Titre : Comme un enfant, chapitre 23

Base : Gundam Wing

Auteur : Brisby

Couple : 1+2+1 ; 1x2

Genre : yaoï, angst, OOC, lime

Rating : ça chauffe xd

Disclamer : Les g-boys ne sont pas à moi.

clin d'oeil à : Mithy ! Miguel... Dis "camion"... XD crevarde.esp

Note : J'ai eu mes cours sur les infections sexuellement transmissible (quel nombre impressionnant d'autres petites bêbêtes nous avons en plus du sida... ). Je vous fais le résumé : HAAA ! ¤frissonne¤ ¤défaille¤ ¤tombe de sa chaise¤ ¤remonte péniblement sur sa table¤ ¤pâlit¤ ¤verdit¤ ¤se cache dans ses mains¤ ¤reregarde quand même parce que la fibre masochiste de la curiosité à l'hôpital ça ne s'invente pas¤ ¤commence à se sentir mal¤ ¤accompagne l'amphi dans ses « bwwaaarg »¤. J'ai également eu mes cours de soins à prodiguer aux personnes atteintes du VIH. Vous voulez la conclusion de mes cours ? SORTEZ COUVERTS!

Comme un enfant
Chapitre 23

Duo Maxwell buvait tranquillement un thé brûlant, assis sur la rambarde du balcon. Il leva lentementla tête, observant avec de grands yeux la lune pleine et ronde qui l'éclairait. Il observa longuement le satellite argenté qui brillait au-dessus de lui, sirotant son thé à petites gorgées. Le temps s'était radouci et les nuits n'étaient plus aussi étouffantes qu'auparavant. Un petit vent passa justement dans les arbres, faisant bruisser les feuilles doucement. Le natté regarda le paysage nocturne autour de lui en souriant, puis il inspira profondément.

Ca faisait maintenant trois semaines que Heero était parti. Duo ne savait pas s'il devait s'en inquiéter ou pas. Après tout, il lui avait dit qu'il comptait partir pour une semaine seulement. Bon… S'il voulait être honnête avec lui-même, il devait bien s'avouer que le brun lui avait dit « quelques jours » ou « une semaine » ou « plus ». Mais bon, devant autant de détails, Duo avait préféré couper la poire en deux. Une semaine ça lui paraissait bon. Enfin du moins, ça lui paraissait largement suffisant pour que lui se torture le cerveau à coup de remords.

Le châtain soupira. Depuis le départ du Japonais, il n'arrêtait pas de se questionner. Il n'arrivait pas à se mettre d'accord si oui ou non il en avait trop fait. D'un côté, il avait l'impression de s'être déclaré au mauvais moment et de n'avoir fait que mettre la pression au brun en finissant même par le menacer. Et puis d'un autre côté… Bon sang, il pensait chaque mot qu'il lui avait dit ! Il s'était peut-être déclaré à un moment pas très opportun, mais y en avait-il seulement un après autant d'années à l'aimer sans rien dire et après que son ex ait essayé de le tuer pour finalement mourir devant eux ? Ce n'était peut-être pas le bon moment, mais il n'était pas du tout sûr qu'attendre ait été mieux. Et puis s'il attendait trop, il voyait mal comment il pourrait amener à nouveau le sujet. « Tu te souviens, il y a six mois tu m'as demandé si un de tes rêves était réel ou pas ? ». Hm… Non, définitivement pas. Quand au baiser, plus il y repensait, plus il se disait que Heero aurait au moins dû lui donner une explication. Nan mais sans déconner… Il voulait qu'il le prenne comment, comme ça, à chaud ? Heero aurait dû savoir qu'il en serait blessé. Heero aurait dû au moins lui en parler. C'était ce qui quiconque aurait fait… ! Mais bon… Heero n'était pas n'importe, et c'était justement là le problème. Il ne réagissait pas comme « les gens » réagissaient « en général ».

Duo avala une gorgée de son thé en se demandant quand le Japonais allait bien pouvoir rentrer. Il l'avait prévenu. Il lui avait dit qu'il ne l'attendrait pas éternellement. … Bon, en vérité, Duo savait qu'il l'attendrait jusqu'à ce qu'il revienne, même si ça prenait des mois. Par contre si une fois revenu il ne savait toujours pas à quoi s'en tenir, là il tirerait une croix sur leur possible « nous ». Si tenté qu'il y parvienne. Et si tenté que le brun revienne un jour à la villa. Après tout, il pouvait décider de retourner à son ancienne vie sans repasser les voir. Le voir.

Duo porta à nouveau la tasse à ses lèvres, se demandant distraitement si le liquide brûlant pourrait faire fondre le bloc de glace qui semblait avoir élu domicile dans son estomac. Est-ce qu'il en avait trop fait ? Est-ce qu'il avait trop mis la pression au Japonais ? Quelque part, il était persuadé d'avoir eu raison de poser ses limites dans cette relation tordue qui s'était installée entre eux. Heero semblait en avoir plus que besoin. Mais est-ce que ça avait vraiment été le bon moment pour le faire ? Il avait fait ça pour se protéger et protéger ses sentiments, mais dans le processus il avait oublié ceux du brun. Après tout, tout ce qui c'était passé dernièrement l'avait grandement secoué. Mais aurait-il seulement eu un autre moment pour les poser, ces limites ? Il n'en était pas du tout sûr…

Duo soupira lourdement, en laissant son regard planer au loin. Il n'en avait pas encore parlé aux autres. Pas qu'il ne pense qu'ils n'étaient pas au courant. Ils le connaissaient bien et ils étaient curieux, ils étaient sûrement déjà au courant de tout. Mais l'Américain n'avait pas eu envie d'en parler avec aucun d'entre eux. Il préférait garder ses réflexions pour lui-même. Enfin, pour lui-même et pour son autre lui. Qui avait d'ailleurs fait une overdose sur le sujet et ne voulait plus en entendre parler. Enfin de toute manière, il s'était contenté de répéter qu'il ne savait pas, que tout ce qu'il voyait c'était qu'ils se bouffaient des yeux, que c'était Duo qui était amoureux de Heero, Duo qui le connaissait le mieux, donc il ne voyait vraiment pas comment il pouvait répondre à ses questions. Mais en tout cas, ce que Duo retenait de ce silence, c'était encore plus d'insécurité. Est-ce qu'il avait tout ruiné ? Est-ce qu'il avait gâché toutes ses chances ? Avait-il seulement eu la moindre chance ?

- Hey.

Duo aurait dû être profondément outré qu'on l'interrompe ainsi dans ses grandes réflexions mélodramatiques. Il jouait pas souvent le dramaturge de soap opéra, on pouvait quand même le laisser tranquille quand il le faisait.

Pourtant, il n'eut pas le temps de se sentir outragé parce qu'il fut tellement surprit qu'il sursauta, renversant alors une partie de sa tasse de thé. Il poussa une exclamation de douleur quand le liquide brûlant de répandit sur son bras.

- Outch !! Ah c'est pas vrai ! Ca brûle ce truc ! Bordel !

Il secoua vivement son bras pour en chasser l'eau brûlante.

- Merde Heero, tu pourrais pas faire un peu plus de bruit quand tu arrives quelque part !

- Désolé.

Le brun s'avança lentement sur le balcon alors que Duo continuait à jurer, essuyant son bras avec sa main.

- Ca va ?

- Ouais… L'eau était quand même pas suffisamment chaude pour faire une brûlure mais c'est pas vraiment agréable quand même…

Le natté se calme peu à peu, éclipsant peu à peu l'information de la brûlure par celle du retour de Heero. Un sourire sarcastique étira ses lèvres.

- Tu fais toujours des arrivées fracassantes comme ça ?

- Habituellement non. Enfin peut-être. Mais en général, personne ne se brûle.

Duo grommela quelque chose en réponse au ton moqueur du brun qui s'était adossé à la rambarde à l'autre bout du balcon.

- Tu es revenu quand ?

- Il y a cinq minutes. J'étais monté pour me coucher mais j'ai vu la porte entrouverte.

L'estomac du châtain se contracta.

- Wah… Je devrais me sentir flatté par le fait que tu sois venu m'ébouillanter au lieu d'aller dormir ?

Heero haussa un sourcil alors qu'un petit sourire se dessinait sur ses lèvres.

- … Si ça flatte ton ego.

- Alors toi… !

