien par exemple…
La porte du salon s'entrouvrit et Hilde entra, l'air un peu mal à l'aise.
- Dites… Quelqu'un saurait où est Heero parce que… Hm…
Réléna entra à sa suite adressant un sourire courtois à tous les occupants de la pièce. La figure de Quatre s'allongea.
- Oh… Il doit être dans sa chambre… Suis-moi, je vais t'y emmener.
- Merci.
Elle s'apprêtait à s'écarter pour le laisser sortir avant elle quand elle tomba sur une paire d'yeux violets qui la fixaient. Quelqu'un qui l'aurait bien observé aurait pu remarquer ses muscles se tendre et son visage se figer. Duo à moitié caché derrière l'accoudoir du canapé ne la lâchait pas du regard, restant pourtant relativement calme par rapport à leur dernière rencontre. Elle finit par prendre une longue inspiration et lui fit un grand sourire.
- Bonjour Duo.
Quelques regards se tournèrent vers le natté avec une légère appréhension. Ce dernier fixa la jeune femme pendant encore quelques instants puis il se détourna, l'air complètement inintéressé. Des soupirs de soulagement se firent entendre alors que la posture de l'ex-princesse semblait se raidir. Quatre finit par se retourner et sortit de la pièce, Réléna lui emboîtant le pas.
Le trajet du salon à la chambre de Heero se fit dans le silence le plus complet. Quatre était occupé à se triturer le neurone pour imaginer dans quel état pouvait bien se trouver le Japonais, à quoi il avait pu réfléchir, où ça l'avait mené, si ça avait un rapport avec la venue de Réléna et puis si oui ou non il lui en voulait pour leur… Discussion… Altercation… Tuerie ?
Réléna, elle, était occupée à pincer les lèvres pour évacuer son énervement tout en restant parfaitement discrète.
Quatre frappa à la porte du brun, l'ouvrit et laissa passer la jeune femme devant lui, restant sur le seuil.
- Bon, je vous laisse. Ah, Heero…
Le Japonais se tourna vers le blond qui le fixait. Ils se regardèrent un moment en silence puis Quatre soupira, sans pour autant le lâcher des yeux.
- Excuse-moi.
Heero cilla puis il détourna le regard pour unique réponse. L'Arabe sortit de la pièce sans rien ajouter. Réléna qui avait suivit l'échange sans trop comprendre se tourna vers le Japonais en souriant.
- S'il y a une chose à laquelle on reconnaît bien Quatre, ce sont ses bonnes manières. On sent tout de suite l'éducation d'héritier qu'il a reçu.
- Hum…
La jeune femme s'arrêta de sourire devant l'air soucieux du brun.
- Il y a un problème Heero ?
Il passa la main sur son visage en grimaçant.
- … Oui.
Elle s'approcha de lui et posa la main sur son bras.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- …
- Heero… ?
Son sourcil gauche se fronça légèrement.
- Ca a… Un rapport avec Duo… ?
Le Japonais resta pensif un moment, avant de secouer la tête.
- …Non. Le problème vient de moi.
- Alors qu'est-ce qu'il y a ?
Il se mordilla longuement l'intérieur de la lèvre puis il ferma les yeux et soupira.
- Je crois que… J'ai l'impression que… J'ai du mal à savoir où j'en suis…
La jeune femme s'approcha un peu plus de lui.
- C'est normal Heero, vous traversez quelque chose de difficile en ce moment avec Duo. C'est compréhensible que tu perdes tes repères. Mais ne t'inquiète pas, tu vas les retrouver.
Elle luit fit un grand sourire encourageant. Le brun serra les dents, retenant le soupir qui lui montait dans la gorge.
- Réléna…
- Tu sais, dans la vie c'est important de se remettre en question. C'est ça qui te permet d'avancer. Tout ça va te permettre de faire le point et de trouver ce qui est essentiel pour toi et ce qui ne l'est pas.
Il tourna son regard vers elle. Ravie d'avoir enfin obtenu son intérêt elle poursuivit sur sa lancée.
- S'il y a des choses dont tu n'es pas sûr il faut que tu les repenses depuis le début. C'est si facile de se tromper Heero, il faut faire attention, d'autant que c'est un travail que tu dois faire seul. C'est important de faire ça, surtout à de tels moments où on se rend compte de ce qui est important. Je suis vraiment contente que tu te rendes compte de ça. C'est bien que tu commences vraiment à penser à toi. Je suis heureuse que tu m'aies appelé pour m'en parler.
Il la regarda d'un air hésitant.
- Mais… Et toi… ?
- Moi ?
Un grand sourire illumina son visage.
- Mais moi je serais là pour te soutenir évidemment. Je resterais à tes côtés pendant toute cette période, aussi dure soit-elle.
Un
grondement sourd et lointain se fit entendre à l'extérieur.
Le visage
du Japonais se décomposa à sa façon, c'est à
dire de manière presque imperceptible mais la jeune femme le
vit. Elle perdit son sourire.
- Heero ?
Son regard passa brutalement de l'ex-princesse au mur situé de l'autre côté de la pièce.
- Qu… ?
Il prit une inspiration pour essayer de parler mais ne réussit qu'à passer sa langue sur ses lèvres.
- Heero qu'est-ce que je suis censée comprendre ? Ne me dis pas que… !
Le Japonais passa la main dans ses cheveux, l'air nerveux.
- …Mais… Tu l'as dis toi-même Réléna… Que… Je devais faire ça tout seul…
Le visage de la jeune femme devint livide.
- Oui ! Mais pas sans moi !
Un grondement un peu plus sonore retentit dans le ciel.
Réléna
Peacecraft était actuellement bicolore.
Elle était
blanche de rage qu'il ose supposer une telle option.
Et
également verte de dégoût que son discours,
supposé être contre ceux qui pourraient l'écarter
de Heero, tout spécialement un certain natté, se soit
retourné contre elle.
Elle le
regarda d'un air indigné alors qu'il continuait de fuir
son regard.
- Heero !
Le brun, trop gêné, s'écarta d'elle, continuant à fixer le mur.
- Ca ne veut pas dire que… Que nous ne… C'est juste… Une pause, le temps que je…
Un sourire sans joie étira les lèvres de la jeune femme. Elle se mit à secouer la tête.
- Non. Non, non, non… C'est hors de question…
- Réléna…
- Je ne veux pas Heero !
Un long soupir lui échappa et il alla s'asseoir sur le lit. Un courant d'électricité statique le traversa lorsqu'il effleura le sommier en fer. Il retira vivement sa main alors que ses poils ses hérissait. L'air était définitivement électrique.
- Heero…
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Tu m'as dis toi-même que c'était important pour moi de faire ça. Tu étais même contente pour moi.
- Bien sûr oui ! Tant que ça ne remettait pas en question notre couple !
Heero soupira.
- Réléna… Je ne réussirai pas si je… Si je n'ai pas l'esprit totalement libre.
- A parce que je t'empêche d'avoir l'esprit libre maintenant ? Ca serait bien la première fois…
Il passa la main dans ses cheveux, les hérissant encore plus à cause de l'électricité statique.
- Tu ne réponds pas ?
- Qu'est-ce que je suis censé répondre ? Rien ne te satisfera de toute façon…
Elle ferma les yeux un moment, comme pour se calmer.
- Heero… Je ne le supporterai pas.
Ses yeux se mirent à briller plus que nécessaire alors qu'elle battait plus rapidement des paupières.
- Je n'y survivrais pas…
Le brun se
pinça la base du nez en respirant profondément. La
jeune femme resta debout, à retenir ses larmes. Un long
silence s'installa entre eux. Elle ne le lâchait pas des yeux
et lui continuait de fuir son regard.
A
l'extérieur, les nuages devenaient progressivement de plus
en plus épais. En peu de temps, la petite lampe électrique
de la chambre était devenue aussi essentielle qu'en pleine
nuit.Au bout
d'une dizaine de minutes l'ex-princesse se détacha du mur
où elle s'était adossée.
- Bon… Je vais partir alors… Mais dis-moi juste une chose avant…
Le Japonais retourna enfin son regard vers elle.
- Ca a un rapport avec Duo ?
Les deux yeux bleus s'arrondirent.
- Quoi ?
- Réponds-moi s'il te plait Heero.
- Mais…
Heero avait été honnête avec lui-même. Il s'était avoué que pour pouvoir enfin comprendre ce qui c'était passé avec Duo, il devait s'éloigner de Réléna, juste le temps de réfléchir. Il ne savait pas encore vraiment par où, mais ses relations avec elle et avec lui semblaient liées. De toute manière, tant qu'ils étaient en couple, il ne pouvait pas réfléchir vraiment à tout ça sans se sentir coupable. Or, il était arrivé à la conclusion que se sentir coupable ne l'avancerait à rien dans ses réflexions.
Oui il avait été honnête avec lui-même.
Mais il n'était pas forcé de lui dire tout à elle. Après tout, ça ne pourrait sûrement pas lui faire du bien.
- Mais pourquoi tu parles de Duo ? Qu'est-ce qu'il vient faire dans cette discussion ?