L'Américain fit mine de lui jeter le reste de son thé et Heero fit un pas en arrière, son sourire s'agrandissant. Finalement, Duo préféra le maudire silencieusement et finir sa tasse. Il s'appuya contre la rambarde et sirota silencieusement son infusion, la gorge nouée. Boire était une très bonne diversion. Il avait mille et une questions à poser au Japonais, comme par exemple, et vraiment par exemple, s'il avait trouvé une réponse qui lui convenait à sa déclaration. Mais il n'était absolument pas sûr qu'il puisse dire ses questions. Sa gorge était tellement serrée qu'il ne savait pas s'il réussirait à parler. Le brun, appuyé contre la rambarde à quelques mètres de lui, ne rendait pas vraiment les choses plus faciles. Il ne cessait de porter son regard sur diverses choses, le châtain étant sûrement celle à qui il accordait le plus d'attention. L'ambiance entre eux n'était ni lourde, ni vraiment pesante. Mais une légère tension semblait flotter.

Quand Duo se rendit compte qu'il avait avalé la dernière gorgée de son infusion il se maudit silencieusement pour ne pas avoir bu assez lentement. Maintenant qu'il n'avait plus son thé comme prétexte, ils allaient bien être obligé de parler. Ou alors peut-être qu'avec un peu de chance ils n'auraient pas à le faire. Duo voyait difficilement comment, mais après tout, il avait le droit d'espérer. Il éloigna la tasse de sa bouche et lécha par réflexe l'auréole de thé autour de sa lèvre supérieure. La tension grimpa alors d'un cran et le châtain se tendit. Oh que non ils n'allaient pas pouvoir rester sans parler…

Duo posa sa tasse et se tourna vers le Japonais qui fixait d'un air nonchalant le jardin.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Duo savait que la question était stupide et qu'elle les éloignait du sujet dont ils devaient discuter… Mais il n'avait aucune idée de comment débuter la conversation, alors il avait prit la première chose qui lui était venu à l'esprit.

Le Japonais le regarda d'un air qui aurait pu paraître parfaitement interrogatif. Ou peut-être l'était-il vraiment.

- Quoi ?

- Je sais pas, tu me jettes des coups d'œil depuis tout à l'heure, donc je me demandais s'il y avait quelque chose qui te dérangeait.

Un silence s'installa entre eux pendant qu'Heero le fixait, l'air profondément perdu dans ses pensées, comme s'il réfléchissait réellement à la question.

- Je peux te regarder ?

- Me regard…?

La phrase avait était dite avec une telle innocence que l'Américain resta un moment incrédule avant de sentir ses joue chauffer de plus en plus.

- Si… Hm… Si tu veux…

Gêné, il détourna quand même le regard et essaya de se focaliser sur la lune. Heero garda la tête baissée pendant un moment avant de la relever lentement. Son regard remonta doucement le long du corps du natté. Tout d'abord, il s'arrêta ses pieds nus, couverts de cornes malgré les deux années à l'hôpital. Puis ses jambes, ou du moins ce que son pantalon laissait voir. Il ne s'attarda pas trop sur son entrejambe, sentant son sang lui monter au visage. Il détailla longuement ce que son t-shirt laissait voir de son torse. Et enfin il observa attentivement son visage.

Duo continuait de fixer la lune, essayant de retrouver son calme et de faire disparaître ce rouge qui lui empourprait les joues. Sans succès évidemment…

Il sentit soudain une main se poser sur sa gorge. Tout son corps se tendit en une seconde. La main en question descendit lentement vers son torse, le caressant à travers le tissu puis elle arriva enfin à son ventre où elle resta longtemps. Le natté ferma lentement les yeux, essayant de calmer son cœur qui battait à un rythme effréné.

Le Japonais fixait ce ventre qu'il caressait lentement. Le tissu le gênait, il aurait préféré sentir directement la peau du châtain. Un de ses doigts s'égara un peu plus bas, commençant à soulever le vêtement. Une main se posa sur la sienne, l'éloigna vivement de ce corps qu'il touchait. Il leva les yeux et s'aperçut que le natté avait baissé la tête.

- Arrête… S'il te plait Heero, arrête.

Loin de lui obéir, le brun s'approcha un peu plus de lui. Il se baissa légèrement et sans vraiment l'embrasser, il effleura la peau de l'Américain de ses lèvres. Mais Duo se débattit le repoussa encore une fois.

- Hey ! Je t'ai dis d'arrêter Heero !

Entendant l'éclat de colère dans la voix du natté, le Japonais s'écarta. Duo en profita pour descendre de la rambarde où il était toujours perché et lui jeta un regard noir. Il soupira et passa une main distraite dans ses cheveux.

- Je te l'ai dit Heero, je ne suis pas comme elle, je n'accepterai pas tout ce quelle a accepté. Je t'aime, c'est vrai. Ca ne te donne pas le droit de faire ce que tu veux pour autant. Pas tant que tu ne m'as pas répondu. Pas tant que je ne sais pas.

Le brun le regarda sans rien dire puis il s'approcha à nouveau de lui, le bloquant contre la rambarde. Le châtain essaya bien de se dégager, mais Heero saisit ses hanches, l'empêchant de trop bouger. Il soutint calmement le regard énervé qu'il lui lançait.

- Tu n'arrêtes pas de me dire que tu n'es pas comme elle, que tu n'es pas elle… Et pourtant tu agis comme elle. Tu me demandes les mêmes choses qu'elle.

Duo parut scandalisé par sa remarque et s'apprêtait à répondre quelque chose mais le Japonais ne lui en laissa pas le temps.

- Il y a beaucoup de chose que je ne comprends pas Duo. Surtout quand ça concerne mes relations avec les gens. Tu ne peux pas me demander de te dire ces mots qu'ils disent tous. Je ne pourrais pas te les dire, ils n'ont aucun sens pour moi.

Le natté baissa les yeux.

- Je ne te demande pas de…

- Tu me demandes des choses que je ne sais pas faire Duo.

L'Américain lui jeta un regard agacé.

- C'est un peu facile tu ne crois pas ? Tu ne peux pas alors je vais devoir m'en contenter ou alors bye bye. Je viens de passer deux ans enfermé dans mon propre corps Heero, alors excuse-moi de te brusquer mais je n'ai pas envie d'attendre plus longtemps. C'est peut-être une des raisons que m'a le plus aidé à te dire enfin que je t'aimais. Mais quoi qu'il en soit, je ne me contenterais pas d'un « désolé je ne peux pas te dire ça ». Je ne te demande pas la lune Heero, je te demande juste ce que tu penses de…

Le rouge lui monta à nouveau aux joues.

- …moi…

Le châtain baissa les yeux.

- Ce que tu penses d'un « nous »… Si c'est trop te demander alors il vaut mieux tout arrêter là. Si c'est flou ça ne marchera jamais Heero, c'est couru d'avance. Et… Et je tiens trop à toi pour te perdre d'une façon si stupide…

- Me perdre ?

Duo soupira.

- Te perdre en tant qu'ami.

- On est encore amis ?

- … Je… Je ne sais pas…

Le Japonais effleura doucement la joue du natté.

- Tu ne m'avais pas dis que quelque part tu serais toujours amoureux de moi ?

- Je t'ai aussi dit que je n'attendrai pas éternellement…

Le ton du châtain était hargneux mais il finit par soupirer et fermer les yeux.

- Oui je te l'ai dit… Et je pense que c'est vrai. Je ne peux pas arrêter de t'aimer comme ça, en un clin d'œil. Et je crois que, peu importe le nombre d'années qui passera, ça ne disparaîtra jamais totalement. Parce que je t'aime bien trop pour cela.

Il releva la tête malgré la gêne évidente qu'il ressentait.

- Et c'est justement parce que je t'aime autant et que je tiens tellement à toi, que je préfèrerai qu'on reste amis plutôt que de prendre le risque de se détester.

- Parce que tu penses vraiment qu'on peut encore être amis après ce que tu viens de dire ?

- Mais tu commences à m'énerver avec tes questions ! Je suis pas Madame Soleil moi !

Heero se colla encore un peu à lui, l'empêchant un peu plusde bouger.

- Calme-toi Duo. Je comprends que tu aies envie d'avancer après avoir été privé de tout mouvement pendant deux ans mais il faut que tu te calmes. Tu es trop pressé, tu ne m'écoutes même pas.

- Mais si je t'écoute !

Le brun passa tendrement la main dans les cheveux de l'Américain.