Réléna l'observa en silence, les lèvres pincées. La lumière de la lampe vacilla l'espace d'un instant, comme si le réseau électrique avait eu un problème avant de se rétablir. La jeune femme prit une profonde inspiration.
- Ecoute Heero…
Trois coups toqués à la porte l'interrompirent. Celle-ci s'ouvrit et Sally apparut dans l'ouverture.
- Excusez-moi mais… On en train d'essayer de voir pour le repas de ce soir et… Vous restez tous les deux ?
Le Japonais se leva du lit et s'approcha de la porte.
- Non. Réléna allait partir justement.
L'ex-princesse lui jeta un regard neutre puis se tourna vers Sally en souriant.
- Oui, c'était ce que j'avais prévu, mais après réflexion je crois que je vais rester avec vous. Ca fait longtemps que je ne vous ai pas vu après tout.
Sally parut surprise mais finit par répondre à son sourire.
- Bon et bien… D'accord.
Réléna
jeta un dernier regard à Heero et sortit de la pièce.
Après
tout, ça ne faisait pas un mois que Duo se trouvait dans le
périmètre de Heero et il disait déjà
vouloir faire une pause.
Il était
grand temps qu'elle reprenne les choses en main.
Un long grondement sourd déchira le silence, résonnant fortement au-dessus de la villa. Ca y était, l'orage démarrait enfin.
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La situation était… Bizarre.
Hilde n'aurait su dire exactement pourquoi mais… Depuis que Heero et Réléna étaient entrés dans le salon, l'ambiance était devenue bizarre.
D'abord, ils ne se parlaient pas. L'Allemande savait que le Japonais n'était pas forcément plus bavard en présence de sa petite-amie mais d'après ses souvenirs, elle au moins, elle était bavarde. Enfin du moins elle parlait.
Ensuite… Il y avait Duo.
Ils avaient un peu angoissé en sachant qu'il allait à nouveau être en contact avec l'ex-princesse mais par rapport à la dernière fois, tout semblait s'être bien passé.
Du coup ils avaient supposé que la crise de la dernière fois n'était due qu'à une coïncidence et pas à cause de leurs relations passées ni de la proximité de la jeune femme avec Heero.
Mais bon… Uh… La situation était quand même un peu bizarre.
Heero et Réléna étaient assis sur le canapé. Duo lui était assis par terre, au détail près qu'il se trouvait à dix centimètres de la jambe du brun et qu'il appuyait souvent sa tête contre son genou. Le natté et l'ex-princesse se jetaient régulièrement de longs regards mais n'accordaient pas plus d'attention à l'autre. Heero au milieu jouait l'indifférence ou ne s'en rendait tout simplement pas compte.
Quoi qu'il en soit, ça donnait à tout les autres l'impression d'être retournés quelques années en arrière.
- Et sinon… Vous comptez faire comment avec lui ? Vous allez le remettre dans un hôpital psychiatrique et retourner à vos vies actives respectives ?
Le ton de la jeune femme était poli, courtois et chaleureux. Cela n'empêcha pourtant pas sa phrase de jeter un froid.
Un éclair passa dans le ciel et le bruit déchirant du tonnerre suivit quelques secondes après.
- Je suis peut-être un peu directe, excusez-moi… Mais j'ai dû mal à m'imaginer comment vous allez faire pour continuer longtemps comme ça ?
Si les
occupants de la pièce avaient porté leur attention sur
l'Américain et non sur Réléna, ils auraient pu
remarquer un léger changement dans son attitude corporelle.
Un silence
pesant s'installa dans la pièce. Hilde, mal à l'aise,
remua dans son fauteuil.
- Et bien… Dans un premier temps nous allons rester le plus possible avec lui, ensuite on avisera.
Réléna haussa un sourcil en observant la brunette mais continua à sourire.
- Oh… Je vois. Oui, c'est une bonne chose de… D'aviser de temps en temps.
Malgré le ton respectueux de la jeune femme, Hilde eut l'impression désagréable d'avoir été traitée avec condescendance.
- De toute manière, même si nous reprenons notre travail, je ne doute pas que chacun saura s'arranger pour qu'une personne au moins reste avec Duo. Il n'est pas question de le remettre en hôpital psychiatrique.
Réléna se tourna vers Quatre avec un grand sourire.
- Bien sûr, bien sûr. Je posais juste la question.
Un autre éclair passa dans le ciel, suivit d'un coup de tonnerre assourdissant.
Le blond se contenta de hocher la tête en guise de réponse. Il reporta alors son regard sur Duo qui fixait un point sur le carrelage. Il fronça les sourcils et plissa les yeux, ayant cru apercevoir le châtain trembler. Il l'observa attentivement pendant quelques minutes pour voir si son imagination lui jouait des tours ou s'il y avait vraiment quelque chose. Il allait finir par détourner les yeux quand il lui sembla voir autre chose.