- Non tu ne m'écoutes pas. T'ai-je dit une seule fois ce soir que je ne ressentais rien pour toi ?

Le natté se figea à ses mots. Il cessa de remueret observa le brun.

- Tu m'as dit que tu ne pouvais pas me dire si tu m'aimais ou pas…

- C'est exact. Je ne peux pas te le dire parce que je n'ai jamais été amoureux de quelqu'un. Je ne sais donc pas si ce que je ressens pour toi c'est de l'amour ou… autre chose.

Le châtain lui jeta un regard peu convaincu.

- Autre chose ?

- Oui. Je ne sais pas… De la complicité, de l'amitié…

Le Japonais soupira.

- Je sais maintenant que je n'étais pas amoureux de Réléna. Enfin je ne crois pas… C'est… C'est compliqué pour moi Duo…

Il passa nerveusement la main dans ses cheveux et ferma les yeux un moment comme pour remettre de l'ordre dans ses pensées.

- Je ne sais pas. Je n'arrive même pas à savoir exactement s'il s'agissait d'une grande amitié ou si c'était de l'amour. Je pense que… Je me sentais proche d'elle. Je n'aurais pas pu passer tout ce temps avec elle sinon. Mais…

Il passa doucement sa main sur la joue du natté.

- …Mais quoi que j'ai pu ressentir pour elle, amour ou amitié, ce n'est en rien comparable à ce que je ressens pour toi.

Duo déglutit difficilement alors que le brun posait un regard brûlant sur lui.

- Je ne peux mettre un nom sur ce que je ressens pour toi Duo, parce que je n'ai jamais ressentit quelque chose de semblable pour pouvoir comparer. Pendant ces trois semaines j'ai essayé de mettre de l'ordre des ce que je ressentais et tenter d'assimiler la mort de Réléna… Mais ça m'a pris bien plus que de temps que je ne pensais. Et c'est de ta faute…

Il s'approcha un peu plus du visage du natté, faisant se frôler leurs nez.

- A partir du moment où j'ai quitté cette maison, ça a été compliqué de réussir à te sortir de ma tête.

Duo essaya comme il put de se reculer pour garder de la distance entre eux, la rambarde dans son dos l'en empêchant considérablement.

- Ta voix, ta façon d'être, ton corps, toutes ces choses que tu m'avais dites, tes sourires, tes regards… Toi. Tu m'as pratiquement tout le temps hanté. Je pense que dans ce cas là, on peut dire que tu m'as manqué.

Cette phrase aurait pu émouvoir l'Américain. Elle aurait dû l'émouvoir. Mais avec la tension entre eux qui se faisait de plus en plus lourde, cette phrase lui prit simplement son souffle alors qu'un léger frisson lui parcourait le dos.

- Je ne peux pas te dire ces mots que tu attends Duo, ils n'auraient aucun sens. Tout ce que je peux dire, c'est que je n'ai jamais eu autant envie d'être auprès d'une personne, jamais eu autant envie de rester avec elle, de pouvoir la toucher…

Le châtain se demanda vaguement s'il faisait une poussée de fièvre. Ce n'était pas possible, Heero s'était parfumé aux phéromones pour rendre l'ambiance si tendue et donner au natté cette impression de chaleur ?

- Je n'ai jamais ressenti quelque chose comme ça Duo, jamais avec une telle intensité. C'est pour ça que je ne pourrais pas te dire si c'est plus ou moins que ce que j'ai pu ressentir pour d'autres personne parce que je n'ai strictement rien pour comparer. Et c'est aussi pour ça que je ne pourrais pas te nommer ces sentiments que je ressens pour toi.

Un long silence suivit ses mots sans qu'aucun d'eux ne bouge. Duo était tendu au maximum et il fixait le brun les yeux exorbités, la respiration coupée. Puis Heero se détacha lentement de lui.

- Je suis désolé si ça ne te suffit pas.

Il garda la tête baissée, attendant la réponse du natté. Celui-ci le fixa longuement, les yeux ronds, puis il leva le poing et l'abattit violemment sur la tête du brun. Le Japonais recula d'un pas, releva la tête tout en portant la main à l'endroit où le poing du châtain l'avait frappé. Il le regarda sans comprendre tandis que Duo le fixait d'un regard noir. Il s'approcha de lui en le pointant du doigt.

- Mais t'es pas bien toi ! Heero, franchement, je me demande ce qui ne tourne pas rond chez toi !

Le brun recula par réflexe au fur et à mesure que l'Américain avançait. Il se retrouva finalement adossé à la rambarde à l'autre bout du balcon. Duo se planta devant lui et posa ses poings sur ses hanches.

- Heero… Repasse dans ta tête tout ce que tu viens de me dire et fais m'en le résumé s'il te plait.

Le Japonais cligna des yeux mais s'exécuta.

- Hm… Je t'ai dis que je ne savais pas ce que je ressentais pour toi, mais qu'en tout cas je n'avais jamais ressenti un sentiment aussi fort.

Duo croisa les bras sur son torse.

- Voilà. Maintenant dis-moi quelles sont les différences entre ça et une déclaration d'amour ?

Heero resta un moment silencieux, les sourcils froncés.

- … Je ne sais pas.

- Et pour cause Heero, je ne pense pas qu'il y en ait. Pour moi ce que tu m'as dis ressemble plus ou moins, et même plus que moins, à une déclaration.

Ils restèrent silencieux un moment.

- Alors… C'est ce que tu attendais que je te dise ?

Duo pinça les lèvres et plissa les yeux. Il prit une profonde inspiration, les bras toujours croisés.

- Exact. Mais tu vois sur le coup, je n'ai pas encore choisi si je devais en être content ou si je devais être agacé par le fait que tu ne te sois même pas rendu compte de ce que tu disais.

Heero haussa les sourcils et le fixa, attendant les prochains mots du natté. Celui-ci resta longuement pensif, semblant réfléchir à la question avec grand intérêt. Il finit par pousser un profond soupir.

- Bon… Alors je suppose que…

Le Japonais regarda d'un air légèrement abasourdi le châtain passer ses bras autour de son cou et lui déposer un court baiser sur le bout du nez.

- …Le fait que ce que tu m'aies dit me semble la plus belle, et l'unique, déclaration que j'aie jamais entendu penche en ta faveur. En toute objectivité…

Heero le regarda encore un peu étonné, puis il rapprocha le châtain de lui en enserrant sa taille d'une main.

- Je dois en conclure que tu es d'accord pour tenter quelque chose même si je ne peux pas être véritablement clair ?

Duo lui sourit et se serra un peu plus contre lui.

- Et bien, je trouve que tu as été suffisamment clair pour calmer mes peurs de névrosé à peine relâché dans le monde réel après deux années de pseudo-coma. Pour le reste je suis prêt à aller à ton rythme.

Il inclina la tête pour l'embrasser puis il se recula jusqu'à décoller leurs deux corps. Il l'observa un moment un sourire aux lèvres. Duo se sentait bien. Oui, il était calme. Cette conversation lui avait apporté une certaine sérénité. Il sentit alors deux doigts remonter le long de son bras. Il releva alors la tête et croisa un regard bleu qui, s'il n'était pas aussi flamboyant qu'au début de leur conversation, se rallumait lentement mais sûrement. Duo déglutit difficilement, sentant son calme s'effilocher peu à peu. Il fallait… Il fallait vraiment que Heero arrête de le fixer comme si il allait le bouffer. Parce qu'il ne savait pas combien de temps il serait en état de résister à ce regard qui augmentait de façon considérable la température de son sang.

Le brun le regarda longuement et sourit devant l'air anxieux du châtain. Il finit par s'avancer pour lui rendre le baiser donné quelques minutes auparavant, à la différence qu'il l'approfondit en allant titiller la langue du châtain. Quand il se recula, le natté le fixait, les yeux exorbités et le souffle court. Il ne semblait pas encore avoir reprit le contrôle de ses muscles faciaux puisque sa bouche était toujours tendue en avant, comme lors du baiser. Un petit sourire moqueur se dessina sur les lèvres du Japonais.

Le sourcil gauche de Duo se fronça lentement. Oh… Oh… Oh il se foutait de sa gueule ? Oh oui… Comme il devait le trouver mignon. Comme il devait se dire qu'il était perdu, que ces sensations devaient être nouvelles pour lui. Comme il devait se dire qu'il embrassait si foutrement bien qu'il le laissait en transe. … Comme le natté alors allait se faire un plaisir de le contrarier.