- Hilde… ?
La jeune fille lui jeta un regard et Quatre se contenta de désigner le châtain du menton. Elle fronça les sourcils.
- Encore… ?
Elle se leva et alla s'agenouiller à côté du natté. Celui-ci ne lui accorda aucune attention.
- Duo ?
N'obtenant aucune réponse la brunette se contenta d'écarter les mèches de la frange du natté et de poser la main sur son front moite. Elle soupira et se tourna vers l'Arabe, l'air las.
- Il a encore de la fièvre ?
Sally s'était elle aussi levée, et elle s'approchait de Hilde.
- On dirait, oui…
Heero regarda d'un œil attentif les deux femmes s'affairer aux côtés de l'Américain.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Hilde le regarda en grimaçant.
- On ne sait pas trop. Duo nous fait des poussées de fièvres depuis tout à l'heure…
- Il fait ça maintenant ?
- Apparemment. Il a commencé… Hm… Un peu après que Réléna soit arrivée je crois… En tout cas ça n'arrête pas depuis. La fièvre monte jusqu'à le tremper de sueur et puis elle redescend sans explication.
Le brun fronça les sourcils.
- Vous savez à quoi c'est dû ?
Sally haussa les épaules.
- C'est peut-être à cause de sa blessure au bras. Ou c'est peut-être quelque chose lié à son autisme. En tout cas il somatise dur…
Hilde qui était partie mouiller une serviette dans la carafe d'eau se plaça en face du châtain et commença à lui tamponner le visage. Duo se laissa faire au début puis un long frisson le parcourut et il repoussa violemment les mains de la jeune fille, se repliant sur lui-même. Elle resta un moment surprise puis sourit et essaya de lui faire relever le visage.
- Duo… Tu n'as pas à avoir peur… Je ne vais pas te faire mal, c'est juste de l'eau.
Elle essayait en vain de lui faire relever la tête ou d'accrocher son regard caché derrière ses jambes et ses bras quand elle se figea et fut à nouveau repoussée par les mains du natté. Elle resta tendue et la respiration bloquée pendant quelques secondes avant de passer la main dans ses cheveux, l'air sonnée.
Un énième éclair traversa le ciel.
- Il y a un problème Hilde ?
L'Allemande jeta un regard hésitant, passa la langue sur ses lèvres et fit un sourire crispé.
- Non, non… J'ai juste… Eté victime d'une illusion d'optique.
Sally fronça les sourcils, attendant de plus amples explications. Hilde la regarda, puis regarda Duo, passa une main dans ses cheveux en laissant échapper un éclat de rire qui sonnait faux.
- Non j'ai juste eu l'impression que… Pendant une demi-seconde, son regard… On aurait vraiment dit que c'était Duo.
Tous les regards se tournèrent silencieusement vers l'Américain qui était toujours replié sur lui-même, la tête entre son torse et ses jambes.
- Mais je me suis trompée, ne vous faites pas d'illusion ! Je dois juste être fatiguée, c'est pour ça… Mais ça m'a fait un peu bizarre.
Vu l'état de tension dans lequel elle était, ça lui avait sûrement fait plus qu'un peu bizarre mais ils s'abstinrent de faire des commentaires. La plupart des regards restaient braqués sur le natté. Surtout un, en fait. Un regard qui l'observait avec énormément d'attention. Un beau regard bleu dans lequel on aurait pu lire un brin d'angoisse si on l'avait regardé attentivement.
Réléna passa lentement la langue sur ses lèvres qui étaient devenues subitement sèches. Et tenta également de retrouver calmement son souffle. L'Allemande avait effectivement dû se tromper. Duo était sous contrôle, ce n'était pas possible qu'il remonte donc elle n'avait pas à s'en faire.
Un éclair blanc illumina le ciel avant que le bruit du tonnerre ne déchire le silence.
Duo croisa les bras au-dessus de sa tête, comme pour se protéger du bruit. De légers frissons commencèrent à parcourir son corps, augmentant petit à petit jusqu'à devenir de véritables convulsions. Hilde avança encore une fois la main vers lui mais comme précédemment il la repoussa violemment. Son mouvement lui fit perdre un peu l'équilibre et il se retrouva la tête appuyée contre le genou de Japonais. Son regard était légèrement affolé et sa respiration rapide mais il resta dans cette position. Ses spasmes se firent moins violents mais ses dents commencèrent claquer de façon sonore.
Des regards gênés et indécis s'échangèrent. Wu Fei finit par prendre la parole.
- Vous pensez que c'est une crise ? Qu'on devrait appeler Mitsumi pour qu'elle lui fasse une injection ou… ?
Quatre fronça les sourcils.
- Je ne sais pas… C'est très différent de toutes les crises qu'il a bien pu faire avant… Il n'y a que des réactions physiques.
Sally soupira.
- Je suis d'accord. Je serais d'avis d'appeler Mitsumi mais juste pour lui demander si elle a déjà eu à faire à des cas comme ça. Je ne suis pas convaincue qu'une injection réglera le problème.
Heero se désintéressa de la discussion pour observer le châtain, appuyé contre sa jambe. Le bruit de ses dents qui s'entrechoquaient continuait de résonner mais ses frissons avaient grandement diminué. Le brun aperçut alors une goutte de sueur rouler sur les tempes du natté. Il avança la main par automatisme et écarta les quelques mèches de cheveux qui s'étaient collées à son visage. Duo n'eut aucune réaction mais une tension énorme tomba sur les épaules du Japonais alors qu'il replaçait ses cheveux. Il se tendit et se retourna lentement vers Réléna. Celle-ci fixait d'un air neutre les mèches qui avaient été replacées. Elle remonta avec une lenteur extrême jusqu'au regard du brun. Elle n'avait aucun signe extérieur de colère ou de contrariété mais elle ne souriait pas à Heero.
Il se retint de soupirer et détourna le regard. Il n'avait absolument pas imaginé qu'elle voudrait rester. Il comprenait sa colère, il n'avait même pas pu lui donner de véritables excuses…
Explications ! De véritables explications…
Mais tout de même. Et en plus avec Duo qui en rajoutait une couche… C'était bien simple, depuis qu'il s'était assis sur le canapé, il n'avait pas osé faire un seul geste. Enfin si, il en avait fait un, et il était maintenant bien décidé à rester sans bouger. Il ne lui restait plus qu'à espérer que l'ex-princesse allait bientôt se lasser et qu'elle ne reviendrait pas trop souvent. Mais cet espoir lui paraissait ô combien vain.
- Bon, je vais la chercher alors.
Sally se leva, traversa la pièce et sortit. Heero n'avait pas vraiment suivit la conversation mais il supposait qu'elle était partie chercher l'infirmière. Le natté lui, avait arrêté de claquer des dents, ou du moins on ne l'entendait plus. On aurait presque pu croire qu'il avait retrouvé son calme si sa poitrine ne se soulevait pas aussi rapidement. Mitsumi entra quelques minutes plus tard, portant un plateau contenant une bouteille, une seringue et du coton. Tout en s'avançant elle jeta un regard étonné, voire curieux à Réléna. La jeune femme soutint son regard avec calme mais ne lui accorda pas plus d'attention. Hilde s'écarta pour laisser Mitsumi s'installer.
- Alors… Vous allez quand même lui faire une injection ?
L'infirmière passa l'aiguille à travers le bouchon stérile de la bouteille et commença à aspirer le produit.
- Oui. Je ne me souviens pas particulièrement qu'il nous ait déjà fait ce genre de réaction mais de toute manière il doit être fatigué. L'injection le fera dormir.
L'Allemande acquiesça lentement. Elle trouvait la jeune femme un peu différente ce soir, le ton avait été assez professionnel. Elle semblait un peu tendue aussi, ses gestes étaient nerveux. La brunette mit cela sur le compte de l'orage et de la présence d'une femme politique dans la pièce.
Mitsumi tapa dans la seringue pour faire s'échapper les bulles d'air. Elle attrapa le bras du natté et le tamponna avec un morceau de coton imbibé d'alcool. Duo se tendit et retira son bras immédiatement. Elle fronça les sourcils et reprit son bras mais il se dégagea une nouvelle fois, s'accrochant fermement au pantalon du Japonais. Hilde mordilla ses lèvres.
- Je suis désolée… Il n'est pas très conciliant ce soir.
- Je vois ça. Aidez-moi à le tenir s'il vous plait.
La brunette tiqua un peu sur le ton autoritaire mais s'approcha avec Sally pour dégager Duo. Le natté se débattit violemment et Quatre, Trowa et Wu Fei se levèrent au cas où on aurait besoin d'eux. Heero se contentait de l'observer à côté de lui.
- Il s'est déjà débattu hier au moment de l'injection.
Quatre fronça les sourcils.
- Ah bon ? …On devrait peut-être changer la façon dont on lui administre son traitement.
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Une injection agit vite et entraîne peu de contraintes. De plus…
Sally et Hilde ayant enfin réussi à immobiliser l'Américain, Mitsumi s'arrêta pour pouvoir lui administrer le produit. Elle lui maintint le bras tendu et approcha l'aiguille de sa peau.