Duo se rapprocha un peu plus, collant leurs corps. Il leva les bras et joignit ses mains derrières la nuque du Japonais, se cambrant du fait de la position et plaquant encore plus leurs bassins l'un contre l'autre. Il finit de se scotcher complètement à lui et l'embrassa lentement sans le quitter des yeux. Une fois le baiser finit, ils restèrent front contre front, se fixant. Un sourire étira les lèvres du natté et il se mit à mordiller la lèvre inférieure du brun, ne lâchant pas le regard bleu posé sur lui. Lorsque Heero essaya d'échapper à ses mordillements, il posa un doigt sur ses lèvres et s'éloigna en se cambrant, un sourire railleur accroché aux lèvres. Heero haussa un sourcil, piqué dans sa fierté. Il attrapa l'Américain et changea leur position, le bloquant contre la rambarde. Il s'avança à nouveau pour l'embrasser quand il sentit au milieu du baiser deux mains se poser sur ses fesses et les pincer. Il les écarta et jeta un regard agacé à Duo dont un grand sourire barrait le visage et qui semblait à deux doigts d'éclater de rire. Il soupira et embrassa une nouvelle fois les lèvres du natté. Il se pencha un peu plus et commença à embrasser et mordiller la peau de son cou. Duo passa la main dans ses cheveux, s'y agrippant par moment, en signe d'approbation. Sans quitter sa gorge, Heero commença à relever le bas du t-shirt de l'Américain et ses doigts entreprirent de caresser sa peau.

- Heero…

Le Japonais se redressa pour embrasser ses lèvres qui avaient murmuré son prénom, satisfait d'avoir fait retrouver au natté son sérieux. Après plusieurs baisers il finit par les lécher entièrement puis il se baissa lentement, embrassant le corps du châtain à travers son t-shirt. Il se retrouva finalement à genoux, juste au niveau du ventre de Duo. Il releva un peu plus son t-shirt et se mit à embrasser la peau blanche du natté. Il remonta jusqu'aux deux lignes d'abdominaux qui avaient survécus à ces quelques années d'inactivité puis il redescendit lentement. Il traça une grande spirale autour de son nombril avec sa langue, se rapprochant lentement de son centre. Il finit par y glisser quelques coups de langues taquins qui réussirent à arracher quelques grondements au châtain. Puis il se baissa encore un peu plus, faisant se crisper Duo quand il le sentit à hauteur de son entrejambe.

- Non Heero… Arrête.

Le natté essaya de le repousser sans vraiment y arriver. Au contraire, le Japonais approcha encore plus son visage, ne se contentant plus d'effleurer le corps de l'Américain. Celui-ci essayait de se raisonner lui-même avant de tenter de raisonner le brun.

Ok c'était lui qui avait commencé le jeu. Ok il avait assez encouragé Heero à… Développer ses idées ? Non mais là il fallait qu'il se calme. Il devait se calmer. Parce que sinon… Il risquait bien de ne pas se contenter de quelques baisers. Et si Heero continuait ainsi…

Il serra fortement les dents pour empêcher un grondement de passer ses lèvres. Le Japonais s'était un peu plus rapproché de lui. Il pouvait maintenant sentir distinctement sa joue à travers le tissu de son pantalon… Cette joue qui se frottait lentement contre… Ok, là il fallait qu'il l'arrête. Il fallait vraiment qu'il l'arrête. Même si ça lui envoyait des frissons partout dans le corps. Même s'il ne se souvenait que confusément de la gravité et qu'il n'était d'ailleurs pas sûr du tout d'avoir la tête à l'endroit. Même si ses hormone étaient à fleur de peau et prenaient grand soin de d'arrêter le moindre message nerveux. Oui, même avec tout ça il fallait qu'il arrête parce que… Parce que… Hum… Pourquoi est-ce qu'il fallait qu'il arrête déjà ?

Duo reprit ses esprits quand il sentit des doigts s'immiscer sous son pantalon tandis que d'autres commençaient à en défaire les boutons. Il repoussa Heero, le faisant tomber en arrière. Il essaya de se calmer et quand il releva la tête le brun, toujours au sol, le fixait. Il n'affichait aucun air de reproche ou de colère, il le regardait calmement. Quelque part, le natté se sentit apaisé par ce calme. Il s'approcha du brun et s'assit à califourchon sur son ventre. Ils s'observèrent en silence jusqu'à ce que Duo se mette à sourire et se penche pour l'embrasser. Il resta à hauteur de son oreille.

- Il ne faut pas que tu m'attises trop Hee-chan, sinon je vais être tenté d'aller jusqu'au bout.

Heero leva la main et la passa dans la chevelure du natté, caressant doucement sa joue au passage.

- Ca faisait longtemps…

- De quoi ?

- Que tu ne m'avais pas appelé comme ça.

L'Américain réfléchit un instant, ne voyant pas bien où il voulait en venir avant de comprendre à quoi le brun faisait référence.

- Oh… Oui, c'est vrai.

- Il se mit à sourire.

- Peut-être parce que ce surnom évoque pour moi une époque révolue.

- Révolue ?

Duo se redressa et leva la tête jusqu'à regarder le ciel.

- Oui, cette époque est finie. C'était une époque où je n'étais pas très courageux. J'avais peur que vous découvriez que j'avais une personnalité multiple, je tenais tête à Réléna pendant nos disputes mais je n'avais pas assez de cran pour faire comme elle et étaler franchement mes sentiments en public, et tu me paraissais tellement lointain que je faisais n'importe quoi pour me sentir un peu plus proche de toi…

Il baissa à nouveau son regard vers le brun.

- …Même te donner un surnom.

Le Japonais le fixa sans laisser d'émotions transparaître sur son visage.

- Ca m'énervait.

- Ce surnom ?

- Oui.

Le natté grimaça.

- Excuse-moi.

- Ce n'est pas tant le surnom en lui-même qui m'énervait, une fois que j'y ai été habitué. Mais tu me le servais à toutes les sauces. Ca c'était agaçant.

Il leva la main vers le bras du châtain et le tira vers lui.

- Pourtant, je crois que l'entendre ce soir m'a fait… plaisir. Peut-être que ça m'avait manqué finalement.

Duo lui sourit en se baissant à nouveau vers lui.

- Alors si tu es sage je te surnommerais de temps en temps comme ça.

Heero se redressa un peu et l'embrassa, recommençant à caresser le corps du châtain à travers ses vêtements. Celui-ci attrapa ces mains décidément baladeuses et le regarda d'un air de reproche.

- En attendant monsieur Yuy vous avez honteusement détourné la discussion.

- Non ?

Le natté se mit à sourire devant sa mauvaise foi.

- Et oui.

- Pourquoi, de quoi on parlait ?

Il s'avança jusqu'à être au-dessus de la tête du Japonais et lui remémora son avertissement dans un murmure.

- Je te disais que si tu continuais comme ça Heero, je risquais de ne plus vouloir m'arrêter.

- Et alors ?

L'Américain se redressa étonné et le regarda.

- Je pensais que tu voulais aller à ton rythme ?

- Oui. Et ?

Il cligna des yeux, un peu désemparé par les réponses du brun.

- Et bien, je pensais que tu préfèrerais si on avançait petit à petit.

- C'est vrai, je préfèrerai.

Non, il ne comprenait décidément plus rien.

- Huh… Bon pour les baisers et les câlins je n'y vois aucun problème mais tu sais en général caresser quelqu'un et essayer de lui enlever son pantalon ce n'est pas ce qu'on appelle « avancer petit à petit ».

Le Japonais se redressa sur les coudes et embrassa le natté.

- Peut-être, oui. Mais je ne suis pas un cas « général » Duo. J'aimerais y aller calmement quand aux choses que je ne comprends pas. Ce que je voudrais c'est que tu me laisses prendre mon temps pour que je puisse essayer de comprendre et d'analyser tout ce qui me pose problème. Mais…

Sur lèvres s'égarèrent vers son oreille qu'il commença à mordiller.

- Mais je ne vois pas la raison d'aller lentement vers quelque chose quand je sais exactement ce que je veux. Et justement, j'ai une idée précise de ce que je veux ce soir.

Il lécha le contour de l'oreille du jeune homme.