- Hey ! Arrêtez il saigne !
Hilde en apercevant du sang se mettre à couler de la bouche de Duo l'avait immédiatement lâché. Mitsumi, saisie, éloigna la seringue. Sally fronça les sourcils.
- C'est pas vrai… Amenez-le à la table et allumez le plafonnier.
Elle partit tirer une chaise de la table pour pouvoir l'installer tandis que Trowa et Wu Fei portaient Duo qui subitement n'opposait plus aucune résistance. Hilde et Mitsumi suivirent alors que Quatre partait allumer les lumières. Une fois que l'Américain fut assis, Sally lui pencha la tête en arrière et lui ouvrit la bouche. Elle observa un moment, essuyant le sang qui coulait de sa bouche avant de froncer les sourcils.
- …Il s'est mordu la langue.
Wu Fei haussa un sourcil.
- Il voudrait échapper à sa piqûre il ne s'y prendrait pas autrement…
Un lourd silence répondit à cette remarque censée ironique et légère.
Un long éclair filiforme traversa le ciel pour aller s'abattra dans le parc à quelques kilomètres de la maison.
- Bon… Quoi qu'il en soit, je dois lui administrer son traitement.
Mitsumi s'approcha avec sa seringue d'un pas vif. Les personnes autour de Duo semblèrent hésiter puis elles se placèrent autour de lui pour le contrôler s'il recommençait à se débattre. L'infirmière s'agenouilla, purgea une nouvelle fois la seringue et prit le bras de l'Américain. Celui-ci n'eut aucune réaction violente. Il se contenta de relever la tête et de fixer une des rares personnes qui n'avait pas bougé pendant toute la scène.
Quand le regard violet se posa sur Heero, une décharge électrique partit du bas de ses reins. Elle remonta le long de son dos en passant par chaque nerf et alla exploser dans son cerveau.
Il avait douté la veille, lorsqu'il avait trouvé le regard de Duo étrange avant son injection. Il n'avait pas été sûr. Il avait juste trouvé ça étrange de voir une telle détermination dans un regard habituellement si vide.
Il s'était imaginé dans la matinée avoir Duo en face de lui. Il avait profité de l'obscurité et il avait rêvé son regard comme celui qu'il avait autrefois.
Un regard déterminé. Un regard volontaire qui collait parfaitement avec la personnalité du châtain. Un regard combatif.
Un regard exactement comme celui qui le fixait à l'instant présent.
- Arrêtez !
La seringue s'arrêta à un demi-centimètre au-dessus de la peau du natté. Les têtes se tournèrent vers le Japonais qui s'était brutalement retourné et avait un pied posé sur le canapé, près à l'enjamber. Malgré l'attention dont il bénéficiait il ne quittait pas l'Américain des yeux.
- Qu'est-ce qu'il y a Heero ?
Il avait douté. Et maintenant il était sûr.
Il l'avait rêvé. Et maintenant il le voyait.
L'explosion dans son cerveau avait peut-être été violente, mais en tout cas elle n'avait laissé que des certitudes.
La personne qu'il avait actuellement en face de lui c'était…
- Duo… ?
Le temps s'arrêta l'espace d'un instant, les secondes s'étirèrent au maximum. Et bien évidemment, les autres secondes qui suivirent cet arrêt passèrent extrêmement vites. Il aurait sûrement fallut plusieurs paires d'yeux pour être sûr de tout voir.
Sûr de voir Sally, Hilde, Wu Fei, Quatre et Trowa écarquiller les yeux avant de se tourner vers Duo.
Sûr de voir Réléna se lever brutalement et reculer de quelques pas.
Sûr de voir Mitsumi se figer et enfoncer l'aguille dans le bras du natté.
Sûr de voir Duo lâcher enfin Heero des yeux et essayer de retirer son bras.
Sûr de voir Heero enjamber le canapé et se précipiter vers eux.
Sûr de voir Duo et Mitsumi tomber dans la précipitation sur la table.
Sûr de voir la seringue être écrasée dans la chute.
Sûr de la voir être écrasée sur une salière, se brisant elle aussi.
Sûr de voir le mélange entrer en réaction pour devenir peu à peu complètement blanc.
Mitsumi se releva l'air hagard et regarda avec horreur la seringue. Sally s'approcha les sourcils froncés.
- Attendez… Attendez… Pourquoi il y a cette réaction avec le sel ? Ce n'est pas censé réagir comme ça normalement…
La jeune femme pâlit brusquement et essaya de parler mais aucun son ne sortit de sa bouche.