- Je te veux Duo. J'ai envie de pouvoir caresser ta peau sans qu'aucun de tes vêtements ne me gêne. Je veux embrasser chaque parcelle de ton corps sans en oublier aucune. Je te veux nu et contre moi, te sentir avec chaque partie de mon corps. Je veux être en toi et savoir que je suis à l'origine de ces cris de jouissance que tu pousses. J'ai envie de faire l'amour avec toi, Duo.

Il posa sa main sur la tête du natté.

- Mais si tu préfères qu'on attende un peu.

Pour la deuxième fois de la soirée, le poing de Duo rencontra violemment le crâne du Japonais.

- Attendre ? Je fantasme sur toi depuis que j'ai quinze ans mais pourquoi pas attendre deux jours de plus c'est vrai. Surtout qu'après ce que tu viens de me dire je pense pouvoir aller me coucher en toute sérénité.

Heero le fixa longuement l'air étonné.

- Tu fantasmes sur moi depuis que tu as quinze ans ?

Le châtain sentit le rouge lui monter peu à peu aux joues et il pencha pour l'embrasser.

- Quand tu auras finis de t'attarder sur ce genre de détails…

Heero se redressa complètement jusqu'à être assis et recommença à embrasser le châtain. Il passa une main sur sa nuque, emmêlant ses doigts dans ses petits cheveux et la seconde dans le bas de son dos pour le coller contre lui. Duo se remua légèrement pour se réinstaller, se retrouvant finalement assit sur les cuisses du brun. Il encercla sa taille avec ses jambes, collant leurs bassins. Après quelques minutes, les baisers devinrent de plus en plus empressés et les mains s'égarèrent de plus en plus souvent sous les vêtements. Le natté finit par décoller leurs corps et observa un moment le Japonais, quasiment front contre front. Ses mains s'accrochèrent au bas de son t-shirt et il le remonta, lui enlevant lentement. Une fois le vêtement enlevé il fit redescendre ses mains le long du corps du brun, les suivant des yeux avant de lever la tête vers Heero. Il observa quelques instants le regard brûlant posé sur lui puis il s'éloigna un peu plus, croisa les bras et attrapa le bas de son débardeur. Il le retira lentement, ne lâchant pas du regard les yeux bleus qui suivaient la progression. Quand il l'eut complètement enlevé, Heero se pencha et commença à embrasser sa peau. Les frottements s'accélérèrent et les souffles se firent plus courts. Le Japonais finit par se relever et il jeta un coup d'œil à la chambre.

- C'est ta chambre ?

Duo déglutit et essaya de réhumidifier sa bouffe le plus rapidement possible.

- Huh… Non. C'est une des chambres inoccupées.

- … On doit pouvoir utiliser le lit quand même.

L'Américain ferma les yeux un instant, un sourire étirant peu à peu ses lèvres.

- Oh, Heero… Tu ne veux pas le faire sur le balcon ? C'est tellement plus romantique et plus confortable…

Le brun se pencha pour l'embrasser.

- Oui, je sais que je sais que le contact de la pierre dure et froide qui te râpe le dos t'excite mais je pense qu'un lit avec des draps serait quand même mieux.

L'éclat de rire de Duo fut étouffé quand le Japonais l'embrassa une nouvelle fois. Ils se levèrent lentement, restant collé l'un à l'autre dans la mesure du possible et s'avancèrent lentement, très lentement, vers l'intérieur de la chambre. En passant la fenêtre, Duo perdit l'équilibre et se raccrocha au rideau, entraînant le brun avec lui. La position pouvait paraître intéressante avec le châtain cambré dans un angle qui défiait la gravité et Heero penché au-dessus de lui, une jambe entre les siennes, mai elle ne dura pas longtemps. Les anneaux du rideau ne résistèrent que quelques secondes à la surcharge de poids et ils finirent par se casser, les faisant tomber au sol, une partie du rideau leur tombant dessus.

-

- … On va se faire engueuler par Quatre…

Il y eut quelques éclats de rire et quelques baisers échangés puis Duo profita du moment de pause que la surprise de la chute leur avait fait.

- Au Fait Heero… Tu as… ?

- Hm ?

Le natté commença à faire des gestes vagues avec les mains.

- Tu sais… Les…

Il agita un peu plus les mains, essayant de faire des gestes compréhensibles. Ca ne réussit de toute évidence pas puisque le brun le regarda en fronçant les sourcils. Duo soupira, légèrement agacé.

- Des préservatifs…

Heero haussa un sourcil.

- Oh…

- Alors ?

- Non.

Il y eu un court silence.

- Et toi ?

- Bien sûr que oui. Je viens de sortir de l'hôpital, mais ça paraît logique que j'en aie.

- Oui parce que bien sûr, moi qui me suis cloîtré dans un hôtel pendant trois semaines ça paraît plus logique que j'en aie.

Duo lui jeta un regard noir puis finit par soupirer de frustration.

- On pourrait aller en demander un aux autres ?

- Oui bien sûr Duo. On va aller les réveiller en pleine nuit pour ça et on peut être sûr qu'ils nous le ressortirons jamais.

Le natté fit un geste de la main agacé.

- Faudrait savoir ce qu'on veut le plus aussi. Qu'est-ce que t'as de mieux à proposer ?

Heero fronça les sourcils et réfléchit profondément à la question. Il finit par relever la tête, fixant l'Américain d'un regard décidé.

- On peut s'introduire dans leurs chambres et leurs en piquer.

Duo ferma les yeux et soupira.

- Dis-moi que tu n'es pas sérieux…

- Pourquoi ? On est des anciens soldats, l'infiltration ça nous connaît.

Le natté roula des yeux.

- Eux aussi sont d'anciens soldats.

- Oui mais il est trois heures du matin. Ils sont en sommeil profond. Ca peut faire la différence. Et on n'a pas vraiment d'autre solution.

Duo resta un moment pensif puis il sourire étira ses lèvres et il prit une pose faussement sensuelle.

- Tu me veux tant que ça Heero ? Je suis flatté…

- Attend un peu avant d'être flatté.

Le châtain se mordit la lèvre et se leva, suivit du Japonais. Ils décidèrent de sortir silencieusement de la chambre d'abord et de se mettre d'accord sur la chambre à investir après. N'étant évidemment pas d'accord sur la chambre de qui infiltrer, s'en suivit un débat bruyant en chuchotements, gesticulations et autres « chhhh ». Ils finirent par se mettre d'accord sur la chambre de Hilde et Wu Fei car ils étaient en couple depuis peu et que Duo affirmait qu'elle prenait très au sérieux la devise des scouts « toujours prêt », à se demander ce que les scouts faisaient dans les colonies. Ils réussirent à ouvrir la porte sans la faire grincer et se glissèrent dans la chambre, l'un accroupi et l'autre rampant sur la moquette. Ils se déplacèrent silencieusement dans la pièce, se gelant à chaque mouvement ou grognement des deux occupants du lit. Plusieurs minutes après, Heero avait rampé minutieusement jusqu'à la table de chevet pour n'y découvrir qu'une montre et une chaîne en argent. Il ferma les yeux pendant quelques secondes plutôt que de soupirer de frustration. En relevant la tête, il vit alors Duo debout de l'autre côté de la pièce, qui ne semblait qu'attendre qu'il se retourne pour lui montrer le sac à main qu'il tenait. Il avait pris le sac de Hilde et prononça quelques mots muets en le pointant. L'Allemande remua alors dans son lit, se retournant en marmonnant. Heero se plaqua au sol dans la seconde. Duo réagit tout aussi vite, plongeant au sol, à la différence près qu'il était debout et que son plongeon fut suivit d'un bruit sourd puis d'un imperceptible grognement de douleur. Heero ferma les yeux et préféra serrer les dents plutôt que de lui lancer un regard de reproches. Il laissa passer quelques minutes avant de se remettre à ramper, en direction de la porte cette fois. Il fit un signe au natté de le suivre et ils sortirent silencieusement de la chambre. Une fois dehors, ils se mirent à fouiller le sac, Duo se massant les côtes qui avaient souffert lorsde son plongeon. Ils finirent par trouver ce qu'ils cherchaient, reposèrent le sac devant la porte et repartirent vers leur chambre initiale, leur saint Graal sous petite pochette plastifiée et carrée en main.

Quand il se retrouva dans la chambre, Duo déglutit difficilement. Ils étaient un peu loin maintenant de l'ambiance qu'il y avait eu une dizaine de minutes auparavant. Est-ce que ça allait être facile à reprendre ? Est-ce qu'ils allaient réussir à retrouver leur excitation d'avant ? Est-ce qu'ils n'avaient pas loupé le coche ?

Deux bras passèrent sur ses épaules et se croisèrent devant son torse. Des cheveux virent chatouiller sa joue et son oreille alors qu'une bouche embrassait son épaule. Une des mains descendit lentement le long de son torse, le faisant frissonner. Oh non, ils n'auraient sûrement pas trop de mal à retrouver leur excitation. Il se remémorait déjà parfaitement le regard brûlant du Japonais, son corps chaud contre le sien, ses mains décidément baladeuses et sa bouche qui semblait décidée à ne laisser tranquille aucune partie de son corps. Duo ferma les yeux et un sourire étira ses lèvres alors que son sang devenait de plus en plus chaud et qu'une des mains baladeuses était descendue se battre contre les boutons de son pantalon.

Ah… Ils étaient jeunes. Ils étaient pleins d'entrain. Ils étaient vigoureux. Ils étaient… Puceaux ? Et oui… Et bien oui… En tout cas l'un l'était complètement et l'autre l'était pour ces genre de relations. Ce qui occasionna naturellement un grand enthousiasme, beaucoup de curiosité, l'assurance de vivre quelque chose d'unique et… Et aussi un peu trop d'empressement par moment. Et quelques mouvements douloureux. Et quelques désirs frustrés car trop vite expédiés par l'emportement. Et une synchronisation pas tout à fait optimale.

Somme toute, une nuit d'amour pas vraiment marquée par la jouissance.

Mais c'était leur première fois. Leur première fois tout court et aussi leur première fois ensemble. Alors, même si elle n'avait pas été parfaite, pas été ce qu'ils avaient rêvés en tout cas, ils allaient s'en souvenir. Parce que si ça n'allait pas être pour leurs prouesses sexuelles, ça serait parce que ça resterait quelque chose d'unique

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Cela faisait maintenant plusieurs dizaines de minutes que les deux corps ne bougeaient plus. Après une période de forte activité sur le lit, ils avaient fini par se coller l'un à l'autre, moites de sueurs, et s'étaient endormis. Et cela faisait maintenant un long moment que le silence était revenu dans la chambre. Puis, lentement, un des deux occupants du lit commença à remuer. Il finit par se décoller de l'autre et se redressa sur le matelas. Il observa longuement le corps allongé à côté de lui d'un air presque… Détaché. Il finit par soupirer et repoussa les draps. S'apercevant alors de sa nudité, il jura silencieusement et attrapa son caleçon qui gisait au pied du lit. Il se leva pour le passer, l'air irrité, grimaçant par moment. Une fois que ce fut fait, il sembla réfléchir longuement, soucieux, puis son regard s'éclaira et il tourna la tête vers l'endormi. Un sourire étira ses lèvres.

Il grimpa sur le lit et se déplaça jusqu'à l'autre. Il passa une jambe de chaque côté de son corps et s'assit sur son ventre. Il se pencha en avant, posant ses mains sur le torse de l'autre et appuyant son menton dessus. L'endormi ne tarda pas à réagir à ce poids. Il commença par remuer et grogner. Il finit par ouvrir un œil, puis l'autre. Deux yeux bleus ensommeillés rencontrèrent un regard violet. Heero haussa un sourcil avant de pousser un long soupir.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Le natté se releva lentement.

- Je me questionne.

- Et tu te sens obligé de me réveiller pour ça ?

Heero grogna en passant la main sur son visage.

- Oui.

Le jeune homme soutint calmement le regard bleu.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je me demandais si tu savais vraiment ce que tu es en train de faire.

- Présentement ? Je réponds à tes questions bizarres en pleine nuit.

Le châtain plissa des yeux.

- Tu es sur le point une relation avec quelqu'un qui a une personnalité multiple.

Le regard du brun s'assombrit.

- Et ?

- « Et » ?

L'air interloqué du natté fut bientôt remplacé par un sourire puis un éclat de rire.

- Oh my… Mais il faut vraiment tout t'expliquer à toi…

Il tapota ses lèvres du doigt, continuant de sourire.

- Duo t'aime. Tu m'es complètement indifférent. Nous sommes dans le même corps. Ne vois-tu pas une erreur à l'équation ?

- Non. Ce n'est pas par toi que je suis attiré.

L'Américain haussa un sourcil.

- Hm… Quelque part je devrais être content que tu fasses ainsi la différence entre lui et moi mais… C'est une vision assez égoïste et je ne suis pas sûre qu'elle te plaise autant si je faisais de même.

- Comment ça ?

- Je pourrais fonctionner comme toi et vivre ma vie.

Un sourire étira ses lèvres.

- Cependant, je me demande comment tu réagirais si tu voyais ce corps que tu embrasses être touché par quelqu'un d'autre.

Heero cligna des yeux.

- Tu imagines si tu devais te dire chaque jour que tu n'es pas le seul à profiter de cette jolie peau blanche ? Tu crois pas que ça te rendrais malade de jalousie ? Tu crois pas que tu deviendrais fou ?

Le Japonais resta silencieux un moment.

- Peut-être.

Le jeune homme haussa un sourcil et Heero ferma les yeux.

- Non. Je ne sais pas. Je ne sais pas comment je réagirais à ça.

Il resta songeur un moment. Le natté soupira, un sourire sarcastique aux lèvres.

- Te grille pas le cerveau sur la question. Ce n'était qu'un exemple et il est vraiment peu probable qu'il se produise. You lucky boy…

Il roula des yeux, son sourire toujours aux lèvres. Heero haussa un sourcil.

- Pour faire court, disons que… Quand notre esprit s'est divisé, Duo a eu le côté sentiments amoureux, désir, attirance et tout ce qui va avec.

Le brun plissa les yeux.

- Tu m'as dis que tu étais gay.

- Hm… Oui. Potentiellement, je me sens plus attiré par un homme et je ne trouve aucun intérêt au corps d'une femme. Ca ne veut pas dire que j'ai envie d'entrer dans une quelconque relation. Même si ce n'est que pour du sexe. Ca ne me passionne pas vraiment.

Il se pencha vers le Japonais.

- Ce n'était qu'un exemple mais le fond reste le même. Est-ce que tu saisis vraiment ce que ça peut être d'être avec quelqu'un d'aussi peu stable psychologiquement ? Réfléchis-y bien. Tout ça ne vaut pas le coup si c'est pour aboutir à rien.

Heero ouvrit la bouche puis la referma. Il détacha son regard du châtain et ferma à moitié les yeux, plongeant dans ses pensées. Le natté le fixa avec attention pendant tout le long de ses réflexions. Il se tendit quand même au fur et à mesure que les minutes passaient, la mâchoire de plus en plus crispée alors que quelqu'un d'autre en lui se démenait furieusement pour reprendre le contrôle. La discussion ne semblait pas être au goût de tout le monde.

Heero finit par fermer les yeux et soupirer profondément. Quand il les rouvrit, le regard violet était toujours braqué sur lui. Il y eut un court silence, puis le châtain, fatigué et agacé par son combat contre Duo, finit par parler.

- Alors ?

- J'ai réfléchi.

- Et ?

Un sourire sarcastique étira les lèvres du brun.

- Ca ne te regarde pas.

Le natté excédé posa ses mains sur la gorge du Japonais, les sourcils froncés, et commença à serrer. Heero sourit de plus belle, ayant l'air de parfaitement s'amuser.

- Tu essayes à ce point là de le protéger ?

Le jeune homme haussa lentement un sourcil, relâchant doucement la pression de ses mains.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Rien. Je trouve juste ça touchant.

Le châtain sembla hésiter un moment entre être agacé ou blasé. Il finit par prendre un air indifférent et relâcha le cou du Japonais. Celui-ci continua de sourire un moment avant de redevenir sérieux.

- Enfin, je doute que, quelle que soit ton envie de le protéger, elle puisse te servir à quoi que ce soit cette fois-ci.

Le regard du natté commença à se faire mauvais mais Heero continua à le fixer.

- Même si vous n'étiez pas deux, il y aurait bien d'autres facteurs qui pourraient faire en sorte que ça ne marche pas. Et tu ne peux rien faire contre ça.

Les lèvres du châtain devinrent blanches à force d'être pincées.

- Tu ne peux pas lui assurer une relation bien douillette sans aucun problème à l'horizon. Ca n'existe pas.

- Tu n'es pas censé n'y connaître rien question relation amoureuse ?