- Hilde, va me chercher la boite du médicament.
- Attend bordel ! On a d'autres problèmes là…
Heero et Hilde étaient agenouillés aux côtés du châtain qui était tombé au sol. De longs spasmes le parcouraient et il semblait avoir du mal à respirer.
- Duo ! Calme-toi !
Le natté dirigea alors son regard vers elle. Un regard vif. Un regard qu'elle connaissait. Un regard qu'ils connaissaient tous.
L'Allemande eut un peu de mal à déglutir.
- Ca… Calme-toi Duo… Ca va passer, ok ?
Les yeux de l'Américain se voilèrent alors que les spasmes devenaient de plus en plus forts. Sally pâlit, courut vers le plateau où se trouvait la boite de la bouteille. Elle en sortit le papier qui se trouvait à l'intérieur et lu, non sans une certaine nervosité, sa composition. Quatre s'approcha d'elle.
- Qu'est-ce qui se passe Sally …?
- Le sel c'est du chlorure de sodium… Dans ce médicament il peut effectivement réagir avec… Les ions argent …Mais il ne devrait pas réagir autant… Normalement c'est une dilution alors… Il ne devrait même pas réagir du tout…
Elle se tourna, livide, vers Mitsumi.
- Qu'est-ce que… Qu'est-ce que vous avez fait ?
La jeune femme se figea.
- Vous avez changé le produit dans la bouteille ? Vous avez changé sa dilution ?
- Non ce n'est pas moi qui ai fait ça !
La pupille de Sally s'étrécit.
- Vous saviez… Vous saviez ce qu'il y avait dedans… Vous saviez que ce que vous lui injectiez était…
Le visage de l'infirmière se décomposa. Elle jeta un coup d'œil à Réléna, à l'autre bout de la pièce, mais celle-ci la força à détourner les yeux en la foudroyant du regard.
- Mais vous êtes complètement folle ! C'est extrêmement dangereux ! Vous auriez pu le tuer avec trop d'injections !
- On n'en est peut-être pas loin…
Quatre se tourna vers Heero, livide.
- Quoi ?
Le Japonais était considérablement pâle.
- Il a de plus en plus de mal à respirer et il ne peut même plus garder le regard fixe. Il faut qu'on l'emmène à l'hôpital.
Sally empoigna Mitsumi par le col.
- Mais pourquoi ? Pourquoi vous avez fait une chose pareille ?
Les nerfs de la jeune fille craquèrent complètement. Elle tomba au sol et se mit à trembler.
- On… On m'a payé pour faire ça…
- Quoi ?!
- De grosses sommes d'argent pour… Pour le maintenir sous camisole chimique…
- À ce stade ce n'est plus de la camisole chimique, c'est du grand état comateux !
La bouche de Wu Fei s'affaissa lentement.
- Mais… Sally ne me dis pas que… Son état… C'était à cause de…
Elle lui jeta un regard grave.
- J'en sais rien… Peut-être… Peut-être pas…On ne peut pas être sûr sans tests… Mais en tout une telle dose de ce médicament aurait bien la force de mettre n'importe qui dans un tel état.
Elle jeta un regard glacial à l'infirmière.
- Qui vous payé pour faire ça ?
La jeune femme déglutit difficilement mais ne répondit pas.
- Vous avez avec vous quatre anciens terroristes, une ex-soldat d'OZ et un ancien officier, je vous conseille de répondre.
Elle passa la langue sur ses lèvres, hésita, jeta un nouveau coup d'œil à l'ex-princesse mais détourna bien vite les yeux.
- Je vous conseille vraiment de répondre…
Quatre se figea.
Oh…
Il y avait beaucoup d'émotions dans la pièce.
Beaucoup de peur et de nervosité autour de Duo. Beaucoup de colère aussi, surtout du côté de Sally.
L'infirmière était morte de trouille et tous ses nerfs avaient lâché.
Mais… Mais il restait une dernière émotion…
Pas vraiment de la peur mais… Une sorte d'angoisse.
De l'agacement aussi. Et… De la déception. Beaucoup de déception.
Il se tourna lentement vers l'autre bout de la pièce.
- Non…
Réléna cligna des yeux en voyant Quatre la regarder. Elle prit alors un air étonné et désorienté par la situation.
- Tu le haïssais mais… Mais tu n'aurais quand même pas fait ça…
Heero fronça les sourcils en entendant blond et se releva pour essayer de savoir de quoi il était question.
- De quoi est-ce que tu parles Quatre ?
La voix de la jeune femme était posée mais tremblante d'émotion. Un jeu d'actrice magnifique.