Heero se renfrogna en roulant des yeux alors qu'un sourire se dessinait sur le visage du jeune homme.

- Je n'ai pas besoin de m'y connaître beaucoup pour savoir ça.

- Hm…

Le natté garda son sourire pour le plus grand agacement de Japonais.

- Enfin… Tu as raison quelque part.

Heero haussa un sourcil en entendant l'Américain lui donner raison si facilement. Il remarqua alors que son corps semblait curieusement tendu. Quelques gouttes de sueur paraissaient même perler sur son front.

- De toute manière je suis fatigué. Par cette discussion et par l'autre imbécile.

Avec son éternel sourire sarcastique, il se pencha au-dessus du brun.

- Nous allons donc arrêter là l'interrogatoire et je vais te laisser dormir. Enfin…

Son sourire s'agrandit un peu plus.

- Encore que je doute qu'une certaine autre personne te laisse dormir.

Il se pencha à l'oreille du Japonais.

- Good night, Heero.

Le brun se raidit en sentant une langue sur son oreille, bientôt rejointe par des lèvres et des dents décidées à ne pas laisser son lobe tranquille. Il repoussa brutalement le natté dont le sourire était plus grand que jamais. Ils se défièrent un moment du regard, puis l'Américain repoussa le bras qui le tenait toujours, se leva du ventre du Japonais et se déplaça jusqu'à l'autre bout du lit. Il releva l'oreiller, se glissa sous les draps et s'allongea, lui tournant le dos.

Heero resta encore tendu pendant plusieurs minutes avant de soupirer. Il fixa longuement le dos du natté, attendant un quelconque mouvement de sa part. Mais les minutes s'égrenèrent sans que rien ne se passe. Quand une dizaine de minutes se furent écoulées, Heero commença à sentir la lassitude l'envahir. La fatigue finit par s'y mettre aussi, rendant ses paupières de plus en plus lourdes. Quelques bâillements lui échappèrent. Il hésita à se rendormir également puisque Duo ne semblait avoir aucune réaction. Il finit par décider de jeter un coup d'œil au châtain pour voir si celui-ci dormait. Il se redressa et rampa sur le lit jusqu'à voir par-dessus l'épaule du natté. Il l'observa longuement, ferma les yeux et soupira.

- Duo…

Le natté avait les yeux grands ouverts et fixait le mur en face de lui. Quand il entendit le brun l'appeler il se replia légèrement sur lui-même. Une main passa lentement dans ses cheveux.

- Hey…

Duo ferma les yeux un moment, les lèvres pincées.

- Je suis désolé.

Heero haussa un sourcil.

- Ce n'est pas grave.

- J'ai essayé de l'empêcher pourtant…

La main du Japonais se referma sur les cheveux du châtain, les tirant légèrement.

- Je t'ai dit que ce n'était pas grave Duo.

L'Américain resta silencieux un moment, puis il finit par se retourner sur le dos, tournant le visage vers Heero.

- Mais il a raison… Ca va être un vrai calvaire pour toi de… « Faire avec ».

Le brun l'observa silencieusement.

- C'est vrai que ça ne va pas être une partie de plaisir.

Il se rallongea et passa les mains sous sa nuque.

- Mais de toute manière je ne m'étais pas attendu à ce que ça en soit une.

Il resta un moment songeur avant de retourner son regard vers le châtain. Celui-ci avait le regard perdu dans le vide, mais ce qui marqua Heero fut le nombre de cheveux plaqués sur son visage par la sueur.

- Ca va ? Tu as si chaud que ça ?

Il leva la main et effleura le visage du natté. Duo se raidit et s'éloigna immédiatement mais Heero avait eut le temps de sentir la chaleur anormale de sa peau. Il se redressa sur le coude et l'attrapa par une épaule, s'apercevant alors que le corps du natté était parcouru de spasme.

- Qu'est-ce que tu as ?

Duo déglutit difficilement.

- Et bien en fait…

Un sourire forcé apparut sur ses lèvres.

- Je ne m'imaginais pas que la nuit serait si éprouvante… Je n'avais pas prévu que nous ferions l'amour, ni que je me battrais avec moi-même, ni que… Je ressentirais d'un coup un tel stress suite à votre discussion…

Il leva les yeux vers Heero d'un air désolé, son petit sourire toujours accroché aux lèvres.

- Ca ne devait définitivement pas être la bonne soirée pour arrêter mon traitement…

Le Japonais resta silencieux un moment, laissant ses yeux arrondis parler pour lui.

- … Tu as arrêté ton traitement ce soir ?

Duo souriait comme un enfant prit en faute.

- J'en avais marre de le prendre.

Heero posa la main sur son front.

- Je vais chercher Sally ?

- T'es dingue ! Je veux pas me faire engueuler ! Surtout si on la réveille au beau milieu de la nuit pour ça ! J'ai pas non plus envie d'entendre ses commentaire sarcastiques quand elle comprendra la situation !

Le brun soutint son regard.

- On fait quoi alors ?

- … Ca va bien finir par passer…

Le Japonais resta silencieux un moment puis repassa sa main sur le front du châtain alors que celui-ci commençait à trembler véritablement.

- Tu as froid ?

- Non…

- Pourquoi tu trembles alors ?

Duo eut un pauvre sourire et haussa les épaules.

- Je tremble toujours pendant les crises de manque. Mais je pense que c'est plus dû à l'angoisse qu'elles propagent dans mon corps qu'à la fièvre.

Il soupira, continuant de sourire.

- J'ai beau essayer de me persuader qu'il n'y a pas de raison d'angoisser, elles me font toujours ça. Enfin, je commence à en voir le bout. Je pense que ça sera une des dernières.

Heero ne répondit pas, il se contenta de le fixer longuement. Il finit par se glisser sous les couvertures puis il se rapprocha du natté et le serra contre lui. Duo se tendit au début avant de se relaxer et de caler sa tête dans le cou du brun, inspirant du plus profondément qu'il pouvait pour essayer de calmer ses nerfs à fleurs de peau. Peu à peu, les tremblements se calmèrent mais ils ne disparurent pas pour autant. Au bout de plusieurs longues minutes, Duo passa lentement la langue sur ses lèvres, espérant que sa voix n'allait pas trop craquer.

- Heero…

Il prit une profonde inspiration et ouvrit les yeux.

- Ca me plait pas l'idée que « tu fasses avec ».

Il y eut un long silence.

- Tu n'as pas le choix Duo.

L'Américain haussa un sourcil.

- De… Quoi ?

Heero tourna la tête pour approcher sa bouche de son oreille.

- Tu veux que je te dises la réponse que je ne voulais pas lui donner tout à l'heure ?

Duo se raidit un peu plus.

- Hm…

Le brun se recula pour pouvoir le regarder pendant qu'il parlait.

- Sa question était juste, il a eu raison d'appuyer sur un point qu'on avait oublié de considérer. Alors j'ai réfléchi sérieusement à sa question.

Le natté essaya de contrôler ses tremblements qui menaçaient de revenir à toute vitesse.

- J'ai réfléchi au fait que vous étiez deux dans un même corps et que ça entraînerait des complications. Que ça entraînerait forcément des complications.

- Et alors ?

Duo avait essayé de faire en sorte que sa crainte ne ressorte pas trop dans sa voix mais il n'était pas sûr d'avoir réussi.

- Alors, s'il y avait une chose dont j'étais sûr c'était que j'avais envie de rester avec toi, ça on en a suffisamment discuté pour que je n'ai pas besoin d'y revenir.

Un faible sourire étira les lèvres du natté.

- Et puisque je n'avais pas envie de me séparer de toi, il ne me restait plus qu'à faire avec.

- Heero…

Le brun passa la main dans les cheveux du châtain pour les caresser.

- Ca ira Duo. Parce que si je ne suis pas attiré par lui, je ne le déteste pas non plus. Et je ne pense pas qu'il me déteste non plus, il ne prendrait pas autant de plaisir à nos joutes verbales sinon.

- Je suis d'accord sur ce point là. Même si ça lui arracherait la bouche de l'avouer.

Heero fronça un sourcil.

- Enfin il y a quand même un truc que je ne comprends pas…

Il fixa un moment le plafond avant de retourner son regard vers l'Américain.

- Pourquoi il m'a chauffé ?

- Hein ?