- Même quand on déteste quelqu'un au plus au point… On ne fait pas ça…
Elle eut un moment d'arrêt, puis pris un air choqué, peinée et un peu perdue.
- Mais, Quatre… Tu n'es quand même pas en train d'insinuer que…
- Je n'insinue rien du tout.
La voix de l'Arabe était aussi blanche que son visage. Ses yeux turquoises d'habitude si chaleureux étaient devenus encore plus inquiétant que lorsqu'il était sous système zéro.
- Je t'accuse.
L'ex-princesse tiqua mais essaya quand même de se reprendre. Un éclair blanc déchira le ciel.
- Mais enfin, tu ne penses pas sérieusement que moi, j'aurais pu faire une chose pareille ?
- Arrête ce petit jeu tout de suite s'il te plait.
- Bordel de… ! Duo ! Duo !
L'Allemande qui se tenait toujours à côté du natté se redressa brusquement.
- Sally ! Il ne peut presque plus respirer ! Et ses spasmes sont vraiment violents !
La jeune femme sembla reprendre conscience et se précipita vers elle. Elle examina rapidement Duo avant de se redresser.
- On file directement à l'hôpital ! S'il ne reçoit pas de soins il va y passer !
Hilde commença à relever l'Américain, aidée en cours de route par Trowa et ils sortirent le plus rapidement possible de la pièce. Sally attrapa Quatre par le bras et le tira.
- Dépêche-toi ! La priorité pour le moment c'est Duo !
Il la suivit un peu à contre-cœur mais sortit également de la pièce. Wu Fei qui s'apprêtait à partir jeta un coup d'œil au Japonais resté debout.
- Heero… ?
- J'arrive. Une minute Wu Fei.
Le Chinois sembla hésiter puis il sortit à son tour. Heero n'avait pas lâché Réléna du regard depuis qu'il s'était relevé. Il respirait calmement et son regard était neutre. La jeune femme resta sans bouger un moment puis elle fit un pas dans sa direction, le regard triste.
- Heero… Ne me dis pas que tu vas croire ce qu'il a supposé ?
- Je ne sais pas.
Elle s'arrêta. Un éclair tomba un peu plus loin de la maison et le bruit du tonnerre se fit moins fort.
- Heero.
- J'ai une entière confiance en Quatre.
Elle secoua la tête.
- Mais enfin, je suis ta petite-amie…
- Oui…
Le brun resta silencieux quelques instants.
- Tu es ma petit-amie, Quatre est mon ami, et dans une situation aussi grave je sais que je lui fais entièrement confiance. Et… Je ne sais pas si je dois te faire confiance à toi ou pas.
- Oui tu le dois !
Il resta pensif.
- Non… Je le devrais.
- Quoi ?
- Je devrais te faire confiance si tu es ma petite-amie. Mais je ne sais pas si je dois le faire… Alors…
Il la lâcha enfin des yeux.
- Alors est-ce que je te considère vraiment comme ma petite-amie … ?
Elle écarquilla les yeux.
- Heero…
Il secoua la tête et se dirigea vers la porte.
- Je suis désolé Réléna. Mais même avant de connaître le fin mot de l'histoire, le simple fait que je me demande si je dois te faire confiance me pose problème. J'ai l'impression de m'être trompé sur notre relation…
Il posa la main sur la poignée.
- Je ne sais pas encore très bien mais… Je crois que finalement on ne va pas faire de « pause ».
Elle le regarda ouvrir la porte, mortifiée.
- Ah oui, et pendant que j'y pense…
Il tourna lentement vers elle un regard qui la glaça sur place.
- Tout ça est en dehors de si oui ou non tu y es pour quelque chose dans l'état de Duo mais…
Son regard se fit encore un peu plus froid.
- J'espère vraiment que tu n'as rien à voir avec ça. Vraiment.
Il sortit de la pièce et referma calmement la porte. Un dernier éclair traversa le ciel et puis l'orage se tut.
To be continued…¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
Tadddam :)
Et voilà pour aujourd'hui. J'espère que ça vous a plu et que ceux qui piétinaient sont enfin rassurés ;)
Et Merry Christmas à tout le monde !
See u
Brisby
PS : pour les chimistes… j'ai été demandé à un futur prof de chimie une réaction qui pourrait se produire avec du chlorure de sodium… Après une longue réflexion pleine de prenage de neurone il a abandonné en me laissant juste la réaction du précipité blanc avec l'argent. Bon, étant donné qu'il s'agit là de sel solide et non de solution et que même si le médicament est peu dilué il n'est pas composé que d'argent, ça paraît un peu improbable comme réaction, je sais… Mais on va dire que c'est là un miracle de noël ;p