- Il m'a léché l'oreille et… Je me demande s'il serait allé plus loin si j'avais pas réagi…

Un sourire qui se voulait désolé étira la bouche du natté, même si on pouvait le voir trembler par moment quand un éclat de rire menaçait de passer ses lèvres.

- Je pense qu'il n'a pas digéré le fait que tu l'aies embrassé la dernière fois. Il a voulu… Se venger, en quelque sorte.

- Quelle rancune… Ca promet… J'avais juste fait ça parce qu'il m'avait provoqué…

- Alors que tu ne m'avais pas décroché un mot de toute la journée…

Le brun fronça un sourcil et fixa le châtain qui observait le plafond d'un air détaché.

- On s'éloigne un peu du sujet.

L'Américain le regarda avec des yeux rieurs.

- C'est exact. Et c'est bien pratique pour toi.

- Bref…

Il fit glisser sa main jusqu'au visage de Duo.

- Comme je lui ai dit, une relation n'est jamais sans problème.

Il s'approcha un peu plus jusqu'à ce que leurs fronts se touchent.

- Mais comme j'ai envie de rester avec toi, et que d'après ce que j'ai compris, toi aussi…

Duo se colla un peu plus à lui, oubliant de retenir ses tremblements.

- Alors il ne nous reste plus qu'à faire en sorte de gérer nos problèmes, dont celui-ci, pour qu'ils deviennent minimes et ne nous empêchent pas d'être ensemble.

Un sourire mal assuré étira les lèvres du natté.

- Je commence à douter du fait que tu connaisses rien aux relations amoureuses.

- Pourquoi vous avez l'air de penser que si je n'y connais rien alors je suis forcément un imbécile… C'est simplement de la logique.

- Tu as une logique parfaitement à ton image Heero… Complètement illogique…

Le Japonais roula des yeux alors que Duo pouffait.

- Cela dit…

Le châtain s'approcha et posa un baiser sur les lèvres du brun.

- Je suis parfaitement d'accord avec ta logique.

Heero le retint pour approfondir le baiser et ils restèrent collés l'un à l'autre un moment. Quand ils se séparèrent, Duo le fixa avec un sourire.

- Tu n'as tout simplement pas eu de chance Heero. Le destin a voulu te faire une fleur pour avoir contribué à la paix, seulement… Il a dû se planter dans la formule « Deux pour le prix d'un ».

- Tu parles, si ça n'était que ça… Mais le pire c'est qu'il possède toutes les caractéristiques d'un beau-frère, un beau-père et une belle-mère à la fois… Et tout ça à l'intérieur d'un type que je ne veux pas quitter…

Le natté éclata de rire, oubliant complètement sa fièvre et ses spasmes.

- Ils restèrent collés l'un à l'autre un long moment. Ils recommencèrent à s'agiter sous les couvertures au début mais la fièvre de Duo ne cessant de monter, ils ralentirent la cadence. Cela faisait maintenant longtemps qu'aucune parole n'avait été prononcée. Heero s'était redressé et adossé aux oreillers et Duo, installé entre ses jambes, reposait sa tête contre son torse. Son cou avait précédemment été attaqué par des lèvres et quelques dents et il essayait tant bien que mal de se battre maintenant contre deux mains décidément baladeuses.

- Au fait…

Duo releva la tête alors qu'il venait d'attraper une des mains.

- Hm ?

- Comment vous êtes devenus deux ?

Le natté cligna des yeux plusieurs fois et se tourna vers Heero pour être sûr qu'il était sérieux.

- Je ne sais pas. On a toujours été comme ça.

- Vous êtes nés comme ça ?

- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. On n'est pas né comme ça. C'est… Un peu compliqué.

Il jeta un coup d'œil au brun et, voyant qu'il était vraiment intéressé par la question, il continua. Il ne pouvait pas vraiment lui refuser de toute manière.

- Je pense qu'il y avait quelqu'un d'autre avant. Peut-être notre personnalité d'origine, avant qu'on se sépare en deux… Je n'ai aucun souvenir d'avant mes six ans donc j'ai supposé que la séparation s'est passée là.

Duo soupira en passant la main dans ses cheveux.

- C'est assez flou mais c'est tout ce que je sais. G a bien essayé d'en savoir plus, avoir un pilote à personnalité multiple ne le tentait pas vraiment je pense… Il a essayé toutes sortes de techniques de psy pour en savoir plus ou même pour essayer de faire en sorte qu'on soit à nouveau « un »… Mais ça n'a pas marché.

Heero resta silencieux un moment.

- Pourquoi il parle en anglais ? Tu ne fais pas ça toi, même si tu es Américain.

Le natté se mit à sourire. Quelque part, il trouvait le Japonais mignon avec ses questions.

- Je ne sais pas si je suis Américain. Enfin pas à cent pour cent. Je comprends l'anglais et quand je le parle j'ai un accent américain. Mais je ne pourrais pas te dire où je suis né exactement, même si je me considère comme natif de L2. Après…

Il passa la main sur son visage pour en chasser les quelques gouttes de sueurs.

- En admettant que je sois Américain, alors je pense que lui a plus hérité de ce côté là que moi. Je comprends la langue, je saurais la parler et je préfère l'utiliser dans certaines situations. Mais lui c'est vraiment sa première langue. Alors du coup, quand il te parle en anglais, en général ça signifie c'est que ses mots ont dépassé sa pensée.

Heero se pencha à son oreille, un sourire dans la voix.

- Et toi, ça signifie quoi quand tu parles en anglais ?

Duo cligna des yeux.

- Moi ? Uh… Je ne sais pas… Je ne parle pas si souvent que ça en anglais.

- Tout à l'heure, tu parlais en anglais.

Il fronça les sourcils.

- Quand ?

Quelques dents mordillèrent l'oreille avant qu'une langue ne la lèche consciencieusement.

- Tout à l'heure.

Duo sentit sa gorge se contracter et il lutta contre le rouge qui menaçait de lui monter aux joues.

- …Je ne m'en suis pas rendu compte.

Heero ne riait pas mais le rire était dans sa voix.

- Ce n'est pas grave. Il y a quelque chose de très gratifiant dans le fait d'être appelé « God ».

Le reste ne fut que chamailleries, fausses disputes et fausses bouderies suivies de vraies fausses réconciliations avec de vrais éclats de rires et de vrais baisers.

Le lendemain matin, quand Trowa descendit dans le salon, décidé à attendre les autres avant de petit-déjeuner, il resta un moment figé à regarder la baie vitrée. Allongés dans un transat, Heero et Duo dormaient paisiblement avec à côté d'eux les restes d'un petit-déjeuner gargantuesque, sans doute pris à l'aube. Enfin, de toute manière c'était prouvé : « le sport, ça creuse ». Trowa décida de repartir avant de trop s'attarder sur certaines questions. Comme par exemple, ce qu'ils avaient bien pu faire avec la bouteille de lait pour qu'il y ait des flaques partout même jusque sous le transat. Ou alors comment Quatre réagirait quand il verrait le nombre de fruits et pelures dispersés sur la terrasse, à se demander quel avait été ce soudain attrait pour les fruits. Ou même encore, et pourtant cette question lui mettait particulièrement le neurone en ébullition… Pourquoi diantre Duo avait une étiquette d'orange collée sur le front ?

The end

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Et oui, c'est la fin

Enfin il reste encore l'épilogue, mais là il n'y aura plus que des petites scènes pour le plaisir. Là, tout est réglé.
Et ça y est, vous pouvez le crier, cette fois c'est bon, et vraiment bon. Vous êtes prêts ? Allez, ça fait 23 chapitres que vous l'attendez. Vous n'allez pas me dire que vous ne le préparez pas, depuis le temps. Vous n'allez pas me faire croire qu'il n'est pas là à hurler dans vos petits coeur depuis un bail. Vous n'allez pas essayer de me faire avaler que les quelques qui ne me l'ont pas dit dans leurs reviews ne l'ont pas sur le bout de la langue.
Vous êtes prêts ? Vous avez bien pris votre inspiration ? Vous êtes prêts à y mettre vos tripes ? Vous le sentez monter ?

Bon alors...

CASÉÉÉÉÉÉÉ LE 1X2 !!!!

Oh bon sang... 23 chapitres qu'il se fait attendre...

En espérant que ce dernier chapitre vous aura plu Que vous y aurez tous trouvé ce que vous attendiez
Merci de m'avoir suivi dans cette histoire o

Et à très bientôt pour l'épilogue!

See ya

Brisby